Point de vue sur la drogue et l’alcool

Point de vue sur la drogue et l’alcool

Dossier Alcool et drogue, Alcooliques Anonymes.

J’ai composé un texte qui exprime mon point de vue sur la drogue et l’alcool. Je vous l’envoie afin que vous puissiez le publier dans Reflet de Société. Ne vous gênez pas pour faire vos commentaires. Je lis tout les numéros du magazine et je l’apprécie grandement.

Amicalement,                                   Carolann Bouchard, 13 ans,  Lac-St-Jean

hero0172 Il y a beaucoup de monde qui consomme juste pour se penser hot. Dans ce domaine, il y a toute sorte de monde. Le monde tendance qui fume à tous les jours. Ils ont 15 ans. Ils te disent qu’ils peuvent arrêter quand ils veulent et qu’ils ne sont pas accros. Ensuite, tu les voit grandir avec leur cochonnerie. Mais là, c’est trop tard pour remédier à la situation. Chaque fois que leur merde n’est plus assez forte pour eux, ils en essayent de nouvelles, plus puissantes. À la longue, ce n’est même plus drôle de les voir agir tellement ils sont finis. Mais ils continuent quand même.

Cela amène surtout des problèmes: la perte d’êtres que nous aimons (parents, amis…). Parce que cette routine est devenue leur quotidien. Ils se tiennent avec du monde de ce nouveau milieu. Si tu fais leur connaissance et que tu es à jeun, ils risquent de te dire: «T’é pas in!»

Je te conseille de pas toucher à ça. Si tu décides d’essayer, bîn crime, deviens pas accro. Il y a des personnes qui se croient cool en disant: «Yo man, j’ai pris ça hier. Pis, hahaha, j’ai pas dormi d’la nuit. C’tait trop l’fun, faut que j’te fasse essayer ça!». Comme si, plus tu prends de la shit, plus t’es cool! Juste pour se faire dire: «Yo man, t’é trop malade. T’é mon idole. Tu me donneras tes trucs!». Maintenant, pour ces gens, c’est devenu une corvée de prendre d’la drogue. Ils n’ont plus de vie. Ils ne pensent qu’à ça, sans jamais prendre conscience de ce qu’ils prennent. Ça leur amènera jamais rien de bon. Tout ça pour dire que c’est leur choix. Quand tu deviens accro, ta vie devient automatiquement de la belle shit. Sad thing but it’s the truth.

Concernant l’alcool, je ne suis pas une experte. À ceux qui boivent pour éviter la réalité: eh bien sachez que même si vous buvez, la réalité ne s’effacera pas. Et quand vous redeviendrez sobres, le passé sera seulement plus dur à suppor-ter. Il restera toujours là, en empirant, encore et encore. N’oubliez jamais cela!

Beaucoup trouvent ça cool de se droguer, de boire à se fendre le foie. Ce n’est pas parce que tout le monde prend de la drogue que tu es obligé de suivre cet exemple. Mais c’est tellement irréaliste. Il n’y a aucun mal à prendre UNE bière entre copains. Mais n’abusez pas.

La vie est beaucoup plus belle à jeun.

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Voyage au Costa-Rica, les préparatifs

Voyage au Costa-Rica, les préparatifs

Les 5 stagiaires et moi

Monica, Jade, Myriam, Valérie et Marie-Sophie sont des finissantes du cégep de Jonquière. Elles en sont aujourd’hui même à leur dernière journée d’un stage de 5 semaines. Ce stage concluait leurs trois années de formation dans une technique en journalisme. Contrairement aux autres finissants de leur graduation, ces 5 désormais journalistes ont décidé de ne pas en finir là. Les filles vont devoir patienter avant leurs vacances!

En octobre dernier, elles ont été tenté par le projet qui leur était proposé par Reflet de Société: vivre une expérience de journalisme en contexte international. Aujourd’hui, elles se préparent à décoller vers le Costa Rica le 21 mai!

Les filles ont travaillé comme des forcenées pendant les deux sessions qu’elles viennent de vivre. Entre un topo télé, un article, une conférence de presse, la conception d’un site Internet et la production d’un journal régional, elles ont consacré de leur précieux temps à la préparation du voyage.

Beaucoup de logistique entoure un tel projet.

Ce que je trouve bien dans le travail qui a été accompli cette année, c’est qu’en bout de compte, ni les filles, ni moi, ne nous sommes repliés sur quelqu’un d’autre pour qu’il fasse toute la job à notre place. On partait de zéro.

