Journée mondiale du réfugié, rue Saint-Laurent

Journée mondiale du réfugié rue Saint-Laurent

François Richard Dossiers Culture et Immigration

Afin de souligner la Journée mondiale du réfugié, soit le 20 juin, l’organisme Sing l Style (lire Single Style) organise l’exposition Voyages extraordinaires. Des artistes réfugiés présentent des oeuvres d’art sur le sujet à la galerie OFF Interarts à Montréal du 29 juin au 3 juillet. D’une grande qualité artistique, les oeuvres font découvrir au visiteur de l’exposition différentes facettes de l’expérience de l’exil et du déracinement.

Voyages extraordinaires 1 Vision des Occidentaux

En grande majorité des toiles, les oeuvres présentées dans le cadre de Voyages Extraordinaires ont le mérite de briser l’image trop souvent simpliste qu’ont les Occidentaux de la réalité des réfugiés, soit celle d’immenses camps de tentes  africains ou asiatiques où des femmes et des enfants affamés se font ‘manger’ par les insectes. Bien que cette réalité doivent être soulignée, la réalité est que la majorité des réfugiés au Québec sont plutôt issus des classes moyennes de leurs pays, ne serait-ce qu’en raison des coûts de déplacement qu’ils ont dû défrayer pour se rendre ici. La solitude et l’incompréhension sont donc des réalités avec lesquelles ils doivent composer au quotidien. 

Voyages extraordinaires 7 Massacre, exils, islamistes radicaux

Les artistes exposés à la galerie OFF interarts dépeignent une réalité plus axée sur les conflits militaires et la séparation familiale que sur la misère à proprement parler. Des toiles évoquent entre autres le massacre et l’exil des artistes irakiens aux mains des islamistes radicaux, la violence politique en Chine, ainsi que des familles dont les membres se réconfortent les uns les autres devant des fonds flous et sinistres.

Voyages extraordinaires vitrinePolyvalente de Pointe-Claire

La misère des camps est quant à elle invoquée entre autres par le ballon de soccer du réfugié, une boule de bas et de sacs de plastiques tenue par une ficelle grossièrement attachée autour. La vitrine évoque aussi les grands camps de l’ONU tels que vus dans les reportages sur le Soudan ou le Sri Lanka. Le montage de sacs de riz de l’ONU et de bidons de plastiques a été réalisé dans le cadre d’un projet mis en place par l’école St-Thomas de Pointe-Claire. Les adolescents de cette école ont construit un camp de réfugié à l’intérieur de leur polyvalente et y ont vécu une journée.

Grand nombre d’artistes

La sélection des artistes s’est faite par un vaste appel à tous et plusieurs candidatures ont dû être refusées en raison d’un grand nombre d’offres. Les artistes réfugiés ont exprimé un grand désir de partager leurs expériences et certains d’entre eux ont créé de nouvelles oeuvres pour l’occasion. L’organisme qui a mis sur pied l’événement, Sing l Style, vise à offrir des services de formation en communication et marketing aux groupes humanitaires afin de les aider à mieux vendre leur cause auprès des grandes organisations caritatives. 

La galerie OFF Interarts est située au 5145 rue Saint-Laurent, au nord de Laurier, à Montréal.  Les photographies présentées dans ce billet sont d’Andrew Bacchus, fondateur de Sing l Style et co-organisateur de l’exposition avec Margot Legault.

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Anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Robin Drevet

Le 10 décembre 1948, l’Organisation des Nations Unies adoptait la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, texte fondateur pour la politique de nombreux États.

Seulement, qui sait que nous en fêtons les 60 ans aujourd’hui? Personnellement je ne m’en rappelais pas et il m’a fallu passer devant le manifestival d’État d’Urgence (Événement organisé sur Montréal pour les sans-abris) pour y voir une pancarte annonçant cet anniversaire, cette dernière a été comme un coup de poignard quand on sait que ce texte prône l’égalité universelle et la décence et que les sans-abris, surtout à Montréal, vivent dans tout autre chose que la décence ou l’égalité.

Je me suis alors demandé où en sommes nous aujourd’hui sur la question des droits de l’Homme (qui porte d’ailleurs déjà dans son terme une coquille propre à la langue française, et les Femmes alors?)?

Bien sûr on nous répondra que comparativement aux années d’après guerre, il y a eu beaucoup d’évolutions en particulier sur les droits de la Femme, des Enfants…pourtant certaines choses restent encore à améliorer et il y a du travail!!!

Justice égalitaire

Si l’on regarde le monde occidental (Europe, Amérique du Nord, Japon), ce sont en général des États de droit qui garantissent une justice égalitaire pour tous sans distinction de race, de sexe, d’orientation sexuelle et de classe, qui laissent au peuple le choix de décider, bref la démocratie moderne.

Homosexuel, femmes et marginaux

Pourtant certaines populations sont moins bien loties que d’autres : la population homosexuelle reste encore discriminée (unions civiles, travail), les femmes victimes de violences conjugales (une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint), et sans compter tous les marginaux qui ne trouvent pas sa place dans la société qu’on leur propose. Il existe en plus des disparités à l’intérieur de ces pays, la question de l’assurance-maladie, la retraite, l’accès au marché du travail sont très présentes aux États-Unis.

