Dans la tête des hyperactifs

Dans la tête des hyperactifs

(Agence Science-Presse) – Le temps se déroule plus lentement pour les enfants hyperactifs. C’est l’hypothèse très sérieuse qu’avance la psychiatre britannique Katya Rubia, et elle ne parle pas de voyage dans le temps.

C’est tout simplement que ce que nous percevons comme un bref laps de temps peut sembler insupportable à un enfant hyperactif avec déficit d’attention. Un mal qui affecte 5% des enfants, la plupart étant des garçons.

Que faire contre cette perception faussée? Continuer de suivre la piste des médicaments, propose-t-elle, puisque ce mal est caractérisé par un manque de dopamine dans le cerveau, et que ce manque peut être pallié par, entre autres, le Ritalin.

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Effets à long terme des violences familiales

Effets à long terme des violences familiales

(Agence Science-Presse) – Dans la série «traumatismes d’enfance»: la façon dont les parents règlent les chicanes de famille peuvent perturber la santé mentale à long terme de leurs chers chérubins.

C’est du moins la conclusion de psychiatres et de sociologues qui ont effectué un suivi de… 30 ans.

Près de 350 garçons et filles de la Nouvelle-Angleterre ont été rencontrés régulièrement à partir de l’âge de cinq ans: ceux qui ont connu davantage de disputes avec leurs parents (ou du moins, qui ont rapporté en avoir eu) sont plus susceptibles, à l’âge adulte, de souffrir de dépression ou d’alcoolisme. (Source: Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry)

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Témoignage: d’intervenante sociale à dépressive

Témoignage: d’intervenante sociale à dépressive

Dominic Desmarais      DOSSIERS REFLET DE SOCIÉTÉ ET Santé mentale Sophie est intervenante. Elle a travaillé auprès de femmes victimes de violence conjugale et avec des familles désorganisées. Malgré son expérience, la vie lui a fait traverser des épreuves qu’elle n’a pu supporter. Elle-même victime de violence conjugale, abandonnée et ignorée par ses deux adolescentes, Sophie a fait une dépression qui l’a menée jusqu’à l’asile psychiatrique pour la protéger de ses idées suicidaires.

Souriante et énergique, Sophie ne ressemble pas à une victime de dépression. Curieuse de tout, elle aborde chaque jeune du Café Graffiti qu’elle croise. Intéressée par leurs peintures, elle leur pose un tas de questions et leur suggère un tas d’idées. Elle ressemble à un enfant dans un magasin de jouets qui s’émerveille à chaque découverte. En arrêt de travail depuis deux ans, Sophie bouillonne d’idées, comme si le chemin de la guérison apparaissait enfin après une longue traversée du désert.

Intervenante d’un organisme à l’autre

Un simple rappel à l’ordre pour entamer l’entrevue suffit à la reconnecter. Voilà Sophie concentrée, qui s’applique à se raconter. «Ma dépression a commencé quand j’ai changé d’emploi. Je suis passée d’une maison d’hébergement pour femmes à un organisme communautaire pour parents d’enfants en difficulté.»

Engagée pour ses capacités d’intervention «de plancher» (qui l’amène à recevoir des gens au bureau plutôt qu’à se déplacer vers eux), Sophie doit dorénavant travailler dans les maisons des familles qu’elle aide. Elle est la seule, où elle travaille, qui intervient à l’externe. Ses dossiers la mettent en contact avec des psychologues, des psychiatres et avec la Direction de la protection de la jeunesse. Les cas dont elle s’occupe sont trop lourds. Elle demande un support psychologique. «Je voulais quelqu’un avec qui parler de mes dossiers difficiles. Je ne pouvais pas en parler avec ma boss, elle n’avait aucune notion d’intervention. Les autres intervenantes non plus, parce qu’elles ne travaillaient pas sur les mêmes problématiques.»

p.14-15,_soupirs_d'amour.jpg Dégradation du milieu de travail

Sur les lieux de travail, Sophie est affectée par l’ambiance négative que les autres employés de l’organisme lui font ressentir. «J’ai perdu confiance en moi, petit à petit. Il y avait beaucoup de dénigrement envers ma personne. Ça ne me tentait pas de manger avec eux. Ils regardaient toujours mon lunch, ils faisaient des allusions à ma maigreur. C’était fatiguant! raconte-t-elle, comme si elle revivait ces moments. Je travaille pour aider les jeunes et les familles avec comme valeur de respecter les différences, et je me sentais jugée dans mon milieu de travail. Là, plus que partout ailleurs!»

