S’emmurer en toute sécurité

S’emmurer en toute sécurité

Matthieu Burgard

(Agence Science-Presse) – Vous croyez à la fin des frontières grâce à la mondialisation? Détrompez-vous! La guerre contre la terreur en a voulu autrement: près d’une vingtaine de nouveaux murs ont été construits après le 11 septembre 2001! Bien différentes du mur de Berlin, ces nouvelles enceintes sont truffées de technologies de pointe. Une aubaine pour les industries de l’armement qui se disputent un gigantesque marché en pleine expansion.

La nature des menaces, desquelles souhaitent aujourd’hui se protéger les États, est diverse: guerre contre la drogue, criminalité, terrorisme et lutte contre l’immigration clandestine. «On est face à un ennemi qui ne dit pas son nom», commente Julien Saada, chercheur à la Chaire Raoul Dandurand de l’Université du Québec à Montréal.

Et pour ce faire, les frontières se dotent d’équipement militaire et l’armée va même parfois jusqu’à participer à la gestion de ces murailles. Ainsi, les industries de l’armement militaire comme Thales, BAE Systems ou EADS conçoivent des murs intelligents comprenant des capteurs thermiques, des systèmes de reconnaissances biométriques, des détecteurs de mouvements, des radars, etc.

Mercenaires technologiques

Que l’on parle de murs bétonnés, de clôtures ou de barrières de sécurité, les services offerts pour la bagatelle de quelques milliards comprennent aussi des véhicules militaires terrestres et aériens, des drones (des avions de surveillance sans pilote), des systèmes de communication et des logiciels de coordination.

Cet ensemble de systèmes — en interopérabilité — est tellement sophistiqué que certains murs sont parfois immatériels. «Ce sont les technologies utilisées qui créent les conditions d’un mur», explique Julien Saada. Le «virtual fence», par exemple, est un mur invisible de 45 kilomètres de long entre l’Arizona et le Mexique. Le dispositif testé en 2008 comprend neuf tours équipées de radars permettant de détecter les clandestins essayant d’entrer aux États-Unis.

D’après le cabinet américain de la défense intérieure, le marché de la sécurisation des frontières se chiffrera à 178 milliards de dollars d’ici 2015. Le marché américain représentait quant à lui 45 milliards de dollars en 2006. Un autre gros joueur: l’Arabie Saoudite, qui possède 25% des réserves mondiales de pétrole, et dont le moindre attentat viendrait déstabiliser l’économie. En 2008, son gouvernement a payé un milliard de dollars l’entreprise EADS pour sécuriser 900 km de frontière avec l’Irak.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

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Pour des connaissances scientifiques accessibles et nécessaires à tout futur president…

Pour des connaissances scientifiques accessibles et nécessaires à tout futur président…

Pascal Lapointe

(Agence Science-Presse) – En tant que futur président, il sera impératif que vous sachiez un minimum de science: les satellites et l’exploration spatiale, l’énergie nucléaire et ses déchets, l’hydrogène et l’éolien, le terrorisme et ses armes modernes feront partie des enjeux sur lesquels vous aurez des décisions éclairées à prendre. En plus, bien sûr, du réchauffement climatique. Faute d’en savoir un minimum, vous serez à la merci des propagandistes les plus bruyants, des lobbyistes les plus fortunés et de vos conseillers les moins futés.

Un livre pour acquérir des connaissances scientifiques

Dans un ouvrage qui s’adresse à vous, futur président des États-Unis — oui, vous — le physicien américain Richard A. Muller s’est amusé à décortiquer «la science derrière les manchettes» afin d’en expliquer les tenants et aboutissants. Au final, Physics for Future Presidents n’est pas, comme on aurait pu le croire, un exposé caustique sur l’(in)culture de nos politiciens, mais un véritable livre de vulgarisation de l’actualité, dont l’auteur a choisi ce détour original pour harponner son lecteur.

Or, en plus d’être instructif chez qui fusion et fission sont des mots chinois, le livre fait prendre conscience combien une bonne culture scientifique est beaucoup plus à notre portée qu’on ne l’imagine. L’important, explique Muller, n’est pas de tout comprendre, juste de dissiper un peu le brouillard: «Ne vous arrêtez pas trop longtemps si quelque chose ne vous semble pas clair. Apprenez comme on apprend une langue étrangère: en s’immergeant… et surtout, en ayant du plaisir.»

