Le Net en temps de guerre!

Le Net en temps de guerre!

Matthieu Burgard

 

(Agence Science-Presse) – Devant l’impossibilité d’effectuer des fouilles sur le terrain, des archéologues australiens ont identifié 463 nouveaux sites archéologiques au sud-ouest de l’Afghanistan… grâce au logiciel Google Earth!

Confinés dans leur laboratoire depuis 2007, le doctorant David Thomas et ses collègues de l’Université La Trobe à Melbourne se sont heurtés à de multiples problèmes administratifs et de sécurité, les empêchant de travailler hors de Kaboul, la capitale afghane. Voulant explorer le site archéologique de Jam – classé patrimonial par l’UNESCO — sans être accompagnés par un contingent armé, ils s’en sont vus refuser l’accès par le gouvernement local.

Menaces terroristes

La route menant à Jam étant particulièrement dangereuse et la garde armée faisant des scientifiques des cibles de prédilection pour les milices terroristes, l’équipe de chercheurs a préféré rester dans son laboratoire. Frustrés, les archéologues se sont mis à explorer le site sur leurs ordinateurs, à l’aide du logiciel de localisation. Ils y ont découvert des vestiges de villages, des mosquées, des fortifications, des canaux d’irrigation et de camps nomades datant possiblement de la dynastie Ghaznavide (entre le 10e et le 12e siècle). Les chercheurs souhaitent évidemment retourner rapidement à Jam pour préserver du pillage le riche héritage de cette région.

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Artistes des cavernes en Afghanistan

Artistes des cavernes en Afghanistan

Sylvain Sarrazin – Agence Science-Presse

En 2001, les talibans ruinaient une parcelle du patrimoine historique mondial en détruisant les statues de bouddhas érigées à Bamiyan, en Afghanistan. Mais les géants de pierre ne sont pas les seuls à s’être écroulés. Derrière eux, furent découvertes des grottes arborant des fresques murales qui ont ébranlé notre connaissance des origines de la peinture à l’huile. De nouvelles questions s’esquissent encore à leur sujet, tandis que les chercheurs tentent de faire sauter les derniers verrous de leur passé.

Artistes bouddhistes

Yoko Taniguchi, du National Research Institute for cultural properties du Japon, restaure actuellement ces œuvres sous la tutelle de l’UNESCO. Datées du Ve au IXe siècle, elles représentent principalement des scènes bouddhiques. À des fins d’identification historique, mais aussi pour adapter au mieux la technique de restauration, d’infimes fragments ont été transmis à l’Installation européenne de rayonnement synchrotron à Grenoble, un centre de recherche spécialement équipé pour des analyses délicates.

Les éléments de ces peintures bouddhiques se sont fait toutefois un peu prier à livrer leurs secrets, à en croire Marine Cotte, chercheuse au laboratoire du Centre de recherche et de restauration des musées de France: « D’une part, ces peintures sont composées à la fois de pigments et de liants organiques, d’autre part, il s’agit bien souvent d’une stratigraphie. » Cela signifie que plusieurs couches se superposent, rendant ardue leur analyse séparée.

Invention de la peinture à l’huile

Et face aux résultats obtenus dès les premières analyses, difficile de rester zen. En effet, les infrarouges ont détecté, parmi les liants organiques, la présence d’huile. De quoi faire grincer les dents des Européens, qui s’étaient approprié l’invention de cette technique de peinture, au XIVe siècle. « Clairement, ce procédé était utilisé ailleurs bien avant », conclut Mme Cotte. Des noix ou des graines de pavot pourraient avoir été utilisées comme base de fabrication.

Les œuvres bouddhiques retrouvées donnent encore matière à méditation. L’équipe de recherche tente désormais de révéler les techniques de composition employées, afin de savoir par exemple comment les ingrédients ont été mélangés. « On connaît la matière, on veut connaître la manière », philosophe Mme Cotte.

Autre question centrale à clarifier, les divergences de qualité entre les pigments. Les analystes ignorent encore s’il s’agit d’un acte volontaire du peintre ou d’une réaction chimique.

Si les voies du Bouddha sont impénétrables, le secret de ses représentations picturales devrait être élucidé d’ici la fin de l’année.

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Journée internationale de la Terre

Journée internationale de la Terre Isabelle Burgun

Agence Science Presse, dossier réchauffement de la planète.

