Le paludisme, Marie-Mai passe à l’action

Le paludisme, Marie-Mai passe à l’action

(Agence Science-Presse)

Chronique préparée en collaboration avec le magazine Les Débrouillards, Nicole Castéran

En Afrique, 3 000 enfants par jour meurent du paludisme. Ici, les maringouins ne sont pas dangereux, mais dans beaucoup de pays, une simple piqûre de moustique peut être fatale.

Quand une personne est piquée par un moustique appelé anophèle, un parasite pénètre dans son sang et commence à détruire les globules rouges. Puis des symptômes apparaissent : fièvre, maux de tête, vomissements et faiblesse extrême. C’est le paludisme (aussi appelé malaria).

Sans médicaments, la maladie endommage le cerveau ou d’autres organes vitaux. Chez les enfants, c’est souvent fatal.

Une solution simple

Il y a un moyen simple et efficace de prévenir les piqûres de moustiques : dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide. Elle bloque le passage des anophèles et l’insecticide les tue.

Marie-Mai est l’ambassadrice de la campagne de l’UNICEF Un filet d’espoir au Québec. L’objectif ? Ramasser assez d’argent pour offrir une moustiquaire à 50 000 familles du Libéria et du Rwanda, deux pays africains durement touchés par le paludisme.

 »  Un enfant africain meurt toutes les trente secondes à cause du paludisme, dit Marie-Mai. Il faut faire quelque chose ! J’ai lancé le défi Tissons un filet d’espoir contre la malaria à tous les jeunes du Québec. J’ai présenté la campagne dans plusieurs écoles et les jeunes sont formidablement motivés. J’ai beaucoup d’espoir dans cette nouvelle génération.  »

Les jeunes débordent d’idées

 

À la polyvalente Carrefour, de Gatineau, la visite de Marie-Mai a mobilisé les élèves : ils ont organisé une vente de roses et de chocolat pour la Saint-Valentin ainsi qu’un quille-o-thon. Ils auront une dictée pas comme les autres : ils devront  » payer  » chaque faute d’orthographe !

Des écoles, des clubs sportifs et des entreprises rivalisent d’imagination pour recueillir des fonds : vente d’artisanat, karaoké, livre de recettes, encan, nage-o-thon, etc.

Sur le site Un filet d’espoir (http://www.spreadthenet.org), tu trouveras des idées pour amasser des fonds.  » Soyez généreux, demande Marie-Mai. Un filet ne coûte que dix dollars, c’est-à-dire… un billet de cinéma ou un album sur iTunes.  »

L’UNICEF

L’UNICEF, ou Fonds des Nations Unies pour l’enfance, vient en aide aux enfants du monde. Visite leur site (www.unicef.ca) : clique sur l’onglet  » Jeunes « , un dessin animé te racontera l’histoire de l’UNICEF. Tu y apprendras comment vivent des enfants de plusieurs pays du monde.

C’est l’anophèle femelle qui inocule le parasite du paludisme aux humains en les piquant pendant la nuit. Une seule moustiquaire protège plusieurs membres d’une même famille. Marie-Mai profite de sa tournée de concerts au Québec pour faire connaître la campagne Un filet d’espoir.

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

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Passe-moi le ballon, la chicane est finie!

Terre des Débrouillards
Des projets de développement pour une planète solidaire
Chronique de l’Agence Science-Presse préparée en collaboration avec le magazine Les Débrouillards

Passe-moi le ballon, la chicane est finie!
Nicole Castéran

L’Albertaine Jennifer Heil, championne du monde de ski acrobatique, revient d’un séjour au Rwanda. Des jeunes victimes de la guerre s’y réconcilient en faisant du sport!

Au Rwanda, en 1994, les membres de deux ethnies, les Tutsi et les Hutu, se sont entretués. Il y a eu 800 000 morts. Quatre millions de personnes ont fui leur foyer. Aujourd’hui, tout est à reconstruire. Il reste beaucoup de haine entre les deux peuples.

