Contrer le gaspillage avec le communautaire et les agriculteurs

Sécurité alimentaire

L’Escouade anti-gaspillage

Depuis le printemps 2014, l’Outaouais a son Escouade anti-gaspillage. Une armée de bénévoles prêts à sillonner les champs et les marchés pour récolter les fruits et légumes destinés au gaspillage. Rencontre avec sa coordonnatrice, Nathalie McSween.

Delphine Caubet   dossiers EnvironnementCommunautaire

Escouade-anti-gaspiAu Canada, 40% des denrées sont gaspillées. C’est 183 kg d’aliments par an et par personne d’après la Table de concertation sur la faim et le développement social de l’Outaouais (TCFDSO). L’autre réalité est que depuis 2008, la région connait une augmentation de 25% de ses besoins en urgence alimentaire.

Deux solitudes qui se rencontrent en Outaouais.

Ignorance

Lorsque le projet a débuté en 2014, l’Escouade n’avait aucun contact avec les agriculteurs. Elle savait juste que les membres de la TCFDSO étaient pris à la gorge. Les demandes augmentaient tandis que les subventions diminuaient.

Alors ils ont fait un pari: glaner les fruits et légumes dans les champs et les invendus des marchés publics. «Le problème est que les gens ne se connaissaient pas, explique Nathalie McSween. Les agriculteurs ne connaissaient pas les organismes en sécurité alimentaire, et ces derniers ne pensaient pas aux producteurs. On a fait le pari que les agriculteurs seraient prêts à donner leur surplus si des bénévoles venaient les récolter. Et ça a été le cas!» Le projet a été un vif succès.

Complicités

«En été, les agriculteurs travaillent beaucoup, explique Nathalie. Parfois jusque 14h à 16h par jour. Ils n’ont ni le temps ni l’argent de récolter des produits pour les banques alimentaires.» Alors un modèle à la carte leur est proposé: ils ne signent pas d’engagement, mais passent des appels sur une base volontaire pour que des bénévoles viennent chercher les surplus. Et ce modèle a séduit une vingtaine d’agriculteurs.

En 2014, ce n’est pas moins de 7 tonnes de fruits et légumes qui ont été glanés par l’Escouade. Menée par Nathalie McSween, mais surtout appliquée par 75 bénévoles, «des gens avec une conscience écologique».

C’était également une activité familiale qui permettait d’expliquer aux enfants l’agriculture, la nature et le fonctionnement des banques alimentaires. Un autre succès à la carte.

Redistribution

Quand l’Escouade part glaner des produits, elle appelle les banques alimentaires de la région pour les récupérer. Le reste va en ville ou à Moisson Outaouais. «Mais on a besoin de transformations», explique Nathalie McSween.

L’Escouade a déjà récolté 1 000 kg de courgettes, mais les organismes en sécurité alimentaire n’étaient pas capables d’en recevoir autant. «Et cela fait du gaspillage», ponctue la coordonnatrice. Leur projet à l’avenir est de faire une cuisine collective autonome et amicale pour les aînés. Un gros mot pour un projet complémentaire à l’Escouade.

Il s’agira d’une cuisine anti-gaspillage: les produits que les organismes ne pourront pas récupérer seront cuisinés par des bénévoles. «Les cuisines collectives sont stigmatisées comme étant pour les pauvres. Mais d’autres personnes aiment cuisiner ensemble. Ici notre cuisine anti-gaspillage sera amicale, car redistribuée à des absents. En l’occurrence pour les personnes âgées.»

À l’avenir, l’Escouade anti-gaspillage voudrait étendre ses activités aux supermarchés et restaurants pour ramasser les invendus.

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Autres textes sur Environnement

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
http://www.le-ste-cath.com
bistro@le-ste-cath.com

Pour ne pas manquer les nouveautés, inscrivez-vous à notre info-lettre sur le site http://www.le-ste-cath.com.

