Santé: réadaptation cardiaque et la prévention

La santé cardiaque

Une histoire… Épic!

40 ans de fidélité envers ma cigarette. Ou plutôt mes cigarettes. Trois gros paquets par jour. Pendant un peu plus de 40 ans.

Raymond Viger   dossiers Santé, Inégalités sociales en Santé

centre épic santé cardiaqueVous pensez sûrement que je toussais tous les matins avant de démarrer ma journée, un peu comme un moteur diesel qui démarre par température froide. Ou encore que je crachais comme un moteur qui pissait l’huile.

Désolé de décevoir les préventionnistes. Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir de conséquences visibles de ma consommation de cigarettes.

Arrêter de fumer

Malgré tout, je caressais un vieux rêve depuis très longtemps: arrêter de fumer.

J’avais déjà tenté d’arrêter à plusieurs reprises. Parce qu’on s’imagine qu’on est capable d’arrêter quand on veut. Ou encore qu’on fume pour le plaisir et qu’il n’y pas vraiment de dépendance. Même après 40 ans de consommation de 3 paquets de cigarettes par jour.

Après avoir quitté ma cigarette, je me retrouve différent, avec de nouveaux objectifs. Je planifie de monter sur le ring, débuter des cours de boxe, question de me défouler. J’ai même déjà pris rendez-vous avec un ancien du Café Graffiti pour le rencontrer à son gymnase.

Réalités médicales

Un examen médical de routine me ramène à une autre réalité. J’avais déjà commencé des pilules pour le cholestérol, le diabète et des flashs lumineux. Voilà que le médecin, au lieu de me présenter une amélioration de ma santé, me rajoute 2 sortes de pilules pour la pression.

Mais le pire, ce sont les 4 pompes que je dois prendre tous les jours pour réussir à respirer. Une de ces pompes peut être prise au besoin jusqu’à 8 fois par jour.

Le Centre Épic

Au lieu de me diriger vers le ring, j’ai dû mettre un gros X sur ce rêve. C’est vers le Centre Épic que je me retrouve, sous les conseils de ma fille Annie, technicienne en réadaptation physique. Un centre de médecine préventive relié au Centre de cardiologie de Montréal. Un endroit pour une remise en forme adaptée à ma condition physique avec un département de médecins, d’infirmières, de nutritionnistes… On s’y entraîne en se faisant dire quoi manger, comment le manger, quand le manger. Tests sanguins à l’appui, pas facile de tricher. Ce qui aura un impact positif sur mon cholestérol et mon diabète.

Un des rares centres de remise en forme où l’on peut voir des défibrillateurs cardiaques sur les murs de chaque pièce. Ça te permets de rester humble dans ton nouveau mode de vie.

Bouger à son rythme

Un entraînement très différent de ce à quoi je m’attendais. Courir n’était même pas encore envisageable. J’ai dû commencer par… marcher! Assez gênant pour quelqu’un qui pensait monter sur le ring et qui ne pensait pas avoir de séquelles de ses 40 années à fumer ces 3 paquets de cigarette.

Différents spécialistes se sont succédés. Du cardiologue au pneumologue, ORL et un séjour en médecine nucléaire. Un diagnostic d’asthme a été suivi de ce qu’ils appellent, une MPOC. Maladie pulmonaire obstructive chronique. En résumé ça veut dire que les poumons ont pris une pente descendante. Une dégradation deux fois plus rapide qu’un citoyen conventionnel.

Une remise en forme pour tous

J’avais déjà vu un documentaire sur le Centre Épic. Il était présenté comme un centre médical pour des gens qui avaient eu un accident cardiovasculaire. Aujourd’hui, je comprends qu’il y a aussi de la place pour des gens en prévention et qui veulent éviter de se rendre à un tel accident. Il est vrai que le Centre Épic est utilisé par beaucoup de gens qui ont un certain âge. Mais d’année en année, des plus jeunes prennent conscience de l’importance de la prévention et de prendre soin de soi.

J’entame aujourd’hui un nouveau combat. Et il ne se déroulera pas l’arène.

