Les hauts et les bas du recours collectif contre Loto-Québec

Les hauts et les bas du recours collectif contre Loto-Québec

Raymond Viger, Dominic Desmarais

Dossiers Gambling et jeu compulsifLoto-Québec, Publicité

La crise économique va demander un gros effort de la part de tout le monde. Le gouvernement, on s’en doute, aura besoin de tout l’argent qu’il peut aller chercher. Ce qui risque d’augmenter la pression sur ses vaches à lait que sont la SAQ, Hydro-Québec et Loto-Québec. Qui va payer? Beaucoup trop de gens qui n’ont pas les moyens.

Je questionne régulièrement Loto-Québec et son impact sur la population. Ce n’est pas d’hier que le sort des joueurs pathologiques me tient à cœur. Celui de leurs proches également. Mais j’ai l’étrange impression que Loto-Québec, malgré ses belles publicités, ne s’en préoccupe pas tellement.

Dans ce numéro, notre journaliste Dominic Desmarais fait un bref récapitulatif du recours collectif de joueurs pathologiques contre notre vénérable institution du jeu. Je dis bref, car comment transposer en quelques pages 6 ans et demi de procédures judiciaires? Et nous n’en sommes qu’au début!

Recours collectif contre Loto-Québec

Le recours, qui a débuté en 2001, est devenu un procès depuis octobre dernier seulement. Il s’agit d’une première mondiale. C’est la toute première fois qu’un tribunal est appelé à se prononcer quant à la responsabilité d’une institution du jeu sur la maladie de jeu pathologique. Une première mondiale qui, si elle fait jurisprudence, aura un impact… mondial! Malgré l’ampleur des enjeux en cours, êtes-vous au courant? Très peu de médias en parlent. Après tout, cette maladie, qui touche directement plus de 100 000 personnes, qui à leur tour touchent directement leur entourage, n’est pas aussi croustillante que le gangstérisme et les procès reliés aux Hells Angels. Alors on en parle peu. D’autant plus que le procès se déroule à Québec, un village pour le nombril montréalais des médias.

Loto-Québec en profite…

On en parle peu, de ce premier recours mondial mais, étrangement, on voit beaucoup, depuis l’automne, les publicités de Loto-Québec qui vante son jeu responsable. La télé et les journaux en sont bien nourris. Loto-Québec, si elle ne peut acheter un jugement, a tout de même les moyens de s’acheter une belle personnalité.

On en parle peu, aussi, en raison du droit. C’est que le juge qui entend la cause, Gratien Duchesne, ne veut pas qu’on en parle. Cette cause lui appartient, il peut décider de tout. Les procès sont ouverts au public? Pas de problème. Mais ce public n’aura pas le droit d’ouvrir la bouche pour en parler au dehors. Car le juge Gratien Duchesne a émis une ordonnance de non publication pour les citoyens qui ne sont pas des journalistes reconnus. Le citoyen serait-il trop con pour rendre compte de ce qu’il pourrait entendre et voir lors de ce procès? Je n’ai pas de réponse. Le juge ne s’est jamais expliqué. Il est seul à le savoir.

Loto-Québec n’aurait pu demander mieux. Quelle image aurait-on d’elle, après avoir entendu les témoignages de détresse de ces gens malades de jeu pathologique? Je me questionne sérieusement. Peut-on débattre, en société, de ce problème qui nous interpelle tous? Ne sommes-nous pas tous concernés par ce problème de société qui met en cause non pas seulement Loto-Québec, mais surtout celui qui tire les ficelles, le grand boss, c’est-à-dire le gouvernement? Ils veulent des joueurs responsables? Je leur propose à la place des citoyens responsables! On réglerait bien d’autres problèmes ainsi.

Joueurs pathologiques mis en sourdine

En matière de jeu pathologique, la première action à prendre est d’informer. Les gens doivent savoir qu’il est possible de développer une dépendance au jeu. Et qui de mieux pour nous informer que ceux-là même qui vivent cette détresse? Le juge Duchesne réalise-t-il l’ampleur de la maladie de jeu pathologique, l’ampleur de la détresse des gens qui témoignent devant lui?

