De l’immigration à la consommation avec Dior

Dior, une jeune Québécoise d’origine sénégalaise, a une relation avec sa mère faite de menaces et de violence, qui l’a déstabilisée au point où elle a fui dans la consommation de marijuana, s’attirant problème par-dessus problème.

Dominic Desmarais             Dossier Croissance personnelle

fille immigration jeune consommationDior est pleine de compassion et d’empathie. Dès son enfance, elle se démarquait par une énergie peu commune. «Au primaire, on m’appelait madame Pompadour ou la princesse de Saba. J’arrivais en grande pompe! J’étais gentille et serviable, mais je parlais tout le temps.» Dissipée, la jeune Dior parvenait mal à se concentrer. En classe, elle dérangeait les autres élèves, au grand dam de ses professeurs et de sa mère qui ne savait pas comment la discipliner.

La première tentative de sa mère fut de l’envoyer dans un établissement privé au secondaire. Un encadrement plus strict permettrait à sa fille de mieux canaliser son énergie. Dior le concède, le secondaire l’a poussée à travailler. Mais ses débordements verbaux refusaient de disparaître. Tout en développant un côté studieux qu’elle ne se connaissait pas, l’adolescente continuait de prendre trop de place en classe. «Ma mère avait de la peine quand elle apprenait que je dérangeais. Elle ne savait pas comment agir avec moi alors elle me criait après. Elle n’était pas toujours d’accord avec ce que je voulais faire. J’étais déséquilibrée entre ce qu’elle voulait de moi et ce qui m’intéressait.»

Une relation orageuse

En pleine crise d’adolescence, Dior se bute à sa mère qui compose mal avec la différence entre la vie et l’attitude des jeunes dans son pays d’origine et le Québec. Mère monoparentale, elle mettait ses espoirs en sa fille unique pour qu’elle réussisse là où elle-même avait échoué. «Je devais prendre le meilleur des deux mondes. De la culture africaine enrichie des possibilités qu’offre l’éducation au Canada. Je défiais beaucoup l’autorité de ma mère. J’avais l’impression qu’elle me donnait des ordres dont je ne comprenais pas la raison. Je commençais à être irrespectueuse. Je devenais de plus en plus agitée à l’école, ce qui l’amenait à vouloir me contrôler encore plus.»

À 14 ans, les cris et la violence physique font partie de leur dynamique familiale. Pour essayer de régler leurs différends, elles vont en médiation devant un travailleur social. Rien n’y fait.

À partir de 16 ans, Dior commence à consommer du cannabis avec des amis. Elle s’aperçoit que son volcan intérieur se calme à chaque inhalation. Puis s’enchaînent les sorties, les danses et l’alcool. Elle rentre au petit matin. Sa relation avec sa mère s’envenime.

Sa mère prend rapidement le réflexe d’appeler la police qui débarque aux trois jours pour les empêcher d’en venir aux coups. À 17 ans, sa mère, excédée, la met à la porte.

Dior venait de compléter sa première session au cégep Brébeuf, un établissement privé haut de gamme. Elle avait travaillé tout l’été pour s’offrir cette éducation privilégiée. «Quand elle m’a sorti de la maison, je me suis rendue au cégep avec mes sacs remplis de vêtements, accompagnée de policiers. La directrice, pour m’aider, m’a trouvé une chambre en résidence.» Dior n’a pas d’argent, pas de meubles ni d’instruments de cuisine. Parfois, elle vole de la nourriture à d’autres résidents. Pour se faire de l’argent, elle commence à vendre du pot et vole une partie de la marchandise à son profit. Quand elle va voir sa mère, elle fouille dans son portefeuille et lui subtilise de l’argent. «J’allais la voir parce que je me sentais seule. J’avais besoin de son affection.»

La jeune femme le concède, elle faisait de mauvais choix. Sans égard pour les autres et pour les conséquences que ses actions engendraient, Dior se croyait tout permis. Comme de fumer des joints en résidence. Une fois elle est dénoncée et mise à la porte. Un deuxième déménagement forcé en moins d’un an. Un deuxième choc qui la traumatisait et exacerbait d’autant sa colère.