Comment, par exemple, dépasser les discours alarmistes? Pas en se donnant pour mission de tout connaître des mécanismes du cancer, de l’irradiation ou des courants atmosphériques. Mais en en apprenant juste assez pour comprendre pourquoi «radiation» n’est pas toujours synonyme de «mort», et pour savoir mesurer un peu mieux les risques (quiconque a déjà joué aux cartes en connaît un brin sur la théorie des probabilités).

Réchauffement de la planète

Comme futur président, le réchauffement climatique est probablement «le problème de physique le plus complexe que vous aurez à affronter». Comme si ce n’était pas suffisant, votre tâche sera compliquée par deux facteurs: il y a de l’hyperbole des deux côtés, et les effets néfastes du réchauffement ne seront pas visibles avant des décennies.

Comment, alors, décider de la bonne politique? En s’appuyant sur les certitudes plutôt que les incertitudes: «la vraie raison de notre inquiétude n’est pas que de complexes modèles informatiques prédisent des conséquences funestes. La vraie raison, c’est qu’en physique, de très simples calculs de l’effet de serre démontrent que nous entrons dans une période sans précédent d’incertitude climatique dans laquelle les émissions humaines pourraient bientôt causer d’énormes perturbations. Est-ce qu’un président peut prendre le risque de ne pas s’en occuper?»

Richard A. Muller, Physics for Future Presidents. The Science Behind the Headlines. New York, W.W. Norton, 2008, 380 p.

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Le Net en temps de guerre!

Le Net en temps de guerre!

Matthieu Burgard

 

(Agence Science-Presse) – Devant l’impossibilité d’effectuer des fouilles sur le terrain, des archéologues australiens ont identifié 463 nouveaux sites archéologiques au sud-ouest de l’Afghanistan… grâce au logiciel Google Earth!

Confinés dans leur laboratoire depuis 2007, le doctorant David Thomas et ses collègues de l’Université La Trobe à Melbourne se sont heurtés à de multiples problèmes administratifs et de sécurité, les empêchant de travailler hors de Kaboul, la capitale afghane. Voulant explorer le site archéologique de Jam – classé patrimonial par l’UNESCO — sans être accompagnés par un contingent armé, ils s’en sont vus refuser l’accès par le gouvernement local.

Menaces terroristes

La route menant à Jam étant particulièrement dangereuse et la garde armée faisant des scientifiques des cibles de prédilection pour les milices terroristes, l’équipe de chercheurs a préféré rester dans son laboratoire. Frustrés, les archéologues se sont mis à explorer le site sur leurs ordinateurs, à l’aide du logiciel de localisation. Ils y ont découvert des vestiges de villages, des mosquées, des fortifications, des canaux d’irrigation et de camps nomades datant possiblement de la dynastie Ghaznavide (entre le 10e et le 12e siècle). Les chercheurs souhaitent évidemment retourner rapidement à Jam pour préserver du pillage le riche héritage de cette région.

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Les discriminations judiciaires et policières en France

Les discriminations judiciaires et policières en France

Lisa Melia

DOSSIER DISCRIMINATION

«Les discriminations judiciaires et policières en France» étaient le thème d’une conférence organisée par le Centre international de criminologie comparée (CICC) de l’Université de Montréal le 18 mars dernier. Thème est récurrent dans l’Hexagone lors des débats sur ces deux institutions. Dans quelle mesure la police et la justice créent-elles et perpétuent-elles des discriminations à l’égard des populations immigrées ou tout simplement des gens de couleurs?

Discrimination ethnique

La perpétuation des discriminations est l’objet de l’étude de Fabien Jobard, docteur en science politique et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Paris. Il travaille principalement sur la police, au centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, et a publié plusieurs ouvrages et articles sur la question. Son constat est clair: si l’institution judiciaire ne produit pas de nouvelle discrimination, elle perpétue celles qui sont créées par la société et qui sont plus présentes au sein de la police.

