Manipulation de la transparence: La suite

Manipulation de la transparence: La suite

Annie Viger.           Dossier Économie

À la suite du dernier article de notre chroniqueur économique Jean Gagnon sur la dissimulation d’information dans l’affaire du sauvetage d’AIG aux États-Unis, nous retrouvons une histoire similaire chez nous avec la gestion de crise des PCAA.

En août 2007, la Caisse de dépôt et placement du Québec a gelé les remboursement des PCAA pour une restructuration en lien avec la crise de confiance quant à leur remboursement. La restructuration a consisté de remplacer les PCAA par des paniers d’actifs côtés AAA.

Ils ont refusé de révéler toutes informations sur les paniers d’actifs donc, impossible d’en vérifier la qualité. Ce qui a apporté des grandes pertes pour la Caisse de dépôt, La Banque Nationale, le Mouvement Desjardins tout comme des compagnies québécoises, des sociétés gouvernementales et des organismes caritatifs

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Micro Crédit : Quand les banques disent non…

Micro Crédit : Quand les banques disent non…

Morgane Lapeyre, volume 15 no 6, août 2007

Fondé sur les principes de solidarité et de réciprocité, le micro crédit était originellement destiné à enrayer la pauvreté dans les milieux ruraux, bidonvilles et quartiers défavorisés des pays en développement. Ce concept ingénieux, qui consiste à prêter aux petits entrepreneurs à risque, doit son succès et sa popularité au fondateur de la Banque Grameen au Bangladesh et prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus. De nombreux pays industrialisés s’en sont ensuite inspirés. Au Québec, les exclus du système bancaire traditionnel peuvent, depuis maintenant 20 ans, adresser leurs demandes à 22 organismes d’emprunt communautaire.

Travailleurs autonomes ou propriétaires de petites entreprises, ils ont un historique de crédit négatif ou n’ont pas d’antécédents de crédit. D’autres sont au chômage ou travaillent à temps partiel. Ils représentent une clientèle précaire et donc un risque financier aux yeux des banques traditionnelles, qui refusent par conséquent de leur accorder un prêt. Cet argument est toutefois contestable, puisque le taux de remboursement est d’environ 90 % dans le secteur de la micro finance.

Au Québec, les institutions de micro crédit sont connues sous le nom d’organismes de crédit communautaires. Financés par la communauté et non par des organisations financières internationales ou des ONG, ils pallient le manquement des banques conventionnelles en offrant une aide technique et financière à une clientèle marginalisée. À leurs yeux, chacun a un potentiel et personne ne devrait être limité dans la réalisation de ses projets.

Dans les pays émergents, 50 $ suffisent à acheter l’engrais ou les machines nécessaires pour augmenter le rendement de la production agricole ou établir un commerce. Au Québec, les prêts varient entre 3 000 $ et 20 000 $. Divergence de pouvoir d’achat oblige.

Chacun sa clientèle

Le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) rassemble les fonds et cercles d’emprunt qui sont à l’origine de sa création. Ils partagent les mêmes valeurs et se sont donc regroupés « pour se donner une force », selon la coordinatrice du réseau, Lucie Villeneuve. Leur clientèle et leurs modalités de remboursement sont toutefois différentes.

La mission d’un cercle d’emprunt est d’apprendre à ses membres comment développer un projet d’entreprise à partir d’une idée. Les prêts n’excèdent pas 5000 $ et la période de remboursement se limite à trois ans. Un fonds d’emprunt s’adresse au contraire à des entrepreneurs ayant déjà une ébauche d’un plan d’affaires, voire un projet élaboré. Les conseillers du Fonds les accompagnent dans leur démarche et les prêts concédés atteignent 20 000 $.

Le Réseau effectue un travail de coordination entre ses membres et négocie avec le gouvernement pour obtenir des subventions. Il a également comme fonction de faire connaître le crédit communautaire pour que les organismes soient reconnus au même titre que d’autres institutions financières.

Viabilité avant tout

Le principal critère d’admissibilité est la « viabilité raisonnable du projet », explique Jean Desbiens. Leur clientèle subit diverses formes d’exclusion sociale et économique, notamment parce que leur situation professionnelle est instable. Aux yeux des conseillers, les projets retenus doivent être irréprochables. « Nous sommes très exigeants dans la mesure où ces personnes sont déjà en situation d’échec. »

Faire faillite risquerait d’augmenter leur sentiment d’insuccès. D’autre part, 70 % des personnes qui se présentent auprès de l’Association communautaire d’emprunt de Montréal (ACEM) n’auraient pas de plan d’affaires, note Yasmine Nacro, conseillère au suivi et soutien des entreprises au sein de l’organisme.

« Il y a cependant encore trop de refus », estime Jean Desbiens. La forte sélection des projets d’entreprise est toutefois justifiée puisqu’elle assurerait le succès des nouvelles entreprises parrainées par le Fonds. Les conseillers évaluent le potentiel de gestion des entrepreneurs et jugent ainsi de la nécessité de leur offrir une formation de 30 heures échelonnée sur 6 semaines.

Cette formation initiale comprend l’utilisation d’outils informatiques, des cours de marketing et de comptabilité, précise-t-il. Ils apprennent par exemple à faire une étude de marché et à réaliser un budget. Par la suite, ils peuvent participer à des ateliers sur les techniques de planification publicitaire et budgétaire. Les membres bénéficient également d’un suivi régulier et individualisé, une particularité des organismes de crédit communautaire.

