Un bon système de soins peut-il ignorer la santé de ses soignants?

Un bon système de soins peut-il ignorer la santé de ses soignants?
Luc Dupont – Agence Science-Presse

Peut-on vouloir à la fois protéger les malades – leur qualité de vie, leur dignité et leur survie – et en même temps refuser ces mêmes considérations éthiques à ceux et celles qui s’échinent à leur chevet, médecins, infirmières, spécialistes? Dans les structures actuelles, déficitaires en ressources humaines, où de plus en plus les soignants s’épuisent, il semble bien qu’on en soit arrivé à cette situation aberrante. Au point où des spécialistes ont senti l’urgence d’en faire l’objet d’une table ronde, lors du 5e colloque annuel des Programmes de bioéthique de l’Université de Montréal, tenu récemment.

La conscience blessée de l’infirmière
Professeure adjointe à la faculté des sciences infirmières de l’Université de Montréal et panéliste invitée à cette discussion, Marie Alderson mène, depuis 10 ans, des recherches visant à étayer les liens entre l’organisation du travail des infirmières et leur santé mentale. «Ce que je constate un peu partout, dit-elle, c’est que présentement les sources de plaisir professionnel se tarissent tandis que celles de la souffrance se multiplient.»

Elle note que la charge de travail est de loin la doléance principale de ces travailleuses. «Mais leur souffrance est bien plus subtile, reprend la chercheuse. Cela se manifeste à l’intérieur d’elles par le sentiment d’effectuer un travail bâclé. Elles disent: « Je me sens très loin du genre d’infirmière que je voulais être. » L’écart qui naît entre leur idéal professionnel et les conditions de travail difficiles, qui les obligent tôt ou tard à diminuer leur niveau d’exigence, les atteint de plein fouet dans quelque chose de très intime: leur conscience d’infirmière.» D’où une multiplication de cas de fatigue et de «burn-out».

S’inspirant d’une approche psychodynamique du travail, Marie Alderson a rencontré de nombreuses équipes d’infirmières afin de leur faire verbaliser les difficultés qu’elles vivent au travail. «Une fois les choses dites et identifiées, mon rôle a été d’habiliter les groupes d’infirmières à produire ensemble une demande collective de changement destinée à leurs supérieurs – car dans des problématiques semblables, il n’y rien de pire que l’isolement ou l’atomisation. Les demandes pouvaient prendre la forme suivante: « Dans l’organisation du travail actuellement, il y a telle ou telle chose qui nous blesse; que pourrions-nous faire au quotidien pour alléger cette souffrance? »»

«Et si on répondait à cette question par une autre», ont lancé quelques personnes dans la salle: «à quand l’énoncé d’une éthique des politiques de santé qui éliminerait de telles situations?»

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La médecine islamique

La médecine islamique

(Agence Science-Presse) – La croyance populaire veut que les célèbres médecins arabes du Moyen âge aient tiré leur inspiration des Anciens Grecs. C’est en partie vrai, mais c’est négliger l’immense travail original que les Arabes ont ensuite produit, et dont se sont à leur tour inspirés les médecins européens. De Abu-al-Qasim (Albucasis), chirurgien du XIe siècle qui fut le premier à utiliser des forceps lors d’accouchements, jusqu’au rôle des femmes dans le développement d’hôpitaux offrant des soins gratuits à Bagdad dès le IXe siècle, les auteurs Peter Pormann et Emilie Savage-Smith lèvent le voile, dans Medieval Islamic Medicine, sur un pan méconnu de l’Histoire. Ces deux spécialistes de l’histoire médicale s’appuient en partie sur des documents qui n’avaient pas encore été traduits il y a 30 ans, lors de la publication de la précédente «bible» sur le sujet (Pormann et Savage-Smith, Medieval Islamic Medicine, Georgetown University Press, 2007).

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Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

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Pharmacie.net pas toujours nette

Pharmacie.net pas toujours nette

Marie-Lyne Caisse                    Dossier Santé.

Sur des milliers de sites Internet, il est possible d’obtenir sans ordonnance des produits contre les problèmes érectiles à des prix défiant toute concurrence. Est-ce légal? Y a-t-il des risques pour votre santé?

L’usage du Viagra, Cialis ou Lévitra, utilisés pour traiter les problèmes d’érection, ne peut se faire sans l’avis du médecin et sans les conseils d’un pharmacien, car ce n’est pas sans risque pour la santé. Souvent, ces entreprises n’affichent pas leurs coordonnées sur leur site. Vous n’avez donc aucun moyen de savoir où elles sont situées en cas de problème, ni où elles obtiennent leurs médicaments. De plus, vous n’avez aucune garantie quant à la qualité du produit reçu.

