Travailleuse du sexe Connais pas

Travailleuse du sexe? Connais pas!

Trisha Baptie         Dossier Prostitution et Sexualité.

J’ai été prostituée plus de 15 ans et je n’ai jamais rencontré une seule «travailleuse du sexe». Pour moi, cette expression vient du film Pretty Woman… et des gens qui endossent et exploitent la chosification des femmes. Je connais des prostituées – j’en ai été une – et nos raisons d’être là étaient claires: la pauvreté, le racisme, l’oppression de classe, le sexisme et les violences subies dans l’enfance.

À l’époque, je vous aurais dit que la prostitution était un geste de pouvoir, de libération… Il me fallait penser ça.  Comment aurais-je pu me regarder dans le miroir autrement? Pourtant, ça m’arrachait le coeur de voir arriver chaque nouvelle fille. Et pas une prostituée ne veut voir sa fille entrer dans cette industrie mangeuse d’âme.

Je suis contre ce prétendu «travail du sexe», parce qu’il affecte non seulement les femmes qui y sont, mais toutes les femmes et notre rapport au monde. Au Canada comme partout, des femmes, presque toutes pauvres et «racisées», sont amenées à cette industrie par la coercition, la violence et la tromperie. C’est parce que je veux la liberté pour toutes les femmes que je suis contre l’industrie qui nous vend comme jouets de masturbation.

On dit souvent: «Il faut bien qu’une femme paye ses comptes.» Qu’on nous donne plutôt de l’instruction, des possibilités, de la dignité et un revenu convenable garanti! Si on collectait réellement les pensions alimentaires? Si on assurait les ressources nécessaires aux jeunes qui grandissent dans les centres d’accueil et en sortent? Il y a de meilleures façons d’aider les femmes que les baiser.

Mes amies qui sont encore dans la rue savent ce que je fais, et elles m’appuient pour que personne d’autre n’adopte cette vie. Elles travaillent à se protéger du danger immédiat. Moi, à titre de militante, je veux voir les hommes arrêtés avant qu’ils achètent des femmes.

Des viols payés

J’essaie aussi de dissiper l’illusion que cette forme de violence contre les femmes reflète leur propre choix. Je veux réorienter la conversation, comprendre pourquoi notre société trouve correct que des hommes achètent des femmes? Pourquoi donc défendre la notion que les hommes ont besoin d’un accès sexuel illimité aux corps des femmes pour y éjaculer quand bon leur semble? Si on accepte ça, la société est forcée de leur offrir en tout temps une catégorie de femmes pour satisfaire cette volonté.

Des longues recherches ont démontré que 90 % des femmes prostituées veulent en sortir et mon expérience du milieu valide ce chiffre. C’est de viols payés dont on parle. Contestons cette forme de patriarcat et de misogynie. «La plus vieille profession du monde» est en fait sa plus vieille oppression.

Propres à être violentées

«Réduction des méfaits», dites-vous? On ne peut pas rendre la prostitution «plus sécuritaire»; c’est une violence en soi, un viol où l’argent ne fait qu’apaiser la conscience des hommes. Et puis, pourquoi est-ce seulement aux femmes qu’on impose des contrôles de santé? Pour que nous soyons «propres» à être violentées par les hommes? Pourquoi ne pas les  contrôler, eux, si on veut vraiment protéger les femmes?

Pourquoi institutionnaliser ce que l’humanité a de pire? Notre culture impose aux femmes de baiser sur demande, de s’arracher les poils, de subir des chirurgies plastiques… Cela m’attriste de voir à quel point notre société force les filles et les femmes à jouer les prostituées.

Quant au soi-disant «libre choix» de se faire baiser plusieurs fois par jour par des hommes anonymes, mon expérience est toute autre. Partout où il y a prostitution, il y a trafic sexuel, crime organisé, drogues et autres activités criminelles et aucun pays n’arrive à les désenchevêtrer. Alors, pourquoi laisser une minuscule minorité de gens nous imposer leur individualisme quand nous savons que toute la société en souffrira? Que ce seront surtout les femmes pauvres et les femmes de couleur qui verront leurs droits humains bafoués afin de maintenir pour les hommes l’offre du sexe sur demande?

Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 32

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Mieux manger n’améliore pas le QI

Mieux manger n’améliore pas le Q.I.

(Agence Science-Presse) – Plusieurs psychologues croient que la croissance du quotient intellectuel (Q.I.) d’une génération à l’autre s’explique, dans les pays riches, par l’amélioration de l’alimentation. Mais cette croyance a de plus en plus de plomb dans l’aile.

L’un des principaux promoteurs de cette théorie, le Néo-Zélandais James Flynn, vient de publier une étude qui établit qu’en Grande-Bretagne, depuis 1945, la croissance du Q.I. a été plus élevée chez les enfants de familles riches, alors que ce sont les familles pauvres qui ont connu pendant cette période la plus grande amélioration nutritionnelle.

Plus étrange encore, dans ce même pays, alors que le Q.I. des enfants s’améliore, celui des adolescents stagne ou régresse d’une génération à l’autre. D’accord, les parents d’ados n’en seront pas étonnés, mais ça ne semble pas logique…

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Lutte contre le VIH en Afrique

Lutte contre le VIH en Afrique

Lisa Melia……DOSSIERS Sexualité ET MTS-Sida

«La distribution d’eau au lieu de la distribution massive de préservatifs en Afrique signifierait réduire la mortalité causée par beaucoup de maladies infectieuses et virales, y compris le Sida», écrivent quinze étudiants camerounais à Rome, dans une Lettre ouverte à Zenit. Ils entendent protester contre les critiques qui ont pris pour cible le pape après son passage en Afrique, et ses propos sur le préservatif.

Une industrie lucrative

Si la question du condom revient sans cesse, c’est parce que c’est un marché très important pour les occidentaux, affirment les auteurs. Les médias auraient ainsi volontairement déformé le message du pape, qui ne condamne pas l’usage du préservatif mais prêche pour un encadrement de la sexualité par un enseignement moral et sexuel. Cette manipulation médiatique » n’aurait pour but que de «détourner l’intérêt pour les problèmes réels de l’Afrique.»

Par ailleurs, écrivent-ils, les entreprises de fabrication de préservatifs sont implantées en Occident, et la richesse créée, aussi bien par la production que par le transport, représentent une source de revenus non négligeable, ce qui encourage à présenter le condom comme seul moyen de lutte efficace contre les maladies transmissibles sexuellement (MTS).

371275_condom__path_001Un modèle de développement occidental

«Nous disons NON à ce modèle culturel tout à fait étranger à nos valeurs et à nos traditions, qu’on veut nous imposer comme facteur déterminant pour l’amélioration de notre qualité de vie», assènent les étudiants. Ils dénoncent une «pitié hypocrite» qui conduit à ne pas traiter les vrais problèmes du continent africain. Des installations pour creuser des puits et produire de l’énergie seraient nettement plus utiles. Ce sont des facteurs de développement humain et économique qui permettraient aux Africains de subvenir à leurs besoins fondamentaux. Or, sur le plan économique, les camerounais soulignent la pratique de mesures défavorables, comme le protectionnisme agricole soutenu par l’Union Européenne, qui sont particulièrement dommageables pour l’industrie africaine.

ABC contre Sida

Une expérience menée en Ouganda, en Afrique de l’est, avec le soutien du gouvernement, a par ailleurs fait ses preuves. C’est l’ABC: A pour abstinence, B pour fidélité («be faithful» en anglais) et C comme préservatif («condom»). Dans le cadre de ce programme, l’Ouganda est le seul pays d’Afrique à avoir obtenu de bons résultats dans la lutte contre le Sida. En 1991, la fréquence d’infection de la population était de 15%. En 2001, elle est passée à 5%, faisant de l’Ouganda le champion africain de la lutte contre le VIH.

Ce sont deux chercheurs de l’Université de Cambridge qui avancent ces chiffres. Leur étude, parut en 2004 dans le magazine anglophone Science, montre que l’âge moyen du premier rapport sexuel en Ouganda est passé de 15 à 19 ans chez les garçons. La recommandation de fidélité aurait quant à elle permis de réduire de 60% la tendance d’avoir de multiples partenaires. Finalement, le préservatif est la solution de dernier recours, quand l’abstinence et la fidélité ne sont pas respectées. Or, les chercheurs prouvent que ce sont surtout les deux premiers axes du programme qui ont permis de faire reculer les chiffres du Sida.

