Coupures dans les subventions de l’Observatoire du Mont Mégantic

Coupures dans les subventions de l’Observatoire du Mont-Mégantic

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) – Voilà une bien mauvaise manière de célébrer l’Année mondiale de l’astronomie. Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) supprime son soutien à l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM).

Avec une réduction radicale de son budget de fonctionnement dès cette année et la suppression totale de cette enveloppe, soit 325 000 $, l’an prochain, des jours sombres s’annoncent pour l’OMM.

«C’est 140 000 $ de moins pour 2009-2010, soit 40 % de notre budget de fonctionnement et plus rien du tout à compter de l’an prochain. La coupe de cette subvention par le CRSNG est une décision sans appel», explique Robert Lamontagne, directeur exécutif de l’OMM.

Le budget annuel de l’OMM s’élève à 600 000 $, grâce aussi au soutien de l’Université Laval, de l’Université de Montréal et du gouvernement du Québec à travers le Fond québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT). La perte de la subvention du CRSNG coupe ainsi de moitié le budget de cet observatoire universitaire affectant directement les salaires du personnel.

Ces coupes mettent fin à un soutien fédéral vieux de 30 ans, soit depuis la création de l’OMM en 1978. Les détails de cette suppression restent à venir, mais découlent directement des coupes budgétaires du CRSNG, ainsi que d’un repositionnement au profit des organismes à caractère unique à l’échelle nationale ou internationale.

Une ressource régionale

L’OMM serait considéré aujourd’hui comme une ressource régionale. «Aucun critère ne tient compte de notre impact touristique exceptionnel et de notre rayonnement qui dépasse les frontières du Québec. Cette décision reflète le sous-financement chronique de la recherche au Canada», tranche Robert Lamontagne.

À la suite du budget 2009, le CRSNG a vu son financement diminué de 5 %. Ce qui se répercuterait au sein de nombreux programmes de subventions. «Ce programme d’appui aux ressources majeures est un des programmes directement affectés par les coupes, mais les chiffres ne sont pas publics», confirme Natasha Gauthier, conseillère principale des relations avec les médias du CRSNG.

L’OMM était jusqu’à présent l’un des seuls observatoires universitaires au pays à être subventionné par le fédéral. D’autres laboratoires universitaires risquent également d’être touchés. Les détails ne sont pas, pour l’instant, connus.

Le cas à part du Mont-Mégantic

L’Observatoire du Mont-Mégantic est unique dans l’est du Canada. Il possède l’un des télescopes les plus puissants au pays, forme de nombreux jeunes chercheurs et occupe également une place incontournable de promotion de l’astronomie auprès du grand public.

Plus de 300 000 visiteurs le fréquentent chaque année. Et en cette Année mondiale de l’astronomie, son programme est fort rempli. Les activités estivales seront maintenues, les répercussions risquant plutôt de se faire sentir à compter de l’automne.

«Nous sommes heureusement épaulés par les universités, mais il va falloir trouver une solution à long terme pour financer notre fonctionnement», relève le directeur exécutif. Avant de s’atteler à cette tâche, l’administration de l’OMM attend le rapport d’évaluation du CRSNG afin de mieux comprendre ces coupes budgétaires.

 

Pour en savoir plus

Site de l’Observatoire du Mont-Mégantic (OMM)

Communiqué du CRSNG sur le budget 2009

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La lutte à la fibrose kystique continue

Dossier Santé

La lutte à la fibrose kystique continue

Luc Dupont

(Agence Science-Presse) – L’année 2009 marque les 20 ans de la découverte du gène de la fibrose kystique. En août 1989, des scientifiques canadiens et américains, ayant à leur tête le docteur Lap-Chee Tsui, alors chercheur à l’Hôpital pour enfants de Toronto, s’inscrivaient dans l’histoire en identifiant, sur le chromosome 7, un bout d’ADN dont les altérations étaient directement liées à la présence de la maladie chez 79 % des personnes atteintes. Le médecin canadien et ses acolytes venaient ainsi de découvrir… le gène de la fibrose kystique!

