Lutte contre le VIH en Afrique

Lutte contre le VIH en Afrique

Lisa Melia……DOSSIERS Sexualité ET MTS-Sida

«La distribution d’eau au lieu de la distribution massive de préservatifs en Afrique signifierait réduire la mortalité causée par beaucoup de maladies infectieuses et virales, y compris le Sida», écrivent quinze étudiants camerounais à Rome, dans une Lettre ouverte à Zenit. Ils entendent protester contre les critiques qui ont pris pour cible le pape après son passage en Afrique, et ses propos sur le préservatif.

Une industrie lucrative

Si la question du condom revient sans cesse, c’est parce que c’est un marché très important pour les occidentaux, affirment les auteurs. Les médias auraient ainsi volontairement déformé le message du pape, qui ne condamne pas l’usage du préservatif mais prêche pour un encadrement de la sexualité par un enseignement moral et sexuel. Cette manipulation médiatique » n’aurait pour but que de «détourner l’intérêt pour les problèmes réels de l’Afrique.»

Par ailleurs, écrivent-ils, les entreprises de fabrication de préservatifs sont implantées en Occident, et la richesse créée, aussi bien par la production que par le transport, représentent une source de revenus non négligeable, ce qui encourage à présenter le condom comme seul moyen de lutte efficace contre les maladies transmissibles sexuellement (MTS).

371275_condom__path_001Un modèle de développement occidental

«Nous disons NON à ce modèle culturel tout à fait étranger à nos valeurs et à nos traditions, qu’on veut nous imposer comme facteur déterminant pour l’amélioration de notre qualité de vie», assènent les étudiants. Ils dénoncent une «pitié hypocrite» qui conduit à ne pas traiter les vrais problèmes du continent africain. Des installations pour creuser des puits et produire de l’énergie seraient nettement plus utiles. Ce sont des facteurs de développement humain et économique qui permettraient aux Africains de subvenir à leurs besoins fondamentaux. Or, sur le plan économique, les camerounais soulignent la pratique de mesures défavorables, comme le protectionnisme agricole soutenu par l’Union Européenne, qui sont particulièrement dommageables pour l’industrie africaine.

ABC contre Sida

Une expérience menée en Ouganda, en Afrique de l’est, avec le soutien du gouvernement, a par ailleurs fait ses preuves. C’est l’ABC: A pour abstinence, B pour fidélité («be faithful» en anglais) et C comme préservatif («condom»). Dans le cadre de ce programme, l’Ouganda est le seul pays d’Afrique à avoir obtenu de bons résultats dans la lutte contre le Sida. En 1991, la fréquence d’infection de la population était de 15%. En 2001, elle est passée à 5%, faisant de l’Ouganda le champion africain de la lutte contre le VIH.

Ce sont deux chercheurs de l’Université de Cambridge qui avancent ces chiffres. Leur étude, parut en 2004 dans le magazine anglophone Science, montre que l’âge moyen du premier rapport sexuel en Ouganda est passé de 15 à 19 ans chez les garçons. La recommandation de fidélité aurait quant à elle permis de réduire de 60% la tendance d’avoir de multiples partenaires. Finalement, le préservatif est la solution de dernier recours, quand l’abstinence et la fidélité ne sont pas respectées. Or, les chercheurs prouvent que ce sont surtout les deux premiers axes du programme qui ont permis de faire reculer les chiffres du Sida.

Des solutions adaptées au problème du Sida en Afrique

Ainsi, les étudiants, dans leur lettre ouverte, tout en dénonçant le «libéralisme sexuel» que les occidentaux chercheraient à implanter en Afrique, soulignent que des solutions misant davantage sur l’éducation sexuelle et morale, associées au préservatif, permettrait davantage de réduire la portée de l’infection. Ils insistent également sur l’importance de donner à l’Afrique les moyens de son propre développement, car c’est de cette manière que les questions de santé et de pauvreté seront efficacement traitées. C’est pour eux le seul moyen de résoudre «les problèmes qui donnent à l’Afrique l’image d’un continent désespéré.»

