Avoir le VIH et être mère

VIH

Séropositive et désir d’enfant

En 2011, plus de 75% des personnes vivant avec le VIH au Canada étaient des hommes. Une réalité qui écarte bien souvent les femmes des ressources sur le terrain. Pour en apprendre davantage sur ces enjeux, Alexandra a accepté de répondre à nos questions.

Delphine Caubet      Dossiers Sida VIH MTS Aids.

vih sida maternité enfantDelphine Caubet: Depuis quand as-tu le VIH et comment l’as-tu contracté?
Alexandra: Je l’ai contracté en 2006, alors que j’avais 27 ans. À cette époque, j’utilisais des drogues injectables et je faisais le travail du sexe. Mais je faisais vraiment attention pour ne pas attraper de maladies.
En même temps, je fréquentais un homme… il ne m’a pas dit être séropositif. C’est comme ça que j’ai contracté le VIH, en ayant des relations sexuelles avec mon conjoint.

DC: Qu’est-ce que cela a changé dans ta vie?
A: J’ai appris que j’avais le VIH alors que j’étais à l’urgence pour un abcès. L’infirmière me l’a dit froidement et est repartie. Je n’ai eu aucun support sur le moment. Je ne connaissais rien de la maladie, je savais juste que j’allais mourir.

Les 6 mois suivants ont été une catastrophe et je me foutais de tout. J’utilisais, entre autres, des seringues usagées d’autres séropositifs…

À cette époque, ma charge virale était très haute et j’étais sur le point de basculer au stade sida. J’ai été admise à l’hôpital et c’est ce qui a fait que j’allume. J’ai été déconnectée de tout et une infirmière m’a aidée à comprendre et à faire des démarches pour m’en sortir.

Depuis tout va bien! Je travaille dans 2 organismes d’intervention. Un pour les toxicomanes et un autre pour les travailleuses du sexe. Et c’est mon vécu qui fait que je suis efficace dans mon travail. Je peux les comprendre et ne pas essayer de sauver la planète entière. J’y vais par étape, comme ça a été le cas pour moi.

DC: Est-ce qu’être séropositive interfère avec ton travail?
A: Non pas vraiment. J’ai juste des rendez-vous chez le médecin, mais je préviens à l’avance et ça ne pose pas de problème. Mais je travaille dans le communautaire aussi.

Avant cela, je travaillais dans une boutique de vêtements. Mes collègues savaient que j’étais séropositive et cela ne les a pas dérangés.

DC: Comment l’annoncer à un amant?
A: Mon conjoint actuel savait que j’avais le VIH avant de me courtiser. Lui est séronégatif. Mais avant lui, cela s’est bien passé. J’ai toujours prévenu avant d’avoir des relations et en général on me répondait: «Ben y a les condoms!»

Une seule fois cela a posé problème. Un ami m’avait conseillé ne pas informer l’homme que je fréquentais et je lui ai dit que le lendemain que j’étais séropositive. Il a capoté! Il est parti direct l’urgence et quand il a vu que l’infirmière lui faisait une prise de sang sans gant, il a réalisé qu’il avait peut-être réagi de façon exagérée. Il ne connaissait pas les risques, alors qu’on s’était protégé.

Depuis je le dis dès les premières rencontres et dans toutes mes relations. Que se soit en amitié, en amour ou autres. Et il faut le faire la tête haute.

DC: Comment envisages-tu la maternité?
A: Avant je pensais ne pas vouloir d’enfant. Mais depuis que je suis avec mon chum, je pense autrement. Pour lui, c’est vraiment important!

Pour la conception, comme ma charge virale est très basse, cela va se faire normalement. Je vais juste me faire suivre par un médecin et mon accouchement devrait être par voie naturelle.

À la naissance, l’enfant aura un traitement préventif à la trithérapie pendant quelques semaines. C’est tout. La seule chose que je ne pourrai pas faire, c’est l’allaiter. Après je serai comme toutes les mères, et s’il se blesse je pourrai lui poser son pansement par exemple.

DC: Comment sont les services pour les femmes séropositives?
A: Il se fait peu de choses pour les femmes! J’ai appris que je ne pouvais pas allaiter dans un livre pour queer, alors que je ne le suis pas!

Je comprends qu’il faille cibler les populations à risque comme les HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes), mais les femmes aussi sont touchées.

Mais il y a de l’espoir, en 2015, les choses commencent à changer et on parle davantage des femmes.

Responsabilité légale

Le droit canadien ne donne pas une réponse claire si les personnes séropositives doivent divulguer ou non leur état de santé à leurs partenaires sexuels.

Selon un jugement de la Cour suprême du Canada, les séropositifs ont l’obligation juridique de divulguer leur état de santé à leurs partenaires avant d’avoir des rapports à «risque important».