Viagra et sexologue

«La consultation est essentielle», explique Mélanie Tremblay, sexologue dans une clinique d’évaluation et de traitement sexologique. «Dans certains cas, elle permet de constater que la prise de médicaments n’est pas nécessaire ou que le problème d’érection est lié à une maladie comme le diabète, à une cause psychologique ou à une mauvaise connaissance du corps.»

Conséquences et effets secondaires du viagra

La liste des contre-indications est longue. C’est pourquoi il est important de consulter. «La rencontre avec le médecin est indispensable. Il évalue la santé du patient et voit s’il est convenable ou non qu’il prenne du Viagra. Il y a des contre-indications et des effets secondaires non négligeables. Moi, j’autorise la prescription», explique Maxime Fontaine, pharmacien. «Je rencontre le patient en consultation privée. Je lui donne une fiche qui lui explique en détail l’utilisation du médicament. S’il y a des complications par la suite, il peut me contacter, ce que l’achat par Internet ne permet pas.»

La vente de médicaments sur Internet

«La vente de médicaments sur Internet est illégale», souligne Véronique Allaire, responsable des communications à l’Ordre des pharmaciens du Québec. «La grande majorité des sites, cependant, sont à l’extérieur du Québec, et nous n’avons aucune juridiction contre eux. Il est déjà arrivé que des pharmaciens du Québec exercent la vente de médicaments en ligne. Il y a eu des plaintes contre eux. Certains ont même été radiés pour quelques années, d’autres à vie.»

Autres textes sur la santé.

Viagra, érection et aphrodisiaque naturel

Viagra contre le décalage horaire

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
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-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
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Un vétérinaire ou un médecin

Chat, Chats, chatons, chaton, minou, minousUn vétérinaire ou un médecin?

L’histoire a débuté avec une chatte abandonnée. Elle accouche au Journal de la Rue en cachette. Nous avons dû les garder quelques mois avant le sevrage d’avec leur mère. Vous devinez la suite, impossible de s’en défaire, ils font maintenant parti de la famille. La famille élargie disons.

Je viens de rencontrer le vétérinaire pour les chatons et leur mère. J’ai reçu un excellent service. La vétérinaire a répondu à toutes nos questions, nous a aidé à établir un plan pour les soigner et les garder… Nous avons passé près d’une heure dans le bureau de la vétérinaire avec nos 4 chats.

Le service a tellement été bon que je lui ai demandé si elle pouvait être mon médecin de famille. Parce que je n’ai plus de médecin de famille depuis plus de 5 ans et ça commence à m’inquiéter. Mon taux de cholestérol valse comme les prix du pétrole, mon taux de sucre joue à la bourse… Personne pour me répondre ou me sécuriser vis-à-vis ma santé. Mais pour mes chats, excellent service. Est-ce acceptable?

Pas vraiment. Je suis obligé de rencontrer un médecin dans une clinique sans rendez-vous. Il me donne environ 3 minutes et 42 secondes. Le temps de prendre ma pression, écouter mon coeur et renouveller ma prescription pour le cholestérol. Pour mes questions. Celles qui m’inquiètent. Les autres bobos que je ressent comme les palpitations cardiaques, les points à différents endroits… On repassera. Parce que je ne suis pas un chat. Et que je n’ai pas le droit à un aussi bon service qu’eux.

Et en plus d’être mieux servi par leur vétérinaire, ils ont droit à 9 vies! C’est pas juste!

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Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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La coopérative de santé

La coopérative de santé

Dossier Coopérative de Santé.           Dominic Desmarais

Modèle nouveau genre au Québec, la coopérative de santé met le citoyen au cœur des décisions sur sa santé. Terminé, le simple rôle de consommateur. Regard sur une autre façon de rendre des soins.

Aux prises avec la détérioration de services de santé à Aylmer, dans la ville de Gatineau, deux médecins mobilisent la population. Pratiquant à la clinique privée Aylmer-Lucerne, les Dr Bernard Gélinas et Claude Archambault cherchent à éviter le pire: la fermeture de leur centre médical et la perte pour la population de services indispensables.

La décision est prise. Plutôt qu’une clinique privée, qui n’a pas fonctionnée, on formera une coopérative où les utilisateurs, les travailleurs et les médecins seront membres avec le même pouvoir, soit un vote chacun. La réponse est telle que 3 ans plus tard, le 1er janvier 2004, la Coopérative de santé devient propriétaire de la clinique Aylmer-Lucerne.