«Je me battais pour aider les familles et leur trouver des ressources. C’était épuisant. Je sentais que je devais justifier toutes mes interventions. Tu fais un travail épuisant, puis tu le recommences le lendemain, sans appui. “Me faites-vous confiance?” me demandais-je. Je ne me sentais pas soutenue. Les compétitions entre intervenantes, les coups bas, c’était malsain. Toujours de la jalousie et des remises en question de mes interventions, alors que mes collègues ne connaissent rien de la réalité des familles dont je m’occupais.»

Diagnostique: la dépression

«En 2005, c’est devenu insoutenable. Je ne fonctionnais plus. Je n’avais plus confiance en mes interventions. Je me disais que c’était peut-être parce que je n’étais pas bonne. C’est inconscient. Je me disais que je «chialais» peut-être pour rien. Je me demandais: “si je fais ça, que vont-ils dire? Vont-ils me le remettre sous le nez?” Je m’en suis voulue d’avoir pensé comme ça. Chaque fois que je faisais une intervention, je n’en avais plus le goût parce que je savais que je devrais me battre. Je travaillais dans le beurre.»

Excédée, Sophie quitte son emploi. Elle est diagnostiquée dépressive. Le mauvais sort s’acharne sur sa vie: elle perd son père qui se suicide et son ex-conjoint lui enlève ses deux filles. Sophie doit en plus se battre avec ses assureurs qui, soudainement, lui trouvent des antécédents familiaux de dépression et de suicide.

Une histoire avec un homme violent

Dépressive, isolée et se sentant abandonnée, elle entame une relation amoureuse qui tourne au vinaigre. L’homme qu’elle fréquente se révèle agressif. Lorsqu’elle veut mettre un terme à cette brève histoire d’amour, il la menace de mort.

Sophie touche le fond. L’idée d’en finir avec sa vie prend forme. Sa psychothérapeute l’envoie en psychiatrie pour qu’elle se repose en sécurité, mais l’homme la retrace. Paniquée, elle porte plainte à la police. «Je l’ai fait parce qu’il m’a appelée une trentaine de fois à l’hôpital. Quand j’ai vu que je n’étais pas en sécurité, même en psychiatrie, là, j’ai porté plainte.»

Porter plainte auprès de la police

Sophie sort troublée de cette expérience. «Je me sentais seule au monde. Pire, je me suis sentie jugée, critiquée et ridiculisée par la police. Fallait que je sois à bout. Là, j’avais vraiment peur.» Bien que dépressive, son côté intervenant refait surface. Elle explique aux policiers à quel point leur façon de ne pas la prendre au sérieux lui fait mal. Elle tente de les sensibiliser.

«J’avais peur de porter plainte. J’avais peur qu’il me menace encore davantage. Aussi, étrangement, j’avais pitié de lui. Il avait quand même quelque chose de sain. Ce n’était pas un monstre. J’étais tellement en quête d’amour. C’est le seul que je pouvais appeler à deux heures du matin, et il venait. Avec lui, je me sentais aimée. Ça ne me tentait pas d’être celle qui allait détruire la vie de quelqu’un. Je me sentais tellement «pas bonne». Je ne voulais pas qu’il soit triste parce que quelqu’un le rejetait. Je ne voulais pas être la méchante, qu’à cause de moi, il ne puisse pas réaliser ses projets. Pourtant, j’ai toute l’expérience nécessaire pour affronter ce genre de situation!»

Sophie, autrefois intervenante auprès de femmes violentées, est tombée dans le piège parce qu’elle n’avait plus confiance en elle. «Certains vont dire “quoi, elle est intervenante depuis plus de dix ans, comment ça elle n’a plus d’estime d’elle-même?” Si l’estime se construit, elle se détruit également.»

Séparée de ses enfants

En plus de sa dépression, Sophie vit une profonde tristesse causée par sa séparation d’avec ses deux filles. «La rupture a commencé dans un centre d’achats… Leur père m’a demandé qu’on s’y rencontrent, lui et moi. Quand je suis arrivée, il était avec mes filles. C’était déjà décidé. J’étais devant le fait accompli.»