Même la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), qui délivre les permis pour les appareils de loterie vidéo, reconnaît le problème relié au jeu. Même la Régie reconnaît l’importance d’informer et de sensibiliser les gens. La Régie s’inquiète d’ailleurs de l’impact de ces joueurs sur leurs enfants. En 2004, son président, dans une allocution, reconnaissait que «ce sont les comportements de jeu des parents qui influencent le plus les comportements de jeu des jeunes.» C’était il y a 4 ans!

Et aujourd’hui, alors qu’il se présente une occasion en or de sensibiliser TOUT le monde, particulièrement nos enfants, on préfère balayer le problème sous le tapis. Faudra-t-il attendre que 500 000 de nos jeunes développent la maladie de jeu pathologique, pour agir? Pourquoi attendre? Pour de l’argent? Nous n’en avons pas les moyens. Mais pour le savoir, il faudrait entendre parler de ce recours…

Ressources pour le jeu compulsif:

Gamblers Anonymes et Gam-Anon (514) 484-6664 ou 1-800-484-6664
Narcotiques Anonymes
(514) 249-0555 ou 1-800-463-0162
Nar-Anon
(514) 725-9284
Alcooliques Anonymes
(514) 376-9230

Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

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Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

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La Sérénité pour un joueur compulsif

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Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

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Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.4

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Les Wal-Mart du vin

Les Wal-Mart du vin
Dominic Desmarais, vol.16 no.2 déc.-janvier 2008   Dossier  Société des alcools du Québec

Annick Gazaille est propriétaire d’un marché IGA à Magog. Cet automne, la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) a retiré son permis de vente d’alcool pour 14 jours. Son crime? Mme Gazaille a vendu, en 2004, des vins du Domaine Félibre, un vignoble de la région. Sans avoir obtenu la permission de la Société des alcools du Québec (SAQ). «Il y a beaucoup d’agriculteurs dans les environs. Je les ai toujours aidés», raconte la propriétaire pour justifier sa conduite.

L’affaire Gazaille représente bien les difficultés des vignerons québécois à écouler leurs produits. Leur préoccupation majeure, c’est de rejoindre le client. Il leur est possible de vendre au vignoble. Dans les autres endroits, comme les restaurants, les foires, les épiceries et la SAQ, ils doivent obtenir l’autorisation de la société d’État qui détient l’exclusivité de la distribution des vins et spiritueux au Québec.

«Pour nous, le plus rentable c’est au vignoble, admet Jean-Paul Scieur, propriétaire du Cep d’Argent, à Magog. On écoule nos productions lors de réceptions, des visites guidées. Nous avons un restaurant. Nous avons également des ententes avec des auberges de la région. Mais notre problème, c’est de janvier à avril. Est-il possible d’avoir un marché parallèle?» s’enquiert le vigneron, dépité.

Les vignobles comme le Cep d’Argent ne peuvent attirer des visiteurs à longueur d’année. L’hiver, la caisse enregistreuse ne tinte pas. Les foires sont peu nombreuses. Et la SAQ ne rend pas la vie facile aux producteurs de vins artisanaux.

Société des alcools du Québec

La Société d’État possède le monopole de la vente d’alcool au Québec en dehors de la bière, que ce soit dans ses propres succursales ou dans les différents commerces: supermarchés, dépanneurs, restaurants, etc. Quiconque veut offrir ses vins ou spiritueux aux Québécois doit au préalable passer par elle. La SAQ, pour assurer une distribution dans ses 816 succursales et agences, demande aux producteurs de vins d’assurer la livraison d’une importante quantité de vin. Peu de vignobles québécois peuvent répondre à cette exigence.

Le respect des traités internationaux fait également mal aux producteurs. La SAQ doit mettre tous ses clients sur un pied d’égalité. Avec des taxes d’accise pouvant monter jusqu’à 125%, exigées pour tous les produits, les vignobles de la province sont peu concurrentiels. Leur faible production, alliée aux coûts de production élevés pour ce secteur, les écarte, pour la plupart, de la visibilité à la SAQ. Ce qui explique l’absence des vins du vignoble les Trois Clochers. Sa propriétaire, Nadeige Marion, n’a pas les moyens. «Si je veux que mon vin soit vendu à 12$ la bouteille, je dois vendre mon litre 4$. Je ne vendrai pas en bas du prix courant», affirme-t-elle avec frustration.

