La Gaspésie en peinture avec Louis-Philippe Bernatchez

Sauver du temps aux prisonniers

Le peintre Louis-Philippe Bernatchez

Regard bleu perçant, veste en cuir et dents en colliers. Louis-Philippe Noël passe les portes du Café Graffiti, son accent gaspésien envahit la salle. L’homme, âgé de 73 ans, est artiste et a eu une existence mouvementée. Aujourd’hui, s’il rédige son autobiographie c’est pour offrir son message.

Delphine Caubet    Dossier PrisonCroissance personnelleCulture

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Entrer une légende

Louis-Philippe est entré pour la première fois en prison à 17 ans. Il en sortira définitivement le 16 avril 1969, à 9 heures, à l’âge de 28 ans. Aujourd’hui avec le recul et l’âge, il veut passer un message à ceux qui sont «en dedans»: «Profitez du temps pour vous améliorer. La raison en dedans c’est toi.»

Pénitencier

Louis-Philippe a toujours eu un rapport conflictuel avec l’autorité. Que ce soit l’école ou la police. À 17 ans, après une bagarre, il est envoyé pour la première fois en prison. Pendant les 3 jours où il est incarcéré, le jeune homme est heureux: sa mère lui rend visite et lui apporte des cigarettes. «À l’extérieur je n’avais rien, et là, on m’apportait des cigarettes.»

Pendant les années suivantes, il va faire de nombreux allers-retours en prison. Progressivement les peines s’accumulent et augmentent. De 3 jours à 1 mois. De 1 mois à 2 mois. Puis finalement de 2 ans et 8 ans. Cette dernière peine lui est value pour un coffre-fort.

À l’intérieur, on lui dit qu’en prison «tu n’as pas de droit, que des privilèges. Ici, on dompte les lions et on plie l’acier.» Le ton est donné. Alors, pour éviter d’avoir plus de temps, les détenus jouent au «bon gars». Mais, il n’y a rien de sincère précise Louis-Philippe.

Pendant sa peine de 2 ans (pour avoir battu un policier), il apprend que le pénitencier est obligé d’accepter si un détenu veut étudier. Chose qu’il mettra en œuvre pendant les 8 années de sa dernière sentence, au pénitencier de St-Vincent-de-Paul. Avant celle-ci, il était dans le bois, recherché avec des amis armés qui s’étaient évadés de prison. À ce moment-là, l’artiste peintre à un déclic. Il veut reprendre sa vie en main.

Éducation

peinture gaspésie tourisme péninsule gaspésienne roland noel«Au pénitencier j’ai étudié jusqu’en 11ème année.» «Certains à mes côtés se pendaient, moi je voulais m’en sortir. Je voulais contredire le juge qui m’avait dit de pourrir en prison.»

Par correspondance, Louis-Philippe suit des cours. «C’était gratuit avec l’Éducation nationale.» Ses cours seront divers, notamment un de lettrage d’enseignes où il obtint 99.4%. «C’est parce que j’avais le temps», s’amuse-t-il. L’artiste fait son chemin et n’hésite pas à tenter de nouvelles choses: Louis-Philippe va suivre par correspondance des cours de la Famous Artists School. Il aura notamment comme professeur Norman Rockwell, célèbre illustrateur américain.

En 1967, Louis-Philippe pense à sa réhabilitation, et il demande à être transféré à Dorchester, au Nouveau-Brunswick. 2 raisons le motivent. La première, suivre un cours de lettrage d’enseignes. De quoi avoir un métier à sa sortie. La seconde, apprendre l’anglais. L’homme qui avait toujours été en conflit avec l’autorité suit désormais des cours d’anglais offerts par l’armée. Le changement est progressif, mais réel. Le rebelle s’instruit.

Ces changements, le personnel du pénitencier les remarque, et on lui propose une libération conditionnelle. Mais l’artiste n’est pas encore prêt, il continue à peaufiner sa sortie. «Je leur ai dit que je leur ferai signe le moment venu.» Chose qu’il a faite.

Louis-Philippe a d’abord obtenu une bourse d’études. Le ministre de l’Éducation du Québec fait une visite à Dorchester, et Louis-Philippe en profite pour lui offrir un tableau. Quelques semaines plus tard, il fait une demande de bourse et il est accepté.