Merci d’inviter Le Ste-Cath parmi vos amis Facebook: Bistro le Ste-Cath.

La programmation 2015 est affichée sur le site du bistro.

Bistro le Ste-Cath

bistro est montréal restaurant où manger quoi faire salle spectacleUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com

 

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14e randonnée à velo «Libre comme l’air» d’Équiterre

Sillonner les routes de l’Outaouais à vélo pour la planète

14e randonnée à vélo «Libre comme l’air» d’Équiterre

Dossier Équiterre

Montréal, 7 mai 2009 – Pour cette 14e édition de la randonnée à vélo «Libre comme l’air» d’Équiterre, c’est en Outaouais que plus de 200 cyclistes enfourcheront leur monture, du 7 au 9 août prochain, afin d’y découvrir les plaisirs écolos, culturels et gourmands. Ils profiteront aussi de leur passage dans la région pour porter un message aux élus d’Ottawa sur l’importance pour le Canada de prendre de réels engagements en matière de changements climatiques lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat à Copenhague en décembre prochain.

Inscriptions en cours

Il reste encore quelques places pour cette activité de sensibilisation citoyenne aux plaisirs et à l’importance de l’éco-tourisme. La randonnée permet aux participants de parcourir 150 km en trois jours afin de célébrer le plaisir de rouler à vélo, ainsi que découvrir une région du Québec, ses richesses gourmandes, artisanes et culturelles tout comme ses acteurs et enjeux sociaux et environnementaux. Nouveauté cette année, les cyclistes traverseront en Ontario afin de porter un message politique à Ottawa. «Depuis quelques années, nombre de participants nous ont demandé d’inclure un volet plus militant à la randonnée, comme c’était le cas à l’origine. Le choix de visiter cette région s’est imposé de lui-même, surtout en cette année cruciale dans le dossier des changements climatiques», explique Emilie Forget, co-organisatrice de l’événement.

Plaisirs, loisirs, valeurs écologiques et solidarité

Tout est mis en œuvre afin de démontrer qu’il est possible d’allier plaisirs et loisirs aux valeurs écologiques et solidaires promues par Équiterre. La randonnée se distingue par le souci de réduire son impact environnemental: compostage, réduction des déchets à la source, repas végétariens composés entièrement d’aliments biologiques, locaux ou équitables, etc. De plus, pendant leur périple, les participants visiteront des fermes biologiques, des producteurs et artisans locaux, et assisteront à des conférences et performances d’artistes de la région en soirée. Équiterre invite les citoyens à venir encourager les cyclistes qui sillonneront les routes de leur région et à profiter de plusieurs des activités organisées.

Pour réduire son empreinte écologique au maximum, la randonnée à vélo «Libre comme l’air» sera encore cette année certifiée carboneutre. Les organisateurs compenseront les gaz à effet de serre (GES) émis lors de l’activité en acquérant des crédits de compensation auprès de Planetair, un service à but non lucratif proposé par le Centre international Unisféra.

Les personnes intéressées peuvent télécharger le formulaire d’inscription directement en ligne à l’adresse suivante : http://www.equiterre.org/transport/randonnee/

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Modèle plus

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Dominic Desmarais, juin 2007

Elle est jeune, belle et talentueuse. Elle côtoie tant les stars québécoises qu’internationales. L’animatrice de Musique Plus, Chéli Sauvé-Castonguay, mène une vie de rêve… et garde les deux pieds sur terre en étant bénévole auprès d’adolescents.

Elle a beau frayer avec les millionnaires de la chanson, Chéli Sauvé-Castonguay est d’une simplicité rafraîchissante. La bonne humeur débordante, elle sait mettre les gens à l’aise. Entre un périple à Saskatoon et des visites éclair à Québec et à Nashville, la jeune vidéojockey raconte avec plaisir ses expériences bénévoles.

