Prévenir le suicide avec une prise de sang?

Peut-on prévenir le suicide avec une prise de sang?

Suicide et génétique

Raymond Viger Dossier Suicide

Plusieurs médias d’Angleterre et des États-Unis ont publié un article sur la prévention du suicide. Des chercheurs américains de l’Université Johns Hopkins ont publié dans l’American Journal of Psychiatry qu’un indicateur génétique de notre vulnérabilité vis-à-vis le stress et l’anxiété aurait été découvert.

Le gêne SKA2 supprimerait les effets des hormones produites par le stress. Cet effet pourrait être inhibé lors d’un changement chimique dans le cerveau et pourrait pousser une personne au suicide.

Les chercheurs ont pu déterminer avec une exactitude de 80 à 90 % si une personne avait eu des pensées suicidaires ou avait tenté de se suicider en examinant ce gène SKA2.

Limiter notre intervention?

Avec un tel test sanguin est-ce que cela veut dire que les intervenants première ligne vont se limiter à examiner cet indicateur pour déterminer si la personne est suicidaire ou non? Si la personne teste négatif, on est rassuré et en renvoie la personne chez elle. Elle ne serait pas suicidaire pense-t-on. Pourtant, il y a tout de même 10 à 20 % des gens qui, même si elles ont un test négatif qui se suicide tout de même.

De plus, il ne faut pas oublier que les chercheurs ont fait des test sur ce gêne dans le cerveau de personnes qui se sont suicidés. Après le suicide, ils arrivent à prédire le suicide avec une précision de 80 à 90 %. Mais qu’en était-il de cet indicateur la semaine avant le suicide, au moment où il aurait fallu intervenir pour prévenir le suicide?

Un contexte au suicide

Malgré que certaines personnes peuvent être plus sensibles et plus vulnérables vis-à-vis le suicide, il y a un contexte et des événements qui amène la personne à envisager le suicide comme seule solution.

Malgré ce que pourrait dire ce test sanguin, il y a souvent des déclencheurs qui créent un contexte dans lequel le suicide peut être envisageable et gagner son emprise.

Le suicide est un ensemble de facteur qui affectent une personne dans un certain état physique et psychologique. La journée où une vulgaire prise de sang va être la norme pour intervenir auprès d’une personne suicidaire, nous allons arrêter d’intervenir et d’être efficace dans notre intervention.

Une prédisposition au suicide

Parce qu’il y a des suicidaires chroniques qui ont sûrement ce gêne à terre. Ils peuvent être à risque pendant des décennies. Ils peuvent faire des dizaines de tentatives de suicide. Et un jour, sans que vous ayez compris pourquoi cette journée est différente des autres, le suicide sera complété.

Parce qu’indépendamment de notre prédisposition à se suicider ou à ne pas se suicider, le suicide est une réaction à une souffrance intenable. Et cette souffrance provient d’un contexte extérieur à nos gênes. Cette souffrance est la somme de plusieurs événements malheureux dans notre vie. Des événements qui se sont enchaînés à un rythme qui nous a empêché de pouvoir les assumer. Et la quantité de souffrance que nous devons accumuler pour en arriver à vouloir mourir va varier d’une période à l’autre de notre vie.

Des recherches inutiles

On est ici à la recherche de la pilule miracle qui va faire le travail de prévention et d’intervention à notre place. Désolé, mais ces chercheurs sont totalement dans le champ. Et ils dépensent inutilement l’argent alloué à la recherche.

La solution à la prévention du suicide ne se retrouve pas dans une formule mathématique. Parce que c’est un être humain qui va se suicider. Pas un robot dont on peut deviner de son comportement.

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet:http://www.editionstnt.com/livres.html

Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Maintenant disponible en anglais: Suicide Prevention Handbook.

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La maladie des émotions

Une maladie difficile à guérir 

Blessure de nos émotions

Raymond Viger Dossier Suicide

quebec-suicide-prevention-handbookJ’ai été un intervenant de crise auprès de personnes suicidaires. J’ai rencontré des gens qui avaient toutes sortes d’histoire, mais souvent la même finalité.

Des femmes qui auraient voulu terminer une relation qui ne les satisfaisait plus. Mais leur dépendance affective les garde prisonnières de cette vie de couple. La seule alternative qu’elles ont trouvé; le suicide.

Un homme a été agressé par un pédophile dans sa jeunesse. Incapable de surmonter cet événement il a tenté de noyer sa souffrance dans l’alcool. Insatisfait d’une vie où il a l’impression de tourner en rond, il veut en finir au plus vite.

Des joueurs compulsifs ayant tout perdu au Casino ou dans les machines gobe-sous. Après avoir tout essayé pour se refaire (emprunter à tout le monde, voler et inventer toutes sortes de magouilles), devant l’incapacité de trouver de nouvelles façons de s’en sortir, face à la honte de devoir affronter leurs responsabilités, l’idée de mourir devient la seule solution qui leur reste.