Prochaine étape: l’admission à l’université. Encore une fois, les évènements se déroulent sans accroc. «J’ai rencontré le recteur de l’université et il était prêt à m’admettre immédiatement dans son établissement. Je lui ai dit de me faire une lettre de preuve.»

Dernier point pour sortir, trouver un travail. Louis-Philippe se rend dans une boutique d’enseignes et montre son porte-folio au patron. «C’était un bon gars.» Un ancien militaire qui avait été fait prisonnier de guerre. Tous les astres sont alignés, Louis-Philippe peut demander sa conditionnelle. «Le vendredi mon dossier est étudié et accepté. Le lundi, je sors de prison et le mardi je commençais à travailler.»

La vie après la prison

Bien que préparé pour sa sortie, Louis-Philippe reconnaît que ça a été difficile. Lui est toujours au Nouveau-Brunswick, alors que ses amis et sa famille sont au Québec. Mais l’homme est décidé à changer de vie, et tous les jours il travaille pour payer le loyer et l’université. «À l’époque, je gagnais 50$ par semaine.» Mais le travail en lettrage d’enseignes est aléatoire. Alors, il monte un atelier mobile pour se déplacer dans les petits villages, «là où les grandes industries n’allaient pas.»

C’est un fait, Louis-Philippe Bernatchz a changé de vie. Il a étudié, travaillé, voyagé… Avec une règle d’or, oublier les «amis» du pénitencier. «Un jour j’en ai croisé un à Montréal. Il voulait que je me joigne à lui sur un coup. Je lui ai donné un faux rendez-vous, et le soir même j’ai pris le train. J’avais peur de le recroiser.»

Aujourd’hui, Louis-Philippe veut aider ceux qui sont en prison. «Si je peux sauver ne serait-ce qu’une minute à l’intérieur, c’est déjà bien.» Car, d’après lui, le système pénal ne fait rien pour aider les détenus. C’est à eux de prendre avantage de ce qui est à leur disposition: du temps. «La seule raison en dedans, c’est toi», conclut-il.

Louis-Philippe Bernatchez est un artiste peintre de plus de 50 ans d’expérience. Ses médiums sont multiples: la peinture à l’huile, l’acrylique, la sérigraphie,… autant de variété qu’il peut enseigner.

Louis-Philippe débute la peinture à 20 ans en prison. D’abord comme un passe-temps, puis une passion qui lui permettra de gagner sa vie. Le Gaspésien peint particulièrement du surréalisme, «car le réalisme c’est pas assez intense et l’abstrait on n’y comprend rien.»

Actuellement, Louis-Philippe rédige son autobiographie pour offrir son message aux prisonniers: «Profitez du temps qui vous est donné!»

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Vivre avec son monde secret

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Survivre grâce à son monde intérieur

La bande de Gaza est un mince quartier de citron glissé entre Israël et la Méditerranée.

Colin McGregor  prison de Cowansville            Dossier Prison

Le-monde-secret prison pénitencier prisonnierUn lieu désertique et pauvre où s’entasse près d’un million de gens, coincés derrière des clôtures, où ils vivent dans la misère, sans emploi et souvent désespérés.

Un livre récent à propos d’eux donne la raison de leur survie: la seule manière de tenir le coup, peut-on y lire, est «de se construire un monde secret à l’intérieur», la manière habituelle d’expliquer comment les gens survivent aux situations difficiles de ce genre.

Du prisonnier à l’enfant abusé, en passant par l’étudiant du secondaire qui tente de demeurer éveillé dans une classe intolérablement ennuyeuse, quiconque se trouve coincé dans une situation dont il ne peut se déprendre se crée un «monde secret».

Vivre en société

Dans ce monde, il nous est possible de vivre. Sans lui, nous ne faisons qu’exister. Le monde secret que nous nous créons peut être bon ou mauvais, constructif ou destructif. Richard More, le philosophe d’Oxford, qui fut prisonnier durant la Deuxième Guerre mondiale, dit que ces mondes sont «faits de rien». Nous voyons les résultats de ces mondes secrets tout autour de nous.