Par chance, Dior se trouve une famille pour l’héberger. Un couple qui, un an plus tôt, avait perdu sa fille des suites d’une overdose. La jeune femme, encore une fois, passe à côté de la perche qui lui était tendue. Ses problèmes émotionnels la rendent aveugle. Le peu d’argent qui passe entre ses mains disparaît dans l’alcool et le pot pour éteindre ses souffrances. À 18 ans, incapable de payer ses études, elle quitte son beau collège privé pour travailler.

Un cadeau empoisonné

À 19 ans, elle reçoit un montant d’argent pour la dédommager d’un accident de voiture survenu quatre ans plus tôt. Elle place son magot, mais sa mère en réclame la moitié. Elle exerce du chantage sur Dior qui se rebiffe. La confrontation entre les deux continue. La jeune femme tient son bout en pensant à ses rêves d’avenir.

Mais ce répit est de courte durée. Quelques mois plus tard, sa cousine, maniaco-dépressive, se suicide. Dior arrête tous ses projets. Elle noie son chagrin de la seule façon qu’elle connaît: en fumant des joints. «J’avais besoin de me détendre. J’étais complètement dépassée par les événements. En un an, j’ai dépensé tout mon argent.»

Dior touche le fond. Elle fait ses études collégiales dans un établissement public. Elle emménage en appartement avec une amie d’enfance. Un nouveau départ. Mais ses problèmes, trop lourds, refont surface. Sa colocataire, grande consommatrice de crack, l’agresse. Encore une fois, elle se retrouve à la rue.

Elle décide de cogner à la porte du centre Dollar-Cormier pour l’aider à cesser de consommer. Elle y suit une thérapie de deux mois et y retourne un an plus tard pour un séjour de quatre mois, vu l’insuccès de sa première tentative. «Là-bas, l’approche est axée sur la réduction des méfaits. C’est plus un éveil face à la consommation. Mais je n’étais pas encore rendue à pouvoir faire des choix éclairés.»

Commence alors une période d’instabilité où elle fait ressortir sa violence. De 2000 à 2007, elle voit passer 33 colocataires. «Que ce soit les autres qui aient quitté ou moi, ça fait beaucoup. J’étais très frustrée et peu conciliante. C’était la chicane perpétuelle.» Dior est une bombe qui n’attend que d’exploser. Dès qu’on lui en donne l’occasion, elle fait sortir sa colère refoulée. Son attitude lui attire aussi la violence des autres.

Dior s’inscrit à une thérapie donnée par le centre pour toxicomanes Portage. «À mon arrivée, je résistais complètement. J’étais toujours sur la défensive, j’étais agressive. Ils ne m’ont pas laissé tomber.» Après deux mois, elle est envoyée en thérapie pour adolescents. Avec des plus jeunes qu’elle, Dior trouve chaussure à son pied. Elle travaille son humilité tous les jours. «Il fallait que je m’ouvre devant elles parce que je suivais les mêmes thérapies. Des ados, c’est plus direct. J’ai appris à me remettre en question. Je m’améliorais, je faisais moins de crises, mais j’étais encore trop autoritaire.»

À la fin de sa thérapie de quatre mois, le directeur de Portage l’approche pour lui proposer de travailler au centre. Le directeur veut qu’elle intervienne auprès des communautés culturelles pour qui les problèmes de consommation sont tabous. Sous sa carapace farouche et agressive, il aime son côté maternel et son écoute. «À Portage, ils voulaient changer la mentalité d’intervention où l’approche était répressive, méchante. La bonne vieille méthode de la confrontation. Mais les problèmes de toxicomanie ont changé. La demande vient de gens qui n’ont pas reçu d’amour dans la vie. Ma façon d’intervenir dans les groupes collait bien avec cette nouvelle approche, celle d’une famille communautaire.»

Comme intervenante, Dior continue son propre apprentissage. Elle apprend à améliorer son écoute, des autres comme de sa personne. Ses débuts dans son nouvel emploi sont ardus. Elle est blessée par la colère que les jeunes lui envoient. «Même si je suis devenue une intervenante, je reste un être humain. Les crises des autres me permettent de me remettre en question, de me découvrir.» Ses collègues sont, pour la plupart, passés par les services de Portage avant d’y travailler. Sans cette expérience, Dior conçoit mal qu’il soit possible d’y œuvrer. «Je sais que je vais rentrer dans mes chocs émotifs que j’ai laissés de côté. C’est difficile, au début. Les gens sont en réaction parce qu’ils sont en rétablissement. Il faut toujours se détacher comme les intervenants l’ont fait avec moi. Au début, les toxicomanes se protègent pour, petit à petit, apprendre à gérer leurs émotions. Ce sont tous des toxicomanes. Tout le monde est obligé d’accepter son état plutôt que de le nier ou de le fuir.»