Irremplaçable maison de l’humanité, la Terre sera célébrée le 22 avril prochain par la Journée internationale de la Terre. Cette journée particulière s’inscrit au sein d’une Année internationale qui lui est dévouée.

Pour souligner cette journée, l’Agence Science-Presse a rejoint : Michel Jébrak, professeur au département des Sciences de la Terre et de l’atmosphère de l’UQAM et représentant du Québec au comité canadien pour l’Année Internationale de la planète Terre proclamée en 2008 par l’UNESCO.

ASP — Pourquoi avez-vous accepté d’être le représentant du Québec pour l’Année internationale de la planète Terre ?
Michel Jébrak — Tout simplement parce que je souhaite sensibiliser tout le monde aux grands enjeux de notre planète… on n’en a pas de rechange ! Pour la journée du 22 avril, le Canada s’est choisi cinq thèmes qui dessinent la Terre: environnement, eau, énergie, ressources et risques naturels.

ASP — Les sciences de la Terre sont un vaste chapeau qui regroupe plusieurs disciplines, comment nous touchent-elles dans notre quotidien?

MJ — Le logo de l’Année internationale représente les différentes zones de notre planète:

– Rouge pour la planète profonde, qui nous affecte par ses mouvements (séismes, tsunamis, volcans) et nous fournit ses ressources non renouvelables. C’est le domaine de la géologie, de la géodynamique;

– Bleu pour l’océan et ses richesses, ses courants qui gouvernement les pêches; c’est le domaine de l’océanographie;

– Bleu clair pour l’atmosphère, avec les changements climatiques, la météo;

– Vert pour la vie.

Nous sommes les enfants de la Terre, et cela nous touche tous les jours.

ASP — Dans quels domaines scientifiques le Canada et le Québec possèdent-ils de l’expertise?

MJ — Le Canada a une très bonne expertise dans plusieurs grands domaines, tels que :

— Les ressources minérales. Nous sommes un grand pays producteur de quantité de métaux de base (nickel, cuivre, etc.) et précieux (or et platine), de produits minéraux, de pétrole, d’uranium et même de diamants — le 3e producteur mondial!

— L’environnement, en particulier dans le domaine des l’étude des lacs, aussi bien naturels que des barrages. Le Canada possède le tiers des ressources en eau douce de la planète; nous travaillons beaucoup à les préserver.

— La datation des roches : nous avons les meilleurs laboratoires du monde dont le GEOTOP à l’UQAM.

— Les changements climatiques, avec par exemple le centre Ouranos à Montréal.

ASP — Quelle est la contribution canadienne à l’avancement des sciences de la Terre et ses principales recherches actuelles?

MJ — Il est difficile de résumer en quelques lignes les travaux de toute une communauté. Savez-vous par exemple que les plus vieilles roches du monde ont été découvertes au Québec? Que la connaissance du passé récent, le Quaternaire, y est l’une des plus avancée du monde? Qu’un réseau de senseurs ausculte en permanence le fond du Pacifique au large de Victoria?

ASP — Quels sont les principaux enjeux et défis des sciences de la Terre?

MJ — On manque terriblement de géologues et de personnel à tous les niveaux; on s’arrache les étudiants alors qu’ils ont à peine fini leurs études… et les salaires n’ont jamais été aussi bons. Le problème, c’est que ça prend du temps à former un géologue, au moins trois ans, et l’on en a besoin maintenant.
ASP — On parle souvent d’épuisement des ressources. Quelle est la situation au Canada?

MJ – Le Canada a des ressources immenses, mais il a négligé de les renouveler il y a une dizaine d’années. Ce qui fait que plusieurs mines importantes ont fermé et que la production a parfois baissé. Les découvertes actuelles laissent penser que nous rétablissons la situation. Il faut comprendre que la notion de ressources dépend du prix; quand les prix sont élevés, comme aujourd’hui, on peut exploiter beaucoup plus de ressources et mieux les gérer sur tous les plans.

ASP — Pensons-nous également économie durable en matière d’exploitation? Existe-t-il un virage vert?

MJ — Oui, très net, mais pas encore assez rapide. Les compagnies font des efforts; par exemple, des compagnies québécoises ont créé un fond pour nettoyer le Nord-du-Québec des déchets laissés par d’autres compagnies il y a longtemps. Il faut poursuivre cet effort et l’accélérer. Et il faut aussi responsabiliser l’ensemble du public en terme de gaspillage, de recyclage ainsi que de comportement économe d’énergie et de ressources.