Le suicide de nos émotions

Et que dire de celle-ci qui mange ses émotions, une autre qui n’ose plus manger pour tout contrôler. Ou encore tenter de trouver une place dans une secte pour se trouver. Quand la fuite dans l’alcool, la drogue, la dépendance affective ou autre ne suffit plus pour engourdir nos souffrances, le suicide peut devenir la seule avenue qui s’offre à nous.

Qu’ont en commun tous ces comportements qui peuvent avoir comme finalité le suicide? Des événements de la vie nous brasse, nous bouscule. Pris individuellement, nous pourrions passer à travers chacun de ces événements. Agression, perte d’emplois, rupture amoureuse, décès d’un proche… Mais quand le nombre d’événements devient trop imposant.

Quand il y a trop d’incidents qui se produisent sur une courte période de temps. Nous pouvons perdre le contrôle de notre vie. Nous avons été émotionnellement blessé. Nous avons tenté de trouver un mode de vie pour survivre face à ces souffrances. Mais ces comportements ont fini par nous blesser encore plus.

Une extrême vulnérabilité

Ces événements nous ébranlent. Le temps et le soutien de nos proches peuvent nous permettre de revenir à notre état stable. Mais quand le temps n’y est pas. Quand le soutien ne l’est plus. Nous devenons vulnérable, sensible.

Ce n’est pas en les moralisant sur leur comportement que nous pouvons en arriver à les aider. Offrons-leur soutien pour trouver de nouveaux choix. De l’écoute. Beaucoup d’amour. Blessés dans nos émotions, c’est par celles-ci que nous pourrons guérir.

Sur notre blog, notre site Internet ou encore dans notre magazine Reflet de Société, vous avez lu les témoignages de personnes qui sont touchés par l’anorexie, la crise suicidaire, le gambling, l’alcoolisme, la toxicomanie ou encore qui ont fait parti d’une secte.

Et si un jour c’était ton tour…

Après avoir lu ces reportages, posez-vous le questions suivantes : tous ces gens sont-ils si différents entre eux? Leur vécu est-il similaire malgré que les chemins qu’ils ont pris soient si différents? Tous ces gens sont-ils différents de ce que nous sommes ? Et si un jour c’est nous qui vivions ces difficultés… quels chemins prendrons-nous ?

Ressources en prévention du suicide:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

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Ensemble pour vaincre le suicide

Ensemble pour vaincre le suicide                           Dossier Suicide

Par Dominic Desmarais, Vol 14-6

En Outaouais, la coopérative d’ambulanciers dessert seule la totalité de la région. Ses 200 membres ont fait plus de 2000 heures de bénévolat l’an passé. Leur cause: la jeunesse.

Les ambulanciers de l’Outaouais s’inquiètent pour leur jeunesse. Au front tous les jours pour leur travail, ils ont constaté une augmentation des problèmes d’alcool, de drogues et de suicide chez les jeunes. «Ça fait 17 ans que je suis paramédic. Des jeunes de 12-17 ans, je n’en ramassais pas beaucoup quand j’ai commencé. C’est plus fréquent, maintenant.» dit Marc Paquette, président de la coopérative des ambulanciers de l’Outaouais. Ses 200 collègues et lui ont décidé d’agir.

La découverte d’un gamin de 9 ans, retrouvé pendu, avec une lettre de suicide à ses côtés, les a bouleversés. Des questions hantaient leurs esprits. Ils en discutaient entre eux. Pourquoi l’école ne l’a pas vu? Les intervenants? Le milieu? «Ce jeune aurait dû être pris en main avant ça», dit M. Paquette d’un ton sans appel.

Les ambulanciers en ont jasé dans leur réseau. «Ils nous ont dit qu’il n’y avait pas de tribune pour les jeunes. On a décidé de faire un DVD sur les problèmes d’adolescents. Un outil de travail pour les intervenants auprès des jeunes, explique le président de la coopérative.

De la promotion contre le suicide, il y en a. Mais, au lieu de juste en parler, pouvons-nous connaître la réalité vécue par les jeunes afin de mieux les comprendre? L’adolescence que j’ai eue n’a rien à voir avec la leur», remarque M. Paquette.

La communauté

Dr Bernard Gélinas, de la coopérative de santé d’Aylmer, partage le même constat. Partenaire des ambulanciers, le médecin considère que seule la communauté a les outils pour résoudre ce problème. «La tâche en santé est trop grande pour être confiée à des fonctionnaires. C’est la communauté qui connaît l’évolution de ses besoins, pense-t-il. Violence, abus, taxage… Ces problématiques n’étaient pas prévues par les fonctionnaires du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce sont nos enfants!», s’inquiète le Dr Gélinas, qui remet en cause l’action du Ministère.

