Politique municipale et journalisme en conflit

Politique municipale et journalisme en conflit

François Richard    Dossiers Médias, Politique et Presse communautaire

Le maire de Roxton Falls a envoyé récemment une lettre à ses électeurs dans laquelle il affirmait qu’il boycotterait ‘pour un certain temps’ la journaliste Ariane Faribault du journal La Pensée de Bagot. Le premier magistrat de la municipalité montérégienne y annonçait aussi son intention de ne plus publier d’avis municipaux dans les pages du journal. Ces avis sont une source de revenus importante pour les publications régionales. Comment La Pensée s’est-elle attirée la fureur du maire? En publiant un article mettant à jour une pratique illégale mis en place par l’administration municipale.

Construire sans permis

Afin d’éviter d’aller en appel d’offres pour la construction d’une garderie dans sa municipalité, l’administration de Roxton Falls s’est donnée le statut d’entrepreneur en construction sans détenir le permis obligatoire de la Régie du bâtiment à cet effet. L’hebdomadaire régional La Pensée de Bagot a révélé l’information dans ses pages le 3 juin dernier.

Fureur et menaces de la municipalité

La réaction du maire Jean-Marie Laplante ne s’est pas fait attendre. En plus d’expédier une lettre contenant les menaces de boycott journalistique et publicitaire déjà mentionnées, le maire Laplante a déclaré qu’il réserverait à l’avenir ses achats publicitaires pour le principal concurrent de La Pensée, soit La Voix de l’Est, journal du groupe Gesca (La Presse, Le Soleil, etc.) situé à Granby.

Journalisme incompris

Le maire Laplante a démontré son incompréhension totale du rôle des médias d’information en écrivant dans sa missive que La Pensée devrait traiter de ‘sujets plus positifs, tels le développement du milieu, les exploits et réalisations accomplis par les citoyens des municipalités’. Il aurait de plus affirmé que La Voix de l’Est pouvait se permettre d’être plus critique envers les élus municipaux, mais pas ‘un journal communautaire comme La Pensée’. Il faut ici rappeler que La Pensée de Bagot n’est pas un journal communautaire, mais que même s’il l’était, son rôle serait tout de même de rapporter les informations les plus exactes possibles à ses lecteurs, que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises.

Maire dans l’illégalité

Selon le directeur de La Pensée, Michel Dorais, l’administration n’a pas agit de mauvaise foi dans cette affaire. Il explique qu’un appel d’offres pour la construction de la garderie aurait risqué de favoriser un entrepreneur de l’extérieur de la municipalité, dont la taille permet de soumissionner à coût moins élevé. Michel Dorais souligne toutefois que ce n’est pas une raison pour enfreindre la loi, et encore moins pour punir un journal qui le mentionne. Le directeur de La Pensée croit que les nombreuses réactions que la lettre du maire a suscité l’ont fait réfléchir et il considère que ‘pour moi, cette histoire est déjà du passé’.

Réactions négatives

Les réactions ont effectivement été nombreuses, spontanées et quasi-exclusivement dirigées contre le maire Jean-Marie Laplante. De nombreux médias, régionaux comme nationaux, se sont saisis de l’affaire, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec est intervenue auprès du maire et de nombreux lecteurs ont manifesté leur sympathie à l’égard de l’équipe de La Pensée et de son travail. Une réaction est particulièrement digne de mention, celle du chroniqueur de La Voix de L’Est, Michel Laliberté. Le maire Laplante est traité de ‘petit despote’ et comparé à Maurice Duplessis. C’est à se demander si le maire de Roxton Falls souhaitera toujours redirigé ses dépenses publicitaires vers un média beaucoup plus dur avec lui que ne l’a été La Pensée de Bagot. Patrick Lagacé en parle aussi de façon éloquente dans son blogue.

Nombreux abus

Michel Dorais dit se réjouir d’une certaine façon que cette histoire soit arrivée et qu’elle ait fait le tour du Québec. ‘Des situations d’intimidation se produisent chaque semaine dans les médias régionaux. La plupart du temps il s’agit de menaces financières liées à la publicité. Le maire Laplante est toutefois le seul qui ait écrit ces menaces.’ Selon Michel Dorais le débat reste à faire sur le journalisme municipal en région et les pressions dont sont victimes ses artisans. Reflet de Société a d’ailleurs abordé la question dans une série de textes sur l’état et l’avenir de la presse communautaire au Québec que vous pouvez consulter ici. La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a pour sa part profité de cet incident afin d’annoncer la création d’un comité chargé de répertorier et d’analyser les cas d’abus liés au journalisme municipal. Des modifications légales et réglementaires pourraient éventuellement être proposées.