Sophie devient plus émotive. La douleur de sa séparation est encore vive. C’est un sujet sensible qui est difficile à aborder avec elle. «Il n’arrêtait pas de m’abaisser. Il dit à mes deux filles que je ne suis pas une bonne mère. Ces paroles ont un impact sur mes enfants et sur moi. Je ne dirai jamais que ce n’est pas un bon père. Ça n’a rien à voir. Mais sa colère, lui, il la transmet en parlant de moi à mes filles. C’est de la violence psychologique. Moi, j’ai voulu penser aux enfants. Mais en pensant à elles, je passe pour la méchante», explique Sophie, qui a laissé ses deux filles habiter avec leur père sans se battre. Elle préfère prendre sur elle plutôt que de faire vivre l’enfer à ses enfants. En espérant que ses filles comprennent, un jour, son sacrifice.

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 14-15

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Impact de la mediatisation du suicide, des tueries et des drames familiaux

Impact de la médiatisation du suicide, des tueries et des drames familiaux

Raymond Viger                  Dossier Suicide et Médias et publication, Patrick Lagacé

395948_3969 Le 8 avril dernier, Steve Proulx, journaliste et blogueur pour le journal Voir, se questionne sur la vague de drames familiaux qui secoue le Québec depuis le début de l’année. Le lendemain, Patrick Lagacé, dans son blogue, lance la question: la médiatisation encourage-t-elle l’imitation?

La Presse et le suicide

Je suis un intervenant de crise auprès de personnes suicidaires depuis le début des années 1990, une époque où La Presse publiait à la une 4 photos d’une personne se lançant dans le vide du pont Jacques-Cartier pour se suicider. Avec de telles photos à la une du quotidien La Presse, nous avions assisté à une augmentation notable des suicides sur le pont Jacques-Cartier.

Études de l’Association québécoise de prévention du suicid936375_59181267e (AQPS)

Toujours au début des années 1990,  l’Association québécoise de prévention du  suicide (AQPS), dont je faisais partie, s’est donnée le mandat de sensibiliser journalistes et coroners du lien entre la médiatisation du suicide et l’effet d’entraînement. L’idée n’était pas de censurer les journalistes, mais de leur demander de traiter du suicide avec dignité et respect. On ne peut passer sous silence un suicide, surtout si c’est celui d’une personne publique et déjà fortement médiatisée. L’AQPS avait réalisé un dossier fort garni sur la relation entre les médias et l’effet d’imitation. Robert Simon, directeur du Centre de crise de Chicoutimi, en était un des principaux porte-parole.

Coroner en chef et psychiatres: impact des médias sur le suicide

1067843_29644623 Une dizaine d’années plus tard, 16 novembre 2001, lors du colloque de l’Association des psychiatres du Canada, un rapport des coroners épouse officiellement la cause de l’AQPS. Sous la responsabilité de plusieurs psychiatres et du coroner en chef, le rapport souligne quels sont les impacts sur le suicide:

L’impact sur le suicide, on l’augmente si :

  • on fournit des détails sur la méthode particulière utilisée.
  • le suicide est rapporté comme inconcevable « il avait tout pour lui ».
  • les motifs semblent romantiques « réunis pour l’éternité » « Roméo et Juliette ».
  • on banalise le suicide « à cause d’une mauvaise nouvelle ».

L’attention du public est augmentée si :

  • le texte est à la une.
  • le mot suicide est dans le titre.
  • on inclut la photo de la personne.
  • le geste est présenté comme héroïque et désirable « il devait agir ainsi… dans sa situation ».

L’impact sur le suicide, on le diminue si :

  • les ressources de prévention du suicide sont diffusées (où trouver de l’aide).
  • on décrit une crise résolue autrement que par le suicide.
  • les lecteurs sont informés sur le comportement suicidaire et le suicide en général.

Les médias et le suicide

  • Éduquer le public :
    • Le suicide n’est pas une solution.
    • Le suicide est le symptôme d’une maladie.
    • Il existe de meilleures alternatives  que le suicide.
    • Il est important de prévenir le suicide.
    • Il faut présenter et faire connaître les ressources.