Pour en savoir plus

22 avril, Journée internationale de la Terre :

http://ww2.earthday.net

2008, Année internationale de la planète Terre :

http://www.iypecanada.org

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Deux nouvelles vedettes à Miguasha

Deux nouvelles vedettes à Miguasha
Isabelle Burgun – Agence Science-Presse

Le poisson fossile le plus célèbre de la planète, l’Eusthenopteron, a fait des petits. Le parc national fossilifère de Miguasha, en Gaspésie, compte aujourd’hui deux autres spécimens rares, un Bothriolepis canadensis et un Eusthenopteron foordi. Deux témoins de l’ère du Dévonien, l’âge des poissons.

«Ce sont des spécimens rares, exceptionnellement bien conservés. Tout est en place : crâne, nageoires…C’est la première fois en 27 ans que je rencontre un si bel état de fossilisation», rapporte Norman Parent. Il a fallu deux ans de travail minutieux au technicien en paléontologie pour libérer de leur ganse de sédiments les deux nouvelles vedettes de Miguasha.

Ce qui rend ces fossiles si précieux, ce n’est pas leur caractère unique — le musée en possède d’autres exemplaires, mais plutôt leur extraordinaire conservation en 3D. «Ils ne sont pas écrasés comme ceux que l’on rencontre habituellement. La forme du crâne est parfaite, tout comme l’ossature», s’exclame Paul Lemieux, directeur adjoint du parc.

La vie, la vie… il y a 380 millions d’années !
Trouvés dans un ancien chenal en 2006 par le patrouilleur Jason Willet, ces deux spécimens illustrent les rouages de l’évolution, il y a 380 millions d’années. Le plus célèbre, celui de l’Eusthenopteron foordi, connu aussi sous le nom du «Prince de Miguasha», témoigne de la transition entre poissons et tétrapodes.

Cette nouvelle trouvaille apporte même son lot de surprises surtout dans le cas du Bothriolepis canadensis. Ce poisson que les paléontologues pensaient plat depuis plus de cent ans de fouilles, possède une épaisseur de 6 ou 7 cm. Ce spécimen confirme donc pour la première fois l’hypothèse soutenue par certains chercheurs sur la morphologie différente de ce poisson à carapace.

Actuellement exposés dans le hall du musée fossilifère, les deux nouveaux spécimens rejoindront bientôt l’exposition permanente. Mais ces vedettes pourraient aussi engendrer de futurs travaux de recherche en raison de leur exceptionnelle fossilisation. «Si toute la structure interne des spécimens est intacte, ce que l’on ignore pour l’instant, cela pourrait amener de nouvelles données pour la recherche en paléontologie», relève Paul Lemieux.

Voilà de nouveaux trésors à ajouter à ceux déjà présents dans le livre paru en 2002 : Le parc de Miguasha. De l’eau à la terre, par Richard Cloutier, Édition MNH. (Voir cette recension : http://www.sciencepourtous.qc.ca/bulletin/2002/75/article2.html). Le centre d’interprétation géologique célébrera 30 ans en 2008, gageons que les deux nouveaux spécimens y trouveront une place de choix !

Encadré

Une renommée mondiale
Le parc national de Miguasha figure sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis novembre 1999 (http://whc.unesco.org/fr/list/686) et est considéré comme le site fossilifère le plus important au monde de l’ère du Dévonien — l’âge des poissons (- 400 à – 362 millions d’années).

Ses falaises grises renferment des spécimens de cinq des six groupes de poissons fossiles, dont de nombreux Sarcoptérygiens. Symboles du passage de la vie aquatique à la vie terrestre, il s’agit des ancêtres à nageoires des premiers vertébrés terrestres, les tétrapodes. Ces derniers seront ceux qui parviendront à se hisser hors des eaux lors de la période du Carbonifère.

