Sortir de la rue par amour

Pour l’amour d’un chien

Les gens de la rue et leurs animaux

De nombreuses années me séparent de la rue, mais je peux encore la sentir en moi.

Caroline Leblanc dossier Itinérance

amour chien itinéranceMon voyage dans la rue a commencé dès mes 14 ans dans les rues de Sherbrooke, Granby, Montréal puis Toronto. Assoiffée de liberté ou plutôt hantée par le désir de m’enfuir d’un monde dans lequel j’étais incomprise, la rue est devenue mon milieu de vie.

Durant ce parcours, il y a eu beaucoup d’aventures et de mésaventures, mais comme on dit, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise route. Chacune d’elles nous apprend quelque chose et nous grandissons riche d’expériences acquises au fil du voyage. Peu importe la destination, c’est le voyage qui compte!

Je pourrais vous parler de certaines destinations telles que mon enfance tumultueuse, mon adolescence incomprise et incompréhensible, mes relations d’amitié et d’amour malsaines ou l’univers de la rue. Mais je préfère vous partager ce qui a changé le cours de ma vie.

Parfois, on a l’impression de courir après le bonheur chaque jour de notre vie, mais dans la rue c’est souvent à chaque instant.

Mais à un moment donné, un bonheur est arrivé dans ma vie. Un être magnifique que j’ai nommé Draft, une chienne extraordinaire qui a été là à traverser les ouragans, les petites tempêtes et les beaux et les mauvais moments de ma vie. Elle était là sans me juger, à m’aimer, à m’accepter comme nul autre a su le faire. Gravé dans ma mémoire cet être merveilleux m’a aidé à surmonter mon chagrin, mes difficultés et m’a donné la confiance et la force de m’aimer.

Vous vous demandez sûrement pourquoi je raconte cela, comprenez que la rue fut un moment que j’ai partagé avec ma chienne Draft. À travers mes souffrances, mes déboires et les nombreux pays que j’ai traversé, elle a été là pour veiller sur moi sans jamais me laisser tomber dans cette aventure. Riche de cœur, son amour inconditionnel m’a donné la force et la motivation d’affronter cette société et les jugements qu’elle a eus envers moi et les autres qui vivions dans la rue. Pour certains, elle restera juste un chien, mais pour moi elle est la force qui m’a permis de me sortir la tête de l’eau et de trouver ma place.

Par respect pour elle, une fois fatigué d’errer, j’ai pris un appartement et j’ai décidé d’aller à l’université. Avec seulement un secondaire 3 en poche et mon expérience de la rue, j’ai quêté mon inscription universitaire. Quelle idée folle m’est venue en tête vous me direz. Mais pour moi, c’était la seule façon d’arriver à me faire entendre et de rendre à la rue ce qu’elle m’avait permis de devenir. C’est-à-dire une femme forte et déterminée, une femme se battant contre les injustices sociales.

Le père Pops (prêtre montréalais reconnu pour son intervention auprès des itinérants) a toujours cru en moi et m’a aidé à obtenir une bourse d’études. Mais après un an de belle réussite, j’ai abandonné, car à cette époque je jugeais que l’université n’était pas nécessaire. Ce n’est que lorsque j’ai eu ma fille que je suis retournée sur les bancs de l’école pour m’y donner à 100%.

Aujourd’hui, Draft n’est plus de ce monde, mais elle reste gravée dans mon cœur. Pour elle, je continue à gravir des montagnes pour arriver à mon but: améliorer les conditions de vie des personnes itinérantes et leurs animaux de compagnie. Je termine bientôt ma maîtrise en travail social qui porte sur l’influence des animaux sur le parcours de vie des personnes itinérantes. Qui aurait cru !

En l’honneur de mon parcours, j’ai fondé un organisme à but non lucratif (Solidarité dans la rue) pour sensibiliser les différentes instances publiques, sociales et communautaires sur l’importance des animaux auprès des personnes vivant en situation de précarité. Depuis 3 ans, je passe Noël dans la rue pour apporter mon soutien aux personnes itinérantes et leurs animaux. À Montréal d’abord et depuis 2015 en Estrie (Sherbrooke) en l’honneur de mes racines.

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Après la pluie… Le beau temps

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelleRecueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

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Autres livres pouvant vous intéresser:

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Chirurgie à Cuba: travail bâclé au Journal de Montréal

Chirurgie à Cuba et rétinite pigmentaire:

travail bâclé au Journal de Montréal

 François Richard

  Dossiers Médias et publicationSanté et Protection du consommateur

 image Le Journal de Montréal publie dans son édition d’aujourd’hui un dossier sur les soins de santé cubains comportant d’importantes lacunes. L’article porte sur le tourisme médical et on peut y lire les témoignages de Québécois qui se sont rendus à La Havane afin de se faire opérer pour une rétinite pigmentaire. Cette maladie génétique de l’oeil cause la cécité et est, selon les données médicales disponibles, incurable. Pourtant, l’auteur du dossier, Éric Yvan Lemay, ne fait aucunement mention du caractère controversé du prétendu remède cubain à cette maladie.

Un traitement contesté par les médecins

Je travaille présentement sur ce dossier dans le cadre d’un article pour le magazine Reflet de Société. Durant mes recherches j’ai pris connaissance des critiques sévères des ophtalmologistes québécois à l’endroit de l’opération offerte à la clinique cubaine mentionnée dans l’article du Journal. L’efficacité du traitement n’a jamais été scientifiquement démontrée. Les étrangers se rendant à Cuba risquent donc de dépenser des dizaines de milliers de dollars en pure perte, voire d’aggraver leur état de santé.