204670_2223 Traitement du suicide par les journalistes et les médias

En septembre 2006, j’ai écrit un billet félicitant les journalistes et les médias qui ont bien répondu non seulement à l’AQPS, mais aussi au coroner. Les journalistes continuent de parler du suicide, mais avec une sensibilité qui permet d’aider les personnes en crise, tout en informant le public. Que les journalistes le veuillent ou non, quand on fait des titres et que l’on choisit des photos pour aller en une, on influence la société.

Y a-t-il un lien entre drame familial et suicide?

Qu’en est-il maintenant des drames familiaux et des tueries dans les écoles? Entre le suicide et l’homicide, il n’y a pas une grande différence. Entre décider d’affronter seul une foule en lui tirant dessus ou de retourner le canon de son arme vers soi, c’est la couleur de l’étincelle qui fait toute la différence. Dans les deux cas, nous nous retrouvons devant une personne en crise, incapable de s’adapter aux changements que la société nous impose et nous fait vivre.

Le suicide est une violence que l’on retourne contre soi-même. Au cours d’une vingtaine d’années d’intervention auprès de gens marginalisés et en crise, j’ai régulièrement senti cette ambivalence entre tuer les gens qui causent des injustices et vouloir tout simplement disparaître.

Cette violence qui nous habite et qui nous pousse à vouloir disparaître est une bombe à retardement. Le père de famille suicidaire est dans la cuisine, absorbé par tous ses problèmes et sa souffrance. Son jeune enfant entre dans la maison en faisant du bruit et en dérangeant le père. L’homme peut perdre le contrôle et tuer son enfant. Aveuglé par ce qu’il vient de faire, la tuerie continuera, incapable de vivre avec le geste qu’il vient de poser. Si le jeune n’était pas entré dans la cuisine à ce moment-là, peut-être que le père se serait suicidé, sans emporter avec lui le reste de la famille.

Quelques jours avant Noel dernier, en France, une mère avait planifié son suicide en amenant avec elle ses 5 jeunes enfants. Sa souffrance était telle qu’elle ne pouvait pas voir comment ses enfants pouvaient continuer à vivre dans une société si injuste.

En ce qui me concerne, le lien entre suicide et drame familial est clairement défini. Le lien entre le suicide et une médiatisation indue et sensationnaliste est officiellement accepté par les coroners et les psychiatres depuis 2001. Peut-on faire une règle de trois et dire qu’il y a officiellement un lien entre les drames familiaux et la médiatisation des événements?

Officiellement, il faut attendre les rapports qui sortent 10 ans après que l’on se pose la question. Personnellement, j’en suis convaincu. Je dois cependant nuancer la réflexion. Il y a un lien direct lorsqu’il y a une médiatisation sensationnaliste et indue. Les médias peuvent et doivent en parler, avec respect et dignité. Et lorsque les médias présentent les ressources pouvant intervenir, l’affaire est ketchup et je suis aux anges.

Billet de Patrick Lagacé: Drames familiaux, tueurs fous et médias: une question.

Billet de Steve Proulx: Vague de drames familiaux.

Rapport du coroner sur l’impact des médias sur le suicide.

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Quand ton cerveau t’emprisonne

Maladie mentale
Quand ton cerveau t’emprisonne
Annie Mathieu, Dossier Santé mentale

Tous les midis, Jan s’installe avec ses collègues de travail pour partager son repas. La pause permise est d’une heure mais il ne reste jamais plus de 10 minutes. Calmement, il quitte la table pour passer au dessert : une cigarette qu’il fume seul, à l’extérieur. Âgé de 37 ans, Jan apparaît timide, voire un peu renfermé. Quand on le côtoie régulièrement, on se dit qu’il est tout simplement solitaire. Le diagnostic des psychiatres est plus tranché: il est schizophrène et maniacodépressif.

Il tient à discuter chez lui, dans son appartement de la Petite Italie à Montréal. Une fois la porte de son 4 et demi franchie, son univers s’ouvre, comme s’il lui était plus facile, entre ses quatre murs, de tenter d’expliquer l’inexplicable: les caprices d’un cerveau qui ne roule pas comme celui de tout le monde.