Clé du succès

Les exigences et la rigueur des conseillers financiers garantissent un taux de remboursement élevé. Le bon fonctionnement des fonds et cercles d’emprunt s’explique également par le lien de confiance entre les investisseurs, les conseillers et leurs débiteurs. Chaque organisme repose sur le soutien financier de nombreux investisseurs, tels des syndicats, des communautés religieuses ou encore des caisses Desjardins.

Les organismes de micro crédit peuvent prêter à une clientèle à risque, puisque leur taux d’intérêt est plus élevé que celui des banques traditionnelles. S’il est inacceptable pour eux qu’une clientèle à risque soit condamnée à vivre dans la précarité, il est parfois difficile de proposer une alternative raisonnable aux 6 % de projets qui échouent. Ces organismes doivent donc assurer leurs arrières et compenser pour les prêts non remboursés.

Le Fonds d’emprunt communautaire de Québec aurait ainsi contribué à la mise sur pied d’une soixantaine d’entreprises depuis sa création en 1997, d’après Jean Desbiens. Le secteur d’activité le plus exploité est celui de l’artisanat.

Yasmine Nacro explique que les seuls projets non admissibles sont les franchises, les cybercommerces ainsi que le secteur des nouvelles technologies. Dans le cas des cybercommerces, les clients pourraient se retrouver impliqués dans des situations de fraude, et le fonds, être involontairement complice, dit-elle. Quant aux nouvelles technologies, cela demanderait trop de ressources.

Desjardins fait fructifier la petite entreprise

Le partenariat entre le RQCC et le Conseil des représentants des caisses Desjardins de Québec Est, qui regroupe les présidents de chacune des 18 caisses de la région, remonte à 2002. Les deux parties s’étaient alors rencontrées pour discuter d’un projet d’alliance visant à soutenir le micro crédit au Québec. L’entente prévoit notamment le versement annuel de 75 000 $ aux organismes de crédit communautaire.

En laissant libre choix aux caisses régionales d’apporter un soutien financier à ses organismes, le Mouvement Desjardins rejoint indirectement une clientèle à risque et favorise le développement économique régional. Outre leur volonté de s’impliquer, les caisses doivent cependant être en mesure de prêter sans intérêt aux fonds et cercles d’emprunt communautaire.

Les caisses participantes offrent un volet capitalisation aux institutions de crédit communautaire locales. Leur rentabilité financière leur permet de partager leurs excédents annuels après impôts entre les ristournes individuelles aux membres et les ristournes collectives, c’est-à-dire destinées à la communauté. En 2006, environ 55% des excédents de l’ensemble de ces caisses auraient ainsi été versés à la collectivité.

Ce produit de solidarité Desjardins a son équivalent international, Développement international Desjardins. Fondé en 1997, son mandat consiste à donner aux communautés locales des pays en voie de développement les moyens de gérer de manière autonome leurs caisses d’épargne collective à travers la création d’une expertise locale et la mise en place de coopératives.

Autres textes sur l’environnement.

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Les caisses Desjardins et les banques

Les caisses Desjardins et les banques

J’étais en pleine discussion avec un consultant que nous avons engagé au Journal de la Rue. Il me parlait des Caisses Desjardins. Il est un mordu des coopératives. Il ne comprenait pas pourquoi les Québécois étaient plus exigeants envers les gestes que les Caisses Desjardins posaient. Une banque ferait pire et ça passerait. Le mouvement Desjardins ne peut rien se permettre comme marge de manoeuvre sans se faire critiquer rapidement.

La question m’est restée dans la tête. La réponse était évidente pour moi. Lorsque j’étais petit, nous avions une caisse Desjardins installée à notre école. Une façon de nous enseigner l’épargne. J’avais mon petit compte de banque scolaire et j’y déposais 5 sous par semaine. On m’avait vanté les mérites des caisses Desjardins. Une coopérative. Nous étions tous les propriétaires. Une alternative aux grosses méchantes banques. Le mouvement Desjardins s’est effectivement développé en étant une alternative aux banques. Ils ont favorisé le développement rural, un milieu pas payant pour les banques conventionnelles. Ils ont participé au développement de notre société.

Nous avons acheté ce rêve d’être propriétaire de notre institution financière et concurrencer les méchants banquiers. Cela a créé de fortes attentes. Dès que le mouvement Desjardins doit faire un geste qui le fait ressembler plus à une banque nos attentes, ces rêves que nous avons acheté, se métamorphosent en question et en critique. Nous devenons plus critique envers cette coopérative qui me demande une part sociale de 5$. Cette institutions financière qui est la nôtre.

J’ai été emballé par le rêve que le mouvement Desjardins m’avait vendu dans les années 1960. Peut-être parce que mon arrière… arrière grand-oncle, Louis-Michel Viger a fondé la Banque du peuple en 1835. Cette banque qui était associée aux Patriotes. Une banque qui a disparu juste avant l’arrivée des caisses Desjardins.

Et c’est peut-être aussi pourquoi j’ai été touché par la chanson du groupe Mes aieuls, Dégénération. J’ai peut-être à faire le deuil de mes rêves de jeunesse.

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