Le Journal de Montréal se contente pourtant de présenter des témoignages de gens satisfaits du traitement qu’ils ont reçus. Le lecteur non-averti aura l’impression que l’opération est bénifique et sans danger, sans qu’il n’ait pu bénéficier d’un point de vue divergent afin de réfléchir de façon plus critique à la question.

Des témoins honnêtes

Je ne mets pas en doute la véracité des témoignages publiés dans le Journal. J’ai d’ailleurs moi-même interrogé certaines des personnes qui y sont citées et je peux témoigner de leur bonne foi et de leur crédibilité. Je crois toutefois qu’il était du devoir de l’auteur de présenter l’autre côté de la médaille. Les témoignages ont une valeur et méritent d’être considérés, cela dit, les recherches scientifiques aussi.

Publier un quotidien en l’absence de journalistes comporte des risques. Comme celui de ne pas faire les recherches appropriées avant de publier un dossier qui pourrait induire des gens en erreur. 

Un article portant sur le traitement de la rétinite pigmentaire offert à fort prix dans une clinique cubaine sera publié dans l’édition de juin de Reflet de Société.

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Autres textes Protection du consommateur:

Taux promotionnel CIBC VISA et fausses représentations

Quand l’argent des cartes de crédit disparaît de la circulation

Fausses représentations des cartes de crédit

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Canadian Tire devient une banque et une carte de crédit

Ressources protection du consommateur

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quand-un-homme-accouche-roman-cheminementQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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Une chlamydia avec ça?

Une chlamydia avec ça?
Dominic Desmarais, Volume 16 no 1. Octobre 2007

Robert vient d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal. Bon à l’école, sportif, un emploi à temps partiel pour payer l’université. Le jeune homme, maintenant dans la fin vingtaine, passait plusieurs soirées par semaine à festoyer dans les bars. Il fut un temps, «la belle époque» comme il aime l’appeler, où il s’amusait à accumuler les conquêtes.

«Comme je ne connaissais pas mes partenaires, je mettais toujours un condom, affirme Robert d’un ton sérieux. Sauf un soir de party. Je suis sorti prendre l’air avec une demoiselle. On s’est embrassés…» Robert ne termine pas sa phrase. Son large sourire suffit pour comprendre qu’ils ont échangé davantage qu’un baiser. «Je n’avais pas de protection avec moi. J’étais plus que pompette. Et ça faisait quelque temps que je la reluquais.»

Robert n’a pas eu de maladie des suites de cette aventure. «Ça m’a donné l’idée que baiser sans condom, c’était pas si dramatique. Remarquez, les relations suivantes, j’en portais. J’y étais habitué.» Mais l’impression qu’il ne lui arrivera rien ne le quitte pas.

Des mois plus tard, l’histoire se répète. «Cette fois, j’ai poussé ma chance un peu trop loin, se souvient le jeune homme. Je l’ai su dès le lendemain, en allant aux toilettes.» Robert rit de cet épisode aujourd’hui. Mais cette journée-là, il vivait nerveusement. «Je travaillais et, aux cinq minutes, j’allais au petit coin en espérant que ça ne me chaufferait plus, que tout irait mieux. Je ne pensais qu’à ça.»

Robert n’a pas mis de temps à visiter une clinique spécialisée dans le traitement des maladies sexuelles. Une expérience qu’il espère ne plus jamais revivre. «Ça fait mal! Et comme les résultats d’analyse sortent après quelques jours, tu stresses en attendant. Je savais que j’avais attrapé quelque chose. Mais je ne savais pas quoi. Je suis passé à la bibliothèque regarder des livres sur ces maladies. Pour savoir ce que ce pourrait être. Je m’imaginais le pire scénario.»

Robert a été sensibilisé au port du condom à l’école secondaire. Mais il ne connaissait pas les infections qu’il pouvait attraper. «Je connaissais les noms des ITS. Pas leurs symptômes ni leurs conséquences. Lesquelles ne disparaissent jamais? J’étais dans l’inconnu et ça m’a fait paranoïer.»

Robert se considère chanceux. Il a attrapé la chlamydia. «Je devais prendre deux pilules et, en 24 heures, j’étais guéri. Ça m’a permis d’en rire avec mes amis. Mais intérieurement, je ne riais pas fort», dit-il en s’esclaffant, 10 ans plus tard. Les erreurs de jeunesse sont du passé. Depuis, il a toujours porté un condom. «Une autre fille que je désirais depuis un bon moment m’a demandé de ne pas en enfiler un. Elle se disait clean. Je n’ai pas voulu. Pas après ma mauvaise expérience.» Robert a poursuivi quelque temps sa vie d’aventures. Plus jamais il n’a eu de relation sans protection.

Ces années l’ont fait réfléchir. «J’ai changé! Ces histoires d’un soir me rendaient de plus en plus vide. Je me sentais seul. Mais vu mon tempérament, il fallait que je passe par là pour me rendre compte que ce n’est pas pour moi. J’ai bien vécu ma jeunesse et je suis prêt aujourd’hui pour une vraie relation!»

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autres textes sur sexualité

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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Témoignage d’un joueur compulsif : Jouer sa vie à la roulette russe.

Témoignage d’un joueur compulsif

Jouer sa vie à la roulette russe.

Michel B. volume 15 no 6, août 2007.         Dossier Gambling et jeu compulsif, Gamblers Anonymes

Enfant, je n’avais qu’un rêve: posséder un garage de 4 portes et faire beaucoup d’argent. Mes rêves se sont réalisés. J’ai eu un garage de 8 portes. J’ai fait de l’argent comme jamais je n’aurais pu l’imaginer. Je pouvais me payer tout ce que je voulais. Des voyages ordinaires jusqu’aux plus extravagants.