Références

Site de Miguasha :
http://www.sepaq.com/pq/mig/fr/

«Les vies anciennes : chroniques de paléontologie canadienne» sur le site du ministère des Ressources naturelles du Canada :
http://gsc.nrcan.gc.ca/paleochron/22_f.php

«Du Silurien au Dévonien : les sorties des eaux» par Jean-Yves Dubuisson, chercheur du CNRS:
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap2/dubuisson.html

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À la rencontre des Kallawaya, la médecine traditionnelle bolivienne menacée

 
 

À la rencontre des Kallawaya, la médecine traditionnelle bolivienne menacée

Agence Science-Presse, Mélanie Robitaille

Il se cache, dans les hameaux entourant le village Charazani, un trésor en voie de disparition. C’est à cet endroit, au milieu des Andes boliviennes, que vivent la plupart des derniers Kallawaya, ces médecins herboristes traditionnels, reconnus par l’UNESCO depuis 2003, comme patrimoine oral et immatériel.

Environ 80 % de la population bolivienne aurait consulté, au moins une fois dans sa vie, un Kallawaya. Les gens s’y réfèrent pour leur approche plus cohérente avec leur culture que la médecine contemporaine, pour le prix plus abordable, pour la langue et les croyances communes.

Leur approche se base sur des connaissances et des croyances pour prévenir, diagnostiquer et traiter les maladies. Selon eux, la santé passe par l’association du monde spirituel et de la nature, d’où leur grande dévotion envers la Mère Terre, la Pachamama. Elle leur procure ce dont ils ont besoin, les herbes et plantes médicinales poussant naturellement en abondance.

Un traitement prodigué par un Kallawaya demande ainsi foi et patience. Selon ces médecins, la guérison est d’abord un état d’esprit. Ils considèrent dans leur traitement les aspects physique, émotionnel, psychologique et spirituel des malades et leur associent plantes, psychothérapie et rituels d’offrandes.

Selon le ministre Victor Cáceres, responsable de l’éducation et des sciences, ce respect de la nature fait partie de la culture bolivienne. Et les savoirs ancestraux des herboristes sont la fierté du pays. Il nomme même la médecine traditionnelle comme leur expertise scientifique distinctive.

Une médecine qui se fragilise

Chacun des villages de la région a son école Kallawaya. La médecine traditionnelle se transmet aussi de père en fils dans une langue connue d’eux seuls, le boquen. Selon Crispin Calancha, Kallawaya dans le petit village de Chari,  » il faut connaître les plantes, leur préparation et la posologie.  »  Certains médecins connaissent les propriétés de plus de 5 000 espèces. Et comme beaucoup de Kallawaya, il a appris son métier en accompagnant son père. À 45 ans, il a déjà 20 ans de pratique derrière lui. Ses fils l’imiteront.

Selon le directeur de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, la reconnaissance des Kallawaya font écho à  » l’urgence ressentie de protéger ce patrimoine compte tenu des menaces que font peser sur eux les modes de vie contemporains et les processus de mondialisation.  »

Des efforts de sauvegarde des connaissances et de la culture Kallawaya existent. En plus des livres qui consignent les propriétés des plantes, un documentaire Living Heritage : The Shamans of the Incas a été tourné par l’Autrichien Richard Ladkani. Présenté en Europe, le film raconte la vie de Aurelio Ortiz Huaricallo. Rencontré à Charazani, ce médecin dit participer à plusieurs ateliers donnés chaque année à l’université à Cochabamba, avec 80 autres Kallawaya venant de 36 ethnies dispersées en Bolivie. Ils échangent sur leurs connaissances, leurs rites, leurs musiques, leurs habits, pour fortifier leur culture face au courant d’extinction qui les mine.

En quittant Chari, on ne peut cependant que remarquer les ouvriers installant des fils électriques aux poteaux récemment plantés. Ils ne sont plus qu’à quelques jets de pierre des premières maisons. La lumière, mais surtout la télévision, arrivent.

Chaque Bolivien connaît une histoire de guérison par un Kallawaya, propre ou proche. Même la doyenne de la faculté de pharmacie et de biochimie de l’Universitad Mayor de San Andrés de La Paz met sa confiance en leur expertise. Il y a 25 ans, une concoction de feuilles de kiswara, un arbuste de l’Altiplano bolivien, a arrêté la progression d’arthrite déformante chez la Dr Wilma Strauss. À chaque année depuis, elle répète le traitement préventif.  » À mon âge, ma mère avait les mains difformes. Pas moi. « , raconte-t-elle.