Démocratie

De plus est ce que la démocratie que l’on nous propose est réellement la réponse aux besoins et envies du peuple? Est-ce que le vote est le seul moyen d’expression de la volonté populaire? En dehors de certains pays où la grève et les différents mouvements sociaux sont un moyen de se faire entendre, de nombreux pays sont sous la pression de lobby d’entreprises et secteurs divers. Peut-on réellement parler de droits de l’Homme dans ses conditions? Ne serait ce pas plutôt la loi du marché qui prédomine, comme on peut le voir ces derniers temps avec les sommes faramineuses consacrées à la sauvegarde des marchés boursiers, au détriment de la population endettée de divers crédits et hypothèques?

Mais pour admettre cela il faudrait que ces pays fassent une introspection de leur manière de fonctionner, et reviennent dans l’esprit de la démocratie et de leurs constitutions qui toutes disent agir par et POUR le peuple. Lorsque les États-Unis refusent de s’investir dans le combat environnemental, n’est ce pas le droit des générations futures qu’ils spolient? Quand l’Union Européenne décide d’adopter un décret pour renvoyer les immigrés clandestins chez eux (ce que la France fait depuis maintenant plus de 2ans), n’est-ce pas refuser à des Hommes et Femmes la volonté de trouver un endroit plus propice pour eux-mêmes et leur famille?

Certes vous pouvez me répondre qu’il y a pire ailleurs et c’est justement là le problème, à force de toujours se comparer avec l’Autre: Saddam Hussein ex-dictateur irakien, Vladimir Poutine premier ministre russe, Hu-Jintao «président» de la République POPULAIRE de Chine, ou encore Fidel Castro et le colonel Kadhafi, on oublie de se regarder soi-même, alors sûrement que notre Occident est plus développé, plus démocratique, plus juste et égalitaire que ces territoires mais est-ce une raison suffisante pour oublier ce qui n’ont pas accès à ces grandes valeurs chez nous?

Je ne dis pas de ne pas aller aider ceux qui souffrent plus que nous, ce serait être ethnocentrique et nationaliste (deux termes que je hais par-dessus tout), mais faire croire à ses concitoyens qu’ils sont bien lotis parce qu’ils ne souffrent pas d’épidémie de choléra, de la faim ou du froid, c’est oublié tous les sans-abris, ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un traitement convenable, qui ont du mal à subvenir à leurs besoins fondamentaux.

Donc pour la célébration de l’anniversaire de ce texte fondamental, avant de jeter la pierre au Zimbabwe, à l’Iran, à la Lybie, ou à Cuba, pensons aussi regarder du côté de la Somalie, du Botswana, de la Corée du sud qui sont des exemples de pays qui garantissent des droits pour leur population mais dont on entend peu parler, et du côté du Canada, de la France, des États-Unis qui tentent de rogner de plus en plus nos droits acquis de longues dates. À croire que pour être médiatique dans les pays émergents il faut être dictateur, sexiste, homophobe, extrémiste…

Messieurs et Mesdames les dirigeants du monde moderne, n’oubliez pas que vous avez sous votre responsabilité des Hommes et des Femmes qui font parfois face à des problèmes insurmontables et qui vous ont donné leur confiance pour les représenter, et qui attendent donc en retour que cette confiance ne soit pas utilisée à des malversations et bassesses politiques, économiques ou sociales, n’est-ce pas M. Stephen Harper, M. George W. Bush, M. Dominique de Villepin, M. Berlusconi, M. Medvedev, M. Sarkozy et autres politiciens qui ont oubliés qui leur avait confié leur pouvoir et surtout qui pouvait leur reprendre.

Ce texte est un reflet d’une position personnelle et n’engage aucunement les organismes de Reflet de Société ou du Journal de la Rue, ou de n’importe qui rattaché à ces organismes.

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UNIVERSITÉ POUR LA PAIX 2e partie

UNIVERSITÉ POUR LA PAIX

(2e partie) Murielle Chatelier

<VLUU L830  / Samsung L830> L’importance de vivre dans un monde en paix, voilà ce qu’on enseigne à l’Université pour la Paix.  Au terme de cet apprentissage, la seule arme dont disposent les étudiants pour éviter et résoudre les conflits, c’est leur diplôme.

À l’Université pour la Paix, on croit fermement que les jeunes de toutes les cultures du monde devraient partager le même idéal pacifiste. C’est dans cette optique que, depuis le début des années 2000, l’établissement recrute ses étudiants aux quatre coins de la planète. «Si les jeunes du monde entier partagent la même vision du respect des droits humains et s’engagent à participer à un développement durable, nous pouvons espérer vivre dans un monde plus harmonieux», estime le recteur de l’Université pour la Paix, M. John J. Maresca.

Chaque année, le nombre d’admissions dans cette université augmente. «L’intérêt pour ce type d’apprentissage croît de façon fulgurante», assure le recteur. L’Université pour la Paix est la seule institution affiliée à l’Organisation des Nations Unies (ONU) autorisée à décerner des diplômes d’études supérieures sur la paix et sur la résolution de conflits.

