Quand le Sida frappe encore!

Le témoignage de Michel

SIDA L’ENNEMI INCONNU

Dominic Desmarais Dossiers MTS-SidaSexualité

sida-tue-encore-vih-mts«Je suis une erreur.» Michel, 62 ans, parle ainsi de sa naissance sans la moindre amertume. Il est conscient d’être venu au monde comme un objet de marchandage, pas par désir de le mettre au monde. Sa mère, amoureuse de son géniteur, est tombée enceinte dans l’espoir que son ventre rond et son contenu décident son amoureux à rester près d’elle. «Ce ne fut pas le cas. Ma naissance, c’est comme une imposture.»

Un enfant libre

Fils d’une barmaid incapable de s’en occuper, il a été recueilli très tôt par le frère de son géniteur qui lui, se faisait discret. Le petit Michel savourait sa liberté en toute insouciance. «À cinq ans, je partais de chez mon oncle, à Rosemont, pour aller voir ma mère dans ce qui est aujourd’hui le Village. Je me promenais, ma clé au cou, à n’importe quelle heure du jour ou du soir.» Alors que sa grande sœur et son grand frère, de 8 et 9 plus âgés, sont cloîtrés au pensionnat, lui parcourt la ville, libre comme l’air. Il vit comme un adulte dans un corps d’enfant. Il va voir sa mère au bar où elle travaille, se mêlant avec la faune qui y traîne.

À 12 ans, il se sent attiré par l’un de ses professeurs. «Je fantasmais. C’est par lui que mon éveil sexuel s’est fait.» Michel se rend compte de son homosexualité comme d’autres réalisent avoir les yeux bleus. Il ne se sent pas coupable de son orientation sexuelle. Au secondaire, bien que les autres élèves connaissent son penchant pour les hommes, il ne subit pas d’intimidation. Il est protégé. «Je n’ai pas eu de représailles. Parce que j’avais beaucoup de liberté, je passais pour un délinquant aux yeux des autres. Pour leurs parents, je passais pour un être anormal parce que personne ne s’occupait de moi. Ma liberté attirait les autres délinquants de l’école et, inconsciemment, ils me protégeaient. Je passais pour eux alors que les autres élèves en avaient peur.»

Si certains le regardent vivre sans attaches avec méfiance et consternation, le jeune Michel ne se sent pas incompris. Il vit sans se poser de questions, à l’abri du regard des autres. C’est sa protection naturelle. Michel commence à fréquenter les bars gais. Il fait la rencontre d’un homme dans la trentaine avec qui il expérimente pour la première fois les plaisirs de l’amour. Il a 12 ans. Avec un haussement d’épaule, il réalise 50 ans plus tard, qu’il vivait une relation avec un pédophile. Michel, très jeune, ne se sentait pas l’âme d’un enfant. Il ne se cachait pas de vivre cette relation qui, pour lui, coulait tout naturellement. «Mon petit ami venait me chercher à l’école. Les délinquants, en le voyant arriver, disaient: aïe Michel, ton chum est arrivé. Ce n’était pas méchant de leur part!»

Un adulte qui se cherche

Au début de la vingtaine, Michel tourne en rond. Il est insatisfait de sa vie insouciante, sans but. Ce qui l’animait depuis sa tendre enfance commence à lui peser. Que peut-il bien faire de cette liberté? Michel part en voyage pour se ressourcer. Il veut visiter l’Europe, pensant

s’arrêter trois mois en Suisse. «J’y suis resté huit ans! J’ai rencontré un homme et je suis tombé en amour!»

La bougeotte de Michel se calme. Il s’ancre à un endroit. Il en profite pour trouver ses réponses. Il fait un baccalauréat à l’Université de Fribourg en pédagogie. Son diplôme en poche, le jeune homme se trouve un emploi l’amenant à travailler avec des enfants en difficultés, des mésadaptés sociaux, des enfants de prostituées. Le contact auprès des jeunes le nourrit et l’éprouve à la fois. Avec son amoureux, il habite dans un petit village alpin de 400 âmes. «Au village, on me voyait me promener avec mon amoureux. Ça se savait que j’étais gai et que je travaillais avec des enfants. Il n’y avait aucun préjugé, je pouvais être moi-même.»

Après sept années d’union, c’est la séparation. Michel s’éloigne et s’installe à Genève pour y travailler dans le même milieu. Mais la métropole de la Suisse ne lui plaît pas du tout. «C’est la ville que j’ai haïe le plus au monde. Il n’y a que des organismes, c’est trop déshumanisé.» Au travail, on se pose des questions sur son orientation sexuelle. Puis, un collègue se met à lui faire peur. «Il me disait: je t’ai vu rentrer dans un bar gai. Tu n’es pas censé être là. Je te conseille de ne plus y retourner.»

