Sotchi: Le sexisme et l’homophobie des Jeux Olympiques

Le saut à ski fait son entrée à Sotchi

Un sexisme qui a duré 90 ans!

Raymond Viger  Dossiers HomosexualitéJeux olympiques,

Égalité Homme-Femme

jeux olympiques saut ski féminin femmes sexismeL’homophobie russe pour les Jeux olympiques de Sotchi a bien fait parler d’elle.

Mais voilà qu’une publicité m’interpelle. Pour la première fois en 90 ans, le saut à ski féminin sera maintenant une discipline officiellement autorisé pour les Jeux olympiques.

Les hommes sautent depuis 1924 mais les femmes ne peuvent le faire qu’à partir des Jeux olympiques de Sotchi. En 2006 et en 2010, le saut à ski féminin avait été refusée… par manque de haut niveau dans ce sport.

C’est un cercle vicieux. Si le sport est inclus dans les Jeux olympiques, les femmes pourront se pratiquer et s’améliorer. Mais si le sport ne fait pas parti des J.O., comment avoir accès aux équipements, aux entraîneurs, aux commanditaires…?

Des groupes de femmes avaient été en cour pour tenter de forcer les organisateurs des Jeux à inclure le saut à ski féminin pour les Jeux olympiques d’hiver de Vancouver. Deux instances judiciaires avaient refusé le droit aux femmes de pratiquer ce sport en 2010.

J’ai été surpris et déçu de me rendre compte qu’il y avait encore des lieux de sexisme dans notre société et que nous avons encore beaucoup de travail à faire.

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Travailleuse du sexe Connais pas

Travailleuse du sexe? Connais pas!

Trisha Baptie         Dossier Prostitution et Sexualité.

J’ai été prostituée plus de 15 ans et je n’ai jamais rencontré une seule «travailleuse du sexe». Pour moi, cette expression vient du film Pretty Woman… et des gens qui endossent et exploitent la chosification des femmes. Je connais des prostituées – j’en ai été une – et nos raisons d’être là étaient claires: la pauvreté, le racisme, l’oppression de classe, le sexisme et les violences subies dans l’enfance.

À l’époque, je vous aurais dit que la prostitution était un geste de pouvoir, de libération… Il me fallait penser ça.  Comment aurais-je pu me regarder dans le miroir autrement? Pourtant, ça m’arrachait le coeur de voir arriver chaque nouvelle fille. Et pas une prostituée ne veut voir sa fille entrer dans cette industrie mangeuse d’âme.

Je suis contre ce prétendu «travail du sexe», parce qu’il affecte non seulement les femmes qui y sont, mais toutes les femmes et notre rapport au monde. Au Canada comme partout, des femmes, presque toutes pauvres et «racisées», sont amenées à cette industrie par la coercition, la violence et la tromperie. C’est parce que je veux la liberté pour toutes les femmes que je suis contre l’industrie qui nous vend comme jouets de masturbation.

On dit souvent: «Il faut bien qu’une femme paye ses comptes.» Qu’on nous donne plutôt de l’instruction, des possibilités, de la dignité et un revenu convenable garanti! Si on collectait réellement les pensions alimentaires? Si on assurait les ressources nécessaires aux jeunes qui grandissent dans les centres d’accueil et en sortent? Il y a de meilleures façons d’aider les femmes que les baiser.

Mes amies qui sont encore dans la rue savent ce que je fais, et elles m’appuient pour que personne d’autre n’adopte cette vie. Elles travaillent à se protéger du danger immédiat. Moi, à titre de militante, je veux voir les hommes arrêtés avant qu’ils achètent des femmes.

Des viols payés

J’essaie aussi de dissiper l’illusion que cette forme de violence contre les femmes reflète leur propre choix. Je veux réorienter la conversation, comprendre pourquoi notre société trouve correct que des hommes achètent des femmes? Pourquoi donc défendre la notion que les hommes ont besoin d’un accès sexuel illimité aux corps des femmes pour y éjaculer quand bon leur semble? Si on accepte ça, la société est forcée de leur offrir en tout temps une catégorie de femmes pour satisfaire cette volonté.