«On a demandé un budget pour un travailleur de rue. La Régie de la santé a refusé. Comme le CLSC avait déjà un budget pour ça, nous n’avons pas eu de subvention. Mais je n’ai pas vu d’action sur le terrain», critique le médecin qui y va d’un jeu de mot en parlant de Centre local de service caché (CLSC).

Le médecin se vide le cœur. Quand il cause suicide, il ne met pas de gants blancs pour s’attaquer au gouvernement. «Le programme de prévention suicide existe depuis 1980. Au Québec, pendant cette période, les suicides ont doublés. En Outaouais, ils ont presque triplés!» L’année dernière, le taux de suicide en Outaouais s’est maintenu sur la moyenne des 5 dernières années.

La Santé publique et le suicide

À la Direction de la santé publique, l’approche se décentralise. On forme des organismes de prévention du suicide que l’on subventionne. Ces organismes touchent le milieu des jeunes dans les écoles et dans les Maisons de jeunes notamment. Ils forment à leur tour des intervenants dans la communauté.

En Outaouais, c’est le comité Réaction-Vie, une cellule de l’organisme 24/7, ainsi que Suicide Détour, qui sont mandatés pour organiser le programme d’intervention suicide.

Les principales activités de la santé publique et des organismes d’intervention commencent avant les signes de détresse. «Elles débutent avec des programmes de promotion de compétences personnelles et sociales, d’estime de soi, et des capacité de s’adapter dans certaines régions», explique Geneviève D’Amours, responsable de la lutte au suicide à la Direction de la santé publique. Seule employée affectée au suicide à la Santé publique pour l’Outaouais, Mme D’Amours est également responsable des dossiers de santé mentale. «C’est le lot d’une petite région, dit-elle, il est impensable d’y réunir plusieurs personnes pour un même dossier.»

Mme D’Amours semble bien maîtriser son sujet. Elle parle avec franchise et s’explique davantage comme une enseignante. Elle oriente son approche vers une collaboration entre les milieux scolaires, communautaires et sociaux. «L’objectif est d’aider les enfants à passer au travers des épreuves de la vie», raconte-elle. Nous avons mis sur pied une approche nommée École en santé. «Notre programme de prévention, à la suite d’un suicide, est global. Il vise à prévenir les effets de contamination quand survient un suicide dans une école.

Bientôt, les écoles de la région participeront au Réseau Sentinelle. Une approche où des membres du personnel seront formés pour dépister les cas de détresse. Des adultes à l’écoute. «Ce sera plus efficace. Quand l’environnement est plus sécurisant, c’est plus facile pour le jeune. Mais le Réseau n’est pas encore en place. On attend la formation», avoue l’agente de la santé publique, qui compte déjà sur un noyau d’intervenants dans les écoles, préoccupés par le suicide.

Banaliser le suicide

Mme D’Amours n’est pas une chaude partisane de la stratégie qui consiste à parler abondamment du suicide. Elle se distancie de tout ce qui pourrait banaliser le suicide. «Les dernières années, on en a beaucoup parlé. Est-ce que c’est banal, d’attenter à sa vie? Non. On ne peut pas en parler si le jeune n’est pas rendu là. Il ne faut pas que ce soit tabou, nuance-t-elle, mais pas banal non plus.»

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Que pensez-vous de la foi pour contrer le suicide?

Que pensez-vous de la foi pour contrer le suicide? Question de Mme Anne Campeau

Réponse de Raymond Viger                                Dossier Suicide

C’est une belle question qui peut être développé sous plusieurs angles. Le suicide est une finalité lorsque nous n’avons plus aucun choix qui s’offre à nous. Nous avons tout essayé pour tenter de vivre. Seule une souffrance nous envahit, nous aveugle. Une souffrance devenu intenable. Croire en quelque chose est une façon de nous donner des alternatives, des possibilités qui peuvent nous aider à accepter cette souffrance, lui donner un sens et nous offrir des alternatives au suicide.

Cette croyance peut être une religion quelconque ou encore une philosophie de vie. Croire en quelque chose est une façon de nous garder en relation avec la vie qui nous entoure, de briser notre isolement, de nous ouvrir à une aide qui peut nous aider.

Oui, je crois que la foi peut nous aider à surmonter les épreuves que nous avons à traverser.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

Le livre est disponible au coût de 10,00$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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Décriminalisation du suicide assisté

Décriminalisation du suicide assisté       Raymond Viger           Dossier Suicide

Je suis d’accord avec la décriminalisation du suicide assisté parce que cela se fait déjà et, parfois, dans des conditions misérables, inhumaines et trop rapides.

En décriminalisant le suicide assisté, comme l’ont fait certains pays, cela nous permet de mettre des balises, de garantir que tout ce qui est envisageable de faire pour conserver ou rallumer un espoir de vie à la personne concernée sera fait.

