Site d’injections supervisées, héroinomanes, morphine et le projet SALOME

Site d’injections supervisées, héroinomanes, morphine et le projet SALOME

Raymond Viger Dossier Toxicomanie et Sites d’injections supervisées.

659428_42488329 Pas de site d’injections supervisées pour les toxicomanes de Montréal. Le ministère de la Santé refuse de financer un traitement à la morphine pour les toxicomanes de Montréal. Il n’y a qu’un seul site d’injections supervisées au Canada et il se trouve à Vancouver. Éric Fabrès, coordonnateur au Cran et qui avait supervisé le projet Naomi, est déçu que le projet Salome n’obtienne pas son financement.

Confusion du Journal de Montréal

C’est ce que nous apprends le Journal de Montréal de ce matin sous la plume d’Éric Yvan Lemay. Il y a cependant une confusion importante que je me dois de corriger ici et qui fausse le débat sur l’ouverture d’un site d’injections supervisées à Montréal.

Un site d’injections supervisées est un lieu pour permettre aux personnes toxicomanes de faire leurs injections dans un lieu sécurisé. Une assistance médicale et psychologique est sur place pour intervenir en cas de besoin. Un site d’injections supervisées NE FOURNIT PAS LA DROGUE AUX TOXICOMANES.

Site d’injections supervisées l’Insite de Vancouver

Le site d’injections supervisées l’Insite de Vancouver n’en fournit pas aux usagers qui utilisent leurs services. J’ai visité le site d’injections supervisées l’an dernier et je vous avais fait un reportage sur cette méthode d’intervention.

Un site d’injections supervisées est une chose, un programme pour fournir de la morphine aux héroinomanes en est une autre.

Au Québec, nous avons eu les deux débats et il ne faudrait pas mélanger le sens du débat. Plusieurs citoyens sont contre le fait de payer la drogue aux « junkies ».

Ministre de la Santé Yves Bolduc et Philippe Couillard

L’an dernier, le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc avait reculé dans un dossier que Philippe Couillard voulait faire avancer pour l’ouverture d’un site d’injections supervisées. Ici Yves Bolduc recule dans un programme qui aurait pu aider les héroinomanes. Souvenons-nous que Yves Bolduc est le ministre de la Santé qui aime voir ses citoyens malades. Est-ce que le ministre de la Santé Yves Bolduc est influencé par Stephen Harper qui tente, malgré un ordre de cour, de faire fermer le site d’injections supervisées de Vancouver.

On peut être contre un programme qui fourni la drogue aux héroinomanes tout en étant pour un site d’injections supervisées pour offrir un lieu sécurisé aux toxicomanes. Il ne faut pas créer la confusion entre ces deux débats.

La Santé publique de la Colombie-Britannique

Tel que décrit par la Santé publique de la Colombie-Britannique un site d’injections supervisées n’est pas une dépense, mais une source d’économie importante dans les soins de santé à offrir aux personnes toxicomanes tout en améliorant leurs conditions de vie et la sécurité publique.

NB. Je ne lis plus le Journal de Montréal, mais des gens me font parvenir les découpures des articles dont ils aimeraient que j’intervienne. Je ne le fait pas systématiquement dans tous les cas, mais quand cela cause préjudice aux débats sociaux qui nous concernent, il me fait plaisir de prendre la plume pour mettre mon grain de sel et alimenter la réflexion.

VOS COMMENTAIRES SUR LES SITES D’INJECTIONS SUPERVISÉES ET LE MINISTÈRE DE LA SANTÉ.

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Des condoms pour sauver l’Amazonie

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Les souliers Crocs : faux scandale à l’hôpital?

Les souliers Crocs : faux scandale à l’hôpital?
Mélanie Robitaille – Agence Science-Presse

L’enthousiasme débridé du milieu hospitalier pour les Crocs est compréhensible : ces chaussures sont parfaites pour les longues heures de travail des infirmières ! Elles sont confortables, aérées, légères, silencieuses, lavables, antidérapantes et leur matériau, antibactérien. Mais voilà qu’on apprend aussi qu’elles peuvent être dangereuses. Contamination aux fluides biologiques via les trous d’aération, chevilles tordues en raison du manque de support au talon et disjonction d’appareils médicaux due à l’effet isolant du matériau. Les souliers Crocs sont-ils vraiment dangereux ?

