Cyberdépendance: être dépendant du monde virtuel d’Internet

Cyberdépendance: être dépendant du monde virtuel d’Internet

Matthieu Burgard      Dossier Gambling et jeu compulsif, Cyberdépendance

(Agence Science-Presse) – Paupières lourdes après une nuit passée sur Internet, sautes d’humeur, perte d’efficacité au travail, tensions au sein du couple… mais toujours cette irrépressible envie d’aller naviguer. La cyberdépendance semble être l’un des nouveaux maux de notre époque, mais reste encore mal comprise des cliniciens.

«Nos connaissances sont fragmentaires et il faut d’abord déterminer ce qu’on entend par dépendance à Internet. Il n’y a d’ailleurs pas de définition officielle dans la classification internationale des maladies» explique Louise Nadeau, directrice de l’Institut universitaire sur les dépendances à Montréal. «Pourtant au Québec, 100 personnes sur 40 000 auraient déjà consulté un spécialiste à ce sujet alors qu’aucun centre de santé publique n’offre de service spécifique.» La chercheuse mène actuellement des focus-groups avec des cliniciens pour définir des lignes directrices de recherche et identifier les enjeux éthiques liés à la cyberdépendance pour les professionnels de la santé mentale. «Mettre quelqu’un en traitement, ça n’est pas rien, affirme-t-elle. Il faut d’abord savoir ce qu’on traite, qui l’on traite et si l’on devrait traiter.»

Une vie hors de la réalité

Ce l’on sait pour l’instant: les surfeurs pathologiques utiliseraient plus souvent des applications qui leur permettent de sociabiliser comme les jeux en ligne ou les logiciels de clavardage. «Derrière leur écran, les personnes sont plus sûres d’elles, ce qui renforce leur identité». Mais un désengagement social et affectif dans le monde réel en est souvent le prix à payer. La durée passée en ligne, parfois pointée du doigt par l’entourage, ne semblerait pas être un élément satisfaisant pour le diagnostic. «On remarque par contre que certains critères du jeu pathologique ou de la dépendance à une substance peuvent être transposés à la cyberdépendance, par exemple, la perte de contrôle de l’utilisation malgré la conscience des souffrances associées», explique Mathieu Goyette, coauteur avec Louise Nadeau d’un article sur le sujet dans la revue Alcoologie et addictologie.

 

Dans 10 ans?

Les chercheurs en psychologie auront à «réaliser des études épidémiologiques plus larges et plus systématiques sur la dépendance à Internet», estime Mathieu Goyette. Les données accumulées serviront à déterminer un seuil clinique à la maladie et à comprendre son évolution. Enfin des traitements issus de ces connaissances permettront de soigner les patients, qui selon les scientifiques, pourraient être de plus en plus nombreux.

Autres textes sur Gambling et jeu compulsif

Le jeu compulsif chez les jeunes

À Loto-Québec de qui se moque-t-on?

Merci à Loto-Québec de nous avoir ruiné

Les sociétés d’État veulent-ils remplacer le Ministère de la culture?

Gambling, vidéo et DVD

Rien ne va plus, les jeux sont faits

Loto-Québec, le Casino et le suicide

Loto Quebec: Plus de cadeaux que de prévention

Les dés sont cliqués

Témoignage d’un joueur compulsif

2$; le prix à payer pour devenir un joueur compulsif

Maudite Machine, Biz, rappeur de Loco Locass

Lu dans la presse :

http://www.nouvelles.umontreal.ca/content/view/1650/1/

http://www.lactualite.com/sante/article.jsp?content=20080917_170033_40044

http://www.technaute.ca/nouvelles/internet/200802/11/01-8414-peu-de-ressources-pour-les-cyberdrogues.php

http://www.lefigaro.fr/france/20060225.FIG000002953_la_psychiatrie_de_plus_en_plus_confrontee_a_la_cyberaddiction.html