Michel ayant passé à côté du rejet et des insultes dans son enfance, se sent intimidé pour la première fois de sa vie. Il vit avec la peur d’être dénoncé. Dans les années 1980, en Suisse, l’homosexualité est un motif de congédiement immédiat lorsqu’on travaillait avec des enfants. La cruauté de l’enfance ne l’a pas touché mais le voilà rattrapé par celle du monde des adultes. Michel est dans la trentaine et, pour la première fois de sa vie, il se referme dans sa coquille. Au travail, il pense constamment à la menace qui pèse sur lui. À chaque réunion d’équipe, il se demande si son homosexualité va être déballée sur la place publique. Il devient de plus en plus introverti. Il a peur d’aller dans les bars gais, de s’afficher avec un homme. «Ça m’empêchait d’être moi, ce que j’étais, de vivre au grand jour. À Genève, une ville où tu es anonyme, il fallait que je le reste encore plus.»

Michel n’en peut plus. Lui, pour qui vivre seul et insouciant était un mode de vie, a besoin de racines. Il ne se sent ni Suisse ni Canadien. Il cherche son identité. Il quitte Genève pour fuir le chantage exercé sur lui avant d’être rongé de l’intérieur.

L’exil

Après un exil de huit années en Suisse, Michel rentre au Québec en 1980. Il a quitté l’Europe et, avec elle, son travail d’intervenant auprès des enfants. Michel repart à neuf, à la recherche d’une nouvelle vie. Il touche un peu de tout, sans trop se brancher. Il renoue avec la communauté gaie et, comme pour ses emplois, il va de relations en relations.

L’insouciance dure quelques années. Jusqu’à ce que le sida fasse son coming out dans les années 1980. Michel, qui vient d’entamer une relation amoureuse, a peur. Il va passer des tests de dépistage pour savoir s’il porte cette maladie qui, à l’époque, menait vers une mort assurée. «À partir de ce moment, je me suis toujours protégé. Mais j’ai vécu beaucoup d’angoisse. J’avais peur d’être malade, peur de mourir. Je suivais constamment l’évolution du virus, qu’est-ce qui est dangereux, qu’est-ce qui ne l’est pas.»

Accompagner la mort

Ses tests s’avèrent négatifs. Michel peut souffler un peu. Mais la maladie rôde près de lui, touchant son neveu, qu’il décide d’accompagner en l’accueillant les weekends chez lui. Son neveu perd sa mère au moment où la maladie fait ses ravages. Au salon funéraire, il s’ouvre à son oncle: Le prochain, c’est moi.» Michel est sous le choc. «J’ai réalisé qu’il allait vraiment mourir, que je vivais mes derniers moments avec lui. Je me suis rapproché encore plus de lui.»

Le sida est apparu sans crier gare, prenant au dépourvu la communauté scientifique et médicale. Il n’y a aucun remède, la trithérapie ralenti le développement du virus, elle ne guérit pas. Seul l’AZT, un antiviral conçu pour traiter le cancer, contrôle le système immunitaire, mais provoque d’importants effets secondaires comme la diarrhée et l’anémie. Quand des taches noires apparaissent sur la peau de son neveu, Michel sait que la fin est proche. Les douleurs physiques se font plus intenses. Il n’y a rien à faire. «Je pouvais seulement être présent à ses côtés, l’écouter. Je vivais beaucoup d’impuissance et de colère. J’avais l’impression de me battre contre un fantôme.»

Alors qu’il accompagne son neveu vers la mort, Michel s’implique auprès d’organismes communautaires gais pour combattre le sida. Les débuts sont difficiles. Comme le virus a pris tout le monde par surprise, il n’y a aucun plan d’établi, aucune coordination. Les ressources manquent. «À cette époque, il y avait beaucoup d’ostracisme envers les gais. Nous étions rejetés.» La communauté homosexuelle se sent seule à se battre contre la mort. Un fort sentiment d’impuissance est vécu au sein des organismes d’aide. «Il y a eu beaucoup de burn-out. Les gens voulaient sauver les malades mais comment faire quand tu te bats contre un fantôme? Tout ce que nous pouvions faire, c’est de la prévention. Notre colère a été beaucoup, beaucoup refoulée. C’était comme une guerre contre un virus qui n’était pas apparent, transparent. Et il n’y avait pas de solution, juste un aboutissement, la mort.»

Coming out d’une communauté

Intimidés par un adversaire inconnu et indestructible, les homosexuels se mobilisent. De cet affrontement inégal naît une solidarité. «La fierté gaie est apparue grâce au sida. C’est comme si nous avions combattu ensemble, que nous avions gagné une guerre face à la maladie et la société. C’est le sida qui nous a forcés à sortir du placard. Tout le monde apprenait que nous existions. Nous étions actifs et quand tu es actif, tu vis. C’est une contradiction parce que le sida apporte la mort mais il nous a donné la vie.»

La bataille contre le sida a laissé des traces. Michel a pris conscience de ses failles en relation d’aide. La difficulté à admettre son impuissance et la colère qui en a résulté l’a remis en question. Comment exprimer son vécu et aider les autres à exprimer le leur? Lui qui, pourtant, avait étudié et travaillé en relation d’aide, éprouvait des frustrations. Plutôt que de retourner suivre des cours, il a décidé d’ouvrir sa propre école. «Je voulais être plus efficace à aider l’autre à être mieux. Je suis parti avec mes bases et j’ai tenté de les améliorer en harmonisant l’irrationnel et le rationnel.» Mais elle devient trop grosse pour cet homme qui préfère la simplicité. Michel décide de passer à autre chose.

