Le sexe et les jeunes

Le sexe et les jeunes

Dossier Sexualité, Hypersexualisation

 La Presse Canadienne nous informe que le ministère de l’Éducation laisse tomber les cours d’éducation sexuelle dans les écoles secondaires. Ce sera maintenant la responsabilité de l’ensemble des enseignants de parler de sexe à leurs étudiants. Si le ministre de l’Éducation y croit… moi je n’y crois vraiment pas.

La majorité des enseignants ne voudront pas s’aventurer sur le terrain de la sexualité avec les jeunes. D’une part, ils ont des objectifs à atteindre dans leur matière (Français, mathématiques et autres). Déjà on considère que nos jeunes n’ont pas assez de connaissance dans certaines matières, je vois mal comment un professeur de français va faire pour arrêter son cours et parler sexe avec ses jeunes.

D’autre part, ces enseignants ont-ils la formation et la compétence pour parler de sexe avec des étudiants? C’est pas parce que je trippe sur les formules d’algèbre et que je trippe à enseigner la géométrie que je trippe nécessairement à parler sexe avec mes jeunes.

Il y a aussi un inconfort important qu’il ne faut pas négliger. Avec la peur d’être accusé de pédophilie, la majorité des hommes qui enseignent aux jeunes ne veulent tout simplement pas aborder un sujet comme la sexualité avec les jeunes. Il y a plus de 3 ans, nous avions déjà fait un reportage sur cette problématique.

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/09/hypersexualisation-le-quebec-abandonne-t-il-ses-enfants/

le Ministère a déjà abandonné le cours de Formation personnelle et sociale (FPS), cours dans lequel on pouvait inculquer des connaissances générales et humaines aux jeunes, une philosophie de vie.

Les jeunes n’arrêteront pas de se questionner sur la sexualité et de vouloir en parler. En tant que société si nous ne prenons pas nos responsabilité, qui va le faire? Internet, un chef de gang, un pimp…?

Hypersexualisation: le Québec abandonne-t-il ses enfants?

Le sexe banalisé?

Danse érotique, danse poteau et sexe récréatif

Hypersexualité; la mode des jeunes

Hypersexualité vue par de jeunes écoliers

Jeune, sexe et alcool

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Sexe, drogue et école

Sexe, drogue et école

Raymond Viger Dossier Médias et publication

Sous la plume de Pierre St-Arnaud, nous pouvions lire dans le Journal de Montréal du 27 novembre dernier que Médecins du monde va donner un cours d’éducation sexuelle et une sensibilisation à la réalité du VIH-Sida à une dizaine d’écoles de Montréal.

En 2005, la réforme de l’éducation fait sauter les cours de Formation Professionnelle et sociale (FPS) ou l’on parlait, non seulement de sexualité, mais aussi de la consommation de drogue. Les taux d’infection des maladies transmises sexuellement (MTS) est en hausse chez les jeunes. C’est ce qui a motivé Médecins du monde à revenir à la charge avec les cours de sexualité dans certaines écoles de Montréal.

On parle ici d’un cours de 2 heures. Cela est peut-être suffisant pour que des jeunes reçoivent l’information de base. Mais est-ce suffisamment? Est-ce que des cours sur la sexualité se limitent aux connaissances reliées au Sida et aux MTS? En tant que travailleur de rue, les 2 sujets que je devais discuter le plus souvent avec les jeunes que je croisais étaient la sexualité et la spiritualité. Ce sont les sujets que les jeunes avaient besoin de parler, de discuter, de partager entre eux et avec des adultes. Que reste-t-il dans les écoles pour nourrir la réflexion de nos jeunes?

Toutes les réformes scolaires que j’ai vues passer semblent oublier l’essentiel. Le besoin des jeunes de s’exprimer et de mieux comprendre la société dans laquelle ils évoluent. Ces instants de réflexion et de débats forment la jeunesse. C’est une gymnastique intellectuelle qui permet d’éviter l’obésité mentale.

Qui doit faire cette réflexion avec les jeunes? Un travailleur de rue lorsque le jeune a décroché, le chef de gang, le pimp du coin… Et si c’était votre enfant qui avait besoin de forger sa réflexion, avec quelles sortes d’adultes voulez-vous qu’il s’initie?

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Légalisation de la prostitution

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de la prostitution

Dossier MTS-SidaProstitution et Sexualité

Raymond Viger

Des jeunes de l’école secondaire de La Magdeleine à Laprairie nous ont fait parvenir leurs positions. 70% sont contre la légalisation et 30% sont pour. Ces pourcentages demeurent les même parmi les 64 filles et les 19 garçons qui nous ont écrit.