Dior est retournée vivre avec sa mère. Leur relation est moins tendue. Bien que son volcan intérieur soit apaisé, elle éprouve de la difficulté à prendre des décisions, à faire des choix pour elle. Encore fragile, elle continue d’apprendre à se connaître. Il lui a fallu prendre un long détour avant de revenir à la case départ.

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Autres textes sur Croissance personnelle

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

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Site d’injections supervisées, héroinomanes, morphine et le projet SALOME

Site d’injections supervisées, héroinomanes, morphine et le projet SALOME

Raymond Viger Dossier Toxicomanie et Sites d’injections supervisées.

659428_42488329 Pas de site d’injections supervisées pour les toxicomanes de Montréal. Le ministère de la Santé refuse de financer un traitement à la morphine pour les toxicomanes de Montréal. Il n’y a qu’un seul site d’injections supervisées au Canada et il se trouve à Vancouver. Éric Fabrès, coordonnateur au Cran et qui avait supervisé le projet Naomi, est déçu que le projet Salome n’obtienne pas son financement.

Confusion du Journal de Montréal

C’est ce que nous apprends le Journal de Montréal de ce matin sous la plume d’Éric Yvan Lemay. Il y a cependant une confusion importante que je me dois de corriger ici et qui fausse le débat sur l’ouverture d’un site d’injections supervisées à Montréal.

Un site d’injections supervisées est un lieu pour permettre aux personnes toxicomanes de faire leurs injections dans un lieu sécurisé. Une assistance médicale et psychologique est sur place pour intervenir en cas de besoin. Un site d’injections supervisées NE FOURNIT PAS LA DROGUE AUX TOXICOMANES.

Site d’injections supervisées l’Insite de Vancouver

Le site d’injections supervisées l’Insite de Vancouver n’en fournit pas aux usagers qui utilisent leurs services. J’ai visité le site d’injections supervisées l’an dernier et je vous avais fait un reportage sur cette méthode d’intervention.

Un site d’injections supervisées est une chose, un programme pour fournir de la morphine aux héroinomanes en est une autre.

Au Québec, nous avons eu les deux débats et il ne faudrait pas mélanger le sens du débat. Plusieurs citoyens sont contre le fait de payer la drogue aux « junkies ».

Ministre de la Santé Yves Bolduc et Philippe Couillard

L’an dernier, le nouveau ministre de la Santé, Yves Bolduc avait reculé dans un dossier que Philippe Couillard voulait faire avancer pour l’ouverture d’un site d’injections supervisées. Ici Yves Bolduc recule dans un programme qui aurait pu aider les héroinomanes. Souvenons-nous que Yves Bolduc est le ministre de la Santé qui aime voir ses citoyens malades. Est-ce que le ministre de la Santé Yves Bolduc est influencé par Stephen Harper qui tente, malgré un ordre de cour, de faire fermer le site d’injections supervisées de Vancouver.

On peut être contre un programme qui fourni la drogue aux héroinomanes tout en étant pour un site d’injections supervisées pour offrir un lieu sécurisé aux toxicomanes. Il ne faut pas créer la confusion entre ces deux débats.

La Santé publique de la Colombie-Britannique

Tel que décrit par la Santé publique de la Colombie-Britannique un site d’injections supervisées n’est pas une dépense, mais une source d’économie importante dans les soins de santé à offrir aux personnes toxicomanes tout en améliorant leurs conditions de vie et la sécurité publique.

NB. Je ne lis plus le Journal de Montréal, mais des gens me font parvenir les découpures des articles dont ils aimeraient que j’intervienne. Je ne le fait pas systématiquement dans tous les cas, mais quand cela cause préjudice aux débats sociaux qui nous concernent, il me fait plaisir de prendre la plume pour mettre mon grain de sel et alimenter la réflexion.