Des solutions adaptées au problème du Sida en Afrique

Ainsi, les étudiants, dans leur lettre ouverte, tout en dénonçant le «libéralisme sexuel» que les occidentaux chercheraient à implanter en Afrique, soulignent que des solutions misant davantage sur l’éducation sexuelle et morale, associées au préservatif, permettrait davantage de réduire la portée de l’infection. Ils insistent également sur l’importance de donner à l’Afrique les moyens de son propre développement, car c’est de cette manière que les questions de santé et de pauvreté seront efficacement traitées. C’est pour eux le seul moyen de résoudre «les problèmes qui donnent à l’Afrique l’image d’un continent désespéré.»

VOS COMMENTAIRES SUR LE SIDA ET L’AFRIQUE

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apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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Un livre de vulgarisation sur l’histoire des patates

Un livre de vulgarisation sur l’histoire des patates

(Agence Science-Presse) – C’est un livre qui retrace l’histoire de la patate, mais surtout l’histoire de la pauvreté. Parce que les deux sont inextricablement liés, raconte l’anthropologue et journaliste John Reader. Des 190 espèces de patates sauvages qui poussaient dans les Andes, en Amérique du Sud, une seule a été commercialisée à travers le monde, et ce n’est pas pour rien: facile à cultiver, adaptable à bien des climats et chaque plant est prolifique. Mais elle a bien changé: trois siècles de croisements dans les champs et les laboratoires pour la rendre résistante aux maladies en ont fait «la plante la plus dépendante des produits chimiques». Un livre de vulgarisation sur la patate, qui l’eut cru? (John Reader, Propitious Esculent: The Potato in World History).

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Decroissance et developpement durable: utopie bourgeoise ou realite ecologique?

Décroissance et développement durable: utopie bourgeoise ou réalité écologique?

Robin Drevet

Le terme de décroissance est venu ces dernières années concurrencer férocement la question du développement durable.

Qu’en est il aujourd’hui ? Quels sont les enjeux de ces deux modèles économiques dit respectueux de l’environnement ? Sont ils viables dans le contexte actuel d’extrême pauvreté de certains pays ?

Pour répondre à toutes ces questions, il est nécessaire de s’interroger sur la définition même et l’origine de ces concepts.

Un développement durable insoutenable ?

Le développement durable est la première fois énoncée par la ministre de l’environnement norvégienne Gro Harlem Bruntland en 1987 dans un rapport qui porte son nom.

Ce rapport définit alors que le développement durable est «un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» Évidemment cela reste vague bien que ce principe est devenu le filin conducteur des politiques environnementales mais aussi économiques adoptées par diverses instances internationales ou nationales durant la dernière décennie.

La directive la plus connue est le protocole de Kyoto ratifié par 172 pays à l’exception notable des États-Unis (bien que nous pouvons espérer un changement de cap de la nouvelle administration Obama). Ce sommet a permis d’engager des mesures concrètes en ce qui concerne la baisse d’émission des gaz à effet de serre obligeant les pays signataires à diminuer ces émissions.

Mais ce protocole est plein de défauts venant autant du système qui l’a instauré que ceux qui tentent de l’appliquer. Lorsque l’on évoque le système, on pense au capitalisme et en particulier à la mondialisation et au libre-échange. En effet Kyoto permet à chaque pays de disposer d’un permis de polluer basé sur sa population et sa part de production dans le commerce mondial, mais là où se pose un problème, c’est la possibilité de revendre ou d’acheter ces dits permis entrainant un commerce de la pollution réduisant à néant les limites imposées. À cela s’ajoute le fait que l’on demande le même effort à un pays occidental développé type Union Européenne, qu’à un pays en voie de développement type pays d’Afrique Noire. Seulement leurs capacités sont bien différentes, l’un vit tandis que l’autre survit, l’un se soucie de son avenir pendant que l’autre affronte le présent.