VOS COMMENTAIRES SUR LE SIDA ET L’AFRIQUE

autres textes sur sexualité

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Équiterre: Opposition au plan de réfection de l’échangeur Turcot

Équiterre: Opposition au plan de réfection de l’échangeur Turcot

DOSSIER ÉQUITERRE, Ville de Montréal

Montréal, le 8 mai 2009 – Si l’échangeur Turcot suscite actuellement beaucoup de débats, un élément central rallie à la fois les groupes environnementaux, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec: la nécessité de procéder à sa réfection. Là où il n’y a pas consensus, c’est bien dans la manière de le reconstruire.

Un plan de réfection qui ne fait pas l’unanimité

Monsieur René Vézina, dans son blogue sur l’économie québécoise du 8 mai, intitulé «Steven Guilbeault en met trop», prétend qu’il y a exagération quant à l’opposition faite au réaménagement de l’échangeur Turcot. Or, les faits démontrent clairement que le plan que propose le ministère des Transports du Québec est bien loin de faire l’unanimité.

Les élus de la Ville de Montréal, qui ont pour mission de représenter les Montréalais, se sont ouvertement opposés en novembre dernier au plan que proposait le gouvernement pour la réfection de l’échangeur Turcot. Le Maire Tremblay demandait entre autres «que le projet ne soit pas conçu uniquement comme un corridor routier, mais comme un véritable projet urbain intégré à son milieu» et souhaitait «que ce projet devienne une référence en matière de performances environnementales, de transfert modal vers le transport collectif, d’amélioration de la qualité de vie et de réduction des gaz à effet de serre».

Transports en commun

Selon un sondage Léger Marketing, 76 % des résidents de Montréal interrogés affirmaient vouloir privilégier le développement des transports en commun pour résoudre les problèmes de mobilité à Montréal. Équiterre considère donc qu’il est nécessaire et justifié de s’opposer au plan que propose le ministère des Transports pour la réfection de l’échangeur Turcot, un plan créé et proposé par un groupe de spécialistes qui n’a pas mené de réflexion sur les enjeux de transport de Montréal depuis 2001, il y a presque une décennie.

Selon Équiterre, il y a ainsi un énorme fossé entre ce que désirent les Montréalais pour cet énorme chantier et ce que propose le ministère pour l’instant. Équiterre considère ainsi qu’il y a nécessité de reconstruire l’échangeur Turcot, mais pas à n’importe quel prix et pas n’importe comment.

D’autres textes sur l’échangeur Turcot:

Le combat en Aérosol d’Arpi

Arpi au service de la lutte citoyenne

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Défendre son emploi malgré la crise économique

Défendre son emploi malgré la crise économique

François Richard    Dossiers Économie, emploi et justice

La Cour supérieure du Québec a accordé une injonction à l’Université du Québec à Montréal le 25 mars dernier. La mesure est dirigée contre les professeurs de l’établissement, en grève depuis deux semaines. Il leur sera interdit pour les dix prochains jours de tenir quelque manifestation que ce soit à l’intérieur de l’université, d’être plus de cinq à la fois sur les lignes de piquetage et de s’approcher à plus de cinq mètres des portes de l’UQAM lorsqu’ils manifestent.

Ces mesures sont extrêmement sévères, vu le peu d’impact de ce conflit de travail sur la société en général. De plus, le juge Jean-François de Grandpré a eu recours à un argumentaire peu crédible pour justifier sa décision, évoquant la sécurité des usagers de l’UQAM qui serait mise en péril par les professeur qui manifestent. Comme si ces derniers étaient un groupe de dangereux trouble-fêtes qui risquaient à tout moment de saccager l’université et de s’en prendre violemment aux étudiants ou aux employées de cafétéria.