Le principal reproche fait aux populaires sabots porte sur les trous d’aération. Des fluides biologiques provenant de patients pourraient effectivement entrer en contact avec les pieds des utilisateurs de Crocs. «Mais les fluides biologiques sont rarement dangereux», déclare le chirurgien Stéphane Lebel de l’Hôpital Laval à Québec et porteurs de souliers Crocs. Et, encore faut-il qu’il y ait une porte d’entrée dans la peau comme une coupure pour être contaminé. Le risque s’amenuise d’autant. Les statistiques de la Commission de la Santé et de la Sécurité du travail (CSST) indiquent d’ailleurs qu’entre 2002 et 2006, il n’y a eu qu’un seul cas déclaré de piqûre au pied chez les infirmières. C’était en 2002, avant l’invasion des Crocs.

Le soutien déficient du talon causant des entorses aux chevilles est aussi pointé du doigt. Pour la plupart des modèles, seule une ganse mobile retient le pied lâchement dans la chaussure. Or, dit l’Ordre des infirmières du Québec, les infirmières doivent pouvoir courir de façon sécuritaire en situation d’urgence. Selon les statistiques de la CSST, il y a eu annuellement, depuis 2002, entre 2 et 6 infirmières blessées au genou, à la cheville ou au pied pendant qu’elles couraient. Impossible de savoir si elles portaient des Crocs, mais le nombre d’accidents ne semble pas avoir augmenté depuis l’usage quasi universel des chaussures dans ce corps professionnel.

Ladite chaussure de résine serait aussi accusée d’avoir fait disjoncter des appareils médicaux en Scandinavie. Une supposée décharge d’électricité statique emmagasinée. Comment peut-on l’expliquer ? «En général, les polymères sont isolants et n’accumulent pas de charges. En ne sachant pas la nature du polymère utilisé dans la fabrication des Crocs, il est difficile de se prononcer», hésite Jean-François Morin, professeur de chimie à l’Université Laval. La composition de la matière résineuse dont sont faites les chaussures, le Croslite™, est en effet protégée par un brevet.

Marie-Sophie Roussin, porte-parole de la compagnie, certifie que le Croslite™ est «à structure microscopique faite de cellules fermées qui empêchent les bactéries d’entrer.» Elle avertit qu’aucun scientifique à l’emploi de Crocs n’est autorisé à parler aux journalistes. Peu d’informations filtrent donc pour comprendre ce qui a pu faire flancher des appareils électriques au contact de porteurs de Crocs. Geneviève Villemure-Denis, porte-parole du Ministère de la Santé, confirme qu’il n’y a aucune information sur de tels événements au Québec.

Ni l’Ordre des infirmières, ni les hôpitaux contactés par l’ASP ne se prononcent précisément contre les Crocs. «Il y en a un grand nombre de souliers qui ne conviennent pas. On ne va pas détailler chaque type qui est interdit. C’est devenu un procès d’intention contre les Crocs !», déplore Simon Poitras porte-parole des hôpitaux St-Sacrement et Enfant-Jésus de Québec.

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Des intrus dans la tétée : Le cas des médicaments

Des intrus dans la tétée : Le cas des médicaments
Isabelle Burgun – Agence Science-Presse

Les Québécoises consomment de plus en plus de médicaments. Elles ont des enfants tard dans leur vie mais allaitent plus souvent. « 40% des femmes enceintes prennent une médication, et près de 18% des médicaments sont des antidépresseurs », annonce Anick Bérard, titulaire de la Chaire médicaments, grossesse et allaitement de la Faculté de pharmacie de Université de Montréal.

Une étudiante à la maîtrise, Marie-Pierre Gendron, analyse actuellement les données recueillies auprès de 40 000 femmes enceintes, qui allaitent ou planifient d’avoir un enfant. Elle bénéficie de la banque d’informations Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine.

Les résultats seront connus à l’été 2008 mais le premier constat montre une augmentation : ces femmes consomme 3% de plus de médicaments qu’il y a cinq ans. Pour l’instant, il y a encore peu de données spécifiques sur les femmes qui allaitent. « Avec l’informatisation de nos données, nous allons pouvoir savoir qui elles sont, quels médicaments prennent-elles et à quelle dose », explique le docteur Bérard.