Depuis 2003, plus de 45 Canadiens ont suivi un programme sur la paix. «Nous sommes très fiers que tous ces jeunes Canadiens soient venus étudier chez nous, déclare M. Maresca. Leur pays nous a tellement soutenus dans nos efforts.» Les rapports privilégiés entre l’Université pour la Paix et le Canada devaient d’ailleurs aboutir par l’implantation du premier programme universitaire à l’extérieur du campus de Costa Rica. Un projet qui n’a pas pu voir le jour, freiné par un processus trop long (voir encadré à la fin de l’article).

D’étudiants à promoteurs de la paix

Les diplômés de l’Université pour la Paix sont formés pour devenir des leaders qui peuvent changer le monde. Nombre d’entre eux occupent des postes clés et sont amenés à combattre les conflits, la violence et les inégalités sociales. «Nos leaders ne deviendront pas tous des premiers ministres, dit M. Maresca avec une pointe d’humour. Un leader est avant tout quelqu’un qui sait ce qui est bien, et qui fait tout pour s’assurer que ses actions vont dans ce sens.»

La Canadienne Lauren Jones est l’une de ces leaders. Diplômée de la promotion 2006 en Loi internationale et droits humains, elle a mis sur pied son propre organisme à but non lucratif, P for Peace. Sa mission est d’éveiller une conscience sociale sur les problèmes qui touchent les droits des prisonniers et de promouvoir la prévention du crime chez les jeunes à travers le développement social.

«Apprendre d’une variété de professeurs hautement qualifiés tout en côtoyant des étudiants qui partagent une vision commune de la paix est l’expérience de toute une vie, se réjouit-elle. L’Université pour la Paix m’a inculquée la croyance que la paix existe et, plus important encore, qu’on peut espérer vivre dans un monde soucieux des droits humains dans un avenir proche.»

Le Kényan Dan Juma, diplômé de la promotion 2006 dans le même programme que Laura Jones, est très actif sur la scène internationale depuis la fin de ses études. À titre d’expert, il a été invité à commenter le conflit qui sévit au Kenya sur les ondes du réseau anglais de Radio-Canada, CBC. Toujours au même titre, il a participé à la Conférence mondiale sur la prévention du génocide, tenue du 11 au 13 octobre 2007 à l’Université McGill.

«Une éducation basée sur la paix est essentielle, estime M. Maresca. Nos étudiants font face à leurs défis avec courage, et avec ce qu’ils ont appris à l’Université pour la Paix.» La majorité des diplômés travaillent au sein d’organisations non gouvernementales (ONG), tandis que d’autres sont employés par l’ONU ou deviennent enseignant. À une échelle plus individuelle, les promoteurs de la paix rencontrent les mêmes défis quotidiens que tout citoyen soucieux de vivre dans une société d’égalitaire et pacifique.

Une brochette d’enseignants

Tout comme les étudiants admis à l’Université pour la Paix, le personnel enseignant sur place en permanence vient des  4 coins du monde: Égypte, Suisse, Salvador, Pérou, France… Leurs expériences distinctes font d’eux des ressources diversifiées dans un environnement des plus multiculturels. Toute une richesse pour les étudiants qui seront amenés à analyser les conflits de nombreux pays dans le cadre de leurs fonctions.

Les personnalités internationales qui se déplacent pour enseigner pendant de courtes périodes à l’Université pour la Paix sont des experts dans leur domaine. Plusieurs Canadiens figurent sur cette liste, dont le Dr Gerald Caplan, un analyste et activiste politique mondialement reconnu. Il se spécialise notamment dans les questions africaines, particulièrement celles portant sur les génocides. Titulaire d’un doctorat en histoire africaine, il est l’auteur du rapport très médiatisé: Rwanda, The Preventable Genocide (Rwanda, le génocide qu’on pouvait éviter).

Main dans la main avec l’ONU

Bien que l’Université pour la Paix ait vécu des années difficiles, l’ONU a reconnu ses importants progrès et a demandé un renforcement de leur coopération en 2006. Une résolution a été adoptée: «Avec les efforts accomplis pour revitaliser et pour renforcer l’Université pour la Paix elle est aujourd’hui, plus que jamais, un centre international spécialisé dans l’éducation, la formation et la recherche sur toutes les questions liées à la paix et aux conflits».

Pour rester en dehors de toute lutte politique et pour conserver sa vocation strictement académique, l’Université pour la Paix a été dotée d’une charte et s’assure de son indépendance financière vis-à-vis de l’ONU. Il n’en demeure pas moins qu’à la base, les programmes dispensés par l’Université pour la Paix sont inspirés par la culture de cette organisation mondiale et l’Université pour la Paix cherche à soutenir les mêmes objectifs. Dans son dépliant publicitaire, l’établissement indique que «l’Université pour la Paix est un membre de la famille onusienne» et se réjouit de bénéficier d’une liberté d’action.

Programmes accessibles à tous

En plus d’offrir à ses étudiants des programmes qui mènent à l’obtention d’une maîtrise, l’Université pour la Paix offre aux organismes des ateliers et des formations de courte durée sur la paix et sur la résolution de conflits. À travers les écoles du monde, l’Université pour la Paix met à la disposition des enseignants du matériel pédagogique. Toute personne intéressée peut aussi suivre une formation à distance ou se procurer une série de livres sur la paix.

L’une des missions de l’Université pour la Paix est de rendre son enseignement accessible à tous. L’Université pour la Paix est présente à l’étranger grâce à ses bureaux de Genève, New York et Addisabeba, en Éthiopie. Des centres d’activités académiques et de recherche sont aussi affiliés à l’Université pour la Paix en Serbie, en Colombie et en Uruguay.