Combattre la fibrose kystique par la science

Deux décennies plus tard, on est en droit de se demander si ce formidable break trough de la génétique a effectivement permis d’atteindre ce que l’on avait espéré, c’est-à-dire des avancées qui permettraient de rendre cette maladie curable. «Les bénéfices nés de cette découverte sont très clairs aujourd’hui, bien qu’ils ne soient pas venus de la manière dont on les attendait», répond André Cantin, pneumologue au Centre hospitalier de l’Université de Sherbrooke.

Ce qu’on attendait, c’est la mise au point de la technologie dite de la thérapie génique, devant permettre de remplacer le gène défectueux, à l’origine de la maladie, par un gène sain. Or cette approche, malgré d’intéressants développements, s’est avérée – et s’avère encore aujourd’hui — beaucoup plus ardue que prévu. En revanche, d’autres découvertes importantes, voire déterminantes, découlant aussi de la découverte du gène, sont survenues. Elles proviennent toutefois d’un autre champ de la recherche médicale: la biologie cellulaire et moléculaire. Cette discipline scientifique permet aujourd’hui d’espérer une thérapie plutôt centrée sur une «médicamentation» de la cellule, par l’intermédiaire d’une substance pharmacologique. Cependant, avant d’aborder ces faits nouveaux, petit retour en arrière…

 

Se noyer de l’intérieur

 

Décrite pour la première fois en 1930, cette maladie est caractérisée par une défectuosité majeure qui enraye le passage de l’eau et du sel au niveau des membranes des cellules épithéliales, notamment à l’intérieur des poumons. Cette déficience entraîne un mauvais fonctionnement sévère de différents organes tels les poumons, le système digestif, les intestins et le foie. Si rien n’est fait quotidiennement pour faciliter le travail de ces organes, ceux-ci s’encrassent en s’emplissant d’un mucus épais qui perturbe évidemment la respiration, la digestion et l’absorption des nutriments. En 1961, une personne atteinte de fibrose kystique voyait son espérance de vie fixée à 4 ans.

Des traitements ont toutefois été développés au cours du 20e siècle pour venir en aide à ces malades. La prise sous forme de pilules d’enzymes digestives, de même que le développement du «clapping», ce tapotement de la cage thoracique visant l’expectoration du mucus pulmonaire, en sont de bons exemples. Aussi, l’espérance de vie de ces malades n’a cessé d’augmenter pour atteindre en 1989 l’âge médian de 27 ans. Aujourd’hui, on parle même de 37 ans. La maladie demeure toutefois incurable, puisque les poumons soumis à de telles conditions se détériorent.

Nouvelles avenues thérapeutiques

La thérapie génique, qui était alors dans la mire des chercheurs, fit ensuite beaucoup parler d’elle. «On a réussi effectivement, par cette méthode, à traiter quelques cas d’ “enfants-bulles”, ces enfants atteints d’une maladie génétique qui les oblige à vivre coupés du monde, confinés à un espace aseptisé, à cause d’une déficience grave de leur système immunitaire», raconte le Dr Cantin. Mais des décès survenus dans la foulée de cette intervention firent ensuite beaucoup reculer la technologie, même si depuis quelque temps elle semble connaître des jours meilleurs. Mais fort heureusement pour les malades, il existait une autre avenue de traitement, qui commença alors sérieusement à prendre corps, du côté cette fois de la biologie cellulaire et moléculaire.

On s’est rendu compte en effet que le défaut génétique, que l’on scrutait alors «sous toutes ses coutures», offrait une marge de manœuvre que l’on n’avait pas soupçonnée jusque-là… «Le gène était altéré, mais d’une façon tel qu’il n’empêchait pas toujours le codage de la protéine», explique le spécialiste, la protéine étant cette substance produite par le gène, qui permet la réalisation de sa fonction.