Michel est retourné au communautaire pour tâter, cette fois, des problèmes de santé mentale. Puis, en entendant parler de la violence contre les gais dans les écoles, il a changé de voie en travaillant avec un organisme de prévention, le JAG (Jeunes Adultes Gai(e)s). Il y restera jusqu’à ce que la vie l’appelle ailleurs.

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Campagne de vaccination Gardasil: Une controverse qui pique

Campagne de vaccination Gardasil

Une controverse qui pique

Lisa Melia  DOSSIER Vaccin Gardasil effets secondairesSexualité, Santé

Depuis septembre 2008, les jeunes Québécoises sont vaccinées en 4e année et en 3e secondaire contre le cancer du col de l’utérus. Or, plusieurs, dont des professionnels de la santé, remettent en cause le bien-fondé d’une campagne de vaccination qui a le soutien financier des gouvernements québécois et canadien.

vaccin-gardasil-effets-secondaires-vaccination-VPH-virus-du-papillome-humain Annabelle Morin avait 14 ans, vivait à Laval et était en parfaite santé. Le 24 octobre 2008, elle est sortie de sa chambre complètement perdue, incapable de parler ni de se souvenir de son nom ou de sa date de naissance. Ses parents s’inquiètent: «Ma première réaction a été de lui demander si elle avait pris des médicaments. On aurait dit une overdose. Ma fille ne prenait pas de drogues, mais, à 14 ans, on ne sait jamais», raconte Linda Morin, la mère d’Annabelle.

À l’hôpital, elle passe des tests et reste une nuit en observation. Les médecins concluent à une migraine basilaire (induisant des problèmes de coordination des mouvements). Ses parents doutent du diagnostic. La mère d’Annabelle insiste alors pour faire passer un scanner à sa fille, sans résultat concluant. Six semaines après, Annabelle rentre chez elle et va prendre son bain. Linda  Morin retrouve le corps sans vie de sa fille dans la baignoire trente minutes plus tard.

La première autopsie montre qu’elle ne s’est pas noyée, mais n’identifie pas la cause du décès. Les parents attendent encore la seconde autopsie. «Il ne s’est rien passé entre les deux incidents, explique sa mère. Quand je l’ai vue dans la baignoire, ça a été un choc.» Linda Morin a ensuite pris connaissance du retrait d’un lot de Gardasil en Espagne, en février dernier, suite au malaise de deux jeunes filles ayant reçu le vaccin contre le papillomavirus humain. Elle s’est renseignée et a appris qu’Annabelle avait été vaccinée à l’école. À partir de 14 ans, les élèves sont en effet libres d’accepter ou non un traitement médical, incluant la vaccination.

Les premiers troubles et la mort sont survenus à chaque fois deux semaines après l’administration d’une dose de vaccin. Janelle Marquis, l’infirmière qui a suivi la famille pendant plusieurs années, croit que le lien est plausible. Une réaction allergique suite à l’administration d’un vaccin peut prendre deux semaines avant d’atteindre son pic. «Je ne peux pas totalement exclure le vaccin comme cause du décès, mais je ne suis sûre de rien», dit pour sa part Linda Morin.

La famille d’Annabelle tente maintenant de prévenir les autres jeunes filles des dangers potentiels de la vaccination. Selon Mme Morin, celles qui auraient voulu refuser le vaccin ont été convaincues par les médecins et les infirmières scolaires de la nécessité de l’accepter.

Un virus qui fait peu de victimes

Le papillomavirus humain (PVH) est une maladie transmissible sexuellement (MTS) qui peut provoquer un cancer du col de l’utérus. Abby Lippman, chercheure au département d’épidémiologie de l’Université McGill, explique que le PVH est l’une des MTS qui s’attrapent le plus facilement: à peu près toutes les femmes ont été infectées au moins une fois. La probabilité d’être touchée par les souches de la maladie qui provoquent des cancers est cependant de moins de 3 %. De plus, cette infection est l’une de celles dont on guérit le plus facilement. «Dans 90 % des cas, même pour les formes les plus dangereuses, le système immunitaire élimine spontanément la maladie», explique Abby Lippman.

Le gynéco-oncologue Philippe Sauthier explique que le nombre de cancers du col de l’utérus est stable dans les pays développés, voire en baisse, grâce au frottis (test Pap), un examen gynécologique généralement pratiqué. Toutefois, une situation de pauvreté et un système immunitaire affaibli augmentent considérablement les risques que l’infection aboutisse à un cancer. «Le problème en est un de conditions socioéconomiques, explique-t-il. C’est le deuxième tueur dans le tiers-monde. Si l’on cessait tout ce qui existe maintenant, du vaccin au dépistage, il reviendrait au premier plan.» D’où l’intérêt du vaccin, car c’est le moyen de prévention susceptible de toucher le plus grand nombre de femmes.