«La SAQ, c’est le Wal-Mart du vin, lance sérieusement Leonard Pennachetti, propriétaire d’un vignoble en Ontario. C’est conçu pour traiter avec les grosses compagnies. Ça détruit les petits producteurs. À la SAQ, il n’y a pas de produits artisanaux.»

M. Pennachetti considère la LCBO, l’équivalent de la SAQ en Ontario, également comme un Wal-Mart. À la différence près qu’en Ontario, le gouvernement a explicitement demandé à sa société monopolistique de promouvoir les produits locaux.

Au Québec, la SAQ n’a aucune exigence en ce sens. Dans son discours du budget en 2005, le ministre des Finances, Michel Audet, a déclaré vouloir faire de la place aux producteurs de vins québécois et autres alcools artisanaux dans le réseau de la SAQ. Deux ans plus tard, les vignerons du Québec n’ont constaté aucun changement. Les vignerons s’interrogent sur la volonté politique des élus provinciaux.

«Est-ce normal de ne pas voir de présentoirs pour les vins du Québec en entrant dans les succursales de la SAQ?» s’interroge Jean-Paul Scieur, du vignoble le Cep d’Argent. Le gouvernement du Québec, seul actionnaire de la société d’État, demande d’aider les vignobles de la province, rappelle-t-il.

«La SAQ achète 170 millions de bouteilles par année à travers le monde pour les revendre dans ses succursales. Là-dessus, 170 000 proviennent d’ici», détaille Jean-Pierre Belisle, propriétaire du vignoble La Roche des Brises et président de l’Association des Vignerons du Québec (AVQ). Dans l’exercice 2006-2007, les ventes de produits locaux à la SAQ atteignaient 2 200 000$ sur des ventes totales de 2 milliards, indique Linda Bouchard, porte-parole pour la SAQ.

Dans la province voisine, selon les chiffres du Wine Council of Ontario (WCO), les ventes de vins provinciaux ont triplé depuis 15 ans pour atteindre 483 millions cette année. Des ventes 200 fois plus volumineuses qu’au Québec.

Vins locaux sans promo

Si le vin québécois s’empoussière sur les tablettes des SAQ, c’est peut-être par manque de promotion de la part des employés du monopole d’État. «Les conseillers sur le plancher offrent des vins français et internationaux depuis 15 à 20 ans, explique Jean-Pierre Belisle, de la Roche des Brises. Il faut changer la mentalité. Promouvoir nos vins doit devenir un réflexe».

En Ontario, la LCBO donne le mandat à un représentant service clientèle de promouvoir les vins locaux. 300 de ses 598 succursales possèdent un tel représentant. Une mesure qui aide beaucoup à promouvoir les vins ontariens, selon Leonard Pennachetti, du vignoble Cave Spring Cellars.

Linda Bouchard, de la SAQ, précise que des employés de la société d’État ont reçu une formation sur les vins locaux. «Certains conseillers ont même fait les vendanges dans des vignobles québécois», raconte-t-elle.

Solutions pour vignobles québécois

Le Cep d’Argent, à Magog, ne va pas trop mal. Son propriétaire, Jean-Paul Scieur, est constamment à la recherche de solutions. Comme celle de vendre ne serait-ce qu’une seule bouteille par année par habitant. «C’est 7,7 millions de bouteilles. Tu multiplies ton industrie par 10. Tu crées des emplois, tu développes les régions», avance-t-il.

Son confrère de la Roche des Brises, Jean-Pierre Belisle, souhaite un marché parallèle à la SAQ pour les vins de la province. «Un vrai réseau, avec une bannière, insiste-t-il. Nos collègues agriculteurs n’ont pas plus de place dans les grandes surfaces». M. Belisle, également président de l’AVQ, verrait d’un bon œil des succursales de produits artisanaux. Il espère que la demande des consommateurs, dans ce réseau nouveau genre, force la main de la SAQ pour donner plus d’espace aux vins québécois.

À l’unanimité, les vignerons considèrent que toute solution passe par une décision du gouvernement. «Le gouvernement n’a qu’à passer le mot. Il est l’actionnaire unique de la SAQ. C’est lui qui décide. Il pourrait, par exemple, vendre 20% de nos bouteilles. Ça ne changerait pas grand chose, rajoute M. Belisle. Linda Bouchard, de la SAQ, confirme que le gouvernement québécois ne ferait pas moins d’argent en vendant des produits locaux plutôt que des vins importés.