Pour les insatiables

 

Un site dérivé de psychologie.fr, entièrement dédié à la maladie

http://cyberdependance.fr/

Un dossier sur la cyberdépendance du Centre Québécois sur les Dépendances

http://www.cqld.ca/publications/cyberdependance.pdf

Un état des lieux de la maladie sur le site du Ministère des Services Gouvernementaux du Québec

http://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/01/PER/815011/2007/2007_01.htm

L’état des connaissances sur la cyberdépendance et les activités du Centre québécois de lutte contre les dépendances

http://www.ledevoir.com/2006/11/03/122041.html

La cyberdépendance chez les adolescents

http://www.arrondissement.com/?module=document&uid=1479&division=0&subject=0&audience=5&type=1

La dépendance à Internet vulgarisée par des chercheurs de l’Université de Moncton

http://www2.umoncton.ca/cfdocs/saee/psychologie/pdf/cyberdependance.pdf

Le compte rendu d’une étude sur la cyberdépendance du Docteur Robert Ladouceur, directeur du Centre québécois d’excellence pour la prévention et le traitement du jeu

http://www.jeu-aidereference.qc.ca/www/cyberdependance_fr.asp

Un dossier sur l’addiction à Internet proposé par un site traitant de Santé

http://www.doctissimo.fr/html/sante/mag_2001/mag0309/ps_3663_cyberdependant.htm

La cyberdépendance aux Etats-Unis

http://technaute.cyberpresse.ca/nouvelles/internet/200512/01/01-16591-peut-on-etre-dependant-dinternet.php

http://www.branchez-vous.com/actu/06-10/10-316106.html

Un article d’une chercheur français de L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

http://psydoc-fr.broca.inserm.fr/toxicomanies/internet_addiction/cyberaddiction.htm

Testez votre degré de dépendance à Internet (en anglais)

http://netaddiction.com/resources/internet_addiction_test.htm

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Battle breakdance hip hop des meilleurs breakers de Montréal

video-breakdance-hip-hop-break-breaker-how-to-breakdancing Extreme Supreme Science
Vidéo VHS, compétition de break-dance.

Skywalker, Omegatron, Psycho Red, Silo, Trackmaster, Strike 3, Jayko Superstar, Speedy, Place Pieces (Maximum Efficiency), Tiger, Dj Frank Boulevard, Dj Devious.
Vidéo VHS 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Lettre d’un jeune à sa consommation

Lettre d’un jeune à sa consommation

J. Star, garçon de 16 ans des Laurentides     Dossiers Toxicomanie et Alcool et drogue

Ça fait environ un mois que je n’ai pas fumé de crack, d’héroine (smack) ou bu de l’alcool. Depuis que je suis entré en traitement au centre Jellinek, je ne veux plus consommer. Mais je suis inquiet. Je ne sais pas si mes barrières sont assez puissantes. Voici une lettre que j’ai écrite à ma consommation pour lui dire comment elle m’a fait sentir, alors que je pensais qu’elle m’aidait.

Cher consommation,À nos débuts, je n’avais pas beaucoup besoin de toi. Tu me soulageais de mes blessures et tu changeais mes pensées. Du moins, je le croyais. Jusqu’au jour où mon système s’est habitué à toi. Il m’a donc fallu augmenter les doses pour être bien dans ma peau.Je me suis rendu compte que j’étais encore le même: peu importe la quantité que j’ingérais, je ne ressentais aucun changement bénéfique. Ça m’a donc poussé à fumer du crack et de l’héroïne (smack). J’ai plongé dans un monde obscur où mes pensées sont devenues irréelles et destructrices.

Dépendance et vulnérabilité

Je me sentais vulnérable comme un mollusque sans coquille. Je continuais à noyer mes souffrances dans cette eau trouble. Je marchais dans le long couloir de l’enfer où la spiritualité et le rétablissement sont absents. Cette brume dispendieuse m’avait attaché dans le fond du néant. Je creusais inconsciemment ma tombe dans les ténèbres.