Signes peu visibles

Il ne ménage pas les détails, prêt à démystifier la maladie avec laquelle il cohabite depuis 19 ans. Les préjugés, le manque d’infrastructures dans les hôpitaux et l’image véhiculée dans les médias l’agacent. Chez Jan (nom fictif), les signes sont peu visibles, si ce n’est, comme il l’affirme moqueur, qu’il ne socialise pas à la vitesse de l’éclair. Il tremble aussi un peu des mains, effet secondaire d’un des six médicaments qu’il doit prendre quotidiennement. On est loin du malade mental qu’on imagine et pourtant le cas de Jan est grave.

«Je suis diagnostiqué schizo-affectif», affirme-t-il sur le ton de celui qui annonce qu’il a attrapé un rhume. L’effet est voulu. «Pour beaucoup de gens, cette étiquette est honteuse. Ils n’ont pas réalisé que cette maladie en est une comme les autres, comme le diabète. Un point c’est tout.»

«Je suis schizophrène et bipolaire», élabore-t-il. Patiemment, il poursuit son explication : «Il existe plus de 250 variantes de la schizophrénie selon le Diagnostic and Statistical Manual (DSM)», le livre de référence pour les troubles mentaux. Il précise : «Mon cas est très grave». Surtout que sa maladie est jumelée avec des troubles bipolaires, ou maniacodépressifs, d’après l’ancienne terminologie.

Les schizophrènes sont généralement isolés et vivent des périodes hors de la réalité, qui à leur apogée, sont appelées psychoses. La solitude extrême est aussi un mal commun chez les schizophrènes. Deux chats adorables, Pouêt et Rigatoni, comblent une partie de la solitude de Jan. Mais les félins ne sortent pas au cinéma ni ne partagent sa vie comme une amoureuse.

«Physiquement, il y a aussi des différences, poursuit Jan. Par exemple, mes yeux ont parfois un comportement anarchique. Je ressens aussi moins les différences de température. C’est pourquoi il y a beaucoup d’itinérants malades qui semblent bien supporter le froid», explique-t-il.

Parenthèse qui le laisse sceptique quant à la désinstitutionalisation des gens atteints de maladie mentale. «Beaucoup se sont retrouvés dans la rue. Ils n’avaient pas, comme moi, de famille pour les soutenir. Ces derniers ne prennent pas la médication requise, ce qui les rend instables. Ceci ne contribue évidemment pas à enrayer les tabous vis-à-vis ces maladies», explique-t-il.

Quant à la bipolarité, cette maladie est caractérisée par des sautes d’humeur, de longues périodes de «down», de déprimes intenses suivies de longues périodes de «high» où on se sent invincible. «On peut même penser avoir énormément d’argent et dépenser de grosses sommes au-dessus de nos moyens réels», illustre-t-il.

Pour Jan, tout a commencé à l’âge de 17 ans. Une grève étudiante au cégep l’oblige à rattraper le retard accumulé. Le stress monte pour le jeune homme qui étudie en sciences pures. Plutôt que sur les bancs d’école, il termine sa session dans un lit d’hôpital. Il y restera six mois, le temps de se remettre de sa première psychose majeure. «J’ai pété un câble, explique calmement Jan. Je croyais avoir des pouvoirs paranormaux…Quand je marchais à l’extérieur de l’hôpital, je pensais que j’étais radioactif!», se rappelle-t-il, entre deux bouffées de cigarette.

Mentalement, l’expérience est épuisante, comme si le cerveau venait de courir un très long marathon. «En sortant de l’hôpital, je n’étais même pas capable de me faire cuire un œuf », poursuit-il. Il est maintenant contraint à prendre quotidiennement des médicaments pour stabiliser son état. «Tu vois ton avenir qui passe tout droit devant toi», explique-t-il, toujours impassible. « Les psychiatres ne te le disent pas directement mais te font comprendre que tu pourras pas faire n’importe quel métier», se rappelle-t-il. L’université est exclue. C’est cette nouvelle réalité qui est la pilule la plus dure à avaler.

Vivre comme tout le monde

Au salon, son diplôme de technicien en informatique sert de décoration sur des murs peu garnis. Il a fallu 8 ans à Jan pour terminer sa scolarité; son rythme de croisière a été ralenti par 4 hospitalisations, 2 psychoses et 3 cours par session. Ses professeurs n’ont jamais été mis au courant et Jan n’aura eu droit à aucun service spécialisé : la maladie mentale n’est pas considérée comme un handicap au même titre que la cécité.