Il a d’abord fallu comprendre que nous étions bien seuls dans cette galère, et que c’était à nous de la faire traverser (je parle de la galère!). Annie Mathieu, ancienne rédactrice en chef de Reflet de Société, nous aura permis de le constater juste à temps. Sur le coup, on a paniqué. Puis on a cheminé. Puis on a concrétiser le tout. Le tout, de A à Z

Sincèrement, je dois une fière chandelle aux filles qui ont poussé fort sur le stage au Costa Rica. À partir de Jonquière, elles n’ont jamais abandonné. Sans elles, aujourd’hui, il n’y aurait pas ce texte sur ce blogue, ni l’excitation qui m’envahit de plus en plus à l’idée de ce qui s’en vient.

J’ai terminé le même cours qu’elles l’an passé. Je pars donc avec un an d’expérience de plus dans le domaine. Un an passé à Reflet de Société et au Café-Graffiti. Une année qui m’aura marqué à sa manière. Je vous en parlerai plus longuement dans un éventuel post. Cette expérience supplémentaire, une fois au Costa Rica, je vais tâcher de m’en servir du mieux que je le peux, et au profit du groupe.

L’objectif

Sur la question du reportage international, nous nous situons tous au même niveau, soit celui de débutant. Plusieurs des stagiaires ont voyagé (plus que moi d’ailleurs), mais jamais dans un contexte professionnel. C’est dans l’optique de revenir meilleur à titre de journaliste international, ou à titre de journaliste tout simplement, que nous entamerons ce voyage.

Au retour, nous écrirons des articles sur nos sujets respectifs. Ces articles, nous pourrons les publier dans le Reflet de Société s’ils se prêtent au magazine. Ils pourront également être vendus à la pige si nous le souhaitons et que nos démarches à ce chapitre sont fructueuses. Une de nos stagiaires a même réussi à se dénicher du temps d’antenne radiophonique. Valérie vient du lac Saint-Jean. Avec CHVD, une station de la région, elle s’est engagée à faire des mises à jour hebdomadaires sur notre expérience, notre voyage, les gens que nous rencontrons. Avec ce contrat, Valérie s’ouvre une excellente porte et donne du même coup de la visibilité au projet. Déjà là, elle va gagner de l’expérience, c’est certain!

On dit que l’appétit vient en mangeant… Nous, on vous dit que l’expérience vient en pratiquant!

Geneviève

Geneviève tient un café, le café Cambio, à Chicoutimi. Elle prendra l’avion avec nous et nous accompagnera tout au long du séjour au Costa Rica. Qu’est-ce qu’elle vient faire?

En fait, suite à la perte d’un de nos accompagnateurs, les filles ont ressenti le besoin de s’entourer d’un real globe-trotter pour le stage au Costa Rica. Par le biais d’un enseignant du cégep de Jonquière, Geneviève nous a été référée. Elle a beaucoup voyagé en Amérique centrale, mais le Costa Rica constitue une nouvelle découverte pour elle. Je ne la connais pas encore beaucoup. Mais avec le peu que j’ai vu d’elle, j’ai entièrement confiance qu’elle nous sera d’une aide indispensable.

J’espère que vous avez maintenant l’impression de connaître un peu mieux notre équipe et les objectifs de notre stage. Je vous reviens la semaine prochaine.

Gabriel.

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Réfugié au Saguenay

Réfugié au Saguenay
Dominic Desmarais,   Dossier Immigration

 Ses phrases sont courtes, son français… impeccablement québécois! Son arrivée a été ardue mais, trois ans et demi plus tard, on la sent optimiste. C’est qu’on lui a facilité la tâche, à son arrivée. «En descendant de l’autobus, on a rencontré quelqu’un qui parlait espagnol. C’était vraiment bien!» À l’entendre, on se croirait en août 2002. Son soulagement est sincère. «Ensuite, quelqu’un de l’immigration nous a parlé de la région. Puis, les gens du SEMO nous ont aidés pour les vêtements, le logement. Pendant sept jours, il y avait quelqu’un avec nous tout le temps. Qui parlait espagnol.»

immigration

Montréal accueille le gros de l’immigration au Québec. Mais la métropole ne pourra à elle seule recevoir cet afflux. Au Saguenay, on travaille pour faire sa part. Et si la solution à l’intégration des immigrants passait par nos régions?

Nayeth Bustos, jeune colombienne de 28 ans, est arrivée à Jonquière à l’été 2002 en tant que réfugiée. Elle a quitté sa terre natale avec 11 membres de sa famille. Personne ne parlait français, voire même l’anglais. C’est le Canada qui a décidé de les envoyer au Saguenay – Lac-Saint-Jean.