La foi comme rétablissement

porteUn jour, une petite lueur d’espoir est sortie de mon trou: Dieu m’a pris par le fond du cœur. J’ai décidé de prendre mon peu de courage et la foi qu’il me restait pour investir mon énergie dans quelque chose de positif pour mon rétablissement. Je savais que je valais mieux que ça.Aujourd’hui, je suis conscient que j’aurai toujours un lien de dépendance et d’attirance envers vous, crack, héroïne et alcool. En thérapie, j’ai réalisé que vous vous foutiez de moi. Je suis maintenant prêt à vous dire: «je ne veux plus de vous trois dans ma vie. Trouvez-vous d’autres victimes que moi. Car je suis un winner 

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009 p.9

Autres textes sur Alcool et drogue 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

conte-illustre-enfant-jeune-ecrivain-livre-illustrationConte illustré ralliant l’imagination débordante de Patrick Viger, un jeune de 15 ans, l’expérience littéraire de Raymond Viger et les illustrations professionnelles de Victor Panin. Patrick Viger a commencé à écrire en duo avec son père dès l’âge de 8 ans. Cette écriture a commencé par un jeu; une façon d’établir une relation entre un père et son fils. Ce conte illustré a été écrit pour le plaisir et l’amusement. 4,95$

Disponible Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,

Traitement de la trisomie 21 par l’ADN

Traitement de la trisomie 21 par l’ADN

Amélie Daoust-Boisvert, Agence Science-Presse – Si l’ADN est un fil, pourquoi ne pas utiliser une machine à coudre pour le manipuler? Ce ne sont pas des tisserands, mais des scientifiques japonais qui ont mis au point la première machine à coudre à l’échelle de l’ADN. Avec cette nanomachine, on manipule délicatement l’ADN sans le briser. Ainsi, on pourra mieux détecter les maladies génétiques.

Elles sont identifiées grâce à des marqueurs, des fluorescents qui se lient spécifiquement aux séquences en cause dans les maladies comme la trisomie 21. Souvent, ce drapeau fluorescent se retrouve pris dans les enroulements des fils d’ADN et il est difficile à détecter. « Quand l’ADN est déroulé par des microcrochets et des bobines, le gène ciblé devient facilement détectable », explique le professeur Terao à l’origine de la machine à coudre moléculaire. Tout comme le fil de la couturière, l’ADN est enroulé sur deux bobines et une partie se trouve exposée et tendue entre les deux. Un laser fait tourner les bobines et l’ADN qui se déroule peut être observé. La boîte à outils du scientifique se raffine et rétrécit…

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelle L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Mots clés Technorati : ,,,,,,,,,,,

Marie s’en sort

Marie s’en sort
juin 2007

Le 30 décembre, Raymond Viger a eu un échange avec Marie sur le site Internet de Reflet de Société. La première partie a été publié dans le numéro de février (vol. 15, n° 3). Elle avait alors partagé son désir de cesser de consommer des drogues et se posait de nombreuses questions à propos de l’impact de sa consommation sur son avenir. Cette correspondance ayant intéressé plusieurs lecteurs, voici le dernier échange, qui montre que Marie va beaucoup mieux, ainsi qu’un témoignage d’un jeune dans une situation similaire.

Marie

Salut Raymond,
Je viens de relire tous nos échanges sur ma renaissance à l’égard de la drogue. J’ai relu tout ce que j’avais écrit et ce que vous m’aviez répondu. Ça m’a vraiment fait du bien de revoir tout ça. Ça m’a fait réfléchir. Je me suis rendu compte que je suis en train de m’en sortir. J’ai fait un bon bout de chemin et j’en suis vraiment fière.

