Un fléau international

Un fléau international

Dossier Prostitution et Sexualité

Dominic Desmarais Juin 2007

Le trafic des êtres humains ne se limite pas qu’aux pays d’Europe de l’Est, d’Asie du Sud-Est ou d’Afrique. Le Canada aussi doit composer avec ce phénomène. Les Nations Unies estiment à près d’un million les victimes à l’échelle planétaire, dont une majorité de femmes et d’enfants. Ce commerce générerait des revenus de 10 milliards $ annuellement. L’argent généré est tel que ce crime est florissant. Il dépasserait même le trafic des armes, en deuxième position derrière celui de la drogue.

«Le problème du trafic des femmes et des enfants est international, plaide le Dr Kek Galabru, présidente de la Ligue cambodgienne des droits de l’Homme (LICADHO). Le trafic est l’œuvre de la mafia. Pour transporter un être humain, il faut des ressources: une personne, c’est plus difficile à dissimuler que du matériel. Comme les victimes n’ont pas de papiers à jour, il faut la complicité des ceux qui appliquent la loi, comme la police. Sinon, comment voulez-vous passer la frontière?»

Accrochées sur le mur, tout près de son bureau, des photographies du docteur en compagnie de François Mitterrand, de Jacques Chirac, de Bill Clinton et de la princesse Diana témoignent de l’importance de son lobby. De grosses pointures pour lutter contre de grands réseaux criminels.

Traite des femmes au Canada

En septembre 1997, le Canada goûtait à la triste réalité de la traite des personnes. Une opération policière visant des salons de massage à Toronto débouchait sur l’arrestation de 23 prostituées de Thaïlande et de Malaisie. Un an plus tard, la police en appréhendait 68 autres. Le Canada perdait son innocence. Le Code criminel, inadapté à cette réalité, ignorait les crimes de trafic. Ces immigrantes asiatiques, dont celles victimes de trafic, étaient perçues comme des criminelles. Même si elles étaient forcées à la prostitution. Présentes sur un lieu de débauche, elles ont été arrêtées.

Ces femmes devaient en moyenne 35 000 $ à 40 000 $ à leur «acheteur». Elles devaient travailler 7 jours sur 7. Elles ne connaissaient pas l’anglais, sortaient peu de leur lieu de travail. Certaines avaient reçu de faux papiers. Dans plusieurs cas, le proxénète conservait les visas. Plusieurs d’entre elles savaient qu’elles immigreraient au Canada pour grossir les rangs de la prostitution. D’autres ont été trompées sur la nature de l’emploi promis.

Arrêtées dans un pays dont elles ne connaissent ni la langue ni la culture, hormis les mœurs sexuelles de leurs clients, elles n’ont eu droit à aucune aide de la police. Des groupes de défense pour femmes et pour immigrants se sont réunis à pied levé. Dans l’attente de leur procès, il fallait leur trouver un toit, de la nourriture, des vêtements, de l’aide psychologique et juridique, des interprètes, etc. 

Des actions contre les trafiquants

Pour faire face à cette nouvelle réalité, le gouvernement fédéral s’est adapté. Huit ans après les descentes de Toronto, le trafic des personnes devenait criminel. Depuis novembre 2005, les forces de l’ordre du pays peuvent ainsi arrêter des gens pour crime de trafic.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) s’est également mise à jour. Le caporal Sylvain Saint-Jacques, responsable du Centre national de coordination contre la traite des personnes, dispose désormais de 5 agents. En plus, chaque division de la GRC, réparties dans les différentes provinces, affecte deux agents à ce type de crime.

Le changement des mentalités sera toutefois plus long. Les policiers ne connaissent pas les réalités du trafic humain. Les descentes policières, dans les lieux de prostitution, incombent aux corps municipaux qui ne sont pas formés pour distinguer les victimes de traite des prostituées. Seule la police de Winnipeg, au Manitoba, élabore actuellement une politique pour ses agents afin de contrer la menace.