Des longues recherches ont démontré que 90 % des femmes prostituées veulent en sortir et mon expérience du milieu valide ce chiffre. C’est de viols payés dont on parle. Contestons cette forme de patriarcat et de misogynie. «La plus vieille profession du monde» est en fait sa plus vieille oppression.

Propres à être violentées

«Réduction des méfaits», dites-vous? On ne peut pas rendre la prostitution «plus sécuritaire»; c’est une violence en soi, un viol où l’argent ne fait qu’apaiser la conscience des hommes. Et puis, pourquoi est-ce seulement aux femmes qu’on impose des contrôles de santé? Pour que nous soyons «propres» à être violentées par les hommes? Pourquoi ne pas les  contrôler, eux, si on veut vraiment protéger les femmes?

Pourquoi institutionnaliser ce que l’humanité a de pire? Notre culture impose aux femmes de baiser sur demande, de s’arracher les poils, de subir des chirurgies plastiques… Cela m’attriste de voir à quel point notre société force les filles et les femmes à jouer les prostituées.

Quant au soi-disant «libre choix» de se faire baiser plusieurs fois par jour par des hommes anonymes, mon expérience est toute autre. Partout où il y a prostitution, il y a trafic sexuel, crime organisé, drogues et autres activités criminelles et aucun pays n’arrive à les désenchevêtrer. Alors, pourquoi laisser une minuscule minorité de gens nous imposer leur individualisme quand nous savons que toute la société en souffrira? Que ce seront surtout les femmes pauvres et les femmes de couleur qui verront leurs droits humains bafoués afin de maintenir pour les hommes l’offre du sexe sur demande?

Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 32

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Entretien avec Sophie Chiasson Les CHOI de Sophie

Spectacle du Bistro le Ste-Cath (l’ancien Bistro In Vivo) dans Hochelaga-Maisonneuve

Entretien avec Sophie Chiasson

Les CHOI de Sophie

Dominic Desmarais             Dossier Médias

Victime d’un animateur de radio, l’ancienne présentatrice météo Sophie Chiasson renaît. Après une bataille juridique qui l’a menée au bord de l’épuisement, elle prépare son retour à la vie professionnelle. Reflet de Société l’a rencontrée pour faire le point sur l’impact du harcèlement dont elle a été victime.

photo sophie chiasson médias journalisme média Sophie Chiasson n’aime guère revenir sur son affrontement contre la défunte station de radio de Québec CHOI FM et son animateur Jean-François Fillion. Pendant 6 ans, elle n’a existé dans l’opinion publique qu’en tant que victime de ce média. Elle veut désormais être reconnue pour ce qu’elle est et ce qu’elle fait.

Son début de carrière à la télévision avait bien commencé. Diplômée de l’Université Laval en relations publiques, le hasard l’amène à entamer une carrière de présentatrice à Météomédia et à TVA en 1999. Dès le début, elle est prise à partie par CHOI FM et Jeff Fillion. Les commentaires portent sur son intelligence et son physique. On dénigre ses faits et gestes vus à la télévision. «S’ils avaient divagué sur quelqu’un qui a 25 ans de carrière, qui est inébranlable, peut-être. Mais moi, je commençais, j’étais jeune. C’était la première fois qu’on parlait de moi. Et voilà que je me retrouvais sur la sellette de cette façon là.»

Sophie Chiasson tente de régler elle-même le problème. D’abord, en acceptant d’accorder une entrevue à son bourreau pour lui faire comprendre la gratuité de ses propos. Rien n’y change. Pendant trois ans, le cirque continue. «On est dans l’acharnement, le mensonge, la diffamation, l’attaque personnelle, le sexisme», explique-t-elle. Originaire de Québec, la jeune femme n’a plus le choix. Sa famille et ses proches sont affectés par les propos outranciers et mensongers qui se répandent dans leur ville. En 2002, elle entame une poursuite contre les gens qui la calomnient.