Chéli est bien servie par son emploi pour rejoindre les adolescents. Dans les Maisons de Jeunes et les écoles secondaires, les ados écoutent davantage la tête d’affiche d’une station de télé à leur image. Depuis 5 ans, la jeune femme originaire d’Ottawa participe à la campagne de prévention Ma gang allumée contre le tabagisme chez les jeunes. Une implication qui semble l’emballer. «C’est bien, parce qu’on invite les jeunes à créer leur propre projet pour réduire le tabagisme. On dénigre souvent les jeunes, mais, quand tu les rencontres, tu vois la passion en eux», souligne-t-elle.

Subitement mal à l’aise, l’animatrice sent le besoin de clarifier le sens de son implication. «Je ne vois pas ça comme du bénévolat, nuance-t-elle. Je le fais dans le cadre du travail. Je ne suis pas obligée, parce que ça demande de voyager. Et la charge de travail ne diminue pas parce que tu t’impliques», explique Chéli, qui ne compte plus ses semaines de 60 heures.

Femme d’action

Elle anime également des galas et des défilés de mode pour amasser des fonds. «C’est en lien avec mon métier. Mais, c’est pour une bonne cause ou pour faire la promotion d’artistes émergents qui méritent d’être découverts.» Encore une fois, l’animatrice hésite à qualifier son implication de bénévolat. «Je me vois comme une participante», explique celle qui, de 13 à 16 ans, jouait une heure ou deux avec des enfants atteints du syndrome de Down (trisomie 21) au retour de l’école.

L’animatrice se nourrit de ces activités. «Je rencontre des artistes qui font des millions avec leurs albums. Certains ne sont pas là pour la passion de la musique, mais bien pour le glamour, raconte-t-elle. Alors, quand je rencontre des gens lors de galas ou des jeunes dans les écoles, ça me ramène sur terre», dit-elle, affichant ce sourire qui ne la quitte jamais.

Chéli croit fermement aux bienfaits de l’action bénévole. «Je le dis aux jeunes que je rencontre. La meilleure façon d’apprendre, c’est par le bénévolat.» Elle parle en connaissance de cause. Dès l’école secondaire, elle s’impliquait au sein de la télévision communautaire d’Ottawa. À l’université, elle a touché à tous les domaines du journalisme. Télé, radio et presse écrite. C’est de cette façon qu’elle a découvert sa passion pour la télé.

La gêne revient hanter Chéli. «Il y a tellement plus de choses que je pourrais faire… Je parle avec le département des communications pour qu’on aille voir les enfants à l’hôpital Sainte-Justine. On devrait faire plus pour eux. Tous les animateurs de Musique Plus pourraient participer à la marche pour le cancer du sein. Pas pour filmer, mais pour amasser des fonds.»

Diplôme d’action sociale

Pour attirer les jeunes, le Centre d’action bénévole de Québec a eu l’idée de faire reconnaître leur expérience comme bénévole. «Une entente existe entre le centre, les organismes et les grandes entreprises de la région de Québec», explique le directeur général du centre, Jean-Marie Parent. Les organismes, pour reconnaître une formation ou une expérience acquise, émettent des certificats qui sont approuvés par des entreprises de la région. «Le jeune qui obtient un de ces certificats a donc de meilleures chances d’obtenir un emploi dans le domaine dans lequel il a été reconnu.»

Jobboom pour bénévoles

Au Centre d’action bénévole de Hull, Anne Chardon met actuellement sur pied un site Internet pour les jeunes bénévoles de l’Outaouais. Le site www.jebenevole.ca offrira
— à l’image des workopolis, jobboom ou monster.ca — un espace où les organismes communautaires intéressés à recruter des jeunes pourront afficher leurs activités offertes. «Les jeunes sont à l’école de 9 h à 16 h, dit Anne Chardon, et ce sont essentiellement les heures d’ouverture des Centres d’action bénévole. Avec le site, le ser-vice sera plus accessible, car disponible en tout temps, et permettra aux jeunes de faire un choix. C’est ça qu’ils veulent.» G. A. G.