Créé il y a dix ans, le Centre IMAGE fournit de l’information aux professionnels de la santé qui sont consultés par des femmes qui allaitent ou sont enceintes. Il possède aujourd’hui un registre de grossesse rassemblant des données sur près de 180 000 cas.

Médication : continuer ou pas…

L’ensemble des médicaments passent dans le lait maternel mais généralement à des degrés dix fois moins important que le seuil de risque. Il existe toutefois de dangereux produits, avec en tête de liste les tératogènes – thalidomide, alcool, isotrétinoïne (un dérivé de la vitamine A utilisé comme médicament contre l’acné sévère) – à proscrire, tout comme certains anti-cancéreux.

Près de 55% des grossesses québécoises sont suivies par un médecin de famille ou un omnipraticien. Les généralistes vont plutôt opter pour la prudence et suggérer l’abandon de la médication, ce qui ne serait pas forcément une bonne chose pour les mères et leur enfant, particulièrement en cas de diabète ou d’épilepsie. « Il faut aller au delà de la peur et de l’ignorance. De plus, la dépression et l’asthme non traitées peuvent se transmettre à l’enfant lors de la grossesse », souligne Anick Bérard.

Les mères sont de plus en plus âgées, et donc plus susceptibles d’être sous prescription d’antihypertenseurs ou d’antidépresseurs, lorsqu’elles attendent leur première enfant. La chercheuse rapporte une augmentation des dépressions, de l’asthme ou encore de diabète lié à l’obésité, particulièrement chez les jeunes mères.

La hausse de prescriptions serait également liée à un virage du système de santé qui favorise la prévention. « Les médicaments se donnent plus facilement qu’avant et les traitements de prévention primaire sont nombreux alors que les femmes ne sont pas malades », décrie le docteur Bérard. Sans compter le manque de données sur les risques liés aux médicaments récents.

Allaiter quand même

La composition du lait maternel à maturité renferme 88% d’eau, des sucres simples (à 90% du lactose), des protéines, des minéraux (comme du fer, facilement assimilable), des vitamines et environ 3,5% de graisses. Elle varie au cours de la croissance de l’enfant, passant du colestrum très riche des premiers jours à un lait plus allégé. La composition du lait se transforme aussi au cours d’un même boire pour stimuler l’appétit du nourrisson.

La Société canadienne de pédiatrie recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie des nourrissons. Il y a dix ans, 72% des mères québécoises allaitaient leur petit à la naissance et seulement une femme sur dix poursuivait jusqu’à six mois. Le Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec a mis en place un plan d’action – dont une semaine pour l’allaitement, en octobre – pour hausser ce taux à 85% pour les premiers jours, 60% à quatre mois et une femme sur deux à six mois.

« Ces objectifs sont presque atteints, sauf pour l’allaitement à six mois. Il y a toujours une seule femme sur dix qui persévère », relève Thierry Le Bricon, du département de santé environnementale et de santé au travail à la Faculté de Médecine de l’Université de Montréal.

Et malgré les traces de contaminants de toutes sortes (voir « De l’assiette à la tétée »), allaiter reste ce qu’il y a de mieux pour l’alimentation de bébé. Cela aide aussi à construire un lien privilégié entre la mère et son enfant.

À visiter

Centre Info-médicaments en allaitement et grossesse (Centre IMAGE) du CHU Sainte-Justine
http://www.chu-sainte-justine.org/

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Dumont, Boisclair, Charest et le débat des chefs

Dumont, Boisclair, Charest et le débat des chefs

Dossier Tout le monde en parle

André Boisclair a été plus naturel et plus à l’aise que lors de l’émission Tout le monde en parle. Cette même émission qu’il a eu l’occasion de nommer à Mario Dumont en référence à son cadre financier qui n’était pas encore chiffré.

Malgré de nombreuses attaques envers ses deux rivaux, Mario Dumont s’est vite retrouvé sur la défensive. Ce qui a permis à André Boisclair de faire des gains et de bien paraître. Boisclair a paru en contrôle, se permettant de passer de l’attaque, à l’insistance et à l’humour. Il semblait le mieux préparer à parler d’une vision et des actions de son parti pour le Québec.