L’Université pour la Paix au Canada

«L’ONU nous a donné le mandat de diffuser notre enseignement à travers le monde, conclut le recteur de l’Université pour la Paix. Nous croyons qu’à défaut de pouvoir le faire pour l’humanité entière, notre devoir est au moins de rejoindre tous les jeunes qui s’intéressent à ce type d’apprentissage, peu importent les frontières.»

Le Centre international de l’Université pour la Paix à Toronto a fermé ses portes le 28 novembre 2006, après 15 mois d’exploitation. L’Université pour la Paix prévoyait d’offrir deux programmes de maîtrise dont une partie des cours serait dispensée en Ontario et l’autre, au Costa Rica. Après avoir suivi les procédures déterminées par la Commission d’évaluation de la qualité de l’éducation postsecondaire (PEQAB) pour implanter ces programmes, l’Université pour la Paix n’a pas pu atteindre ses objectifs dans les délais fixés. Les fonds alloués par le gouvernement canadien ne suffisaient pas et l’Université pour la Paix a suspendu ce projet.

Produit en collaboration avec le gouvernement du Canada par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

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Le SIDA tue encore

Le SIDA tue encore
Annie Mathieu, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008

Le sida est disparu depuis l’arrivée de la trithérapie, croient les Québécois. Conséquence: exit le condom et bonjour les comportements sexuels à risque. Reflet de Société a rencontré le docteur Réjean Thomas, président de la Clinique médicale l’Actuel, qui soigne les patients atteints du VIH et de MTS depuis 1984.

Le sida n’est pas un sujet vendeur. Sauf le 1er décembre, journée mondiale contre le sida. Les images d’enfants du tiers-monde atteints de la maladie confirmeront un préjugé vieux comme le virus: le sida, c’est la maladie «des autres».

«Les gens ont l’impression que c’est une maladie africaine parce que la plupart des reportages sont faits dans les pays du tiers-monde, affirme d’entrée de jeu le docteur Thomas. À cause de l’accès à la trithérapie, on pense le problème réglé. C’est faux. On est dans une période de négation collective face au sida.» Une attitude qui se traduit par le peu d’intérêt des médias et qui rend la prévention, déjà difficile, presque impossible.

«Aucun message ne peut prévenir la maladie, croit le docteur. L’important, c’est d’être régulier, provocateur, drôle et surtout, répéter les messages. C’est ce qu’on fait avec le tabagisme par exemple et qu’on ne fait pas avec le sida», déplore-t-il.

Ce qu’il reproche à la journée mondiale de lutte contre le sida? On en parle trop et qu’à un seul moment de l’année. Un avis partagé par ses patients qui détestent le 1er décembre. «Je dis souvent aux élèves « si votre prof est atteint du cancer, il va recevoir des mots, des fleurs, il va être entouré ». Un sidéen, lui, sera seul dans sa chambre et personne ne le saura.»

Des campagnes insignifiantes

S’il considère que les médias n’ont pas toujours abordé le sida de manière intelligente, Réjean Thomas croit tout de même qu’ils ont joué un rôle plus important que les campagnes de prévention: «Les médias ont sauvé plus de vies que les campagnes gouvernementales de santé publique ou de prévention. Ce que je vois, c’est nul. Il n’y en a pas assez. Je les trouve insignifiantes.»

Le sida n’est pas un enjeu social important au Québec, estime le docteur. «Ç’a l’a été mais ce ne l’est plus depuis que la maladie n’est plus mortelle et qu’il y a des traitements. On vit, explique-t-il, une épidémie hallucinante de maladies transmises sexuellement qui touche tous les groupes d’âges, les hommes autant que les femmes. Un jeune de 18 ans à qui tu annonces sa séropositivité, ça ne reste pas drôle. Il va prendre des médicaments toute sa vie. Que va-t-il va faire? Sa carrière? Va-t-il pouvoir voyager? L’inquiétude face à sa maladie, la mort, aux relations sexuelles, tomber amoureux; sa vie ne sera plus jamais comme avant. Ce n’est pas juste de mourir qui est grave!» insiste-t-il.

«Un sidéen en 2007 est plus fautif qu’un sidéen des années 80 qui pouvait plaider l’ignorance. On lui pardonnait. Aujourd’hui, on se dit que les victimes auraient dû être plus vigilantes. Je me demande s’il n’y a pas plus de préjugés qu’avant», questionne Réjean Thomas, convaincu que les malades se sentent plus coupables en 2007.

Des préjugés tenaces

«Ils souffrent aussi d’une grande détresse. On leur dit d’en parler à un ami très proche parce que tout seul, c’est difficile, explique-t-il. J’ai tellement peur qu’ils en parlent trop! Je sais qu’ils souffriront des préjugés ! J’ai des patients qui ont perdu des jobs!»

La discrimination à l’égard des ces populations marginalisées est toujours très présente, croit M. Thomas. «Par exemple, il y a eu cet été une épidémie de rougeole chez les enfants. Il y a eu, quoi, 4-5 cas ? Donc pour 5 cas de rougeole on sort tout l’arsenal de santé publique au Québec et pendant ce temps-là, il y a 500 cas de syphilis chez les homosexuels. Qu’est ce qu’on a fait ? On a mis des mini posters dans les saunas. Comme si les jeunes de la rue, les toxicos, les homos, c’était vraiment des parias!»