Cela peut nous garantir qu’un geste de compassion prématurée ne sera pas porté. Éviter qu’un sentiment d’impuissance d’un proche le pousse dans une aide prématurée à mourir. Une façon de briser l’isolement de la personne qui souffre et de son entourage.

L’objectif de décriminaliser le suicide assisté n’est pas d’augmenter le nombre de suicide, mais de le diminuer, de retarder l’instant d’un passage à l’acte, d’offrir un encadrement pour s’assurer qu’on va mettre en place tous les moyens pouvant arrêter ou diminuer la souffrance, s’assurer d’aider la personne à apprendre à vivre avec certaines souffrances et surtout, s’assurer que la personne qui veut mourir se donne le droit de changer d’idée.

Nous profitons de cette occasion pour souligner la semaine de prévention du suicide du 6 au 12 février. Les objectifs de cette semaine de prévention sont de:

-Encourager les personnes suicidaires et leur entourage à sortir de l’isolement et à demander l’aide à laquelle ils ont droit;

– Sensibiliser la population au fait que le processus suicidaire est réversible et qu’ensemble on peut prévenir le suicide;

– Informer la population de l’existence de la ligne 1 866 APPELLE.

Nous vous invitons à nous faire parvenir vos opinions et vos positions sur le sujet en nous écrivant ou sur notre forum de discussion.

Brian Mishara, spécialiste reconnu en prévention du suicide: M. Mishara mentionne que les gens qui veulent se suicider ne veulent pas mourir, ils veulent juste arrêter de souffrir. C’est pourquoi il est contre la décriminalisation du suicide assisté.

Suzette Gill: «Je suis malade. En soins palliatifs. Je trouve que le courage dans l’épreuve a bien meilleur goût! Les perspectives sur la vie prennent autrement de l’ampleur. Je reçois chaque jour nouveau comme un cadeau. Je sais que ma souffrance, encore supportable, a une valeur».

VOS COMMENTAIRES SUR LA LÉGALISATON DU SUICIDE ASSISTÉ ET L’EUTHANASIE.

 

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Nouveau regard sur le suicide assisté

Nouveau regard sur le suicide assisté        Par Isabelle Martineau          Dossier Suicide

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je suis tombée sur l’article de Raymond Viger, intitulé «Décriminalisation du suicide assisté». Votre texte, très court, commence ainsi: «Je suis en accord avec la décriminalisation du suicide assisté parce que cela se fait déjà et, parfois, dans des conditions misérables, inhumaines et trop rapides». Sans référence à l’appui, vous y allez d’affirmations qui me semblent plus ou moins justes ou, à tout le moins, étonnantes.

Entre autres, vous mentionnez que la décriminalisation du suicide assisté nous permettrait de garantir «que tout ce qui est envisageable de faire pour conserver ou rallumer un espoir de vie à la personne concernée sera fait»… Je ne saisis pas très bien ce que vous entendez par là. Comment, en «permettant» un acte malheureux, on peut garantir les façons de l’éviter? D’autant plus que la littérature sur le sujet démontre plutôt les obscurs dérapages dans les sociétés qui ont permis le recours au suicide assisté.

En fait, M. Viger, je crois qu’il est question ici de deux problèmes fondamentaux. Le premier touche la problématique de la valeur accordée à la vie humaine. Le second fait référence à l’expérience de la souffrance humaine.

La valeur de la vie humaine…

Jusqu’à présent, notre société considère toujours l’aide au suicide comme étant criminelle. Mais pourquoi donc? Pourquoi ne permet-on pas tout simplement aux gens de faire comme ils l’entendent en aidant, par exemple, une personne qui veut en finir. Une réponse à cette question pourrait être la suivante: la vie d’une personne humaine est trop importante pour qu’on puisse y mettre fin impunément. Mais plus encore, il faut rappeler que la toute première condition pour qu’une personne soit «libre» et qu’elle puisse exercer son autonomie, c’est d’abord et avant tout qu’elle soit en vie. Voilà pourquoi notre société met en place les mesures pour que soit protégée cette vie. Une vie qui a une valeur toute particulière. Comme société, il m’apparaîtrait difficile, voire incohérent, de prétendre «protéger» la vie humaine tout en décriminalisant ce qui lui porte atteinte.

… malgré la souffrance

Est-ce à dire que nous devons demeurer indifférents à la souffrance de nos pairs (ex.: les malades chroniques et incurables) en se rabattant sur la crainte de porter atteinte à leur vie? Bien sûr que non.

Je travaille dans une maison de soins palliatifs, auprès de personnes qui sont en phase terminale du cancer. Chaque jour où j’y travaille, je réalise combien la vie humaine porte son lot de souffrances et combien il nous est nécessaire de travailler très fort pour les soulager. Je ne me ferme pas les yeux à la misère humaine sous prétexte que je crois nécessaire de protéger la vie. Au contraire, je cherche à répondre à l’appel du malade devenu dépendant, en tentant de subvenir à ses besoins et en lui reflétant la dignité qu’il porte.