Le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes estime au contraire que le vaccin peut s’avérer nuisible car celles qui le reçoivent peuvent avoir un faux sentiment de sécurité. Les jeunes filles qui ont reçu une dose de Gardasil penseraient alors pouvoir cesser de se protéger lors de relations sexuelles. Or, le vaccin ne protège que contre 70 % des formes du virus pouvant causer un cancer et n’est d’aucune utilité contre d’autres MTS ou une grossesse non désirée.

Effets secondaires controversés

Par ailleurs, les effets secondaires du vaccin soulèvent des questions: un rapport du National Vaccine Information Center américain estime que plus de 5 000 vaccinées ont dû consulter en urgence à cause de troubles cardiaques, convulsions ou vertiges. À ce jour, 29 décès de jeunes filles dans le monde pourraient être reliés au Gardasil.

Jointe par Reflet de Société, Merck Frosst, la firme qui commercialise le vaccin, s’en tient à la décision de Santé Canada, en juillet 2006, d’autoriser le Gardasil et refuse de faire davantage de commentaires. «Que le vaccin entraîne des discussions et des controverses, c’est normal. Ça a été le cas pour tous les vaccins. Mais il n’y a pas d’effets secondaires graves», affirme Philippe Sauthier, qui est membre de l’Association des gynécologues du Québec, une organisation dont le «partenaire officiel» est la firme Merck Frosst. Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec appuie cette affirmation et rappelle que la décision de mener une campagne de vaccination n’a pas été prise à la légère mais dans un but de prévention.

Abby Lippman souligne la nécessité d’une «collecte de données fiables pour évaluer les risques liés au Gardasil». Elle estime que pour réduire la transmission du VPH, il faut considérer d’autres solutions que le vaccin et travailler sur la prévention et l’éducation sexuelle. «Le vaccin peut jouer un rôle, mais il ne peut pas être le seul acteur.»

Silence, on vaccine

Devant la caméra de Lina B. Moreco, réalisatrice du documentaire Silence, on vaccine (2008), plusieurs médecins s’interrogent sur les impacts négatifs potentiels des 48 doses de vaccins que reçoivent, avant l’âge de six ans, les enfants nord-américains. Des éléments chimiques comme le thimérosal et l’aluminium auraient des effets néfastes très importants sur la santé. Serge Rivest, chercheur au CHU de Québec, explique que la réponse à un vaccin est différente selon les personnes. Il faudrait donc prendre systématiquement en compte l’historique médical des vaccinés.

Lina B. Moreco ne rejette pas les aspects positifs de la vaccination mais met en garde contre la fermeture du milieu médical à reconnaître leurs dangers. Une situation accentuée par l’influence des firmes pharmaceutiques. Le député américain Dan Burton, qui a enquêté sur les vaccins, affirme que «c’est probablement le groupe de pression le plus puissant à Washington.»

Compagnies omniprésentes

La multinationale Merck Frosst, qui commercialise le Gardasil, dirige toute la chaîne d’informations, de la rémunération des experts à la tenue des colloques, selon Lina B. Moreco, et empêche les chercheurs indépendants de mener des recherches.

Ken Boessenkool, lobbyiste de Merck Frosst, est l’ancien conseiller à la santé du premier ministre canadien Stephen  Harper, dont le gouvernement a débloqué 300 millions de dollars pour la campagne de Gardasil. 70 millions$ ont été alloués au Québec. Pour Lina B. Moreco, les pharmaceutiques ont fabriqué une peur sociale de mourir si l’on n’a pas été vacciné, en plus de renvoyer une image d’irresponsable à ceux qui refusent un vaccin.

Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 22-23 

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Gardasil condamné en France

Pas de sexe sans le vaccin Gardasil nous dit Québec!

Campagne de vaccination Gardasil; conséquences et effets secondaires

Victimes et conséquences de la vaccination au Gardasil.

Controverses sur la campagne de vaccination au Gardasil.

Ce texte est dédié à Juste un peu frustré qui avait écrit un billet sur la campagne de vaccination Gardasil. Ce billet m’en inspiré les deux billets dont les liens sont présentés ici. J’ai ensuite demandé à Lisa de préparer ce reportage. Connu sous le nom de La Félée, cette blogueuse d’expérience vient de fermer son blogue et nous n’aurons plus la chance de la lire.

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Tampons postaux

Tampons postaux

Dossier Prostitution et Sexualité.

(Agence Science-Presse) – C’est sans doute un des envois postaux les plus étranges de l’histoire. Des chercheurs britanniques ont proposé à des prostituées de leur envoyer leurs tampons et serviettes hygiéniques… par la poste!

Dans le cadre de tests de dépistage de maladies transmises sexuellement, les médecins se sont aperçus que ces femmes préféraient cette méthode discrète aux tests d’urine dans une clinique. De plus, affirme Patrick Kimmitt, de l’Université de Westminster, il semble que la méthode-tampon soit tout aussi efficace que la méthode-urine.

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Une escorte et les agences

Les joies de la prostitution?