Jean Charest est revenu régulièrement pour dire que le gouvernement précédent avait mis le Québec en péril. La plus plate excuse que je peux accepter d’un premier ministre qui a passé quatre ans au pouvoir. Il est facile de se déresponsabiliser sur les erreurs des autres. Ça peut tenir la route la première année au pouvoir. Mais pas pendant un mandat complet. Un bon gouvernement doit être capable de nous montrer comment il a sorti son épingle du jeu, indépendamment du gouvernement précédent. J’ai été surpris de remarquer que Jean Charest a bégueillé à trois reprises pendant le débat des chefs!

Un thème que j’ai été agréablement surpris d’entendre a été les coopératives de santé. Depuis plus d’une année que nous tentons d’avoir la position du gouvernement sur ce sujet, un thème carrément absent des médias. Et voilà que Mario Dumont nous parle de coopératives de santé à deux reprises. Ni André Boisclair, ni Jean Charest n’ont embarqué sur ce terrain. Comme s’ils n’avaient rien entendu! C’est un sujet qui nous tient à coeur. Dans notre magazine, Reflet de Société, nous avons fait un dossier complet sur ce sujet l’an dernier. Il ne nous manque que la position du ministre de la Santé pour compléter le tout. Philippe Couillard a retardé l’entrevue à plus d’une reprise. Nous sommes comme les patients en attente d’être soigné. Nous sommes sur la liste d’attente!

Malgré que Mario Dumont a été le premier politicien de qui j’entends parler de coopératives de santé, il a perdu énormément de point en étant incapable de chiffrer la marge de manoeuvre du Québec. Il en a perdu encore plus lorsque les journalistes ont remis en contexte la note de service sur le pont qui s’est écroulé. La note ne proposait pas de réparations! Le lapin que Mario Dumont a tenté de sortir à Jean Charest n’a pas fait le même effet que celui que Jean Charest avait sorti à Bernard Landry au dernier débat des chefs.

Plusieurs questions intéressantes ont été soulevés, mais l’expérience de Jean Charest pour éviter d’y répondre ne nous a pas permis d’avoir des réponses. Jean Charest se lave les mains vis-à-vis des problèmes de santé en disant que c’est la faute à Lucien Bouchard qui a diminué les effectifs. Mario Dumont dit que Jean Charest refuse d’augmenter les possibilités de travail des médecins qui sont prêts à en faire plus. Qui dit vrai. Comme nous a fait remarquer Julie Miville Duchesne, le débat a été rempli de demi-vérités. Un politicien ne conte pas de mensonges, mais dit rarement une vérité complète. Ce qui donne raison à l’adage que les chiffres ont peut leur faire dire n’importe quoi. Et je rajouterais, surtout en politique. 

La formule du débat des chefs ne m’a pas excité outre mesure. J’aurais aimé qu’un journaliste intervienne pour synthétiser la question d’un des politiciens et exiger de son vis-à-vis d’y répondre. Sans la présence d’un journaliste pour contrôler le débat, les questions pleuvent, mais les réponses se font rares.

http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/05/charest-harper-boisclair-dumont-et-les-transferts-dargent-du-federal/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/04/amir-khadir-quebec-solidaire-devant-guy-a-lepage-de-tout-le-monde-en-parle/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/06/andre-boisclair-vis-a-vis-guy-a-lepage-et-dany-turcotte-a-tout-le-monde-en-parle/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/02/20/les-politiciens-a-tout-le-monde-en-parle/

http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/13/mario-dumont-devant-guy-a-lepage-a-tout-le-monde-en-parle/

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http://raymondviger.wordpress.com/2007/03/07/pourquoi-je-ne-voterai-pas-pour-le-parti-liberal-de-jean-charest/

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Maudite campagne électorale!

Maudite campagne électorale!

C’est le commentaire que Danielle Simard, la co-directrice de l’organisme Le Journal de la Rue a lancé hier. Nous avions reçu un appel d’une agence de publicité pour une page de publicité couleur. Pas n’importe laquelle, le ministère de la Santé pour une publicité en prévention du jeu compulsif. C’est le genre de publicité que nous favorisons. D’une part, le ministère de la Santé a de belles publicités bien préparé. D’autre part, les sujets de prévention choisi par le ministère de la Santé s’accorde parfaitement avec le contenu rédactionnel de notre magazine Reflet de Société.

C’est l’euphorie pendant un certain temps au magazine. Puis le téléphone sonne une autre fois. La campagne de publicité est annulé à cause des élections. Toutes les publicités sont suspendues.