Des clients veulent m’acheter des pneus pour exporter en Algérie. Les profits de cette transaction vont m’être payés en argent comptant pour payer moins d’impôt. Je dois rencontrer mes partenaires algériens dans un restaurant de Montréal. Surprise! Le restaurant a récemment passé au feu. Il est fermé. On convient d’aller souper au restaurant du Casino de Montréal.

Initiation au Casino et au jeu

Je ne savais même pas comment m’y rendre. Arrivé au Casino, je stationne ma voiture. Je soupe avec mes clients et je conclus la transaction. Au moment de nous quitter, mes clients prennent leur voiture au service de valet. Moi je dois retourner dans le Casino pour me diriger vers le stationnement sous terrain.

Gagner le jackpot au Casino

Pendant le trajet, je vois une femme se lever de sa machine. J’ai 3 pièces d’un dollar dans ma poche et l’enveloppe de ma transaction. Je me dirige vers la machine. Je mets 1$. Je ne gagne rien. La dame à côté me mentionne que ce sont des machines avec des lots progressifs et que, pour gagner, il faut mettre 2 $. Je mets les 2 $ qu’il me reste.

Pendant un certain temps, je n’ai pas compris ce qui se passait. Des lumières, des sirènes, tout le monde criaient autour de moi. Je vois des employés du Casino qui se dirigent vers moi. J’ai le goût de leur dire que ce n’est pas moi qui a brisé la machine. Ils m’expliquent que je viens de gagner le lot progressif. Près de 128 000 $!

Le jeu compulsif

La piqûre fait vite son effet. Le lendemain et le surlendemain, je vais au Casino. J’avais toujours mal jugé ceux qui faisaient la ligne au Casino à 10 h le matin pour être les premiers quand le Casino ouvre ses portes. Le Casino ouvre à 11 h, qu’ils arrivent à 11 h, pas 10 h! En peu de temps, je me suis retrouvé moi aussi dans la ligne à 10 h le matin. La machine que tu as laissée à 3 h le matin et qui ne t’a pas encore payé, tu es convaincu qu’elle est à la veille de le faire. Tu dois être le premier le matin pour aller jouer dessus.

J’ai appris à jouer au Black Jack, finalement, au Shuffle Master. À l’époque, le Casino ne se servait que d’un jeu de cartes. J’ai appris à compter les cartes et je gagnais souvent. J’ai fait beaucoup d’argent avec le Casino.

De joueur anonyme à joueur VIP

Ma femme ne savait rien de ma vie de joueur. Je lui racontais toutes sortes de menteries pour justifier mes absences. Des réunions, un surplus de travail au garage, des clients à rencontrer… Quand je gagnais de gros montants, j’étais seul dans mon euphorie. Quand je perdais, j’étais aussi seul dans ma détresse.

Je suis devenu un client VIP. Le Casino m’avait même offert un coffret de sécurité gratuit pour éviter que je ne me promène avec trop de liquidité. Le Casino m’a offert toutes sortes de gratuités. Des voyages, des limousines, des spectacles, des soupers. Même avec des invités, le Casino payait la facture. Je suis devenu arrogant, hautain et rempli d’orgueil. Mon grand rêve, mon garage 8 portes était devenu un à-côté dans ma vie de joueur.

Casino et shylocks

J’ai commencé à être suivi dans mes déplacements au Casino par un usurier qui prêtait de l’argent à des joueurs réguliers. Mais, vu que j’avais gagné beaucoup d’argent, je n’avais pas besoin de ses services. Au contraire, j’ai fini par lui prêter de l’argent et recevoir une partie des intérêts qu’il collectait. Vu que j’avais un coffret de sécurité au Casino, je lui ai donné l’avantage de l’utiliser et d’y déposer son argent. Le Casino devait sûrement se douter que son coffret de sécurité servait au crime organisé.

Quand le Casino a mis 8 jeux de cartes dans les sabots, j’ai commencé à perdre. De gros montants. Je ne pouvais plus compter les cartes. J’ai toujours pensé qu’un joueur qui perd est un sans-dessein. Il a juste à arrêter pour ne pas perdre ce qu’il avait amassé.

Conséquences du jeu compulsif

Je commence alors à me voler moi-même au garage, à prendre tout le comptant que je peux. Me rendre au Casino avec 35 000 $ ou 40 000 $, c’était normal et habituel. Je manque de liquidités. J’emprunte de l’argent dans le coffret de sécurité qui appartient à l’usurier. J’espère pouvoir me renflouer et replacer l’argent sans qu’il s’en rende compte. Cela fonctionne à quelques reprises, mais la situation commence à se corser. Un jour, tout s’est effondré. Je n’ai pas réussi à rembourser les intérêts, encore moins le capital.

Je me suis retrouvé dans un de leur bunker. Ils m’ont mis un revolver dans la bouche. Si je ne trouvais pas une façon de les rembourser, non seulement ils allaient me descendre, mais ma femme et mes enfants aussi.

Quand le joueur compulsif devient un criminel

Ils me font alors une offre. Travailler pour eux pour rembourser ma dette. Faire du transport. Chaque voyage me permet de diminuer de 2 500 $ ma dette. Je leur dois plus de 130 000 $! Me reste-t-il d’autres choix? Me sauver? Complètement inutile. Ils finissent toujours par retrouver ceux qu’ils cherchent.

Les conditions de travail sont moins intéressantes que prévu. Ils pouvaient m’appeler à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et il fallait être disponible. Pas question de dire qu’il y a d’autres choses plus importantes. Parfois, ils m’appelaient et me disaient de regarder par la fenêtre. Une automobile ouvrait et refermait ses lumières. Une façon de dire que je suis surveillé dans tous mes gestes.