Grâce à l’implication de la communauté, non seulement la clinique reste-t-elle en opération, mais les services s’améliorent. Tous mettent l’épaule à la roue, ce qui permet de recruter des médecins, de se doter de meilleurs équipements, offrir de meilleurs services et mettre sur pied des programmes de prévention. Des services que l’ancienne clinique, privée, n’aurait jamais pu fournir aux gens d’Aylmer.

Médecins recherchés

Le nombre de cliniques a chuté dramatiquement ces dernières années. Alors qu’on en comptait 1500 il y a quelques années, ce nombre est passé à 800 aujourd’hui. La rémunération des médecins, avec leur quotas, a diminué, alors que le coût d’opération a augmenté. De plus, le ministère de la Santé et des Services sociaux oblige les médecins à délivrer des actes médicaux prioritaires dans les institutions hospitalières. Ces heures passées à l’hôpital enlèvent du temps à la gestion de la clinique par le médecin.

À la Coop d’Aylmer, la mobilisation du milieu a permis de créer nombre de comités, dont un spécifique au recrutement de médecins. «On offre un service clé en main, explique Martin Van Den Borre, administrateur de la coop. On n’exclut pas les médecins du développement de la santé, mais de l’administration.» Libérés de cette tâche, les praticiens, en cette époque de loisirs, ont davantage de temps à consacrer à eux-mêmes ou à leur famille. Ou à offrir des services à la population.

De meilleurs équipements pour de meilleurs services

Avec ses 4337 membres qui déboursent chacun 50$ pour leur part sociale, la coopérative possède un fonds avoisinant les 250 000$. «On l’utilise comme un levier financier qui nous permet d’aller chercher d’autres capitaux», souligne M. Van Den Borre, qui soutient que de meilleurs équipements attirent les médecins. Avec plus de médecins, plus d’entrées d’argent et plus de membres, la possibilité d’améliorer les services augmente.

Les besoins ciblés sont l’agrandissement de la clinique, l’augmentation du nombre d’heures pour les urgences, l’amélioration des services de radiologie et la création d’un Groupe de médecine familiale (GMF).

Prévenir plutôt que guérir

L’ensemble des membres, donc la population, décide des besoins à combler. En ce sens, des programmes de prévention, en partenariat avec d’autres organismes de la communauté, sont mis sur pied. Un projet pour la communauté latino-américaine, aux prises avec des problèmes d’isolement, de pauvreté, de manque d’estime et le manque de connaissances des services offerts est maintenant offert. Des cours de sensibilisation au diabète, un programme de prévention et de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, des cours de santé alimentaire, l’offre ne manque pas. On fait même de la prévention pour les chutes des personnes âgées par le biais d’un programme d’éducation physique et des conseils pour adapter leur domicile.

«Souvent ça ne coûte pas bien cher. Il suffit simplement d’avoir du temps. Souvent, c’est fait en partenariat avec les groupes communautaires. Il y a beaucoup d’initiatives dans ce milieu. Ils ont des ressources, mais pas médicales. Les médecins, dans les cliniques, n’ont pas le temps», fait remarquer l’administrateur de la coopérative.

Une réponse à l’engorgement des hôpitaux

Ces programmes de prévention ont pour effet direct de désengorger les urgences. Avec ses 39 000 visites en 2004, la coopérative commence à connaître les besoins de sa population. Prochaine étape, désengorger les cas moins lourds des hôpitaux, tels les grippes, les pneumonies, les coupures et les brûlures. «Nous avons 2 salles où l’on peut faire des chirurgies mineures», raconte M. Van Den Borre.

Avec de tels services, qui a dit que le citoyen ne pouvait pas s’impliquer activement pour sa propre santé?

Autres textes sur les coopératives de santé.

La coopérative de santé

Jonquière Médic

Coopérative de santé Aylmer Lucerne.

Un médecin récalcitrant.

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Un médecin récalcitrant

Un médecin récalcitrant

Dossier Coopérative de Santé, Philippe Couillard         Par Dominic Desmarais

Dans la continuité de notre dossier sur la santé, Reflet de Société propose une entrevue avec le Dr Bernard Gélinas, médecin à la Clinique coopérative de santé d’Aylmer. Regard de cet homme qui a pratiqué 36 ans dans une clinique privée et 2 ans et demi en coopérative.

Le Dr Gélinas n’a pas la langue dans sa poche. Dans un domaine où les gens pèsent leurs mots, demandent à recevoir l’article avant sa parution, insistent pour que de nombreux passages ne soient pas publiés, il est une bouffée d’air frais. Ses opinions, il les assume. Articulé, frondeur, la polémique ne l’effraie pas.