Maudite campagne électorale! nous lance Danielle découragé. Le prochain magazine va être publié pour le 1er avril, soit quelques jours après les élections. Toutes les campagnes de publicité sont suspendues. Aucun espoir ni d’avoir celle du ministère de la Santé, ni d’en avoir d’autre. Doit-on arrêter de vivre parce que les politiciens font campagne? Doit-on arrêter de faire de la prévention parce qu’il y a des élections? Les gens vont-ils arrêter de se suicider pour autant?

Après l’euphorie de la bonne nouvelle, dure réalité à encaisser. Ne te décourage pas Danielle, un jour les élections seront terminés. Les médias arrêteront de nous rapporter les promesses des politiciens et les fonctionnaires vont pouvoir reprendre leur boulot. Un jour à la fois et gardons la sérénité d’accepter les choses qu’on ne peut pas changer. La démocratie a un coût. Pour nous ça sera une page de publicité couleur.

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La Fondation Mise sur toi, le Ministère de la Santé et la publicité

Gambling et jeu compulsif

La Fondation Mise sur toi, le Ministère de la Santé et la publicité

Raymond Viger Dossier Gambling et jeu compulsif;

La Fondation Mise sur toi, financé à même les fonds de Loto-Québec, a une mission d’aider les joueurs compulsifs à se prendre en main et d’éviter la propagation de cette maladie qu’est le gambling.

Notre magazine, Reflet de Société, a eu la chance d’avoir en même temps, dans le même numéro, une publicité de La Fondation Mise sur toi ainsi que du Ministère de la Santé. Les deux publicités mettaient l’emphase sur la prévention du jeu compulsif.

Nous avons remarqué que le Ministère de la Santé avait donné le mandat a une firme de communication pour préparer une publicité de qualité et attrayante. Tellement belle, que nous avons décidé de la mettre sur une des couvertures. Félicitations pour votre travail!

De son côté, la Fondation Mise sur toi n’avait pas une publicité, mais un long texte plate et ennuyeux que possiblement personne n’a lu. Pire, il y avait trois fautes d’orthographes dans cette page. Puisque nous ne pouvions nous-mêmes faire les correctifs, nous avons appelé la Fondation Mise sur toi pour qu’elle fasse les correctifs et nous renvoient la publicité. Nous avons eu comme réponse: «Ce n’est pas important. C’est pas si grave que ça. On va la laisser comme ça.»

Épouvantable et inacceptable. Avec une aussi mauvaise publicité, il faut se demander si Loto-Québec n’a pas demandé à la Fondation Mise sur toi de ne pas trop faire de prévention pour ne pas attaquer le lucratif marché du jeu. Avec la nonchalance de l’équipe qui ne veut même pas corriger ses fautes d’orthographes, on voit bien que l’atteinte de résultats significatifs dans la prévention du jeu leur passe 6 pieds par-dessus la tête.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif;

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Did Tafari Bélizaire, casino, jeu compulsif et suicide

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

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Un médecin récalcitrant

Un médecin récalcitrant

Dossier Coopérative de Santé, Philippe Couillard         Par Dominic Desmarais

Dans la continuité de notre dossier sur la santé, Reflet de Société propose une entrevue avec le Dr Bernard Gélinas, médecin à la Clinique coopérative de santé d’Aylmer. Regard de cet homme qui a pratiqué 36 ans dans une clinique privée et 2 ans et demi en coopérative.

Le Dr Gélinas n’a pas la langue dans sa poche. Dans un domaine où les gens pèsent leurs mots, demandent à recevoir l’article avant sa parution, insistent pour que de nombreux passages ne soient pas publiés, il est une bouffée d’air frais. Ses opinions, il les assume. Articulé, frondeur, la polémique ne l’effraie pas.

Une santé communautaire

D’entrée de jeu, il écorche le ministère de la Santé et ses fonctionnaires. Lui, qui a pratiqué dans un cabinet privé presque toute sa carrière, a dû composer avec les Régies régionales de santé et autres instances bureaucratiques. Sa coopérative, ce n’est pas une structure gouvernementale, insiste-t-il. «On est vivant, alors que le fonctionnaire attend ses directives de Québec. C’est ça, la différence. Apprendre à penser communautaire plutôt que penser par programmes gouvernementaux, avec des statistiques. Nous on pense communauté.» Le ton est lancé. L’homme en a long à raconter.