Mais, la vie humaine continue-t-elle à avoir un sens lorsqu’elle est ébranlée par la souffrance et lorsque la fin est toute proche? Cette question peut être posée devant la personne aux prises avec une maladie incurable. Elle peut être posée aussi devant le jeune de la rue qui a été malmené par ses proches, qui est sous l’emprise de la drogue… Pourquoi renoncerions-nous à accompagner le malade incurable dans sa quête de sens, alors que l’on continue à vouloir raccrocher le jeune à la vie? Uniquement parce que le premier sait «quand» il va mourir? Mais nous allons tous mourir. Le jeune de la rue mourra peut-être demain. Alors à quoi bon se battre? À quoi bon chercher un sens à l’existence? Cette question, j’imagine que les jeunes doivent vous la poser. Que leur répondez-vous alors?

Ce que mon expérience auprès des malades en fin de vie m’apprend, c’est qu’il existe des petits miracles inattendus chez des personnes «condamnées» par la maladie. Mais il faut, pour cela, leur tendre la main et les accompagner dans ce qu’elles vivent en ne renonçant pas. Certaines personnes verront la lumière, d’autres non. Exactement comme pour les jeunes que vous accompagnez. Mais ce n’est pas parce que des malades mourants renoncent à la vie et ont recours au suicide, qu’il faut pour autant «légaliser» ce geste malheureux. Au contraire, il faut tenter de l’éviter en recherchant des moyens pour soulager les symptômes dont sont affligés ces malades. Exactement comme on recherche des moyens pour aider et soulager les jeunes qui sont désespérés et suicidaires.

Avancer que la décriminalisation du suicide assisté est une solution pour quelques catégories de personnes, comme les malades incurables, c’est envoyer un message contradictoire aux jeunes… On leur dit alors que la vie humaine a un sens, mais seulement dans certaines situations… Ça laisse croire que, dans certains cas, le suicide peut être une bonne chose ou un moindre mal.

En maintenant ce double discours, je me demande alors comment on peut continuer de justifier toutes les campagnes pour prévenir le suicide chez les jeunes.

Entre un malade atteint de cancer en phase terminale et un jeune délinquant souffrant de maladie mentale suite à sa consommation de drogues (ce que j’ai connu dans mon entourage), je ne sais pas qui souffre le plus. Il est impossible de «mesurer» la souffrance d’autrui. Considérant cela, pourquoi chercher à discriminer les personnes qui pourraient justifier leur recours au suicide de celles qui ne le pourraient pas? Ces critères, qui deviennent arbitraires, sont à mon sens dangereux et ils permettent vite le glissement. On trempe dans une culture de mort où le suicide devient un acte un peu héroïque face à une situation qui apparaît sans issue. Il est grand temps de promouvoir une culture de vie dans notre société. Et, qui sait, peut-être cela permettra-t-il à certains de nos jeunes de retrouver un sens à leur existence?

Voilà le fruit de mes réflexions que je vous laisse sans amertume. Je vous souhaite de continuer encore longtemps votre travail auprès des jeunes. Ils sont notre avenir!

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Suicide d’un ami

Suicide d’un ami

Par Raymond Viger                       Dossier Suicide

Plusieurs personnes de mon entourage se sont suicidées. Certaines étaient très près de moi. Je leur parlais, je savais qu’elles souffraient à un haut niveau. J’ai tenté de les consoler, de les aider. Mais rien n’y faisait. Elles se sont suicidées.

Deuil par suicide

J’ai commencé par étouffer la culpabilité qui me rongeait en essayant de me convaincre que j’acceptais le choix qu’elles avaient fait. Il est plus facile de dire que c’était leur choix que d’oser imaginer que j’avais peut-être ma part de responsabilité. Si j’avais pris plus de temps avec lui, peut-être qu’il ne se serait pas suicidé. Si j’avais pris plus de temps pour l’écouter, peut-être serait-il encore là à me parler… Un paquet de «si» me hantent et me dérangent. Oui, ça dérange quand quelqu’un se suicide autour de soi.

Culpabilité d’un suicide

Je suis envahi par une série de «peut-être» et de «si» qui deviennent menaçants pour ma survie psychologique personnelle. Oui, je parle de survie. Parce que la vraie question, ce n’est pas qu’est-ce que j’aurais pu faire pour éviter le suicide de cet ami, mais plutôt qu’est-ce que moi je peux faire pour survivre à son départ prématuré?

J’ai essayé de me convaincre que nous avons le choix de décider du sort de notre vie. Je n’ai parlé à personne de cette culpabilité qui me rongeait. Je suis devenu une sorte de «zombie», incapable de toucher aux émotions qui remontaient en moi. Laisser remonter une émotion voulait dire aussi laisser remonter cette culpabilité, cette souffrance.