Au diable la prévention

Les adolescents sont une nouvelle génération «très à risque», explique Réjean Thomas. «Parce que la trithérapie est arrivée, on a arrêté, dans les écoles, les cours de formation personnelle et sociale où l’on parlait du sida et des MTS.» Résultat ? Une augmentation de syphilis, de gonorrhée et de VIH au Québec.

Le grand coupable: le condom, de plus en plus oublié par les partenaires sexuels. «Dans les années 1990, explique Réjean Thomas, quand un patient disait « j’ai pas mis de condom », c’était un aveu grave. Plus aujourd’hui.» Les films pornos, source appréciée des jeunes pour parfaire leur éducation sexuelle, sont en partie responsable de la baisse de popularité de l’enveloppe de caoutchouc. Peu à peu, la protection disparaît des films XXX. «Je ne suis pas sociologue ni anthropologue mais il se passe quelque chose !» s’inquiète le docteur.

Il faut ramener le condom comme une norme, prescrit-il. Il suffit de faire des campagnes et marteler que le sida est une maladie qui se prévient. «Des pays pauvres ont réussi, pourquoi pas nous?» Le Québec a démissionné, déplore le docteur Thomas.

L’étape du dépistage est aussi bâclée, voire ignorée: «Il y a au moins 25% des gens qui sont séropositifs et qui ne le savent pas. C’est énorme !» s’insurge-t-il. Les urgences reçoivent encore des cas de sidéens non diagnostiqués en phase terminale. «Il n’y a pas de raison, en 2007, de mourir du sida !» répète le docteur qui considère inadmissible pour des personnes de 30 ans et plus de ne jamais s’être soumis à un test de dépistage.

Encore faut-il que des médecins puissent y veiller. «La relève médicale est loin d’être garantie dans le domaine du sida et des MTS, selon Réjean Thomas. Il n’y a pas beaucoup de jeunes médecins qui s’y intéressent. Le milieu médical a les mêmes préjugés envers le sida et les MTS que la société en général. C’est le défi dans 10 ans, explique-t-il, puisque les sidéens d’aujourd’hui ne meurent plus de la maladie.» Une augmentation de malades inversement proportionnel au nombre de médecins disposés à les traiter. Un enjeu qui devrait inquiéter les autorités médicales, selon le président de la Clinique Actuel.

Sent-il le besoin de se réinventer pour intéresser la population et ses confrères à la maladie? «Je ne suis pas un artiste qui a un produit à vendre! Je suis là avant tout pour soigner les malades!» Il affirme ne parler du sida que lorsque qu’on l’interroge à ce sujet. Et parce qu’il sent un devoir moral de le faire, consent-il.

Devoir qu’il prend au sérieux. Le docteur Thomas a établi son diagnostic: le Québec souffre d’indifférence face au sida. Heureusement, la maladie n’est pas incurable.

Encadré

Le sida chiffré

Dans le monde

  • 39,5 millions de personnes vivent présentement avec le VIH/sida dans le monde
  • 17,7 millions sont des femmes
  • 2,3 millions sont des enfants de moins de 15 ans
  • Il y avait 4,3 millions de nouveaux sidéens en 2006
  • 2,9 millions de personnes sont mortes du sida en 2006

L’ONU tire cette observation de statistiques récentes: «Les taux d’infection ont diminué dans certains pays en 2005, mais la tendance globale reflète toujours une augmentation de la transmission.»
Source: Rapport ONUSIDA/OMS, 21 novembre 2006.

Au Québec

  • En 2005, 3158 Québécois sidéens étaient répertoriés
  • Un peu plus de la moitié d’entre eux étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH)
  • 20% était des usagers de drogues injectées (UDI)
  • 77% était des hommes
  • En 2005, le Québec a recelé autant de nouveaux sidéens qu’en 2002. Par contre, le nombre de HARSAH infectés a augmenté, contrairement au nombre d’UDI infectés qui a diminué
  • 67% des cas diagnostiqués étaient à Montréal, 9% à Québec et 7% en Montérégie.
  • En 2005, le taux de mortalité associé au sida était 5 fois inférieur à celui de 1995. Les traitements plus efficaces aujourd’hui permettent de prolonger la vie des sidéens.

Source: Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec – Année 2005 (et projections 2006), ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

FUCK le sida tue !

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de la publicité «Fuck le sida tue» qui a été boudée par les médias ?

Des jeunes m’ont entendu à la radio et ont trouvé effrayant d’apprendre qu’il est difficile de parler du sida. Ils ont proposé à la Clinique ce concept de publicité et nous avons eu envie de l’utiliser. Je connaissais ceux à qui appartenait le grand espace publicitaire du boulevard Saint-Laurent [coin Sherbrooke]. Ils nous ont donné gratuitement le mur pour deux mois pour que l’on puisse mettre la publicité. La Ville de Montréal a refusé.

Pourquoi la Ville a-t-elle refusé ?

Elle a dit que c’était à cause du français. [Rires] «Fuck», ce n’est pas un mot français…C’était une raison, un prétexte. Nous avons essayé de le traduire mais ça ne s’apprêtait pas. L’objectif visé, c’était d’interpeller les jeunes qui passent sur Saint-Laurent.