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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Les sites d’injection supervisée au Québec

Les sites d’injection supervisée au Québec

Robin Drevet         Dossiers MTS-Sida, Toxicomanie, Alcool et drogue, Vancouver, Site d’injections supervisées , Itinérance

Suite à l’article de Raymond Viger sur le site d’injection supervisée à Vancouver dans le volume 16 numéro 6 de septembre dernier, Reflet de Société s’est intéressé à la possible ouverture d’un tel service au Québec. Puisque toxicomanie et transmission du virus sont en lien direct, cet article fait partie du dossier sur le VIH.

Les sites d’injection supervisée sont destinés aux consommateurs de drogues par injection (héroïne, crack…) pour leur fournir un cadre plus sécuritaire que la rue. Pour comprendre où en est ce processus, nous avons rencontré Jean Sébastien Fallu, président et fondateur du GRIP (Groupe de Recherche et d’Intervention Psychosociale), et professeur adjoint à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Les toxicomanes restent dans l’ombre

Lors de la semaine de prévention sur la toxicomanie au Québec, du 16 au 22 novembre 2008, des bénévoles du GRIP ont fait signer une pétition pour l’ouverture d’une piquerie au Québec. Au contraire de la campagne de dépistage du cancer du sein, cette semaine de prévention est passée inaperçue. «Le problème, c’est que les toxicomanes attirent moins d’empathie que des personnes atteintes du cancer. On considère ces derniers comme non responsables de leur état, ce qui d’ailleurs est vrai», explique le professeur Fallu.

Pourtant, la toxicomanie est un problème réel et très présent au niveau de la Santé Publique au Québec. Alors pourquoi ces tabous?

Site d’injection supervisée: précisions

Il faut d’abord savoir ce qu’est exactement un site d’injection supervisée. C’est un endroit propre où se procurer des seringues neuves. Ce qui permet de prévenir la transmission de maladies comme l’hépatite C ou le VIH, évite les risques de surdoses entrainant souvent le décès, et aussi réduire les nuisances publiques créées par les toxicomanes. Ce genre de centre met aussi à disposition une assistance pour ceux qui veulent s’en sortir, comme sur le site de Vancouver qui allie à la fois piquerie et centre de désintoxication.

«L’opinion publique n’est pas informée des problématiques concernant la toxicomanie. Une étude a démontré qu’après une campagne de sensibilisation sur les difficultés rencontrées par cette population, 53% des personnes interrogées étaient en faveur de l’ouverture d’un tel site», dit Jean Sébastien Fallu.

Besoin des intervenants et des toxicomanes

Au Québec, il y a une forte demande, à la fois des intervenants et de la clientèle, avec un certain consensus de tous les organismes, pour l’ouverture d’une piquerie. Même le Programme National de Santé Publique établi par le Ministère de la Santé Publique et des Services Sociaux du Québec préconise l’ouverture d’un site d’injection supervisée. M. Fallu explique l’imbroglio politique autour de cette question. Philippe Couillard, ministre de la santé de 2003 à 2008, avait donné son accord pour ouvrir ce site. Seulement, son successeur, le docteur Yves Bolduc, n’a pas repris cette initiative. Bien qu’après réflexion il se soit montré plus flexible, il ne peut revenir complètement sur sa décision par peur de perdre la face.

Site d’injection supervisée: problème politique ou éthique

Le problème est-il politique ou éthique? Car des problèmes éthiques sont à considérer. L’ouverture d’un tel site encourage-t-il la consommation de drogues? Légitime-t-on cette dépendance? On peut répondre à ces interrogations que, malgré toutes les politiques répressives mises en place dans de nombreux endroits, la consommation n’a pas reculé. Aux États-Unis il apparaît clairement que la politique répressive n’a pas fonctionné. Dans les années 70, environ 2% de la population américaine avait déjà testé une drogue. Aujourd’hui, sous l’approche répressive, on estime que la proportion de gens qui ont goûté à la drogue est passée à près de 46%.

Aujourd’hui, l’approche rappelle la politique du moindre mal à savoir des centres d’échanges de seringues, la distribution de kits sains avec seringue neuve et préservatif.

Jean Sébastien Fallu résume bien la situation au Québec, qui peut s’appliquer d’ailleurs un peu partout, en citant un politicien luxembourgeois: «On sait ce qu’il faut faire concernant la drogue, mais on ne sait pas comment être réélu après.»

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.25

À lire aussi : Insite de Vancouver: site d’injection supervisée

Autres textes sur Toxicomanie

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Séropositif : la double condamnation

Séropositif : la double condamnation

Robin Drevet       Dossiers MTS-SidaSexualité et Homosexualité

L’épidémie de VIH est une réalité rarement ancrée dans le concret. Pourtant, les personnes séropositives méritent d’être entendues, surtout depuis les dernières décisions prises à leur encontre par les instances judiciaires et gouvernementales.

L’histoire de Diane, séropositive

 

sida L’exemple le plus frappant est le cas de Diane. Cette femme a rencontré un homme avec qui elle a eu une relation sexuelle protégée. Elle ne lui a pas mentionné sa séropositivité. Ils décident ensuite de rester ensemble. Diane lui annonce alors immédiatement son statut sérologique.

