Les non-événements non scientifiques de 2008

Les non-événements non scientifiques de 2008

Pascal Lapointe

(Agence-Science-Presse) – Les événements marquants de l’année? Le LHC, la première photo d’une planète extra-solaire, les cellules souches reprogrammées… Mais de telles listes sont trompeuses, parce que la science n’est pas faite de découvertes spectaculaires. Elle avance lentement. Quelles furent les tendances lourdes de 2008, qui vont indubitablement nous accompagner — ou nous hanter — en 2009?

1. L’élection de Barack Obama

Que cela plaise ou non, quand les États-Unis éternuent, le reste de la planète se mouche. Impossible dire, à ce moment-ci, si la formation d’une équipe scientifique solide autour du futur président se traduira, comme promis, par des investissements massifs dans les énergies alternatives et une approche moins «confrontante» face aux faits… qui contredisent les croyances. Mais le simple fait d’avoir procédé à ces nominations est le signe d’un virage positif par rapport à l’attitude anti-science des huit dernières années.

2. Biocarburants: l’avenir n’est plus ce qu’il était

Les scientifiques ont beau avoir accumulé les avertissements, depuis 11 ans, à propos des risques de tout mettre dans le panier de l’éthanol, ce n’est que récemment que les craintes se sont cristallisées: en plus des études qui ont reconfirmé que la production d’éthanol à base de maïs augmenterait les émissions de gaz à effet de serre— plutôt que les réduire —, la crise alimentaire est venue porter le coup fatal. Désormais, les biocarburants de deuxième génération ont la cote: ceux produits à base de bois mort par exemple, et qui n’impliquent donc pas de priver de nourriture des millions de gens pour faire pousser de l’essence.

3. CO2: le Pôle Nord fond

On a beau dire depuis des années que le Grand Nord sera la première région affectée par le réchauffement climatique… le Grand Nord, c’est loin, et ça ne passionne pas les foules. Deux menaces ont par contre donné froid dans le dos cette année: d’une part, l’annonce que, pendant quelques semaines, la glace là-bas avait suffisamment fondu pour qu’un passage maritime soit ouvert — ce que plusieurs années plus tôt annonçaient les plus pessimistes — et d’autre part, les fuites de méthane qui, si leur multiplication se confirme, pourraient être un facteur accélérant des catastrophes futures.

4. Un chiffre: 350

Résultat du point précédent. Les scientifiques, qui prétendaient que les objectifs de réduction des gaz à effet de serre étaient trop modestes, ont gagné en crédibilité — certains se retrouvent même, désormais, au sein de l’équipe Obama. La ligne rouge traditionnelle — dépasser 450 parties par million de CO2 dans l’atmosphère serait catastrophique — a commencé à s’estomper en faveur d’une autre, plus inquiétante: c’est peut-être 350 parties par million qu’il n’aurait pas fallu dépasser (nous sommes actuellement à 386) et il faut tout faire pour redescendre vers ce chiffre magique. «Le délai de réponse du climat est certainement plus rapide que la durée de vie des perturbations atmosphériques causées par le CO2», a résumé le climatologue James Hansen cette année. Autrement dit: ce que nous envoyons là-haut y restera longtemps… mais la «réaction» de la Terre, elle, n’attendra peut-être pas aussi longtemps qu’on le croyait…

5. Comment la science peut résoudre la crise financière

Le peut-elle? En tout cas, depuis l’automne, les propos de ceux qui cherchent des solutions à la crise financière — repenser le capitalisme, repenser la société de consommation, simplicité volontaire, etc. — ont aussi eu une résonance scientifique: adopter un mode de vie plus «vert» pour, justement, moins consommer; abandonner le dogme d’une croissance perpétuelle, si cher aux économistes (et aux politiciens), dogme incompatible avec une planète aux ressources limitées; et tant qu’à se lancer dans des travaux d’infrastructure massifs pour relancer l’industrie, visons les parcs d’éolien et les technologies d’économies d’énergies.