En ajoutant à la cellule déficiente une substance «médicamenteuse» qui reste encore à identifier bien que les pistes sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses, plusieurs chercheurs croient qu’on pourrait faire en sorte que la défectuosité de la protéine soit «corrigée». Bref, protéinothérapie plutôt que génothérapie! «Les bénéfices que l’on peut attendre de ce côté-là sont très prometteurs, estime le Dr Cantin. Et à l’heure actuelle, on fait déjà des pas déterminants dans cette voie, notamment à l’Université McGill, de même qu’à celles de Sherbrooke et de Montréal.»

Le regard de Sarah sur sa maladie

 

Diagnostiquée à l’âge de 15 mois, donc quasiment en même temps que la découverte du gène, Sarah Dettmers, étudiante à l’Université Concordia, a perçu tout au long de sa vie le «bruit de fond» d’une recherche qui n’a jamais cessé de s’activer. Elle dit qu’elle n’a pas perdu confiance en la médecine, mais que parfois, avec d’autres malades, elle s’impatiente devant la lenteur du processus: «Mais qu’est-ce qu’ils font tous ces scientifiques, à la fin?», s’exclame-t-elle en riant. Elle fait cependant des efforts pour remettre les choses en perspective. «Pour avoir suivi, le temps d’un travail d’été, la vie d’une chercheuse en génie génétique et en microbiologie à l’Institut Armand-Frappier, j’ai été à même de constater à quel point chaque geste de la recherche demande son content d’effort.» Cela la conduit aujourd’hui à cette constatation lucide : «Quoiqu’il arrive dans les prochaines années, je serais bien contente si on était à tout le moins capable de baisser ma médication (actuellement 30 pilules par jour), ou encore de diminuer la longueur de mes traitements quotidiens d’expulsion du mucus (1.5 heure par jour). Et ça, c’est sans parler de mes deux séjours annuels à l’hôpital (deux semaines à chaque fois).»

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Femmes et science: difficile intégration

Femmes et science: difficile intégration

Isabelle Burgun
(Agence Science-Presse) – Les photographies des finissants, affichées sur les murs des corridors du département de physique de l’Université de Montréal, témoignent d’une constance observée depuis quelques années. Un diplômé sur cinq est une femme. Est-ce un indice de la place que voudraient prendre les femmes en sciences et génie?

Femmes et Polytechnique

À l’École Polytechnique, 22 % des inscriptions proviennent de femmes. Au baccalauréat en génie biomédical, que l’École lançait cette année, 63 % de la première cohorte sont des femmes. «Les femmes représentent seulement 11 % des ingénieures», nuance toutefois Annie Touchette. La conseillère principale du service des communications et du recrutement à l’École Polytechnique constate aussi une certaine constance dans les choix féminins, la santé en tête.

Cette tendance lourde – la faible représentation des femmes en science — n’est cependant pas à l’amélioration. Depuis huit ans, les inscriptions en sciences et génie dans les universités québécoises reculent: elles seraient même passées de 17 % à 12 % entre 1999 et 2007. «On se rend compte qu’on a toujours du mal à aller chercher les filles et à les garder en sciences et en génie. C’est peut-être le temps de passer à l’auto-évaluation de nos programmes: comment se fait-il que nous n’arrivons pas à les rejoindre?», se questionne Nadia Ghazzali, titulaire de la Chaire CRSNG-Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et génie au Québec de l’Université Laval.

Victimes des stéréotypes

Dans un document préparé par Nadia Ghazzali, on peut y lire que subsiste encore une culture très «masculine» au sein du milieu du génie: «la grande conformité qui caractérise la culture présente dans le domaine du génie laisse peu de place aux contrastes que peuvent soulever les femmes, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire à leur intégration.»

Parmi les autres facteurs qui peuvent décourager les femmes: des stéréotypes et des perceptions fausses alimentés par une méconnaissance du domaine. Puis, s’ajoute l’influence de l’environnement familial, du milieu scolaire et de la conciliation travail-famille.

«Le rôle de la famille et de l’école reste très important au moment des choix. Non seulement il faut que les parents encouragent les filles et les poussent à faire ce genre d’étude, mais il faut que les conseillers pédagogiques soient mieux informés sur les métiers possibles en génie. Il faut mieux leur faire connaître ces professions», pense-t-elle.