«Un des problèmes, c’est que les gens n’ont pas encore allumé», prétend le sergent Jacques Morin, de la GRC. Il pointe ainsi les organismes qui travaillent avec les femmes et les policiers qui arrêtent des immigrants. «Ils ne sont pas sensibilisés, continue-t-il. Ils ne savent pas reconnaître les signes de la traite, qui se trouvent dans l’histoire de la victime. La fille a besoin de dénoncer qu’elle a été exploitée et qu’on lui a confisqué ses documents pour faire comprendre qu’elle est victime de trafic. Or, elle est accueillie au pays, nourrie et logée par un inconnu, puis elle habite ou travaille dans un endroit qu’elle ne connaît pas.»

À l’instar de ce qui se fait en Asie, l’État a compris qu’il devait agir de façon concer-tée. Constitué au début des années 2000, le Groupe de travail interministériel sur la traite des personnes regroupe 17 ministères et agences gouvernementales. Il a publié une brochure de sensibilisation à l’intention des ressortissants de pays à risque pour les informer des dangers du trafic. Il organise des colloques et des formations, finance des projets de recherche pour mieux comprendre la problématique au pays, publie une brochure pour sensibiliser aux dangers du trafic les ressortissants de pays à risque, etc.

Prostitution: permis à l’immigration

Les immigrants illégaux arrêtés sont remis à Citoyenneté et immigration Canada (CIC). Depuis mai 2006, le Ministère peut émettre un permis de séjour temporaire (PST) pour les présumées victimes de la traite. D’une durée de 120 jours, il octroie à son détenteur des soins de santé gratuits, régularise son statut légal et lui procure des services pour l’aider à surmonter ses traumatismes.

Pour Jean Bellefeuille, chercheur au Comité d’action contre le trafic humain interne et international (CATHII), ce permis a une double vocation. Permettre à la police de vérifier si l’immigrant a bel et bien été victime de la traite et donner à la présumée victime un temps de réflexion pour qu’elle envisage de témoigner contre le trafiquant. M. Bellefeuille y voit une condition pour l’obtention d’un visa plus long, ce que réfute CIC. Sa porte-parole, Mélanie Carkner indique que les victimes n’ont pas à témoigner pour obtenir le statut de résident temporaire ou permanent. À ce jour, une seule victime a demandé un tel permis. CIC en a proposé à 4 autres, qui ont plutôt opté pour retourner dans leur pays d’origine.

Cette situation ne surprend guère les membres de groupes de défense des victimes comme sœur Sue Wilson, active en Ontario. «Sur papier, on dirait que le Canada agit. Mais il n’aide pas les victimes. Personne ne demande ce permis. La plupart des victimes vont plutôt demander un statut de réfugié, car ils ont droit à davantage de support. Au Canada, on veut surtout les renvoyer dans leur pays.»

Une aide inadaptée pour la prostitution

En demandant le statut de réfugié, les immigrants reçoivent de l’aide à l’emploi, peuvent retourner à l’école, obtenir de l’assurance-emploi. Ils demeurent également au pays plus longtemps. Avant d’obtenir une audience devant un commissaire d’Immigration Canada, le candidat attend environ un an. «Après une décision négative, il peut attendre des années avant qu’on le renvoie», affirme Janet Dench, directrice du Conseil canadien pour les réfugiés.

Le Canada a été très actif pour la défense et le respect des droits des femmes à l’échelle internationale. Il a signé des conventions contre le trafic des êtres humains qui octroient protection et assistance aux victimes. Or, le pays ne possède aucun centre d’héber-ement adapté aux besoins et réalités des victimes de la traite.

«Actuellement, il n’y a pas de places pour les héberger. On utilise les centres pour victimes de violence pour une nuit ou deux, raconte Louise Dionne, qui siège au sous-comité pour l’hébergement au CATHII. Ce sont des personnes terrorisées, victimes de violence physique et psychologique. Elles sont isolées. Elles ne comprennent pas notre société.» Louise Dionne a aidé trois victimes à trouver un refuge d’urgence: une Éthiopienne, une Haïtienne et une Marocaine.