Du suicide à la tentative de suicide

J’ai eu mon lot de difficultés. J’ai fini par faire une tentative de suicide. Ce n’était pas un choix. Je n’avais aucune conscience de ce qui se passait. J’ai fait une overdose de souffrance. Ça faisait trop mal pour que je comprenne ce qui se passait en moi.

Plus tard, en thérapie, j’ai réalisé que ce n’était pas une, mais deux tentatives de suicide que j’avais faites. J’ai été arrêté dans ma première et je ne m’étais même pas rendu compte de ce qui s’était passé. Quand tu dis que tu fais une tentative de suicide et que tu ne t’en souviens même pas! Faut-y que tu sois assez «gelé» par ta souffrance rien qu’un peu!!!

Parce qu’une overdose de souffrance, c’est la pire des drogues qui existe. Tu ne vois plus rien, tu n’as plus conscience de ce qui se passe, ni en toi, ni autour de toi.

Le suicide est-il un choix?

Le suicide d’un ami, ça dérange, ça choque et c’est bouleversant. Non je n’accepte pas le choix de se suicider. Je ne l’accepterai jamais. On ne choisit pas de mourir. On se suicide quand on ne voit plus les choix qui s’offrent à soi. Pour moi, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir et je ne peux pas dire que je serai mieux quand je serai l’autre bord. Je n’y ai jamais été et personne ne peut me garantir que c’est vrai que c’est plus beau l’autre côté.

Il y a trop de suicides au Québec. Il y a trop de suicides parmi les jeunes. Je ne peux l’accepter et je ne l’accepterai jamais. Non je n’accepte pas qu’un jeune se suicide.

Le suicide, il faut en parler

Je n’ai qu’un seul souhait à formuler, un seul message à livrer. Si un de tes amis vient de se suicider, j’espère que tu ne me diras pas que tu acceptes son choix comme moi j’ai essayé de le faire. J’espère, au plus profond de mon coeur, que tu vas prendre le temps d’en parler autour de toi, de contacter une ressource qui peut t’aider et te soutenir dans cette période très difficile. Le suicide d’un proche ça dérange et c’est ensemble qu’on peut s’aider à passer à travers.

Je veux te laisser un petit cadeau. Peu importe l’épreuve que tu traverses, dis-toi qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part qui est prêt à t’aimer, à t’écouter et à faire un bout de chemin avec toi. Ne laisse pas tout tomber avant de l’avoir rencontré.

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

autres textes sur le suicide:

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La dépendance affective

La dépendance affective      

Dossier Dépendance affective                  Par Tom

Je me contenterai de donner quelques exemples tirés de ma vie personnelle. Mon père a été un dépendant affectif. Après son divorce et la mort de ma mère, il a été incapable de refaire sa vie avec quelqu’un d’autre. Il a essayé, mais il ne cessait pas de dire que sa nouvelle amie n’était pas comme ma mère, etc, etc. Finalement, il s’est suicidé.

De mon côté, j’ai été un acheteur professionnel et un directeur des ventes bien aguerri. À cause d’une de mes relations qui travaillait dans mon commerce, mes capacités d’acheteur et de directeur ont chuté rapidement. Par peur de déplaire à cette femme, je n’arrivais plus à faire les choix adéquats pour mon entreprise.

Un fournisseur aurait mérité que je le discontinue, mais si ma femme aimait le produit, je le gardais. J’ai engagé des membres de sa famille qui ne valait pas cher la livre comme employés, incapable de les congédier pour ne pas déplaire à ma femme. J’en étais rendu à toujours devoir confirmer avec cette femme avant de faire une transaction ou de prendre une décision. Mon génie ne valait plus rien, je ne me faisais plus confiance et, indirectement, c’était ma femme qui menait mon entreprise.

Si ma femme voulait prendre des vacances, nous prenions des vacances. Je ne me demandais pas si j’avais le temps ou l’argent.  Incapable de lui dire non, incapable de la contrarier, je préférais m’arranger et faire toutes sortes de courbettes pour compenser plutôt que de la contrarier ou de risquer de la perdre.

J’ai fait beaucoup d’argent, mais ma dépendance affective m’a tout fait perdre. La dépendance, que ce soit à la drogue, à l’alcool ou à une femme, même avec un million de dollars, ce n’est pas suffisant pour acheter l’amour de l’autre. Quand elle m’a quitté, j’ai fait deux tentatives de suicide. La thérapie et l’écriture auront permis de m’en sortir.

Mon frère aussi a été un dépendant affectif. Incapable de dire non à sa femme, il répondait à tous ses caprices et même plus. Si elle voulait un manteau, elle en avait deux et pas les moins dispendieux.  S’il n’avait pas l’argent pour lui payer le luxe, pas de problème, on met ça sur la carte de crédit. Quand les comptes rentreront, on trouvera bien un moyen de les payer.