Après 4 ans d’union, elle porte plainte pour violence conjugale. La justice blanchit son conjoint, décision justifiée par le fait qu’elle a d’abord caché son infection à son partenaire. Son conjoint est excusé pour son comportement violent.

Les mésaventures de Diane ne s’arrêtent pas là. Le juge décide de la condamner à un an de détention pour avoir exposé son conjoint à un danger.

Pas de justice pour les séropositifs au Québec

Cette décision ne fait qu’entériner les fortes discriminations existantes envers les personnes séropositives, que ce soit l’interdiction de circuler aux États-Unis, ou les difficultés de trouver un emploi.«L’administration québécoise est la première à refuser d’embaucher une personne car elle est séropositive, alors qu’elle devrait montrer l’exemple d’intégration et d’égalité des chances», s’exclame M. René Légaré, coordinateur en communication à la Coordination des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-SIDA)

La discrimination à l’emploi envers les personnes séropositives peut survenir dès l’embauche par l’utilisation de questionnaires dont certaines questions, illégales, portent sur la santé du demandeur. Parfois, ces renseignements personnels sont ébruités, ce qui pousse les porteurs du VIH vers la porte. Les gens ont peur de travailler avec un séropositif.

Campagne de peur contre le Sida

Les campagnes du gouvernement ou des organismes communautaires, comme COCQ-SIDA, sont souvent basées sur l’aspect dangereux et mortel du virus. «Ma position par rapport à l’épidémie, c’est que ca fait peur. Les publicités mettent l’accent sur la peur, justement», dit un jeune homosexuel de 22 ans.

Justifié par la dangerosité du VIH qui a des conséquences mortelles, ces publicités masquent une autre réalité: «on ne meurt plus du sida aujourd’hui, bien qu’on ne puisse pas en guérir. Les traitements antirétroviraux permettent d’avoir une espérance de vie d’environ 40 ans après la découverte de la maladie», explique M. René Légaré.

Discrimination: sidéens ou homosexuels?

Ces campagnes d’épouvante sont accompagnées de nombreuses mesures discriminatoires associant les séropositifs et les homosexuels et renforcent, du même coup, les préjugés et la peur que suscitent ces deux populations distinctes.

HémaQuébec, organisme collectant les dons du sang, interdit formellement aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes de donner leur sang. «Cependant, toute personne ayant eu une relation sexuelle avec une prostituée n’a qu’une période d’exclusion de 12 mois.  Nous travaillons donc à réduire la période d’exclusion à 12 mois également pour les hommes gais», répond M. Légaré. Comme si la sexualité et l’infidélité étaient moins répandues chez les couples hétérosexuels.

Dans la même veine, le gouvernement conservateur de M. Harper a fait interdire les dons d’organes par les homosexuels. Cette décision a été justifiée par le fait que le sida s’étend à tous les organes et que les homosexuels sont plus exposés que les autres au virus. Est-ce à dire que seul un homosexuel peut contracter le virus du Sida?

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.24

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VIH-Sida: les problématiques de la prévention

VIH-Sida: les problématiques de la prévention

Robin Drevet

Dossiers MTS-Sida, SexualitéHomosexualité et Toxicomanie , Site d’injections supervisées

Après avoir abordé dans le volume 17 numéro 1 de novembre dernier la question du lien entre homosexualité et VIH, Reflet de Société profite de la journée mondiale de lutte contre le Sida pour vous offrir un dossier en trois volets sur l’impact du VIH au Québec: éducation et prévention, traitement des séropositifs et site d’injections supervisées.

Nous avons rencontré différentes personnes concernées par ce sujet: le médecin et fondateur de la clinique l’Actuel, Réjean Thomas, spécialisé dans la santé sexuelle, le coordinateur en communication de la Coalition des Organismes Communautaires Québécois de lutte contre le Sida (COCQ-Sida), René Légaré et l’avis de personnes du ministère de la Santé et des Affaires sociales du Québec. De plus de jeunes homosexuels se sont confiés à nous.

L’éducation et la prévention sont les deux outils dont disposent les pouvoirs publics et les organismes qui veulent lutter contre l’expansion de l’épidémie du sida. Encore faut-il comprendre l’ampleur et l’impact du VIH dans la province.

Situation du VIH au Québec

Selon divers rapports du ministère de la Santé et d’associations de luttes contre le sida, l’épidémie du VIH au Québec s’est étendue. On compte environ 500 nouvelles infections en 2008. La population touchée étant pour 79% des hommes dont 52% contaminés suite à une relation sexuelle avec un autre homme et 12% en consommant des drogues par injection.

Ces chiffres peuvent être trompeurs. Ils ne prennent pas compte des personnes qui ne se savent pas infectées. «On considère que un tiers des personnes infectées par le virus ne sont pas au courant de leur statut sérologique», explique le docteur Réjean Thomas. Après cet ajustement, on peut considérer qu’il y a eu 700 infections en 2008.

Durant les mois d’octobre et novembre, la clinique l’Actuel a mis en place une campagne de publicité offrant un test de dépistage gratuit pour les hommes gais : «en un mois et demi, nous avons effectué plus de 500 tests, ce qui veut donc qu’il existe un réel besoin», assure M. Thomas.