Vos commentaires sur Politique municipale et journalisme en conflit 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Équiterre et la quinzaine du commerce équitable

Merci de visiter notre Boutique équitable

Quinzaine du commerce équitable

Grande fête québécoise à la santé des travailleurs du Sud

Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire, Calendrier 2012 et Équiterre514258011-46

Montréal, le 27 avril 2009 – Du 1er au 15 mai 2009, Équiterre et une multitude d’autres organismes invitent le Québec à célébrer la Quinzaine du commerce  équitable, une occasion unique de s’informer et de découvrir les nombreux produits issus d’un commerce plus juste et équitable. Partout dans la province, les acteurs du commerce équitable s’activent afin de proposer aux citoyens conférences, animations, 5 à 7, cocktails, projections de documentaires, concours, dégustations, foires, expositions et bien plus encore.

«Cet événement annuel est un excellent prétexte pour rappeler l’importance de privilégier les produits certifiés équitables, plus respectueux des droits des travailleurs du Sud et de l’environnement que les produits conventionnels», explique Andréanne Leclerc-Marceau d’Équiterre, qui invite les citoyens à rechercher le logo de certification de Transfair Canada lors de leurs achats. Il existe maintenant plus d’une vingtaine de produits équitables disponibles au Québec, dont les bananes, le coton, le vin, le quinoa et les épices.

Le commerce équitable permet à plus de quatre millions de producteurs de se sortir quotidiennement de la pauvreté et de vivre dignement de leur travail, faisant vivre plus de sept millions de personnes (FLO).  «Nous sentons que les gens sont de plus en plus conscientisés à l’impact de leur choix de consommation ce qui est très encourageant pour l’avenir du commerce équitable et les conditions de vie des travailleurs du Sud», explique Andréanne Leclerc-Marceau.

La Quinzaine: des activités dans plusieurs régions

logo equitable Transfair copie De retour cette année, les foires organisées à Montréal et Québec permettront aux gens de découvrir tout l’éventail des produits équitables sur le marché québécois. Les Sherbrookois, de leur côté, pourront rencontrer les acteurs du commerce équitable de leur région lors du Salon de l’environnement et de la consommation responsable qui se tiendra les 2 et 3 mai. Plusieurs autres activités sont aussi organisées dans les régions des Laurentides, Lanaudière, la Montérégie, la Mauricie, l’Estrie, Québec et Montréal pour célébrer et encourager un commerce plus juste.

Pour plus d’information sur les conférences offertes par Équiterre sur le commerce équitable.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

T-Shirt promotionnel disponible avec votre logo

tshirt-cafe-graffiti-t-shirt-personnalise-votre-logo Soutenez le Café-Graffiti, affichez vos couleurs.

Votre T-shirt Café-Graffiti pour seulement 9,95$. Disponible en rouge, noir ou blanc.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/T-shirts-promotionnels-et-personnalise.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4

Pour votre T-shirt promotionnel avec votre logo: Café-Graffiti: (514) 259-6900

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Témoignage: la perte des arbres, vécue de l’intérieur

Témoignage: la perte des arbres, vécue de l’intérieur
Luc Dupont – Agence Science-Presse

«Pendant quatre jours et quatre nuits, on entendait comme des bruits de vaisselle cassée»

Josée Massé est horticultrice au Jardin botanique de Montréal. En octobre 1997, elle et son conjoint font l’acquisition d’une maison et d’un terrain à Saint-Pie (située aux abords de Saint-Hyacinthe), au cœur du funeste Triangle noir de la Montérégie, si touché par le «black out» électrique consécutif au verglas. Leur habitation, qui donne sur la rivière Noire, est cernée par huit beaux grands arbres – érables rouges, érables à Giguère, épinettes, bouleaux – le tout dominé par un majestueux peuplier deltoïde dont la couronne ondulait au vent au bout de ses 30 mètres.

À partir du 5 janvier 1998 – début de la tempête – et pendant les quatre jours et quatre nuits qui suivent, le couple aura eu du mal à vivre et à dormir, c’est le moins que l’on puisse dire. «On entendait continuellement comme un bruit de vaisselle cassée, se rappelle Josée Massé; c’était les branches des arbres, emportées par le poids immense du verglas, qui tombaient à fréquence régulière.»