Pour M. Belisle, président de l’AVQ, le gros bon sens s’impose. Tant le gouvernement et les consommateurs devraient soutenir une industrie d’ici. «Chaque fois qu’on achète un vin étranger, le Québec ne reçoit que des taxes. Il n’y a aucun rendement économique. On veut créer des emplois en France, mais pas au Québec? C’est fou!»

PHOTO-REPORTAGE DE CE TEXTE.

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Le vin québécois fait son chemin

Le vin québécois fait son chemin
Dominic Desmarais, Volume 16 no 1. Octobre 2007  Dossier  Société des alcools du Québec

Répartis principalement dans les Basses-Laurentides, les Cantons-de-l’Est, le Centre-du-Québec, Lanaudière, la Montérégie et Québec, les 60 vignobles de la province luttent pour leur reconnaissance. Après plus de 20 ans d’existence, la culture viticole québécoise aimerait bien prendre son envol et devenir un moteur économique pour les régions. Pour ce faire, il faudra une volonté politique comme en Ontario qui a décidé, dans le milieu des années 1990, de dérouler le tapis rouge pour ses producteurs de vins.

En cette saison de vendanges, Reflet de Société vous fait parcourir la route des vins du Québec et la réalité des vignobles de chez nous. Dans le prochain numéro (décembre / janvier), l’impact économique et les choix politiques du Québec, en comparaison avec l’Ontario, seront observés afin de permettre à chacun de prendre part au débat: nous serait-il plus profitable d’encourager nos vignobles?

Jean-Paul Scieur dégage une bonne humeur contagieuse. Ce Français d’origine, débarqué en Estrie il y a près de 20 ans, contemple son vignoble la mine réjouie. Dehors, sur le parterre de bois, une dizaine de personnes discutent en dégustant son vin. À l’intérieur de son vignoble aux allures de Moyen-âge, une petite file attend pour acheter ses produits. Les rires fusent d’un peu partout, à l’image du propriétaire et de ses employés.

Jean-Paul peut bien se réjouir. Son vignoble, le Cep d’Argent, souffle cette année ses 20 bougies. Il récolte aujourd’hui les fruits d’une décision difficile. Né en Champagne, région célèbre pour le spiritueux du même nom, ce quadragénaire pensait bien prendre les rênes du vignoble familial. Mais à un million de dollars l’hectare, les possibilités d’agrandir le domaine étaient nulles. Un ami français, en amour avec une Sherbrookoise, a demandé de l’aide à Jean-Paul et son frère François pour développer un vignoble en Estrie. Ainsi commença une aventure qui dure encore.

Sur une table de pique-nique, installée dans le champ en bordure des vignes, Jean-Paul discute avec passion de son vignoble et des vins québécois. Derrière lui, ses 14 hectares sur lesquels poussent 60 000 vignes s’étendent sur le long, délimités par une piste cyclable. De l’autre côté, le petit lac Magog se profile avec calme. Son vignoble possède de beaux atouts pour attirer les touristes. «La tendance actuelle, c’est d’offrir aux gens une expérience la plus proche possible. On les emmène dans les vignes, il y a des aires de pique-nique, ils peuvent observer le fonctionnement de nos cuves», explique-t-il.

Jean-Paul, comme ses collègues vignerons, n’a pas le choix: la viabilité de son vignoble passe par l’attraction de touristes qui achètent ses produits sur place. «Au début, on nous disait que nous avions le privilège de ne vendre que sur le site de production, fait-il remarquer avec sarcasme. Donc nous n’avions pas d’autre choix que de devenir un site agrotouristique. Il fallait faire venir les gens, les attirer.»

Au Québec, le marché du vin passe par le monopole de la SAQ. Personne ne peut vendre sans l’approbation de la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJQ). Les possibilités de vendre se limitent au vignoble, aux établissements qui détiennent un permis d’alcool ainsi qu’aux marchés publics. Le Cep d’Argent produit 125 000 bouteilles par année. Il en écoule 85 000 sur son site à des gens en visite ou à des groupes qui ont réservé la salle de réception. Les 40 000 bouteilles restantes passent par le réseau des SAQ. «Pour moi, SAQ c’est une visibilité. Et surtout une crédibilité. C’est peu rentable pour moi. Mais au Québec, la culture du vin passe par la SAQ.»