6. La vie artificielle

«Le premier génome artificiel» se retrouverait-il dans autant de revues de l’année 2008 s’il avait été l’œuvre d’un scientifique moins «marketing» que Craig Venter? Désavantage: une simple étape parmi d’autres avant la création d’une «vraie» vie artificielle a ainsi obtenu une attention démesurée. Avantage: tous les éthiciens de la planète surveillent maintenant de près Craig Venter, et seront prêts lorsqu’il annoncera, en 2009, l’étape suivante…

7. Bientôt dans une pharmacie près de chez vous…

Le premier décodage du génome humain, en 2001, avait pris plus d’une décennie et coûté 300 millions $. En octobre 2007, une équipe chinoise annonçait y être parvenue pour un million $ (et c’était la percée de l’année, l’an dernier). Cette année, une compagnie californienne a annoncé l’avoir fait pour 100 000 $, puis une autre, pour 60 000 $. Qui dit mieux?

8. Listériose, E. coli, biphényles polychlorés, salmonelle, mélamine…

Difficile de dire si c’est vraiment une des «tendances» de l’année: chaque année semble nous apporter son lot de peurs alimentaires! Mais la listériose dans le jambon au Canada et la mélamine dans les aliments pour animaux et les jouets chinois ont eu un point commun: faire prendre conscience que le risque zéro n’existe pas, particulièrement dans notre époque de mondialisation et de production en série. Améliorer les mécanismes de surveillance est une chose, croire que de meilleurs mécanismes de surveillance puissent éradiquer 100% des bactéries en est une autre.

9. Cosmos: l’avenir est en Chine.

Ou en Inde. La NASA, elle, a semblé plus perdue que jamais, alors que l’Inde envoyait sa première sonde sur la Lune, que des Chinois marchaient pour la première fois dans l’espace, et qu’on évoquait même la possibilité que d’autres astronautes chinois ne marchent sur la Lune dans 10 ans, avant que des Américains n’y retournent. Au moins, la NASA a eu Phoenix sur Mars pour se consoler.

10. Science 2.0

Des scientifiques qui expérimentent des «carnets de laboratoire» sous la forme de blogues, d’autres qui créent des wikis en génétique, qui découvrent ces nouveaux outils pour la classe, le mot «congrès 2.0» qui commence à circuler, et l’accélération du mouvement d’accès gratuit (ou accès libre) à la recherche scientifique… On ne sait pas où on va, mais on y va!

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Problèmes de santé chez les abeilles

Problèmes de santé chez les abeilles

Marie-Josée Richard – Agence Science-Presse

Saviez-vous que les abeilles domestiques sont responsables de 85 à 90 % de l’effort de pollinisation des pommiers? Si vous croquez dans une pomme, c’est qu’une abeille quelque part a fait son boulot! Pourtant, depuis quelques années, leur santé s’est fragilisée.« Le déclin des colonies d’abeilles est vraiment multifactoriel. C’est ce qui rend la situation très complexe… et difficile à quantifier », indique André Pettigrew, agronome pour la division Estrie du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). De l’avis du spécialiste, le varroa, un acarien d’origine asiatique, aurait un rôle majeur à jouer. Rappelons qu’en 2003, il avait entraîné la mort de près de la moitié des abeilles vivant en colonie au Québec. « C’est alors que l’on s’est rendu compte que nous avions perdu le contrôle : le parasite avait réussi à développer une résistance face aux acaricides », explique-t-il.

Monoculture, pesticides, agriculture industrielle

L’augmentation des superficies réservées à la monoculture, l’épandage de produits chimiques pour favoriser l’agriculture et la disparition de la flore indigène sont d’autres facteurs ayant contribué à mettre du plomb dans les ailes des butineuses. « Quand leur système est affaibli par un de ces facteurs, elles se retrouvent plus vulnérables face aux autres éléments, par exemple, la présence du varroa et des virus qu’il transporte », précise le chercheur.