Au pire de la crise, ce fut comme si le paysage tout entier s’était effondré autour d’eux: dans l’aventure, quatre des huit arbres matures qui ornaient depuis des décennies sa résidence rurale seront emportés. Mais curieusement, pas tous en même temps, le verglas pouvant faire des morts à rebours…

Chronique d’une mort annoncée

«J’en ai d’abord perdu deux sur le coup, qui ont été complètement fauchés, fendus dans la fourche», dit-elle. Il fallait s’y attendre: par manque d’émondage éclairé durant leur croissance, ces arbres avaient formé une ramure déséquilibrée, qui les rendait vulnérables. Quelque deux ou trois ans plus tard, un 3e arbre est devenu la proie de polyspores (champignons en forme de galette qui envahissent agressivement l’écorce). «Le verglas l’avait fragilisé, et rendu vulnérable à la maladie: il a fallu l’abattre, dit l’horticultrice.»

Comble de malchance, l’immense peuplier deltoïde d’une trentaine de mètres, qu’on pensait épargné, devra être abattu dans les prochaines semaines. Autre séquelle, à long terme, du verglas? «Je ne peux pas en être absolument certaine, confie la jeune femme, car l’arbre était déjà creux en son centre.»

Comment s’était-il comporté durant le verglas? «Il avait effectivement perdu d’assez grosses branches, mais pas au point de nous amener à le couper. Visuellement, il était assez bien et continuait, année après année, à produire des feuilles. Mais malgré tout, du fait d’un certain déséquilibre dans sa couronne, on avait fait un gros travail d’émondage il y a trois ans (qui avait diminué de 10 mètres environ sa hauteur), car notre voisin immédiat craignait qu’il ne s’effondre sur son garage, si un nouveau verglas survenait.»

Il y a deux ans, sa santé a soudainement périclité. «Il a commencé à perdre son écorce et le phénomène ne s’est jamais résorbé: l’arbre est donc en train de s’éteindre. Il sera mis à terre avant la fin de l’hiver.» Peut-on parler ici d’un exemple de choc post-traumatique «végétal»?

«Dans certains cas oui, mais pas dans le cas des peupliers deltoïdes, c’est certain, dit Bruno Boulet, pathologiste forestier au ministère des Ressources naturelles à Québec. D’abord parce que ces arbres sont très sensibles à la carie des racines, et la description que sa propriétaire en fait se rapproche de ça. Ensuite, il faut savoir que chaque arbre a une durée de vie limitée; pour les peupliers deltoïdes, c’est entre 30 et 110 ans, dépendant des conditions du sol, etc. Il est fort probable que l’arbre avait atteint la fin de sa vie.»

«N’empêche que je vois encore plein d’effets du verglas, quand je marche dans les forêts des alentours, confie l’horticultrice dont l’œil est rompu à ce genre de choses. Les arbres en général sont moins beaux, il y a une esthétique de la forêt qui a été emportée dans la tempête, et qui n’est pas encore revenue. Qu’importe: je n’ai pas cessé, depuis 10 ans, de replanter arbre après arbre …» Pour la suite du monde, aurait dit Pierre Perrault.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

video-breakdance-hip-hop-break-breaker-how-to-breakdancing Extreme Supreme Science
Vidéo VHS, compétition de break-dance.

Skywalker, Omegatron, Psycho Red, Silo, Trackmaster, Strike 3, Jayko Superstar, Speedy, Place Pieces (Maximum Efficiency), Tiger, Dj Frank Boulevard, Dj Devious.
Vidéo VHS 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Les arbres du grand verglas: ce qu’il en reste 10 ans plus tard

Les arbres du grand verglas: ce qu’il en reste 10 ans plus tard
Luc Dupont – Agence Science-Presse

1998: quelques jours après la fin du grand verglas qui recouvrit l’est de l’Ontario et une bonne partie du sud-ouest du Québec, Jacques Brisson, professeur-chercheur en écologie, s’est rendu en toute hâte constater les dégâts que la plus importante tempête verglaçante de l’histoire moderne du Québec avait laissés, entre les 5 et 9 janvier, sur son boisé… «Je fus à la fois horrifié et rassuré», explique-t-il dix ans plus tard, de son bureau de l’Institut de recherche en biologie végétale.

Rassuré de voir que «ses joyaux», un peuplement de pruches âgées de plus de 300 ans, avait tenu le coup; mais horrifié, en même temps, devant l’image profondément surréelle des milliers de branches cassées qui faisaient linceul sur toute la surface du sous-bois.

Le bilan en chiffres de l’immense chape de glace, qui atteignit en certains endroits 80 millimètres (3 pouces!) d’épaisseur, alourdissant parfois les arbres de quelque 25 fois leur propre poids, tomba quelques semaines plus tard: 17 700 km 2 (1,8 million d’hectares) de superficie des forêts affectées au Québec; 66 %, la portion du territoire boisé où les dommages avaient été considérés comme moyens (30 %) et graves (36 %); 30 000, le nombre de propriétaires dont les forêts avaient été touchées. L’inventaire complété, il restait à voir comment les arbres allaient répondre aux blessures subies; quels seraient les effets sur leur croissance, leur forme, leur résistance à la maladie et leur longévité.