Pour vendre à la SAQ, il faut assurer une certaine quantité de bouteilles que seuls les gros vignobles sont en mesure de produire. Comme il faut rajouter une taxe de 138% en raison de traités internationaux qui exigent le même traitement pour tous les vins, peu importe leur provenance, la bouteille d’ici est vendue trop chère.

Le propriétaire du Cep d’Argent débouche des bouteilles. Un kir, un nectar fruité de cassis, un rouge et du blanc. Le verre à la main, il se faufile entre ses employés en s’amusant à leurs dépens pour continuer la visite des installations. Jean-Paul est fier de ses vins qui ont remporté 72 prix internationaux.

Vignoble en difficulté

Le Cep d’Argent est un producteur important, au Québec. Sa réalité n’est pas celle de tous les vignobles. Le contraste est frappant avec celui des Trois Clochers de Nadeige Marion. Situé à Dunham, au cœur d’une route des vins parsemée de 14 vignobles, les 4 hectares de Nadeige produisent quelque 12 000 bouteilles par année.

Nadeige semble s’être levée du mauvais pied. Sa salle de montre, où elle reçoit les visiteurs pour y vendre son vin, est peu invitante avec le désordre qui y règne. La propriétaire des Trois Clochers a d’autres chats à fouetter. Elle ne parvient pas à trouver un employé pour l’aider avec ses vignes. «J’embauche des gens pour la période des vendanges et la période de la taille. Je n’ai personne encore cette année pour la boutique, dit-elle, dépitée. Depuis avril, 7 employés sont passés. Je n’ai personne présentement. Et ce n’est pas juste à cause de mon sale caractère.»

Sans employés, Nadeige doit laisser tomber des activités qui lui permettraient de se faire connaître. Elle a tourné le dos à la fête des vendanges, qui se déroule à Magog, pour demeurer à sa boutique. De plus, la saison estivale n’a pas répondu à ses attentes. «Ce fut une saison pourrie, en raison de la pluie. Ma seule bonne journée fut la journée portes ouvertes, avec les autres vignobles de la région.»

Nadeige écoule ses vins sur son site ainsi qu’au Marché des Saveurs, à Montréal. Chaque année, il lui reste 6000 à 7000 bouteilles qu’elle ne parvient pas à vendre. Pour elle, les coups durs se succèdent. La grêle vient tout juste d’endommager ses vignes et son raisin. «Je travaille 7 jours sur 7 pendant 6 mois. J’aimerais atteindre plus facilement le client», dit-elle d’un ton fatigué.

Nadeige est amère. «Ils sont où, les gens? Ils veulent des produits du Québec mais ils n’y sont pas prêts. Les touristes viennent, pas les locaux. Ici, les petits vieux n’en ont rien à foutre. Ça les dérange, les vignobles. Moi, Nadège Marion, je me demande où ils sont. Je suis bien tannée.»

À sa boutique, c’est le calme plat. Pendant l’avant-midi, le téléphone ne sonne pas. Aucun visiteur n’est venu. Nadeige débourse 333$, soit le même montant que les 13 autres vignobles de la région, pour baliser la route des vins de Brome-Missisquoi. Chaque panneau indiquant le chemin pour se rendre à son site lui coûte 300$. Et pour en poser un, elle doit être membre de Tourisme des Cantons de l’Est au coût de 300$ par année. Avec les coûts de sa machinerie et l’exploitation de son vignoble, Nadeige a peu de moyens pour se faire connaître. «Si nous n’avions pas le problème de vendre le vin, ce serait plaisant, être vigneron», assure-t-elle en laissant paraître un rare sourire.

Certifié biologique

Le vignoble des Négondos, dans les Basses-Laurentides, ressemble par sa taille à celui des Trois Clochers. Carole Desrochers, la propriétaire, était travailleuse sociale pour ensuite ouvrir une garderie avant de s’intéresser au vin. Depuis 1993, elle opère le seul vignoble biologique du Québec. «J’ai toujours été un peu grano, fait-elle remarquer. Je ne pourrais pas faire autrement qu’être bio.» Sa levure, son sucre, sa gélatine, tout est biologique. «Chaque année, je suis certifiée par Québec Vrai, pour mon côté biologique.»