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

show_image Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Coalition pour la défense de la confidentialité (CDCSSS). Le Ministère de la Santé devient Big Brother et viole la vie privée des patients

Coalition pour la défense de la confidentialité (CDCSSS)

Le Ministère de la Santé devient Big Brother et viol la vie privée des patients

Raymond Viger              Dossier Santé et Politique

alain Alain Dubois, expert en jeu pathologique, vient d’adhérer à une nouvelle coalition pour la confidentialité dans les services sociaux.

Selon M. Dubois, le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) procède à la mise en place d’un fichier central. Cette base de donnés contiendra les informations personnelles des alcooliques, toxicomanes et joueurs pathologiques du Québec et ce, sans leur consentement et sans qu’ils en soient informés. Y apparaîtrait les noms et numéros d’assurance-maladie des personnes qui consultent les centres de réadaptation en dépendance.

La coalition s’inquiète que ce viol de la vie privée des patients et usagers risque de s’étendre à l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux si rien n’est fait pour stopper l’implantation de cette banque de données.

La Coalition pour la défense de la confidentialité dans les services sociaux et de santé (CDCSSS) dénonce ce manque de sens éthique du gouvernement et du Ministère de la Santé et des services sociaux. La CDCSSS est composée d’organismes communautaires et de syndicats déterminés à lutter contre cette atteinte à la vie privée et au droit à la confidentialité. Alain Dubois se fait le porte-parole de la CDCSSS qui demande un débat public pour protéger l’anonymat et la protection de la vie privée des patients.

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Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

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Prison intérieure

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Prison intérieure

Jean-Pierre Bellemare, prison de Cowansville.

Dossier Chronique d’un prisonnier

Au pénitencier nous avons accès aux réunions pour dépendants: toxicomanes, alcooliques, joueurs. C’est là que j’ai rencontré notre rédacteur en chef Raymond ainsi que sa charmante femme Danielle, deux êtres extraordinaires qui «contaminent» l’environnement par leur conscience collective.

Ils sont venus dans ma prison partager leur savoir avec respect et considération. Si le mépris engendre le mépris il en va de même avec la considération. Depuis ce jour, il me fait plaisir de partager avec vous ces bagages de prisons qui s’accumulent un peu plus chaque année.

Lors d’une réunion, un ex-dépendant aux drogues proclamait «il n’y a pas plus de prison sur terre que nous pouvons en retrouver dans l’homme». Après cette révélation, encore toute fraîche dans ma tête, un changement s’est produit, un tournant important dans ma vie. Cette phrase m’a marqué de façon indélébile.

Je regarde maintenant les autres différemment. J’ai compris que, malgré mon incarcération, je suis souvent beaucoup plus libre que certaines personnes de mon entourage. Leur tenue vestimentaire ainsi que leur expression faciale décrivent assez bien à quel point elles sont enfermées. Leurs réactions prévisibles et parfois même leurs propos, montrent leurs limites. Ces frontières qu’elles érigent autour d’elles pour se protéger, les isolent tout autant. Si elles ne peuvent en sortir, les autres ne peuvent y entrer.

Après 20 ans passés au pénitencier fédéral, où en suis-je de mon propre cheminement? Terminer des études, lire, chercher le meilleur de ma vie, mais surtout, me libérer de mes pensées toxiques. M’ouvrir tout doucement en choisissant les gens avec qui je me sentirais bien. Voilà un très grand progrès sur le plan personnel.

Plus je suis attentif à mon entourage, plus je deviens sensible. Par différentes activités, j’ai pu développer mon potentiel et augmenter mon estime personnelle.

Mon implication avec l’organisme de St-Maxime a été ma plus grande réalisation: aider les plus démunis, sortir du pénitencier sous escorte pour se diriger dans un sous-sol d’église, participer à l’organisation d’une soupe populaire, faire la collecte et la distribution des denrées. Aider est la meilleure prise de conscience que j’ai faite.

Voir des gens quémander leur nourriture avec leur famille a été révélateur. Mon orgueil, que j’ai toujours confondu avec ma fierté, devenait insoutenable. Il y avait plus de fierté dans leurs yeux que dans ceux rencontrés au cours de ma vie. Mon cœur se fissura et il en sortit un malaise terrible, un regret. Si j’ai eu suffisamment de courage pour m’attaquer à des banques et à kidnapper, je n’ai jamais eu le courage de demander de l’aide et encore moins de reconnaître mes faiblesses.