Suite à mes expériences touchant mon arrêt de consommation de cigarettes, j’ai imaginé un T-shirt que notre infographe, Juan, a créé. J’espère qu’il saura en sensibiliser quelques-uns à protéger leur cœur. Une sorte de legs au Café Graffiti pour son financement et sa pérennité. Un organisme qui me tient… à coeur.

Prévention / réadaptation cardiaque en région.

Le centre Épic n’est que l’un des centres destinés à aider les personnes sujettes aux maladies cardiovasculaires.

En revanche, pour une personne en réadaptation en région, trouver un lieu adéquat est un défi. Dans un prochain billet, nous vous donnerons un état des lieux sur la réadaptation en région.

En attendant, si vous avez des besoins en matière de maladies cardiovasculaires et habitez en région, n’hésitez pas à nous contacter pour partager votre situation à: communications@refletdesociete.com.

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Parkinson et dépendance au gambling

Parkinson et dépendance au gambling

François Richard Dossiers Gambling et jeu compulsifProtection du consommateur et Santé

Le médicament Mirapex, prescrit aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson ou souffrant du syndrome des jambes sans repos, aurait comme effet secondaire la dépendance au jeu. Selon plusieurs études réalisées au cours des dernières années, le taux de joueurs compulsifs chez les consommateurs de Mirapex oscillerait entre 8 % et 15 %. Le taux varie pourtant entre 1 % et 5 % dans la population québécoise, selon les études et les méthodes de calcul.

Médicament et jeu compulsif

Le fabricant du Mirapex, la compagnie allemande Boehringer Ingelheim, reconnaît l’existence de ce troublant effet secondaire. Elle le mentionne à la page 17 (sur 50) de la monographie de son médicament. La monographie est un document scientifique que les firmes pharmaceutiques doivent obligatoirement produire à l’attention des professionnels de la santé lorsqu’un de leur médicament est autorisé à être prescrit au Canada. Les consommateurs de médicaments ne lisent habituellement pas les monographies. Certains jugent donc n’avoir pas été mis en garde par Boehringer Ingelheim des risques liés à la consommation de leur produit.

Procès au Québec et en Ontario

Pour cette raison, une demande de recours collectif a été déposée à la Cour supérieure du Québec au mois de février dernier. La demanderesse, France Lépine, affirme avoir développé un problème de dépendance au jeu après avoir commencé à consommer du Mirapex afin de traiter son syndrome des jambes sans repos. Elle aurait perdu argent, conjointe, travail et famille avant de surmonter sa dépendance, notamment en cessant de prendre le médicament.

Une autre demande de recours collectif a été déposée en Ontario en 2005. Dans ce cas-ci, la demande a été suspendue en attendant le résultat de procédures similaires en cours aux États-Unis. Le cabinet d’avocats en charge du dossier au Québec, Lauzon Bélanger, dit envisager de fondre les deux recours en un seul.

Régie de l’assurance maladie

Malgré les résultats d’études réalisées dès 2003 démontrant des risques liés à la consommation de Mirapex, il serait prescrit environ 200 000 fois par année au Québec selon les chiffres de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).  N’existe-t-il pas au Québec un mécanisme de contrôle permettant de retirer préventivement de la circulation un médicament qui ferait courir des risques à ses consommateurs? Nous vous reviendrons avec une réponse sous peu.

Liens

En attendant, ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le recours collectif et les risques liés à la consommation de Mirapex peuvent consulter le blogue de la requérante France Lépine, la demande d’autorisation de recours collectif, ainsi qu’un article du journal La Presse dont ce billet est largement inspiré.

Pour en savoir plus sur la maladie de Parkinson et sur le syndrome des jambes sans repos, cliquez les liens indiqués.

Vos commentaires sur Parkinson et dépendance au gambling

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

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Les dés sont cliqués

Témoignage d’un joueur compulsif

2$; le prix à payer pour devenir un joueur compulsif

Maudite Machine, Biz, rappeur de Loco Locass

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Suicide des personnes âgées

Suicide des personnes âgées

DOSSIER SUR LE Suicide

Il est peut-être étonnant de découvrir que le taux de suicide chez les hommes de plus de 75 ans est 7,5 fois plus élevé que la moyenne du taux de mortalité par suicide en France. Pourtant, la réalité parle d’elle-même et le problème est encore largement sous-estimé. Force est de constater que le suicide chez les séniors est encore un sujet tabou.