Débrouillards: Jennifer, au Rwanda, on se réconcilie par le sport?
Jennifer Heil: Oui! En jouant tous ensemble, ils apprennent une foule de choses: régler les conflits, accepter les autres, se maintenir en bonne santé et éviter les maladies. Ils abandonnent moins l’école et réussissent mieux en classe. Le jeu leur procure un moment loin des dures réalités de leur vie.

C’est l’organisme Right to Play Canada (Le droit de jouer), dont je suis une ambassadrice, qui organise ces jeux.

1-0 pour la paix
Jouer ensemble, c’est apprendre la coopération, l’esprit d’équipe et la tolérance. De retour à la maison, les jeunes sportifs transmettent un message positif à leur famille et à leur communauté. Ainsi, toutes les générations en profitent.

Débrouillards: Comment apprend-on à éviter les maladies par le jeu?
Jennifer Heil: Voici un exemple. Dans le jeu du pont, on demande aux jeunes de traverser une rivière infestée de crocodiles en marchant sur un étroit morceau de bois. On étend une bande de tissu (c’est le cours d’eau) et on y dépose des peaux de crocodiles. Les enfants qui ne réussissent pas ont droit à un deuxième pont (plus large), puis à un troisième si nécessaire.

Après, on discute. Que symbolisent les crocodiles? Les microbes qui nous donnent des maladies. Les ponts, eux, représentent les divers moyens de les éviter: par exemple se laver les mains, ne pas boire l’eau des ruisseaux, se faire vacciner, etc.

Débrouillards: Les discussions ont donc un rôle très important. Qui les anime?
Jennifer Heil: Ce sont des moniteurs rwandais spécialement formés. J’ai rencontré plusieurs de ces filles et garçons d’une vingtaine d’années. Ce sont des survivants du génocide de 1994. Ils ont terriblement souffert, pourtant aujourd’hui ils s’emploient, avec une admirable compassion, à réconcilier les ethnies. Le travail est immense.

Débrouillards: Qu’est-ce que ce voyage t’a apporté?
Jennifer Heil: La plus grande leçon que j’en tire, c’est la force de l’esprit humain. Comment des gens qui ont si peu reçu peuvent-ils tant donner? Ça fait réfléchir quand, comme moi, on a beaucoup reçu.

«Je suis allée au Rwanda pour aider l’organisation Right to Play Canada à recueillir des fonds, relate Jennifer. L’exemple de Clara Hughes, médaillée d’or en patinage de vitesse et déjà ambassadrice, m’avait beaucoup inspirée. Je suis convaincue que l’on peut apprendre énormément avec le sport et le jeu.»

Cet article est publié avec la collaboration de l’Agence canadienne de développement international (ACDI).

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conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

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De la guerre à la paix

De la guerre à la paix

Agence Science-Presse– Isabelle Burgun

Des journalistes, habillés en treillis, commentent les opérations militaires de la journée. Les reportages « de terrain », réalisés par des équipes de télévision lors du débarquement américain en Irak, ont suscité un profond malaise chez de nombreux téléspectateurs. Ces journalistes en pays de guerre mais aussi les militaires appelés à réaliser des travaux de reconstruction et les femmes qui participent à la reconstruction du pays constituent les trois volets du champ vaste de la gestion humanitaire qu’a étudié Gérard Verna, professeur de management international de l’Université Laval.

Ce spécialiste de la gestion humanitaire et de la coopération internationale dirige actuellement une thèse de doctorat qui se penche, sur la base des expériences de Bosnie et du Rwanda, sur le comportement des journalistes face à un drame humanitaire. «Il est nécessaire de réfléchir sur le rôle de ces « super journalistes ». Au Rwanda, par exemple, tous les journalistes ont pris position sur une base ethnique », relève-t-il.

Quand l’observateur devient acteur

« Nous voulons connaître le passage du journaliste au militant, le procédé liminal – et donc préconscient – qui va lui faire choisir son camp et par la même occasion, qui va lui faire tourner le dos à l’objectivité qui caractérise sa profession », explique le professeur Verna.