Escale à Atlanta, passage obligé vers Ottawa, envoyés à Montréal pour y prendre le bus, Nayeth et sa famille débarquent à Jonquière 30 heures après avoir tout quitté. Sa vie change à toute vitesse. La fuite de son pays, son arrivée dans un lieu qu’elle ne connaît pas, dont la culture et la langue sont inconnues. En foulant le sol de Jonquière, Nayeth est désespérée. «On ne comprenait rien. On a tout laissé en Colombie. Tout ce que nous avions était dans nos valises… Nous sommes partis de Bogota, une ville de 12 millions. On trouvait Jonquière trop tranquille…»

Le SEMO, le service externe de main-d’œuvre du Saguenay, est un organisme sans but lucratif qui aide les exclus du marché du travail. Il a développé une expertise auprès des handicapés, des jeunes, des chômeurs de longue durée et des immigrants.

Omar Chafik, conseiller en gestion des opérations pour le SEMO concède qu’il est difficile, pour ces immigrants, de s’installer en région.. «Ça ne se fait pas facilement, car ce sont des réfugiés. Ils vivent un deuil d’avoir quitté leur pays. Ce n’est pas évident.»

Première étape d’intégration, apprendre le français. Ensuite, trouver un emploi. «Quand ils sont réfugiés, ils n’ont pas apporté leurs diplômes. On fait des entretiens avec eux, puis on va voir les employeurs. Même pour les immigrants francophones, la mentalité par rapport au travail, est différente ici. Ils sont initiés aux attentes des employeurs de la région», explique M. Chafik.

Le Dr Claude Déry participe à ce volet. Dans sa clinique, il a accueilli trois immigrants, médecins de leur métier, pour leur offrir un stage d’observation. «Dans notre secteur, on manque de médecins. Comme partout au Québec. Les médecins des autres pays doivent refaire une partie de la formation au Collège des médecins. Pour eux, c’est très difficile en raison du problème de la langue.» Le Dr Déry parle lentement, pesant ses mots. «En même temps qu’ils apprennent la langue, ils voient comment on fonctionne au niveau de la pratique. Ceux qui sont venus ont bien aimé la partie médicale. Ils ont bien aimé Jonquière. Mais la difficulté, c’est leur famille, qui habite ailleurs.»

Le Dr Déry apprécierait compter sur un médecin parlant espagnol. Les immigrants arrivent de façon régulière, sa pratique se complique. «Ce n’est pas facile, parce que la médecine peut être nuancée, subtile. Ce n’est pas évident avec un interprète», pose-t-il comme diagnostic.

De ses trois stagiaires immigrants, l’un aurait réussi ses examens et attend de dénicher une place en résidence. «On espère qu’il reviendra dans la région. Mais s’il ne revient pas, on l’aura aidé à faire un petit bout de chemin.»

Au SEMO, on cherche des immigrants possédant des compétences en foresterie, agronomie, agriculture, informatique. Des domaines où les besoins sont plus grands au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Pas question de prendre les emplois des Québécois de souche.

«Nous sommes très sensibles à la perception de l’immigration chez les Québécois de souche. À court, moyen et long terme. Nous n’essayons pas d’attirer n’importe qui. On ne va pas concurrencer là où les emplois sont déjà comblés. Sinon, ce ne serait pas utile pour la région, le Québec et pour l’immigrant», affirme M. Chafik, pour qui mieux vaut progresser lentement dans l’intégration des immigrants plutôt que de tout faire de travers. «Pour nous, ce serait un échec, qu’ils ne trouvent pas d’emploi et retournent à Montréal.»

L’emploi semble le facteur déterminant pour éviter l’exode des immigrants. «Ce n’est pas facile trouver de l’emploi, en région. Plusieurs immigrants ont quitté à cause du manque d’emploi. Après trois mois, certains quittent. Certains le font  même dès leur arrivée…» raconte Nayeth, qui avoue avoir pensé, avec son compagnon de vie, quitter Jonquière. «Mais on a eu des enfants. Pour nous, c’est beaucoup mieux d’habiter en région. Avec les petits, c’est plus facile de trouver une garderie.»

Nayeth a persévéré. Du groupe de 11 personnes avec qui elle a fui la Colombie, ne reste plus que son père, son frère et son petit ami. «On en avait parlé, en Colombie, qu’on resterait au Saguenay jusqu’à la fin. On a travaillé fort pour s’intégrer. C’est pour ça qu’on a créé Matéo Boutique, dit-elle, avec fierté. Parce qu’on aime la région, on a pensé à ça. Pour rester en région.»