Est-ce que vous vous êtes battus ?

Oui, mais il n’y avait rien à faire. On a pris des publicités dans les magazines et une page complète dans le Devoir. Ç’a a fait parler autant. C’était l’objectif.

Est-ce que vous le referiez autrement?

Autrement? Non. C’est sûr qu’on avait une publicité provocatrice. En même temps, ce n’était pas nous qui l’avions inventée. À mon âge, j’essaie toujours d’être proche du terrain mais je vieillis aussi [rires]. Puisque ça venait des jeunes, que ça parlait aux jeunes, on l’avait pris tel quel et on avait trouvé ça intéressant.

PS Une autre publicité sur le Sida commandé par la Clinique L’actuel fait jaser.

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La capitale mondiale du livre est au Québec

La capitale mondiale du livre est au Québec
Martin Ouellet, Vol 13-4

Montréal, capitale mondiale du livre!?

La ville de Montréal a été nommée capitale mondiale du livre pour l’année 2005-2006. Lorsque Raymond Viger, le directeur du magazine Reflet de Société m’a demandé mon avis sur la question, en tant qu’écrivain et journaliste, je ne connaissais même pas l’existence de ce titre! Il m’a fallu faire un peu de recherche pour comprendre de quoi il était question et partager mes découvertes avec vous… Voici ce que j’ai appris.

Le titre

Depuis 2001, une ville différente est choisie chaque année par un jury de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) en fonction de la prospérité de son industrie du livre. Le titre de capitale mondiale du livre est décerné le 23 avril, journée mondiale du livre, et est valable pour une année, c’est-à-dire jusqu’au 22 avril suivant.

La première ville à hériter de cet honneur fut Madrid en 2001. Alexandrie lui succéda en 2002, New Delhi fut choisie en 2003, suivie d’Anvers, en France, pour 2004.

Pourquoi Montréal?

Le jury a préféré Montréal à Barcelone et Turin, ses deux concurrentes pour le titre. Pourquoi? Les raisons sont multiples. D’après Jean-Louis Fortin, directeur de l’Association Nationale des Éditeurs de Livres (ANEL), Montréal a été choisi pour la richesse de son activité éditoriale et parce que le Québec serait «un des endroits les mieux organisés au monde en matière de distribution de livres». Le bilinguisme de la métropole et sa diversité culturelle ont également pesé dans la balance en sa faveur.

Des retombées positives

C’est bien beau, ce titre, diront certains, mais concrètement qu’est-ce que ça donne?

La nomination de Montréal augmentera la visibilité de notre littérature à l’étranger et renforcera davantage la présence du livre québécois sur l’échiquier mondial. L’ANEL mettra sur pied de nombreux projets pour souligner cet événement. On prévoit entre autres la conception d’un site Internet sur Montréal: capitale mondiale du livre, des activités de promotion (affiches, signets, panneaux dans le métro, etc.), l’organisation d’un forum international de l’édition, la création de deux circuits littéraires (un portant sur Montréal, l’autre sur le fleuve St-Laurent), une exposition sur l’histoire littéraire du Québec et l’ouverture de la Grande Bibliothèque Nationale du Québec en 2005.

De quoi être fier?

A-t-on raison d’être fier de ce titre? Y a-t-il de quoi se péter les bretelles? Bien sûr, il s’agit d’une nouvelle plutôt positive…

À mon avis, tout ce qui contribue à valoriser la lecture et à souligner l’importance du livre dans notre société est bienvenu. Bien sûr, d’un point de vue général, l’écriture a permis à l’humanité d’évoluer, de transmettre son savoir et de préserver les traces de son Histoire.

Personnellement, la lecture m’a aidé à traverser de nombreuses épreuves difficiles dans mon enfance et mon adolescence. Je peux dire sans exagérer que le fait de lire et d’écrire m’a permis de survivre à une enfance violentée, à la toxicomanie et à la délinquance, etc. J’ai trouvé dans les livres à la fois un refuge, une évasion, une ouverture sur le monde, le désir de communiquer. Par la lecture, j’ai fait ma propre éducation et j’ai appris à apprécier ces moments de solitude, en tête-à-tête avec soi-même. Évidemment, lire exige aussi un effort intellectuel et d’imagination. C’est une activité moins passive que de regarder la télévision en plus d’aider à améliorer la qualité du français écrit et parlé.

Par contre, il ne faudrait pas penser que parce Montréal est la capitale mondiale du livre pour une année, ça signifie que tous les dangers qui menacent la littérature sont écartés. La culture souffre de sous-financement au Québec et les lettres n’y échappent pas. Les bibliothèques publiques et scolaires font souvent plutôt pitié.

Ce n’est qu’un début

Alors, le livre est-il en santé? Il y a quelques années encore, plusieurs alarmistes prédisaient que le livre électronique (e-book) allait remplacer le livre imprimé… Pourtant, il n’en est rien. Au contraire, l’informatique et l’Internet ont engendré une multitude de livres qui expliquent comment les utiliser!