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Ensemble pour vaincre le suicide

Ensemble pour vaincre le suicide                           Dossier Suicide

Par Dominic Desmarais, Vol 14-6

En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

autres textes sur le suicide:

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Genèse des gangs de rue

Genèse des gangs de rue

Dominic Desmarais   Dossier: Gang de rue

Le phénomène des gangs de rue s’amplifie à Montréal, touchant 10% des jeunes. Apparus dans les années 1980, ces groupes partent désormais à la conquête de la province. Ils attirent des jeunes rêvant de pouvoir et de richesse.

Le visage fraîchement rasé, les cheveux coupés courts, la chemise soigneusement repassée, l’inspecteur-chef Jean Baraby, de la police de Montréal, ressemble au bon père de famille typique. Seule la présence d’une attachée de presse dans son bureau rappelle la délicatesse du sujet. Le phénomène des gangs de rue, c’est du sérieux. De sa voix chaleureuse, le policier transmet ses connaissances: «Dans les années 1980, c’était des ados. C’était des batailles en dehors des écoles, dans les parcs. Il n’y avait pas d’activités criminelles. Si je fais un parallèle, dans les années 1960–1970, les francophones se battaient contre les anglophones.»

Prévention gang de rue dans les écoles

Alain Clément est également policier. Depuis cinq ans, tous les mercredis, il se rend à l’école secondaire Henri-Bourrassa pour prévenir les élèves de secondaire I des méfaits d’adhérer aux gangs de rue. «Avant, tu pouvais trouver un gang qui volait des voitures. Ils ne faisaient pas d’argent. Ils se sont rendus compte qu’il y avait de l’argent à faire et ont dit aux plus jeunes comment faire.» Mais voilà, ces jeunes de la première génération ont vieilli, se sont endurcis. Ils ont emprunté la voie de la criminalité, offrant de nouveaux modèles pour les jeunes frères, les cousins. «Maintenant, tu peux faire carrière dans les gangs de rue. Il y a des modèles. Les plus jeunes regardent ça et se disent “wow, je peux faire comme eux!’’, explique l’inspecteur Baraby. Les jeunes se réunissaient par besoin de valorisation, par désir de constituer une famille. Les intervenants pouvaient alors combler leur besoin d’affection. Les choses ont évolué, le roi dollar a pointé le bout de son nez. «La valeur, aujourd’hui, c’est l’argent. Le jeune a tout ce qu’il veut dans la vie. Il est millionnaire. Il a les filles, la drogue. Comment dire au jeune qu’il est un mauvais modèle?», explique Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d’Haïti depuis 13 ans. L’homme en connaît un rayon. Il s’occupe d’un projet de patrouilleurs de rue composé de jeunes dont certains ont flirté avec des gangs. Ils essaient de conseiller leurs pairs dans le quartier Saint-Michel à Montréal.

M. Delva reconnaît qu’il est aujourd’hui plus difficile de ramener les membres de gangs dans le droit chemin. «Entre 1997 et 2000, des jeunes, qui ne faisaient pas nécessairement partie de gangs, se sont enrichis avec des fraudes. Ils ont encouragé nombre de jeunes ayant envie d’adhérer à un gang. Maintenant, ces jeunes ne cherchent plus une famille mais une richesse, explique M. Delva. En voyant des jeunes qui ont réussi, les gangs se sont dit qu’ils pouvaient y arriver.»