C’est à l’Auberge Madeleine et au Chaînon qu’elle a pu les placer. Ces centres d’aide sont tous débordés. L’Ontario vit la même problématique. Les refuges opèrent à pleine capacité. Pour aider et assister les victimes de la traite, le Canada devrait se tourner vers les pays du Tiers-Monde. Aujourd’hui, ce sont eux qui possèdent les connaissances.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Dossier Prostitution et Sexualité.

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Doit-on légaliser la prostitution?

Les effets pervers de la légalisation de la prostitution.

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Les filles dans les gangs de rue et la prostitution.

Prostitution de luxe d’une escorte.

Pour ou contre la légalisation de la prostitution?

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution?

Avons-nous l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution
écrit par Raymond Viger, Vol 13.4 , Mai 2005

Dossier  Prostitution et Sexualité

Le débat sur la légalisation de la prostitution est faussé. Il n’existe pas une forme de prostitution mais plusieurs formes de prostitution.

Une personne prostituée à 4 000$ pour un week-end qui couche avec des politiciens à Québec, à Ottawa ou avec de grosses vedettes internationales ne vit pas dans le même contexte qu’une autre à 20$ pour une pipe, qui est toxicomane, avec des champignons dans la bouche et atteinte du Sida.

Certaines personnes se positionnent en faveur de la légalisation de la prostitution, sous prétexte de vouloir venir en aide aux personnes qui font de la prostitution de rue, assurer leur sécurité… Mais qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsque nous aurons légalisé toutes les formes de prostitution?

Les dangers d’une légalisation sans encadrement

De la «viande fraîche»

En autorisant l’ouverture de bordel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie du sexe, pour utiliser leur langage, vont vouloir engager de la «viande fraîche» pour satisfaire leurs clients. Par «viande fraîche» on pense à des personnes de 18 à 23 ans en santé. Pour la majorité des personnes se prostituant dans la rue, l’entrée dans ces bordels leur sera refusée et elles devront continuer à exercer dans la rue. Dans les faits, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans!

Pire, après un certain nombre d’années, lorsque les premières personnes ayant travaillé dans ces bordels commenceront à vieillir, les entrepreneurs qui veulent bien traiter leurs clients vont remplacer leurs personnels par des plus jeunes. Il y aura donc encore plus de personnes exerçant la prostitution dans les rues. Ceci se vérifie par les expériences des pays ayant légalisé la prostitution depuis une dizaine d’années et qui se retrouvent avec 3 à 10 fois plus de prostituées de rue qu’avant la légalisation (Australie, Pays-Bas, Allemagne…).

Les clients indésirables

Mais si un client peut aller en toute légalité dans un bordel pour engager une personne jeune et attrayante, pourquoi utiliserait-il les services d’une personne exerçant dans la rue? Parce qu’il est violent et qu’il se ferait sortir des bordels? Parce qu’il veut exiger de faire des choses qui devraient être refusées dans le bordel comme avoir une relation sans condoms? Ou encore parce qu’il veut payer moins cher? Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres, les personnes exerçant la prostitution de rue seront encore plus dans le trouble après la légalisation. Le nombre de mauvais clients rencontrés sur la rue sera encore plus grand et il sera encore plus risqué d’être une personne prostituée.

Citoyens et commerçants

Et que dire de nos honorables citoyens! Puisque la prostitution est maintenant légalisée, l’intolérance de ceux-ci aura monté d’un cran. «Puisque c’est légal et qu’il existe des bordels, je ne veux plus te voir traîner dans les rues de mon quartier ou devant les vitrines de mon commerce». Comment vont réagir ces citoyens quand ils vont s’apercevoir que non seulement la légalisation n’a pas diminué le nombre de personnes devant leur honorable résidence, mais qu’en plus, il y en a maintenant 3 fois plus! L’intolérance ne fera que grimper.

Bordels en région

En légalisant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’en laver les mains en disant que ça sera du ressort des villes de gérer le tout?