Pour le moment le développement durable et parfois dit soutenable ne l’est pas pour tous, car ce concept fut créé sans concertation et sans tenir compte des réalités de la planète, et l’on ne peut pas nous demander de faire passer la planète de manière prioritaire tant que tous les hommes ne sont pas capable de subvenir à leurs besoins essentiels (nourriture, eau, logement, soin, alphabétisation…).

La décroissance, faut il faire passer la planète avant l’être humain?

Dans une perspective bien différente et avec des moyens autres, la théorie de la décroissance prend de plus en plus de place dans le débat public.

À la base, cette théorie économique est développée par Nicholas Georgescu-Roegen, homme politique roumain et universitaire. La base est une contestation de l’idée que la croissance économique pourrait être durable en raison de la raréfaction des ressources naturelles, et des dommages sur le climat et l’écosystème.

Cette théorie a surtout été reprise par des mouvements proches de l’extrême-gauche ou par des organismes comme Attac. Se dire de la décroissance revient à se battre contre le système lui-même puisque nous évoluons dans une société productiviste qui vise toujours un meilleur rendement au moindre coût.

Les théories économiques restent souvent à l’état abstrait avec une forte difficulté de démonstration mais si l’on y regarde de plus près toutes les conditions pour arriver à une décroissance sont réunies, épuisement du pétrole mais aussi du gaz, du charbon, du cuivre, du nickel ou du cobalt. Or sans ces ressources, les principales industries mondiales (automobiles, acier, construction…) sont vouées à produire moins s’ils s’adaptent ou à disparaître s’ils restent sur la même lignée de production.

Malheureusement, encore une fois, les partisans de cette perspective économique oublient que tous les êtres humains ne peuvent pas ralentir leur production, que nous vivons dans un monde où la croissance est le leitmotiv de toute économie qu’elle soit capitaliste ou socialiste, et bien que certains pays, comme le Brésil, sont parvenus à diversifier leur production dans un but de préservation des ressources (la production d’éthanol par exemple), de nombreux pays d’Afrique ne disposent ni du climat, ni de la formation adéquate pour se lancer dans de telles diversifications.

La décroissance est une belle utopie, qui si on veut qu’elle fonctionne, doit être faite de façon globale et donc que les pays dits riches soient en mesure de supporter leur propre baisse de production et celles de leur voisin moins développé. Et je crois que tout le monde peut s’accorder à dire que l’altruisme n’est pas la ligne directrice des pays développés.

La crise économique est liée d’une certaine façon à la crise écologique et la réponse qui doit être donnée ne peut être que globale, et non pas localisée. C’est l’occasion de refonder un système qui pour le moment ne favorise ni l’Homme, ni la planète. La réunion du G20 à Londres n’a finalement été qu’une mascarade où l’on a joué le jeu du politiquement correct avec la liste dévoilée des paradis fiscaux, ou les aides données au Fonds Monétaire Internationales qui continuera d’appliquer des politiques d’ajustement typiquement occidentales dans des pays qui ne le sont pas.

Vos commentaires sur ce texte

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Pour qui le crime paie-t-il?

Pour qui le crime paie-t-il?
Raymond Viger, Volume 16, no. 3, Février-mars 2008

J’ai rencontré nombre de personnes qui ont eu des activités illicites. Toutes sortes de magouilles pour faire de l’argent. Des plus petites aux plus grosses.

La très grande majorité de ces personnes sont encore plus pauvres qu’avant. Surprenant. Pourtant, il y a du gros argent qui se brasse dans les différentes mafias et groupes criminalisés. Mais où va tout cet argent?

L’argent mal acquis se centralise autour de quelques individus. Ceux qui contrôlent, ceux qui prennent les décisions. Les petits qui tournent autour et qui pensent devenir riches, généralement, restent pauvres et petits.

Il y a beaucoup de promesses dans le monde criminel. “Fais-le et on va t’arranger ça”. “Fais-nous confiance…” “Là, on est un peu serré financièrement, mais laisse-nous arranger nos finances et on te paye après…”. En réalité ce ne sont que des discours vides. Les criminels sont de grands vendeurs de rêves. Et comme beaucoup de vendeurs, ils sont de vrais menteurs. C’est comme ça qu’ils montent leur fortune.