D’autant plus qu’ailleurs, la situation est différente. Revenant d’un séjour au Maroc où 50 % des étudiants des écoles d’ingénieurs sont des femmes, elle s’interroge: «Peut-être est-ce culturel? Là-bas, on les pousse à choisir des professions payantes et à faire tous les efforts pour y parvenir. Ces professions sont très valorisées.»

Ce que veulent les femmes

Si les femmes boudent les sciences, à qui la faute? Pas aux universités et aux autres milieux d’enseignement qui déploient de nombreux efforts pour donner le goût de la science aux femmes. Il existe au Québec deux Chaires de promotion de la science à l’intention des femmes — la Chaire Marianne-Mareschal de promotion du génie auprès des femmes et la Chaire CRSNG/Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et en génie au Québec — et de nombreux programmes de sensibilisation : Les filles et les sciences, un duo électrisant!, Les Scientifines, Chapeau les filles! et le tout récent programme, IngénieurE, c’est possible!

Les carrières d’ingénieurs, de physiciens et de techniciens, plus récemment embrassées par les femmes, ne semblent pas les séduire malgré tous les efforts entrepris depuis près de 10 ans. «Bien que l’accès aux études scientifiques soit relativement en faveur des femmes, il demeure un problème d’intégration sur le marché du travail. C’est vrai particulièrement dans la progression vers des postes de gestion. Il est important que la société tout entière se mobilise pour faciliter cette intégration», tranche la jeune ingénieure en dynamique des structures à l’Agence spatiale canadienne, Marie-Josée Potvin, qui coordonne également le Comité des femmes en sciences, technologie et gestion de l’Agence spatiale canadienne. «Pour que les femmes se donnent des trucs et s’aident pour s’épanouir dans ce milieu encore très masculin», soutient-elle.

Autres références

Un aperçu sur les facteurs liés à la faible présence des femmes en sciences et en génie par Nadia Ghazzali de la Chaire CRSNG-Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et génie au Québec, 2009

Chaire Marianne-Mareschal de promotion du génie auprès des femmes:

http://www.chairemm.polymtl.ca/nouveausite/index.php

Chaire CRSNG/Industrielle Alliance pour les femmes en sciences et en génie au Québec:

http://www.chaire-crsng-inal.fsg.ulaval.ca/

Les filles et les sciences, un duo électrisant!:

http://www.lesfillesetlessciences.ca/

Ingénieure, c’est possible :

http://www.oiq.qc.ca/etudiants/filles-de-genie/

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Générosité à Noël: un besoin social de donner et recevoir

Générosité à Noël: un besoin social de donner et recevoir

Julie Picard

(Agence Science-Presse – décembre 2008) – Chaque année, c’est la même chose. On se retrouve dans les centres commerciaux bondés de monde à la recherche du cadeau qui plaira. Ou bien, on s’y rend pour trouver des matériaux précis qui nous permettront de créer nous-mêmes un cadeau parfaitement adapté. Bref, on n’y échappe pas. Le bain de foule des Fêtes est presque inévitable, maux de tête garantis. Mais pourquoi se donner tant de mal pour offrir un cadeau? Selon Marcel Fournier, professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal, nous sommes généreux à Noël pour assurer la cohésion sociale. Pour lui, le don est une «condition de vie en société». S’ajoute à ce besoin de donner, celui de recevoir et de rendre. Ces trois obligations structurent la société. Et Noël est le temps parfait pour équilibrer ce système d’échange et de don réciproque! Il est donc normal de se sentir obligé de donner un cadeau à quelqu’un qui nous en offre un.

Crise financière en cours…

Mais la crise financière mondiale pourrait-elle freiner les ardeurs des consommateurs? D’après Marcel Fournier, la tradition de générosité et d’échange est plus forte que tout parce que l’homme a besoin de rituels qui consolident les liens familiaux. Quant à savoir maintenant si les Québécois sont plus généreux que le reste des Canadiens, un sondage effectué l’an dernier montre que non! Les Québécois prévoient magasiner pour moins de personnes que le reste des habitants du pays. Cependant, les champions du temps passé en famille pendant cette période de l’année, ce sont les Québécois!