Son diplôme, il en est fier. Il fait partie des 40% de gens atteints de maladie mentale qui ont la capacité de travailler. Pourtant, il n’exerce pas un métier au mieux de ses compétences et de ses capacités intellectuelles. Sa technique en informatique n’est d’aucune utilité dans l’exécution de ses tâches quotidiennes. «L’informatique, ce n’était pas pour moi», explique-t-il, résigné à n’être bon qu’en théorie. Son travail actuel –il est commis de bureau– est routinier et exempt de tout stress. Cela lui convient mieux et correspond aux limites qu’il a appris à se fixer.

Difficile de croire en discutant avec Jan qu’il éprouve des problèmes qui l’empêchent de fonctionner normalement. Il explique avoir du mal à garder son appartement en ordre. Une femme de ménage payée en partie par le gouvernement l’aide à le garder propre. Après hésitations, il tente une explication peu convaincante : «Si tu es mélangé dans ta tête, c’est dur de faire du ménage.» Puis, voyant la réaction de son interlocuteur, il réessaie : «N’oublie pas que c’est le cerveau qui est affecté». L’argument est de taille, à la hauteur d’un homme qui a consacré beaucoup d’énergie à apprivoiser son handicap.

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Ma schizophrénie

Ma schizophrénie
Écrit par Martin, Dossier Santé mentale

drogue

J’ai 25 ans. Je suis schizophrène depuis quatre ans. Quand je ne prends pas mes médicaments, des antipsychotiques, j’hallucine.

J’imagine que des voix me parlent. Elles me disent des blagues, m’ordonnent des choses plutôt négatives comme de me suicider ou de commettre des meurtres.

Mon histoire débute bien avant l’arrivée de ma maladie. À quinze ans, mes amis m’initient aux drogues. Je commence par fumer du hasch. De temps à autre, puis, de plus en plus souvent. Après un an et demi on me dit que le cannabis est beaucoup plus cool. Je change ma consommation pour le pot. Un an plus tard, j’essaye les champignons, le LSD, la mescaline. À 18 ans je découvre les raves. J’y prends beaucoup d’amphétamine et d’extacy. Je ne savais pas alors que je causais des dommages irréversibles à mon cerveau. Avoir su, je n’aurais pas fait toutes ces expériences avec mon corps.

Quand la maladie me frappe, je suis seul dans mon appartement. J’habite un petit deux et demi. Je travaille en soirée. Des conditions de travail exécrables pour un salaire minable. Je fume tout ce que je peux trouver. Malade que je suis devenu, ma vie familiale n’est pas vraiment bonne. Je mens à mon père; la personne que je respecte le plus sur cette terre. Je ne vois plus ma mère.

À chaque soir, j’arrive chez moi et je mets de la musique techno dans mon système de son. En allant me coucher vers trois heures, j’entends de la musique de guerre. Je ne dors pas de la nuit. Je cro-yais que c’était les voisins. Je me dis qu’ils ont le droit de fêter eux aussi.

Le lendemain, j’écoute encore du techno. Je suis seul. Je fume. Tout à coup, j’ai l’impression que la musique me concerne. Je m’imagine que mes paroles et mes pensées sont entendues. Par la musique, le rappeur répond à mes songes. Le lendemain même chose. Un de mes amis est là. Il me regarde parler au haut-parleur de ma stéréo.

Le surlendemain, je vais voir ma mère. Je n’ai pas encore dormi. Je lui dis toutes sortes de baratin qui n’avait aucun sens. En projetant la bouteille de savon vers ma bouche, je lui dis que ça ne changerait rien si je buvais du savon à vaisselle. Elle appelle l’ambulance. Je me retrouve à l’hôpital psychiatrique. Diagnostique: épisode psychotique (hallucination temporaire.) Je suis enfermé deux mois à l’hôpital.

Après cet incident, je retourne travailler. Je n’en peux plus. Après deux mois, je dis à mon patron que je retourne à l’école. Je m’inscris au centre Champlain, une école secondaire pour adulte.