Pour un juge, des éléments comme la nature du délit ou les antécédents du prévenu priment sur l’origine ethnique de l’individu. En revanche, des considérations telles que le sexe, l’origine et le style vestimentaire jouent d’avantage pour les policiers dans les contrôles d’identité. 8% de la population française est composée d’immigrés. Or, ces derniers représentent 20% des personnes interpellées par la police, un quart des personnes condamnées par un juge, et un tiers de la population carcérale. C’est sans compter les français dont les parents ou les grands-parents sont des immigrés naturalisés et qui font aussi les frais de la discrimination dans la société en général.

Justice et discrimination

Fabien Jobard s’est intéressé dans un premier temps à la question suivante: est-ce que l’origine ou la couleur de peau influencent les juges? La réponse qu’il donne est négative. Sa recherche porte sur les outrages, les rebellions et les violences à l’encontre des policiers. C’est un bon sismographe des tensions qui règnent entre les forces de police et la population, essentiellement les jeunes des banlieues. Cet indice a doublé dans les années 90, et a été encore une fois multipliée par deux depuis lors.

Selon les recherches qu’il a menées sur 864 dossiers étalés de 1965 à 2005, près de 63% des prévenus étaient des Européens, 20% étaient Maghrébins et 15,5% étaient des Noirs africains. Or, en examinant les statistiques des sanctions, il s’avère que le risque d’écoper d’une peine de prison ferme est deux fois plus important pour les Africains que pour les Européens. Est-ce pour autant de la discrimination? D’autres données entrent en ligne de compte. Par exemple, le type de délit: les peines sont plus sévères pour un acte de violence que pour un outrage. La récidive est également importante: si la personne interpellée n’en est pas à sa première fois, elle passe en «comparution immédiate», c’est-à-dire qu’il est déferré devant le juge le jour de son interpellation ou le lendemain. Or, dans ces cas là, les peines constatées sont plus importantes. Enfin, il y a la présence au cours de l’audience. Si le prévenu est absent sans pouvoir fournir d’excuse valable, cela a également tendance à accroître la sévérité du juge. Finalement, selon Fabien Jobard, quand on recoupe les données, le facteur de l’origine ethnique disparaît. Ce sont d’autres éléments – la violence, la récidive, l’absence devant le juge – qui sont déterminants. La justice s’exerce donc sans tenir compte des origines ou de la couleur de peau de la personne jugée. Cependant, M. Jobard émet une réserve: la justice ne crée pas de discriminations, mais elle ne corrige pas non plus celles qui précèdent son office. De plus, les policiers compliquent parfois un outrage en portant plainte pour préjudice moral, et cela arrive plus souvent quand le prévenu est Africain que quand il est Européen. Avec cette nouvelle donnée, l’origine ethnique a une incidence, même si elle reste relativement faible.

Police et minorités visibles

Dans la deuxième partie de son travail, il porte son attention sur les policiers. Il raconte que pendant près de six mois, à plusieurs endroits de la capitale française, des policiers effectuant des contrôles d’identité ont été suivis et observés à leur insu, afin de recueillir des données statistiques.

D’après l’article 78.2 du Code de procédure pénale français, les policiers peuvent interpeller la personne de leur choix pour effectuer un contrôle. C’est d’autant plus vrai depuis que le terrorisme est devenu une priorité pour la plupart des gouvernements. L’article de loi précise cependant que ces contrôles doivent être motivés par le soupçon que la personne concernée a commis ou va commettre une infraction, un délit ou un crime. Ces contrôles semblent toutefois, d’après le chercheur, ne pas suivre la même logique: tout d’abord, les Noirs et les Maghrébins sont surcontrôlés. Ensuite, la plupart des personnes contrôlées ne portaient pas de sac, alors justement qu’un gros sac est suspect car il peut cacher beaucoup de choses. Enfin, le style vestimentaire influait aussi sur les choix des policiers. Les jeunes hommes habillés hip hop étaient ainsi surcontrôlés. Mais quand on croise les données, M. Jobard émet des doutes: difficile de savoir si le facteur le plus important est la couleur de peau ou le style vestimentaire, donc de savoir sur quoi exactement porte la discrimination. D’autant plus que les résultats obtenus sont très différents selon les lieux dans lesquels se sont rendus les chercheurs. Les variations sont trop fortes pour pouvoir faire des affirmations.