Un soir, ils m’appellent. Ils me disent de me rendre dans le stationnement d’un centre d’achat sous le lampadaire numéro 24. Après une quinzaine de minutes d’attente, je reçois un autre appel. Je dois me diriger dans le stationnement d’un autre centre d’achat, toujours sous un lampadaire qu’ils déterminent. Troisième appel. Ils me demandent d’ouvrir la valise de l’automobile, de retourner derrière le volant de mon véhicule et de regarder en avant. Une camionnette s’arrête derrière l’auto. On dépose quelque chose dans la valise et ils referment le coffre. Je reçois mes consignes pour la destination: Sherbrooke, Trois-Rivières… Toujours pas très loin d’un bunker. Même scénario pour qu’ils prennent possession de la marchandise. Je ne voyais jamais personne.

Parfois, après 2 ou 3 déplacements, ils annulaient le transport. Était-ce des feintes volontaires ou y avait-il trop de risque cette journée-là? Aucune idée. Lorsque le transport était annulé, je n’étais pas payé. Pas question de me plaindre aux Normes du travail.

J’ai finalement réussi à payer mes dettes au complet. Ils ont voulu que je continue pour faire de l’argent et retourner jouer. Mais j’ai arrêté. Mon objectif était simple: payer ma dette pour me sortir de ce merdier dans lequel je m’étais foutu et tout arrêter.

Je n’ai plus jamais entendu parler d’eux. Le crime organisé et les différentes mafias sont remplis de gens qui tiennent à ce que vous honoriez vos engagements. Faire faillite ou tenter de sauter des paiements, une chose très difficile avec eux. C’est moi qui ai commencé par vouloir leur emprunter de l’argent. C’est moi qui me suis mis dans cette situation. Jamais ils ne m’ont forcé pour prendre leur argent. J’ai assumé.

Rechute du joueur compulsif

Malgré mon abstinence du jeu, je me rappelais mes heures de gloire au Casino. Je ramassais de l’argent en cachette. J’avais utilisé le système d’auto-exclusion pour éviter une rechute. J’étais tellement connu au Casino de Montréal que je ne pouvais pas y retourner. Je suis donc allé au Casino de Hull. On ne m’y connaissait pas. C’était plus facile d’y entrer incognito.

Je me suis endetté à nouveau. En revenant du Casino de Hull, au lieu de prendre l’autoroute 40, je passe par la route 158. Près de Masson, il y a beaucoup de camions. Je pleurais tellement, que je ne voyais presque rien. J’ai vu les lumières d’un camion en avant de moi. J’ai fait une prière et j’ai donné un coup de roue vers le camion. Le conducteur du camion, pour m’éviter, a perdu le contrôle et s’est retrouvé dans le champ. J’ai su par la suite que le camion avait eu de gros dommages, mais que le conducteur s’en était tiré indemne.

Jeu compulsif et suicide

Je me retrouve sur l’autoroute. Je place mon automobile sur l’accotement et je sors mon gallon de lave-glace. J’espère qu’un camion passe pour me jeter devant. Tout le monde va penser que c’est un accident et que je n’ai pas été chanceux. Aucun camion n’est passé. Je suis complètement gelé. Je mets les mains dans mes poches pour me réchauffer. Je trouve une photo de mon garçon. Je décide de remettre mon projet au lendemain.

Je lève les yeux vers le ciel et me dis: si tu existes vraiment, fais quelque chose. Je retourne à la maison. Je veux parler à ma femme. Elle dort. Je ne la réveille pas. Le lendemain matin, je prends ma douche. En préparant le linge pour l’envoyer chez le nettoyeur, ma femme trouve des papiers du guichet. Des retraits de 5000 $ et de 10 000 $ chacun. C’était le signe que Dieu m’a envoyé.

Mon château de cartes venait de s’écrouler. Toutes mes combines viennent d’être découvertes. J’avais magouillé avec le banquier pour pouvoir sortir autant de comptant que je voulais dans mon compte. Quand je ramenais beaucoup de comptant à la maison, je disais à ma femme que j’avais fait une autre transaction de pneus. J’en avais fait une seule. Mais il fallait que je justifie mes sorties fréquentes. Ma femme se questionnait. Elle pensait que j’avais une maîtresse.

Famille et jeu compulsif

Ma femme était anéantie par ce qu’elle venait de découvrir. J’ai avoué mon problème. J’ai rencontré un thérapeute. J’ai commencé à fréquenter les rencontres de Gamblers Anonymes. J’avais admis mon problème. J’avais joué mon commerce, mes placements. Tout l’argent que j’avais de disponible, et même l’argent qui ne m’appartenait pas. J’avais perdu tous mes rêves de jeunesse. Mais je n’avais pas accepté d’avoir été battu par le jeu. Inconsciemment, je voulais me refaire. J’avais gardé une porte ouverte. Je ne pratiquais pas les règles de rigoureuse honnêteté enseignée dans Gamblers Anonymes.

Réhabilitation d’un joueur compulsif

Aujourd’hui, ça fait 2 ans et demi que j’ai cessé de jouer. J’ai admis et j’ai accepté que je ne puisse plus jamais jouer normalement, que jamais je ne puisse regagner ce que j’ai perdu. Je suis retourné à Gamblers Anonymes et je me suis accroché à un nouveau mode de vie. J’y ai découvert de nouveaux outils pour m’aider.

Quand je ne me sens pas bien, il faut que j’en parle à une personne de confiance. Ça se dissipe. Je me sens confortable après. La seule façon d’y arriver, c’est juste d’être honnête. Sans amplifier ce qu’il m’arrive, sans banaliser non plus. Une rigoureuse honnêteté. Faire face à la musique en temps opportun.