L’art résulte en grande partie du monde secret d’une personne. Le sculpteur d’une œuvre que vous admirez lors d’une exposition, l’artiste qui peint un tableau merveilleux ne ressemblent peut-être pas à ce que vous imaginez lorsque vous regardez leurs productions. Ainsi, le peintre d’un skate aux couleurs vibrantes peut être un sexagénaire diabétique. Mais dans son monde secret, il est agile et capable d’une rotation à 720 degrés sur le bord d’une demi-lune.

La réalité de ce monde secret

Les psychologues gagnent bien leur vie à ramasser les dégâts après les crimes. Un voisin pourra répondre aux médias: «On n’aurait jamais cru qu’il puisse faire une chose pareille. Il avait l’air si tranquille.» Mais en examinant son monde secret, on pourrait trouver des indices. Ou peut-être pas.

On ne peut contrôler le monde secret des autres. Mais nous pouvons maîtriser le nôtre. L’espace entre mes deux oreilles m’appartient. Rempli de musique, de littérature, de pensées altruistes et du désir d’aider les autres, cet espace peut devenir un lieu de lumière. Des études montrent que plus on lit de la fiction, plus on devient sensible aux autres. Pourtant, il y a des limites. Je ne peux deviner ce que pense ce brave homme, au bout du corridor, lorsqu’il lave chaque parcelle de sa cellule tous les jours. Que lave-t-il? En prison, on ne peut jamais demander.

Un monde secret en prison

Deux genres de monde secret font souffrir les prisonniers plus que tout. Premièrement, celui de ceux qui vivent dans le passé. Ceux qui parlent du bateau qu’ils possèdent (acheté grâce aux revenus de la cocaïne) ou des gens célèbres qu’ils ont fréquentés, ou des endroits où ils allaient, comme s’ils pouvaient y retourner demain. L’amertume ronge leur âme.

Puis il existe un cachot pire que tous ceux fabriqués par l’homme: celui de ceux qui ont des enfants, qui vivent au présent. Des enfants qui grandissent sans père. Une cellule remplie de photos d’enfants souriants devient ainsi une salle de torture. Une mise à l’écart de l’amour. Gaza est pleine de familles rassemblées, à plusieurs générations dans le même appartement. Leurs mondes secrets leur offrent au moins cela.

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Témoignage d’un prisonnier

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Témoignage d’un prisonnier

Colin McGregor, prison de Cowansville Dossier Chronique du prisonnier

chronique-prisonnier-prison-cowansville-systeme-carceral On me fournit la copie d’un Tempo récent, la publication mensuelle du Lac Brome, une ville située à quelques kilomètres de la prison de Cowansville. J’y suis détenu depuis 23 ans. Ce genre de publication n’est généralement pas disponible pour nous, résidents de l’établissement pénitencier. Lire Tempo en prison est un exercice d’absurdité existentielle.

J’étudie les articles et, en particulier, les publicités. Elles me révèlent un monde à ma porte, au sujet duquel je ne peux que fantasmer. Je suis invité à acheter tout un assortiment de lampes antiques à West Bolton, peu importe où ça peut bien être. De «bonne humeur», un club à Bondville veut m’enseigner l’espagnol. Des vétérinaires s’affrontent pour avoir l’honneur de prendre soin de mes chats malades. Lac Brome croit que je devrais aider à assumer les coûts de ses ambulances. Et il y a ces maisons, ces chalets et ces propriétés pittoresques dans lesquels je peux immédiatement emménager. Le tout étant vendu par des photos passeport ornées de visages rayonnants juste un peu trop voraces.

Je mets de côté mon Tempo. D’où je suis assis, je ne peux rien voir de ce monde. J’ai de vagues souvenirs de visites furtives dans cette région lorsque j’étais à l’université McGill, mais c’était il y a une éternité. Cela semble trop beau pour être vrai. Ce monde existe-t-il vraiment?