Une forêt ancienne

Le Boisé-des-Muir, que Jacques Brisson avait si hâte de revoir, se trouve en Montérégie (Huntington) dans le fameux Triangle noir, cette portion du Québec durement affectée par le verglas et les pannes d’électricité. Ce site forestier constitue un cas unique au Québec: «C’est une forêt naturelle (11 hectares) comme il n’en existe plus aucune dans le sud de la province, jamais exploitée commercialement, ni perturbée d’aucune façon, une forêt restée intacte depuis la… Nouvelle-France!». Ses plus vieux arbres, des pruches qui dépassent les 300 ans, ont «quasiment» vu naître Montréal — faites le compte!

«À cause justement de son statut unique, cette forêt faisait l’objet d’études depuis de nombreuses années déjà, chacun de ces 2000 arbres ayant été fiché, paramétré, explique le chercheur. C’était une chance en or de pouvoir évaluer, avec grande précision, la survie et la santé des arbres, à la suite du verglas.»

Le taux de mortalité annuel moyen, toutes espèces d’arbre confondues, est passé de 0,8 % (avant la tempête verglaçante) à 1,2 %, sept ans plus tard. Selon les chercheurs, «cette augmentation de la mortalité (…) est très significativement corrélée aux dommages causés aux arbres par le verglas.» La mortalité varie cependant considérablement d’une espèce à l’autre. Caryers et tilleuls, deux espèces ayant pourtant subi de très lourds dommages, ne montrent qu’une hausse de mortalité très modeste. «À l’autre extrême, la mortalité est trois fois plus élevée chez l’ostryer et cinq fois plus élevée chez le hêtre». C’est que, «stimulés» par les blessures, les érables, frênes et caryers de moyenne grosseur ont été l’objet d’une véritable explosion de nouvelles branches, bénéficiant du «boost» lumineux créé par les ouvertures de la voûte. «Ce sont eux les grands gagnants de cet épisode», diagnostique Jacques Brisson. Selon les chercheurs, ce résultat confirme la justesse de la recommandation, que multipliaient à l’époque les ingénieurs forestiers, à savoir qu’il fallait laisser une chance aux arbres en ne précipitant pas leur coupe.

Remettre les forêts… debout!

«Effectivement, malgré la désolation visuelle qu’offraient les forêts, nous avions prôné la prudence et la patience, et je constate avec plaisir aujourd’hui toute la sagesse de notre attitude», ajoute le pathologiste forestier du ministère québécois des Ressources naturelles, Bruno Boulet qui, à la tête d’une équipe de crise, avait été chargé, à cette époque, de survoler en avion les forêts touchées, afin d’en évaluer les dommages.

Bruno Boulet s’est particulièrement concentré sur l’évolution des érablières — leur mortalité, leur rétablissement, leur régénération — qu’il a «accompagnées», tel un bon médecin de famille, pendant les huit premières années post-verglas. Comme Jacques Brisson, il a pu compter sur un outil qui conférait à son travail une précision inégalée: l’existence, à l’intérieur de 69 érablières de la région, de parcelles-témoins installées, aux fins d’études diverses, AVANT le verglas.

«On a remarqué qu’en général les érables endommagés étaient excessivement résilients, dit-il: par exemple, 41 % des érables ayant pu conserver aussi peu que 20 % de leurs cimes, avaient réussi à reprendre le dessus.» Plus le pourcentage de branches restantes augmentait, plus les arbres haussaient leurs chances de survie (à 40 % de branches restantes correspondit un rétablissement complet — 87 % — des arbres en question).

Les scientifiques ont aussi établi que la plus ou moins grande richesse du sol où est située l’érablière entrait en ligne compte dans la résilience des arbres. Les érablières ancrées en sol épais et mésique augmentaient la résistance de leurs sujets, contrairement à des forêts en montagne où le sol est généralement mince. «Des érablières entières, il s’en est perdu 10 à 15 % poursuit Bruno Boulet, et souvent ce fut dans des conditions de sol pauvre.»

Choc post-traumatique «végétal»

Dix ans plus tard, les impacts du verglas de 1998, sur les arbres, ne sont pas tous disparus, du moins selon Jacques Brisson. «Chez les vieux érables, la réparation semble plus difficile et encore très lente. De même, une mortalité légèrement accrue des hêtres s’est manifestée encore récemment (2004-2007), mais le phénomène pourrait cependant être dû à la maladie corticale du hêtre.»