Suicide des personnes âgée - Source de l'image: www.babyboomercaretaker.com

La prévalence du suicide des personnes âgées

En France, les décès volontaires chez les seniors sont largement plus nombreux que dans les autres tranches d’âge, et notamment chez les hommes de plus de 75 ans. En effet, leur taux de mortalité par suicide est de 150 pour 100.000 habitants, ce qui en fait le chiffre le plus élevé d’Europe. Les veufs de plus de 75 ans se suicident de cinq à dix fois plus que les femmes veuves du même âge. D’autre part, plus on vieillit, plus le risque est élevé: l’âge le plus critique se situe entre 85 et 89 ans.

Les raisons du suicide des seniors

Dans l’univers de la vieillesse, les raisons qui conduisent une personne âgée sont multiples et personnelles, mais on retrouve souvent le veuvage, les traumatismes liés à la guerre, la souffrance d’une maladie de longue durée, la solitude et le sentiment de ne plus servir à rien ni à personne. Ce mal-être se termine alors par la réalisation du geste irréversible, une fois sur deux. Ne pouvait-on pas le prévenir? Le problème, c’est que les signes de dépression sont souvent masqués chez les personnes âgées, ou considérés comme «normaux», liés à la vieillesse, malgré le constat que le «désir d’en finir» est intense. Même dans la famille, on parle très souvent de suicide légitime, rationnel, d’un choix sensé. Comme si le suicide était une fin de vie anticipée, une précipitation vers cette mort de toute façon inéluctable. Mais c’est là occulter la souffrance de l’être…

Le suicide des personnes âgées: un tabou?

Le chef du Service Psychiatrie de Brest, le Pr. Walter, souligne: «quel que soit l’âge, toute tentative de suicide est une tentative pour ne plus souffrir». Comment lutter contre ce mal-être? «En en parlant, répond le psychiatre, et en faisant passer ce message: oui, on peut être vieux sans être déprimé!». La dépression est un signe de cette souffrance. Elle est pourtant mal détectée et par conséquent peu traitée chez les personnes âgées, ce qui pourrait expliquer ces chiffres accablants. «Le tabou du suicide chez l’adolescent est tombé, alors qu’il persiste vis-à-vis des personnes âgées», souligne-t-il. La souffrance doit être exprimée et écoutée. Afin de sensibiliser le public à cet autre phénomène de la vieillesse, les associations de prévention du suicide ont commencé à faire des campagnes d’informations… mais le problème devrait peut-être relever de la santé publique, comme aux Etats-Unis.

Source: le blog Cap Retraite

VOS COMMENTAIRES SUR LE SUICIDE DES SENIORS

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le suicide

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Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

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Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent « Le Choc des Cultures ». 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Fondation Canadienne Rêves d’Enfants: Des fragments de rêves d’enfants

Fondation Canadienne Rêves d’Enfants: Des fragments de rêves d’enfants

Gabriel Alexandre Gosselin

CW_Bi_F=E_4Colour_2LinesLe 24, 25 et 26 avril prochain se tiendra au Musée Juste pour Rire un événement bien spécial.

20 finissants en photographie du Collège MARSAN y exposeront leurs plus remarquables oeuvres. Mais pas juste pour faire beau! Pour faire du bien aussi. La totalité des profits de l’exposition photo, baptisée Fragments, ira à la Fondation Canadienne Rêves d’Enfants. Les étudiants ont eux-mêmes proposé l’initiative.

Une bonne occasion de visiter une galerie imaginée par de jeunes artistes; le prix d’entrée est fixé sur une base volontaire. Peut-être serez-vous tenté d’acquérir par l’encan silencieux une des oeuvres exposées sur place. Du même coup, vous aidez un enfant à réaliser son rêve le plus cher, une famille à prendre un peu de répit.

