Immobilisme des élus devant l’explosion des budgets d’infrastructures

Ariane Aubin                              Dossier Économie, Ville de Montréal

Immobilisme des élus devant l’explosion des budgets d’infrastructures

Y a-t-il encore quelqu’un au Québec qui prenne au sérieux les estimations initiales qui nous sont fournies lorsqu’un grand chantier est mis en branle? Qu’on se souvienne des frais de construction du métro de Laval, qui avaient crû de 350% entre les premières projections de coûts et la facture finale. Ou alors des 25 millions supplémentaires que coûtera la construction du nouveau tronçon de l’autoroute 25, réalisé en partenariat public-privé.

Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d’autres des dépassements budgétaires qui ont été associés aux principaux projets d’infrastructures des dernières années. Respecter un budget ne semble plus être un critère pour les contracteurs, privés ou publics. C’est pourtant l’argent des contribuables que l’on dépense. Minimalement, ces derniers devraient pouvoir s’attendre à un brin d’indignation de la part de leurs élus devant cette technique de plus en plus répandue. Idéalement, ces mêmes élus devraient plutôt se pourvoir des moyens nécessaires pour que cessent les abus.

La semaine dernière, la présidente du Conseil du Trésor Monique Gagnon-Tremblay annonçait pourtant à la Presse avec une étonnante «zénitude» que la reconstruction de l’échangeur Turcot allait manifestement coûter de une fois et demie à deux fois plus cher que le 1,5 milliards de dollars prévus, rapporte dans sa dernière chronique Jean Gagnon. Elle trouverait cette inflation soudaine «normale».

Le processus même de l’appel d’offre étant basé sur la crédibilité relative des projections budgétaires (le contrat revient souvent au plus bas soumissionnaire) fournies par les contracteurs participants, n’est-il pas au contraire inquiétant que ces projections soit volontairement sous-estimées? N’est-il pas troublant que ces dépassements budgétaires systématiques ne soient pas dénoncés par nos élus?

VOS COMMENTAIRES SUR LA SOUS-ESTIMATION DES COÛTS DE LA CONSTRUCTION À MONTRÉAL

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Équiterre: Opposition au plan de réfection de l’échangeur Turcot

Équiterre: Opposition au plan de réfection de l’échangeur Turcot

DOSSIER ÉQUITERRE, Ville de Montréal

Montréal, le 8 mai 2009 – Si l’échangeur Turcot suscite actuellement beaucoup de débats, un élément central rallie à la fois les groupes environnementaux, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec: la nécessité de procéder à sa réfection. Là où il n’y a pas consensus, c’est bien dans la manière de le reconstruire.

Un plan de réfection qui ne fait pas l’unanimité

Monsieur René Vézina, dans son blogue sur l’économie québécoise du 8 mai, intitulé «Steven Guilbeault en met trop», prétend qu’il y a exagération quant à l’opposition faite au réaménagement de l’échangeur Turcot. Or, les faits démontrent clairement que le plan que propose le ministère des Transports du Québec est bien loin de faire l’unanimité.

Les élus de la Ville de Montréal, qui ont pour mission de représenter les Montréalais, se sont ouvertement opposés en novembre dernier au plan que proposait le gouvernement pour la réfection de l’échangeur Turcot. Le Maire Tremblay demandait entre autres «que le projet ne soit pas conçu uniquement comme un corridor routier, mais comme un véritable projet urbain intégré à son milieu» et souhaitait «que ce projet devienne une référence en matière de performances environnementales, de transfert modal vers le transport collectif, d’amélioration de la qualité de vie et de réduction des gaz à effet de serre».

Transports en commun

Selon un sondage Léger Marketing, 76 % des résidents de Montréal interrogés affirmaient vouloir privilégier le développement des transports en commun pour résoudre les problèmes de mobilité à Montréal. Équiterre considère donc qu’il est nécessaire et justifié de s’opposer au plan que propose le ministère des Transports pour la réfection de l’échangeur Turcot, un plan créé et proposé par un groupe de spécialistes qui n’a pas mené de réflexion sur les enjeux de transport de Montréal depuis 2001, il y a presque une décennie.

Selon Équiterre, il y a ainsi un énorme fossé entre ce que désirent les Montréalais pour cet énorme chantier et ce que propose le ministère pour l’instant. Équiterre considère ainsi qu’il y a nécessité de reconstruire l’échangeur Turcot, mais pas à n’importe quel prix et pas n’importe comment.

D’autres textes sur l’échangeur Turcot:

Le combat en Aérosol d’Arpi

Arpi au service de la lutte citoyenne

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Échangeur Turcot: un graffiteur et son combat en aérosol

Échangeur Turcot: Arpi le graffiteur et son combat en aérosol

François Richard         Dossier GraffitiVille de Montréal

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L’échangeur Turcot, un imposant tronçon d’autoroute sur pylônes du sud-ouest de Montréal, sera démoli au cours des prochaines années et remplacé par une autoroute au niveau du sol. Le peintre et graffiteur Arpi, qui a décoré la structure de béton d’un grand nombre de ses œuvres au cours des dernières années, utilise désormais son art pour sensibiliser la population aux impacts négatifs du projet sur la vie des gens habitant les quartiers environnants.

Sous l’échangeur Turcot, de vastes espaces ceinturés de colonnes de béton, de structures ferroviaires, d’entrepôts et d’usines plus ou moins abandonnées  sont laissés à la créativité des nombreux graffiteurs qui y exercent leur art. Arpi a fréquenté le lieu au cours des six dernières années pour y peindre. «C’est un endroit qui offre une grande visibilité pour un graffiteur. La structure est immense et il y passe des milliers de voitures par jour.» L’artiste a décidé, au cours des derniers mois, de prendre du recul et s’est mis à utiliser l’autoroute surélevée comme modèle pour ses peintures sur toile plutôt que comme surface sur laquelle peindre. «Avec un ami, nous cherchions un sujet, afin de réaliser une exposition thématique. Je connaissais bien les pylônes de l’échangeur Turcot pour y avoir souvent peint.»