Pour chaque criminel qui monte en grade et qui fait de l’argent, combien de losers vont demeurer en reste? Les très rares qui ont fait un peu d’argent sont ceux qui ont su s’organiser sans compter sur le crime organisé. Parce que le crime organisé ne sert qu’à organiser leur crime et leur fortune.

Pour le crime organisé et les différentes mafias, tu n’es que de la chair à canon. On t’envoie faire les mauvais coups, on se sert de ton crédit, on te fait travailler gratuitement en te promettant des faveurs qui ne viendront jamais. Ils t’entretiennent dans la misère, sous le seuil de la pauvreté.

Pour être efficace, les dirigeants du crime organisé doivent te contrôler, assurer ta dépendance. Plus tu dépends d’eux, plus tu vas faire des conneries pour eux. Au début, pour espérer faire de l’argent, ensuite, juste pour survivre.

J’ai vu des gars faire de l’argent. Ils se sont fait voler. Bizarre. Qui savait qu’ils transportaient de la drogue ou de l’argent? Pas des groupes ennemis. Trop souvent, les coupables sont ceux que tu appelles tes amis, ta gang. Quand tu ouvres les yeux et que tu finis par comprendre, tu as un dossier criminel, tu dois de l’argent à tout le monde, plus personne ne te fait confiance.

Et ne dis surtout pas que tu n’as pas été chanceux. Tu as choisi le crime. Et le crime est bien plus fort et plus gros que tu ne peux te l’imaginer. Tu te pensais plus intelligent que le crime organisé. Ils sont bien plus organisés que tu ne peux le penser.

Quand il te font attendre parce qu’ils te disent qu’ils doivent finaliser des transactions, dis-toi qu’ils ont décidé de ne pas te payer. Ils vont te faire attendre jusqu’à ce que tu ne sois plus capable d’attendre. Et après, tu fais quoi? Tu vas voir la police pour réclamer ton dû? Tu te retrouves seul dans ton coin et tu essayes de comprendre ce qui s’est passé.

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

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La masse de l’itinérance

La masse de l’itinérance
Paru le 24 novembre 2007

Jeudi soir. Place Émilie-Gamelin, Montréal. Une masse d’itinérants se vautre autour d’un feu de poubelle. Certains tiennent une bière dans leur main. On sent les odeurs de joints dans l’atmosphère froide de la première vraie neige de l’hiver. Rien pour changer les idées que ce font les gens des itinérants.

Tous ces itinérants sont là pour l’État d’urgence, de l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA). Chaque année, l’organisme activiste qui s’attaque à l’environnement, la pauvreté et l’ignorance politique tient cette événement où des chapiteaux servent de refuge, de cafétéria, et de lieux d’expression artistique. Le tout gratuitement. Rien de moins.

Mais la réalité me saute en pleine face avant même d’arriver sur les lieux de l’événement. Une jeune punk quête dans le métro. Un passant lui lance de se trouver un travail. «C’est ce que je fais, travailler» lance-t-elle en réponse. L’homme poursuit sa marche tout en continuant d’argumenter avec l’itinérante, sans vraiment faire attention à ce qu’elle lui répond. Les deux veulent tenir leur bout, et n’en arrivent à rien. L’homme, avec qui je monte les escaliers roulants, me lance que les itinérants ont déjà des endroits pour se nourrir gratuitement, et qu’ils ne quêtent que pour s’acheter de la drogue.

En sortant de la station Berri-UQAM, la réalité me poursuit. Un itinérant à qui j’ai refilé deux cigarettes la veille est là, et n’a pas l’air dans son assiette. Je lui jase ça un peu : «Qu’est-ce que ça symbolise pour toi l’État d’urgence?» Somme toute, c’est selon lui une bonne idée, et surtout un bon endroit pour les tiens pour le temps que ça dure… Lui ne dormira pas là, et n’a même pas profité de la nourriture gratuite sur place. Il n’avait pas faim, il s’est réveillé avec une migraine qui l’a poursuivi toute la journée.