Pourquoi les groupes criminalisés sont si forts en région? Parce que les petites municipalités avec un seul policier n’ont pas les moyens d’avoir le contrôle sur ces puissants groupes. Quand le policier en question est connu de tous, que tout le monde sait où il demeure et que tout le monde connaît sa famille au complet et à quelle heure sa petite fille sort de l’école, pensez-vous qu’il sera assez fou pour tenir tête aux groupes criminalisés? C’est un policier qui fait de son mieux, pas une personne suicidaire. Cela n’est pas sans rappeler encore une fois les pays ayant déjà fait l’expérimentation de la légalisation, qui avouent avoir perdu le contrôle. De plus, ils deviennent incapables de gérer ce nouvel engouement pour le sport sexuel.

Tous les paliers de gouvernements devront s’impliquer dans une approche multidisciplinaire. Pas question de laisser les municipalités se démerder seules dans une industrie qui est déjà internationale et qui a de gros moyens financiers pour brouiller les cartes.

L’industrie du tourisme

Un bel exemple que j’ai vécu personnellement. L’état du Nevada permet aux municipalités de légaliser la prostitution. Las Végas, malgré ses innombrables Casinos et ses spectacles grandioses, se refusent de légaliser la prostitution. La ville voisine a légalisé la prostitution. C’est pourquoi nous voyons sur certains coins de rue de Las Végas des dizaines de Mexicains qui tendent des annonces pour inciter l’achat de services sexuels dans la ville voisine. La ville de Las Végas est allée en cour pour tenter d’empêcher ces Mexicains de venir faire de la sollicitation dans les rues de Las Végas. Pour le bénéfice de la libre entreprise et de la liberté d’expression, la ville de Las Végas a perdu contre les Mexicains.

Ceux qui font le rabattage de clients sont majoritairement des garçons. Mais ce qui m’a déchiré le cœur, a été de voir une fille mexicaine d’environ 12 ans, faire du rabattage. Les questions que je me pose encore: le faisait-elle pour sa sœur ou sa mère? Va-t-elle se prostituer et à quel âge risque-t-elle de commencer?

Ce qui s’est passé à Las Végas risque de nous arriver. Montréal avec ces grands festivals et ces grands rassemblements ne tolérera pas de prostitution sur son territoire. Les entrepreneurs de bordels vont s’établir à Terrebonne ou à Bois-des-Filions. Ça va être bon pour l’industrie du taxi. Les gens viennent de partout pour un festival ensuite le taxi pour les bordels en banlieue. Parce que la prostitution, ce n’est pas bon pour l’industrie du tourisme. Ce n’est pas bon pour l’image d’un grand centre urbain. Quand on voit de nouveaux logements sociaux des auberges du cœur passer criminellement au feu dans le sud-ouest de Montréal, quand des gens font pressions pour empêcher des organismes communautaires comme Cactus de se relocaliser dans le Centre-ville de Montréal, les principes de «pas dans ma cour» vont continuer à se faire prévaloir.

Pénurie de main-d’œuvre

Les bordels vont se multiplier en région et les nouveaux entrepreneurs vont y faire la pluie et le beau temps. À un point où il ne serait pas surprenant qu’il manque de main-d’œuvre. Un peu comme il s’est passé quand on a légalisé les danses à 10$. On a manqué de filles pour aller travailler dans les isoloirs. Va-t-on créer un programme pour permettre à des danseuses exotiques étrangères de venir travailler au Canada? Devrons-nous réouvrir ce programme et l’élargir aux artistes de la prostitution? N’est-ce pas ce programme où des fonctionnaires et des intervenants du milieu mentionnent qu’il a profité aux groupes criminalisés? Plusieurs de ces danseuses ont disparu. Le gouvernement américain affirmait en 2003 que le Canada est une plaque tournante pour le trafic des femmes et des enfants.

Conditions essentielles

Si nous sommes sérieux dans notre volonté de légaliser la prostitution, il y a des préalables essentiels. La prostitution concerne des êtres humains qui doivent être considérés dans leur globalité. Ceci nous oblige à prévoir une approche multidisciplinaire.