Matéo Boutique est une coopérative artisanale fondée par son père, son frère, son chum – comme elle l’appelle – et elle. Le paternel concevait des articles artisanaux de cuir en Colombie, ils se sont mis à la confection de portefeuilles et sacs à main, notamment. «On a commencé le 4 mai. On a aussi une boutique, pour vendre ce qu’on fait. Maintenant, nous avons un vendeur pour la boutique. Un Québécois!» Au téléphone, son sourire s’entend. Pour cause. Elle, partie de loin, s’est intégrée au point de donner un emploi à une personne de la région.

Nayeth est consciente de la difficulté, pour un immigrant, de s’installer en région. Elle s’implique aujourd’hui au sein d’un atelier pour femmes immigrantes. «Pour briser l’isolement. Une fois par semaine, on se rencontre. On avait toujours quelqu’un du SEMO, mais pour des questions administratives», explique-t-elle.

Depuis 1998, plus de 650 immigrants d’âge adulte ont élu domicile dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, affirme M. Chafik, du SEMO. Le taux de rétention avoisinerait les 65%, selon lui. Pas assez vite? «Vous vous rendez compte si on créait des ghettos en région? C’est pour ça qu’on y va lentement. On crée une dynamique positive. Mais sans l’ouverture du Québec, on n’y arriverait pas», prétend le conseiller du SEMO.

L’exemple de Nayeth est encourageant. L’intégration est possible. La jeune Colombienne poursuit son rêve. «J’étais prof d’histoire, en Colombie. J’ai commencé les démarches. Le ministère a reconnu mon bac. Je dois passer le test de français pour être prof. Je sais que ça va prendre du temps, mais mon rêve est de devenir prof à Jonquière.»

Elle a fui son pays à 25 ans, composé avec un environnement dont la langue et la culture lui étaient totalement étrangères, créé son propre emploi, mis au monde ses deux enfants au Saguenay. Beaucoup de chemin parcouru. Peut-on douter de sa capacité à atteindre son rêve? Poser la question, c’est y répondre.

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Genèse des gangs de rue

Genèse des gangs de rue

Dominic Desmarais   Dossier: Gang de rue

Le phénomène des gangs de rue s’amplifie à Montréal, touchant 10% des jeunes. Apparus dans les années 1980, ces groupes partent désormais à la conquête de la province. Ils attirent des jeunes rêvant de pouvoir et de richesse.

Le visage fraîchement rasé, les cheveux coupés courts, la chemise soigneusement repassée, l’inspecteur-chef Jean Baraby, de la police de Montréal, ressemble au bon père de famille typique. Seule la présence d’une attachée de presse dans son bureau rappelle la délicatesse du sujet. Le phénomène des gangs de rue, c’est du sérieux. De sa voix chaleureuse, le policier transmet ses connaissances: «Dans les années 1980, c’était des ados. C’était des batailles en dehors des écoles, dans les parcs. Il n’y avait pas d’activités criminelles. Si je fais un parallèle, dans les années 1960–1970, les francophones se battaient contre les anglophones.»

Prévention gang de rue dans les écoles

Alain Clément est également policier. Depuis cinq ans, tous les mercredis, il se rend à l’école secondaire Henri-Bourrassa pour prévenir les élèves de secondaire I des méfaits d’adhérer aux gangs de rue. «Avant, tu pouvais trouver un gang qui volait des voitures. Ils ne faisaient pas d’argent. Ils se sont rendus compte qu’il y avait de l’argent à faire et ont dit aux plus jeunes comment faire.» Mais voilà, ces jeunes de la première génération ont vieilli, se sont endurcis. Ils ont emprunté la voie de la criminalité, offrant de nouveaux modèles pour les jeunes frères, les cousins. «Maintenant, tu peux faire carrière dans les gangs de rue. Il y a des modèles. Les plus jeunes regardent ça et se disent “wow, je peux faire comme eux!’’, explique l’inspecteur Baraby. Les jeunes se réunissaient par besoin de valorisation, par désir de constituer une famille. Les intervenants pouvaient alors combler leur besoin d’affection. Les choses ont évolué, le roi dollar a pointé le bout de son nez. «La valeur, aujourd’hui, c’est l’argent. Le jeune a tout ce qu’il veut dans la vie. Il est millionnaire. Il a les filles, la drogue. Comment dire au jeune qu’il est un mauvais modèle?», explique Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d’Haïti depuis 13 ans. L’homme en connaît un rayon. Il s’occupe d’un projet de patrouilleurs de rue composé de jeunes dont certains ont flirté avec des gangs. Ils essaient de conseiller leurs pairs dans le quartier Saint-Michel à Montréal.