Rituel d’offrandes aux divinités

Le  » milluchar « , un rituel kallawaya pour la chance, accompagne les guérisons, protège les voyageurs, appelle ou arrête la pluie, garantit de bonnes récoltes ou bénit une nouvelle construction. Avant la cérémonie, de même pour les consultations, le Kallawaya revêt son poncho rouge distinctif, le pocaponcho. Il porte en bandoulière son sac rouge orné de pièces de métal, le chuspa. Il y met des feuilles de coca séchées à mastiquer avec lesquelles il peut lire le futur. S’ajoute ensuite son grand sac multicolore rempli d’herbes séchées, le kapachu. C’est ainsi que les Kallawaya marchent de village en village pour prodiguer leurs soins. Ils quittent leur famille souvent pendant plusieurs mois. S’ils utilisent désormais les moyens de transport pour aller dans les grandes villes, ils restent les seuls médecins à atteindre plusieurs coins reculés à pied.

Pendant la messe blanche de plus de deux heures, Crispin Calancha enchaîne prières et incantations à voix basse, meublées par la disposition d’offrandes. Dans de petites assiettes roulées en laine d’alpaca et en coton, il dépose feuilles de coca, gras de lama, brindilles de plastique multicolores, pétales de fleurs, morceaux de sucre, noix… Il asperge le tout d’alcool à l’aide d’un oeillet. Tous ses gestes sont empreints de lenteur, de totale présence. Il invoque les  » após « , les esprits suprêmes en langue indigène quechua. En terminant, un feu consume les offrandes dans le parfum suave du bois d’eucalyptus.

Pour en savoir plus :

Kallawayas sin fronteras (en espagnol)

http://www.redindigena.net/kallawaya/

UNESCO

Patrimoine oral et immatériel

www.unesco.org

Autres textes sur la santé.

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Spectacle Hip Hop Breakdance, Graffiti, DJ et rap

orgue-classique-hip-hop-breakdance-graffiti-dj-rappeurs Le Choc des Cultures – Le Hip-Hop rencontre le classique
Spectacle original mettant en vedette: organistes classiques, break-dancers, rappers, DJ et graffiteurs.
L’église Saint-Nom-de-Jésus expose une centaine de toiles peints par des artistes. Plus de cinquante artistes complices présentent “Le Choc des Cultures”. 25$

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
Par Internet: http://www.editionstnt.com/Video.html
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La capitale mondiale du livre est au Québec

La capitale mondiale du livre est au Québec
Martin Ouellet, Vol 13-4

Montréal, capitale mondiale du livre!?

La ville de Montréal a été nommée capitale mondiale du livre pour l’année 2005-2006. Lorsque Raymond Viger, le directeur du magazine Reflet de Société m’a demandé mon avis sur la question, en tant qu’écrivain et journaliste, je ne connaissais même pas l’existence de ce titre! Il m’a fallu faire un peu de recherche pour comprendre de quoi il était question et partager mes découvertes avec vous… Voici ce que j’ai appris.

Le titre

Depuis 2001, une ville différente est choisie chaque année par un jury de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) en fonction de la prospérité de son industrie du livre. Le titre de capitale mondiale du livre est décerné le 23 avril, journée mondiale du livre, et est valable pour une année, c’est-à-dire jusqu’au 22 avril suivant.

La première ville à hériter de cet honneur fut Madrid en 2001. Alexandrie lui succéda en 2002, New Delhi fut choisie en 2003, suivie d’Anvers, en France, pour 2004.

Pourquoi Montréal?

Le jury a préféré Montréal à Barcelone et Turin, ses deux concurrentes pour le titre. Pourquoi? Les raisons sont multiples. D’après Jean-Louis Fortin, directeur de l’Association Nationale des Éditeurs de Livres (ANEL), Montréal a été choisi pour la richesse de son activité éditoriale et parce que le Québec serait «un des endroits les mieux organisés au monde en matière de distribution de livres». Le bilinguisme de la métropole et sa diversité culturelle ont également pesé dans la balance en sa faveur.

Des retombées positives

C’est bien beau, ce titre, diront certains, mais concrètement qu’est-ce que ça donne?