Quelle est la réponse des pouvoirs publics à ce besoin?

La prévention du VIH

Le ministère de la Santé Publique et des Affaires Sociales a mis en place une campagne annuelle de prévention lors de la journée mondiale de lutte contre le Sida qui a lieu chaque année le 1er décembre. Cette campagne existe depuis environ 20 ans. Ces dernières années, elle cible les populations à risques, soit les consommateurs de drogues par injection et les Hommes Ayant des Relations Sexuelles avec d’Autres Hommes (HARSAH).

La campagne de prévention 2008 cible les HARSAH. Intitulée «Juger Propage le SIDA», elle explique que les actes homophobes entraînent une baisse de l’estime de soi et une plus grande difficulté à s’accepter et se sentir bien tel qu’on est. Or, M. René Légaré confirme, «l’estime de soi joue un rôle très important dans la probabilité d’avoir ou non des comportements à risque».

En effet des études ont démontré que les personnes qui se sentent dévalorisés ont tendance à ne pas respecter leurs propre corps et donc à le mettre en danger plus facilement, de même que le corps de leur partenaire.

Mais notre jugement venant principalement de notre éducation, quelle place les pouvoirs publics réservent-ils à la question de l’éducation?

Une jeunesse de plus en plus exposée au Sida

Jusqu’en 2003, un jeune recevait un cours d’éducation sexuelle par un professionnel de la santé comme un sexologue par exemple. Ces cours permettaient aux jeunes de démystifier les relations amoureuses et de les sensibiliser sur les différentes orientations sexuelles existantes, sans oublier de les informer sur les différentes Infection Transmissible Sexuellement et par le Sang (ITSS) et les comportements à risque.

Cette démarche d’accompagnement a été supprimée pour être remplacée par un programme réparti sur toute la scolarité et pouvant être assuré par n’importe quel professeur. Monsieur Légaré fait d’ailleurs remarquer : «on ne voit pas un professeur de mathématique parlant de sexe avec ses élèves, et les professeurs de biologie vont souvent seulement aborder la sexualité sous un angle purement technique, évoquant donc peu l’homosexualité.»

La prévention du Sida manque de budget

Le gouvernement met en place des campagnes de prévention depuis 20 ans. Seulement, le budget alloué à la lutte contre le Sida n’a pas augmenté depuis des années alors que les besoins ont connu une croissance exponentielle. C’est ce qu’a voulu montrer le COCQ-Sida en rebaptisant cette année la Journée mondiale de lutte «Journée mondiale du photocopieur.» «Depuis 20 ans, le ministère consacre le même budget à la lutte contre le Sida alors que notre combat se porte vers un public plus large, vers de plus en plus de maladies que dans les années 80», dit René Légaré.

Évoquant les subventions que son organisme touche pour faire des campagnes de prévention il s’exclame : «Je dispose de 80 000 dollars pour un an à répartir entre des campagnes auprès des hommes gais, des femmes, des immigrants et des utilisateurs de drogues par injection.» Les besoins sont de plus en plus lourds, surtout ces dernières années, où on voit le retour de maladies qui avaient presque disparues: la syphilis (300 cas en 2008, 18.6% de plus qu’en 2007), la chlamydia (14 400 cas, 6.5% de plus), la gonorrhée (1 626 cas, 13.5% de plus). Et pour ce qui est du Sida, on peut estimer entre 500 et 1 400 nouveaux cas en 2008.

ITSS: La responsabilité de tous

Bien sur, chacun est responsable de son corps et de ses actions et donc des risques qu’il prend et que l’on fait prendre à son partenaire. Mais les pouvoirs publics ont en charge l’éducation et la sensibilisation. Or, cette mission ne semble pas être remplie pleinement lorsqu’on voit la recrudescence des ITSS dans la jeunesse québécoise démontrée par les chiffres ci-dessus.

Alors, il faudrait rappeler aux responsables de l’éducation de nos jeunes (parents, professeurs…) que si on veut changer ces faits inquiétants, il faudrait savoir aussi se mobiliser comme lorsqu’on a voulu supprimer les cours d’éducation religieuse et morale.

On a les moyens et les ressources de changer les choses en ce qui concerne cette pandémie alors c’est à nous de donner l’exemple, de prendre en main les générations futures en les informant, en les déculpabilisant car l’estime de soi joue un rôle très important dans la gestion des comportements à risques.

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HARSAH

HARSAH: Homme ayant des relations sexuelles avec un autre homme. Concept inventé pour pouvoir toucher les hommes qui n’assument pas leur penchant homosexuel. Ce sont souvent des hommes mariés avec enfants. Cette population est très présente en région et les comportements qu’ils adoptent peuvent avoir des répercussions fortes sur leur famille. Le problème qu’il y a eu avec ce terme est qu’il a éclipsé le terme gai et donc, d’un point de vue marketing, certains homosexuels ne se sentent plus concernés.

