Santé: réadaptation cardiaque et la prévention

La santé cardiaque

Une histoire… Épic!

40 ans de fidélité envers ma cigarette. Ou plutôt mes cigarettes. Trois gros paquets par jour. Pendant un peu plus de 40 ans.

Raymond Viger   dossiers Santé, Inégalités sociales en Santé

centre épic santé cardiaqueVous pensez sûrement que je toussais tous les matins avant de démarrer ma journée, un peu comme un moteur diesel qui démarre par température froide. Ou encore que je crachais comme un moteur qui pissait l’huile.

Désolé de décevoir les préventionnistes. Je n’ai jamais eu l’impression d’avoir de conséquences visibles de ma consommation de cigarettes.

Arrêter de fumer

Malgré tout, je caressais un vieux rêve depuis très longtemps: arrêter de fumer.

J’avais déjà tenté d’arrêter à plusieurs reprises. Parce qu’on s’imagine qu’on est capable d’arrêter quand on veut. Ou encore qu’on fume pour le plaisir et qu’il n’y pas vraiment de dépendance. Même après 40 ans de consommation de 3 paquets de cigarettes par jour.

Après avoir quitté ma cigarette, je me retrouve différent, avec de nouveaux objectifs. Je planifie de monter sur le ring, débuter des cours de boxe, question de me défouler. J’ai même déjà pris rendez-vous avec un ancien du Café Graffiti pour le rencontrer à son gymnase.

Réalités médicales

Un examen médical de routine me ramène à une autre réalité. J’avais déjà commencé des pilules pour le cholestérol, le diabète et des flashs lumineux. Voilà que le médecin, au lieu de me présenter une amélioration de ma santé, me rajoute 2 sortes de pilules pour la pression.

Mais le pire, ce sont les 4 pompes que je dois prendre tous les jours pour réussir à respirer. Une de ces pompes peut être prise au besoin jusqu’à 8 fois par jour.

Le Centre Épic

Au lieu de me diriger vers le ring, j’ai dû mettre un gros X sur ce rêve. C’est vers le Centre Épic que je me retrouve, sous les conseils de ma fille Annie, technicienne en réadaptation physique. Un centre de médecine préventive relié au Centre de cardiologie de Montréal. Un endroit pour une remise en forme adaptée à ma condition physique avec un département de médecins, d’infirmières, de nutritionnistes… On s’y entraîne en se faisant dire quoi manger, comment le manger, quand le manger. Tests sanguins à l’appui, pas facile de tricher. Ce qui aura un impact positif sur mon cholestérol et mon diabète.

Un des rares centres de remise en forme où l’on peut voir des défibrillateurs cardiaques sur les murs de chaque pièce. Ça te permets de rester humble dans ton nouveau mode de vie.

Bouger à son rythme

Un entraînement très différent de ce à quoi je m’attendais. Courir n’était même pas encore envisageable. J’ai dû commencer par… marcher! Assez gênant pour quelqu’un qui pensait monter sur le ring et qui ne pensait pas avoir de séquelles de ses 40 années à fumer ces 3 paquets de cigarette.

Différents spécialistes se sont succédés. Du cardiologue au pneumologue, ORL et un séjour en médecine nucléaire. Un diagnostic d’asthme a été suivi de ce qu’ils appellent, une MPOC. Maladie pulmonaire obstructive chronique. En résumé ça veut dire que les poumons ont pris une pente descendante. Une dégradation deux fois plus rapide qu’un citoyen conventionnel.

Une remise en forme pour tous

J’avais déjà vu un documentaire sur le Centre Épic. Il était présenté comme un centre médical pour des gens qui avaient eu un accident cardiovasculaire. Aujourd’hui, je comprends qu’il y a aussi de la place pour des gens en prévention et qui veulent éviter de se rendre à un tel accident. Il est vrai que le Centre Épic est utilisé par beaucoup de gens qui ont un certain âge. Mais d’année en année, des plus jeunes prennent conscience de l’importance de la prévention et de prendre soin de soi.

J’entame aujourd’hui un nouveau combat. Et il ne se déroulera pas l’arène.

Suite à mes expériences touchant mon arrêt de consommation de cigarettes, j’ai imaginé un T-shirt que notre infographe, Juan, a créé. J’espère qu’il saura en sensibiliser quelques-uns à protéger leur cœur. Une sorte de legs au Café Graffiti pour son financement et sa pérennité. Un organisme qui me tient… à coeur.

Prévention / réadaptation cardiaque en région.

Le centre Épic n’est que l’un des centres destinés à aider les personnes sujettes aux maladies cardiovasculaires.

En revanche, pour une personne en réadaptation en région, trouver un lieu adéquat est un défi. Dans un prochain billet, nous vous donnerons un état des lieux sur la réadaptation en région.

En attendant, si vous avez des besoins en matière de maladies cardiovasculaires et habitez en région, n’hésitez pas à nous contacter pour partager votre situation à: communications@refletdesociete.com.