Quelques instants plus tard, j’explore mon minuscule univers. C’est une journée d’octobre brillamment ensoleillée et particulièrement chaude pour la saison. Je marche le long de la piste qui borde notre petite cour. Je vois les mêmes objets qui m’ont salué depuis des années: tours de garde et fils barbelés; clôtures électrifiées; une route étroite juste derrière les clôtures; et, sur cette route, des camionnettes policières modernes arpentant l’asphalte à la vitesse d’un escargot, leurs fenêtres teintées cachant des agents correctionnels portant des fusils chargés, prêts à faire feu.

À peine visibles, au-delà des grands arbres qui encerclent la route, on peut distinguer des collines élyséennes baignées d’un déversement de couleurs automnales. Rien d’autre provenant du monde extérieur ne m’est perceptible. Nous pouvons entendre les bruits d’une autoroute à proximité et l’occasionnel grondement sourd d’un train, mais c’est tout. J’imagine qu’en-dessous et tout autour de la canopée multicolore recouvrant ces collines existent des maisons et des fermes, des bateaux et des routes, peut-être même de pittoresques petites auberges de campagne où les touristes passent des fins de semaine agréables et tranquilles, aussi peu conscients de notre existence que nous de la leur en train de profiter d’une promenade dans les bois ou d’une bonne fondue au souper.

Mais les seuls signes de vie que je peux réellement voir au-delà de mon domaine exigu sont ces infatigables camionnettes bleu foncé complétant lentement, inexorablement leur ronde. Ces endroits décrits dans le Tempo, doivent exister. Le Tempo ne mentirait pas. Mais ce n’est qu’une hypothèse: pour le moment, de tels signes d’humanité ne sont que rêves dans mon esprit – comme s’ils avaient déjà été les rêves d’architectes et d’urbanistes et de colons et de fermiers et d’entrepreneurs, des rêves menés à maturité grâce au labeur et à l’ingéniosité. Tout commence à l’état de rêve. Et dans mes pensées, tout demeure exactement dans cet état.

Retour en cellule

Je retourne à la grise et terne cellule que j’appelle ma maison. Dans mon espace de 2 mètres sur 3, et feuillette à nouveau mon Tempo: 2,3 acres de terres à vendre à quelques kilomètres d’ici, seulement 449 000$, l’endroit idéal! Je peux faire graver ma souris d’ordinateur de façon personnalisée à Knowlton. Steven émondera mes arbres pour un prix indéterminé. Un homme possédant un marteau hydraulique me souhaite une heureuse Action de Grâces. Quelqu’un ressemblant à Fish dans Barney Miller [NDLR: une comédie policière américaine des années 1980] construira un nouveau centre communautaire à la condition que je l’élise maire. Et il y a tant de lieux ravissants où je peux manger et même faire l’épicerie (même si je ne suis pas certain que l’IGA de Knowlton apprécierait la chasse à l’homme nationale qui s’ensuivrait si je me pointais pour acheter une tête de laitue).

À quelques mètres de moi, un homme en uniforme presse en silence un bouton à l’intérieur de son enclos de plexiglas. La porte de ma cellule glisse en position fermée. Avec le frottement froid et sourd du métal contre le métal, je suis enfermé pour la soirée. Mon monde devient concentré sur la minuscule télévision lumineuse à l’extrémité de mon bureau.

Et alors, je réalise. Oui, ce monde doit exister. Les gardes doivent dormir quelque part. Et je rappelle à ma mémoire un point de référence. Un après-midi, pendant que nous étions enfermés dans nos cellules – une fouille visant à trouver du moonshine brew [alcool artisanal] si je me souviens bien –, le météorologue vétéran de la télévision locale Don McGowan m’a mené à travers le secteur dans le cadre de l’un de ses célèbres carnets de voyages. Il m’a montré des collines et des tavernes et un monastère habité par des hommes sérieux vivant en silence et fabriquant du fromage, ou quelque chose du genre. Il a visité un théâtre de langue anglaise nommé d’après le lieu où l’on garde les porcs – sans dout  un pied-de-nez aux francophones du coin – suivi d’un énième message publicitaire – les gens du coin sont-ils donc tous des ivrognes? Il m’a emmené dans les rues de la ville de Magog, le seul endroit de la planète portant le même nom que la mythique origine de tout mal selon la Bible – une simple coïncidence, je suppose, puisqu’il s’agit d’un terme autochtone local. Il a négligé de mentionner la prison: une omission compréhensible. Nous sommes bien cachés. Sans doute parlera-t-il de nous lors d’un voyage de retour. Je sais maintenant que ces endroits dont le Tempo fait mention sont tangibles. Don McGowan ne mentirait probablement pas. Cogito Brome est, ergo est.  [Je pense que Brome existe, donc elle existe]