« En Montérégie, on remarque une forte augmentation des terres vouées à la monoculture, comme celles du soja et du maïs allant de pair avec une forte augmentation d’épandage de pesticides », poursuit M. Pettigrew. « Contrairement aux années 80, on n’utilise presque plus de pesticides de contact. On a davantage recours à l’épandage au sol. »

Produits chimiques et abeilles

Résultat? Le problème, aujourd’hui, est systémique : on retrouve des traces d’agents chimiques dans le pollen et le nectar des fleurs, contaminant ensuite les abeilles. C’est comme si on les empoisonnait à petit feu. Les effets des pesticides ne sont plus létaux; on a affaire à des cas d’intoxication chronique. Les symptômes? Confusion des abeilles, désorientation, abandon des tâches à faire dans la colonie, etc.L’urbanisation et la monoculture contribuent également à rendre la vie difficile aux abeilles avec pour effet de raréfier les espèces florales nécessaires à leur alimentation diversifiée en nutriments, et ce, tout au long de leur saison active. C’est ainsi qu’il devient de plus en plus pertinent pour les apiculteurs de louer leurs ruches pour polliniser les productions de fruits. D’une part, le producteur s’assure une récolte abondante et de l’autre, l’apiculteur peut ainsi nourrir ses abeilles domestiques. Ceci ne vient cependant pas sans heurt. Déplacer les abeilles continuellement au cours de la saison les rend plus vulnérables à différents virus et maladies. De plus, ces déménagements fréquents occasionneraient bien du stress aux abeilles, les rendant ainsi plus vulnérables face aux multiples facteurs déjà évoqués.

Alimentation biologique

Selon André Payette, entomologiste au Jardin botanique de Montréal, il faut informer et sensibiliser davantage la population au rôle majeur que jouent les abeilles dans notre alimentation. Parallèlement, on doit renforcer les efforts de recherche afin de savoir comment les rendre moins vulnérables. « On en sait encore très peu à propos des impacts entre les apiculteurs, les agriculteurs maraîchers et à court terme, ce qui se retrouve dans l’assiette des consommateurs », mentionne-t-il.Manger bio, une solution? L’agronome a aussi son idée sur la question. « Les gens qui mangent bio ont une conscience environnementale plus élevée. C’est sûr que se nourrir d’aliments certifiés biologiques a un effet protecteur sur les abeilles; ces productions n’utilisent pas de pesticides et autres produits chimiques. Est-ce qu’on peut nourrir la planète en entier qu’en produisant du bio? J’en doute… », conclut le spécialiste.

Pour en savoir plus:

Fédération des producteurs de pommes du Québecwww.lapommeduquebec.ca

Bulletin du Réseau phytosanitaire 2008: «Protégeons les abeilles des pesticides»http://www.agrireseau.qc.ca/Rap/documents/b01gen08.pdf

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Le maïs OGM menace l’écosystème

Le maïs OGM menace l’écosystème
Benoît Lacroix – Agence Science-Presse

Le maïs Bt, largement cultivé au Québec, fait des victimes innocentes. Les trichoptères, de petits insectes aquatiques, se nourrissent du pollen et des plants de maïs qui se retrouvent dans les cours d’eau avoisinant les champs. Une étude américaine vient de démontrer que ces insectes, qui ne nuisent pas au maïs, sont affectés par l’insecticide que produit le maïs OGM. Ce dernier possède un code génétique modifié qui lui permet de produire son propre insecticide. Cela lui permet de résister à un insecte nuisible, la pyrale du maïs.

Selon Todd Royer, de l’Université de l’Indiana, les trichoptères nourris avec le maïs Bt grandissent deux fois moins vite que ceux nourris avec du maïs traditionnel. Comme il le remarque, «les trichoptères sont une source de nourriture pour des animaux plus évolués, comme les poissons et les amphibiens». C’est donc tout l’écosystème qui est affecté.

Gilles-Éric Séralini, biologiste moléculaire et spécialiste des OGM, constate que la plupart des études prouvant l’innocuité des OGM sur les organismes vivants qui en consomment sont faites par les fabricants d’OGM, et non par des laboratoires indépendants. D’ailleurs, avant l’homologation du maïs Bt, en 1996, des recherches avaient conclu à l’innocuité de la plante sur la faune aquatique. Toutefois, les tests avaient été faits sur des daphnies, de petits crustacés, et non sur des insectes. Quant aux derniers résultats obtenus avec les trichoptères, professeur Séralini, explique : «Ceux-ci n’ont rien de surprenant. Le maïs Bt a été créé pour tuer des insectes.» De plus, des études du chercheur montrent également que le maïs Bt nuit également aux mammifères.

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