Prostitution de rue et sur Facebook (Hochelaga-Maisonneuve)

Prostitution de rue et sur Facebook (Hochelaga-Maisonneuve)

2e partie   Raymond Viger       Dossier Prostitution et sexualité, Prostitution Hochelaga

sites d'injections supervisées toxicomanie drogues injectables prostitution Nouveaux développements dans le débat touchant la prostitution de rue dans Hochelaga-Maisonneuve. Selon un nouvel article de Serge Labrosse pour le Journal de Montréal, la prochaine assemblée du Conseil municipale risque de rejoindre beaucoup de personnes.

Sur leur page Facebook, Roxanne Ringuet et Nathalie Goyette invitent les familles dérangées par la prostitution de rue à se présenter au Conseil municipale qui se tiendra le 19 janvier prochain à 19:00 heures à la Maison de la culture Maisonneuve située au 4200 Ontario est.

Réal Ménard et la prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve

Réal Ménard, le maire de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, a déclaré à l’agence de presse QMI qu’il va impliquer l’organisme communautaire Dopamine qui fait du travail de rue dans Hochelaga-Maisonneuve. Dopamine travaille notamment dans l’échange de seringues et la distribution de matériel sanitaire auprès des personnes toxicomanes. Dopamine se fait offrir le mandat de médiateur entre les familles dérangées par la prostitution et les prostituées de rue se retrouvant sur Sainte-Catherine.

La citation de Réal Ménard m’a cependant surpris et dérangé:

Si les filles ne comprennent pas, je demanderai aux policiers d’intervenir.

C’est tout de même assez drastique. On parle de personnes toxicomanes, dont certaines ont des problèmes de santé mentale. Le problème de la prostitution de rue dans Hochelaga-Maisonneuve on en parle depuis des décennies. Un projet d’intervention auprès des prostituées de Ste-Catherine avait eu lieu avec la Société des marchands de l’artère commerciale. Le rapport soulignait qu’il fallait mettre en place des outils d’intervention si on voulait arriver à un résultat. Entre autre, plus de travailleurs de rue et d’intervenants, un lieu de rencontre sur Ste-Catherine pour les prostituées… Malgré toutes les revendications rien n’a été fait dans la dernière décennie.

Site d’injections supervisées, traitement à la méthadone

Pire, Philippe Couillard ministre de la Santé s’apprêtait à ouvrir un site d’injections supervisées pour intervenir auprès des personnes toxicomanes et diminuer les irritants. Son remplaçant, Yves Bolduc recule et décide que Vancouver demeurera le seul site d’injections supervisées en Amérique du Nord. Et qu’advient-il des traitements à la méthadone?

L’an dernier, à pareil date, le GRIP, un organisme d’intervention auprès de personnes toxicomanes faisaient circuler une pétition en faveur de l’ouverture d’un site d’injections supervisées.

Si les politiciens ne comprennent pas et ne nous donnent pas les moyens pour intervenir adéquatement et efficacement sur le terrain, est-ce qu’on peut appeler la police pour intervenir?

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1ere partie Prostitution de rue dans Hochelaga-Maisonneuve et sur Facebook.

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Ex-travailleur de rue et le Insite de Vancouver, le site d’injection supervisé

Ex-travailleur de rue et le Insite de Vancouver, le site d’injection supervisé

Crédit photo Rovaro                    Dossier Ville de Vancouver, Site d’injections supervisées, Francophonie

Annie Mathieu a publié aujourd’hui un article dans La Presse sur le site d’injection supervisé de Vancouver, le Insite. Je suis cité dans l’article. Soit parce que j’arrive de Vancouver et que j’ai visité le Insite. Soit parce qu’il n’y avait pas personne d’autre 659428_42488329 disponible avant la tombée de l’article. Je suis présenté comme un ex-travailleur de rue. Ouf! Je viens de prendre un coup de vieux.

Annie Mathieu n’a pas menti. J’ai fait du travail de rue plein temps de 1992 à 1997. Avec l’ouverture du Café-Graffiti en 1997, tranquillement mes activités de travailleur de rue se sont transformées en travailleur de milieu. Aujourd’hui, je suis obligé de cumuler les fonctions de directeur de l’organisme, directeur clinique de l’intervention, rédacteur en chef, journaliste… je m’assure que les vidanges sont sorties ainsi que la récupération.