La démolition de l’échangeur Turcot: les artistes et les citoyens touchés

Le caractère public et inutilisé des pylônes qui soutiennent l’échangeur en font selon lui un lieu idéal pour les artistes de la peinture en aérosol. «Moralement, les gens sont à l’aise d’y peindre, puisque le site n’appartient à personne en particulier. Même les employés de la voirie qui passent près de nous lorsque nous peignons nous laissent généralement faire.»    

En faisant des recherches afin de préparer l’exposition, Arpi prend conscience de l’ampleur du projet de démolition de la structure sur le quartier et ses habitants. «Les rues seront coupées les unes des autres, il y aura de la poussière et des gens seront expropriés. En raison des structures au sol, le quartier sera moins accessible qu’avant. Je ne comprends pas que quelqu’un puisse encore vouloir habiter là.» 

Solidarité avec les résidants

Au cours de sa réflexion, le peintre assiste à une soirée d’information organisée par des opposants au projet et prend partie en faveur de ces derniers. Il décide alors d’entrer en contact avec les militants du Comité des citoyens du village des tanneries, un groupe de résidants du quartier Saint-Henri qui sera affecté par les travaux.

Son plan? Utiliser l’exposition qu’il prépare sur l’échangeur Turcot afin de médiatiser les impacts sociaux et environnementaux du projet. La résidante du village des tanneries et militante Jody Negley a sauté sur l’occasion. «Nous étions ravis que quelqu’un ait saisi l’opportunité offerte par la beauté de la structure. Les gens n’associent l’échangeur Turcot qu’à la pollution et aux voitures. En travaillant avec des artistes, nous pouvons sensibiliser plus de gens à notre cause, des gens plus intéressés par l’art que par l’air.»

L’art comme moteur de médiatisation

Les opposants au projet ont donc commencé à visiter l’exposition, qui s’est déroulée au cours du mois de décembre 2008, afin de voir ses œuvres. «Ça médiatise la cause. Il faut que tous les moyens soient utilisés, autant l’art que les médias», juge Arpi. L’artiste de 25 ans a pris part à des rassemblements de militants afin d’y présenter ses toiles et d’échanger avec les citoyens sur un sujet qu’il a maintenant à cœur. «C’est une question qui me touche. Surtout le gaspillage d’argent public et les problèmes environnementaux que ça implique.»

Désillusion politique

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Bien qu’il compte poursuivre son travail de sensibilisation, Arpi se fait peu d’illusions quant aux chances de succès des opposants. Le fait que les plans du  gouvernement aient été rendu publics avant même le début des audiences environnementales lui laisse un goût amer en bouche. «Je suis désillusionné par la façon d’agir du gouvernement dans ce dossier. Tout est décidé d’avance. Il n’y a pas de démocratie.»

Le site pourrait selon lui être développé de façon beaucoup plus profitable pour les gens qui habitent les environs. «Au début du vingtième siècle, il y avait un lac dans ces parages, et des marécages. Il y a plein de possibilités de l’utiliser autrement, pour les cyclistes et les piétons.» Devant le peu de chances que le projet d’autoroute arrêté par le gouvernement québécois soit modifié en profondeur, Arpi se permet tout de même d’espérer que des fragments de l’ancienne structure soient préservés. «Ça serait bien de conserver au moins quelques pylônes debout, en guise de rappel, une espèce de galerie d’art extérieure.» Si les impacts sociaux et environnementaux du projet ne peuvent être évités, les dommages artistiques n’ont pas à être, eux aussi, très élevés.

Encadré: Le projet de démolition de l’échangeur Turcot

Inauguré en 1967, l’échangeur Turcot relie les autoroutes 15, 20 et 720, facilite l’accès au pont Champlain et est le principal lien routier entre le centre-ville de Montréal et l’Aéroport International Pierre-Elliot-Trudeau. La structure sur pylônes, haute de 18 à 30 mètres, enjambe l’ancienne gare de triage Turcot, le canal Lachine, ainsi que plusieurs rues du sud-ouest de Montréal. Le débit de circulation y est de 280 000 véhicules par jour.

Le ministère des Transports du Québec compte remplacer l’échangeur par des tronçons routiers au sol, suivant sensiblement le même tracé que la structure actuelle et permettant le passage du même nombre de véhicules. Les travaux doivent s’échelonner de 2009 à 2016 et coûter 1,5 milliard de dollars.   

La démolition de l’échangeur est rendue nécessaire par l’effritement du béton de la structure. En 2007 seulement, 500 réparations, au coût de 12 millions de dollars, ont dû être effectuées afin de garantir la sécurité des automobilistes. 

Des opposants au projet

De nombreux opposants au projet se sont réunis sous la bannière de Mobilisation Turcot, une association de groupes, élus et citoyens du sud-ouest de Montréal. Ils disent craindre l’expropriation de 150 à 160 logements dans la foulée des travaux, ce qui obligerait jusqu’à 400 personnes à devoir se reloger, selon la militante Jody Negley.

Les membres de Mobilisation Turcot souhaitent que le projet gouvernemental soit revu de fond en comble. Ils exigent une diminution importante du débit de circulation automobile dans le secteur, plutôt que le maintien des capacités de la structure actuelle.

La suite de ce reportage demain, sur le blogue du Journal de la Rue/Reflet de Société

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti (514) 259-6900

Photos de Murales et fresques urbaines.

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