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Réponse sur un article paru:

Dans le numéro précédent, nous avions publié un article sur le lien systématique fait entre la communauté homosexuelle et le VIH. La polémique venait d’une publicité de la clinique l’Actuel proposant des tests VIH gratuits pour les hommes gais. Nous avons rencontré le fondateur de la clinique, le docteur Réjean Thomas, qui nous a répondu: «cette publicité avait pour but de choquer et de faire parler, ce qui a fonctionné. Le besoin est réel mais les gens ne s’en rendent pas compte. Il fallait donc un message-choc pour interpeller les hommes gais qui se font rarement dépister.» Cette campagne de publicité est justifiée mais, sans explication adéquate, elle peut avoir des conséquences néfastes (renforcement des préjugés, baisse d’estime de soi pour les jeunes homosexuels, augmentation des comportements à risques pour les hommes non-gais, etc.)

À lire aussi: Le Sida tue encore

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Nobel de médecine 2008 — La revanche de Luc Montagnier

Nobel de médecine 2008 — La revanche de Luc Montagnier

(Agence Science-Presse) – L’opinion publique avait dit de lui, il y a un quart de siècle, qu’il s’était fait «voler» sa découverte du virus du sida. Que la controverse américano-française qui s’en était ensuivie l’avait à jamais délogé de la course au Nobel. À 76 ans, Luc Montagnier vient d’obtenir sa récompense.

Et pas seulement lui : le public connaît moins sa collègue Françoise Barré-Sinoussi, 61 ans, qui serait celle-là même qui a isolé ce virus en 1983. Alors chercheuse depuis huit ans à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale sur les relations rétrovirus-cancers, elle est recrutée par Montagnier pour travailler sur «une nouvelle infection» alors inconnue. En compagnie de Jean-Claude Chermann, ils isolent le 20 janvier 1983 un virus qu’ils appellent LAV (Lymphadenopathy associated virus). Les résultats paraissent dans Science en mai 1983.

Même virus, autre point de vue

Dès janvier toutefois, comme il faut agir vite — le sida est devenu une hantise mondiale et l’on ignore encore tout de ses origines et de son mode de transmission — l’équipe française envoie des échantillons à ses collègues américains, dirigés par le célèbre Robert Gallo. Les Américains s’empêtrent alors sur une fausse piste et croient avoir eux aussi isolé le virus du sida, qu’ils baptisent à l’automne 1983, HTLV-III. Il s’avèrera plus tard qu’il s’agit du même virus, provenant de la même personne, initialement isolé par les Français.

Mais le mal est fait : les Américains travaillent à minimiser l’apport des Français, les médias se mettent de la partie… Il s’ensuit une polémique politique entre les deux pays, où la dimension scientifique prend le dessous. Le tout s’achève en décembre 1987 par une entente politique sur les (lucratives) redevances sur les tests de dépistage, partagées à parts égales entre les deux «découvreurs».

Dans son communiqué publié lundi matin, le Comité Nobel ne nomme nulle part Robert Gallo. Rejoint par l’agence AP, Gallo s’est dit «déçu», mais a ajouté que les trois scientifiques méritaient cette récompense.

Des virus responsables de cancers?

Le troisième membre du trio gagnant du Nobel de médecine 2008, l’Allemand Harald zur Hausen, 72 ans, n’a rien à voir avec le VIH, le virus responsable du sida, mais son choix souligne le contexte scientifique plus large dans lequel cette découverte s’était faite: la recherche d’un lien entre des virus et certains cancers.

Dans les années 1970, de nombreux laboratoires à travers le monde s’étaient lancé sur la piste des rétrovirus : des «virus à ARN», ainsi nommés parce qu’ils peuvent transformer leur code génétique de telle façon qu’ils s’infiltrent plus facilement dans les cellules. C’est alors à une course frénétique au cancer qu’on assiste entre les laboratoires, frénésie qui n’est pas étrangère à la controverse Montagnier-Gallo: Gallo accumule les succès dans les années 1970, Montagnier, fondateur du département de virologie à l’Institut Pasteur en 1972, travaille dans l’ombre. Gallo symbolise l’hégémonie américaine, que nul ne songerait à ravir.

Or, pendant ce temps, le Dr zur Hausen suit lui aussi la piste virus-cancer. Dans les années 1970, ce chercheur en virologie se concentre sur le cancer du col de l’utérus — le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes — émettant l’hypothèse qu’il est causé par un virus proche de celui déclenchant les verrues — à l’encontre du dogme de l’époque, écrit la Fondation Nobel.

En 1983, il isole deux formes de virus du papillome humain (VPH), à l’origine du cancer du col de l’utérus. De tous les virus transmis sexuellement, c’est le plus fréquent. De cela découleront une meilleure connaissance des mécanismes de cette infection, des tests de dépistage et des vaccins.

C’est de cette découverte que résulte aujourd’hui, la recommandation des médecins de vacciner systématiquement les préadolescentes contre ces virus, avant qu’elles n’aient eu leurs premières relations sexuelles.

VIH et VPH: deux acronymes qui, pour longtemps encore, resteront une illustration des carrefours, pas toujours réjouissants, entre politique, société et science.

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