Avec les années, j’accompagne des jeunes qui ont des amis qui en connaissent d’autres… Mes présences en dehors du local pour du travail de rue puriste comme j’ai fait jusqu’en 1997 ne se font que lorsque j’ai des gens à rencontrer dans des conditions très spécifiques et très particulières.

Possiblement que cette trajectoire est la même pour plusieurs travailleurs de rue. Après un certain temps, on tombe en charge de la formation des jeunes intervenants, on continue l’intervention auprès des jeunes que nous avons adopté ainsi que de leur milieu de vie. Finalement, ça devient la chaise de directeur d’organisme. Un vieux meuble, mais encore bien utile. D’autres enseignent à l’université, ce que j’ai aussi fait pendant 5 ans avec McGill.

Donc, quand je croiserais Mme Annie Mathieu de La Presse, je lui demanderais de ne pas me présenter comme ex-travailleur de rue, mais plutôt comme le directeur de l’organisme. Un jeune directeur vaut mieux qu’un vieux travailleur de rue!

Billet sur Insite, le site d’injection supervisé. Voyage complet à Vancouver.

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Intervenir sans faire une dépression

Intervenir sans faire une dépression

Volume 15 no 3, février 2007, Raymond Viger

Ce n’est pas par égoïsme, mais si je veux demeurer un adulte responsable et significatif pour les jeunes, je dois commencer par prendre soin de moi. Si je quitte le travail à cause d’un épuisement professionnel, tous les jeunes que j’accompagne vont vivre le deuil de mon départ. Le travail que j’aurai accompli n’aura servi à rien et un nouvel intervenant devra tout recommencer à zéro.

Il m’arrive régulièrement d’avoir à soutenir un intervenant, épuisé, essoufflé. La langue qui traîne par terre. L’épuisement professionnel guette plusieurs de nos aidants.

Mais comment prendre soin de soi quand on travaille dans le communautaire, avec un salaire possiblement très inférieur à ce que l’entreprise privée ou la fonction publique peut offrir et que l’horaire de travail ne semble plus vouloir finir?

Quelques trucs de base:

Accepter que la souffrance humaine est grande et que nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans la vie de tous ces jeunes que nous côtoyons. Nous ne sommes pas LA seule ressource que le jeune a eue dans sa vie. Il en a peut-être eu 22 avant nous. Et il y en aura sûrement encore plusieurs après nous. Quand nous accompagnons un jeune, nous lui donnons le meilleur de nous-mêmes, mais nous ne sommes pas responsable de son cheminement. C’est à lui de faire son cheminement avec les outils que nous lui offrons.Développer un réseau de soutien personnel et professionnel autour de soi. Nous ne travaillons jamais seul sur le terrain. Nous devons être entourés par des gens de confiance qui peuvent écouter notre propre souffrance, nous aider à définir nos limites et les respecter, nous aider à nous ressourcer… Un ami de confiance, un collègue de travail ou même un intervenant du CLSC… Notre santé mentale et psychologique est importante, si on veut pouvoir continuer à être un aidant.

Savoir mettre ses limites et prioriser nos actions. Les jeunes sont souvent en crise et à la dernière minute. Parfois, quelques instants avec le jeune pour dédramatiser la situation nous permettent de prendre rendez-vous avec lui pour le lendemain. Il faut apprendre aux jeunes que la vie n’est pas toujours instantanée. Il doit apprendre un minimum de planification. Et nos limites doivent aussi se poser vis-à-vis de nos bailleurs de fonds ou partenaires. Je me souviens d’une période où je faisais du travail de rue et que je terminais vers 5 heures du matin. Le CLSC et la régie régionale me demandaient d’assister à des rencontres à 9 heures le matin. Et je dors quand dans tout cela? Les partenaires doivent s’ajuster à notre rythme ou demander que quelqu’un d’autre nous représente à ces réunions.

Trouver des moyens pour se valoriser. Notre travail est important. Souvent, les résultats sont à long terme. Dans certains cas, nous ne les verrons même pas. Nous devons nous équiper pour vivre des satisfactions dans le devoir accompli.

Se réserver du temps, des activités pour notre créativité personnelle et notre réseau social. Un souper en tête-à-tête avec sa conjointe, une marche dans la forêt avec nos enfants, une balade en auto sans savoir où l’on va, jouer de la musique, écrire de la poésie… Faire quelque chose juste pour soi et pour les êtres que nous aimons autour de nous. Et n’oubliez pas de le mettre dans votre agenda, en rouge, soulignez 3 fois à l’encre indélébile. Si on ne peut pas respecter ces rendez-vous avec soi-même, qui va le faire?