Je me dis en mon for intérieur que je suis au mauvais endroit. J’appartiens à la réalité nouvellement découverte du Tempo.  Ces gens sont mes semblables. Ces agréables individus dans la publicité qui veulent héberger et pomponner mon animal, le comprendraient sans doute? Mais personne ne se soucie que je sois en prison ou pas. Je regarde le ciel bleu pâle et les blocs de parpaing qui m’emmurent. Ceci est ma place. Mes yeux dérivent jusqu’aux tuiles d’un blanc cassé maculé de taches sous mon lit de camp de prisonnier. Tu es à la maison, me dis-je, ceci est ton monde. La boutique cadeau The Lyon and the Walrus pourrait aussi bien être sur la lune en train de se sauver avec le repas et la «runcible spoon» [NDLR: l’auteur fait allusion à un poème célèbre d’Edward Lear, The Owl and the Pussycat], vu l’impact négligeable qu’elle a sur ma vaine existence. Washington, Tokyo, Brome et Mars sont toutes à la même distance les unes des autres. À l’exception près que, la nuit, je peux voir Mars: d’un rouge brillant, plus proche qu’elle ne l’a été depuis des milliers d’années, effrayant les psychotiques qui errent à l’intérieur des murs de la prison en se demandant quand cette soucoupe volante en flammes viendra s’écraser au sol.

Ceci est l’enfer, dit Méphistophélès à Faust, tu y es.

Je m’endors, mon sens de l’injustice et ma conscience de l’absurdité également satisfaits, tandis que je regarde ce merveilleux documentaire sur le monde sous-marin qu’est Bob l’éponge [Une série en dessins animés basée sur les aventures de Bob, une éponge de mer peu fûtée].

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Illustrations Renart L’Éveillé.

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Et si Jean-Pierre Bellemare faisait la loi?

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La chronique du prisonnier

Et si Jean-Pierre Bellemare faisait la loi?

 

C’est si facile de critiquer le système judiciaire. Pourrais-je plutôt trouver des moyens de corriger cette «machine»? Ayant vécu de très longues années en détention, je suis en mesure d’évaluer l’efficacité des politiques en place, du moins à mon échelle. Afin de proposer mes solutions, je chausse, le temps d’une chronique, les souliers du ministre de la Justice.

Jean-Pierre Bellemare
justice canadienne prisonniers

L’auteur de ce texte est détenu depuis 22 ans à la prison de Cowansville et signe depuis 2 ans la Chronique du prisonnier dans la revue Reflet de Société.

Durant mon «mandat», toutes mes décisions seront guidées par l’équité. Le système judiciaire est très mal perçu par la population carcérale. Les détenus  constatent les iniquités flagrantes de son fonctionnement. Les plus riches s’en tirent habituellement à bien meilleur compte, ce qui engendre un mépris vis-à-vis tout ce qui concerne la justice. Comment faire pour améliorer ce système considéré si mauvais?

Je débuterais par la rémunération des avocats: tous au même salaire, afin d’éviter que seuls les accusés les plus riches aient accès aux meilleurs. Ensuite, les avocats devraient alterner leurs rôles, soit une année à la défense, puis une à la poursuite. Cette double pratique élargirait leur compréhension des impacts de leurs décisions. La pratique actuelle ne leur fournit qu’un côté de la médaille.

Les forces de l’ordre sont aussi dirigées selon deux approches opposées, l’une répressive et l’autre préventive. Ces deux aspects du métier devraient plutôt être complémentaires. Les policiers, et cela s’appliquerait aussi aux avocats, devraient expérimenter la prévention dans les quartiers défavorisés. La répression serait, quant à elle, utilisée contre une criminalité plus professionnelle. Il faudrait aussi que les agents ne soient pas cantonnés dans un même secteur, afin d’élargir leurs horizons, par exemple, en les déplaçant annuellement d’un quartier riche vers un quartier pauvre. Cette manière de faire devrait prévenir, chez certains policiers, le laxisme, la familiarité et l’indifférence envers les plus démunis. Je leur donnerais de plus le pouvoir de régler, par des constats à l’amiable, la petite criminalité: vol à l’étalage, bagarre, consommation de drogues, etc.