Trois autres années passent. La jeune animatrice doit faire la navette entre Montréal et Québec pour préparer le procès. «J’avais peur. Plus ça allait, plus j’étouffais. Je vivais beaucoup d’anxiété. J’étais écoeurée de porter ce fardeau. En plus, je devais tout oublier pour travailler. Pour bien animer, j’avais besoin de mon assurance et de mon estime. Il fallait que je redouble de vigilance. J’ai une émission le soir, qu’est-ce qui va être dit le lendemain?»

Un procès médiatisé

En arrivant au Palais de justice, Sophie Chiasson vit d’un espoir: mettre un terme à ces six dernières années d’enfer. «Moi, j’allais régler ma petite affaire. Mais c’était devenu un débat social, politique et psychologique. Mon espoir d’une conclusion s’est vite transformé en désillusion parce que ça continuait.» Faisant fi de l’ordonnance du juge, CHOI FM commente le procès et poursuit son travail de sape au nom de la liberté d’expression. À l’ouverture du procès, le 28 février 2005, CHOI FM est numéro un dans les cotes d’écoutes de Québec. La radio gagne en crédibilité auprès de ses fidèles.

«J’étais effrayée parce que ça n’arrêtait pas, c’était partout! Ça faisait les manchettes alors même que le pape était sur le point de mourir. J’étais allée en cour pour reprendre le contrôle, mais c’est l’inverse qui se produisait. On faisait des émissions spéciales à la télé et à la radio sur le sujet», raconte celle qui affirme avoir maigri d’une vingtaine de livres durant les deux premières semaines du procès.

Pendant tout le processus judiciaire, elle reçoit des propositions importantes pour régler hors cour. «Certains m’ont suggéré d’accepter, mais pour moi, il était trop tard. Ils étaient allés trop loin. J’étais peut-être fatiguée, mais je voulais y mettre un point final. Moi, la petite fille de 30 ans, sans argent, je mettais un stop là où personne d’autre n’avait osé le faire», dit-elle sans prétention.

photo sophie chiasson médias journalisme média Élevée à la dure

Sophie Chiasson tire sa force de caractère de son enfance. Élevée dans la Basse-Ville de Québec, dans un environnement défavorisé, elle a appris tôt à faire sa place. «Mes parents ne l’ont pas eu facile. Tu retrouves chez ces gens beaucoup de fierté. Tu ne peux pas les acheter facilement. Ils m’ont montré qu’il n’y avait pas de prix pour avoir le courage de ses convictions», explique la jeune femme qui se rappelle une anecdote qui en dit long sur les valeurs transmises par sa famille. «J’avais 6 ans, je rentre en pleurant parce que j’ai été intimidée par deux jeunes. Mon père me dit: “C’est quoi ça?” en parlant de mes pleurs. “Va te défendre, va te battre.” Il m’a sortie de la maison et a verrouillé la porte pour que je ne revienne pas», dit-elle en se souvenant du garçon manqué qu’elle était.

Sophie Chiasson sort épuisée du procès. Le 11 avril 2005, elle peut enfin savourer sa victoire. La Cour supérieure du Québec, en plus de lui octroyer un montant record pour ce genre de cause, blanchit sa réputation. «Les propos visant Mme Chiasson sont sexistes, haineux, malicieux, non fondés, blessants et injurieux. Ils portent atteinte à la dignité, à l’honneur et à l’intégrité de l’être humain en général et de Mme Chiasson en particulier», peut-on lire dans la décision du juge. La jeune femme est aux anges. Elle se sent libérée. «Je l’ai tellement relu, le jugement! Il est venu apaiser une partie des souffrances de ces années-là», dit-elle avec un soulagement renouvelé.

La bataille n’est pas encore terminée. La cause est portée en appel, avec le même résultat. Sophie Chiasson doit attendre jusqu’en juin 2006 pour être certaine que la station ne porte pas la cause devant la Cour suprême. «J’ai donné toute l’énergie dont je disposais. Il a fallu que je m’en aille. Je n’avais pas la force de répondre aux demandes d’entrevues. Il fallait que je me repose, que je change d’air.»