1095705_83196012 Ressources:

Pour le Québec: 1-866-APPELLE (277-3553). Site Internet. Les CLSC peuvent aussi vous aider.

La France: Infosuicide 01 45 39 40 00. SOS Suicide: 0 825 120 364   SOS Amitié: 0 820 066 056

La Belgique: Centre de prévention du suicide 0800 32 123.

La Suisse: Stop Suicide

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Paparazzis vs junky

Paparazzis vs junky
Alain Martel
juin 2007

Voici une histoire qui me fait dresser les poils sur les bras. Par souci de sécurité pour mes collègues travailleurs de rue, je tairai les noms des personnes impliquées et celui de la ville.

Je dois d’abord dire qu’à peu près partout au Québec les travailleurs de rue font partie d’un programme d’échange de seringues. Ils rencontrent des consommateurs, récupèrent leurs seringues usagées, en donnent des propres. Ils s’intéressent également à leur santé et à des aspects plus personnels de leur vie. Ils les côtoient de façon régulière pour leur permettre de s’exprimer sur leur vie. Si les UDI (usagers de drogues injectables) le veulent bien, ce lien leur permet d’améliorer leur qualité de vie. Un pas à la fois.

Donc, mon histoire se déroule dans une ville en région. Une personne est évincée de son appartement. Les propriétaires le vident et mettent les effets sur le trottoir. Des passants regardent dans les tiroirs. SCANDALE! Des seringues. Un paquet de seringues. Des tonnes de seringues dans le tiroir de la commode. Jusqu’à ce moment, rien de surprenant: la drogue existe aussi en région. Mais, ça finit par se compliquer rapidement… On alerte les médias.

Voyeurisme médiatique

Des journalistes veulent aussitôt en savoir plus. Quoi de plus? Je ne le sais pas. Ils poursuivent les travailleurs de rue dans l’exercice de leur fonction pour avoir des informations. Des photographes dans les buissons sont là pour saisir des photos sensationnelles et choquantes de jeunes consommateurs. Des épisodes dignes des meilleurs James Bond.

Les travailleurs de rue sont obligés de cacher ceux qu’ils accompagnent, les dissimulent sur la banquette arrière de leur voiture, font plusieurs détours pour s’assurer que personne ne les suit. Des journalistes essaient de les piéger afin de prendre de meilleures photos, d’avoir le scoop. Comment ces actions servent-elles la santé publique? En quoi ces photos sont-elles d’intérêt public?

Ces photos et ces reportages sont très dangereux pour le travailleur de rue, puisque la confidentialité et l’anonymat sont des éléments essentiels pour sa survie dans le milieu. Ils mettent ainsi en péril la santé de dizaines de consommateurs de drogues injectables qui pourraient ne plus vouloir être en contact avec les travailleurs de rue. Les journalistes révèlent des infor-mations si banales pour la seule petite gloire de se faire remarquer dans leur communauté! Ils mettent ainsi la vie de plusieurs personnes en danger.

Fausse nouvelle

Apprendre l’existence de la drogue en région n’est pourtant pas une grosse nouvelle! Eh oui, des gens s’injectent ailleurs qu’à Montréal! Oui, les problèmes sont les mêmes dans les régions que dans les gros centres urbains. La seule différence est le nombre de consommateurs, qui est moins grand. Ils nécessitent donc la même attention et la même compassion. La sauvegarde de la dignité humaine est une valeur importante pour les travailleurs de rue. Quand des journalistes agissent ainsi, j’ai peine à croire que leur considération est humaine.

Une fois la crédibilité du travailleur de rue entachée, c’est très difficile pour lui de se relever. C’est un dur combat, parce que sa réputation est à refaire. Le milieu de la drogue est dangereux. La relation du travailleur de rue avec celui-ci repose sur un respect et une confiance réciproques. Les UDI qui utilisent ces services sont aussi en danger. S’ils n’ont plus confiance, ils n’utiliseront plus les services d’échange de seringues.

Savez-vous combien coûte au système de santé une personne atteinte du VIH? Une fortune! Combien de personnes n’auront pas le VIH grâce aux travailleurs de rue?  Alors, au lieu d’encourager des journalistes et des photographes qui ne cherchent qu’à impressionner le public et à le choquer, il faut se réjouir que des travailleurs de rue continuent d’œuvrer auprès des plus démunis et des exclus de la société. Il faut arrêter le jeu de fous auquel se livrent certains journalistes. Il n’y aura jamais de gagnant.