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Vivre sans prothèse

Vivre sans prothèse
Gabriel Alexandre Gosselin, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008

Remplacer un membre manquant par un membre artificiel nous apparaît un incontournable pour l’amputé qui veut recommencer à vivre normalement. Par contre, ce n’est pas automatiquement le scénario qui se présente. Une partie d’entre eux décideront ou se verront dans l’obligation de vivre sans prothèse.

Quand une personne récemment amputée de la jambe arrive en réadaptation, on évalue d’abord les forces et les faiblesses physiques du patient. On observe comment il se déplace, s’il est fort physiquement. «Même les capacités cognitives jouent un rôle dès le départ», expliquent Marie-Noëlle Roussin et Julie Paquette, ergothérapeutes à l’hôpital de réadaptation Villa-Medica (HRVM), situé à Montréal.

Cet établissement reçoit en majorité des aînés dont l’amputation est souvent la conséquence de problèmes vasculaires engendrés par de mauvaises habitudes de vie. Ces patients sont les plus susceptibles d’avoir à se débrouiller sans membre artificiel, puisque leur corps entier est souvent en mauvais état.

Pour les handicapés qui ne peuvent pas porter la prothèse, la réadaptation est différente. La première étape consiste à déterminer un substitut à la jambe artificielle : béquilles, marchette ou fauteuil roulant. Puis, le domicile est adapté à l’option choisie, par exemple en installant des rampes à plusieurs endroits dans la maison, ou en déménageant dans un endroit plus sécuritaire.

Tout au long de la réadaptation, des experts conditionnent l’amputé à devenir le plus autonome possible. Les physiothérapeutes l’entraînent pour une meilleure condition du moignon. Ils renforcent le bout de jambe qui reste au patient ou le sensibilisent à avoir les bras plus forts pour ne pas se fatiguer lors de déplacements en chaise roulante. Les ergothérapeutes, eux, initient et habituent le patient aux activités de tous les jours: entrer dans leur voiture, utiliser les toilettes, prendre une douche, cuisiner sur le comptoir, etc.

Changer d’idée

Louis Bourassa, des Amputés de guerre, mentionne que ce sont les limites de la technologie qui parfois empêchent un amputé d’opter pour la prothèse. «Il existe des prothèses pour la hanche, mais elles sont encore inefficaces et peu confortables», donne-t-il en exemple.

Dans le cas d’un bras amputé, la prothèse s’avère souvent moins indispensable. Chez les Amputés de guerre, certains jeunes qui vivent sans prothèse au bras changeront par contre d’idée en cours de route. «L’évolution d’un jeune implique l’affirmation de sa personne et de ses champs d’intérêts. L’adolescent qui veut plaire aux jeunes filles finira par se faire poser un bras artificiel, histoire de présenter un esthétisme plus normal et ne pas attirer l’attention vers le bras incomplet.» Ou, en découvrant une activité qui lui plaît particulièrement, un jeune cherchera à se procurer un bras adapté à son nouveau passe-temps.

C’est précisément dans ce cas que les Amputés de guerre sont importants. Le gouvernement ne paie que pour la prothèse de base. L’organisme fournira du mieux qu’il peut une prothèse adaptée pour l’activité que le jeune veut pratiquer, ou initiera des recherches pour en créer une. Et ces prothèses adaptées vont de celle conçue pour se mouler à la botte de ski alpin, à celle qui sert…à tricoter!

Les Amputés de guerre, c’est quoi?

Les Amputés de guerre forment un organisme qui vient en aide aux Canadiens amputés et âgés de 0 à 18 ans, qui sont regroupés dans le programme «Les Vainqueurs». L’organisme soutient ces «Vainqueurs» moralement et financièrement. «Nous déboursons pour les réparations, les frais de transport et les recherches pour les prothèses adaptées. Le gouvernement paie seulement pour la prothèse de base. Nous envoyons aussi à nos adhérents la documentation sur les nouvelles technologies et les recherches en cours», explique Louis Bourassa, des Amputés de guerre.

Depuis 1946, environ 15 000 jeunes ont eu recours à l’organisme connu pour ses petits porte-clés. Aujourd’hui, le programme «Les Vainqueurs» compte environ 4000 adhérents, et près de 100 nouvelles inscriptions ont lieu chaque année. Et une fois l’âge majeure atteint? «Nous aidons encore financièrement l’amputé qui est devenu adulte. Seulement, il n’est plus compilé aussi précisément qu’auparavant dans les statistiques de l’organisme. Il a cessé de grandir et est donc relayé à des prothésistes pour adultes», précise M. Bourassa.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. Renaissance. Depuis 1997, Jean-Simon Brisebois s’est découvert une passion pour écriture. Il s’implique activement dans divers projets communautaires dans Hochelega-Maisonneuve.
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