——–

La Fondation Canadienne Rêves d’Enfants fêtera cette année son 25e anniversaire. Depuis sa création, la Fondation a réalisé plus de 14 400 souhaits d’enfants à travers le Canada.

Vos commentaires sur l’exposition Fragments au profit de la Fondation Canadienne Rêves d’Enfants

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Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

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Vidéo VHS, compétition de break-dance.

Skywalker, Omegatron, Psycho Red, Silo, Trackmaster, Strike 3, Jayko Superstar, Speedy, Place Pieces (Maximum Efficiency), Tiger, Dj Frank Boulevard, Dj Devious.
Vidéo VHS 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Afghanistan Une société à rebâtir

Afghanistan Une société à rebâtir

Olivier Bachand

Voilà maintenant plus de six ans que le régime taliban a été renversé en Afghanistan. Ce pays d’Asie centrale, un des plus pauvres au monde, tente tant bien que mal de se sortir du gouffre. Plusieurs ONG canadiennes prêtent actuellement main-forte aux Afghans pour qu’ils améliorent leurs conditions de vie.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la liste des problèmes qui affligent l’Afghanistan est longue. Depuis plus de 30 ans, le pays est déchiré par la guerre. L’année dernière, 1 500 civils ont été tués, résultat des combats entre les for-ces armées étrangères et l’insurrec-tion talibane. Le gouvernement, contesté par plusieurs Afghans, peine à étendre son contrôle sur tout le pays. Le tissu social est érodé, les infrastructures sont détruites. Plus de la moitié de la population afghane vit sous le seuil de pauvreté. L’accès au logement, à l’eau potable, à l’électricité, aux soins de santé et à l’éducation est problématique. Bref, une société entière est à reconstruire. Vu son manque de moyens, la république islamique doit compter sur la communauté internationale pour se relever. Pour la période 2004-2009, 8,9 milliards de dollars provenant de l’étranger y seront investis.

D’ici 2011, le Canada consacrera 1,2 milliard à la reconstruction de l’Afghanistan. Formation professionnelle des veuves, droits des femmes, lutte contre les carences alimentaires, mise sur pied d’un système judiciaire efficace: toutes ces initiatives sont soutenues par des ONG canadiennes financées par l’Agence canadienne de développement international (ACDI). La plupart de leurs projets visent à aider les plus vulnérables, les femmes et les enfants.

Depuis 1999, l’Initiative pour les micronutriments (IM) distribue des capsules de vitamine A aux enfants afghans âgés entre six mois et cinq ans, pour permettre qu’ils développent un meilleur système immunitaire. «L’Afghanistan est l’un des pires pays en ce qui concerne les carences alimentaires, indique Luc Laviolette, directeur d’IM Asie. Le manque chronique de vitamines et de minéraux peut entraîner de sérieux problèmes, comme la mortalité juvénile, la diminution du développement du cerveau et des capacités d’appren-tissage des enfants.» Le pays affiche le troisième plus haut taux de mortalité au monde chez les moins de cinq ans et près de 60% des jeunes souffrent d’anémie.

Luc Laviolette s’est rendu à deux reprises en Afghanistan. Sa dernière visite remonte à juillet dernier. «J’ai été frappé par la grande préoccupation des gens pour leur santé, dit l’homme de 38 ans. Les parents portent une attention particulière au bien-être de leurs enfants et sont très ouverts à tout ce qui pourrait les aider.»

Outre la distribution de capsules de vitamine A, l’IM mène d’autres projets dans le pays. Un des programmes de l’ONG canadienne vise l’enrichissement de la farine avec du fer et de l’acide folique et un autre l’iodation du sel. «Les femmes, les enfants et les plus pauvres n’ont pas accès à la nourriture riche et sont davantage exposés aux infections», explique Luc Laviolette. Avec ces initiatives, des Afghans parmi les plus vulnérables pourront bénéficier d’une meilleure alimentation. «On souhaite éventuellement aider les gens à cultiver leur nourriture plutôt que de leur offrir un secours d’urgence, dit le directeur d’IM Asie. Mais ça prendra du temps, au moins une dizaine d’années.»