Il conclu ainsi : «Au final, les analyses tant pénales que civiles montrent que si discrimination il y a, il est assurément très difficile de dégager une discrimination directe, assumée, volontaire. Toute la mécanique judiciaire renforce ces dernières années les effets de clientèle. En d’autres termes, la probabilité qu’un condamné soit à nouveau condamné et que la prison ne soit jamais promise qu’aux ex-détenus est renforcée. Cet effet clientèle se superpose indéniablement aux origines: la justice française a contre elle l’évidence des apparences, celles d’une justice discriminatoire.»

VOS COMMENTAIRES SUR LES DISCRIMINATIONS JUDICIAIRES ET POLICIERES

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VOS COMMENTAIRES SUR LES DISCRIMINATIONS JUDICIAIRES ET POLICIERES

Une route semée d’embûches

Une route semée d’embûches

Olivier Bachand

Plusieurs facteurs compliquent le travail des ONG en Afghanistan. L’insécurité, la présence militaire étrangère, la méfiance affichée par une certaine tranche de la population et l’insuffisance des fonds accordés à la reconstruction sont des réalités avec lesquelles les organisations doivent composer quotidiennement.

«Le terrorisme et la criminalité présentent un risque élevé pour les ressortissants étrangers, peut-on lire sur le site Web du ministère canadien des Affaires étrangères. De nombreux enlèvements ont eu lieu contre des Occidentaux, y compris des journalistes et ceux travaillant pour des organisations non gouvernementales.»

Malgré l’insécurité, plusieurs coopérants sont à l’œuvre en Afghanistan. Ils doivent toutefois prendre des précautions pour s’exposer le moins possible à des risques inutiles. Lorsqu’elle était en Afghanistan, la coordonnatrice de projets de Droits et Démocratie Alexandra Gilbert veuillait à ne pas reproduire de routine lors de ses déplacements. «Je ne sortais pas de l’hôtel chaque jour à la même heure pour me rendre au même endroit», explique-t-elle.

La discrétion est de mise pour les Occidentaux qui travaillent à la reconstruction du pays où vivent plus de 30 millions de personnes. «Notre bureau à Kaboul est super low profile, dit la coordonnatrice. Il n’y a pas d’affiches avec notre logo. Et les véhicules que nous utilisons, ne sont pas de gros 4×4, mais de petites Toyota.»

La capitale afghane est relativement sécuritaire, estime toutefois Alexandra Gilbert. «Le jour, il y a de la vie dans les rues, du trafic des marchés. On peut sortir s’acheter des kebabs ou manger une crêpe farcie au parc. Le danger, c’est d’être au mauvais endroit au mauvais moment.» Afin d’éviter les malheurs, et notamment les attaques-suicide qui surviennent lors de rassem-blements dans les rues, un réseau d’information envoie chaque jour des avertissements sur les menaces potentielles et les secteurs à éviter.

«Pour travailler en Afghanistan, il faut avoir la capacité de s’exposer à certains risques, dit sans amba-ges le juriste Benoit Turcotte, membre de l’Association internationale des avocats de la défense. Mais je n’ai jamais eu peur, car Kaboul était en quelque sorte une petite bulle, avec de nombreux postes de contrôle. Il n’y avait pas vraiment d’attaques terroristes quand j’y étais.» La situation a cependant changé depuis deux ans, affirme l’avocat. «Les talibans ont compris qu’ils auraient davantage d’impact en pénétrant à l’intérieur de la population et en s’attaquant à des ONG. Un nombre croissant d’organisations sont réticentes à envoyer leurs experts sur le terrain.»

Les soldats étrangers:

une arme à double tranchant

Quelque 47 000 soldats de 40 pays se trouvent actuellement dans la république islamique, réunis au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité, qui est sous le commandement de l’OTAN. Depuis 2001, plus de 18 000 combattants des Forces canadiennes ont servi dans le pays d’Asie centrale. Si la présence militaire semble nuisible à plusieurs égards, elle est aussi nécessaire, prétendent certains.

Pour Benoit Turcotte, la reconstruction de l’Afghanistan sans recours aux forces armées relève du fantasme. «Les militaires étrangers permettent aux organi-sations de continuer à opérer. Lors de mon premier séjour dans le pays, en 2005, il n’y avait prati-quement aucune route pavée. Aujourd’hui, les artères prin-cipales sont asphaltées, l’aéroport a été refait, l’implantation graduelle du système de justice a pris une sérieuse expansion et les infrastructures ont été rebâties. Cela n’aurait pas été possible sans la présence militaire.»