Légaliser la prostitution fera en sorte que l’image de la femme reste encore celle d’un objet sexuel. Cela ne va provoquer qu’une hausse de la demande comme la «saucisse Hygrade». La légalisation de la prostitution n’apportera rien de bon aux prostituées et ne signifiera que «l’exploitation de l’un par le plaisir de l’autre». Isabelle Grenier

Le plus scandaleux pour moi, c’est que ces femmes risquent de passer des années derrière les barreaux tandis que les hommes, à qui elles ont offert leurs services, ne payent qu’une petite amende! Tania Raymond

Il faut arrêter de réprimer les prostituées de rue qui font simplement partie de la chaîne des diverses formes de prostitution. Sellina-Anne

En tant que société, nous avons le devoir de subvenir à leur sécurité psychologique, physique et sociale. Justine Lajoie

Avant de légaliser la prostitution, nous ferions mieux d’établir des programmes pour aider les prostituées qui veulent s’en sortir. Amélie Lévesque Rousselle et Alexandre Vincart-Emard

La sollicitation est illégale, alors pourquoi laisser des annonces dans nos magazines? C’est de la sollicitation et pourtant, personne n’est puni. Claude Côté Dupuis

Pourquoi légaliser un métier où les pratiquants ne demandent qu’à s’en sortir? Stephany

Elle ne vend pas son corps, mais des services sexuels. Les prostituées sont parfois les seules voies d’accès au plaisir physique, notamment aux personnes invalides ou handicapées. Amanda Mesbah

Il est sûr que les groupes criminels seront les principaux administrateurs de ces bordels. Si nous légalisons la prostitution et que les groupes criminels s’en occupaient, nous ne pourrions plus dire que c’est légal. Nous croyons qu’il est temps de ne plus poser la question. Il est temps que nos politiciens mettent leurs culottes et prennent la meilleure décision possible pour que la société soit en meilleures conditions. Simon G. Lamarre et Guillaume Leclerc

Si les prostituées devenaient des travailleuses autonomes, elles obtiendraient certainement des avantages et auraient à payer des impôts. Mais sommes-nous naïfs au point de croire qu’il serait possible de gérer le domaine? D’un autre côté, légaliser, c’est non seulement montrer aux organisations criminalisées que nous ne pouvons rien contre elles, mais aussi leur offrir une plus grande liberté d’action. Charles Lapointe

Ce qu’il faut changer, ce n’est pas la réglementation, mais la mentalité des gens. Alexandre Raymond-Beaulieu

Je n’ai pas envie d’élever mes enfants dans un monde où la prostitution est omniprésente. Je ne me vois pas en train d’expliquer à mes enfants pourquoi, dans le journal, il y a des femmes presque nues qui disent être des vraies cochonnes au lit! Virginie Godin

Il est vrai que la pornographie et la prostitution ont connu un essor incroyable durant les dernières années. Il est rendu impossible de naviguer sur Internet sans se faire harceler par l’une de ces satanées publicités! Tenez-vous vraiment à montrer aux prochaines générations à quel point il est dégradant d’être une femme? C’est l’effet que laissera paraître la légalisation de la prostitution sur la société de demain. Édith Plamondon

Les abus persisteront même si la prostitution est légalisée. Si le client profite de la prostituée, elle ne va pas nécessairement aller le dénoncer. Même de simples citoyennes n’y vont pas! Natacha Binette et Vanessa Costa

En légalisant les danses à dix, les groupes criminels ne se sont pas éloignés des bars. Pourquoi il n’en serait pas de même avec la prostitution? Keven et Anthony

Ce métier est en fait une forme de discrimination pour les femmes puisque celui-ci est basé sur son apparence et non sur son expérience. Élisabeth Lefort et Mélanie Leduc

La prostituée qui se promène sur la rue n’est pas plus illégale que le gérant d’une agence qui fait de la publicité. Serait-ce qu’une prostituée, à moitié nue, à moitié consciente, à moitié refaite, qui se promène sur le trottoir est plus choquante qu’une petite annonce? L’image est drôlement plus dramatique pour la «coureuse des rues». Gabrielle Godin

Nous entendons parler d’histoires d’horreurs. Même si ces jeunes femmes vendent leur corps, elles sont quand même des êtres humains. Il y a des prostituées qui se font violer, qui se font battre et gardent le silence parce que leur gagne-pain est illégal. Elles ont autant le droit à la justice que quiconque. Dans certains emplois, nous devons obligatoirement porter des caps d’acier. Les clients devraient porter le condom. Mériam Duchesne