La vie change, tout change. Les amis(es), le monde entier. Que ce soit du bon ou du mauvais côté. Parfois, quand on change, certains le prennent mal. Aujourd’hui, je me suis vraiment rendu compte à quel point je devais vous remercier pour tout ce que vous me dites, tout ce que vous faites pour m’aider. C’est comme une thérapie, mais sur Internet.

La vie nous appartient. On ne doit pas la vivre pour les autres, mais pour nous.
Marie

Réponse de Raymond Viger

Salut Marie,
L’avantage de l’écriture est de pouvoir se relire, de voir le chemin parcouru, de se remémorer les idées qui nous sont offertes, de relire les passages qui nous font du bien. On peut y revenir quand on veut.

Lorsqu’on évolue, certaines personnes ne sont pas toujours heureuses de nous voir changer. Ce qui compte, ce sont les choix que l’on fait pour soi-même. Si les autres le prennent mal, c’est peut-être qu’ils ont des choses à voir là-dedans. Ils doivent accepter ta nouvelle vie.

C’est vrai que tu as beaucoup progressé depuis le début de l’année. Je t’en félicite. Tu as fait de grandes prises de conscience, tu es fière du chemin parcouru, tu as du plaisir avec tes ami(e)s et tu veux vivre ta vie. Continue dans cette voie. J’ai confiance en toi.
Raymond

Réaction de Jean-Michel

Je viens de lire l’article de Marie publié en février 2007. J’ai 16 ans et je suis en centre d’accueil. Après 8 ans de consommation de drogue, j’ai décidé de me prendre en main et d’arrêter. Merci de prendre le temps de lire mon message.

J’ai commencé à fuguer avant l’âge de 9 ans pour faire un peu comme mon frère plus vieux. J’ai commencé pour le fun. Le jour de ma fête, je lui ai volé de la drogue (speed, cocaïne, pot). Au début, c’était bien plaisant. Mais après quelques années (à 12 ans), ç’a changé. À ce moment-là, un joint ne me faisait plus grand-chose. Je relaxais et je n’étais plus avec mes amis. Tout ce que j’avais pour me défouler, c’était la musique et l’écriture. J’ai été cocaïnomane pendant presque 8 ans avant de décider de m’en sortir.

Tout ce que la drogue m’a apporté, ce sont des problèmes. La drogue est une délivrance, une grosse délivrance. Mais tu le vois juste sur le buzz. Après, c’est 2 fois pire. Tu veux en avoir d’autre et plus encore. Être accro, ce n’est pas une partie de plaisir. N’hésitez pas à demander de l’aide si vous avez le même problème que j’ai eu. Que ce soit en consul-tant vos parents, de la famille, vos amis ou même des ressources communautaires. C’est le meilleur choix que vous pouvez faire. En 3 semaines, j’ai repris un train de vie normal. C’est sûr que je pense encore à consommer, mais je me suis trouvé des moyens pour y penser le moins possible.

Se droguer ne fait pas du mal juste à vous, mais aussi à tout votre entourage: parents, amis, petite amie… Tout ce que ça prend pour s’en sortir, c’est la volonté et de l’appui. Arrêter de consommer, ce n’est peut-être pas si facile, mais il ne faut pas lâcher. Parce que si tu lâches, la plupart du temps, tu retombes plus fort et ça fait encore plus mal.

Cherchez de l’aide et vous allez vous en sortir comme je le fais en ce moment. Maintenant, je me sens plus libre.
Jean-Michel, Montérégie

Autres textes sur Alcool et drogue 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

orgue-classique-hip-hop-breakdance-graffiti-dj-rappeurs Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent “Le Choc des Cultures”. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

Que signifie être dépendant?

Que signifie être dépendant?

Anne-Marie Miron    Dossier Alcool et drogue.