M. Delva reconnaît qu’il est aujourd’hui plus difficile de ramener les membres de gangs dans le droit chemin. «Entre 1997 et 2000, des jeunes, qui ne faisaient pas nécessairement partie de gangs, se sont enrichis avec des fraudes. Ils ont encouragé nombre de jeunes ayant envie d’adhérer à un gang. Maintenant, ces jeunes ne cherchent plus une famille mais une richesse, explique M. Delva. En voyant des jeunes qui ont réussi, les gangs se sont dit qu’ils pouvaient y arriver.»

Les jeunes à risque d’adhérer à un gang de rue

Quel jeune éprouve le besoin de s’intégrer à un gang? À en croire l’inspecteur Baraby, tous les jeunes sont susceptibles d’être recrutés. Chantal Fredette, criminologue et spécialiste des gangs de rue au Centre jeunesse de Montréal, apporte des précisions. Les plus à risque viennent de familles dont l’un des membres fait déjà partie d’un gang. Une très grande majorité des jeunes qui ont déjà des problèmes y trouvent leur niche, explique la chercheure. «Le défi, c’est d’identifier, parmi les jeunes des gangs, les 10 à 20% qui vont constituer le noyau dur, qui sont très criminalisés. Un des facteurs, c’est la précocité. Celui qui fréquente tôt les gangs, par exemple à neuf ans, va être plus à risque. Le 10% du noyau dur a la perception que la vie est dangereuse, qu’il y a deux côtés: les gagnants et les perdants. Pour gagner, il faut imposer», s’exclame la jeune femme tout en gesticulant. «Pour une minorité de jeunes au Québec, en 2005, le gang de rue offre une meilleure perspective de vie que tout autre chose», constate la criminologue qui a rencontré une trentaine de ces jeunes pour rédiger un rapport sur le sujet.

Violence extrême et gang de rue

L’univers des gangs est extrêmement violent, a observé Chantal Fredette dans ses recherches. Il faut être tolérant à la violence pour supporter ce climat. Il y a un 20% des jeunes qui ont cette tolérance», note-t-elle.

Dans ses visites à la polyvalente Henri-Bourrassa, le sergent Alain Clément a senti lui aussi l’apparition de ce problème: «Depuis les 5 dernières années, je constate autant d’événements, mais ils sont de plus en plus violents.» L’accès facile aux armes expliquerait l’intensité des altercations. «C’est plus facile pour eux d’acheter une arme qu’un paquet de cigarettes», dit Harry Delva d’un ton détaché de celui qui a tout vu. Les jeunes ont les moyens de s’outiller. D’autant plus qu’ils ont un réseau de drogue, de prostitution, d’extorsion à protéger.

«Ça ressemble au temps d’Al Capone. Ce qu’on voit, ce sont des règlements de compte entre gangs pour un territoire. Maintenant, ils sont partout. Parce que les motards ont libéré certains secteurs, les gangs de rue décident d’occuper et d’agrandir leurs territoires. Quand ils se rencontrent au centre-ville, ils se tirent dessus», décrit M. Delva.  Accroupi, les coudes sur les genoux, il se relève, esquissant une mimique d’impuissance. Attirés par le gain, les gangs de rue reluquent les territoires délaissés par les motards, affaiblis à la suite de l’opération policière Printemps 2002 qui a permis de mettre derrière les barreaux plusieurs Hells Angels et Rock Machines.

Libérés de cette concurrence, les gangs s’exportent. «Ce qu’on constate, c’est que les membres de gangs s’installent en périphérie de Montréal et vont faire des activités plus éloignées comme le trafic de stupéfiants, la prostitution juvénile. On en a retrouvé en Gaspésie, au Lac St-Jean, en Outaouais et à Sherbrooke. Ils ne sont pas encore rendus à s’y installer», avoue l’inspecteur Baraby, qui rajoute du même souffle la mise sur pied d’une escouade de choc. Pour contrer cette expansion, la Police de Montréal, de Laval, la Sécurité du Québec et la GRC ont uni leurs forces.

Cette nouvelle union policière sera-t-elle suffisante pour contrer le phénomène? Probablement pas, de l’aveu de l’inspecteur. «Tant qu’il y aura l’appât du gain, il va toujours y avoir des jeunes qui vont s’y intéresser. On a pas la prétention de penser qu’on va enrayer le problème. Comme la prostitution, on travaille fort, mais on peut pas l’empêcher.» Réaliste, le coordonnateur de la Maison d’Haïti n’en pense pas moins. «C’est un phénomène qui est là pour rester, croit-il. Autour, on a la vente de drogues, la prostitution. C’est de l’argent facile. Ça fait partie de notre société. Mais on peut baisser ça, prévenir, diminuer le nombre de gens qui entourent les gangs.»

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Introduction Histoire des gangs de rue

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