Depuis que je vais chez Gamblers Anonymes, la vie est simple. Avec le quart de l’argent que j’avais, avec le dixième de l’aisance passée, j’ai une belle vie et je suis heureux. J’ai un bon travail, de bonnes conditions, un bon salaire. Je me permets des choses raisonnables avec ma famille. Maintenant, mes priorités sont ma famille, son bien-être, la santé et être heureux.

Gamblers Anonymes

Avec Gamblers Anonymes, j’ai réappris à mettre les valeurs aux bonnes places. Je sais que j’ai du potentiel. Ce qui est à moi est à moi. Tout ce que j’ai forcé à obtenir, je l’ai perdu en cours de route. Si on m’offre une opportunité sans magouille, c’est correct. Autrement, je débarque.

J’ai fait la paix avec mon passé. Je ne m’en veux plus. Je peux mourir sans remords, sans ressentiment. Je regarde en avant et je fais de mon mieux. Je regarde la vie différemment et je l’apprécie. Je veux goûter à tous les petits moments de bonheur que la vie m’accorde.

Pour éduquer mes enfants, je sais que cela doit se faire dans la paix, l’amour et la patience. Je dois aussi avoir un équilibre entre le travail et le repos. Je réussis tranquillement, un jour à la fois.

Ma femme est toujours là, parce qu’elle m’aime inconditionnellement. Elle a connu le vrai Michel. Elle a subi le mauvais. Elle sait reconnaître le retour du nouveau. Je n’aurais jamais pu accepter tout ce que je lui ai fait subir. Aujourd’hui, je suis heureux, comme jamais je l’ai été.

J’essaie de fréquenter des gens qui ont la même façon de voir la vie. Des gens honnêtes et bons. J’ai fait le point sur le passé. Je le laisse en arrière. Mais je ne l’ai pas oublié. Il faut que je m’en souvienne pour éviter d’y retourner, parce que c’est facile de retomber. C’est important d’en parler, quand ça ne va pas. C’est aussi important d’en parler quand tout va pour le mieux.

Vous pensez peut-être que je suis sans le sou et sur l’aide sociale. Détrompez-vous. Je suis un père de famille habillé veston-cravate. Je conduis toujours des automobiles de l’année. Si un jour vous me croisez sur la rue, jamais vous ne pourrez imaginer que cette histoire est la mienne. Faites attention à ceux que vous fréquentez.

VOS COMMENTAIRES SUR TÉMOIGNAGE D’UN JOUEUR COMPULSIF.

Textes sur le Gambling et jeu compulsif;

Témoignage d’un joueur compulsif

Comment fidéliser un gambler?

DVD prévention gambling et jeu compulsif

Être le conjoint d’un gambler

Le prix à payer pour devenir un gambler

La Sérénité pour un joueur compulsif

Biz Locolocass et le gambling

Éléonore Mainguy, ex-croupière du Casino

Jeux de cartes entre amis

Statistiques du pile ou face

Responsabilité de Loto-Québec

Commentaires sur le Gambling et jeu compulsif

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Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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VOS COMMENTAIRES SUR TÉMOIGNAGE D’UN JOUEUR COMPULSIF.

Rue de la violence

Rue de la violence
Dominic Desmarais
juin 2007

Dossier Prostitution et Sexualité

Au tournant de l’an 2000, Michelle entame une descente aux enfers. Traumatisée par la mort de deux de ses amis lors d’un accident de la route en Gaspésie, elle débarque à Québec. Elle y perdra ses plus belles années.

L’homme dont elle tombe amoureuse est impliqué dans la vente de drogue et dans la prostitution. Elle ne le sait pas. «J’ai commencé à vendre, parce que j’ai été influencée par de mauvais amis. Ça rapportait pas mal», avoue candidement la jeune femme.

Elle passait toutes ses soirées dans un bar de la capitale nationale à fournir de la cocaïne aux clients. À la fermeture, elle poursuivait son manège dans la rue. Elle s’effondrait sur son lit pendant 2 heures. Au lever, elle pesait et coupait la drogue qu’elle allait vendre en soirée. «Je travaillais 7 jours sur 7, sous les menaces de mort de mon chum et de son ami. J’ai fait ça 5 ans. J’étais à boutte.»

Son corps pour un quart de gramme

Michelle avait trop peur de changer de vie. Elle recevait à longueur de journée des claques sur la gueule. Un jour, elle se fait pincer par la police. Ses malheurs commencent. «Quand j’ai arrêté de vendre, il m’a forcé à prendre du PCP. Il m’a agrippé par la gorge pour m’envoyer sur la rue. Je ne connaissais pas ça, la prostitution.» La jeune femme ne veut pas nommer son petit ami. Elle en est toujours effrayée.

En 2002, elle entame sa nouvelle carrière: la prostitution. «Je n’aimais pas ça. À mon premier client, je pleurais. Je trouvais ça dur. Il était fin avec moi, dit-elle pour l’excuser. Il s’est rendu compte que je n’étais pas habituée.» Michelle travaillait jour et nuit. Soit dans la rue, soit en attendant l’appel de son copain, son proxénète.

«Il m’appelait pour me dire qu’il avait un client pour moi. Je voulais pas. J’allais me cacher chez ma chum. Quand je rentrais, je mangeais quelques claques. Mes clients étaient plus doux que mon chum. Ils savaient ce que je vivais. Je leur disais que j’étais obligée de le faire, que ça ne me tentait pas. Certains me donnaient mon 20 $ sans avoir de relation avec moi.»