Je rentre sur les lieux de l’événement. Un autre itinérant vient me quêter une cigarette. Bonne occasion pour ouvrir la conversation. Il m’explique qu’il a un travail, mais qu’il consomme. Il sait qu’avec son travail, il pourrait se trouver un appartement. Mais avec les centres d’hébergement et les roulottes de distribution de nourriture, ça lui permet de garder son argent pour sa consommation… Ça porte un peu à réflexion ça, non? Et encore une fois, rien pour apaiser les préjugés…

Il me raconte qu’une fois, à une roulotte de distribution de repas, un itinérant plein de pisse et de merde s’est fait retourner de bord, vu son odeur dérangeante et son état mental peu normal. «Il va où ce gars-là une fois qu’il s’est fait retourner de bord partout. C’est supposé être pour les gens comme lui ces endroits-là» de s’exprimer mon nouvel ami itinérant.

Somme toute, après avoir jasé avec quelques uns d’entre eux, on se rend compte que ces gens ne sont pas si différents. Du moins, ils ne sont pas «les autres». Ça, c’est la perception qu’on a. Mais ces gens de la rue, ils ont une opinion, ils savent parler, être sympathiques, se faire des amis, faire la fête, prendre soin d’un chien, travailler, avoir des migraines, et sourire aussi. Oui, j’en ai vu des sourires.

Gabriel.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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Violence à l’école : Stress et formation des enseignants

Violence à l’école : Stress et formation des enseignants

Égide Royer

À ne pas savoir où l’on va, on risque d’arriver ailleurs

À la fin d’un séminaire de formation que je donnais sur l’intervention auprès des jeunes qui manifestent des conduites agressives à l’école, une enseignante au seuil de la retraite a formulé le commentaire suivant: « Mon Dieu, si j’avais su! » Les manifestations de violence à l’école n’ont cessé d’augmenter depuis une vingtaine d’années. Néanmoins, je constate que les enseignants ont reçu peu de formation pour faire efficacement œuvre d’éducation auprès des jeunes qui manifestent des conduites agressives.

Les connaissances actuelles sur le sujet indiquent pourtant clairement que certaines interventions sont plus efficaces que d’autres pour prévenir la violence scolaire et composer avec celle-ci. Toutefois, les milieux scolaires ont peu intégré ces savoirs. Lorsque la tolérance zéro, les détecteurs de métaux, la suspension, l’expulsion définitive de l’école et autres approches basées sur la sécurité et la répression sont les seules interventions proposées, il y a de quoi se poser des questions. Dans quelle mesure la formation initiale et la formation en cours d’emploi des enseignants et des autres agents d’éducation leur permettent-elles de faire œuvre d’éducation auprès des jeunes agressifs ou en difficulté de comportement?

Croyances et éducation

Plusieurs réformes et autres politiques mises en œuvre par les gouvernements et les organismes scolaires sont basées davantage sur des croyances et des idéologies que sur des évidences empiriques. Il en est souvent ainsi des pratiques des enseignants, des directeurs d’école et des professionnels lorsqu’ils interviennent pour prévenir la violence à l’école et composer avec celle-ci.

L’explication des problèmes de comportement d’un élève, de ses échecs scolaires ou de ses conduites agressives est fréquemment attribuée à certaines de ses caractéristiques (pauvreté, fonctionnement familial). On remet rarement en question la qualité des services offerts par l’école et encore moins la pertinence de l’utilisation de certaines approches disciplinaires, et ce, même lorsque des données empiriques indiquent leur futilité et quelquefois leurs effets négatifs.

Les enseignants quittent l’université sans même posséder les balises essentielles pour les guider lorsqu’ils doivent faire face aux premières manifestations agressives d’élèves de leur classe ou de leur école. Dépourvus de modèles, ils se retrouvent souvent ailleurs: bien loin de l’objectif visé par leurs interventions. Cet ailleurs peut mener l’élève à l’escalade verbale, à la menace, à l’agression physique, aux crises de colère, à l’intimidation, à la suspension et, éventuellement, à l’expulsion de l’école. Il a donc un impact très négatif sur le jeune, ses apprentissages et son insertion sociale (le taux d’échec scolaire des jeunes en difficulté de comportement dépasse 80%). Cette situation explique en grande partie le stress grandissant associé au métier d’éducateur.