Après un certain temps, j’ai un autre épisode psychotique. J’ai l’impression d’entendre mes voisins m’adresser la parole. J’ai aussi l’impression que les stations de radio s’adressent directement à moi. L’eau goûte toute de sorte de chose comme le sexe, le poisson, le LSD. Le monde entend mes pensées. J’entends les pensées des autres. Je suis dieu. Je ne mange plus. Il y a plus de quatre jours que je ne dors pas. J’avise mon père que ça ne peut plus durer et je passe un autre deux mois à l’hôpital.

Suite à cela, j’arrête de me droguer. J’arrête même la cigarette. J’obtiens mon diplôme d’études secondaire. Je prépare mon entrée au cégep. Je veux être technicien de laboratoire médical. Janvier 2004, je commence le cégep avec une très bonne motivation. Je réussis tous mes cours.

Je reçois 800$ par mois du ministère de l’Emploi et de la solidarité sociale. Au cours de l’été, on me dit que je n’ai pas le droit de recevoir cette somme et que je dois rembourser ce que j’ai reçu à la dernière session. J’ai accumulé une dette   de 5 600$. Je m’engage à rembourser 56$ par mois. Plus de 100 mois pour tout rembourser!

Je fais une demande de prêt et bourses. Un mois plus tard, la deuxième session commence. Je vais au local de financement étudiant du collège pour recevoir la première partie de mon prêt. On me remet un chèque de 500$. C’est beau. J’achète mon matériel scolaire et paye ma pension. Il ne me reste plus rien. J’appelle l’agent du ministère du revenu et de la so-lidarité sociale pour lui dire que je ne peux pas faire mes remboursements présentement. De plus, je ne sais pas encore combien les prêts et bourses m’accorderont pour la session d’étude. La dame me comprend et me donne un mois de plus pour rembourser les 56$ que je dois.

Une semaine plus tard, je retourne au local de financement étudiant. Un prêt de 250$ m’est accordé. Je l’accepte. Il est déjà dû et il ne me reste plus rien. À la fin de mon temps alloué pour rencontrer mon engagement, je rappelle au bureau du gouvernement. Ils me disent qu’ils vont me saisir. Un mois et demi plus tard, je connais finalement le montant de prêts et bourses auquel j’ai droit pour la session en cours. Un gros 1 500$ pour passer quatre mois. Il me reste trois mois d’étude. Il ne me reste que 750$ à recevoir. Je me retrouve rapidement sans un sou et il me reste encore deux mois d’école à faire.

Le monde dira que je pouvais aller travailler en même temps. La prise en charge de ma maladie exige beaucoup d’énergie. En plus de mes trente heures de cours, je devais étudier une quinzaine d’heures par semaine. J’ai dû passer beaucoup plus de temps pour trouver de l’argent que pour étudier. Mes notes ont chuté dans la majorité de mes cours.

J’ai abandonné mon rêve de finir mes études. Je suis retourné sur l’aide sociale en attendant de me trouver un emploi. Puisque je suis devenu un nouvel assisté social, je perds le privilège d’avoir mes médicaments payés. En attendant, je dois les quêter à ma thérapeute.

J’aurais aimé partager avec vous une expérience plus heureuse, qui se finit bien. J’avais besoin d’en parler. J’ai voulu prendre une place de citoyen à part entière. J’étais convaincu que j’avais trouvé ma voie et ma réussite. Pourquoi le gouvernement ne met-il pas des programmes spéciaux ou adaptés à ma condition? Est-il plus facile de garder les gens différents sur l’aide sociale toute leur vie que de trouver des façons de pouvoir apprendre à vivre ensemble?

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Des pieds, des mains et de l’audace !

Des pieds, des mains et de l’audace !
écrit par Arianne Clément, Dossier Santé mentale

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La troupe des arts de la scène Des pieds et des mains se distingue par ses productions de spectacles modernes qui mettent en scène des artistes atteints de déficiences intellectuelles

L’année dernière, on m’a offert un billet pour assister à Leçons, pièce qui fusionnait la danse et le théâtre sur un texte d’Eugène Ionesco. Cinq des huit chorégraphes et acteurs souffrent de différents handicaps mentaux. Par politesse, j’ai accepté l’invitation. Je croyais que les éloges que l’on faisait de ce spectacle relevaient plutôt de la charité humaine que d’une réelle qualité d’interprétation ou de la mise en scène.

