Drogue et décrochage

Drogue et décrochage

Thomas………DOSSIERS DécrochageAlcool et drogue, ET Toxicomanie

«La vie, c’est de la marde!» Voilà ce que je pense et c’est contre cette pensée que je dois lutter tous les jours. Lutter contre le découragement, lutter contre le sentiment d’impuissance qui m’envahit et lutter contre le désir de m’en évader en fumant un joint.

Déjà tout jeune, au début du primaire, c’était pas le fun! J’étais pas comme les autres. Je portais des appareils auditifs et je ne savais pas me défendre. Mauvaise combinaison! Je suis plutôt du genre émotif et sensible et non pas gros bras! Je me faisais «écœurer» tous les jours et je revenais de l’école en pleurant. J’ai donc pris très jeune l’école en grippe et je n’ai pas réussi à me faire d’amis. Quand on est un  loser, on n’est pas très populaire! J’ai perdu rapidement toute confiance en moi.

p.22-23le_trip_d'un_rejetillustration.jpg C’est sûr que ça ne s’est pas amélioré avec le temps. Je dérangeais tout le temps, je faisais le clown pour attirer l’attention et me faire aimer. Mes résultats scolaires se sont rapidement détériorés et j’ai acquis une réputation de trouble-fête. J’ai doublé ma quatrième année et, au secondaire, on m’a envoyé dans une école spécialisée pour les têtes fortes… ce que je n’étais pas en réalité… Mais j’étais complètement désintéressé et isolé parmi le millier d’étudiants de la polyvalente. Je ne savais pas comment me faire des amis, comment être aimé, en fait. La terrible solitude!

Drogue: les premières fois

Je décroche finalement à 16 ans. Je me trouve quelques petits boulots comme plongeur dans les restos du coin. Pas le fun, mais bon, ça me donne un peu d’argent. La vie est plate et je commence à fumer un joint à 17 ans avec une gang de chums. Enfin, j’avais des chums! Et, en plus, j’ai aimé le buzz. Alors j’ai continué… continué jusqu’à n’avoir plus d’intérêt pour rien d’autre. J’ai perdu ma job et ma mère m’a mis dehors. Je suis allé vivre dans une tente pour l’été… La bohème: on est bien, j’ai des chums, la vie est belle!

J’ai vivoté ainsi durant 12 ans. J’ai essayé un peu de tout: mari, pot, hash, mushroom, buvard, mescaline, ecstasy, speed… mais je n’ai pas touché à la coke ou à l’héroïne: j’avais trop peur d’aimer ça! J’ai dealé de la drogue. C’était valorisant. Enfin, j’étais respecté par les autres, et en plus, je fumais gratos. J’ai arrêté par peur de la prison. Toujours seul, toujours drogué, toujours cassé, toujours déprimé et dépressif.

J’ai eu plusieurs blondes, mais c’était pas facile de vivre avec un gars comme moi. Ou elles étaient des toutes «croches», ou elles étaient trop bien pour m’endurer. Un vrai cercle vicieux. Je vous le dis, une vie de merde! C’est pas comme ça que je veux vivre!

Désintox

Il y a quatre ans, je suis finalement allé en désintox au Centre Dollard-Cormier, à Montréal. Suffit d’appeler directement pour avoir de l’aide, c’est facile. Ce qui n’est pas facile, c’est de se décider à y aller et ensuite de continuer à ne pas consommer. J’ai rechuté. J’ai repris du pot, mais plus jamais de chimique. C’est moins dur pour ma santé, mais ça n’arrange pas ma vie. Quand je fume, ça prend toute la place, c’est ma priorité. Je ne pense plus, je ne mange plus, je n’ai pas confiance en moi, ça me rend paresseux, tout le reste est plate!

final del tunel copie Alors, depuis deux ans, j’ai cessé graduellement de consommer. Je veux arriver à quelque chose dans ma vie. Le trip de jeunesse a duré longtemps mais c’est assez! Cependant, ma vie ne s’est pas arrangée pour autant. Je dois lutter tous les jours contre le découragement.

Mon pattern, c’est de dire que tout est plate. Mais je sais maintenant que c’est à moi de passer par-dessus cette pensée et de m’arranger pour que ma vie soit intéressante. C’est dur, c’est un effort de tous les instants. Il me faut découvrir qui je suis, ce que j’aime et ce que je veux vraiment. Réinventer ma vie. Vivre straight, sans faux-fuyants et sans artifice. Renouer avec les autres et avec moi. Je m’étais coupé de tous contacts humains durant 12 ans, pour me protéger, j’imagine.