Il faut faire de la prévention en ce qui concerne les jeunes de la rue et ceux placés par la DPJ. Ils sont des victimes vulnérables. La réforme de la DPJ devra tenir compte de cette vulnérabilité. Il faut aussi faire de la prévention et de la sensibilisation dans les écoles et les différents milieux de vie des jeunes.

Pour s’assurer que la prostitution est bel et bien un choix, et non pas un manque de choix face à la pauvreté ou à d’autres difficultés, il faut s’assurer d’offrir un soutien et un encadrement aux personnes concernées.

Il faut prévoir une aide accrue aux organismes d’intervention auprès des personnes prostituées de rue. Nous ne pouvons pas penser légaliser le marché du sexe sans aussi donner les services d’aide et de soutien aux personnes dans le besoin qui seront exclues et marginalisées. Si une municipalité veut ouvrir un bordel, les services aux personnes se prostituant doivent être présents avant son ouverture.

Il faut prévoir des mécanismes de contrôle et de sécurité avant la légalisation. Nous avons laissé à eux-mêmes des groupes criminalisés pendant des décennies. Ils sont devenus des forces redoutables, organisées, structurées et très bien financées. Reprendre le contrôle après coup est très coûteux, sinon impossible. La prostitution, ne se limite pas aux limites géographiques d’une ville, mais fait partie d’un réseau international, qui nécessitera une coordination des différents corps policiers qui devront apprendre à travailler efficacement ensemble. Cela nécessitera de généreux budgets aux différents corps policiers.

Il faudra donc s’assurer qu’il y ait une prise en charge complète par le gouvernement de ces bordels, à tous les niveaux: sécurité, administration, gestion, encadrement, surveillance, finance… Il n’y a pas d’entre-deux possibles pour éviter que la situation ne dérape et qu’il y ait abus.

Il ne faut pas s’imaginer que les revenus de taxes et d’impôt sur la prostitution permettront de compenser les investissements que nous aurons à faire pour légaliser la prostitution. Les pays qui ont déjà légalisé, ont perdu le contrôle et se sont retrouvés avec plus d’effets pervers que de problèmes résolus. Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous impliquer adéquatement, nous en aurons encore moins après.

Autres textes sur Prostitution et Sexualité.

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L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent “Le Choc des Cultures”. 25$

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Nous n’avons pas l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution

Nous n’avons pas l’argent nécessaire pour légaliser la prostitution
écrit par Raymond Viger, Vol 13.4 , Mai 2005

Dossier Prostitution et Sexualité.

Le débat sur la légalisation de la prostitution est faussé. Il n’existe pas une forme de prostitution mais plusieurs formes de prostitution.

Une personne prostituée à 4 000$ pour un week-end qui couche avec des politiciens ou des grosses vedettes internationales ne vit pas dans le même contexte qu’une autre à 20$ pour une pipe, qui est toxicomane, avec des champignons dans la bouche et atteinte du Sida.

Certaines personnes se positionnent en faveur de la légalisation de la prostitution, sous prétexte de vouloir venir en aide aux personnes qui font de la prostitution de rue, assurer leur sécurité… Mais qu’adviendra-t-il de ces personnes lorsque nous aurons légalisé toutes les formes de prostitution?

Les dangers d’une légalisation sans encadrement

De la «viande fraîche»

En autorisant l’ouverture de bordel, les nouveaux entrepreneurs de l’industrie du sexe, pour utiliser leur langage, vont vouloir engager de la «viande fraîche» pour satisfaire leurs clients. Par «viande fraîche» on pense à des personnes de 18 à 23 ans en santé. Pour la majorité des personnes se prostituant dans la rue, l’entrée dans ces bordels leur sera refusée et elles devront continuer à exercer dans la rue. Dans les faits, l’âge moyen d’entrée dans la prostitution est de 14 ans!

Pire, après un certain nombre d’années, lorsque les premières personnes ayant travaillé dans ces bordels commenceront à vieillir, les entrepreneurs qui veulent bien traiter leurs clients vont remplacer leurs personnels par des plus jeunes. Il y aura donc encore plus de personnes exerçant la prostitution dans les rues. Ceci se vérifie par les expériences des pays ayant légalisé la prostitution depuis une dizaine d’années et qui se retrouvent avec 3 à 10 fois plus de prostitués de rue qu’avant la légalisation (Australie, Pays-Bas, Allemagne…).