Des libérations trop conditionnelles

J’abolirais ensuite la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC). Cet organisme qui se doit d’être impartial et transparent n’arrive pas à remplir adéquatement son mandat. La CNLC est devenue un instrument de chantage et de malversations. Le fait que les fonctionnaires y soient nommés par le gouvernement pour des motivations politiques en démontre le favoritisme. Si, comme le prétend le gouvernement, la sécurité du public était une priorité, la sélection des commissaires serait réservée uniquement à des experts en la matière. Les pénitenciers possèdent des équipes de gestion de cas capables de s’en occuper.

En dernier lieu, lors d’un procès, si un témoin de la défense est en conflit d’intérêt, son témoignage serait rejeté. Des criminels pris les culottes à terre sont régulièrement contraints de témoigner contre leurs confrères, parfois en échange d’une rémunération ou d’une réduction de peine. Leur version des faits sera tout de même reçue par la cour. L’iniquité envers l’accusé dans ces cas est incroyable. Tout le monde devrait être traité sur un pied d’égalité devant la loi.

Les corps policiers reçoivent un budget imposant pour la formation de leurs membres et l’achat d’équipements très sophistiqués. Pourquoi donc s’en remettre presque toujours au témoignage d’un délateur? La facilité pour les policiers de faire condamner un suspect grâce aux délateurs les encourage à réduire leurs efforts et à s’abstenir d’améliorer leurs méthodes d’enquêtes.

[NDLR: Dans ce texte, le ministre Bellemare a sauté plusieurs fois la clôture séparant les compétences des gouvernements fédéral et provincial. Mais, tout comme nous nous permettons d’imaginer Jean-Pierre ministre de la Justice, nous lui avons permis de remplir son mandat dans un monde sans conflits de juridiction entre les différents ordres de gouvernement.]

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Illustration: Louise Pianetti-Voarick

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 8

VOS COMMENTAIRES SUR JEAN-PIERRE BELLEMARE ET LE SYSTÈME JUDICIAIRE

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Apprendre des animaux

Apprendre des animaux

(Agence Science-Presse) – Enseigner aux prisonniers est du temps bien dépensé, quoiqu’en pensent les détracteurs.

Et celui qui émettait récemment cette opinion dans le New Scientist n’a pourtant pas choisi le sujet le plus évident: Marc Bekoff enseigne «la biologie du comportement animal et de la conservation de la nature», dans la prison du comté de Boulder, Colorado. Sa première surprise? C’est l’un des cours les plus populaires.

Sa deuxième: les détenus doivent gagner le droit d’y assister. D’après ce biologiste de l’Université du Colorado, la raison première de cet intérêt est que plusieurs prisonniers —comme plusieurs humains— trouvent plus facile d’établir des contacts avec des animaux: plusieurs ont eu un chien ou un chat qui était «leur seul ami». Et Bekoff avance une autre explication: plusieurs en ont assez de croire que c’est leur «comportement animal» —leur agressivité— qui les a conduits en prison, et ils sont motivés à l’idée d’apprendre que des comportements comme la coopération, l’empathie et l’altruisme sont tout aussi présents dans la nature.

 

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Prison et spiritualité

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Prison et spiritualité

Ce texte sur la spiritualité a été rédigé par Jean-Pierre Bellemare. Détenu depuis 22 ans à la prison de Cowansville, l’auteur signe depuis 2 ans la Chronique du prisonnier dans la revue Reflet de Société.

Raisonnement sur la foi

Étant du genre Thomas, tout ce qui implique une grande croyance, comme la foi catholique, m’a longtemps causé de l’urticaire. Pourtant, depuis de nombreuses années, je fréquente assidûment la chapelle de la prison et je n’hésite jamais à débattre de religion.

Les cieux pour les creux?