La nomination de Montréal augmentera la visibilité de notre littérature à l’étranger et renforcera davantage la présence du livre québécois sur l’échiquier mondial. L’ANEL mettra sur pied de nombreux projets pour souligner cet événement. On prévoit entre autres la conception d’un site Internet sur Montréal: capitale mondiale du livre, des activités de promotion (affiches, signets, panneaux dans le métro, etc.), l’organisation d’un forum international de l’édition, la création de deux circuits littéraires (un portant sur Montréal, l’autre sur le fleuve St-Laurent), une exposition sur l’histoire littéraire du Québec et l’ouverture de la Grande Bibliothèque Nationale du Québec en 2005.

De quoi être fier?

A-t-on raison d’être fier de ce titre? Y a-t-il de quoi se péter les bretelles? Bien sûr, il s’agit d’une nouvelle plutôt positive…

À mon avis, tout ce qui contribue à valoriser la lecture et à souligner l’importance du livre dans notre société est bienvenu. Bien sûr, d’un point de vue général, l’écriture a permis à l’humanité d’évoluer, de transmettre son savoir et de préserver les traces de son Histoire.

Personnellement, la lecture m’a aidé à traverser de nombreuses épreuves difficiles dans mon enfance et mon adolescence. Je peux dire sans exagérer que le fait de lire et d’écrire m’a permis de survivre à une enfance violentée, à la toxicomanie et à la délinquance, etc. J’ai trouvé dans les livres à la fois un refuge, une évasion, une ouverture sur le monde, le désir de communiquer. Par la lecture, j’ai fait ma propre éducation et j’ai appris à apprécier ces moments de solitude, en tête-à-tête avec soi-même. Évidemment, lire exige aussi un effort intellectuel et d’imagination. C’est une activité moins passive que de regarder la télévision en plus d’aider à améliorer la qualité du français écrit et parlé.

Par contre, il ne faudrait pas penser que parce Montréal est la capitale mondiale du livre pour une année, ça signifie que tous les dangers qui menacent la littérature sont écartés. La culture souffre de sous-financement au Québec et les lettres n’y échappent pas. Les bibliothèques publiques et scolaires font souvent plutôt pitié.

Ce n’est qu’un début

Alors, le livre est-il en santé? Il y a quelques années encore, plusieurs alarmistes prédisaient que le livre électronique (e-book) allait remplacer le livre imprimé… Pourtant, il n’en est rien. Au contraire, l’informatique et l’Internet ont engendré une multitude de livres qui expliquent comment les utiliser!

Un préjugé tenace veut que les jeunes ne lisent pas suffisamment. Encore sur ce point, je ne suis pas tout à fait d’accord. Il suffit de penser à la récente Harry Potter mania, par exemple. Ou à voir la quantité phénoménale de livres pour la jeunesse qu’on retrouve au Salon du Livre. De plus, de nombreux magazines et revues spécialisées sont destinés aux jeunes. Qu’ils lisent des romans, des magazines (comme Reflet de Société, par exemple!), des bandes dessinées, des journaux, des biographies ou quoi que ce soit d’autre m’importe peu. Ce qui compte à mes yeux, c’est qu’ils s’habituent à lire et qu’ils trouvent de quoi lire qui leur con-vienne. Il n’y a qu’à voir la quantité phénoménale de livres publiés au Québec chaque année pour se convaincre qu’il y a de tout pour tous les goûts!

Je crois que l’important, c’est de faire la promotion du livre le plus souvent possible et de toutes les façons. Le fait que Montréal soit couronnée capitale mondiale du livre est un élément positif. Ça signifie que le livre se porte bien et qu’il faut tout faire pour continuer en ce sens. C’est une question d’avenir.

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Témoignage sur l’implication bénévole

benevolat-benevole-implication-jeune La récompense – Regard sur des gens de cœur
Documentaire sur l’implication bénévole.
-Découvrir sa communauté, donner un sens à sa vie…
-Briser son isolement et celui d’autrui.
-Découvrir de nouveaux amis.
-Prendre part à la vie sociale et de quartier.
-Une source de contact et d’échange.
-L’acquisition de nouvelles connaissances.
-Une occasion d’expérimenter et mieux se connaître.
S’impliqer c’est trippant et ça mérite d’être vécu. 25$

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Les médias qu’on entend et ceux qu’on écoute

Les médias qu’on entend et ceux qu’on écoute

Jean-Guy Roy, Radio Ville-Marie, Dossier Journal de Montréal

Novembre 2000, Marie Plourde, journaliste au Journal de Montréal intitulait sa chronique quotidienne par ce titre pour le moins évocateur Ici radio malade. Elle faisait remarquer avec pertinence que le but de la radio actuelle n’est pas de faire la meilleure radio, mais d’être numéro un. Et elle renchérissait en disant: «La radio est séropositive et refuse de l’admettre. Elle est dirigée par des gestionnaires qui pensent qu’on doit plaire à tout le monde en même temps. Une affreuse maladie devenue chronique qui rend le paysage radiophonique tellement monotone telle une plaine de l’Ouest sans relief, peuplée de gros bisons insignifiants ne reconnaissant en rien le talent» Qu’en est-il presque cinq ans plus tard?