Voilà une de ces prisons qui nous enferment dans des comportements, des réflexions et des manières de faire qui limitent nos possibilités. Ce donjon a été conçu par mes faiblesse et résiste à toute raison. Lorsque j’envie ceux qui sont libres, je perds parfois de vue que la véritable liberté ne se trouve pas uniquement dans nos déplacements. Penser et agir autrement, se comporter différemment, fait partie de la liberté.

Dans ma prison, j’ai trouvé le pire juge et il travaille toujours avec le plus salaud des gardiens: ma conscience et ma raison. Celle qui devrait me protéger m’a condamné, celle qui devait m’ouvrir m’a enfermé.

Ma conscience et ma raison se sont construites à travers tous ceux que j’ai côtoyé. Ces gens de passage ont semé une graine qui a poussé. Je n’ai sûrement pas toujours su faire la différence entre le bon et le méchant.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Point de vue sur la drogue et l’alcool

Point de vue sur la drogue et l’alcool

Dossier Alcool et drogue, Alcooliques Anonymes.

J’ai composé un texte qui exprime mon point de vue sur la drogue et l’alcool. Je vous l’envoie afin que vous puissiez le publier dans Reflet de Société. Ne vous gênez pas pour faire vos commentaires. Je lis tout les numéros du magazine et je l’apprécie grandement.

Amicalement,                                   Carolann Bouchard, 13 ans,  Lac-St-Jean

hero0172 Il y a beaucoup de monde qui consomme juste pour se penser hot. Dans ce domaine, il y a toute sorte de monde. Le monde tendance qui fume à tous les jours. Ils ont 15 ans. Ils te disent qu’ils peuvent arrêter quand ils veulent et qu’ils ne sont pas accros. Ensuite, tu les voit grandir avec leur cochonnerie. Mais là, c’est trop tard pour remédier à la situation. Chaque fois que leur merde n’est plus assez forte pour eux, ils en essayent de nouvelles, plus puissantes. À la longue, ce n’est même plus drôle de les voir agir tellement ils sont finis. Mais ils continuent quand même.

Cela amène surtout des problèmes: la perte d’êtres que nous aimons (parents, amis…). Parce que cette routine est devenue leur quotidien. Ils se tiennent avec du monde de ce nouveau milieu. Si tu fais leur connaissance et que tu es à jeun, ils risquent de te dire: «T’é pas in!»

Je te conseille de pas toucher à ça. Si tu décides d’essayer, bîn crime, deviens pas accro. Il y a des personnes qui se croient cool en disant: «Yo man, j’ai pris ça hier. Pis, hahaha, j’ai pas dormi d’la nuit. C’tait trop l’fun, faut que j’te fasse essayer ça!». Comme si, plus tu prends de la shit, plus t’es cool! Juste pour se faire dire: «Yo man, t’é trop malade. T’é mon idole. Tu me donneras tes trucs!». Maintenant, pour ces gens, c’est devenu une corvée de prendre d’la drogue. Ils n’ont plus de vie. Ils ne pensent qu’à ça, sans jamais prendre conscience de ce qu’ils prennent. Ça leur amènera jamais rien de bon. Tout ça pour dire que c’est leur choix. Quand tu deviens accro, ta vie devient automatiquement de la belle shit. Sad thing but it’s the truth.

Concernant l’alcool, je ne suis pas une experte. À ceux qui boivent pour éviter la réalité: eh bien sachez que même si vous buvez, la réalité ne s’effacera pas. Et quand vous redeviendrez sobres, le passé sera seulement plus dur à suppor-ter. Il restera toujours là, en empirant, encore et encore. N’oubliez jamais cela!

Beaucoup trouvent ça cool de se droguer, de boire à se fendre le foie. Ce n’est pas parce que tout le monde prend de la drogue que tu es obligé de suivre cet exemple. Mais c’est tellement irréaliste. Il n’y a aucun mal à prendre UNE bière entre copains. Mais n’abusez pas.

La vie est beaucoup plus belle à jeun.

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