Que signifie «être dépendant»? Comment savoir si vous ou l’un de vos proches êtes dépendant de quelque chose? Où pouvez-vous trouver de l’aide? Nous sommes nombreux à prendre part à des activités que l’on associe souvent à des comportements de dépendance ou des comportements compulsifs, des activités telles que boire ou jouer. Mais nous n’en sommes pas tous dépendants. Qu’est-ce qui caractérise un comportement de dépendance? Où commence-t-il?

Les formes de dépendance sont nombreuses. Drogues illicites, médicaments délivrés sur ordonnance, alcool et inhalants sont tous des substances dont des personnes abusent couramment. Le jeu, les relations sexuelles et le magasinage sont souvent associés à des comportements compulsifs ou à problèmes.

Pour se faire une idée plus claire de ce à quoi ressemblent les dépendances et des moyens qui existent pour les traiter, nous avons interrogé deux experts en la matière : Wende Wood du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CTSM), hôpital de référence au Canada dans le domaine de l’éducation en matière de santé mentale et de toxicomanie, et Sam Waldner, représentant des Samuel Waldner Counselling and Addiction Services, praticien privé qui propose des programmes en douze étapes (dont les Alcooliques anonymes sont un exemple célèbre).

Wood dit que l’on reconnaît un comportement de dépendance au fait qu’il affecte la vie de la personne, à un point tel que toute son énergie et son attention sont consacrées à la poursuite de ce comportement. Cela s’explique, ajoute-t-elle, par le fait que certaines activités (comme boire ou jouer) stimulent une «voie vers la récompense» dans le cerveau. En conséquence, le cerveau veut poursuivre cette activité, malgré les conséquences négatives auxquelles la personne concernée est confrontée. Le désir de «récompense» devient plus fort que l’incidence négative et c’est ainsi que le comportement se poursuit. Par exemple, une personne dépendante au jeu peut continuer à essayer d’entrer dans un casino après y avoir été interdite d’accès ou encore se faire rembourser son assurance-vie de façon à pouvoir continuer de jouer.

Waldner décrit la dépendance comme le fait d’être impliqué de façon continue dans un comportement répété à l’origine d’un certain type de conséquences négatives. Cela s’applique aussi à une personne qui continue à suivre une activité malgré ses effets nuisibles; par exemple, une personne qui n’arrête pas de fumer même si elle connaît les risques pour sa santé auxquels elle s’expose.

Waldner explique que les principales caractéristiques de la dépendance sont doubles : une perte de contrôle (le comportement de la personne devient imprévisible, comme dans le cas où la personne continue à boire malgré le fait qu’elle ait juré d’arrêter) et un fort sentiment de déni. Nier sa dépendance est un facteur puissant qui pousse la personne à ne rien changer à ses habitudes, du fait qu’elle croit dur comme fer qu’il n’y a pas de réel problème et que la prochaine fois, le même comportement produira des résultats différents. «C’est presque comme si la personne souffrait d’une sorte d’amnésie», ajoute Waldner.

Qu’est-ce qui pousse une personne à être dépendante de l’alcool et une autre à magasiner de façon compulsive?

D’après Wende Wood, des facteurs tels que l’environnement de la personne et ses dispositions génétiques peuvent jouer un rôle. Par exemple, si les parents de la personne fument, alors le fait d’être exposé à des modèles de rôles qui fument peut jouer un rôle en rendant ce comportement acceptable, ce qui prépare le terrain au moment de fumer la première cigarette. Tous les fumeurs ne deviennent pas dépendants, et il y a certaines dispositions génétiques quant à la quantité de «récompense» fournie par le cerveau, mais sans cette première exposition à la substance, on ne peut établir la voie de la récompense et la dépendance ne survient pas. Évidemment, tous les enfants de fumeurs ne deviennent pas eux-mêmes fumeurs; certains d’entre eux peuvent, en réaction à une influence de leur environnement, décider de ne jamais fumer. Wood explique aussi que la disponibilité de la substance dont la personne abuse est primordiale. Tandis que le Centre de toxicomanie et de santé mentale n’est pas d’accord avec la théorie de la voie de la récompense pour l’abus de drogue (l’usage de certaines drogues illicites comme la marijuana ou l’ecstasie est une «voie» vers l’usage de drogues plus fortes telles que la cocaïne ou la méthamphétamine), Wood reconnaît que certaines drogues illicites sont plus facilement accessibles que d’autres et donc, sont souvent la première drogue que la personne risque d’essayer. Et, avec le temps, au fur et à mesure que l’accoutumance à la drogue s’installe, la personne risque alors de rechercher d’autres types de drogues.