Crise économique, licenciements, conflits de travail

Plus de 200 000 Canadiens ont perdu leur emploi depuis le début de la crise économique. Il est inquiétant dans ce contexte de constater que la justice se montre prête à briser un mouvement de contestation légitime au nom de considérations sécuritaires tirées par les cheveux. Avant même que la crise actuelle ne débute, les Québécois et les Canadiens des autres provinces ont été témoins d’un durcissement croissant des relations de travail et d’un effritement des droits des travailleurs au pays. Depuis une dizaine d’années, le phénomène s’aggrave et ce autant dans les entreprises privées que chez les employeurs publics, de Wal-Mart qui ferme ses succursales récemment syndiquées au gouvernement du Québec qui interdit toute forme de militantisme au employés du secteur public sur leurs lieux de travail.

S’il faut qu’en plus les tribunaux se mêlent de conflits de travail qui ne concernent pas la justice, il faut s’attendre à ce que de nombreuses entreprises profitent de la crise pour effectuer des licenciements et des réductions de salaire qui auraient été considérées inacceptables en des temps plus prospères. Pourtant, pour qu’une société soit prospère, il faut que la majorité de sa population le soit aussi. Malgré les conditions difficiles crées par la crise, les travailleurs doivent continuer de défendre leur emploi et leur qualité de vie.

Vos commentaire sur l’emploi en temps de crise économique.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

operation-graffiti-hip-hop-graffiteur-graff Opération Graffiti. Toute l’histoire de la création du Café-Graffiti. La relation avec les jeunes. Ce qu’ils ont vécu dans le projet. Ce qu’ils ont fait vivre aux intervenants. Toutes les anecdotes d’un projet qui fait encore parler de lui. Une façon intéressante et originale de soutenir le Café-Graffiti dans sa mission d’aide et de soutien aux jeunes. 19,95$.

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Sur le chemin de sa vie: 89 ans de sagesse

Sur le chemin de sa vie: 89 ans de sagesse

Dominic Desmarais
Béatrice Amiot n’aime pas travailler avec les gens de son âge. Ils pensent qu’ils savent tout. Elle croit plutôt en la jeunesse, qu’elle tente non pas d’aider, mais d’informer afin qu’ils prennent conscience de leur capacité de prendre leur vie en main.

Le ton de la voix, énergique et bon-enfant, trompe facilement. Béatrice a 89 ans bien sonnés. Avec elle, pas de morale, de jugement. Elle a compris: pour aider autrui, il faut montrer la voie et non en imposer une.

Béatrice transpire le bien-être. Pas étonnant, elle écrit couramment sur l’individu et la voie du bonheur. Pourtant, elle, si optimiste aujourd’hui, a eu une vie difficile qui l’a menée vers le burn-out. Aînée d’une grande famille, Mme Amiot avoue avoir vécu pendant 50 ans comme un calque de son père. «Mon père a eu beaucoup d’influence sur moi. J’avais développé mon côté masculin plus que mon côté féminin. Je regardais les gens plus sévèrement.»

Ses parents sont placés en foyer d’accueil mais son père est incapable de s’adapter à son nouvel environnement. «Je l’ai repris à la maison. Pendant 3 ans. Je suis devenue épuisée. J’en ai parlé à mon père. Il m’a fait un beau cadeau: il m’a dit je pars pour ton bien-être.»

Béatrice commence alors un voyage intérieur. Elle va à sa propre rencontre. «Avant 50 ans, on organise sa vie à l’extérieur, pas à l’intérieur», affirme l’octogénaire qui en a long à raconter sur la vie. «Je trouve que le monde d’aujourd’hui n’est pas beau. Mais j’ai toujours confiance. Il faut travailler sur l’individu. Je n’en reviens pas comme on est savant de nos jours. Nous avons plein de connaissances mais, en même temps, on ne sait rien sur soi.»