On assiste depuis quelques mois à un remue-ménage sans précédent dans ce secteur vital des médias. Qui n’a pas entendu parler de la convergence, de la vente de CKAC, de la disparition de la chaîne culturelle de Radio-Canada, des méandres de CHOI-FM, etc.? Plusieurs talents de chez nous ne peuvent plus avoir accès à des diffuseurs parce qu’ils n’entrent plus dans le son, dans les standards du numéro un. À chaque audience publique l’ADISQ rappelle aux requérantes de licences et au CRTC l’importance de mettre en valeur les talents de chez nous, signe vital de la culture québécoise.

Fort heureusement que les médias alternatifs, communautaires ou spécialisés font plus facilement une place aux jeunes auteurs et créateurs, à la vie du vrai monde. Selon Martin Bougie de l’Association des radio-diffuseurs communautaires du Québec (ARCQ) «En encourageant la participation de la population à leurs activités et en élaborant leurs programmations en fonction des besoins du milieu, on peut dire que les radios communautaires sont vraiment à l’écoute des gens. En retour, on a affaire à des auditeurs attentifs et passionnés. En ce qui concerne la publicité, cette réelle proximité se traduit par une plus grande efficacité.» précise M. Bougie.

L’énoncé classique adopté par l’UNESCO il y a cinquante ans selon lequel la radio a une triple fonction, soit l’information, l’éducation, le divertissement, devrait aider les gestionnaires des stations à éclairer leur réflexion permanente sur le rôle de la radio dans la société québécoise. De plus, cet énoncé devrait amener les auditeurs québécois à faire un choix plus éclairé sur le type de radio à écouter et à valoriser. Certes, il y a des radios qu’on entend et il y a celles qu’on écoute vraiment. La radio a des exigences techniques qui ne peuvent pas être ignorées: la qualité professionnelle doit être au rendez-vous. Et parler à la radio, c’est bien, mais encore faut-il avoir quelque chose à dire et savoir à qui on veut s’adresser… Le vrai succès d’une radio repose justement sur cette double exigence de qualité technique et du contenu éditorial. Tous les médias peuvent être analysés à travers ces deux critères et leur triple fonction d’information, d’éducation et de divertissement.

Les radios alternatives, communautaires et spécialisées ont misé leur programmation sur les besoins de la population sans chercher à être numéro un. Certes, il y a un prix à payer à ne pas vouloir être à tout prix numéro un. Sans doute celui d’être moins fortuné mais avec les avantages d’être au cœur de la vraie vie et d’amorcer des changements en profondeur. Embrasser dans sa programmation les causes sociales, les plus démunis, les services communautaires ne favorise pas l’ascension vers la radio la plus écoutée, la plus musicale, la plus cool et la plus… L’arrivée récente des radios religieuses et spirituelles au Québec a permis à celles-ci d’inventer une présence nouvelle, de répondre à des besoins essentiels et leur croissance est indéniable depuis 10 ans. Elles présentent, sous des accents divers, les valeurs essentielles à la cohésion du tissu social de chez nous. Les radios qu’on entend ne sont pas nécessairement celles qu’on écoute vraiment.

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couverture  livre jean-simon copie Poésie urbaine. Je me raconte. Jean-Simon Brisebois. Depuis 1997 Jean-Simon s’est découvert un goût pour l’écriture. Après avoir publié une trilogie poétique aux Éditions TNT(Entité en 2008, L’âme de l’ange en 2007 et Renaissance en 2006), plusieurs de ses lecteurs étaient curieux de savoir lesquels de ces textes parlaient le plus de lui. Il revient donc en force avec Je me raconte, un court récit autobiographique. Laissez-vous guider dans le monde particulier de ce jeune auteur!  7$

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