Sur le terrain, les témoignages sont toutefois difficiles à recueillir, particulièrement au Rwanda où il s’avère physiquement dangereux de questionner le nouveau pouvoir en place. « Mon étudiante, Annie, a de grande difficultés à faire son travail, les journalistes sont terrorisés » rapporte même le chercheur. Prendre position reste encore périlleux, surtout sur le terrain.

Malgré les écueils, la voix des journalistes porte loin et différents organismes tentent de se l’approprier. Par exemple, l’OTAN déploie actuellement une campagne de propagande en Afghanistan, par le biais de stations de radios – CJ-POTF, Radio RANA 88,5 FM – pour changer son image auprès de la population civile.

Armée humanitaire et femmes de terrain

La coopération entre les civils et les militaires dans l’aide humanitaire est le thème d’un récent ouvrage du professeur Verna. Ce dernier livre d’une série consacrée à la gestion humanitaire, à la paix et au désarmement, et qui devrait paraître bientôt, se penche sur les relations entre la population et les militaires, particulièrement lorsque ces derniers effectuent des actions humanitaires.

« Ils ont démontré leur efficacité et les gros moyens dont ils disposent lors du dernier tsunami de décembre 2004. Mais c’est un mélange des genres corrupteur », relève Gérard Verna. En effet, depuis les attentats du 11 septembre, le virage militaire de la gestion des catastrophes humanitaires s’est accentué.

Cette « militarisation » de l’action humanitaire a de nombreux effets pervers dont celui de compromettre les conditions de travail des gens qui œuvrent dans les ONG. « Lorsque celui qui reconstruit porte un fusil dans son dos, nombreux sont ceux qui ne voient que le fusil », souligne le chercheur. Ce qui expliquerait une partie de la recrudescence de la violence faite contre les civils.

Et la paix, lorsqu’elle revient, peut-elle être un moteur pour la prospérité ? C’est ce que soupçonne Gérard Verna qui dirige aussi une seconde thèse sur la prise de conscience des femmes qui, dans un pays en reconstruction, décident de sortir de la survie quotidienne pour jeter les bases d’une activité plus rémunératrice.

« Il s’agit aussi de cerner ce qui motive les femmes qui se lancent en affaires. Le retour à la paix pourrait être une motivation supplémentaire dans leur démarche », explique le professeur. Pour dépasser la survie, pour oublier la guerre.

Pour en savoir plus sur les travaux de Gérard Verna et la gestion humanitaire

À feuilleter

Gérard Verna a publié une série de trois ouvrages aux Presses de l’Université Laval.

L’action humanitaire du Canada, 2004

Faire la paix, 2005

DDR : Démobiliser, désarmer et réinsérer les combattants, 2006

À visiter

Site personnel de Gérard Verna

http://www.fsa.ulaval.ca:80/personnel/vernag/

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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Carrefour Tiers-Monde

Merci de visiter notre Boutique équitable

Carrefour Tiers-Monde

L’économie sociale, une nouvelle vision du communautaire

Raymond Viger Dossiers Commerce équitable, cartes anniversaire et Calendrier 2012

Le financement des organismes communautaires demeure ardu et complexe. Nous avons eu notre lot de téléthons. Cette stratégie en a aidé quelques-uns. Mais le Québec est une terre fertile en organismes d’aide et de soutien à différentes causes. Comment réussir à les financer lorsque le gouvernement cherche à se désengager financièrement?

Un nouveau virage a vu le jour ces dernières années: l’économie sociale. En quelques mots, cette nouvelle philosophie est de lier des organismes communautaires à une activité commerciale générant des profits qui pourront être investis dans la cause sociale. Pour faire connaître les nouvelles initiatives en ce domaine, le Journal de la Rue part en tournée. Nous vous présenterons d’un numéro à l’autre certains succès qui méritent d’être connus.