La prostitution fera toujours partie de notre société. Alors, pourquoi ne pas apprendre à vivre avec? Je ne suis pas nécessairement pour la légalisation de la prostitution. Je crois que nous devrions les aider plutôt que de leur étamper dans le front «criminel ayant aucun droit». Catherine Perrault

La légalisation de la prostitution serait un cadeau aux proxénètes et à l’industrie du sexe. En légalisant, la loi leur permettra de continuer leurs crimes. Amine Soulhi

Sous prétexte que cela serait légal, le gouvernement permettrait d’utiliser la femme comme un objet. La légalisation de la prostitution serait un affront à toutes les femmes qui se sont battues pour l’égalité. Stéphanie Bannon et Sandy Lebeau

Qu’elle soit permise ou non, cela ne changerait rien à la situation. Que la fille soit dans un bordel ou dans la rue, le client est «roi» et il a tous les droits sur elle. Karine Albert et Geneviève Boissonneault

Imaginez votre enfant qui vous annonce qu’il a trouvé la formation qu’il désire suivre: Prostitution. Pensez à ce qu’il apprendrait dans son cours. Certains disent que c’est un métier comme un autre. Vendre son corps ou vendre des voitures, c’est complètement différent. Marie-Pier Lavallée et Bénédicte Millien

La prostitution n’est pas un travail comme un autre, mais principalement une conséquence des inégalités sociales dont les femmes et les enfants sont les premières victimes. Leur situation ne s’est améliorée dans aucun pays qui a libéralisé les lois sur la prostitution. Vendre son corps est une exploitation des plus pauvres qui porte atteinte à leur dignité. Cela n’a rien à voir avec la liberté sexuelle.

En légalisant la commercialisation du sexe, le proxénétisme devient vertueux. Trop de femmes subissent les pressions et les violences de leurs proxénètes. Aimeraient-elles que leur condition de femmes bafouées soit reconnue et légalisée? Jessica Pelletier et Vanessa Lopez-Robert

Les filles ayant déjà des maladies et des problèmes de drogues ou d’alcool ne seront pas engagées dans les bordels légaux. Elles vont continuer à se faire de l’argent comme elles l’ont toujours fait, en se prostituant dans la rue. Mélissa Tremblay et Marie-Claude Gendron

La meilleure solution serait de dépénaliser les prostituées, mais pas les proxénètes. Ces derniers devraient se retrouver derrière les barreaux. Les jeunes, quant à eux, devraient être pris en charge sans être punis. Aucun mineur n’aurait voulu se prostituer de plein gré. Légaliser entraînerait une augmentation du trafic au noir. L’organisation pour les droits des enfants estime que dans un pays où le proxénétisme a été légalisé, le nombre de mineur vendant leur corps est passé de 4 000 à 15 000 en à peine cinq années. Pourquoi ne pas essayer de trouver un moyen qui ne soit ni tout blanc, ni tout noir? Catherine

J’ai de la difficulté à m’impliquer dans ce débat car j’ai plusieurs arguments pour et contre. Il devrait y avoir un juste milieu. Nous pouvons aider les prostituées à s’en sortir, mais pas en changeant la loi. Geneviève Ladouceur

Ce dont une prostituée a besoin, ce n’est pas d’être forcée à être aidée, mais de savoir qu’elle a droit à de l’aide si elle désire en recevoir. De toute façon, on ne peut pas aider une personne qui ne veut pas de notre aide. Marie-Christine Boucher

Légaliser la prostitution serait une grosse erreur. Elle nous entraînerait dans un cercle vicieux où il nous serait désormais impossible de nous en sortir. Jessie Tremblay Brosseau

La police n’a ni les moyens, ni le personnel suffisant pour enquêter dans les bordels afin de poursuivre les dirigeants illégaux. Prenez la loi des cigarettes dont la vente est interdite aux mineurs. Malgré les efforts faits pour empêcher les jeunes de fumer, combien le font malgré tout? Il y aura toujours de la fraude.

Un article de Janice G. Raymond de l’Université du Massachusett mentionne que la Coalition contre le trafic des femmes (CATW) a mené une étude révélant que 80% des victimes affirment avoir subi des violences physiques de la part des proxénètes et des clients avec des conséquences sur leur santé. La protection des femmes contre les abus est secondaire voire sans importance. Karine et Andréa

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Trois prostituées nous parlent

Trois prostituées nous parlent

Dossier Prostitution et Sexualité

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Claudette

Quand une fille a été abusée durant son enfance, le pimp n’a pas grand-chose à faire pour que la fille fasse de la prostitution. Moi, c’est le père de mes enfants qui me disait avec qui il fallait que j’aille. J’avais 16 ans. On faisait partie du milieu des motards.

