Paparazzis vs junky

Paparazzis vs junky
Alain Martel
juin 2007

Voici une histoire qui me fait dresser les poils sur les bras. Par souci de sécurité pour mes collègues travailleurs de rue, je tairai les noms des personnes impliquées et celui de la ville.

Je dois d’abord dire qu’à peu près partout au Québec les travailleurs de rue font partie d’un programme d’échange de seringues. Ils rencontrent des consommateurs, récupèrent leurs seringues usagées, en donnent des propres. Ils s’intéressent également à leur santé et à des aspects plus personnels de leur vie. Ils les côtoient de façon régulière pour leur permettre de s’exprimer sur leur vie. Si les UDI (usagers de drogues injectables) le veulent bien, ce lien leur permet d’améliorer leur qualité de vie. Un pas à la fois.

Donc, mon histoire se déroule dans une ville en région. Une personne est évincée de son appartement. Les propriétaires le vident et mettent les effets sur le trottoir. Des passants regardent dans les tiroirs. SCANDALE! Des seringues. Un paquet de seringues. Des tonnes de seringues dans le tiroir de la commode. Jusqu’à ce moment, rien de surprenant: la drogue existe aussi en région. Mais, ça finit par se compliquer rapidement… On alerte les médias.

Voyeurisme médiatique

Des journalistes veulent aussitôt en savoir plus. Quoi de plus? Je ne le sais pas. Ils poursuivent les travailleurs de rue dans l’exercice de leur fonction pour avoir des informations. Des photographes dans les buissons sont là pour saisir des photos sensationnelles et choquantes de jeunes consommateurs. Des épisodes dignes des meilleurs James Bond.

Les travailleurs de rue sont obligés de cacher ceux qu’ils accompagnent, les dissimulent sur la banquette arrière de leur voiture, font plusieurs détours pour s’assurer que personne ne les suit. Des journalistes essaient de les piéger afin de prendre de meilleures photos, d’avoir le scoop. Comment ces actions servent-elles la santé publique? En quoi ces photos sont-elles d’intérêt public?

Ces photos et ces reportages sont très dangereux pour le travailleur de rue, puisque la confidentialité et l’anonymat sont des éléments essentiels pour sa survie dans le milieu. Ils mettent ainsi en péril la santé de dizaines de consommateurs de drogues injectables qui pourraient ne plus vouloir être en contact avec les travailleurs de rue. Les journalistes révèlent des infor-mations si banales pour la seule petite gloire de se faire remarquer dans leur communauté! Ils mettent ainsi la vie de plusieurs personnes en danger.

Fausse nouvelle

Apprendre l’existence de la drogue en région n’est pourtant pas une grosse nouvelle! Eh oui, des gens s’injectent ailleurs qu’à Montréal! Oui, les problèmes sont les mêmes dans les régions que dans les gros centres urbains. La seule différence est le nombre de consommateurs, qui est moins grand. Ils nécessitent donc la même attention et la même compassion. La sauvegarde de la dignité humaine est une valeur importante pour les travailleurs de rue. Quand des journalistes agissent ainsi, j’ai peine à croire que leur considération est humaine.

Une fois la crédibilité du travailleur de rue entachée, c’est très difficile pour lui de se relever. C’est un dur combat, parce que sa réputation est à refaire. Le milieu de la drogue est dangereux. La relation du travailleur de rue avec celui-ci repose sur un respect et une confiance réciproques. Les UDI qui utilisent ces services sont aussi en danger. S’ils n’ont plus confiance, ils n’utiliseront plus les services d’échange de seringues.

Savez-vous combien coûte au système de santé une personne atteinte du VIH? Une fortune! Combien de personnes n’auront pas le VIH grâce aux travailleurs de rue?  Alors, au lieu d’encourager des journalistes et des photographes qui ne cherchent qu’à impressionner le public et à le choquer, il faut se réjouir que des travailleurs de rue continuent d’œuvrer auprès des plus démunis et des exclus de la société. Il faut arrêter le jeu de fous auquel se livrent certains journalistes. Il n’y aura jamais de gagnant.

Merci de me lire. Merci de me publier.

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Stockwell Day refuse un programme d’échange de seringues dans les prisons

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Stockwell Day refuse un programme d’échange de seringues dans les prisons

Un programme de tatou pour diminuer le nombre de détenus qui héritent du VIH-Sida a échoué dernièrement. Maintenant les autorités carcérales refusent un programme d’échange pour les détenus.

Je sais que dans nos fantasmes de citoyens, nous supposons qu’il n’y a pas de drogues qui circulent dans les prisons. La réalité en est tout autre. Il ne faut tout de même pas jouer à l’autruche. Il y en a. Et il y a des détenus qui attrapent toutes sortes de virus, entre autres, avec des seringues. Le risque d’être contaminé en prison et de 10 à 30 fois plus élevé qu’à travers la population!

Un programme d’échange de seringue est une façon de diminuer les risques de contacter une maladie. Dans les différents milieux de consommation, des travailleurs de rue ont accès à de tels programmes pour diminuer les risques de contamination. Pourquoi les autorités carcérales seraient-elles plus prudes et plus conservatrices que la Régie régionale quand il s’agit de la santé des citoyens?

Un programme d’échange de seringue va plus loin que simplement de remettre une seringue neuve à quelqu’un qui veut s’injecter. C’est aussi une occasion pour établir une relation avec la personne et l’aider dans son cheminement. Un programme d’échange de seringues n’augmente pas la consommation des personnes toxicomanes. Le programme permet de le faire dans des conditions plus sécuritaires.

Et un tel programme ne permet pas d’augmenter la sécurité seulement des personnes toxicomanes, mais de toutes la population. Pour mettre un peu plus de pression sur l’importance d’un tel programme dans les prisons je vais expliquer un peu plus ce point. Et je parle d’exemples concrets et réels.

Un détenu s’injecte avec des seringues souillées. Il contracte le VIH. Il a une relation amoureuse avec un autre détenu qui ne s’injecte pas. Ce dernier contracte le virus. Celui-ci a une relation amoureuse avec une employée de la prison. Celle-ci a finalement une relation amoureuse avec le directeur de prison. Ce dernier en arrive à avoir le Sida, le transmet à sa femme, honnête citoyenne d’un quartier cossu de banlieux…

Histoire possible et plausible. Un programme d’échange de seringues protège les prisonniers qui s’injectent. Mais aussi toute la population en général. Parce qu’une personne infectée peut répandre le virus a travers différentes activités. Ce prisonnier qui s’infecte va éventuellement devenir un citoyen en liberté.

Je me souviens que lorsque l’épidémie VIH-Sida avait débuté et qu’elle ne touchait que les Africains et les populations homosexuelles, personne en faisait de cas. Mais dès que la population dite plus « conventionnelle » a été touché, on a commencé à se presser de faire des programmes de prévention. Devons-nous attendre que la femme du directeur de prison tombe malade pour qu’on accepte des programmes d’échange de seringues dans les prisons?

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/les-prisons-les-tatous-et-les-tests-mts-sida/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/29/les-prisons-les-tatous-et-le-journal-de-montreal/

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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