Serait-il farfelu de parler d’une espèce de choc post-traumatique «végétal»? «Pas du tout, assure le chercheur. Un arbre qui cesse de vivre, ce n’est pas aussi clair que chez un animal dont l’absence de pulsations indique sans équivoque qu’il a cessé d’exister. Un arbre, ça meurt longtemps, ça meurt sans qu’on s’en rende compte, parce qu’il reste debout.»

Une chose est sûre: même si nos forêts semblent avoir bien traversé l’épreuve, l’accident climatique est d’ores et déjà inscrit dans les cernes du tronc de chaque sujet. «Un dendro-chronologiste qui «carottera» ces arbres dans 100 ans verra chez les uns un ralentissement de croissance, et chez les autres un développement intense. En comptant bien les cernes, il identifiera à coup sûr la période «problématique» de 1998. Une visite aux archives lui apprendra le reste…

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel

Une politique repoussante?

Une politique repoussante?
Gabriel Alexandre Gosselin   Dossier Immigration

Depuis 5 mois, je suis installé à Montréal. Ayant grandi dans un petit village de la Montérégie et ayant passé mes trois dernières années d’étude au Saguenay, une nouvelle réalité s’étend devant moi: les Québécois de nationalités étrangères. J’en croise, j’en recontre aussi. Ça me permet de faire certaines constatations sur notre façon d’accueillir et d’entretenir les immigrants qui souhaitent vivre ici.

On aura beau se vanter de faire des accommodements raisonnables au Québec, on ne donne certainement pas l’impression aux nouveaux arrivants que nous souhaitons les garder pour longtemps.

Il y a bien sûr ces diplômes étrangers que les ordres professionnels s’entêtent à refuser. Ces diplômes étrangers mais qualifiés qui aideraient grandement l’immigrant à se tailler une place rapidement dans son domaine professionnel et à s’intégrer plus facilement. Ces diplômes étrangers qui, s’ils étaient valider par le Québec, pourraient largement aider notre société qui en arrache entre autres en santé.

Mais là n’est pas l’unique problème que croise un nouvel arrivant sur son passage. J’ai la chance de cotoyer plusieurs de ces immigrants. Fort sympathiques d’ailleurs. J’ai deux exemples à partager avec vous aujourd’hui, qui m’ont un peu étonné :

– Exemple #1: Olivier vient de la Côte d’Ivoire. Depuis 4 ans, il est au Québec, où il est entré en tant qu’étudiant. Olivier n’étudie plus, il travaille maintenant. Un petit boulot dans un resto qui lui permet de vivre ce qu’il y a de plus normal. Mais Olivier est loin de se sentir Québécois: il doit encore payer chaque année un montant de près de 1000$ pour ses assurances-santé. Un service gratuit pour n’importe quel Québécois. Mais pour un immigrant installé depuis 4 ans, et bien là, on parle de tout autre chose! Hein?

– Exemple #2: Rodrigo vient du Mexique. Il est à Montréal depuis quelques mois, pour voir et vivre cette ville du Québec. Après multiples découvertes qui l’ont charmé, il souhaite maintenant venir étudier ici. Et bien, ne me demandez pas pourquoi, mais si Rodrigo veut étudier au Québec…il doit retourner au Mexique. Vous m’avez bien entendu. Il doit retourner au Mexique pour faire officialiser ses papiers, obtenir les permissions, etc. Un investissement pour un billet d’avion aller-retour s’impose donc, en plus des déboursements pour son visa d’étudiant et toute cette captivante paperasse. Un montant important qui pourrait démoraliser n’importe qui. Mais Rodrigo tient à son projet. Et le Québec de lui répondre: «Retourne chez toi si tu veux vivre ici l’ami!»

C’est certain, il y a des questions à se poser sur ces deux histoires. Fait-on vraiment une place accueillante pour ces immigrants qui veulent vivre ici? Ou leur fait-on plutôt comprendre qu’ils sont mieux de s’en tenir à la base, se trouver un petit boulot pour survivre, payer plus cher qu’un Québécois né ici s’ils veulent espérer se tailler une place (aussi minime soit-elle) au Québec?

J’en reste là pour aujourd’hui. Je demeure à l’affût, j’observe et j’apprends. Je réfléchis aussi. Parce que la question de l’immigration au Québec n’en est pas qu’une de culture et de nation, mais de réflexion sur nous-mêmes, et sur ceux qui constituent notre société.

