Fraude scientifique majeure révélée au grand jour

Dossier Santé

Fraude scientifique majeure révélée au grand jour

(Agence Science-Presse) – Dans ce que d’aucuns décrivent comme la plus importante fraude de l’histoire récente de la recherche médicale, un anesthésiste de renom se voit accusé d’avoir carrément inventé des données d’études cliniques sur lesquelles s’appuyaient au moins 21 recherches depuis 1996.

Un fraudeur au service de Pfizer

Il s’agit, dans la majorité des cas, d’études soutenant l’efficacité d’utiliser, après la chirurgie, une variété de médicaments — dont des anti-douleurs comme le Celebrex — plutôt que l’anesthésiant habituel. Ces études, au fil du temps, ont été abondamment citées dans la littérature de l’anesthésiologie, d’où l’importance de la fraude. D’autres articles du même auteur — il était prolifique — sont également en train d’être examinés.

Le détail qui tue: dans tous les médias, on accuse l’auteur, le Dr Scott S. Reuben, d’avoir fabriqué ces données pour renforcer l’usage de médicaments de Pfizer, le géant pharmaceutique.

C’est au terme d’une enquête interne que le Centre médical Baystate, au Massachussetts, a envoyé en janvier une lettre aux revues scientifiques concernées, leur recommandant de retirer les 21 articles de leurs archives respectives. Le Dr Reuben, qui était responsable là-bas du service antidouleur, serait à présent en «congé prolongé».

Qui est le vrai coupable?

L’affaire met en lumière le côté noir du processus de validation de l’information scientifique. C’est un processus qui se base sur une présomption d’honnêteté: le scientifique publie, dans l’une ou l’autre des dizaines de milliers de revues, en sachant que des collègues aussi férus que lui (ou plus encore), repasseront tôt ou tard sur ses pas et analyseront ses résultats à la loupe. La malhonnêteté n’est donc pas dans l’intérêt de quiconque.

Est-ce une «simple» affaire de malhonnêté, ou bien est-ce la pression croissante à publier — élément fondamental de la chasse aux subventions — qui expliquerait cette histoire? Bien malin qui pourrait le dire, écrit un blogueur dans une longue analyse de ce dérapage. Mais ce n’est pas un hasard si ces dernières années, les autorités médicales, et certaines revues, ont resserré les règles de publication des résultats des essais cliniques. Ce resserrement est manifestement arrivé trop tard pour bloquer Reuben, qui avait commencé à se bâtir une solide réputation il y a une douzaine d’années.

Leçon de prudence

Reste à voir si la plus grande vigilance bloquera de futurs Reuben. Dans les mots d’un chirurgien-blogueur: «Le plus grave, c’est qu’il a gaspillé une énorme quantité de ressources et laissé derrière lui un énorme désordre que ses collègues devront nettoyer. Il faudra des années pour refaire les études qu’il a faites, ou pour permettre à d’autres chercheurs de déterminer si même le concept d’analgésie multimodale [qu’il a mis au point] est un concept valable. Il a trompé tous les anesthésiologistes qui, en s’appuyant largement sur son travail, en sont venus à accepter cette thérapie comme la meilleure pour leurs patients. Et il a trompé tous ces patients.»

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Contraception, avortement, pilule du lendemain et Plan B

Contraception, avortement, pilule du lendemain et Plan B

Sylvain Sarrazin      Dossiers Avortement

(Agence Science-Presse) – L’Association nationale des organismes de régulation de la pharmacie a donné son feu vert pour la vente libre au Canada de la fameuse pilule du lendemain. Ce médicament contraceptif, aussi dénommé Plan B, pourra être obtenu sans prescription aucune. Une modification des comportements est-elle à attendre? Les avis divergent, d’autant plus que la décision n’est pas exécutoire pour les provinces du Québec et de Terre-Neuve, où la consultation en pharmacie reste une condition nécessaire à l’obtention de la pilule.

Après cette annonce, deux lignes forces se dessinent. Et elles semblent s’opposer. Les enjeux sociaux au cœur de cette flexion de la réglementation concernent aussi bien les utilisatrices que le système médical lui-même.