Sam Waldner est d’accord sur le fait que la disponibilité joue un rôle dans le développement d’un comportement compulsif ou dans l’abus d’une substance. Il ajoute que l’implication d’un pair entre également en jeu. Ce que différentes formes de dépendance ont en commun, remarque Waldner, c’est le même problème sous-jacent : un trouble de dépendance. Ainsi, bien qu’une personne puisse avoir une propension naturelle à un certain comportement (p. ex. : jouer) et commencer par manifester une dépendance dans ce domaine, le trouble a tendance à finir par se propager à d’autres activités. Autrement dit, une personne avec une dépendance au jeu peut finir par se mettre à abuser de médicaments délivrés sur ordonnance ou d’alcool.

Mais à quel moment touche-t-on le fond? Et comment les personnes en arrivent-elles là? Wende Wood met en évidence le fait que «toucher le fond» est une expression subjective. Pour une personne, tout perdre peut signifier perdre son conjoint ou sa maison, tandis que pour une autre personne, ne plus avoir de toit ne signifie pas encore qu’elle a touché le fond. Et ce à quoi «toucher le fond» ressemble dépendra naturellement de ce que la personne avait au départ. En outre, Wood explique que c’est une idée fausse de croire que l’on a besoin de toucher le fond avant de chercher de l’aide; souvent, diverses opportunités dans lesquelles la personne est disposée à recevoir ou à demander de l’aide se présentent à un moment donné.

Sam Waldner explique que souvent, la personne dépendante a besoin de commencer à ressentir la douleur qui résulte de ses actions avant de pouvoir commencer à changer quelque chose. Le processus pour ressentir cette douleur est très long, car la douleur sert souvent de stimulus au démarrage de mécanismes d’autodéfense. Ces derniers protègent et entretiennent l’amour propre (en niant que l’on est dépendant), en permettant à la personne de rationaliser et de poursuivre son comportement. Dans de nombreux cas, la perte ou la perspective de perdre une relation ou quelque chose de valeur similaire peut souvent aider la personne à reconnaître qu’il y a un problème. Des charges retenues contre la personne ou son arrestation (p. ex. : pour possession de drogues illicites ou pour conduite sous l’emprise de drogue) peuvent également contribuer à cette prise de conscience.

Waldner insiste sur le fait que généralement, la personne a besoin d’entendre le même message plusieurs fois (accompagné d’observations spécifiques) de la part de sa famille et de ses amis qui lui disent qu’ils voient un problème. Même s’il y a de fortes chances pour que cette information ne serve pas de stimulus immédiat pour chercher de l’aide, le fait de répéter le message global peut contribuer à contrecarrer la «puissante» composante du déni «bien ancré».

Surmonter sa dépendance

Surmonter sa dépendance n’est pas facile mais reste néanmoins possible. Le traitement sera composé de différents remèdes spécifiques en fonction de la nature de la dépendance ou de la substance utilisée. Cela dit, tous les traitements ont une caractéristique commune: ils doivent être des traitements à long terme. Wende Wood et Sam Waldner sont d’accord sur le fait que la dépendance est un trouble chronique pour lequel il n’existe pas de solution instantanée.