Un préjugé tenace veut que les jeunes ne lisent pas suffisamment. Encore sur ce point, je ne suis pas tout à fait d’accord. Il suffit de penser à la récente Harry Potter mania, par exemple. Ou à voir la quantité phénoménale de livres pour la jeunesse qu’on retrouve au Salon du Livre. De plus, de nombreux magazines et revues spécialisées sont destinés aux jeunes. Qu’ils lisent des romans, des magazines (comme Reflet de Société, par exemple!), des bandes dessinées, des journaux, des biographies ou quoi que ce soit d’autre m’importe peu. Ce qui compte à mes yeux, c’est qu’ils s’habituent à lire et qu’ils trouvent de quoi lire qui leur con-vienne. Il n’y a qu’à voir la quantité phénoménale de livres publiés au Québec chaque année pour se convaincre qu’il y a de tout pour tous les goûts!

Je crois que l’important, c’est de faire la promotion du livre le plus souvent possible et de toutes les façons. Le fait que Montréal soit couronnée capitale mondiale du livre est un élément positif. Ça signifie que le livre se porte bien et qu’il faut tout faire pour continuer en ce sens. C’est une question d’avenir.

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Pied-de-nez à George W. Bush. Jimmy Carter, prix Nobel de la paix?

Pied-de-nez à Georges W. Bush. Jimmy Carter, prix Nobel de la paix?

Par Mathieu Thériault du Comité Logement Bordeaux-Cartierville

À la fin d’octobre, plusieurs auront probablement été surpris de voir qu’on a remis à Jimmy Carter, ex-président américain (de 1977 à 1981), le prix Nobel de la paix. Officiellement, les responsables du prix Nobel ont déclaré qu’ils attribuaient le prix Nobel à Carter pour faire un pied-de-nez à Georges W. Bush et à son attitude belligérante face à l’Irak. Carter, en effet, est actuellement un partisan déclaré du multilatéralisme, c’est-à-dire de bombarder l’Irak avec l’accord préalable de l’ONU, plutôt que de faire ça tout seul dans son coin. Alors Jimmy Carter est-il un grand défenseur de la paix dans le monde? Rien n’est moins sûr…

Guerre sainte islamique

Contrairement à ce qu’on nous présente souvent dans les médias, le Jihad (la guerre sainte islamique) n’est pas apparu quelque part dans les années 90 sous la forme de terrorisme anti-occidental orchestré par Ben Laden. En fait, il est impossible d’avoir une idée claire du bordel actuel au Moyen-Orient sans remonter à la guerre entre l’URSS et l’Afghanistan, de 1979 à 1989. C’est effectivement en 1979 que les Russes entrent en Aghanistan pour protéger le gouvernement «pro-communiste» de Kaboul et que plusieurs pays, les USA en tête, voient enfin l’occasion de s’en prendre à la domination soviétique en se servant des Afghans. Bref, les stratèges américains veulent faire vivre à l’URSS une répétition de ce qu’eux mêmes ont vécu au Viet Nam: une guerre longue, coûteuse et démoralisante pour tout l’empire. Or, qui se trouvait à la présidence des U.S.A. en cette année fatidique de 1979? On vous le donne en mille, Jimmy Carter en personne.

Livraison clandestine d’armes

Sous les bons conseils de son conseiller en sécurité, Zbigniew Brezinski, fervent opposant au communisme, M. Carter signe les premières directives accordant de l’aide aux moujahidin, les combattants islamistes radicaux. Trois semaines plus tard, le 14 janvier 1980, les premières livraisons clandestines d’armes aux rebelles islamistes afghans sont officiellement autorisées par Carter. On dit officiellement, parce que Brezinski lui-même avoue qu’elles auraient plutôt commencé en juillet 1979, dans le but avoué de précipiter le déclenchement de la guerre.

Américains complices?

Dès lors, la table était mise pour le Jihad et les années à venir: des milliers d’armes (soviétiques), en provenance d’Israël et d’Égypte, allaient se rendre en Afghanistan par le biais des services secrets pakistanais. Plus important encore, des dizaines de milliers de combattants afghans et des mercenaires de tous les pays arabes allaient être entraînés au terrorisme, au sabotage, au complot, au trafic de drogue, à la guérilla et au contre-espionnage par la CIA et les services secrets pakistanais. Au retrait des Soviétiques en 1989, tous ces combattants, dont les futurs ta-libans, allaient continuer les massacres généralisés, les actes de terrorisme et la répression systématique des femmes, entre autres choses.

On se rappelle que Jimmy Carter a réussi à faire signer des accords de paix en 1978 entre l’Égypte et Israël. Encore là, le «grand artisan de la paix» qu’est Jimmy Carter avait bien des arrière-pensées. En effet, dès 1979, l’Égypte, Israël et les États-Unis allaient devenir parmi les plus chauds partisans du Jihad, unis par une même haine viscérale des communistes. Sadate, le président égyptien de l’époque, réarma son pays par l’achat d’une énorme quantité de matériel militaire américain (pour près de 5 milliards de dollars), dont une partie servirait ultimement aux rebelles afghans. Notons que Sadate revendit une partie de ces armes à un certain Saddam Hussein, alors en guerre contre l’Iran, le tout avec la complicité des Américains et des Britanniques.