J’ai consommé de tout. J’ai fait désintox sur désintox. J’ai eu beaucoup de rechutes. La dernière fois que je suis retournée sur la rue c’est parce que j’avais reconsommé.

Y’a des commerces où les filles achètent. On habite ce quartier, on est leurs clientes. Les propriétaires de logements acceptent le cash de la piaule mais ne veulent pas de la fille qui est devant le logement! Pourtant c’est lié.

Prendre une tasse de café, entre 5h et 8h le soir, quand il fait froid, j’aurais bien aimé ça. Il faudrait une place avec des intervenants, du café, un peu de grignotage, juste pour les femmes qui font la prostitution. Tu peux rester au calme, au chaud. Tu peux parler avec les intervenants. Ils te réfèrent à des thérapies.

Ce qu’il faudrait c’est apprendre au monde à respecter son corps, ses sentiments. Mes parents m’ont rien appris de ça, bien au contraire. J’ai maintenant 35 ans et j’ai appris par moi-même à m’en sortir. Dans les écoles ça serait la meilleure place pour parler des conséquences aux jeunes.

Cindy

Mes parents, ma famille sont tout ce qu’il y a de plus normaux. C’est moi qui ne me sentais pas aimé, pas à ma place, différente. J’avais toujours besoin de l’avis des autres. J’ai été gâtée, peut-être trop. J’étais une solitaire. Toujours le même coin de rue, dans des rues différentes à des périodes différentes. J’allais chez nous avec le client et je ne me mêlais pas aux autres prostituées.

Je me suis prostituée pour consommer. Je vivais avec un drogué alcoolique. Il s’est suicidé. J’ai dû me débrouiller toute seule pour me procurer ma drogue. La prostitution ce n’est pas un choix, c’est pour la drogue que j’en ai fait. Sinon, jamais je n’aurai fait la rue pour payer un compte. Dans la prostitution, y’a rien de bon.

Quand j’avais besoin de ma drogue, j’avais pas peur du client. J’avais des craintes mais j’avais besoin de son argent. Le plus dur sur la rue, c’est le regard des enfants. Ça nous fait mal. On se débrouille pour être sur la rue quand ils n’y sont pas. Les résidents eux, nous insultent.

Pour se faire aider et que ça marche, il faut être prête. Il faut apprendre à se connaître. Moi, j’avais besoin de douceur, de tendresse. Toutes les thérapies que j’ai faites ne m’ont servi à rien tant que je n’étais pas prête. Aujourd’hui, j’y crois. Ceux qui m’entourent, y croient aussi. J’ai maintenant 40 ans et je suis heureuse de m’en être sortie.

Chantale

J’étais en centre d’accueil. J’en suis partie mais je ne savais pas où aller. Ma famille ne voulait plus de moi. J’avais faim. Une fille du centre m’a dit comment faire de la prostitution. Je suis allée sur St-Laurent.

La première fois, c’était facile. Je gagnais beaucoup d’argent. Peu de temps après, je me suis fait violer par un client. J’ai eu très peur. J’y suis retournée quand même.

J’étais tombée en amour avec un gars. C’était un pimp mais je ne le savais pas. Il avait des maîtresses qu’il faisait travailler. Il m’a mis enceinte pour mieux m’attacher à lui. Il était très violent. Il me prenait tout mon argent. J’avais même pas de quoi acheter une pinte de lait pour mon enfant. Et pourtant, j’en ai fait de l’argent. J’ai fait escorte, mais je n’aimais pas parce que l’agence me prenait la moitié. Remarque mon pimp me prenait tout, mais lui c’était pas pareil, je l’aimais! Danseuse, tu es toute seule et tout le monde te regarde. J’aimais pas. Ce que j’ai fait ces derniers temps, c’est de mettre des annonces dans la presse. Tu reçois chez toi et y’a moins de risque avec la police.

Même si on n’est pas devant chez eux, y’a des commerçants qui nous crient après: «Va faire des clients ailleurs, tu nuis à ma clientèle» Y’en a un qui descendait de ses bureaux pour me dire ça. Je me mettais au coin de la rue ou à un arrêt de bus et je ne gênais personne. À une époque, je me suis fait courir. C’était chaud! J’ai changé de quartier, ce n’est pas pareil. Ici, c’est comme la campagne mais en ville. Tout le monde se connaît, se parle. Le monde s’entraide même s’il est pauvre. C’est comme une grande famille.