Dans son livre, Sur le chemin de notre vie, Béatrice estime vivre dans une société technologique déshumanisante. «Si la société a haussé le niveau de vie, elle a aussi abaissé la qualité de vie et nous en sommes tous conscients. Les valeurs humaines qui donnent un sens à la vie ont été englouties dans une débâcle du progrès.» La vie extérieure va si vite que l’on oublie notre essence. D’où la perte de nos valeurs.

Après avoir compris qui elle est, trouvé la sérénité, Béatrice a voulu communiquer aux autres comment reprendre possession de leur vie. Sans raconter ses malheurs, sa vie. Simplement dire aux gens, aux jeunes, qu’ils ont la possibilité de se prendre en main. «Ils ne savent pas comment. La société nous amène toujours à fuir notre vie intérieure, nous force à sortir de la réalité, vers l’extérieur. Je ne fais pas le bien, j’informe. Comme on m’a informée quand j’avais une dépression.»

Malgré les histoires d’horreur qui composent notre quotidien, Mme Amiot ne pense pas que le monde soit méchant. «Le monde est souffrant, nuance-t-elle. C’est pour ça que certains deviennent méchants. Nous enseignons aux gens toutes sortes de choses. Sauf la plus essentielle: la vie.»

Béatrice renchérit: «Il faut travailler sur la cause du problème. Qui est responsable de cette misère? Je pense que les adultes ont une grande part de responsabilité. C’est nous qui avons créé cette société. On a créé une société de misère pour nos enfants. Arrêtons de nous péter les bretelles, descendons de notre piédestal.»

Les familles éclatées sont pointées du doigt. Les séparations, l’absence de valeurs familiales, autant de raisons expliquant la perte de repères. Mme Amiot relate une rencontre avec un jeune fraîchement sorti de prison, il y a quelques années. Lui enfilait juron par dessus juron, elle écoutait patiemment. Sa seule question: «Pourquoi agis-tu comme cela?» Malgré la différence d’âge, elle lui a fait réaliser qu’il était bon, qu’il avait du potentiel mais qu’il l’utilisait mal. «Je l’ai revu. Il a un fils de 3 ans. Il m’a dit: je vais en faire un homme comme vous avez fait un homme de moi.» La voix de Béatrice est fière. Pas en raison de son rôle dans le mieux-être du jeune homme. Juste de le savoir heureux. «C’est drôle, je n’ai pas encore rencontré de monde qui n’était pas intéressé à se rencontrer. Ils ne savent juste pas comment.»

Il n’y a pas de solution miracle, pas de théorie, insiste Béatrice. Personne ne peut dire aux autres quoi faire. Surtout quand il s’agit de leur vie. Le travail sur soi doit venir de la personne elle-même. L’idée est simple: pour vivre sa vie, il faut se connaître. Y parvenir semble plus compliqué…

Pour se procurer Sur le chemin de notre vie, contacter Mme Amiot au (450) 743-4561 ou communiquer avec le Centre des aînés de Sorel-Tracy.

Conflit de générations

Sexualité et aînés

Les aînés mal-aimés

Le courage d’une mère aveugle

Pour la dignité et le bien-être des personnes âgées

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Gambling et Jeu compulsif

La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

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Les aînés mal-aimés

Les aînés mal-aimés

Sylvie Daneau

Il y a onze ans, Francine Dufresne a pris sa retraite après avoir été enseignante 25 ans en éducation spécialisée au CÉGEP du Vieux-Montréal. Membre du conseil d’administration du Forum des citoyens aînés de Montréal et de l’Association québécoise de gérontologie, elle participe en plus à des comités de recherche ayant le même objectif: une meilleure qualité de vie des aînés. Dans l’entrevue, elle met en relief une réalité qui la désole: celle d’une société peu attentive aux besoins des 65 ans et plus.