Une santé communautaire

D’entrée de jeu, il écorche le ministère de la Santé et ses fonctionnaires. Lui, qui a pratiqué dans un cabinet privé presque toute sa carrière, a dû composer avec les Régies régionales de santé et autres instances bureaucratiques. Sa coopérative, ce n’est pas une structure gouvernementale, insiste-t-il. «On est vivant, alors que le fonctionnaire attend ses directives de Québec. C’est ça, la différence. Apprendre à penser communautaire plutôt que penser par programmes gouvernementaux, avec des statistiques. Nous on pense communauté.» Le ton est lancé. L’homme en a long à raconter.

La santé à des fins politiques

«La pratique est contrôlée par toutes sortes de contraintes. La plus grosse, c’est que la Régie régionale et compagnie (les autres institutions du ministère de la Santé) ont un patron. Et ce patron n’est pas le citoyen. C’est le Ministre», constate-t-il froidement avant d’y aller d’une charge pour appuyer ses dires. «La dernière chose que veut le ministre de la Santé Philippe Couillard, c’est d’être embarrassé aux nouvelles de 18h parce qu’une urgence n’a pas de médecins.» La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif?

La santé à des fins commerciales

«Nous sommes passés de 1500 cliniques médicales à 840 au Québec en quelques années. Elles se sont vidées aux profits des hôpitaux gouvernementaux. À la place, on a vu apparaître des cliniques marchandes. Ce n’est pas très amusant pour une profession comme la nôtre. On a perdu notre autonomie. La seule façon que les jeunes médecins ont trouvée pour survivre, c’est de s’associer avec des groupes commerciaux.» Le Dr Gélinas pointe du doigt les grandes chaînes pharmaceutiques sans les nommer. Forcés par le ministère de la Santé à remplir des heures dans les hôpitaux, les médecins n’ont pas suffisamment de temps à mettre dans une clinique. Aux prises avec des problèmes de recrutement de médecins, la Coopérative d’Aylmer n’est pas épargnée par ce phénomène. «Les entreprises à grandes surfaces ont accès à des cliniques qui, elles, vont garder les médecins. Les petites régions se vident. Ce n’est pas à l’avantage de la population», soupire-t-il.

Sa clinique est passée sous le giron coopératif il y a près de 2 ans et demi. Il reconnaît que la mentalité ne change pas du jour au lendemain. «C’est un partenariat. Les patients ne sont plus des consommateurs, mais des organisateurs des soins. La mentalité doit évoluer, pose-t-il comme diagnostic. La tâche de la santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins.»

Le citoyen, bienvenue en santé?

Dans son document Garantir l’accès: un défi d’équité, d’efficience et de qualité, publié en février 2006, le ministre Couillard demande au citoyen d’alimenter la réflexion sur les soins de santé. Quelle est la responsabilité du citoyen à l’égard de sa santé?, interroge le document. Le gouvernement peut faire la promotion de saines habitudes de vie, mais ces efforts seront vains sans un investissement actif des citoyens dans leur mieux-être, peut-on lire. Le document met également l’accent sur la promotion, comme une solution aux problèmes de santé. Le rôle du citoyen dans sa santé et la promotion de saines habitudes sont deux facettes incontournables de la coopérative de santé d’Aylmer. Le ministre Couillard s’est-il penché sur le savoir-faire du Dr Gélinas et de ses collègues?

«Nous ne sommes pas encore rendus au Ministère, ironise le Dr Gélinas. Mais nous sommes rendus au député! 4500 votes (la Coopérative compte 4500 membres), ça sent bon pour un député. Comme on s’enligne, on pourra avoir plus de votes que ceux obtenus par le député sortant».

Depuis la fondation de la Coopérative, le 1er janvier 2004, la clinique est passée de 50 membres fondateurs à 4500 membres. Un poids considérable pour faire bouger les décideurs. «C’est facile, écraser 4 ou 5 médecins. Mais ce n’est pas évident d’écraser une communauté.» Le vote, plutôt que l’intérêt de la population, semble plus important aux yeux des élus.

La voix du Dr Gélinas devient plus combative, énergique. On le sent revigoré par sa nouvelle manière de pratiquer. «Une coopérative, c’est un organisme vivant. Ça évolue, réagit, agit, ressent. Ça ne meurt pas, une communauté. Un ministre, ça change. Ça peut fermer des secteurs de vie, explique-t-il. Après 35 ans de métier, c’est la plus belle aventure que j’ai avec une communauté!»

Reste à voir si le ministère de la Santé trouvera son intérêt à composer avec un nouveau joueur: celui pour qui il est censé travailler, le citoyen.

Autres textes sur les coopératives de santé.

La coopérative de santé

Jonquière Médic

Coopérative de santé Aylmer Lucerne.

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