L’OTAN sécurise le travail des ONG, estime le spécialiste de l’Afghanistan Alain-Michel Ayache, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal. «Sans la présence de l’alliance militaire, il est difficile de croire que les organisations pourraient bouger librement. L’OTAN leur permet aussi d’être aidées pour la livraison de matériel humanitaire.»

Les armées étrangères essaient trop d’épater la galerie, croit toutefois le conseiller politique Steve Cornish, de CARE Canada. «Le gouvernement et les contingents politico-militaires font des projets de développement dans des zones insécuritaires pour montrer les bénéfices qu’apportent les opérations de reconstruction des pays de l’OTAN, alors que des secours d’urgence seraient nécessaires, déplore-t-il. On saute l’étape du secours d’urgence dans l’est et le sud de l’Afghanistan.»

Par ailleurs, la participation des militaires aux activités de reconstruction crée une certaine confusion chez les Afghans. «La population a plus de mépris envers nous, car elle ne sait pas quel est le motif derrière nos actions», dit Steve Cornish. «Pour les Afghans, faire la différence entre les forces militaires et les travailleurs humanitaires enga-gés dans la reconstruction est un défi, ajoute Mirwais Nahzat, de l’Entraide universitaire mondiale du Canada.

Dans certaines régions, les gens soutiennent les ONG étrangères, alors qu’elles sont plus mal vues ailleurs.» Les ruraux seraient particulièrement plus réfractaires à la présence d’Occidentaux puisque leurs conditions de vie se sont peu améliorées depuis la chute du régime taliban, en 2001.

Canadien d’origine afghane, Mirwais Nahzat estime que les ONG locales, qui bénéficient de la confiance de la population et qui possèdent une bonne connaissance du terrain, doivent jouer un plus grand rôle dans la reconstruction du pays pour en assurer la réussite. «Les Afghans doivent s’asseoir dans le siège du conducteur», dit-il.

Les efforts consentis par le Canada sont insuffisants, croit en outre Benoit Turcotte. «Le pays n’en fait pas assez au niveau du travail de terrain et du développement des infrastructures.»

La corruption, très importante dans le pays, n’encourage pas les nations étrangères à se faire plus généreuses, explique Alain-Michel Ayache. «Tout l’argent envoyé n’atterrit pas néces-sairement à la bonne place. La corruption est telle qu’il est préférable de limiter l’aide à des sites bien déterminés. Dans de telles situations, l’argent ne coule pas à flots.»

Mais plus que tout, l’Afghanistan a besoin d’un engagement ferme des autres nations. «Après plus de 30 ans de destruction, de violence et de guerre, il faudra plus que quelques années pour rebâtir ce pays, dit Mirwais Nahzat. Il faut que le les ONG et la population canadienne s’engagent à long terme.»

Produit en collaboration avec le gouvernement du Canada par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Pied-de-nez à George W. Bush. Jimmy Carter, prix Nobel de la paix?

Pied-de-nez à Georges W. Bush. Jimmy Carter, prix Nobel de la paix?

Par Mathieu Thériault du Comité Logement Bordeaux-Cartierville

À la fin d’octobre, plusieurs auront probablement été surpris de voir qu’on a remis à Jimmy Carter, ex-président américain (de 1977 à 1981), le prix Nobel de la paix. Officiellement, les responsables du prix Nobel ont déclaré qu’ils attribuaient le prix Nobel à Carter pour faire un pied-de-nez à Georges W. Bush et à son attitude belligérante face à l’Irak. Carter, en effet, est actuellement un partisan déclaré du multilatéralisme, c’est-à-dire de bombarder l’Irak avec l’accord préalable de l’ONU, plutôt que de faire ça tout seul dans son coin. Alors Jimmy Carter est-il un grand défenseur de la paix dans le monde? Rien n’est moins sûr…