Il lui faudra deux ans de travail sur elle-même pour se retrouver. «Est-ce possible que cette histoire m’ait enlevé les forces que j’avais? Je me suis posé la question. Deux ans, c’est long. C’est deux hivers, deux étés… Aujourd’hui, je me trouve pas mal complète, grâce à cette histoire.»

Maintenant qu’elle va bien, elle n’a pas peur de l’avouer: elle a extrêmement souffert. «Encore plus au moment d’en sortir. Le temps de me ramasser, ce fut le plus dur. Mais aujourd’hui, je me sens tellement bien! Je suis contente d’avoir vécu ça pour savourer mon bonheur!»

Sophie Chiasson a tourné la page. Elle est prête pour un nouveau départ. La tête pleine d’idées, elle aimerait retourner à la télévision et écrire. Elle s’engage auprès d’Opération Enfant Soleil et donne de son temps pour les personnes âgées. Bientôt, elle retournera au Mali pour y travailler sur l’émancipation de la femme.

Une radio controversée

La station CHOI FM, aussi appelée Radio X, en référence à la génération à laquelle elle s’adresse, a acquis une notoriété pan-québécoise au début des années 2000 en raison des opinions de son animateur vedette Jeff Fillion.

Par de la  diffamation et des propos jugés offensants, l’animateur a soulevé l’ire du Conseil de la radiodiffusion et des  télécommunications canadiennes (CRTC) qui a menacé à deux reprises de ne pas renouveler le permis de la station. Le 13 juillet 2004, excédé, le CRTC tranche: CHOI devra fermer le 1er septembre suivant. Cette décision provoquera la sortie dans les rues de Québec de 50 000 personnes venues appuyer la station au nom de la liberté d’expression. Un mois après la décision du CRTC, 8 000 sympathisants se rassemblaient à Ottawa pour manifester leur appui à la station et remettre une pétition de 210 000 noms. Ils scandaient le désormais fameux Liberté! Je crie ton nom partout.

Les tribunaux ont donné raison au CRTC qui, plutôt que de fermer CHOI FM, transférait le permis d’émettre de la station à un autre propriétaire. Jeff Fillion doit toujours se défendre, avec l’ancien propriétaire Patrice Demers, dans une cause de diffamation à l’endroit d’un journaliste de TVA de Québec.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Sexisme animal

Sexisme animal

(Agence Science-Presse) – Si les femmes sont encore minoritaires dans les postes de direction, ce n’est pas le cas chez bien des mammifères, incluant les éléphants, où elles sont même plus souvent qu’autrement l’animal qui dirige la meute. Étonnamment, ce n’est pas un travail en biologie, mais en informatique, qui a permis de comprendre pourquoi: Larissa Conradt et ses collègues de l’Université de Sussex, ont en effet construit une simulation sur ordinateur, qui conclut que lors de conflits entre individus sur la meilleure direction à prendre, deux types d’individus sont susceptibles de mener le groupe. Les affamés, qui ont tout à gagner à arriver le plus vite possible à destination, et les animaux qui ont le moins à perdre si le groupe se divise: c’est parmi ces derniers que se dégagent les femelles, parce que si le groupe se divise, le grand perdant, c’est le mâle dominant.

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Confidences d’une femme scientifique sur Internet

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(Agence Science-Presse) – Les femmes scientifiques qui bloguent sont encore moins nombreuses, mais l’une d’elles vient de rassembler ses 500 meilleurs billets… en un livre! Simplement connue sous le pseudonyme de «Female Science Professor», celle qui se décrit comme une physicienne dans une «grande université américaine» parle depuis mai 2006 de sa vie personnelle (mariée, une fille) et professionnelle, des cas occasionnels de sexisme et des arcanes de la vie académique. (Female Science Professor, Academeology, Lulu éditeur, 2008).

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Les orientations sexuelles: on a tous des reproches à se faire

Les orientations sexuelles: on a tous des reproches à se faire

Robin Drevet  Dossier Homosexualité

La décision de faire un billet sur les orientations sexuelles me vient de réflexions de plusieurs semaines.