Autres textes sur Immigration

Intégration d’un Arménien au Québec

Fraudes et abus: immigration Québec

Immigration difficultes à retardement

Les aînés pure laine à la rencontre des néo-aînés

Jean Charest, les détournements de fonds, l’immigration et la publicité

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Le SIDA tue encore

Le SIDA tue encore
Annie Mathieu, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008

Le sida est disparu depuis l’arrivée de la trithérapie, croient les Québécois. Conséquence: exit le condom et bonjour les comportements sexuels à risque. Reflet de Société a rencontré le docteur Réjean Thomas, président de la Clinique médicale l’Actuel, qui soigne les patients atteints du VIH et de MTS depuis 1984.

Le sida n’est pas un sujet vendeur. Sauf le 1er décembre, journée mondiale contre le sida. Les images d’enfants du tiers-monde atteints de la maladie confirmeront un préjugé vieux comme le virus: le sida, c’est la maladie «des autres».

«Les gens ont l’impression que c’est une maladie africaine parce que la plupart des reportages sont faits dans les pays du tiers-monde, affirme d’entrée de jeu le docteur Thomas. À cause de l’accès à la trithérapie, on pense le problème réglé. C’est faux. On est dans une période de négation collective face au sida.» Une attitude qui se traduit par le peu d’intérêt des médias et qui rend la prévention, déjà difficile, presque impossible.

«Aucun message ne peut prévenir la maladie, croit le docteur. L’important, c’est d’être régulier, provocateur, drôle et surtout, répéter les messages. C’est ce qu’on fait avec le tabagisme par exemple et qu’on ne fait pas avec le sida», déplore-t-il.

Ce qu’il reproche à la journée mondiale de lutte contre le sida? On en parle trop et qu’à un seul moment de l’année. Un avis partagé par ses patients qui détestent le 1er décembre. «Je dis souvent aux élèves « si votre prof est atteint du cancer, il va recevoir des mots, des fleurs, il va être entouré ». Un sidéen, lui, sera seul dans sa chambre et personne ne le saura.»

Des campagnes insignifiantes

S’il considère que les médias n’ont pas toujours abordé le sida de manière intelligente, Réjean Thomas croit tout de même qu’ils ont joué un rôle plus important que les campagnes de prévention: «Les médias ont sauvé plus de vies que les campagnes gouvernementales de santé publique ou de prévention. Ce que je vois, c’est nul. Il n’y en a pas assez. Je les trouve insignifiantes.»

Le sida n’est pas un enjeu social important au Québec, estime le docteur. «Ç’a l’a été mais ce ne l’est plus depuis que la maladie n’est plus mortelle et qu’il y a des traitements. On vit, explique-t-il, une épidémie hallucinante de maladies transmises sexuellement qui touche tous les groupes d’âges, les hommes autant que les femmes. Un jeune de 18 ans à qui tu annonces sa séropositivité, ça ne reste pas drôle. Il va prendre des médicaments toute sa vie. Que va-t-il va faire? Sa carrière? Va-t-il pouvoir voyager? L’inquiétude face à sa maladie, la mort, aux relations sexuelles, tomber amoureux; sa vie ne sera plus jamais comme avant. Ce n’est pas juste de mourir qui est grave!» insiste-t-il.

«Un sidéen en 2007 est plus fautif qu’un sidéen des années 80 qui pouvait plaider l’ignorance. On lui pardonnait. Aujourd’hui, on se dit que les victimes auraient dû être plus vigilantes. Je me demande s’il n’y a pas plus de préjugés qu’avant», questionne Réjean Thomas, convaincu que les malades se sentent plus coupables en 2007.

Des préjugés tenaces

«Ils souffrent aussi d’une grande détresse. On leur dit d’en parler à un ami très proche parce que tout seul, c’est difficile, explique-t-il. J’ai tellement peur qu’ils en parlent trop! Je sais qu’ils souffriront des préjugés ! J’ai des patients qui ont perdu des jobs!»

La discrimination à l’égard des ces populations marginalisées est toujours très présente, croit M. Thomas. «Par exemple, il y a eu cet été une épidémie de rougeole chez les enfants. Il y a eu, quoi, 4-5 cas ? Donc pour 5 cas de rougeole on sort tout l’arsenal de santé publique au Québec et pendant ce temps-là, il y a 500 cas de syphilis chez les homosexuels. Qu’est ce qu’on a fait ? On a mis des mini posters dans les saunas. Comme si les jeunes de la rue, les toxicos, les homos, c’était vraiment des parias!»