Michelle remettait à son petit ami l’argent de ses clients. «En échange, il me redonnait un quart de gramme de coke. Je trouvais ça dur, cette vie. J’ai arrêté de consommer. Mais, j’ai continué de me prostituer, parce que, sinon, j’allais y passer.»

Battre ou se faire battre

Michelle subit la violence au quotidien. On lui crie après, la menace, la bat. Elle doit s’en prendre physiquement à ses amies prostituées. «Je n’avais pas le choix. Mon chum voulait que je batte mon amie. Je l’ai passée par-dessus le comptoir une fois. Je lui ai cassé les côtes, dit-elle, amère. Quand je ne la battais pas, c’est moi qui mangeais les volées. Il a enterré ma chum de fille, une prostituée qui voulait sortir du milieu. Toutes celles qui voulaient se sortir de la rue y passaient. Il les battait à mort. Je ne l’ai pas quitté, parce que j’avais peur. Moi, j’ai pas arrêté de manger des volées.»

Durant cette période, Michelle trouve refuge dans la musique. Elle chante à des événements. En 2004, elle emporte le premier prix d’excellence décerné par la Maison des jeunes de Saint-Sauveur. Un pactole de 4000 $. Un cadeau empoisonné. «Quand il l’a appris, il m’a agrippé par les cheveux. Il m’a dit: “T’es MA chanteuse. Tu m’appartiens.” J’y ai goûté.»

Cet événement a été un électrochoc qui a décidé Michelle d’abandonner cette vie de misère. En 2005, son copain devient fou. Il tente de l’assassiner. «Il me courait après avec un couteau de 12 pouces. Il m’a cassé la jambe avec une patte de la table de cuisine. Je courais sur ma jambe pareil. J’ai pas eu le choix de sauter du 2e étage. Il m’a retrouvée dehors. Il avait son couteau sur ma gorge.»

Michelle revient sans cesse sur cette histoire de grosses cicatrices psychologiques. Elle est suivie au centre Dollard-Cormier pour l’aider à se reconstruire des suites de cette violence. «Chaque fois que je reçois ma lettre pour les victimes d’actes criminels, je pleure», dit-elle, passant de la parole au geste. Elle sanglote juste à en parler. Elle repense à ses années d’enfer, à sa musique qui l’a aidée à s’en sortir. Elle a composé une chanson sur la prostitution. Elle y traite les clients de «vautours».

Le salut par l’entraide

Michelle finit par rebondir. Elle revient à Montréal pour repartir à neuf. Avec l’appui et l’amour de sa mère, elle reprend confiance en la vie. Elle fait du bénévolat auprès de femmes violentées. Elle apporte son aide à l’organisme Dopamine, qui travaille auprès des prostituées.

«J’ai fait de la prostitution. J’ai été toxicomane. J’ai été battue. Je veux les aider. C’est un milieu dur. Il faut savoir les comprendre. Avec moi, elles se sentent en sécurité. Je ne les juge pas.»

Michelle se remet lentement de ces 5 années sombres. Elle n’a aucune idée du temps qu’il lui faudra pour panser ses plaies. Elle vient de mettre fin à une relation. «J’ai vu qu’il était agressif. Dès qu’on élève la voix, j’ai peur. Je panique. Je me suis assez fait crier après. Je ne veux pas être démolie à nouveau. Je commence à être bien.»

La jeune femme poursuit sa thérapie et cherche des organismes qu’elle pourrait aider grâce à ce qu’elle a vécu. Elle envisage d’enregistrer un autre disque. Michelle sourit comme une miraculée. Elle pense à son avenir rempli de projets. Une bonne façon de garder son optimisme.

Dopamine:
www.dopamine.ca
Centre Dollard-Cormier:
www.centredollardcormier.qc.ca

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Mariage fast-food au Viêt-nam

Mariage fast-food au Viêt-nam

Dossier Prostitution et Sexualité.

Je voulais sentir l’endroit, pensant faire un tour de bateau le long des îles, question de saisir un peu mieux les conditions de vie de ces gens qui expliqueraient l’existence de ces trafics. Grosse déception. J’avais demandé à la compagnie qui fait la visite d’éviter le circuit touristique – c’est pour ça que j’y allais seul et que j’acceptais que ça me coûte un bras… – mais peine perdue. Avec le temps, j’ai appris qu’ici, les gens comprennent bien ce qu’ils veulent. Ils vous disent oui-oui, mais font à leur tete! C’est déjà ça de compris…  Tous les endroits ou nous nous sommes arrêtés étaient touristiques. Y avoir été dans cette optique, j’aurais peut-être apprécié. Très bel endroit, surtout la pirogue dans les petits canaux, sous la pluie diluvienne, mais ce n’était pas mon but!