Je ne vais pas faire un rappel de qui peut être quoi et comment on le devient, je pense que tout le monde est déjà plus ou moins au courant.
Je voudrais plutôt aborder les difficultés ressenties par toute personne qui se découvre que ce soit hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle.
Pour cela je vais les voir les unes après les autres.

L’hétérosexualité

Commençons par l’hétérosexualité. Cela peut paraître étrange mais il y a de nombreuses difficultés aujourd’hui à vivre une vie épanouie hétérosexuelle. Bien sûr, l’épanouissement y est plus simple, l’acceptation ne pose pas de complications particulières non plus. Pourtant, la société nous impose des comportements contre lesquels il est souvent bien dure de se révolter.

La question de l’hypersexualité et de la question de la femme en est une première. La petite fille se voit souvent enfermée dans le modèle de la Femme hétérosexuelle comme un objet qu’il soit de désir ou de service. Le garçon se voit presque imposé d’avoir sa première relation sexuelle avant l’âge adulte ou de mentir pour ne pas rester «le puceau» de son groupe d’amis (voir le nombre de films fait sur cette problématique). L’homme reste aussi enfermé dans des règles hétérosexistes qui se sont vus révélées par la montée des courants féministes ces 30 dernières années. Car finalement, vouloir exposer sa virilité, se montrer puissant et protecteur, chercher l’affrontement, est ce un réel choix ou des comportements imposés par des normes dont le non-respect entraîne des conséquences gênantes, voir désastreuses (raillerie, confiance en soi, estime, suicide…)?

L’homosexualité

Pour ce qui est de l’homosexualité, il y a trois aspects principaux à observer.

Tout d’abord, se l’assumer à soi, cela rejoint un peu le dernier point soulevé sur la question de l’hétérosexualité, lorsqu’un homme ou une femme se sent attirer par des personnes de même sexe que lui, il/elle se sent étranger, rejeté(e) même si ce n’est pas le cas, et souvent, il y a une période de refus de l’accepter car il faut alors désapprendre ce qui a été enseigné.

Après l’avoir assumé en soi, il faut pouvoir le dire autour de soi, souvent en premier à des amis proches, puis à sa famille. Mais de nombreux facteurs se mettent en opposition: religion, morale, préjugés, incompréhension, peur… et c’est dans ces périodes qu’on voit les plus hauts taux de suicide dans la jeunesse.

La dernière étape, c’est de la vivre cette homosexualité, et malgré les avancées incontestables faites dans de nombreux pays, l’homophobie est toujours fortement présente. De plus, le monde homosexuel n’est pas toujours simple à aborder. C’est le paradis de l’individualisme, du paraître, de l’inconscience permanente et de l’éphémère, mais ne pas le fréquenter, c’est se créer des difficultés sur la possibilité de trouver un partenaire, et malgré Internet et la multiplication des sites de rencontre, la solitude sentimentale est très forte chez les homosexuels (plus souvent homme que femme), solitude se renforçant fortement dépassé l’âge de 30 ans.

La bisexualité

Le dernier point et non le moindre qu’est la bisexualité n’est pas un mélange des deux premières orientations. Il en existe plusieurs, certaines personnes sont à dominante hétérosexuelle, d’autres homosexuelle, et les facteurs du désir physique et de la relation sentimentale fait beaucoup varier la façon de vivre leur sexualité. Les hétérosexuels voient souvent les bissexuels comme des personnes qui veulent être à la mode (la femme bisexuelle est souvent vue comme une «salope» tandis que l’homme s’assume rarement). Quant aux homosexuels, ils rejettent les bissexuels car vus comme des homos qui ne s’assument pas.

En bref cette dernière orientation est souvent niée, rendant l’existence de ces personnes encore plus difficiles.
A cela s’ajoute le certain manque de satisfaction avec l’un ou l’autre des partenaires, surtout qu’on ne trouve pas les mêmes attentes selon le sexe du partenaire. De plus, les relations sociales sont rendues plus difficiles d’accès car on croit toujours à une certaine ambiguïté.