Les clients indésirables

Mais si un client peut aller en toute légalité dans un bordel pour engager une personne jeune et attrayante, pourquoi utiliserait-il les services d’une personne exerçant dans la rue? Parce qu’il est violent et qu’il se ferait sortir des bordels? Parce qu’il veut exiger de faire des choses qui devraient être refusées dans le bordel comme avoir une relation sans condoms? Ou encore parce qu’il veut payer moins cher? Pour toutes ces raisons et pour plusieurs autres, les personnes exerçant la prostitution de rue seront encore plus dans le trouble après la légalisation. Le nombre de mauvais clients rencontrés sur la rue sera encore plus grand et il sera encore plus risqué d’être une personne prostituée.

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Bordels en région

En légalisant, le gouvernement fédéral ne doit pas s’en laver les mains en disant que ça sera du ressort des villes de gérer le tout.

Pourquoi les groupes criminalisés sont si forts en région? Parce que les petites municipalités avec un seul policier n’ont pas les moyens d’avoir le contrôle sur ces puissants groupes. Quand le policier en question est connu de tous, que tout le monde sait où il demeure et que tout le monde connaît sa famille au complet et à quelle heure sa petite fille sort de l’école, pensez-vous qu’il sera assez fou pour tenir tête aux groupes criminalisés? C’est un policier qui fait de son mieux, pas une personne suicidaire. Cela n’est pas sans rappeler encore une fois les pays ayant déjà fait l’expérimentation de la légalisation, qui avouent avoir perdu le contrôle. De plus, ils deviennent incapables de gérer ce nouvel engouement pour le sport sexuel.

Tous les paliers de gouvernements devront s’impliquer dans une approche multidisciplinaire. Pas question de laisser les municipalités se démerder seules dans une industrie qui est déjà internationale et qui a de gros moyens financiers pour brouiller les cartes.

L’industrie du tourisme

Un bel exemple que j’ai vécu personnellement. L’état du Nevada permet aux municipalités de légaliser la prostitution. Las Végas, malgré ses innombrables Casinos et ses spectacles grandioses, se refusent de légaliser la prostitution. La ville voisine a légalisé la prostitution. C’est pourquoi nous voyons sur certains coins de rue de Las Vegas des dizaines de Mexicains qui tendent des annonces pour inciter l’achat de services sexuels dans la ville voisine. La ville de Las Vegas est allée en cour pour tenter d’empêcher ces Mexicains de venir faire de la sollicitation dans les rues de Las Vegas. Pour le bénéfice de la libre entreprise et de la liberté d’expression, la ville de Las Vegas a perdu contre les Mexicains.

Ceux qui font le rabattage de clients sont majoritairement des garçons. Mais ce qui m’a déchiré le cœur, a été de voir une fille mexicaine d’environ 12 ans, faire du rabattage. Les questions que je me pose encore: le faisait-elle pour sa sœur ou sa mère? Va-t-elle se prostituer et à quel âge risque-t-elle de commencer?

Ce qui s’est passé à Las Vegas risque de nous arriver. Montréal avec ces grands festivals et ces grands rassemblements ne tolérera pas de prostitution sur son territoire. Les entrepreneurs de bordels vont s’établir à Terrebonne ou à Bois-des-Filions. Ça va être bon pour l’industrie du taxi. Les gens viennent de partout pour un festival ensuite le taxi pour les bordels en banlieue. Parce que la prostitution, ce n’est pas bon pour l’industrie du tourisme. Ce n’est pas bon pour l’image d’un grand centre urbain. Quand on voit de nouveaux logements sociaux des auberges du cœur passer criminellement au feu dans le sud-ouest de Montréal, quand des gens font pressions pour empêcher des organismes communautaires comme Cactus de se relocaliser dans le Centre-ville de Montréal, les principes de «pas dans ma cour» vont continuer à se faire prévaloir.