D’un côté, nous trouvons d’ardents défenseurs de la mise à disposition la plus totale du Plan B. « Je ne crois pas qu’il y ait de grands bouleversements des pratiques contraceptives, mais la mise en vente libre de cette pilule est absolument nécessaire », estime Francine Descarries, professeur de sociologie à l’UQAM et directrice universitaire de l’alliance de recherche IREF/Relais femmes. « Il est certain que tout ce qui permet aux femmes de mieux contrôler leur fécondité est une avancée pour leurs droits », précise-t-elle.

Un point de vue relayé par la Fédération du Québec pour la planification des naissances (FQPN) : « On doit retirer tous les obstacles qui peuvent empêcher les femmes de se prémunir, et toutes les études faites à ce jour montrent que les comportements ne changent pas pour autant », fait valoir Nathalie Parent, coordonnatrice de la fédération.

Dans ce cas, pourquoi deux provinces canadiennes font-elles bande à part?

L’Ordre des pharmaciens du Québec, consulté avant la prise de décision, a mis en valeur plusieurs arguments allant à l’encontre d’une vente totalement libre. Le plus solide d’entre eux demeure l’accessibilité économique, puisque la mise en rayons annulerait toute possibilité de remboursement.

L’institution juge aussi que le pharmacien doit pouvoir jouer un rôle d’éducateur social, et vérifier si les utilisatrices sont bien informées (par rapport aux maladies sexuellement transmissibles, par exemple). Et cela, sans sacrifier l’accessibilité du produit. « Nous avons fait en sorte que le pharmacien puisse prescrire la pilule du lendemain, car le Québec affichait en 2001 un taux d’avortement plus important qu’ailleurs au Canada », rappelle Manon Lambert, directrice générale de l’Ordre des pharmaciens, qui considère que les objectifs d’accessibilité ont été atteints.
En effet, la Régie de l’assurance maladie du Québec indique que le nombre de prescriptions pour le plan B augmente de façon exponentielle, passant de 2222 en 2001 à près de 35 000 sept ans plus tard.

Pourtant, la corrélation entre la vente libre de la pilule du lendemain et le taux d’avortement est loin d’être évidente. En Suède, où le Plan B est en vente libre depuis 2001, l’augmentation des avortements n’a pas été enrayée pour autant.

Des études menées dans ce pays montrent que si les Suédoises connaissent bien ce procédé, elles en savent peu sur les modalités de sa prise. Le médicament est tout de même jugé comme complément important aux autres méthodes de contraception.

« Une étude démontre que la moitié des femmes cherchant un appui dans le cadre d’un avortement auraient utilisé le Plan B si elles en avaient eu à disposition chez elles », indique Veronika Halvarsson, sociologue à l’Université de Stockholm.

De son côté, la FQPN invoque des réalités différentes selon les secteurs géographiques. Dans les endroits où le maillage social est plus restreint, un défaut de confidentialité pourrait rebuter certaines femmes. « C’est un obstacle : on sait que certaines pharmacies ne pratiquent pas la politique du bureau fermé », rapporte Mme Parent.

La responsabilité des utilisatrices reste aussi sujette à débat.

« Avec la vente libre, certaines auraient tendance à se dire « C’est pas grave, je prendrai la pilule du lendemain. » Ça déresponsabilise », témoigne Aurélie Bernier, qui a eu recours au Plan B à plusieurs reprises. Pourtant, dans son cas, elle affirme qu’elle n’utiliserait pas ce médicament plus fréquemment, en raison du dérèglement hormonal provoqué.

« Un quart des femmes rechignent à prendre le Plan B en raison des effets secondaires », confirme Mme Halvarsson.

Manon Lambert rappelle que ce médicament n’est pas un moyen de contraception usuel. Une utilisation répétée donne des doses hormonales qui peuvent diminuer l’efficacité du traitement à long terme.

La sociologue Francine Descarries, relayée par sa consœur suédoise, met l’accent sur le danger d’assimilation de la pilule du lendemain à une technique d’avortement. « Il ne faut pas qu’elles soient culpabilisées. Les femmes doivent demeurer responsables de leur fécondité », avance-t-elle.

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Ressources sur Internet:

Canadian for choice

Fédération du Québec pour le planning des naissances

Coalition pour le droit à l’avortement au Canada

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