Il a fini par devenir un fraudeur professionnel à force de me voler, de voler mon père, son entourage et tous les partenaires qui l’ont croisé.  Sa dépendance affective l’a amené à se retrouver à l’émission J.E. Quand il a été brûlé comme fraudeur, il a tenté de faire une banque avec une arme chargée pour finalement se retrouver en prison.

Savoir aimer, c’est aimer l’autre, mais pas au point de se faire mal ou d’avoir à mentir. Savoir aimer, c’est rester naturel, garder nos valeurs et nos principes tout en étant avec l’autre. Rester soi-même, au risque de perdre l’autre. Je t’aime mais pas au prix de me faire du mal. Je t’aime mais pas au prix de me mentir ou de mentir aux autres. Je t’aime mais pas au prix de devenir un voleur. Je veux pouvoir m’engager dans une relation amoureuse, tout en restant capable de m’engager face à moi-même et à mon entourage.

Pour reprendre une citation de Richard Bach, «L’amour c’est comme deux ballons qui s’aident à monter toujours plus haut. Lorsque l’un des ballons devient un boulet pour l’autre, il est temps de couper la corde».

Sur cette citation, je rajouterais que la dépendance affective est comme une bulle que l’on se crée.  Une bulle que l’on fait monter artificiellement en se créant des problèmes, qui nous cause des emmerdes tout autour de soi, mais qu’on essaye de cacher à sa femme. Par peur qu’elle nous voit sous notre vrai jour, par peur qu’elle soit au courant de la vraie situation dans laquelle on patauge, par peur de lui déplaire, par peur qu’elle nous quitte…

Aujourd’hui, j’ai accompagné plusieurs femmes en thérapie qui ont eu à retrouver leur équilibre après une rupture douloureuse. Elles m’ont toutes dit la même chose. «S’il m’avait dit qu’il n’avait plus d’argent, je n’en aurais pas demandé tant. Si j’avais su que ça allait si mal, j’aurais pu l’aider»

Morale de cette histoire, à cacher la vérité à sa femme, souvent on se prive du meilleur allié qu’on avait. La morale de cette morale, si parce qu’on dit la vérité à notre femme elle nous quitte, la bulle vient d’être crevée et je n’ai plus à me conter de menteries et à m’enliser encore plus. D’une façon comme de l’autre, j’en sors gagnant.

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Quand le Casino mène au pont Jacques-Cartier

Gambling et jeu compulsif

Mise à jour: Décès de Did Tafari Bélizaire. Cliquez ici.

Did Tafari Bélizaire: du Casino au suicide

Dossier Gambling et jeu compulsif, Loto-QuébecSuicide.      Patrick Alleyn

Le 20 septembre 2003, à 6h du matin, des marins  découvrent un colosse de 6 pieds 7 pouces flottant dans les eaux du St-Laurent. Les pompiers repêchent l’homme avec une grue sur un bateau amphibie. Il nageait depuis une heure et demie, emporté par le courant. Il s’était jeté du haut du pont Jacques-Cartier après avoir tout perdu au Casino de Montréal.

À l’urgence de l’hôpital, il constate que ses jambes ne répondent plus. En tombant dans l’eau, sa colonne vertébrale s’est sectionnée, déchirant sa moelle épinière. Did Tafari Bélizaire raconte son histoire.

Je suis devenu paraplégique à cause du jeu compulsif. Je m’accroche à un espoir: donner des conférences pour faire la différence auprès d’autres joueurs. Savez-vous que 4 à 8% des adolescents ont développé une dépendance au jeu? Je veux parler aux jeunes, car ils sont notre avenir.

La confiance du joueur compulsif

À l’école secondaire, j’étais une vedette: ma grandeur attirait. J’étais le seul Noir de mon école à Ste-Foy. Mes prouesses au basket me mettaient sur un piédestal. Je crois que cet excès de confiance a développé en moi le goût du risque, quelque chose d’inconscient. Quand tu gagnes aux jeux, t’es le king.

Les bars et les machines à sous

À 18 ans, je commence à travailler dans les bars de Québec, comme portier. C’était facile, vu ma stature. Dans les moments calmes, pendant 10 ans, je glisse quelques billets dans les machines à sous.

Sensations fortes du gambler

En mars 2003, de retour d’Amsterdam, où j’ai travaillé comme garde du corps d’une famille perse, je me mets à jouer férocement. J’étais encore sur le high de la Hollande, en quête de sensations fortes.

En sept mois, je dépense autour de 8000$ dans les maudites machines. Manipulations, menteries, toute la famille y est passée. Et je passe les fois où j’ai vidé les comptes conjoints. J’ai même réduit mes achats de cocaïne pour jouer.