Allah, donne-moi une job

Mirwais Nahzat est un jeune Canadien d’origine afghane. Il est responsable des programmes d’aide en Afghanistan pour l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Ayant quitté son pays natal avant l’âge de 10 ans, il y est retourné deux fois au cours de la dernière année afin de voir au bon déroulement d’un programme de formation professionnelle destiné aux femmes de Kaboul.

Ce projet, élaboré en collaboration avec CARE Canada, doit venir en aide à plus de 2 000 Afghanes de la capitale. «Nous travaillons avec des femmes pauvres, des veuves qui ont perdu leur mari pendant la guerre civile, explique Mirwais Nahzat. On estime qu’il y en a 40 000 à Kaboul. Elles doivent subvenir aux besoins de leur famille, mais occupent des em-plois qui ne leur procurent qu’un petit salaire.»

À l’heure actuelle, une famille afghane dirigée par une femme vit en moyenne avec 16$ par mois. «Bien souvent, les enfants des veuves doivent trouver des petits boulots dans la rue. Si leur mère se déniche un emploi, ils pourront aller à l’école», fait valoir Steve Cornish, conseiller politique à CARE Canada. Il s’est rendu en Afghanistan en décembre dernier afin de participer à l’implantation du programme de formation.

Les femmes y apprennent notamment à transformer les fruits pour en faire de la confiture et à installer des câbles électriques dans les maisons. Des cours d’alphabétisation sont aussi dispensés. Moins d’une veuve sur 10 sait lire et écrire. «J’ai pu parler à beaucoup de femmes qui participent au programme. Elles m’ont dit qu’elles ne voulaient pas seulement de l’aide d’urgence, comme la distribution de nourriture, mais des programmes qui leur permettent de développer des habiletés, raconte Mirwais Nahzat. Elles veulent faire partie de la société.»

Jusqu’à maintenant, le projet conjoint de CARE et de l’EUMC semble être sur la bonne voie. «Quelques femmes trouvent un emploi avant même la fin de leur formation, se réjouit Mirwais Nahzat. À long terme, nous voudrions l’implanter dans d’autres provinces.» «On voit ces femmes renaître, ajoute Steve Cornish. Le pouvoir qu’elles ont repris est beau à voir. Mais il ne faut pas oublier celles qui n’ont pas fait le saut.»

Afghanes debouttes

Si la Constitution afghane adoptée en 2004 consacre l’égalité des sexes et que le pays dispose d’un ministère de la Condition féminine, il reste beaucoup de chemin à faire pour les droits des femmes en Afghanistan. Selon la Commission afghane des droits de la personne, la moitié d’entre elles sont battues par leur mari et le taux de suicide chez les Afghanes est alarmant.

Malgré tout, leur situation s’est améliorée depuis la chute des talibans, estime Alexandra Gilbert, de Droits et Démocratie. «Il est maintenant possible d’asseoir dans une salle des femmes avec des mollahs, des aînés et des hommes pour discuter de leurs droits, ce qui était vraiment impensable il y a quelques années seulement.»

La Montréalaise a foulé le sol du pays pour la deuxième fois en mars dernier. Elle a rendu visite à 18 de ses collègues afghans qui travaillent pour l’ONG canadienne à Kaboul. Le projet qu’elle coordonne à distance vise à créer une discussion entre les acteurs étatiques pour en arriver à une réforme du code de la famille et à l’implantation d’un contrat de mariage dans le contexte de la loi islamique, tout cela pour éviter les abus envers les femmes.

«En Afghanistan, une jeune fille de 11 ans peut être mariée à un homme de 70 ans», illustre Alexandra Gilbert. Le pays affiche un taux de mariages forcés se situant entre 60% et 80%. En mars dernier, la Cour suprême afghane a ratifié un contrat de mariage incluant la notion d’entente mutuelle entre l’homme et la femme, ce qui pourrait prévenir les mariages forcés des très jeunes filles. Mais l’implantation du contrat pose plusieurs questions. «Qui sera responsable de l’enregistrement des mariages? Des juges, des cours locales, des mollahs? Où cela va-t-il se pas-ser? Il faut s’assurer que les femmes auront accès à ce processus», dit Alexandra Gilbert.