Stress et enseignement

Le stress est devenu une réalité incontournable du métier d’enseignant, tout particulièrement chez ceux qui travaillent avec des jeunes qui manifestent des conduites agressives. Les carences de la formation reçue à l’université sur cette question ne font qu’amplifier la pression ressentie.

J’ai eu l’occasion d’intervenir, en formation continue, auprès de plusieurs milliers d’enseignants ces 20 dernières années. L’évaluation qu’ils font de leur formation initiale ou en cours d’emploi est assez troublante. Les enseignants se plaignent constamment de la non-pertinence des cours qu’ils ont suivis à l’université pour ce qui est de les aider à prévenir les conduites agressives des jeunes ou à composer avec celles-ci. Ils considèrent leur formation universitaire comme inadéquate.

Ils se disent très mal préparés pour gérer les comportements difficiles en classe, ce qui les conduit souvent à adopter une approche autoritaire qui ne fait qu’amplifier ces comportements perturbateurs et créer des situations d’escalade. La formation reçue pour travailler en collaboration avec les parents est également anémique. Le personnel scolaire les considère très souvent comme la cause des problèmes de comportement du jeune et tend à vouloir punir tant la famille que ce dernier.

La qualité de la formation

Il est maintenant urgent que les enseignants puissent enfin développer, dans les facultés d’éducation, leurs connaissances et leurs habiletés pour être en mesure de prévenir les conduites agressives et les manifestations de violence à l’école et de composer avec celles-ci. Les familles ont changé, les jeunes ont changé et les écoles ont changé. Il est grand temps que la formation que nous offrons à nos enseignants leur permette de s’adapter, en tant qu’éducateurs, à cette nouvelle réalité.

L’école a un rôle très important à jouer en matière de socialisation des jeunes et de prévention de la violence. La réalisation de cette mission passe par l’amélioration de la formation initiale et de la formation continue des enseignants quant aux interventions efficaces pour prévenir les conduites agressives des jeunes et composer avec celles-ci. Cette formation est d’abord nécessaire pour améliorer la réussite scolaire et l’insertion sociale de ces élèves. Elle est également indispensable pour améliorer la qualité de vie des enseignants, des parents, mais aussi des autres élèves de la classe.

Lien: www.preventionviolence.ca

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Nathalie Bondil

Nathalie Bondil

Ces entrevues sont tirées de Debrouill’Art, numéro hors-série du magazine Les Débrouillards.

Propos recueillis par Julie Parent

Q. : Pourquoi plusieurs artistes, comme le peintre Van Gogh, ont vécu très pauvrement toute leur vie alors que leurs œuvres valent aujourd’hui très cher ?

R. : Les tableaux du Hollandais Vincent Van Gogh étaient très avant-gardistes, peut-être trop pour son temps. Par exemple, il utilisait des couleurs qui nous apparaissent aujourd’hui très fortes, très vives. À son époque, on trouvait que c’était des couleurs criardes, dérangeantes, violentes. Van Gogh avait aussi une façon de peindre très personnelle, avec beaucoup de caractère. Mais c’était perçu comme une manière de peindre complètement folle. Les gens n’étaient pas prêts pour cela.Il faut laisser le temps passer avant de comprendre les œuvres des artistes. Ce sont des visionnaires. Ils ne voient pas ce qu’il y a maintenant, mais ce qu’il va y avoir plus tard. C’est comme s’ils avaient une boule de cristal. Et parfois, comme dans le cas de Van Gogh, c’est dérangeant.

Il y a aussi le fait que Van Gogh est mort très tôt ; il s’est suicidé à 37 ans. S’il avait vécu plus longtemps, il aurait peut-être été compris de son vivant, comme le peintre Claude Monet. Ce grand peintre impressionniste a fait scandale au début de sa carrière avec son tableau Impression, soleil levant (1872). Mais quand il mourut, à l’âge de 86 ans, c’était un peintre reconnu.
Nathalie Bondil a la chance de connaître toutes les œuvres du Musée des beaux-arts de Montréal. En tant que conservatrice en chef, c’est elle qui supervise l’acquisition des œuvres, leur installation dans les salles d’exposition et leur restauration quand elles sont altérées. Bref, elle est le cœur du musée !

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