Aider au financement d’un organisme communautaire en vous logeant dans un hôtel lors de vos prochaines vacances. L’Autre Jardin est le premier hôtel d’économie sociale au Québec. Il est la propriété de Carrefour Tiers-Monde, un organisme communautaire oeuvrant en éducation du public au développement international. L’organisme a comme mission de faire grandir la solidarité internationale. Il défend la nécessité d’un développement digne, équitable et durable. Grâce aux profits générés par l’Autre Jardin, Carrefour Tiers-Monde peut poursuivre son travail de sensibilisation.

Les propriétaires de l’hôtel « Au Jardin d’Antoine » à Montréal, M. Antoine Giardina et Mme Francine Gaudreault, ont, par leur expertise et leurs conseils judicieux, contribué à la naissance de L’Autre Jardin à Québec. Un bel exemple que l’entreprise privée peut être un moteur important pour le communautaire. Pourquoi se limiter à un don ou une commandite ponctuelle? L’économie sociale est une façon de rendre autonome les organismes communautaires.

L’Autre Jardin, c’est un jardin à Québec, une auberge résolument urbaine et contemporaine. Situé au cœur du quartier St-Roch, le centre-ville de Québec, l’Autre Jardin fait également référence au Jardin St-Roch situé à proximité de l’auberge et qui a été l’élément moteur de la revitalisation de ce quartier de la ville de Québec.

Économie sociale et le commerce équitable

Vous avez sûrement entendu parler du café équitable. Un café qui est vendu pour soutenir les paysans du Sud. Le café est acheté directement aux petits producteurs regroupés collectivement afin d’éliminer les intermédiaires. Les coopératives favorisent la participation démocratique et l’organisation communautaire au sein du regroupement. Une aide est offerte pour favoriser l’accès au crédit afin d’éliminer le chantage et la manipulation de créanciers peu scrupuleux.

Ce principe de commerce équitable se retrouve à la boutique Équimonde et pas juste pour du café. Plus de 150 produits d’artisanats, en provenance de quelque trente pays tels que le Mozambique, le Rwanda, le Burundi, Haïti, le Pérou, le Chili… Cette boutique est aussi propriété de Carrefour Tiers-Monde. Une façon originale de sensibiliser le public à la réalité internationale tout en faisant découvrir la richesse et le talent des gens qui y habitent.

La recherche de la fortune n’est pas la motivation des entrepreneurs en commerce équitable. Certes, il faut développer le marché et rentabiliser l’entreprise mais, dans l’équité et la justice sociale avant tout. La boutique Équimonde est un lieu d’implication sociale où des bénévoles contribuent au développement du commerce équitable.

Chien de garde pour produit équitable

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

Disponible par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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L’université du Nouveau Monde

L’université du Nouveau Monde

Par Raymond Viger

Malgré le beau temps qui règne à Montréal au mois d’août, 400 jeunes provenant de partout à travers le Québec se rejoignent sur une base volontaire pour rêver et réfléchir le Québec de demain. Malgré le beau temps, ils travailleront ensemble pendant quatre jours à définir des propositions et des changements pour nos décideurs et la société. Conférences, ateliers, tables rondes avec une centaine d’acteurs influents de notre société, ils nous livrent maintenant le fruit de leur réflexion.

Une organisation qui aura été possible grâce à l’implication de huit jeunes dans un projet du Fonds Jeunesse Québec. Pendant six mois, ces jeunes se sont acharnés à tout préparer, à tout prévoir. Face aux imprévus, ils ont gardé leur sourire et leur entrain. Quand une difficulté survenait, ils s’excusaient et, avec des yeux pétillants ils mettaient tout en œuvre pour trouver une solution rapide et efficace. Dans toute organisation, rien n’est parfait, mais cette capacité de garder sa bonne humeur et d’inventer une solution fait toute la différence pour la personne aux prises avec un problème.