Il faut aider les filles et aider les familles. Le gouvernement devrait faire plus pour les familles pauvres. Avec l’aide sociale, tu existes mais tu ne vis pas. Les mères seules, elles descendent sur la rue et elles font quelques clients. J’appelle ça de la prostitution de survie. Il faut aller dans les écoles et parler des conséquences de la prostitution aux enfants. Il faut les prévenir de ce que ça fait. J’ai 40 ans et, malheureusement, j’y retourne encore.

Les noms ont été changés pour préserver leur anonymat.

Dossier Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

Les clients de la prostitution.

Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

Jean-François Lisée de L’actualité et la légalisation de la prostitution.

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Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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Doit-on légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Dossier Prostitution et Sexualité                      Par Raymond Viger

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Pendant plusieurs décennies, j’ai pensé que la légalisation de la prostitution permettrait d’aider les filles qui font la rue et règlerait tous les problèmes. Mais je ne peux négliger les résultats dans les pays l’ayant légalisée.

Après avoir fait des recherches plus approfondies, je suis maintenant fondamentalement convaincu que la légalisation de la prostitution a plus d’effets pervers que d’avantages. Il est trop facile de se débarrasser de la question et de répondre hâtivement.

Les effets de la légalisation de la prostitution

Depuis maintenant dix ans, des pays tels l’Australie, les Pays-Bas et l’Allemagne ont légalisé la prostitution. Pour certains, ils n’arrivent pas à en gérer les effets pervers, pour d’autres, ils voudraient revenir en arrière.

En légalisant la prostitution, nous amenons des entrepreneurs (ex-pimp) à pouvoir être exigeants envers les filles travaillant dans leur nouveau bordel légal. Lorsque la fille devient un peu trop vieille (exemple 23 ans) ou qu’elle commence à avoir l’air magané, on la remplacera rapidement pour satisfaire la clientèle. Dans l’entreprise privée, quand une employée n’est plus rentable, on la remplace. C’est la jungle de l’offre et de la demande, là où le client a toujours raison et que la rentabilité prime sur tout.

Légalisation de la prostitution et retour à la rue

Qu’adviendra-t-il des filles qui se feront mettre à la porte des bordels? Retour à la rue? Ceci explique peut-être pourquoi dans les pays ayant légalisé la prostitution, on retrouve trois fois plus de prostituées qui font la rue.

Et ces filles retournées à la rue ont-elles plus de sécurité et de plaisir à exercer leur métier? D’une part, un client prendra une fille qui fait la rue plutôt que celle qui se retrouve dans un bordel légal parce qu’elle coûte moins cher, parce que le client est violent et qu’il n’est pas admis dans le bordel, parce qu’il a des exigences telles que faire l’amour sans condom… D’autre part, les citoyens risquent d’être encore moins tolérants envers les filles de la rue: «On a légalisé la prostitution, ce n’est pas pour te revoir dans la rue. Retourne dans ton bordel!».

Légalisation des danses à 10$

Plus près de nous, dans un domaine similaire, on peut se demander si la légalisation des danses à 10$, a permis d’augmenter la qualité des conditions de travail des danseuses? Qu’est-il advenu des filles qui dansaient mais qui ne veulent pas se faire tripoter ou faire une pipe dans les isoloirs? Est-ce qu’avec la légalisation des danses à 10$, on a éloigné les groupes criminalisés des bars? Pourquoi en serait-il différent en légalisant la prostitution?

La répression de la prostitution et ses effets pervers

Seules les prostituées de la rue sont visées. Les autres formes de prostitution sont légales. Cependant, la répression apporte aussi des conséquences. On leur donne des contraventions, criminalise les personnes, les met en prison. Nous entendons aussi parler d’histoires d’horreur. Des filles battues et violées par des clients qui ne peuvent porter plainte parce qu’elles sont considérées comme des criminelles, des policiers qui les font chanter pour avoir des informations sur ce qui se passe dans le milieu… Une opération répressive ne fait que déplacer les gens d’un quartier à l’autre.

Quels sont les autres choix que de légaliser la prostitution?

Se limiter à seulement deux choix extrêmes tel que légaliser ou criminaliser nous amène dans un cul de sac. La Suède, quant à elle, criminalise les clients. Les prostituées sont considérées comme des victimes et peuvent recevoir aide et soutien. La formule semble bien fonctionner jusqu’à date puisqu’il y a réduction de la prostitution.

Nous avons à faire un débat de société pour créer de nouvelles approches, de nouveaux choix. Vos commentaires et opinions sont importants.

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

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