Jeu compulsif et les shylocks

Puis, j’emprunte 1000$ à des usuriers: 50$ par jour d’intérêts (1500$ par mois). Ils te laissent prendre du retard. Quand ils se sont mis à presser sur le champignon, j’ai pris 500$ dans la petite caisse de l’hôtel et je suis allé au casino, dans l’espoir de récupérer et rembourser. J’ai tout perdu.

Du Casino de Montréal au suicide

En sortant du Casino de Montréal, je me rends à pied sur le pont Jacques-Cartier. J’ai enjambé la barrière et me suis jeté en bas. Dans l’eau, je n’étais pas de bonne humeur: je n’étais pas mort. J’ai essayé de me caler.  Je n’y arrivais pas.

Les machines à sous de Loto-Québec

Deux ans après ma tentative de suicide, je m’explique encore mal comment on devient accro à ces appareils. C’est pas clair comment ça se passe. C’est peut-être un mal de vivre. Mais plein de gens ont des bibittes et ne deviennent pas joueurs compulsifs.

Les machines sont attrayantes: le bruit, les couleurs. Tu penses que tu comprends les probabilités. Mais rien de tout ça ne tient. La plus grande force de ces 14 000 machines sous le contrôle de Loto-Québec est leur gain élevé. L’illusion des machines est là. J’ai gagné souvent. Une fois, j’ai gagné trois fois le gros lot la même journée (maximum 500$). Je suis sorti sur le party pendant 22 heures…

Solutions pour tempérer les joueurs compulsifs

Le jeu ne doit pas être accessible au coin de la rue, dans un petit bar où tu retrouves tes chums. Loto-Québec devrait regrouper les machines de vidéopoker dans quelques points de service dans la ville, comme au casino.

Si, après avoir tout perdu, tu reviens chez toi à pied du casino, tu vas commencer à y penser. Quand la rage de jouer va te pogner, les 45 minutes de trajet d’autobus de Tétreaultville jusqu’à l’île Notre-Dame vont te calmer.

On ne peut pas abolir le jeu. Je suis d’accord avec les casinos gérés par l’État. Mais je pense que Loto-Québec devrait retirer les 14 000 vidéopokers des bars. Tu vas te chercher un pain et t’as une machine à sous juste là! Comment ça se fait que les bars ouvrent à 8h le matin? Avec les machines, on frappe sur le petit peuple. Pourquoi n’y a-t-il aucune machine à Westmount? Les machines, du temps où elles étaient clandestines étaient moins accessibles.

Loto-Québec redirige 22 millions sur ses 1,5 milliards de profits vers la prévention et la guérison du jeu pathologique. Des maisons de traitement sont devenues gratuites. Malgré tout, le problème est si grave que Québec devrait faire plus pour les joueurs excessifs. Le gouvernement devrait interdire la publicité sur le jeu, comme il le fait pour la cigarette. Tout ce marketing met le jeu à la mode et le banalise.

C’est vrai qu’il y a des présentoirs dans les bars, avec des dépliants de prévention. Moi, je sniffais ma coke avec, pour ne pas lâcher la machine. Entre ce présentoir qui t’offre une aide et le guichet automatique installé à portée de main, qu’est-ce qui intéresse le joueur, croyez-vous?

Critique de Loto-Québec

Je suis membre de la coalition EmJeu (Éthique pour modérer les jeux d’argent et de hasard), qui exerce des pressions sur Loto-Québec. Radios, télévisions, colloques, j’ai été aux mêmes tribunes que d’autres citoyens engagés dans la critique de la société d’État: Éléonore Mainguy, ex-croupière du casino de Charlevoix (Reflet de Société, août 2005) et Biz, du groupe Loco Locass, coréalisateur du documentaire La maudite machine (idem, avril 2005). J’ai aussi participé à deux vidéos de prévention pour les jeunes, avec l’Université McGill et avec le Journal de la Rue.

Pour convaincre les directeurs d’école de m’inviter à donner des conférences aux élèves, je leur dis: Monsieur le Directeur, saviez-vous que, selon le Centre d’étude sur le jeu et les comportements à risque de l’Université McGill, le jeu vient au premier rang des dépendances bien avant la drogue, l’alcool et la cigarette?

Je veux que les jeunes reconnaissent les pièges, qu’ils fassent des choses positives: sport, théâtre… qu’ils voient quand le jeu n’est plus un jeu, quand, par exemple, tu prends 2$ sur ton 5$ de lunch pour miser…

Pour se battre contre la publicité massive de Loto-Québec, on a une force, on a le contact direct avec les jeunes. La tendance à transformer le Québec en société du jeu est lourde. Mais, en fauteuil roulant, j’ai appris à avancer en me fixant de petits objectifs.

Vis-à-vis du jeu, un petit point d’interrogation est en train de se dessiner dans la société québécoise. Je veux faire la différence pour quelqu’un d’autre, pour les jeunes surtout.

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Décès de Did Tafari Bélizaire

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Textes sur le Gambling et jeu compulsif:

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Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

Autres textes sur le Suicide:

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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