Les grand acteurs de notre société

Pendant ces quatre jours, ils ont eu la chance de côtoyer Henri Massé, le grand manitou de la FTQ, Bernard Landry, ancien Premier Ministre et chef de l’opposition, Roméo Dallaire, ancien commandant des forces de maintien de la paix au Rwanda pendant le génocide, Marie-France Bazzo, animatrice à la radio de Radio-Canada et à Télé-Québec, Pierre Fortin économiste et chroniqueur pour L’actualité, Claudette Carbonneau, première femme à présider la destinée de la CSN, Michaëlle Jean, animatrice de l’Heure du midi à Radio-Canada, Pops, (le Bon Dieu dans la rue), François Avard, auteur des Bougons, Christian Vanasse, membre des Zapartistes, Michel Mpambara, humoriste, Riccardo Petrella du groupe de Lisbonne et auteur de Désir d’humanité, le droit de rêver et bien d’autres… Près d’une centaine d’invités de haut calibre sont venus s’entretenir avec les jeunes, mais surtout répondre à leurs questions.

Un vrai débat pour parler des vraies affaires

Et le débat a vraiment eu lieu. D’entrée de jeu, le directeur général Michel Venne parlait de toutes les attentions qui ont été mises en place pour recevoir le groupe de 400 jeunes. Il s’est rapidement fait crier dans la salle que pour des considérations environnementales, il n’aurait pas dû y avoir des verres en «styromousse». Tout en gardant son sourire, Michel Venne a eu l’ouverture d’esprit de bien recevoir la critique et de mentionner que cela sera pris en compte pour l’an prochain. Quand on donne l’opportunité aux jeunes de s’exprimer, il faut être capable de se remettre en question sans toujours être sur la défensive. Bernard Landry s’est fait vertement questionner sur des questions écologiques. Le Ministre de l’Éducation, Pierre Reid, a sûrement bien entendu les demandes répétées des jeunes pour un meilleur soutien dans les questions de Prêts et Bourses. Les jeunes étaient là pour s’exprimer, pas pour dormir sur leur chaise pendant qu’on leur parlait du Québec tel qu’il est. Ils ont voulu rêver le Québec de demain qui les attend et qu’ils veulent réaliser. Ils ont répondu à l’appel et brillamment rempli leur mandat.

Les 50 propositions d’un nouveau Québec

Le tout s’est déroulé avec une grande implication et avec beaucoup d’enthousiasme chez les jeunes. Il fallait les voir dans les pauses continuer à faire le débat et porter la réflexion encore plus loin. Les jeunes se sont impliqués dans une démarche qui les amenait à formuler 50 propositions pour un Québec qui leur est propre. Ces propositions peuvent être consultées sur le site Internet de l’Institut du Nouveau Monde, l’organisme qui parraine cette activité estivale nommée l’Université du Nouveau Monde.

Dialogue non partisan

Le dialogue a réussi à régner en maître. Les jeunes se sont exprimés, tout en respectant le droit de parole de leurs vis-à-vis. Malgré que toutes les allégeances politiques étaient représentées, les jeunes ont parlé en tant que citoyens militants et non pas en tant que militants d’un parti politique. Aucune ligne de parti n’était de mise. Tout le monde avait son mot à dire, à sa façon, pour un Québec meilleur.

Même si les jeunes sont conscients que les alliances et le regroupement des gens deviennent presque incontournables en politique, pour une réflexion mature et complète. Ils ont choisi l’objectivité à la partisanerie. Et sur cet exercice de démocratie et de travail d’équipe, nos politiciens auraient avantage à écouter nos jeunes et à prendre exemple sur ce qu’ils ont réalisé. Si les politiciens apprenaient à travailler davantage en équipe plutôt que de chercher à se démolir entre eux, nous aurions peut-être la chance de mieux bâtir notre société d’aujourd’hui et de demain.

C’est avec une grande fierté envers le potentiel et l’implication de nos jeunes que j’ai assisté à l’Université du Nouveau Monde. Reflet de Société va continuer à suivre de près les débats et les activités de l’Institut de Nouveau Monde. Vous trouverez à la page couverture arrière de ce numéro un reportage photo sur l’Université du Nouveau Monde 2004 et une invitation pour l’an prochain. Puisque maintenant les jeunes ont pris position, il faut donner une suite aux débats.