Au diable la prévention

Les adolescents sont une nouvelle génération «très à risque», explique Réjean Thomas. «Parce que la trithérapie est arrivée, on a arrêté, dans les écoles, les cours de formation personnelle et sociale où l’on parlait du sida et des MTS.» Résultat ? Une augmentation de syphilis, de gonorrhée et de VIH au Québec.

Le grand coupable: le condom, de plus en plus oublié par les partenaires sexuels. «Dans les années 1990, explique Réjean Thomas, quand un patient disait « j’ai pas mis de condom », c’était un aveu grave. Plus aujourd’hui.» Les films pornos, source appréciée des jeunes pour parfaire leur éducation sexuelle, sont en partie responsable de la baisse de popularité de l’enveloppe de caoutchouc. Peu à peu, la protection disparaît des films XXX. «Je ne suis pas sociologue ni anthropologue mais il se passe quelque chose !» s’inquiète le docteur.

Il faut ramener le condom comme une norme, prescrit-il. Il suffit de faire des campagnes et marteler que le sida est une maladie qui se prévient. «Des pays pauvres ont réussi, pourquoi pas nous?» Le Québec a démissionné, déplore le docteur Thomas.

L’étape du dépistage est aussi bâclée, voire ignorée: «Il y a au moins 25% des gens qui sont séropositifs et qui ne le savent pas. C’est énorme !» s’insurge-t-il. Les urgences reçoivent encore des cas de sidéens non diagnostiqués en phase terminale. «Il n’y a pas de raison, en 2007, de mourir du sida !» répète le docteur qui considère inadmissible pour des personnes de 30 ans et plus de ne jamais s’être soumis à un test de dépistage.

Encore faut-il que des médecins puissent y veiller. «La relève médicale est loin d’être garantie dans le domaine du sida et des MTS, selon Réjean Thomas. Il n’y a pas beaucoup de jeunes médecins qui s’y intéressent. Le milieu médical a les mêmes préjugés envers le sida et les MTS que la société en général. C’est le défi dans 10 ans, explique-t-il, puisque les sidéens d’aujourd’hui ne meurent plus de la maladie.» Une augmentation de malades inversement proportionnel au nombre de médecins disposés à les traiter. Un enjeu qui devrait inquiéter les autorités médicales, selon le président de la Clinique Actuel.

Sent-il le besoin de se réinventer pour intéresser la population et ses confrères à la maladie? «Je ne suis pas un artiste qui a un produit à vendre! Je suis là avant tout pour soigner les malades!» Il affirme ne parler du sida que lorsque qu’on l’interroge à ce sujet. Et parce qu’il sent un devoir moral de le faire, consent-il.

Devoir qu’il prend au sérieux. Le docteur Thomas a établi son diagnostic: le Québec souffre d’indifférence face au sida. Heureusement, la maladie n’est pas incurable.

Encadré

Le sida chiffré

Dans le monde

  • 39,5 millions de personnes vivent présentement avec le VIH/sida dans le monde
  • 17,7 millions sont des femmes
  • 2,3 millions sont des enfants de moins de 15 ans
  • Il y avait 4,3 millions de nouveaux sidéens en 2006
  • 2,9 millions de personnes sont mortes du sida en 2006

L’ONU tire cette observation de statistiques récentes: «Les taux d’infection ont diminué dans certains pays en 2005, mais la tendance globale reflète toujours une augmentation de la transmission.»
Source: Rapport ONUSIDA/OMS, 21 novembre 2006.

Au Québec

  • En 2005, 3158 Québécois sidéens étaient répertoriés
  • Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)
  • 20% était des usagers de drogues injectées (UDI)
  • 77% était des hommes
  • En 2005, le Québec a recelé autant de nouveaux sidéens qu’en 2002. Par contre, le nombre de HARSAH infectés a augmenté, contrairement au nombre d’UDI infectés qui a diminué
  • 67% des cas diagnostiqués étaient à Montréal, 9% à Québec et 7% en Montérégie.
  • En 2005, le taux de mortalité associé au sida était 5 fois inférieur à celui de 1995. Les traitements plus efficaces aujourd’hui permettent de prolonger la vie des sidéens.

Source: Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec – Année 2005 (et projections 2006), ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

FUCK le sida tue !

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de la publicité «Fuck le sida tue» qui a été boudée par les médias ?

Des jeunes m’ont entendu à la radio et ont trouvé effrayant d’apprendre qu’il est difficile de parler du sida. Ils ont proposé à la Clinique ce concept de publicité et nous avons eu envie de l’utiliser. Je connaissais ceux à qui appartenait le grand espace publicitaire du boulevard Saint-Laurent [coin Sherbrooke]. Ils nous ont donné gratuitement le mur pour deux mois pour que l’on puisse mettre la publicité. La Ville de Montréal a refusé.