Carole fait le tour de ses 10 000 plants en exhibant ses différents cépages. Dans son champ trônent des dispositifs sonores pour apeurer les oiseaux qui s’intéressent de trop près à ses raisins. Carole est décontractée. Son travail lui plaît. Après avoir augmenté sa production de 1200 bouteilles à 9000, elle est satisfaite. «Pour augmenter la production, il faudrait que j’augmente le nombre de vignes. J’en ai 10 000, c’est suffisant! J’ai 50 ans, je veux une qualité de vie.»

La clientèle de Carole se fidélise petit à petit. Son vin biologique attire les gens. «Ma clientèle va grossir tranquillement. Je devrais vendre toutes mes bouteilles.»

Les vignobles, un avenir rosé?

Jean-Pierre Belisle partage son temps entre son vignoble, La Roche des Brises, son travail d’avocat et son poste de président bénévole de l’Association des Vignerons du Québec. Selon lui, les vignobles ne font pas d’argent, incapables d’écouler toute leur production. «Tous les vignobles sont en mode investissement à tous les ans, insiste-t-il en parlant d’investissement constant. À ceux qui aimeraient se partir un vignoble, je leur demande s’ils ont la patience d’attendre 15 ans, s’ils ont un bon compte en banque. Les pompes, les cuves, ça ne finit jamais!»

En cette période de Commission itinérante sur l’agriculture, M. Belisle fait la promotion des vignobles. «J’ai le choix, comme société, d’avoir une industrie laitière, des grandes porcheries. C’est le même choix qu’avaient la Californie, la France… Mais nous, parce que nous n’avons pas d’études sur le profil de l’industrie, nous avons hérité de notre vieille société: 3 ou 4 vaches, quelques poules… Nous n’avons pas pensé à l’avenir!»

M. Belisle est convaincu que les vignobles peuvent être une locomotive pour le développement des régions, au même titre qu’en Ontario, en Californie ou en France. Jean-Paul Scieur, du Cep d’Argent, y croit lui aussi. «On parle de développer nos régions… Y a-t-il une meilleure façon? Autour de la route des vins, on crée des commerces. Je n’ai jamais vu, dans le monde, une route des vins qui était pauvre.» L’industrie des vignobles, en plus de produire du vin, est une attraction touristique. Davantage qu’une porcherie ou une ferme laitière.

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Société des Alcools du Québec et les vins du Québec

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Raymond Viger   Dossier    Société des alcools du Québec, Dominic Desmarais.

Dans son numéro d’octobre, le magazine Reflet de Société présente un dossier intéressant sur les vins du Québec. Le journaliste Dominic Desmarais fait le tour de la question de la mise en marché des vins québécois.

Un dossier qui questionne la Société des Alcools du Québec sur sa responsabilité vis-à-vis les vins du Québec et de Tourisme Québec sur ses efforts de bien représenter les événements et produits du terroir. L’article suggère de joindre le service à la clientèle de la Société des Alcools du Québec pour demander que l’on présente mieux les vins du Québec dans les points de vente de la SAQ. Le numéro de téléphone à composer pour faire cette proposition et soutenir les producteurs de vin du Québec est le (514) 254-2020. Appelez en grand nombre!

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-Briser son isolement et celui d’autrui.
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Denise Bombardier et André Boisclair

Denise Bombardier et André Boisclair

André Boisclair a participé a un sketch des Justiciers masqués. Denise Bombardier, sur les ondes de TVA, demande la démission d’André Boisclair.

Mettons que ce sketch n’était pas la trouvaille de l’année pour un politicien. André Boisclair aurait dû s’abstenir. Je pense qu’il a bien compris. Mais de demander sa tête pour cela, je crois que Denise Bombardier y va fort un peu. Pas mal beaucoup même. Que dire de la tête de personnes qui ont réellement volé les citoyens comme Sylvain Toutant de la SAQ? D’un ministre des finances fédéral qui change rétroactivement des lois fiscales pour avantager sa compagnie de bateaux Canadian Steamship Lines? D’un ministre fédéral qui avait une piquerie dans sa cave pour éviter que son garçon n’aille se geler avec les personnes toxicomanes du Centre-Ville? D’un député fédéral qui battait des prostituées lors de ses visites à Québec? Des ministres, députés et premier ministre qui ont été pris en délit pour alcool au volant…? Il faudrait exiger leurs têtes et tous les décapiter. Il ne resterait plus grand monde. J’oubliais. Il resterait vous Madame Bombardier. Nous en serions rendu à vous demander Mme Bombardier de vous présenter en politique.