Il est possible d’être reconnu coupable d’une infraction criminelle si ont lieu des rapports à «risque important» de transmission, sans divulguer au partenaire. Des poursuites judiciaires pourraient avoir lieu même si le partenaire sexuel n’a pas contracté le VIH, car il a été exposé à un risque sans en avoir conscience.

Le point épineux est de déterminer ce qu’est un «risque important». Des personnes séropositives avec une charge virale indétectable ont déjà été disculpées d’accusations par le passé. L’utilisation de condom en est élément essentiel.

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Bistro le Ste-Cath

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Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

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Colloque sur les violences faites aux femmes. Femmes d’ailleurs

Colloque sur les violences faites aux femmes. Femmes d’ailleurs

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse

Malaïka (nom fictif), jeune Congolaise vivant au Québec, l’a entendu de nombreuses fois :  » il ne faut pas détruire ta famille. Fais attention, tu seras rejetée, nous ne t’aiderons pas « . Victime de violence conjugale, elle ne s’est pas sentie soutenue par sa communauté.  » Le poids social est très important « , confirme Anne Kouraga, étudiante au doctorat à l’École de service social de l’Université Laval. Les abus et les maltraitances sont légion : crime d’honneur, traite des femmes, violences faites aux femmes en contexte d’immigration, etc., comme le rapportait le colloque international Violences faites aux femmes: réponses sociales et plurielles auquel participait Mme Kouraga. Elle était l’auteure, avec  » Maternité et violence conjugale chez les femmes immigrantes d’Afrique noire francophone « , de l’une des 200 présentations de ce colloque qui avait lieu récemment à Montréal.

Nés d’observation directe et de constats, les travaux d’Anne Kouraga visent à comprendre la réalité particulière de ces femmes immigrantes victimes de violence conjugale.  » Elles ont une culpabilité accrue liée à la maternité. Se perçoivent-elles comme de « mauvaises épouses »? Que vivent-elles, prises entre deux cultures ? « , s’interroge l’étudiante tchadienne qui a souvent accompagné des femmes lors de démarches d’information auprès de maisons d’hébergement pour les femmes violentées.

De nombreux facteurs musellent les femmes. Les menaces, la honte, le rejet de la communauté, l’isolement lié au contexte d’immigration, la peur d’être renvoyée au pays, la peur que la DPJ ne lui enlève les enfants… Sans compter que culturellement, la violence familiale est le plus souvent niée.  » Le système patriarcal africain affirme que la femme est inférieure à l’homme et doit lui obéir. La violence est perçue comme une affaire privée  » rapporte la chercheuse.

Pas facile de se défaire d’un tel joug, surtout dans une société d’accueil emplie de préjugés sur les femmes africaines.  » J’ai accompagné une femme battue à l’hôpital, la première question de l’infirmière a été : avez-vous le sida ? « , s’indigne Anne Kouraga.

Le contexte d’immigration

Marie Lacroix, de l’École de service social de l’Université de Montréal, se penchait elle aussi, dans le cadre de ce colloque, sur les femmes en contexte d’immigration, plus particulièrement sur la pratique du mariage par correspondance. Une pratique qui prend de l’ampleur, particulièrement depuis Internet.  » L’Internet a facilité cette pratique, particulièrement pour les hommes. « On entend parler de ces femmes promises depuis bien plus longtemps,  » avec les romans, les films, pourtant nous les connaissons bien mal, tout comme leurs motivations à user de ce biais pour immigrer « , résume le Pr Lacroix. Avec ses travaux sur  » Le mariage par correspondance « , menés avec sa collègue Sue Brigham de la Faculté d’Éducation de Mount Saint-Vincent University (Nouvelle-Écosse) et différents collaborateurs du Feminist Public Policy Project (FPPP), Marie Lacroix désire rattacher cette pratique à la féminisation de la pauvreté à l’échelle internationale.Si l’on commence à connaître les pénibles conditions des  » aides familiales  » domestiques, il existe bien peu de statistiques sur les  » femmes promises  » et le sujet reste encore tabou.

On sait qu’elles sont très nombreuses à provenir des Philippines, de Russie et d’Ukraine. Et il s’avère difficile de les retracer car elles arrivent souvent dans le cadre d’une réunion familiale et ne se définissent pas comme  » femmes promises « . De plus, elles  » ne représentent pas un bloc homogène. Les femmes des Philippines ou d’Ukraine ont des motivations propres, une vision du couple et du rôle de la femme très différentes « , souligne la chercheuse.

Point commun toutefois,  » la politique d’immigration est discriminatoire pour les femmes. Elles ont souvent moins accès à l’éducation que les hommes. Choisir un époux étranger pour parvenir à s’en sortir, cela est aussi un choix « . Aux Philippines, il existe depuis les années ’70 un programme d’exportation de la main d’œuvre doublé d’une  » tradition  » d’immigration féminine.  » L’argent envoyé à la famille par ces expatriées atteint les 6 milliards de dollars « , relève Marie Lacroix. Un facteur qui n’incite pas les autorités à ralentir le flux…

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