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Police et discrimination au Québec

Police et discrimination au Québec

Lisa Melia

DOSSIER DISCRIMINATION

Ce qui est vrai en France l’est également au Québec. Une étude du centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations de l’Université de Montréal avance qu’un jeune Noir a deux fois plus de chance d’être arrêté qu’un Blanc. Les chercheurs Christopher McCall et Leonel Bernard affirment même que les jeunes !Noirs issus de milieux défavorisés risquent davantage de se faire suivre dans les centres commerciaux par la police que les jeunes Blancs, que ceux-ci soient défavorisés ou non. En 2001 à Montréal, 22,1% des jeunes traduits en justice étaient noirs, alors qu’ils ne représentent que 10,5% de cette tranche d’âge, selon Statistique Canada. Ils sont donc deux fois plus représentés dans les dossiers policiers. Les chercheurs précisent que cette surreprésentation serait légèrement plus accentuée au Québec qu’aux Etats-Unis.

Les différences entre les Noirs et les Blancs selon le délit

Le type de délit a également une influence: quand il s’agit de trafic ou possession de stupéfiants, il n’y a pas de discrimination. Dans ce cas-là, non seulement les jeunes se comportent de la même façon indifféremment de leur couleur de peau, mais ils possèdent même, le cas échéant, le même type d’arme. Une différence entre les Noirs et les Blancs apparaît cependant pour les délits contre la personne: là encore, la population noire est surreprésentée, en particulier quand il y a présence de complices. En revanche, les jeunes Blancs sont plus violents dans les milieux scolaire et familial.

Sanction des discriminations policières

Christopher McCall et Leonel Bernard restent cependant prudents quant au terme de “profilage racial”: l’étude n’est pas totalement achevée, et leurs résultats sont fondés sur une analyse détaillée des archives de la Chambre de la jeunesse. D’autre part, les dérapages policiers sont sanctionnés par la justice: le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) rapporte par exemple une affaire de juin 2008, dans laquelle la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a conseillé la condamnation de la ville de Montréal et deux policiers à payer 60 000 $ à trois citoyens noirs victimes de discriminations.

VOS COMMENTAIRES SUR LA DISCRIMINATION POLICIERE AU QUEBEC

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Les discriminations judiciaires et policières en France

Les discriminations judiciaires et policières en France

Lisa Melia

DOSSIER DISCRIMINATION

«Les discriminations judiciaires et policières en France» étaient le thème d’une conférence organisée par le Centre international de criminologie comparée (CICC) de l’Université de Montréal le 18 mars dernier. Thème est récurrent dans l’Hexagone lors des débats sur ces deux institutions. Dans quelle mesure la police et la justice créent-elles et perpétuent-elles des discriminations à l’égard des populations immigrées ou tout simplement des gens de couleurs?

Discrimination ethnique

La perpétuation des discriminations est l’objet de l’étude de Fabien Jobard, docteur en science politique et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de Paris. Il travaille principalement sur la police, au centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales, et a publié plusieurs ouvrages et articles sur la question. Son constat est clair: si l’institution judiciaire ne produit pas de nouvelle discrimination, elle perpétue celles qui sont créées par la société et qui sont plus présentes au sein de la police.

Pour un juge, des éléments comme la nature du délit ou les antécédents du prévenu priment sur l’origine ethnique de l’individu. En revanche, des considérations telles que le sexe, l’origine et le style vestimentaire jouent d’avantage pour les policiers dans les contrôles d’identité. 8% de la population française est composée d’immigrés. Or, ces derniers représentent 20% des personnes interpellées par la police, un quart des personnes condamnées par un juge, et un tiers de la population carcérale. C’est sans compter les français dont les parents ou les grands-parents sont des immigrés naturalisés et qui font aussi les frais de la discrimination dans la société en général.