Crise à Cuba

Jimmy Carter s’est également mérité le prix Nobel de la paix pour s’être rendu à Cuba dans la dernière année. Il s’agissait du premier président américain (en fonction ou non) à se rendre dans l’île depuis l’arrivée de Castro. À la suite de son voyage officiel, Carter a appelé à la levée des sanctions contre l’île, une idée qu’il semble pourtant n’avoir pas eue lors des quatre années où il dirigeait la Maison-Blanche. Bien au contraire, sous sa présidence, à l’été 1979, des obscures rumeurs de «brigades soviétiques» avaient déclenché une nouvelle crise à propos de Cuba qui faillit dégénérer.

En terminant, faut-il s’étonner que des hommes d’État tels que Jimmy Carter et Henry Kissinger qui ont tant fait pour répandre la guerre, la terreur et la mort dans le monde reçoivent le prix Nobel de la paix ? Peut-être pas tant que ça, surtout lorsqu’on se souvient que dans son jeune temps, Alfred Nobel a fait fortune en inventant, produisant et vendant… de la dynamite!

Source: Cia et Jihad: 1950-2001, contre l’URSS, une désastreuse alliance. John K. Cooley. Éditions Autrement, Frontières, 2002 pour la traduction..

Ben Laden, Sadam Hussein, boucs émissaires des États-Unis

Le 11 septembre

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Pour la dignité et le bien être des personnes âgée

Pour la dignité et le bien être des personnes âgées

Mario St-Pierre, Trois-Rivières

«De toutes les sciences que l’homme peut et doit savoir, la principale, c’est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible» (Tolstoï, Lettre à Romain Rolland, 1887).

Dans les années 60, on se penche sur le cas des enfants maltraités. Les années 70 laissent davantage de place aux femmes. Les années 80, quant à elles, nous apportent le respect des minorités visibles. Le 14 décembre 1990, l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies proclame le 1er octobre, Journée internationale des personnes âgées.

Pourquoi? Parce que la population vieillit. En effet, le pourcentage de personnes âgées devrait atteindre 33% de la population en 2041, selon l’Institut de la statistique du Québec. Et qui dit population vieillissante, dit apparition d’un nouveau phénomène: l’abus auprès des aînés.

Les médias traditionnels nous ont appris à reconnaître l’abus auprès des aînés lorsqu’il s’agit de mauvais traitements prenant la forme de négligence. En réalité le phénomène est beaucoup plus sournois, moins spectaculaire mais tout aussi dévastateur. L’abus peut être physique ou psychologique.

Le plus alarmant c’est que l’abuseur est souvent un proche de la personne âgée qui vit lui-même de sérieux problèmes. En fait, on peut facilement traduire cette relation comme étant la rencontre de deux grandes solitudes. Une personne âgée isolée physiquement et une personne plus jeune isolée par des problèmes d’argent, de consommation de drogue ou d’alcool ou même menacée et violentée par son conjoint.

Souvent, ni l’abusé, ni l’abuseur ne se reconnaît dans les profils généralement véhiculés. On ne se reconnaît que dans la souffrance de l’autre sans être apte à la nommer et, encore moins, à la prévenir. On nage alors en pleine détresse et seul un observateur extérieur peut intervenir, contacter des ressources et élaborer ensemble un plan d’aide.

Selon Madame Denise Proulx, coordonnatrice de la Table de concertation Abus auprès des aînés de Trois-Rivières, le problème majeur avec lequel les organismes et les aidants doivent conjuguer c’est le silence. «Lorsqu’ils sont abusés, les aînés se taisent. Ils ont peur.» Il devient alors très difficile de trouver de l’aide, des ressources. Surtout si la personne vit seule ou qu’elle est dépendante. «Les aînés ne savent pas toujours qu’il sont abusés. Pour certains c’est normal de souffrir. Ils ont peur et honte. La situation s’améliore en autant qu’on en parle et que des dénonciations sont effectuées» souligne Madame Proulx.

Des pistes de prévention doivent être mises en œuvre avant que la problématique ne s’installe. Des visites plus régulières par les membres de la famille ou par les amis peuvent aider à briser l’isolement de la personne âgée et à la rendre moins vulnérable. D’autres moyens plus techniques comme l’amélioration de la sécurité de la maison, des recours à des services d’accompagnement ou de rencontres réduisent les risques d’abus. Plusieurs ressources sont disponibles. Il ne faut surtout pas hésiter à les contacter.

Comme pour tous les autres types d’abus, c’est collectivement que nous réussirons à agir de façon directe. Les ressources se multiplient, consultez-les. Et un petit truc, que ce soit en institution ou à la maison faites une visite à vos parents à des heures qui vous sont inhabituelles. L’effet de surprise pourrait vous en apprendre long sur des problèmes qui se vivent au quotidien et en silence.

Quelques ressources:

Votre CLSC

FADOQ : Mouvement des aînés du Québec 1 800 828-3344, www.fadoq.ca

Commission des droits de la personne et droits de la jeunesse: 1 800 361-6477, www.cdpj.qc.ca

Ligne Info-Abus aux aînés : 1 888-489-2287

AQDR, Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraites, 1 877 935-1551, www.aqdr.qc.ca

La Fondation pour le bien-vieillir: 514-287-1070

Table de concertation Abus auprès des aînés de Trois-Rivières, 819-376-4150

Autres textes sur la famille:

Conflit de générations

Sexualité et aînés

Les aînés mal-aimés

Le courage d’une mère aveugle

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