Nous y serons et nous nous ferons un plaisir de rappeler à M. Venne dans les semaines qui vont précéder de ne pas oublier de remplacer les verres en «styromousse».

Catherine Farembach, directrice générale du Fonds Jeunesse Québec

«L’Institut du Nouveau Monde a su laisser toute la place aux jeunes pour créer leur propre programmation. L’échange avec des mentors de tous les milieux a été fort intéressant. Ce projet aura été une excellente expérience de travail pour les jeunes et leur donner des responsabilités.

Je connais bien les jeunes qui participent à différents débats dans d’autres réseaux déjà organisés. Parmi les 400 jeunes que j’ai croisé, je n’ai pas vu de visages connus. Les jeunes venaient de partout à travers le Québec, de nouveaux jeunes venus faire le débat. J’ai trouvé intéressant la place que les jeunes ont eu l’occasion de prendre».

Henri Massé, président de la FTQ

«Dès le début de mon exposé, une quarantaine de jeunes s’étaient déjà entassés au micro pour discuter. Nous avons échangé pendant plus d’une heure par la suite, un débat fort actif. Cette formule est plus intéressante qu’une simple conférence.

J’ai été frappé par les questions et les remarques des jeunes. Il est faux de croire que les jeunes sont égoïstes. Ils sont très préoccupés par la mondialisation et les choses sociales. Les jeunes sont très solidaires.

Il est important de travailler nos convergences, plutôt que nos divergences. Il y a tout de même une limite aux débats non partisans. La force des idées n’est pas suffisante. Pour un changement, il faut aussi apprendre à contester.

Pour ne pas se décourager, il ne faut pas se donner que des objectifs à long terme. Il faut aussi se donner de petites luttes, des revendications à court terme, des victoires de tous les jours.

Il n’y a pas assez de forum comme ça. À l’époque nous avions la JEC (Jeunesse Écolière Catholique) et ensuite la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique) pour faire les débats de société. Notre société a tout de même changé. Dans les années 70, le long des autoroutes, on voyait toutes sortes de cochonneries qu’on jetait de nos automobiles ou dans nos excursions de pêche. Aujourd’hui on est beaucoup plus respectueux de l’environnement.

Découvrir le Québec de demain

L’INM est un institut indépendant, non partisan, voué au renouvellement des idées et à l’animation des débats publics au Québec. INM oeuvre dans une perspective de justice sociale, de respect des valeurs démocratiques, et dans un esprit d’ouverture et d’innovation. L’INM veut inspirer l’émergence de solutions novatrices aux problèmes du Québec contemporain.

Retrouver le goût de l’avenir, relancer l’imaginaire, aider les décideurs à décider mieux, dessiner les contours du Québec dans lequel nous voulons vivre demain, déterminer ce qui doit être fait pour répondre aux aspirations d’une société progressiste, juste, démocratique et pluraliste.

Le Ministre de l’Éducation, M. Pierre Reid, déçoit les participants de l’Université du Nouveau Monde

Après quatre jours de durs labeurs, d’échange et de réflexions sur une nouvelle société, c’est l’euphorie totale à l’assemblée citoyenne de l’Université du Nouveau Monde. Pendant la lecture des 50 propositions qu’ils ont élaborées, 400 jeunes applaudissent, font des ovations debout. Un vent de changement parcourt la salle.

Michel Venne, le directeur général de l’Institut du nouveau monde qui a permis la tenue de cet événement, prend la parole. Il a droit lui aussi à une ovation monstre. Les jeunes sont heureux et enthousiastes de l’expérience.