La santé à des fins politiques

«La pratique est contrôlée par toutes sortes de contraintes. La plus grosse, c’est que la Régie régionale et compagnie (les autres institutions du ministère de la Santé) ont un patron. Et ce patron n’est pas le citoyen. C’est le Ministre», constate-t-il froidement avant d’y aller d’une charge pour appuyer ses dires. «La dernière chose que veut le ministre de la Santé Philippe Couillard, c’est d’être embarrassé aux nouvelles de 18h parce qu’une urgence n’a pas de médecins.» La santé des Québécois serait-elle gérée à des fins politiques plutôt que par souci du bien-être collectif?

La santé à des fins commerciales

«Nous sommes passés de 1500 cliniques médicales à 840 au Québec en quelques années. Elles se sont vidées aux profits des hôpitaux gouvernementaux. À la place, on a vu apparaître des cliniques marchandes. Ce n’est pas très amusant pour une profession comme la nôtre. On a perdu notre autonomie. La seule façon que les jeunes médecins ont trouvée pour survivre, c’est de s’associer avec des groupes commerciaux.» Le Dr Gélinas pointe du doigt les grandes chaînes pharmaceutiques sans les nommer. Forcés par le ministère de la Santé à remplir des heures dans les hôpitaux, les médecins n’ont pas suffisamment de temps à mettre dans une clinique. Aux prises avec des problèmes de recrutement de médecins, la Coopérative d’Aylmer n’est pas épargnée par ce phénomène. «Les entreprises à grandes surfaces ont accès à des cliniques qui, elles, vont garder les médecins. Les petites régions se vident. Ce n’est pas à l’avantage de la population», soupire-t-il.

Sa clinique est passée sous le giron coopératif il y a près de 2 ans et demi. Il reconnaît que la mentalité ne change pas du jour au lendemain. «C’est un partenariat. Les patients ne sont plus des consommateurs, mais des organisateurs des soins. La mentalité doit évoluer, pose-t-il comme diagnostic. La tâche de la santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins.»

Le citoyen, bienvenue en santé?

Dans son document Garantir l’accès: un défi d’équité, d’efficience et de qualité, publié en février 2006, le ministre Couillard demande au citoyen d’alimenter la réflexion sur les soins de santé. Quelle est la responsabilité du citoyen à l’égard de sa santé?, interroge le document. Le gouvernement peut faire la promotion de saines habitudes de vie, mais ces efforts seront vains sans un investissement actif des citoyens dans leur mieux-être, peut-on lire. Le document met également l’accent sur la promotion, comme une solution aux problèmes de santé. Le rôle du citoyen dans sa santé et la promotion de saines habitudes sont deux facettes incontournables de la coopérative de santé d’Aylmer. Le ministre Couillard s’est-il penché sur le savoir-faire du Dr Gélinas et de ses collègues?

«Nous ne sommes pas encore rendus au Ministère, ironise le Dr Gélinas. Mais nous sommes rendus au député! 4500 votes (la Coopérative compte 4500 membres), ça sent bon pour un député. Comme on s’enligne, on pourra avoir plus de votes que ceux obtenus par le député sortant».

Depuis la fondation de la Coopérative, le 1er janvier 2004, la clinique est passée de 50 membres fondateurs à 4500 membres. Un poids considérable pour faire bouger les décideurs. «C’est facile, écraser 4 ou 5 médecins. Mais ce n’est pas évident d’écraser une communauté.» Le vote, plutôt que l’intérêt de la population, semble plus important aux yeux des élus.

La voix du Dr Gélinas devient plus combative, énergique. On le sent revigoré par sa nouvelle manière de pratiquer. «Une coopérative, c’est un organisme vivant. Ça évolue, réagit, agit, ressent. Ça ne meurt pas, une communauté. Un ministre, ça change. Ça peut fermer des secteurs de vie, explique-t-il. Après 35 ans de métier, c’est la plus belle aventure que j’ai avec une communauté!»

Reste à voir si le ministère de la Santé trouvera son intérêt à composer avec un nouveau joueur: celui pour qui il est censé travailler, le citoyen.

Autres textes sur les coopératives de santé.

La coopérative de santé

Jonquière Médic

Coopérative de santé Aylmer Lucerne.

Un médecin récalcitrant.

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