Wood souligne qu’il y a une différence entre la «désintoxication» et le traitement: la désintoxication nettoiera le système de la personne de la substance utilisée, mais c’est un traitement continu qu’il faut, notamment se faire conseiller de façon individuelle ou en groupe, enrichir ses capacités d’adaptation, et, si possible, changer son environnement social (p. ex. : changer d’amis ou déménager). Même si le médicament connu sous le nom de naltrexone (ReViaMD) peut jouer un rôle dans le traitement de la dépendance à l’alcool ou aux opiacés (il empêche les états d’euphorie), Wood constate qu’il ne guérit pas. (En général, le naltrexone ne représente qu’une partie du programme de traitement qui comprend le plus souvent des conseils ou la participation à un groupe d’entraide.) L’usage de méthadone pour aider à traiter la dépendance aux opiacés (p. ex. : héroïne, codéine ou oxycodone) est controversé : si certains trouvent que cela revient à remplacer une dépendance par une autre, le Centre de toxicomanie et de santé mentale pense qu’on peut l’utiliser sans risque au sein d’un programme soumis à une surveillance. Néanmoins, le traitement par méthadone ne guérit pas et, comme tous les traitements de la dépendance, il exige que la personne concernée prenne ses responsabilités et s’implique dans le traitement.

Waldner insiste sur le fait que si les dépendances sont chroniques par nature, il est tout à fait possible de les traiter. Tandis que le comportement à problème peut cesser avec le traitement, explique-t-il, le trouble à l’origine de la dépendance restera, de même que sa composante interne qui consiste à nier être atteint de ce trouble. Ainsi, la clé de la guérison est de continuer à croire que l’on a besoin d’aide de façon à continuer d’en chercher. Dans le cas contraire, il y a un risque de rechute. D’après Waldner, dans le cadre du modèle en 12 étapes, cela signifie «continuer à revenir en arrière», c’est-à-dire continuer à assister à des réunions comme faisant partie d’un traitement continu. Il décrit la situation comme étant semblable à celle d’une personne diabétique : même s’il est possible de parvenir à un certain contrôle de la maladie grâce à un traitement en continu, celle-ci ne disparaît pas et la personne doit entretenir activement sa «guérison» .

Où trouver de l’aide pour surmonter une dépendance?

L’aide est là, elle existe. Savoir où la trouver quand vous en avez besoin fera toute la différence.

Voici un petit échantillon des services qui existent. Pour de plus amples renseignements, cherchez en ligne les services qui existent dans votre région, ou encore consultez votre médecin, votre pharmacien, votre professeur ou votre conseiller d’orientation. Les pages bleues et les pages jaunes de votre annuaire téléphonique fournissent également des informations sur les moyens de trouver de l’aide.

Ressources: Alcool et drogue

Alberta Alcohol and Drug Abuse Commission

Alcooliques anonymes

Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies : http://www.ccsa.ca/CCSA/FR/TopNav/Home/

Centre de toxicomanie et de santé mentale

Drogue et alcool Répertoire des traitements

Jeunesse, J’écoute : 1-800-668-6868

The Motherisk Program

VOS COMMENTAIRES SUR QUE SIGNIFIE ÊTRE DÉPENDANT?

Autres textes sur Alcool et drogue 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicide Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.

VOS COMMENTAIRES SUR QUE SIGNIFIE ÊTRE DÉPENDANT?

Ma renaissance face à la drogue

Ma renaissance face à la drogue

Lucie Thiboutôt vol.13.6 Août 2005

J’ai pris les grands moyens. J’étais devenue un robot vivant pour sa drogue. Je suis allée chercher du renfort au Manoir Aylmer. Une grande joie m’habite depuis quelque temps. Tout ce bonheur grâce à un endroit où je réside, le Manoir Aylmer, à Beaulac-Garthby. Voici un bref résumé de mon vécu.