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La Société des Alcools du Québec paye pour nous voler!

La Société des Alcools du Québec paye pour nous voler!

Raymond Viger Dossier Journal de Montréal Alcool et drogue

Le Journal de Montréal du 22 novembre nous explique le scandale des prix gonflés. Le résultat final donne une baisse de 7 à 8% pour le consommateur, 0.35$ de ristourne pour la SAQ et un profit supplémentaire de 0.70 euro pour les fournisseurs de la SAQ! Je suis encore plus scandalisé en lisant ce calcul. Pour faire 35 sous de plus par bouteille sur notre dos, la SAQ a donné 0.70 euro de trop à ses fournisseurs. C’est plus de 1$ la bouteille. Presque 3 fois plus d’argent que les profits réalisés par la SAQ. C’est criminel! Nous voler pour donner l’argent au ministre des Finances, au moins ça reste dans notre économie. Mais demander que des fournisseurs européens empochent 1$ de trop la bouteille sur notre dos pour que la SAQ fasse un petit 0.35$ la bouteille, c’est de la démence totale. Cette mathématique de bas étage, digne d’un personne compulsive et malade démontre à quel point les demandes du ministre des Finances à ses sociétés d’État sont insensées et ridicules. Il en va de même avec Loto-Québec qui doit investir dans des opérations marketing, de la publicité, l’impression des billets, du personnel pour ramener des argents dans les coffres de l’état.

Si le ministre des Finances mettait ses culottes et nous donnait les vrais chiffres. Si le ministre des Finances s’assumait comme autorité, il demanderait à ses sociétés d’État d’agir en bon père de famille et faire du mieux qu’ils peuvent tout en restant honnête et intègre avec les citoyens. Ce même ministre des Finances, augmenterait les impôts en fonction du montant réel qu’il a besoin pour équilibrer son budget. Il éviterait de payer 1.35$ pour ne recevoir que 0.35$.

Combien nous coûtent toutes ces courbettes pour éviter de nous dire la vérité et de l’appliquer? Combien de gens rendons-nous malades avec le jeu compulsif pour compenser le manque de transparence du ministre des Finances?

Même le vérificateur général, Renaud Lachance l’a dévoilé dans son rapport de vérification: Le gouvernement fixe des objectifs de rentabilité très élevés, ce qui met de la pression sur tous les acteurs impliqués.

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Sylvain Toutant et la Société des alcools du Québec refont surface

Sylvain Toutant et la Société des alcools du Québec refont surface 

Raymond Viger   Dossier  Société des alcools du Québec

Dans le Journal de Montréal du 24 novembre, nous pouvions lire que le conseil d’administration de la Société des alcools du Québec (SAQ) avait recommandé en septembre au gouvernement d’octroyer une prime de performance à son PDG, Sylvain Toutant. Cette prime pouvait atteindre jusqu’à 35 000$.

Le vérificateur général, Renaud Lachance a sévèrement blamé Sylvain Toutant dans son rapport de vérification. Deux jours plus tard, le ministre des Finances Michel Audet annonce que Sylvain Toutant ne recevra pas son boni de performance.

Questions

  1. Si le conseil d’administration était prêt à accorder une prime de performance à Sylvain Toutant, est-ce à dire qu’ils sont d’accords et solidaires avec la magouille de la SAQ qui a ramené 8 Millions de trop dans les coffres de l’État?
  2. Si le vérificateur, Renaud Lachance, mentionne que Toutant a « négligé des tâches qu’il aurait dû faire, qu’il n’a pas pleinement assuré son rôle, et qu’il n’a pas fait preuve d’une grande performance » et que le conseil d’administration était prêt à lui donner une prime de performance, est-ce à dire que les administrateurs de la SAQ sont incompétents dans leur rôle de supervision et d’évaluation de Sylvain Toutant? Devrions-nous congédier ces administrateurs?
  3. Est-ce à dire que la performance de M. Toutant est évaluée par sa capacité à ramener le plus d’argent dans les coffres du ministre des Finances, peu importe les moyens utilisés?