Les jeunes à risque d’adhérer à un gang de rue

Quel jeune éprouve le besoin de s’intégrer à un gang? À en croire l’inspecteur Baraby, tous les jeunes sont susceptibles d’être recrutés. Chantal Fredette, criminologue et spécialiste des gangs de rue au Centre jeunesse de Montréal, apporte des précisions. Les plus à risque viennent de familles dont l’un des membres fait déjà partie d’un gang. Une très grande majorité des jeunes qui ont déjà des problèmes y trouvent leur niche, explique la chercheure. «Le défi, c’est d’identifier, parmi les jeunes des gangs, les 10 à 20% qui vont constituer le noyau dur, qui sont très criminalisés. Un des facteurs, c’est la précocité. Celui qui fréquente tôt les gangs, par exemple à neuf ans, va être plus à risque. Le 10% du noyau dur a la perception que la vie est dangereuse, qu’il y a deux côtés: les gagnants et les perdants. Pour gagner, il faut imposer», s’exclame la jeune femme tout en gesticulant. «Pour une minorité de jeunes au Québec, en 2005, le gang de rue offre une meilleure perspective de vie que tout autre chose», constate la criminologue qui a rencontré une trentaine de ces jeunes pour rédiger un rapport sur le sujet.

Violence extrême et gang de rue

L’univers des gangs est extrêmement violent, a observé Chantal Fredette dans ses recherches. Il faut être tolérant à la violence pour supporter ce climat. Il y a un 20% des jeunes qui ont cette tolérance», note-t-elle.

Dans ses visites à la polyvalente Henri-Bourrassa, le sergent Alain Clément a senti lui aussi l’apparition de ce problème: «Depuis les 5 dernières années, je constate autant d’événements, mais ils sont de plus en plus violents.» L’accès facile aux armes expliquerait l’intensité des altercations. «C’est plus facile pour eux d’acheter une arme qu’un paquet de cigarettes», dit Harry Delva d’un ton détaché de celui qui a tout vu. Les jeunes ont les moyens de s’outiller. D’autant plus qu’ils ont un réseau de drogue, de prostitution, d’extorsion à protéger.

«Ça ressemble au temps d’Al Capone. Ce qu’on voit, ce sont des règlements de compte entre gangs pour un territoire. Maintenant, ils sont partout. Parce que les motards ont libéré certains secteurs, les gangs de rue décident d’occuper et d’agrandir leurs territoires. Quand ils se rencontrent au centre-ville, ils se tirent dessus», décrit M. Delva.  Accroupi, les coudes sur les genoux, il se relève, esquissant une mimique d’impuissance. Attirés par le gain, les gangs de rue reluquent les territoires délaissés par les motards, affaiblis à la suite de l’opération policière Printemps 2002 qui a permis de mettre derrière les barreaux plusieurs Hells Angels et Rock Machines.

Libérés de cette concurrence, les gangs s’exportent. «Ce qu’on constate, c’est que les membres de gangs s’installent en périphérie de Montréal et vont faire des activités plus éloignées comme le trafic de stupéfiants, la prostitution juvénile. On en a retrouvé en Gaspésie, au Lac St-Jean, en Outaouais et à Sherbrooke. Ils ne sont pas encore rendus à s’y installer», avoue l’inspecteur Baraby, qui rajoute du même souffle la mise sur pied d’une escouade de choc. Pour contrer cette expansion, la Police de Montréal, de Laval, la Sécurité du Québec et la GRC ont uni leurs forces.

Cette nouvelle union policière sera-t-elle suffisante pour contrer le phénomène? Probablement pas, de l’aveu de l’inspecteur. «Tant qu’il y aura l’appât du gain, il va toujours y avoir des jeunes qui vont s’y intéresser. On a pas la prétention de penser qu’on va enrayer le problème. Comme la prostitution, on travaille fort, mais on peut pas l’empêcher.» Réaliste, le coordonnateur de la Maison d’Haïti n’en pense pas moins. «C’est un phénomène qui est là pour rester, croit-il. Autour, on a la vente de drogues, la prostitution. C’est de l’argent facile. Ça fait partie de notre société. Mais on peut baisser ça, prévenir, diminuer le nombre de gens qui entourent les gangs.»

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Introduction Histoire des gangs de rue

Autres textes sur Gang de rue

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-Briser son isolement et celui d’autrui.
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