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Les bordels vont se multiplier en région et les nouveaux entrepreneurs vont y faire la pluie et le beau temps. À un point où il ne serait pas surprenant qu’il manque de main-d’œuvre. Un peu comme il s’est passé quand on a légalisé les danses à 10$. On a manqué de filles pour aller travailler dans les isoloirs. Va-t-on créer un programme pour permettre à des danseuses exotiques étrangères de venir travailler au Canada? Devrons-nous réouvrir ce programme et l’élargir aux artistes de la prostitution? N’est-ce pas ce programme où des fonctionnaires et des intervenants du milieu mentionnent qu’il a profité aux groupes criminalisés? Plusieurs de ces danseuses ont disparu. Le gouvernement américain affirmait en 2003 que le Canada est une plaque tournante pour le trafic des femmes et des enfants.

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Pour s’assurer que la prostitution est bel et bien un choix, et non pas un manque de choix face à la pauvreté ou à d’autres difficultés, il faut s’assurer d’offrir un soutien et un encadrement aux personnes concernées.

Il faut prévoir une aide accrue aux organismes d’intervention auprès des personnes prostituées de rue. Nous ne pouvons pas penser légaliser le marché du sexe sans aussi donner les services d’aide et de soutien aux personnes dans le besoin qui seront exclues et marginalisées. Si une municipalité veut ouvrir un bordel, les services aux personnes se prostituant doivent être présents avant son ouverture.

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Il ne faut pas s’imaginer que les revenus de taxes et d’impôt sur la prostitution permettront de compenser les investissements que nous aurons à faire pour légaliser la prostitution. Les pays qui ont déjà légalisé, ont perdu le contrôle et se sont retrouvés avec plus d’effets pervers que de problèmes résolus. Si nous n’avons pas l’argent nécessaire pour nous impliquer adéquatement, nous en aurons encore moins après.

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poesie-urbaine-jean-simon-brisebois-art-de-la-rue Poésie urbaine. L’âme de l’ange. Jean-Simon Brisebois.

À chaque mort, une naissance. À chaque naissance, un combat! Recueil de pensées et de poésies influencé par le béton, la rue et son vécu urbain. De jour et de nuit, la vie continue, se transforme. À travers les ombres et pénombres, elle se colore de différentes nuances de gris.

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Arrivée au Cambodge

Arrivée au Cambodge

Dossier Prostitution et Sexualité.

Comme l’indique le titre, je viens d’arriver au Cambodge. J’y passerai plus de temps qu’au Viêt-nam. C’est qu’il m’y sera plus facile d’aller sur le terrain, rencontrer des victimes de la traite qu’on réinsere dans la communauté ou voir le travail de prevention fait au sein des collectivités.

Au Viêt-nam, le gouvernement est omniprésent. Il est le plus grand partenaire des ONG qui travaillent dans le trafic des êtres humains. Encore heureux qu’il s’intéresse à cette problématique. Mais il n’aime pas qu’on en discute. Les journalistes ne sont pas indépendants.

Lors de ma premiere rencontre avec le directeur d’Oxfam Quebec, M. Leonard Buckles, j’ai tout de suite été avisé qu’aussitôt que j’ai mis le bout du gros orteil dans les bureaux de l’organisme, le gouvernement était au courant. Ça m’a stressé. Probablement mon manque d’experience en ce domaine. Au Congo, j’ai été dans la brousse ou des militaires m’ont ejecté du bus dans lequel je me trouvais. On m’a menace de me jeter en prison. J’étais entouré de maquisards, l’AK-47 à la main. Au Sierra Leone, c’était des anciens soldats devenus gangsters. Ça ne me dérangeait pas. Peut-être est-ce un milieu dans lequel je me sens plus à l’aise. C’est qu’avec ces gens, je suis en mesure de discuter, de trouver un terrain d’entente. Mais un gouvernement, c’est autre chose. Il n’y a pas à discuter.

Je ne voulais pas non plus causer des problèmes à mes partenaires. C’est pourquoi j’ai décidé de bouger plus rapidement vers le Cambodge.

Détails à suivre!

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