Je suis une mère de 37 ans, divorcée depuis 5 ans. J’ai 2 magnifiques enfants âgés de 12 et 14 ans que j’aime profondément. Je suis devenue dépressive à la suite de mon divorce, il y a quelques années. Je suis tombée dans l’enfer de la drogue dure. Quotidiennement, je m’injectais de la cocaïne. À plusieurs reprises, j’ai été prise de convulsions. J’ai fait 2 arrêts cardio-respiratoires, une overdose. J’étais devenue affreuse: un robot ne vivant que pour sa drogue. Je ne mangeais plus. Je pesais 93 livres. Pour payer ma drogue, je volais dans des chantiers de construction avec mon ex-chum.

Perdue dans ce trou noir, je ne voyais plus le jour. Je combattais mes envies, en oubliant mes adorables enfants et tous ceux que j’aime. J’ai blessé mes proches. Mes enfants m’ont vu me dégrader. Pire, je les ai négligés. Je ne voyais plus mon garçon, hébergé par son père. Ma fille, qui habitait avec moi, passait ses nuits seule. Elle vivait dans l’insécurité, me voyait m’enlaidir, droguée.

Jusqu’au jour où j’ai fait une crise dans la salle de bain. Mon chum m’a vue. En me brassant pour me réanimer, il m’a fracturé une côte. Il criait après moi. Ma fille se trouvait dans le salon. Elle aurait pu me retrouver… morte. J’ai réalisé que c’était devenu grave. J’en ai eu assez de vivre entre la vie et la mort. Alors j’ai pris les grands moyens. Je suis allée chercher du renfort à long terme.

Le Manoir Aylmer a sauvé ma vie. Maintenant, je renais grâce aux intervenants et à mes efforts. Après tant de difficultés, j’ai surmonté plusieurs épreuves qui m’ont fait grandir. J’ai mis une croix sur ma relation avec mon ex, une personne que j’aimais beaucoup. J’ai minimisé notre relation, associée à la drogue, aux vols. J’ai appris à ne plus accorder d’importance à mon ex-mari qui cherche à me contrôler en utilisant nos enfants et ma dépendance à la drogue. Je suis devenue plus patiente quand mon ex-mari refuse que je vois mes enfants.

Épatante

Maintenant, je suis sur le bon chemin, belle et saine. Une nouvelle personne aimable qui s’aime. Oui, enfin, je renais. Je me suis retrouvée et je me trouve épatante. J’aime la vie. Mes pensées sont aujourd’hui positives. Je crois à une vie nouvelle en harmonie avec moi-même.

Je suis fière. Je me comprends, je m’accepte et m’apprécie comme je suis, car mes comportements sont améliorés. J’accepte mes défauts, j’apprécie mes qualités. Je ne me presse plus, je vis un jour à la fois. J’ai des désirs, bien sûr, mais sans trop me hâter de les accomplir. C’est bien assez pour mon impatience!

J’ai plein d’amour pour ceux que j’aime et pour un prochain amour. Je crois aux nouvelles amies qui seront positives pour moi. Je suis consciente des efforts qu’il me faudra donner pour le reste de ma vie. Je m’éloigne de ma ville, de tout ce qui est négatif. Une nouvelle vie, c’est merveilleux!

Je suis reconnaissante au Manoir Aylmer et à ses intervenants, car sans eux et mes efforts, je ne serais pas rendue sur ce bon chemin. Je ne veux pas changer de route: c’est le chemin du bonheur. À tous ceux qui veulent se sortir de cet enfer, je leur souhaite de tout mon coeur de suivre le même chemin que moi.

Autres textes sur Alcool et drogue 

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

Merci de votre soutien.

PUBLICITÉ

apres-la-pluie-le-beau-temps-recueil-de-textes-a-mediter-croissance-personnelle Après la pluie… Le beau temps. Recueil de textes à méditer. Chaque texte révèle un message, une émotion. Un même texte peut prendre un couleur différente selon notre état d’âme.

Le livre est disponible au coût de 9,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Livres.html
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

Lettrage, bannière et T-Shirt promotionnel.