Le Ministre de l’Éducation, M. Pierre Reid, au nom de son gouvernement, est venu prendre acte des propositions des jeunes. Plus il parle et plus l’enthousiasme commence à s’effriter. Certains jeunes calent dans leur fauteuil, d’autres se chuchotent à l’oreille pendant que le Ministre nous entretient sur la théorie de Darwin et de la grosseur des cerveaux des fourmis. Deux jeunes, n’en pouvant plus, commencent à crier après le Ministre. Une dizaine d’autres quittent la salle. Cette salle si passionnée quelques secondes auparavant devient indifférente et déçue du discours du Ministre.

Après avoir rêvé d’un Québec nouveau où règne la démocratie, après avoir eu des dizaines et des dizaines d’ateliers, de conférences et de tables rondes sur l’importance de prendre sa place, l’indifférence du monde du pouvoir tente d’endormir maintenant les jeunes.

J’ai rencontré plus d’une dizaine de jeunes après le discours du Ministre Reid. Ils sont unanimes à dire que le discours était «inapproprié… Cela détonnait avec tout ce que j’ai entendu pendant quatre jours… Je ne se sens pas que le Ministre de l’Éducation nous a entendu… Il aurait dû assister aux ateliers avec nous… Son discours est une coupure avec le restant de l’Université du Nouveau Monde… Il n’a fait aucune référence à nos propositions, malgré qu’il y en ait dix sur l’éducation…» Certains, encore sous l’effet de choc, se sont contentés de commentaires tels que «inimaginable» ou encore tout simplement «complètement pourri».

D’autres jeunes ont été blessé par certaines paroles accusatrices du Ministre telles que «… vous ne connaissez pas bien…». Les jeunes se sont questionnés: «Est-ce qu’il a traité les citoyens qui se contentent d’un boulot-dodo-métro de simple fourmi sans cervelle?» Ils ont été déçus, qu’en tant que Ministre responsable de changement dans le système de l’Éducation, qu’il se contente de dire qu’il en fera des photocopies pour ses fonctionnaires. «De telles propositions ne sont pas du ressort des fonctionnaires, mais du Ministre de l’Éducation… J’ai l’impression que nos propositions s’en vont directement à la déchiqueteuse… Compte tenu de l’importance du débat, pourquoi le Premier Ministre n’est pas venu lui-même nous rencontrer?»

Les porte-parole des propositions auraient, quant à eux, préféré un débat sur les énoncés présentés. Michel Venne a tenté de venir à la rescousse du Ministre en expliquant que M. Reid n’avait pas lu les propositions avant de se les faire présenter par les jeunes et qu’il n’avait pas eu le mandat de les débattre.

Ayant été présent pendant les quatre jours de réflexions citoyennes faits par les jeunes, je considère personnellement que si le Ministre de l’Éducation avait eu juste un peu d’écoute, il aurait pu féliciter les jeunes pour leur travail et leur engagement. Indépendamment de la faisabilité des propositions, il aurait pu parler de la fierté de voir des jeunes arriver avec des solutions qui, globalement, méritent d’être discutées. Des jeunes qui ne se contentent pas de chialer pour chialer, mais qui ont pris leur place de citoyens et qui ont rêvé d’un Québec meilleur.

Quand j’écoutais le discours du Ministre Pierre Reid, j’avais l’impression d’être infantilisé. Si on veut que les jeunes s’expriment, il faudrait tout de même prendre un temps pour les écouter. Si on veut que les jeunes prennent une place active dans notre société, il faut aussi être prêt à assumer qu’ils peuvent penser différemment de nous et que leurs propositions peuvent déranger nos vieilles habitudes.

Je ne sais pas si M. Reid est un bon Ministre de l’Éducation ou non. Une chose est certaine, à titre de représentant du Premier Ministre pour être à l’écoute de la jeunesse, il a coulé son examen.

NDLR: Nous avons demandé à plusieurs reprises une entrevue téléphonique avec le ministre Pierre Reid. Après six semaines d’attentes nous sommes toujours sans nouvelle.

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poesie-urbaine-roberto-mayerjours-de-nuit Poésie urbaine. Jours de Nuit. Roberto Mayer. 11,95$

Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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