Ecole de la deuxième chance

Mes petites victoires au jour le jour me motivent. J’ai débuté l’an dernier un AEC (attestation d’études collégiales). C’est un programme réservé aux décrocheurs. J’ai été accepté sans avoir terminé mon secondaire 5, sur la base de mes expériences. Le programme couvre les cours techniques nécessaires à l’obtention du diplôme et dure seulement un an.

Comme c’est du plein temps, j’ai réussi à obtenir les prêts et bourses et ma mère me fournit chaque mois une petite pension. Je peux ainsi consacrer tout mon temps aux études. C’est pas facile. Il y a des cours techniques très compliqués que je n’ai pas réussis. Mais je ne me décourage pas. Je vais les reprendre et je vais obtenir mon diplôme.

Je suis toujours seul, mais je sais maintenant pourquoi, et je prends ma vie en main. C’est un effort de tous les jours, mais je vois aussi, au loin, le bout du tunnel!

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Illustrations Renart L’Éveillé.

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Les multiples tentations du jeu

Les multiples tentations du jeu

Rox Ann   Dossiers Gambling et jeu compulsifGamblers anonymes, Alcool et drogue

cenne_volante Intervenante auprès des joueurs excessifs, j’en ai vu des personnes en détresse… avec l’envie de s’en sortir. Parce qu’elles étaient vraiment rendues dans le «fond du baril».

Inversement, il y en avait d’autres avec de la motivation, du bon vouloir et tout ce que vous voudrez… jusqu’à ce que le chèque du premier arrive pour quelques-uns ou la paye pour les autres. Parmi eux, il y en a qui ont fait une thérapie juste pour dire qu’ils la faisaient… d’autres voulaient vraiment la vivre… Deux contextes complètement différents qui influent grandement sur le résultat final.

Tout miser… jusqu’à la raison

Toutes les raisons sont bonnes pour jouer mais les bonnes raisons pour arrêter se font plus rares. Avec la petite bière ou la ligne de coke, vient les «gratteux» ou la machine. Ils sont les héros du jeu, capables de battre le hasard parce qu’ils ont tellement perdu la veille que ça ne se peut pas que «ça ne paye pas» !

Prendre un verre pour se donner encore plus de chance de gagner avant et pendant le jeu… et prendre encore un verre pour oublier l’argent du loyer, des comptes et de l’épicerie qui vient de passer dans la machine.

J’en ai vu qui ont perdu des condos, des maisons et qui ont vendu leur char sur un coup de tête pour aller jouer. Si ce n’était que le matériel qu’ils risquaient de se faire saisir… Mais finalement, la famille, les amis et les collègues de travail s’en vont. Ça aussi, je l’ai vu.

Thérapie par dessus thérapie

Trois, quatre thérapies pour certains! Des rechutes… et même des idées suicidaires, jusqu’aux tentatives. La honte, le désespoir, l’endettement, la solitude «même plus une larme pour pouvoir pleurer…» C’est la réalité, et ce n’est sans doute pas un hasard que tout cela vienne avec le jeu.

La question que je me pose c’est: pourquoi attendre d’être seul avec plus rien au monde pour penser, peut-être, suivre une thérapie, aller chercher de l’aide.

Tentation du jeu

C’est sûr qu’avec toute la tentation, «ce n’est pas un cadeau»! En allant au dépanneur pour acheter une pinte de lait, il y a un beau gros «pad de gratteux», n’est-ce pas tentant? Maintenant, il y a même des moniteurs qui présentent les gagnants, les lots à gagner, etc. À la pharmacie, la caissière qui demande «une petite loto avec ça?» Les publicités à la télévision, les affiches… tout ce qui nous entoure publicise et banalise le jeu. Combien de bars dans votre région possèdent des machines à loterie vidéo? Dans certaines villes, on organise même des voyages au casino! Une cinquantaine de dollars et voilà le voyage payé, dîner compris!

La santé mentale, pas important?

Dans bien des endroits, je me suis fait refuser d’apposer de la publicité pour l’organisme où je travaille… Pourquoi ? Peut-être par peur de perdre de la clientèle et de l’argent? On donne des «gratteux» aux enfants, on crée déjà l’illusion du gain facile en très jeune âge. J’ai déjà entendu, dans les groupes de thérapies, qu’on cache les cigarettes dans les dépanneurs mais pas la loterie… On parle d’une question de santé physique parce que la fumée c’est cancérigène. Mais que fait-on avec la santé mentale des joueurs ?

C’est à se demander, «si on ne cherche pas le trouble…» Posez-vous des questions! Essayez de trouver les réponses. Le hasard, on ne peut rien y changer.

Vaut mieux prévenir que guérir…

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.8

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