Ça m’a cependant permis de pousser un peu ma reflexion, de comprendre un peu plus leur façon de voir le trafic… ou de ne pas le voir! Je ne sais pas encore qui a raison cependant. Je vous raconte. La première île, l’île de la Tortue, offrait, sitôt le gros orteil déposé sur la terre ferme, des produits juste pour le bon touriste qui s’émerveille devant des produits artisanaux, de la bouffe faite avec du miel… Je saute les détails – bien que certains soient un tantinet comiques! – pour aller droit au but. Encore que pour moi, aller droit au but, je sais, c’est long!!! Donc, pendant que je dégustais des fruits locaux (ananas, papayes et deux autres dont j’ai oublié le nom, probablement parce que c’était la première fois que j’en mangeais), vient un petit groupe pour interpréter en l’honneur du touriste que je suis un petit pestacle de musique traditionnelle. Je me sentais comme dans ces films ou le groupe de Mexicains joue à côté de la table, pour le bonheur d’un couple. Sauf que je suis avec mon guide!!! L’une des musiciennes, Qanh, était d’une beauté… (je n’ai pas les mots pour la décrire, je vous enverrai sa photo dans les prochains jours). Du haut de ses 21 ans, toute gracieuse avec son archet et son sourire réservé, elle était ravissante. Tout droit sortie d’un film de James Bond, bien qu’une pure asiatique, elle!!! Mon guide me demande si je l’aime… Je lui réponds que je la trouve très belle, mais que je ne la connais pas. Essayez d’expliquer la différence entre attirance et amour à un guide qui parle correctement l’anglais sans plus, et qui de surcroît comprend ce qu’il veut bien comprendre… Peine perdue! Mon guide m’a aussitôt suggéré de la marier! Merde, je la vois pour la première fois, et lui me parle de mariage. Il ne me lâche pas avec ca. «Tu pourrais l’amener au Canada.» Bien oui, c’est ça. Sans m’en aviser, il dit au patron de Qanh de la faire venir… Son groupe se donne devant un tas de touristes, et elle quitte pour venir me parler. J’ai envie de me sauver. Je suis aussi gêné qu’elle. Non, quand même pas… Je ne sais quoi lui dire, elle encore moins. Je suis mal à l’aise, car je sais trop bien qu’elle est venue non pas par envie, mais par obligation: son boss le lui a dit. Maudit touriste qui contrôle tout… Je suis ce que je déteste le plus des touristes… On a finalement discuté cinq minutes. J’imagine que mon guide lui a dit que je voulais la marier. J’en mettrais ma main au feu. Il n’a pas arrêté de me parler d’elle, que j’étais en amour avec elle. Pour lui, c’est normal. Ça fait pourtant partie de ce qu’on appelle la traite des êtres humains.

J’aurais pu forcer la chose. La marier, la ramener. Normal pour mon guide, normal probablement pour les parents de Qanh. Qanh aurait une vie meilleure, pense mon guide, sa famille aurait reçu de l’argent une fois leur fille installée, ils seraient probablement venus par la suite. Qanh n’aurait pas eu un mot à dire. Peut-être le voudrait-elle, peut-être pas. Je ne pense pas que son opinion soit importante de toute façon. Elle aurait dit «oui» parce que ses parents lui auraient dit que c’est la bonne chose à faire… Mon point n’est pas là, cependant. Il est dans cette mentalité qui trouve normal qu’un fille de la place se marie avec un étranger, peu importe qu’elle ne le connaisse pas, pour aller vivre dans un autre pays.

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Claire Lamarche et la tuerie du Collège Dawson

Claire Lamarche et la tuerie du Collège Dawson

Je m’étais promis de ne pas intervenir sur la fusillade du Collège Dawson. D’une part, parce que tous les médias en parlent et en reparlent. Je n’ai pas besoin d’en parler moi aussi puisque tout le monde le fait.

Sauf que vendredi soir dernier, à peine 48 heures après les événements, l’émission Faut voir Claire, animé évidemment par Claire Lamarche, m’a fait sursauter.

Les étudiants du College Dawson n’ont pas encore fait leur retour en classe que déjà Claire Lamarche les invite à son émission et leur pose cette étrange question: «As-tu trouvé la paix?» La soeur d’une victime de la tuerie de la polytechnique est venue témoigner qu’elle avait comme sorti de son corps pour ne reprendre contact avec la réalité qu’après les funérailles. Un survivant de ce même événement, Benoît Laganière mentionne qu’il a été dans un blackout qui a duré 3 mois. Ça lui a pris 7 ans pour arrêter de faire des cauchemars!

Et là, malgré l’état de choc que plusieurs étudiants vivent, on pose cette belle question: «As-tu trouvé la paix?» Comme si en 48 heures on pouvait faire la paix avec une telle tragédie. J’ai cependant bien aimé l’intervention de Claude Poirier qui questionnait le manque de retenu des médias ce qui pouvait entraîner un mouvement de panique.

Le rôle des médias est de donner une information juste, véridique et d’intérêt public. Pas de faire un cirque médiatique pour assurer les cotes d’écoute ou faire vendre un journal. Jusqu’où le voyeurisme et le sensationnalisme va-t-il aller pour attirer l’attention du public. S’il n’y a pas assez de sang pour les images télé, va-t-on bientôt avoir une département d’effets spéciaux pour les nouvelles? S’il n’y a pas assez de pleurs et de cris, va-t-on avoir des bruiteurs pour amplifier le suspense? Comme dans les films, un pourrait créer une musique appropriée à la tragédie. Et pourquoi ne pas vendre le CD et le DVD de la tragédie tant qu’à y être?

Suite à une telle tragédie, les victimes sont déjà assez traumatisées. Il n’est pas nécessaire d’en rajouter. Avec un certain recul (de plusieurs années et non pas de 48 heures), certaines victimes peuvent livrer un émouvant témoignage pour aider la société dans sa recherche de bonheur et de justice. Mais qui voudra bien les écouter dans quelques années? «La» nouvelle c’était cette semaine.

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/12/tout-le-monde-en-parle-le-ministre-de-la-justice-jacques-dupuis-et-la-fusillade-du-college-dawson/

https://journaldelarue.wordpress.com/2006/11/28/journalistes-alarmants-envahissants-et-speculateurs/

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2$ le prix à payer pour devenir un joueur compulsif 2

2$; le prix à payer pour devenir un joueur compulsif

Rencontre avec Michel

Je suis dans un dépanneur et j’attends que le téléphone public se libère. J’entends un bruit de machine. Un homme hystérique vient de gagner un montant d’argent. Je m’avance et lui demande comment ça marche: «C’est pas compliqué. Assieds-toi à côté, prends l’autre machine et je t’explique.» J’ai mis 2$. J’ai gagné 25$. Deux jours après je suis revenu au dépanneur en espérant que le téléphone soit encore occupé pour jouer un peu en attendant. Ce fut le début de ma descente aux enfers.