Droits et Démocratie offre éga-lement des formations aux Afgha-nes pour qu’elles apprennent à défendre leurs droits et qu’elles poursuivent éventuellement la lutte. La mise en œuvre des réformes repose sur leur appro-priation par la population locale et le travail de sensibilisation effectué en amont, croit Alexandra Gilbert. «L’idée, c’est de faire progresser le droit des femmes dans un contexte de respect culturel.»

Remettre l’ordre dans la loi

Benoit Turcotte s’est rendu en Afghanistan à trois reprises. Membre de l’ Association internationale des avocats de la défense (AIAD), il devait former des juristes afghans. En 2003, lorsque le projet a démarré sous l’égide de l’International Legal Foundation (ILF), le système judiciaire de la république islamique permettait de nombreux abus à l’encontre des Afghans. «Des citoyens étaient accusés à tort et à travers pour des crimes allant du vol de pain au meurtre. Ces accusations étaient souvent portées sur la base de dénonciations, sans motifs solides, explique l’avocat. Dès les premiers mois, on a été en mesure de faire libérer un millier de personnes détenues illégalement.»

Depuis 2003, l’AIAD et l’ILF ont mis sur pied des bureaux d’aide juridique dans plusieurs grandes villes du pays pour que les prévenus, en immense majorité très pauvres, soient défendus gratuitement.

Les avocats de la défense jouent un rôle crucial en démocratie, estime Benoit Turcotte. «Ils doivent non seulement défendre les intérêts des accusés, mais aussi s’assurer que le système judiciaire fonctionne cor-rectement. Les Afghans que nous avons formés avaient une excellente connaissance des lois, mais n’avaient pas la mentalité d’un avocat de la défense.» Le juriste leur a enseigné les différentes étapes de la gestion d’un dossier, de l’arrestation à l’issue d’un procès. Ce sont maintenant des Afghans qui forment les futurs avocats. «Nous sommes déjà sortis de l’Afghanistan, le projet roule par lui-même», dit Benoit Turcotte.

Si le travail des ONG semble porter fruit, il n’en demeure pas moins qu’elles doivent surmonter de nombreux obstacles sur le terrain (voir autre article p.31). Plusieurs défis restent à relever pour venir en aide à l’un des peuples les plus mal en point de la planète.

Histoire de l’Afghanistan

L’Afghanistan, officiellement fondé en 1747, a toujours occupé une position géopolitique stratégique. Le col de Khyber, situé de part et d’autre de l’Afghanistan et du Pakistan, permet de traverser la chaîne de montagnes de l’Hin-dukush, ce qui en fait la seule voie terrestre entre l’Asie centrale et le sous-continent indien.

En 1879, après deux guerres contre les forces armées anglo-indiennes s’échelonnant sur une période de 40 ans, l’État devient un semi-protectorat britannique. Il accède à l’indépendance en 1919. Un gouvernement constitutionnel est élu quatre ans plus tard et l’Af-ghanistan commence à se moder-niser. Les titres de noblesse sont abolis et l’enseignement pour les femmes est décrété.

Le pays connaît une autre vague de modernisation à partir de 1959, sous le règne de Zahêr Shah. Une nouvelle constitution est adoptée et les premières élections législatives se tiennent en 1965. Le roi est renversé en 1973 par une dictature islamiste.

Un second putsch, cinq ans plus tard, mène les communistes à la tête du pays. Leur propagande anti-religieuse exacerbe les tensions. Les rebelles islamistes, les moudjahidines, combattent le régime communiste, qui est renversé en 1979. L’Union soviétique (URSS) envahit alors l’Afghanistan et les États-Unis soutiennent les islamistes. Après avoir essuyé de lourdes pertes humaines, l’URSS se retire en 1989. Le pays vit depuis dans l’instabilité, déchiré par des années de guerre civile opposant diverses ethnies et factions.