Récemment, une déclaration d’Albert Einstein concernant les croyants est venue chatouiller ma fierté. En résumé, il concluait que les religions servaient de béquilles pour les faibles d’esprits. Nous avons aussi au Québec un adage qui dit: «heureux les creux car les cieux sont à eux». Voilà une seconde affirmation qui mérite réponse.

Idéologie comme arme

Il est vrai que trop souvent les religions furent des engins de guerre. Armées d’idéologies réductrices et envoûtantes, elles ont charmé des milliers de personnes à faire le mal au nom du bien. Ce phénomène se produit encore de nos jours dans les pays émergents. Cette façon historique de faire a fini par devenir un excellent argument d’achat pour les athées. Malgré cela, je suis resté fidèle; pourquoi donc?

Horreurs non méritées

Témoin de nombreuses injustices durant ma vie, je ne suis jamais arrivé à trouver d’explications acceptables, ou à tout le moins rationnelles, à la famine, au sida et au cancer qui tous frappent sans distinction des gens aimants, aidants et bons. La maladie frappe avec une violence sans vergogne. Ces malheurs dépassaient mon entendement.

Une bonne partie des explications données par l’Église ne rejoignent plus la majorité de ceux que je connais. Ils ont besoin de raisonner leur foi, ce qui rend la religion beaucoup moins achetable.

J’ai pour ma part trouvé une explication qui me rassure sans que j’aie à faire abstinence de mon raisonnement. De plus, c’est rationnel et plausible.

Hommes minuscule pour un but immense

Le corps humain est composé de milliards de cellules vivantes et chacune d’entre-elle remplit une fonction bien précise. Chaque jour, des millions de ces cellules meurent pour laisser la place à d’autres, et cela, indépendamment de leur grosseur, leur âge ou leur couleur. Voyez-vous un début d’explication? Ces cellules accomplissent un travail qui dépasse leur entendement: celui de nourrir et de faire fonctionner un être au-dessus de ses capacités de compréhension.

La vie de l’homme est aussi au service d’une fonction qui est bien au-delà de sa propre compréhension. À une échelle un peu plus réduite, la terre se nourrit de lui par son labeur et parfois l’élimine pour faire place à un autre, et cela, sans distinction précise. Les notions de mal et de bien donnent uniquement une structure et une dynamique à notre société pour la rendre contrôlable. Cela n’en fait pas une qui serait nécessairement meilleure ou mauvaise.

Il existe un nombre incalculable de parallèles entre ce qui se passe a l’intérieur d’une personne et le fonctionnement de notre planète. Les rivières qui coulent dans les fleuves et les veines qui coulent dans les artères; la composition d’un corps humain et celui de la planète… L’Être supérieur ne résonne pas en fonction des bénéfices qu’il pourrait apporter aux hommes. Cela va bien au-delà.

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Vos commentaires sur Prison et spiritualité

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Les prisonniers sont pauvres

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Les prisonniers sont pauvres

François Richard, Dossier Journal de Montréal

prisonnier Une lettre signée par un détenu anonyme a été publiée dans Le Journal de Montréal le 6 mars dernier. Dans cette  «confession», l’auteur affirme avoir accès en prison à des services de santé et des installations de loisir d’une qualité qu’une grande partie de la population n’est pas en mesure de se permettre. Il compare même son incarcération à un camp de vacances et affirme que, dans ces circonstances, la peine infligée n’a aucun effet dissuasif sur lui.

 

La lettre a fait réagir plusieurs lecteurs du Journal de Montréal, indignés des propos de l’auteur ou en désaccord avec lui. Jean-Pierre Bellemare, détenu de la prison de Cowansville qui signe la Chronique du prisonnier dans le magazine Reflet de Société, a souhaité lui aussi répondre à l’auteur de ce texte.

Un détenu pas d’accord

Je m’appelle Jean-Pierre Bellemare. Je suis prisonnier depuis plus de 22 ans et chroniqueur au magazine Reflet de Société depuis deux ans. Des codétenus, surpris par la confession d’un prisonnier anonyme publiée dans Le Journal de Montréal, m’ont demandé mon opinion.