Pourquoi la Ville a-t-elle refusé ?

Elle a dit que c’était à cause du français. [Rires] «Fuck», ce n’est pas un mot français…C’était une raison, un prétexte. Nous avons essayé de le traduire mais ça ne s’apprêtait pas. L’objectif visé, c’était d’interpeller les jeunes qui passent sur Saint-Laurent.

Est-ce que vous vous êtes battus ?

Oui, mais il n’y avait rien à faire. On a pris des publicités dans les magazines et une page complète dans le Devoir. Ç’a a fait parler autant. C’était l’objectif.

Est-ce que vous le referiez autrement?

Autrement? Non. C’est sûr qu’on avait une publicité provocatrice. En même temps, ce n’était pas nous qui l’avions inventée. À mon âge, j’essaie toujours d’être proche du terrain mais je vieillis aussi [rires]. Puisque ça venait des jeunes, que ça parlait aux jeunes, on l’avait pris tel quel et on avait trouvé ça intéressant.

PS Une autre publicité sur le Sida commandé par la Clinique L’actuel fait jaser.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

autres textes sur sexualité

PUBLICITÉ

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Salut à mon amie Marie-Louise

Salut à mon amie Marie-Louise

Alain Martel, travailleur de rue Montérégie.

Volume 14.6, août 2006

Dans le merveilleux monde de l’intervention et du travail de rue, on a la critique facile quand ça touche les institutions. Les CLSC, par exemple. On les dit fermés, mal adaptés, pas commodes, comme notre système de santé. On pourrait en écrire davantage. Mais, à un certain moment donné, on rencontre des individus qui changeront ces perceptions à jamais. Marie-Louise Côté a été une de ces personnes, pour moi.

Marie-Louise a été une organisatrice communautaire chevronnée. Je dis qu’elle l’a été parce que, ce 27 juin, j’assistais à son dîner de retraite. Femme de caractère, organisée, intelligente, et ce ne sera pas ce que je retiendrai le plus d’elle. Ce sont ses qualités humaines qui demeureront dans ma mémoire.

J’ai rencontré Marie-Louise quand on m’a assigné à la table de concertation jeunesse de Brossard. Je venais à peine d’être promu coordonnateur du travail de rue pour le Carrefour Jeunesse Rive-Sud. J’arrivais avec un bagage de douze années de travail terrain et j’assistais à ma première table de concertation officielle. J’avais l’habitude de repasser dans ma tête chaque commentaire qui me venait à l’esprit. Je trouvais ça plate, ces réunions-là. Et les deux animatrices, les deux Maries (je vous salue Marie pleines de grâce…) rigolaient. Marie-Louise a senti qu’il lui fallait un genre d’animation qui saurait attirer mon attention et pour me mener dans une sphère de réflexion mieux organisée sans déshumaniser le résultat. Elle a su le faire avec sa collègue Marie-Claude.

Marie-Louise est une femme profondément humaniste. Sans préjugés. Pour vrai. Elle n’a pas de préjugés. Elle veut être proche des gens. Elle aurait pu monter dans la hiérarchie, mais ça l’aurait éloignée des gens. Elle a décidé d’influencer les décideurs par son analyse et son ardeur à promouvoir les bonnes conditions humaines. Elle est sensible à la condition des gens. Elle partage volontiers ses idées et son énergie. Elle a compris la nécessité et l’utilité de la concertation, du travail d’équipe. Elle a réussi à nous mener dans une forme de concertation où l’être humain qui recevait les services prenait la place qui lui revenait. Je pense qu’elle a influencé l’ensemble de la table. Elle a laissé un riche héritage à Chantal, sa digne successeure.

Ce que je retiendrai, donc, c’est sa patience angélique. Elle a su me comprendre et m’attendre dans mon développement. Son regard. Quand elle trouvait que je dépassais les bornes, elle n’avait qu’à me lancer ce regard. Ceux qui l’ont reçu savent de quoi je parle. Par ce seul regard, accompagné d’un sourire diabolique, je comprenais que c’était le temps de me la fermer. Elle a toujours su reconnaître le potentiel des gens. Heureusement pour moi. Et finalement, sa grande fidélité. Comme dit la chanson, quand elle aime une fois, elle aime pour toujours! Heureusement pour moi. Merci pour tout ça.

Cherchez donc qui est votre Marie-Louise. On en a tous une. Prenez la chance de la remercier comme il se doit. Salut à mon amie Marie-Louise. Merci de me lire. Merci de me publier.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.