J’ai été lancé dans un monde de rêve. J’espérais travailler de temps en temps et jouer à plein temps. Quand j’ai été tanné de me conter des menteries, que j’ai voulu arrêter de souffrir, j’ai fait le premier pas vers Gamblers Anonymes. Je pensais qu’ils m’aideraient financièrement, qu’ils me prêteraient de l’argent pour payer mes dettes. Je pensais que j’avais un problème d’argent, pas de jeu. Ils m’ont remis une enveloppe avec les outils nécessaires pour m’aider.

Ce qui m’a frappé le plus à mon premier meeting a été de voir que je n’étais pas seul à souffrir. Je pensais que j’étais seul à être fou. D’autres aussi ont souffert et ils s’en sont sortis. Quand j’ai commencé dans Gamblers anonymes, je voyais des gens qui avaient réussi à arrêter 3 ou 4 ans et je ne les croyais pas.

Je n’avais pas encore touché à mon mal de l’âme. C’est là que j’ai rencontré ma spiritualité. Ce n’est pas une question de religion. C’est quelque chose entre la tête et le cœur. Une petite voix intérieure que j’ai trop longtemps enterrée sous la grosse voix du jeu.

Quand les gens faisaient leur partage, j’étais convaincu qu’ils parlaient de moi, que ma femme les avait appelés pour leur dire ce que j’avais fait. J’y ai appris à m’aimer. Il faut persévérer, revenir. Si tu es gêné, viens avec un ami. Tu n’es pas obligé de t’identifier.

En 1990, il n’y avait que trois meetings Gamblers anonymes par semaine. Aujourd’hui, après l’arrivée des casinos et des vidéo-poker, il y en a plus d’une centaine! L’expansion astronomique de la maladie du jeu a été difficile à suivre. On ne savait pas trop où on s’en allait. Avec leurs expériences, des joueurs provenant des autres fraternités telles Alcooliques Anonymes nous ont aidé à nous structurer. Nous avons travaillé aussi à faire traduire toute la littérature de Gamblers anonymes.

Gamblers anonymes a été important pour m’aider et j’ai aussi utilisé d’autres outils tels la thérapie et surtout l’écriture. Je n’avais jamais écrit sur moi auparavant. J’ai eu mal au poignet tellement j’ai écrit pendant un intensif. C’est une expérience très enrichissante. Une fin de semaine juste avec des joueurs en cheminement, pour se centrer sur soi-même et briser l’isolement. Tu te retrouves dans un climat de sécurité qui te permet d’aller en profondeur dans ce que tu vis, pas juste d’effleurer la surface. Quand je suis sorti de mon premier intensif, je flottais dans les airs. C’est quand tu sors de thérapie ou d’un intensif que la vraie thérapie commence, que tu fais face à la réalité de la vie.

Même si j’ai arrêté de jouer depuis longtemps et que je n’ai plus les obsessions que j’avais au début, j’ai besoin de continuer à m’impliquer, de donner au nouveau ce que j’ai reçu.

La réalité n’est pas toujours facile; créanciers, famille… Tu as l’impression que toute ta vie s’écroule. La honte aussi. Pourquoi moi j’en suis rendu là? Je suis un être intelligent. Gamblers anonymes c’est pas une pilule ou une piqûre magique qui guérit tout instantanément. C’est un mode de vie que je partage avec ma famille et mes nouveaux amis. Mes parents m’ont encouragé. Ils me demandent parfois si j’ai fait un meeting dernièrement. Ils demeurent avec cette peur que je rechute. Ils m’accompagnent dans les meetings quand il y a une occasion spéciale comme fêter une année d’abstinence. Ils viennent aussi au Congrès annuel et rencontrent les nouveaux qui prennent conscience qu’ils doivent arrêter de jouer avant «de se faire la peau». Ils leurs donnent des paroles de réconfort comme ils l’ont fait pour moi: «C’est beau. Lâche pas. T’es capable.»

Avant j’avais le goût de mourir, aujourd’hui j’attrape une grippe et je m’inquiète. Je suis camionneur. Je viens de passer par le New Jersey. Il y avait un tirage pour un gros lot de plusieurs centaines de millions. Je n’ai pas acheté de billet. Mon bonheur intérieur n’a pas de prix.

Je suis heureux de m’être retrouvé. C’est quand tu penses que tu es guéri et que tes finances commencent à remonter que le risque de rechute est le plus grand. On m’a déjà appelé en plein milieu de la nuit pour aider un joueur sur le pont Jacques-Cartier qui voulait sauter. Si tu es vraiment tanné de souffrir, de te conter des menteries, attends pas, viens cogner à notre porte. Nous t’aimerons et t’accepterons tel que tu es. Et si tu viens au Congrès de Terrebonne en juillet prochain, je vais te présenter mes parents: «Lâche pas. T’es capable.»

Textes sur le gambling:

Quand le casino mène au pont Jacques-Cartier

Merci à Loto-Québec de nous avoir ruinés

La piscine creusée et le casino

Quand le jeu devient excessif

Vivre avec un joueur compulsif

Quand une croupière s’en va-t-en guerre; histoire d’Éléonore Mainguy

Gam-Anon, fraternité d’entraide pour les proches des joueurs compulsifs

Commentaires sur le gambling et textes sur le gambling

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l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

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