Il n’est pas rare d’entendre, de la part des médias et des gouvernements: «La société coûte cher! Ils vont coûter cher!» Là-dessus, Madame Dufresne s’insurge, s’écriant avec émotion: «Mais, tout le monde voudrait avoir des bons soins de santé!» Après un bref silence, elle interroge. «Les aînés d’aujourd’hui ne sont-ils pas les jeunes d’hier? Pourquoi culpabiliser davantage les 65 ans et plus?» Oui pourquoi? Lorsque les gens vieillissent, des adaptations deviennent nécessaires. Adaptations pour leur permettre de «demeurer à la maison le plus longtemps possible » et ainsi continuer une vie sociale. «Pour les aînés c’est important!» précise Francine qui rajoute que le gouvernement devrait «verser plus de sous pour les soins à domicile… et donner davantage de subventions aux organismes communautaires, aux CLSC.»

Pour mener une vie sociale, encore faudrait-il que le système de transport, autobus et métro, soit plus accessible à tous. Or, ce n’est pas le cas. Résultat, des aînés, hommes et femmes, ont souvent l’impression d’être «mis de côté», pour ne pas dire «exclus», de la société car ils ne peuvent y participer librement. Parmi eux, certains doivent se déplacer en chaise roulante ou avec une marchette. Alors, des aînés restent seuls à la maison. «La personne aînée en vient à souffrir de solitude. La solitude entraîne la maladie et la maladie t’emmène à l’hôpital. Et ça coûte plus cher!» explique Madame Dufresne.

Au sujet de la maladie d’Alzheimer, on en parle trop à son avis. «Ce n’est pas parce que tu perds la mémoire que tu es Alzheimer. Parfois, des gens disent Coudon, t’es-tu Alzheimer toi?» Madame Dufresne ne croit pas qu’ils mesurent la gravité de la situation. Et si la personne l’était? Selon elle, la différence «entre la perte de mémoire normale en vieillissant et celles dûes à la maladie» ne serait pas bien comprise par une partie de la population.

De 2000 à 2002, Madame Dufresne a participé en tant que chercheuse au projet Qualité de vie en milieu urbain: volet Montréal. De cette étude est ressorti la précarité financière des femmes âgées. Les aînées affirmaient: «On est à la retraite, mais il faut payer la nourriture, il faut payer le logement. On voudrait bien acheter des cadeaux à nos petits-enfants et, souvent, il faut choisir entre “bien manger et acheter un cadeau” ou “bien manger et acheter des médicaments.”»

La retraitée se rappelle l’histoire vécue d’une dame âgée. En fauteuil roulant, elle emménage dans une résidence pour personnes âgées. La petitesse de sa chambre l’obligea à donner ses livres. Indignée, elle réagit. «Alors, c’est là qu’on a des images d’une société peut-être bien pensante, mais mal agissante.» Cette réalité qui oblige les aînés à se dépouiller, peu à peu, des biens accumulés de toute une vie, elle appelle cela «être sur le rail à sa retraite». Semblable à un train qui, sur une voie ferrée, dépose ses passagers et s’en va.

«On voit les aînés comme on les voyait avant mais c’est plus la grand-maman qui tricote ou le grand-papa d’autrefois», fait remarquer Francine Dufresne. Les aînés en 2005 ont pris part à la Révolution tranquille et assisté à tous les changements technologiques. «Ce serait respectueux, de penser “ils ont bien le droit de se reposer.” Mais les gens ne réalisent pas que de prendre part à la vie de la société c’est ce qui donne la vie!»

«Le monde nous appartient autant lorsque l’on a 70 ans qu’à ceux qui en ont 20 ou 40» , conclut-elle. La société du XXIe siècle devra s’habituer à des aînés qui veulent s’impliquer, partager leurs connaissances et expériences. Pour Francine Dufresne, il s’agit là «d’un beau rêve réalisable.»

Textes sur la famille:

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/10/conflit-de-generations/

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Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

orgue-classique-hip-hop-breakdance-graffiti-dj-rappeurs Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent “Le Choc des Cultures”. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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