En 1996, les talibans prennent le contrôle de la capitale, Kaboul, et des deux tiers de l’Afghanistan. Ils instaurent un régime fondamentaliste très strict basé sur la loi coranique. Après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, ils sont accusés par les États-Unis d’abriter le chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, qui re-vendique les attaques. Les talibans sont délogés du pouvoir deux mois plus tard, après une opération militaire américaine.

Un gouvernement intérimaire dirigé par Hamid Karzaï, membre de la tribu pachtoune, est mis en place après les Accords de Bonn, en décembre 2001. Le pachtoune est élu président de l’Afghanistan en 2004. Actuellement, quelque 47 000 militaires de 40 pays réunis au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité, chapeautée par l’OTAN, sont présents dans le pays.

Produit en collaboration avec le gouvernement du Canada par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Géographie infectieuse

Géographie infectieuse

(Agence Science-Presse) – Ce n’est pas la carte géographique à consulter pour des vacances de rêve: six chercheurs américains et une Britannique ont épluché les données de 300 maladies ayant émergé entre 1940 et 2004 et en ont extrait une carte des zones les plus «hot» pour de futures épidémies. C’est que de ces 300 maladies se dégagent en effet des points communs: économiques, sociaux, sanitaires et écologiques. Comme on s’en doute, si le gros des fonds affectés à la surveillance des maladies émergentes est concentré dans les pays riches, le gros des maladies, lui, est dans les pays pauvres…

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Un bon système de soins peut-il ignorer la santé de ses soignants?

Un bon système de soins peut-il ignorer la santé de ses soignants?
Luc Dupont – Agence Science-Presse

Peut-on vouloir à la fois protéger les malades – leur qualité de vie, leur dignité et leur survie – et en même temps refuser ces mêmes considérations éthiques à ceux et celles qui s’échinent à leur chevet, médecins, infirmières, spécialistes? Dans les structures actuelles, déficitaires en ressources humaines, où de plus en plus les soignants s’épuisent, il semble bien qu’on en soit arrivé à cette situation aberrante. Au point où des spécialistes ont senti l’urgence d’en faire l’objet d’une table ronde, lors du 5e colloque annuel des Programmes de bioéthique de l’Université de Montréal, tenu récemment.

La conscience blessée de l’infirmière
Professeure adjointe à la faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et panéliste invitée à cette discussion, Marie Alderson mène, depuis 10 ans, des recherches visant à étayer les liens entre l’organisation du travail des infirmières et leur santé mentale. «Ce que je constate un peu partout, dit-elle, c’est que présentement les sources de plaisir professionnel se tarissent tandis que celles de la souffrance se multiplient.»

Elle note que la charge de travail est de loin la doléance principale de ces travailleuses. «Mais leur souffrance est bien plus subtile, reprend la chercheuse. Cela se manifeste à l’intérieur d’elles par le sentiment d’effectuer un travail bâclé. Elles disent: « Je me sens très loin du genre d’infirmière que je voulais être. » L’écart qui naît entre leur idéal professionnel et les conditions de travail difficiles, qui les obligent tôt ou tard à diminuer leur niveau d’exigence, les atteint de plein fouet dans quelque chose de très intime: leur conscience d’infirmière.» D’où une multiplication de cas de fatigue et de «burn-out».

S’inspirant d’une approche psychodynamique du travail, Marie Alderson a rencontré de nombreuses équipes d’infirmières afin de leur faire verbaliser les difficultés qu’elles vivent au travail. «Une fois les choses dites et identifiées, mon rôle a été d’habiliter les groupes d’infirmières à produire ensemble une demande collective de changement destinée à leurs supérieurs – car dans des problématiques semblables, il n’y rien de pire que l’isolement ou l’atomisation. Les demandes pouvaient prendre la forme suivante: « Dans l’organisation du travail actuellement, il y a telle ou telle chose qui nous blesse; que pourrions-nous faire au quotidien pour alléger cette souffrance? »»

«Et si on répondait à cette question par une autre», ont lancé quelques personnes dans la salle: «à quand l’énoncé d’une éthique des politiques de santé qui éliminerait de telles situations?»

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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