J’apporte d’abord une correction à ce qui a été décrit dans la «confession». Effectivement, les détenus ont accès aux services décrits. Ce qui n’est pas dit, c’est que tous ceux travaillant en milieu carcéral aussi, qu’il s’agisse de l’équipement sportif, du terrain de tennis, de l’hôpital, etc. Et vous pouvez me croire, lorsqu’un achat d’équipement est fait, ce n’est pas pour satisfaire les caprices des détenus. Notre pouvoir décisionnel est nul.

Salaire de misère au pénitencier

De plus, le salaire des détenus est le même depuis plus de 20 ans et cela malgré la fait que les prix aient augmenté et qu’une bonne partie de la population carcérale paie des frais d’hébergement à même son salaire. Si les détenus ont accès à certaines commodités, elles doivent toujours être approuvées par un comité de gestionnaires et de citoyens.

En dernier lieu, plusieurs détenus passeront leur vie entière en prison et y mourront. La comparaison avec les camps de vacances est donc faible puisque l’on paie pour y aller, alors que la prison, on paierait cher pour ne pas y aller.

Excuses d’un criminel

Je veux profiter de la publication de ce texte pour présenter mes regrets, ainsi que ceux de plusieurs de mes codétenus, aux victimes de nos actes. C’est le maximum que nous puissions faire pour l’instant. En terminant, je souhaite rappeler qu’il n’y a pas plus de prisons sur terre que nous pouvons en trouver en nous et que la liberté reste le pouvoir de choisir ses barreaux.

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apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

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De la prison aux écoles en passant par le Salon du livre de Montréal

De la prison aux écoles en passant par le Salon du livre de Montréal

Dossier Prison

Jean-Pierre Bellemare, chroniqueur carcéral pour le magazine Reflet de Société est maintenant en maison de transition. Il profite d’une nouvelle liberté. Une nouvelle vie s’amorce pour lui.

Jean-Pierre sera présent au Salon du livre de Montréal du 19 au 24 novembre 2008 à la place Bonaventure. Il pourra rencontrer directement les gens qui ont lu ces chroniques et qui lui ont fait parvenir des mots d’encouragement.

Jean-Pierre va continuer sa chronique dans Reflet de Société. Non pas une chronique de l’ex-prisonnier, mais plutôt une chronique sur un homme nouvellement libre et qui redécouvre le monde dans lequel nous vivons.

Jean-Pierre a plusieurs projets sur la table. Il a écrit 2 pièces de théâtre. Il est en négociation pour leur publication et leur réalisation.

Jean-Pierre a le goût de partager son vécu avec les plus jeunes. Il débute une tournée de conférence dans les écoles. Il a un message de prévention à faire passer et il est une personne crédible pour le faire.

Bonne chance Jean-Pierre dans ta nouvelle vie et merci d’être présent aux plus jeunes. Pour rejoindre Jean-Pierre Bellemare pour une conférence, (514) 259-4926

VOS COMMENTAIRES SUR UN PRISONNIER DANS LES ÉCOLES

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quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Un humoriste, les prostituées, les prisonniers et la France

Sylvain Larocque humoriste, les prostituées, les prisonniers et la France

Dossiers Humoriste Prostitution et Sexualité

Une légende urbaine persiste depuis fort longtemps. Le Québec aurait été colonisé par des prisonniers et des prostituées que la France nous envoyaient. Cette légende urbaine est totalement fausse. Une grande découverte que j’avais faite lors de ma série de conférence en France au printemps dernier. Je vous avais écrit un billet sur le sujet et même un éditorial dans Reflet de société.

J’écoutais Sylvain Larocque lors du Festival Juste pour rire, en tandem avec une humoriste française. M. Larocque lance l’idée que nous avons été colonisés par les Français à partir de leurs prisonniers et leurs prostituées. Je ne sais pas si Sylvain Larocque connaît la réalité de la colonisation du Québec? Peut-être connaît-il la vérité mais que la « joke » était trop facile. Mais pour combien de citoyens cela va-t-il confirmer cette légende urbaine que nous avons été colonisé par des prostituées et des prisonniers? L’humour doit nous faire rire. Mais l’humour ne peut renforcir des légendes urbaines. En ce sens, la « joke » de ce Sylvain Larocque devient inacceptable à mes yeux.

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Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

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