J’ai été estomaquée par la puissance du spectacle. La particularité des comédiens donnait un tout nouveau sens au texte qui se veut absurde à la base. L’interprétation franche, naïve et ludique était en parfaite harmonie avec la mise en scène et avec le discours sous-entendu de la pièce. C’était un spectacle de calibre professionnel, riche en symboles, intelligent, inusité et émouvant, qui s’inscrivait tout à fait dans un courant de danse et de théâtre contemporains. J’ai rencontré la chorégraphe Menka Nagrani pour nous parler de ce spectacle.

Arianne Clément: Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler la danse avec des personnes atteintes de déficiences intellectuelles?

Menka Nagrani: J’ai commencé par hasard. J’enseignais la danse à différents groupes quand le Centre d’art des muses, un centre de formation sociale et professionnelle des arts de la scène pour les handicapés, m’a approchée. Je donne des cours pour cet organisme depuis maintenant cinq ans et ce travail m’a permis de rencontrer Richard Gaulin, le metteur en scène avec qui j’ai fondé la compagnie Des pieds et des mains. Nous travaillons encore en collaboration avec le Centre d’art des muses, où nous recrutons tous les comédiens.

A.C.: Considérez-vous que votre travail a un aspect thérapeutique?

M.N.: Oui, mais je ne fais pas d’art thérapie. En art thérapie, ce qui est important, c’est le processus et non le résultat. Pour nous, c’est le contraire; l’important c’est de faire un spectacle de qualité avec des critères artistiques élevés et un fini professionnel. Il n’en demeure pas moins que le processus de création et le fait de participer à un spectacle, d’être vu, entendu et applaudi est assurément thérapeutique.

Les personnes marginalisées sont rarement valorisées dans leur vie quotidienne. L’art permet d’exprimer et de libérer des émotions, ce qui n’est pas rien. Il faut aussi considérer les retombées sociales. Les comédiens sont considérés comme des professionnels. On leur offre un travail rémunéré, ce qui leur permet d’acquérir une certaine autonomie et une meilleure position sociale.

A.C.: Qu’est-ce qui pousse les personnes handicapées à faire de la scène?

M.N.: Les interprètes que nous avons recrutés au centre sont passionnés par les arts de la scène. Ils aspirent à devenir acteurs. D’ailleurs, une des interprètes, Geneviève Morin-Dupart, a actuellement un petit rôle dans un téléroman et elle a déjà joué dans un film.

A.C.: Est-ce qu’ils saisissent le sens ou l’aspect politique de ce qu’ils interprètent?

M.N.: Ils ne comprennent pas tous les sens qu’une réplique peut avoir mais ils comprennent au premier degré. C’est ce qui permet une interprétation juste, brute, pure et non censurée.

A.C.: Quelles sont les difficultés lorsque l’on travaille avec ces personnes?

M.N.: Il faut gérer des comportements souvent primaires et très émotifs. Nous devons créer à partir des contraintes dues aux différentes déficiences des interprètes. Le processus est donc plus compliqué et plus long.

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A.C.: Vous êtes allés présenter la pièce en Belgique. Comment s’est passée l’expérience?

M.N.: C’était dans le cadre d’un festival international de théâtre et de danse consacré aux compagnies travaillant avec des personnes ayant un handicap intellectuel. C’était une superbe expérience car nous avons eu la chance de voir les productions de neuf compagnies venues de partout dans le monde. On a aussi participé à des ateliers, des tables rondes, des discussions et des conférences qui traitaient de l’art et des déficiences intellectuelles. De plus, la pièce a été bien reçue.

A.C.: Considérez-vous la troupe Des pieds et des mains comme une troupe engagée?

M.N.: Absolument. Notre mission est d’intégrer des personnes marginalisées dans le but d’induire des questionnements artistiques et sociaux.

Je crois que les artistes se doivent d’avoir un engagement social. L’art est un bon véhicule pour rejoindre les gens et les sensibiliser. Nous sommes fiers de voir les retombées sociales, mais je dois dire toutefois que le choix de travailler avec des personnes ayant des difficultés intellectuelles est avant tout un choix artistique.

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