Guerre sainte islamique

Contrairement à ce qu’on nous présente souvent dans les médias, le Jihad (la guerre sainte islamique) n’est pas apparu quelque part dans les années 90 sous la forme de terrorisme anti-occidental orchestré par Ben Laden. En fait, il est impossible d’avoir une idée claire du bordel actuel au Moyen-Orient sans remonter à la guerre entre l’URSS et l’Afghanistan, de 1979 à 1989. C’est effectivement en 1979 que les Russes entrent en Aghanistan pour protéger le gouvernement «pro-communiste» de Kaboul et que plusieurs pays, les USA en tête, voient enfin l’occasion de s’en prendre à la domination soviétique en se servant des Afghans. Bref, les stratèges américains veulent faire vivre à l’URSS une répétition de ce qu’eux mêmes ont vécu au Viet Nam: une guerre longue, coûteuse et démoralisante pour tout l’empire. Or, qui se trouvait à la présidence des U.S.A. en cette année fatidique de 1979? On vous le donne en mille, Jimmy Carter en personne.

Livraison clandestine d’armes

Sous les bons conseils de son conseiller en sécurité, Zbigniew Brezinski, fervent opposant au communisme, M. Carter signe les premières directives accordant de l’aide aux moujahidin, les combattants islamistes radicaux. Trois semaines plus tard, le 14 janvier 1980, les premières livraisons clandestines d’armes aux rebelles islamistes afghans sont officiellement autorisées par Carter. On dit officiellement, parce que Brezinski lui-même avoue qu’elles auraient plutôt commencé en juillet 1979, dans le but avoué de précipiter le déclenchement de la guerre.

Américains complices?

Dès lors, la table était mise pour le Jihad et les années à venir: des milliers d’armes (soviétiques), en provenance d’Israël et d’Égypte, allaient se rendre en Afghanistan par le biais des services secrets pakistanais. Plus important encore, des dizaines de milliers de combattants afghans et des mercenaires de tous les pays arabes allaient être entraînés au terrorisme, au sabotage, au complot, au trafic de drogue, à la guérilla et au contre-espionnage par la CIA et les services secrets pakistanais. Au retrait des Soviétiques en 1989, tous ces combattants, dont les futurs ta-libans, allaient continuer les massacres généralisés, les actes de terrorisme et la répression systématique des femmes, entre autres choses.

On se rappelle que Jimmy Carter a réussi à faire signer des accords de paix en 1978 entre l’Égypte et Israël. Encore là, le «grand artisan de la paix» qu’est Jimmy Carter avait bien des arrière-pensées. En effet, dès 1979, l’Égypte, Israël et les États-Unis allaient devenir parmi les plus chauds partisans du Jihad, unis par une même haine viscérale des communistes. Sadate, le président égyptien de l’époque, réarma son pays par l’achat d’une énorme quantité de matériel militaire américain (pour près de 5 milliards de dollars), dont une partie servirait ultimement aux rebelles afghans. Notons que Sadate revendit une partie de ces armes à un certain Saddam Hussein, alors en guerre contre l’Iran, le tout avec la complicité des Américains et des Britanniques.

Crise à Cuba

Jimmy Carter s’est également mérité le prix Nobel de la paix pour s’être rendu à Cuba dans la dernière année. Il s’agissait du premier président américain (en fonction ou non) à se rendre dans l’île depuis l’arrivée de Castro. À la suite de son voyage officiel, Carter a appelé à la levée des sanctions contre l’île, une idée qu’il semble pourtant n’avoir pas eue lors des quatre années où il dirigeait la Maison-Blanche. Bien au contraire, sous sa présidence, à l’été 1979, des obscures rumeurs de «brigades soviétiques» avaient déclenché une nouvelle crise à propos de Cuba qui faillit dégénérer.

En terminant, faut-il s’étonner que des hommes d’État tels que Jimmy Carter et Henry Kissinger qui ont tant fait pour répandre la guerre, la terreur et la mort dans le monde reçoivent le prix Nobel de la paix ? Peut-être pas tant que ça, surtout lorsqu’on se souvient que dans son jeune temps, Alfred Nobel a fait fortune en inventant, produisant et vendant… de la dynamite!

Source: Cia et Jihad: 1950-2001, contre l’URSS, une désastreuse alliance. John K. Cooley. Éditions Autrement, Frontières, 2002 pour la traduction..

Ben Laden, Sadam Hussein, boucs émissaires des États-Unis

Le 11 septembre

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