Merci de me lire. Merci de me publier.

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Les marginaux, les régions et les ressources

Les marginaux, les régions et les ressources

Début des années 90, avec notre travail de rue, nous évaluons que 60% des jeunes de la rue dans le centre-ville de Montréal proviennent des régions.

Ces jeunes veulent vivre leur marginalité. C’est dans le centre-ville de Montréal que l’on peut retrouver l’anonymat ainsi que les ressources pour les accueillir.

En 2006, changement dans les donnés. Les régions commencent à s’organiser avec des travailleurs de rue et des ressources adaptées à la marginalité.

Les jeunes marginaux ont-ils moins tendances à venir à Montréal pour vivre leur marginalité? Est-ce que les ressources pour les jeunes marginaux, si elles se contentent de n’offrir que des services à ces jeunes ne font que les regrouper? Comment aider ces jeunes à vivre cette étape comme une transition et non pas une finalité?

Voilà maintenant les défis qui attendent les régions.

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Salut à mon amie Marie-Louise

Salut à mon amie Marie-Louise

Alain Martel, travailleur de rue Montérégie.

Volume 14.6, août 2006

Dans le merveilleux monde de l’intervention et du travail de rue, on a la critique facile quand ça touche les institutions. Les CLSC, par exemple. On les dit fermés, mal adaptés, pas commodes, comme notre système de santé. On pourrait en écrire davantage. Mais, à un certain moment donné, on rencontre des individus qui changeront ces perceptions à jamais. Marie-Louise Côté a été une de ces personnes, pour moi.

Marie-Louise a été une organisatrice communautaire chevronnée. Je dis qu’elle l’a été parce que, ce 27 juin, j’assistais à son dîner de retraite. Femme de caractère, organisée, intelligente, et ce ne sera pas ce que je retiendrai le plus d’elle. Ce sont ses qualités humaines qui demeureront dans ma mémoire.

J’ai rencontré Marie-Louise quand on m’a assigné à la table de concertation jeunesse de Brossard. Je venais à peine d’être promu coordonnateur du travail de rue pour le Carrefour Jeunesse Rive-Sud. J’arrivais avec un bagage de douze années de travail terrain et j’assistais à ma première table de concertation officielle. J’avais l’habitude de repasser dans ma tête chaque commentaire qui me venait à l’esprit. Je trouvais ça plate, ces réunions-là. Et les deux animatrices, les deux Maries (je vous salue Marie pleines de grâce…) rigolaient. Marie-Louise a senti qu’il lui fallait un genre d’animation qui saurait attirer mon attention et pour me mener dans une sphère de réflexion mieux organisée sans déshumaniser le résultat. Elle a su le faire avec sa collègue Marie-Claude.

Marie-Louise est une femme profondément humaniste. Sans préjugés. Pour vrai. Elle n’a pas de préjugés. Elle veut être proche des gens. Elle aurait pu monter dans la hiérarchie, mais ça l’aurait éloignée des gens. Elle a décidé d’influencer les décideurs par son analyse et son ardeur à promouvoir les bonnes conditions humaines. Elle est sensible à la condition des gens. Elle partage volontiers ses idées et son énergie. Elle a compris la nécessité et l’utilité de la concertation, du travail d’équipe. Elle a réussi à nous mener dans une forme de concertation où l’être humain qui recevait les services prenait la place qui lui revenait. Je pense qu’elle a influencé l’ensemble de la table. Elle a laissé un riche héritage à Chantal, sa digne successeure.

Ce que je retiendrai, donc, c’est sa patience angélique. Elle a su me comprendre et m’attendre dans mon développement. Son regard. Quand elle trouvait que je dépassais les bornes, elle n’avait qu’à me lancer ce regard. Ceux qui l’ont reçu savent de quoi je parle. Par ce seul regard, accompagné d’un sourire diabolique, je comprenais que c’était le temps de me la fermer. Elle a toujours su reconnaître le potentiel des gens. Heureusement pour moi. Et finalement, sa grande fidélité. Comme dit la chanson, quand elle aime une fois, elle aime pour toujours! Heureusement pour moi. Merci pour tout ça.

Cherchez donc qui est votre Marie-Louise. On en a tous une. Prenez la chance de la remercier comme il se doit. Salut à mon amie Marie-Louise. Merci de me lire. Merci de me publier.

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