La sexualité de tous

Pour conclure, on peut donc dire que les orientations sexuelles sont en changement constant de leur identité, dans une construction permanente les unes par rapport aux autres. Et c’est lorsque que chacune d’entre elles s’acceptera dans ses différences et ses complémentarités que les inégalités et l’épanouissement pourra se faire. Tout le monde y sera gagnant. La diversité sexuelle est un trait normal de la vie en générale qu’elle soit animale ou humaine, et sur ce point, nous avons encore beaucoup à parcourir par rapport à nos amis à poils, à plumes etc.

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La France, pays de l’égalité des sexes?

La France, pays de l’égalité des sexes?

Vous sentez peut être la polémique poindre son nez et vous n’ avez peut être pas tort !

Je me suis d’abord laissé tenter par seulement déposer un commentaire à l’article de mon compatriote Le sexisme des Français. Mais Monsieur Benjamin, certaines phrases ne peuvent rester impunies par la Sainte Inquisition du français féministe…

De plus, je ne risque pas de déclencher un conflit international vu que nous restons entre Grenouilles.

Après un début prometteur sur le fait qu’une femme devrait pouvoir se vêtir comme bon lui semble, on revient rapidement à un stéréotype effroyable qui est le :  jupe courte = fille facile… La comparaison de la séduction avec un escalier est très juste mais il ne faut pas oublier qu’on peut en tomber facilement et se faire assez mal en arrivant en bas…

Ce n’ est pas cette phrase là qui a éveillé mes pulsions de chiens de garde mais plutôt cela :

« Le français est de plus très préoccupé par l’égalité des sexes. Si une jupe trop courte nous dérange sur une femme, c’est que nous n’aimerions pas la voir sur un ami, c’est aussi simple que ça. »

Aie aie aie, je suis très content de voir des ami(e)s porter des jupes très courtes, des décolletés très plongeants et une infinité d’ accessoires mettant en avant leur charme. Et le fait que cela puisse déranger quelqu’un peut être jugé comme du sexisme, finalement un homme se promenant dans la rue la chemise à moitié ouverte n’ attirera pas les mêmes regards des femmes ?!? Et pourquoi ? Parce que les filles aiment bien voir leur ami habiller de cette façon ? Je ne pense pas, par contre peut être parce que la société dans laquelle nous vivons sexualise bien moins le corps d’ un homme que d’une femme (en dehors de la communauté homosexuelle bien sûr), il suffit pour cela de regarder les pubs, les films, les barbies, les strings existant en taille 8 ans…  et de se rappeler que la prostitution est à 90% féminine pour la satisfaction des hommes (un statut d’objet sexuel).

Le français est préoccupé par l’égalité des sexes dans un contexte de politiquement correct mais regardons dans les faits et dans les chiffres :

  • Une femme est payée en moyenne 27% de moins qu’un homme sur un même poste
  • Une femme occupe 80% des emplois dits précaires (temps partiel imposé, Intérim, CDD…)
  • Une femme gère 90% des tâches non rémunérées (ménage, enfants, administratifs…)
  • Les droits de la femme en matière d’ avortement sont de plus en plus rognés, le fétus mort-né peut être déclaré à l’ État Civil (ce qui est d’ ailleurs en train de se passer au Québec avec le C-484).
  • 1 femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint

Et ce n’est qu’un échantillon d’une inégalité criante compensée parce que l’on appelle la parité ( et qui d’ ailleurs ne fonctionne pas puisque les dernières élections de l’Assemblée Nationale donnent 23% de femmes dans l’hémicycle). Alors préoccupé peut être mais agissant sûrement pas.

Je termine avec une citation d’une femme française, plus ou moins fondatrice du courant féministe actuelle :

« La femme n’est victime d’ aucune mystérieuse fatalité : il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamnent à vivre éternellement à genoux. » (Simone De Beauvoir).

PS : il n’ y a évidemment rien de personnel mon cher Benjamin…

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