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poesie-urbaine-roberto-mayerjours-de-nuit Poésie urbaine. Jours de Nuit. Roberto Mayer. 11,95$

Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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La Société des alcools du Québec, les vins rosés et les inventaires.

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Raymond Viger   Dossier  Alcool et drogue

Je ne suis pas un grand spécialiste des vins. Mais je suis difficile. Je n’aime ni le blanc, ni le rouge. Je préfère le rosé. Pour mieux découvrir ce monde, avec ma blonde Danielle, nous avons expérimenté régulièrement en essayant presque tous les rosés qui existaient à la Société des alcools. Parmi ces rosés, très peu ont la chance de se retrouver aujourd’hui sur notre table.

Le hasard fait que le meilleur des rosés que nous avons trouvé est le Casal Mendes, l’une des bouteilles les plus économiques. À chaque fois que je me retrouve devant la tablette du rosé que j’aimerais bien acheter, elle est vide. J’interpelle le commis, je suppose que dans leur réserve dans l’arrière boutique il y a en quelques caisses pour me satisfaire. Mais non, rien en stock. Et le commis n’est pas surpris. Il me dit que c’est toujours comme cela. C’est le rosé le plus en demande, mais ce magasin de la Société des alcools du Québec n’en reçoit que 2 caisses par semaine. Ils se contentent de les mettre en tablette et ils sont en rupture de stock dans les heures qui suivent!

Une entreprise privée aurait bien compris qu’il faut augmenter les achats de ce vin que le public demande. Mais non. Pas à la Société des alcools du Québec. Cette Société d’état, qui a des comptes à rendre au ministère des finances, remplit ses tablettes avec toutes sortes de bouteilles de rosé qui peuvent coûter 2 à 3 fois le prix de la bouteille que j’aimerais bien acheter. La SAQ tente-elle de me faire oublier mon vin rosé à bas prix pour que je devienne un consommateur de vin plus dispendieux? La SAQ a-t-elle en tête le service à la clientèle et de bien servir le public ou préfère-t-elle penser à augmenter ses ventes auprès d’un public captif?

Personnellement, j’ai déjà fait mes tests et je ne commencerais pas à acheter un rosé différent parce que la SAQ s’amuse à être en rupture de stock. Je ne ferais pas le guêt en attente que le commis dépose quelques bouteilles sur les tablettes et qui ne demeureront que quelques heures. Je trouve malheureux le mauvais service que nous avons dans cette Société d’état qui est là, supposément pour le meilleur des intérêts de la communauté qu’elle dessert.

À moins qu’ils demandent à leurs acheteurs d’appeler au Portugal pour que leurs fournisseurs augmentent leur prix! Il ne s’agit plus de savoir comment on fait pour en avoir sur les tablettes. Il faut se demander à quel prix la SAQ doit le vendre pour qu’elle accepte d’en commander!

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Ministère du tourisme et les festivals

Ministère du tourisme et les festivals

Raymond Viger   Dossier  Société des alcools du Québec

Dans mon blogue du 31 mai dernier, intituté; Les sociétés d’État veulent-ils remplacer le Ministère de la culture?, je questionnais le pouvoir que s’était doté les Sociétés d’État avec leur budget de commandite. La Société des Alcools du Québec (SAQ) avait versé en 2005, 11 millions en commandite de toute sorte.

Le Journal de Montréal du 15 juin dernier nous apprenait que le Ministère du tourisme se questionne sur ses investissements dans les festivals, n’ayant un budget que de 10 millions! C’est donc dire que la Société des alcools du Québec, avec son budget de commandite, possède un contrôle et un pouvoir plus grand qu’un ministère!

Ouf! La démocratie vient d’en prendre un coup. Et tout un! Démocratiquement, on élit un gouvernement qui lui, nomme ses ministres à partir de nos choix de citoyens. Mais les Sociétés d’État, on y place nos amis et on leur donne les mandats qu’on veut bien leur donner. Avec un plus grand pouvoir discrétionnaire que nos élus, ils peuvent diriger leur commandite comme bon leur semble. Une façon “underground” et parrallèle de diriger notre société en faisant fi de la démocratie.

Le seul mot que je n’ai pas encore réussi à placer dans ce blogue à côté du mot commandite est le mot scandale. Ça viendra sûrement. C’est juste une question de temps.

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