Justice et discrimination

Fabien Jobard s’est intéressé dans un premier temps à la question suivante: est-ce que l’origine ou la couleur de peau influencent les juges? La réponse qu’il donne est négative. Sa recherche porte sur les outrages, les rebellions et les violences à l’encontre des policiers. C’est un bon sismographe des tensions qui règnent entre les forces de police et la population, essentiellement les jeunes des banlieues. Cet indice a doublé dans les années 90, et a été encore une fois multipliée par deux depuis lors.

Selon les recherches qu’il a menées sur 864 dossiers étalés de 1965 à 2005, près de 63% des prévenus étaient des Européens, 20% étaient Maghrébins et 15,5% étaient des Noirs africains. Or, en examinant les statistiques des sanctions, il s’avère que le risque d’écoper d’une peine de prison ferme est deux fois plus important pour les Africains que pour les Européens. Est-ce pour autant de la discrimination? D’autres données entrent en ligne de compte. Par exemple, le type de délit: les peines sont plus sévères pour un acte de violence que pour un outrage. La récidive est également importante: si la personne interpellée n’en est pas à sa première fois, elle passe en «comparution immédiate», c’est-à-dire qu’il est déferré devant le juge le jour de son interpellation ou le lendemain. Or, dans ces cas là, les peines constatées sont plus importantes. Enfin, il y a la présence au cours de l’audience. Si le prévenu est absent sans pouvoir fournir d’excuse valable, cela a également tendance à accroître la sévérité du juge. Finalement, selon Fabien Jobard, quand on recoupe les données, le facteur de l’origine ethnique disparaît. Ce sont d’autres éléments – la violence, la récidive, l’absence devant le juge – qui sont déterminants. La justice s’exerce donc sans tenir compte des origines ou de la couleur de peau de la personne jugée. Cependant, M. Jobard émet une réserve: la justice ne crée pas de discriminations, mais elle ne corrige pas non plus celles qui précèdent son office. De plus, les policiers compliquent parfois un outrage en portant plainte pour préjudice moral, et cela arrive plus souvent quand le prévenu est Africain que quand il est Européen. Avec cette nouvelle donnée, l’origine ethnique a une incidence, même si elle reste relativement faible.

Police et minorités visibles

Dans la deuxième partie de son travail, il porte son attention sur les policiers. Il raconte que pendant près de six mois, à plusieurs endroits de la capitale française, des policiers effectuant des contrôles d’identité ont été suivis et observés à leur insu, afin de recueillir des données statistiques.

D’après l’article 78.2 du Code de procédure pénale français, les policiers peuvent interpeller la personne de leur choix pour effectuer un contrôle. C’est d’autant plus vrai depuis que le terrorisme est devenu une priorité pour la plupart des gouvernements. L’article de loi précise cependant que ces contrôles doivent être motivés par le soupçon que la personne concernée a commis ou va commettre une infraction, un délit ou un crime. Ces contrôles semblent toutefois, d’après le chercheur, ne pas suivre la même logique: tout d’abord, les Noirs et les Maghrébins sont surcontrôlés. Ensuite, la plupart des personnes contrôlées ne portaient pas de sac, alors justement qu’un gros sac est suspect car il peut cacher beaucoup de choses. Enfin, le style vestimentaire influait aussi sur les choix des policiers. Les jeunes hommes habillés hip hop étaient ainsi surcontrôlés. Mais quand on croise les données, M. Jobard émet des doutes: difficile de savoir si le facteur le plus important est la couleur de peau ou le style vestimentaire, donc de savoir sur quoi exactement porte la discrimination. D’autant plus que les résultats obtenus sont très différents selon les lieux dans lesquels se sont rendus les chercheurs. Les variations sont trop fortes pour pouvoir faire des affirmations.

Il conclu ainsi : «Au final, les analyses tant pénales que civiles montrent que si discrimination il y a, il est assurément très difficile de dégager une discrimination directe, assumée, volontaire. Toute la mécanique judiciaire renforce ces dernières années les effets de clientèle. En d’autres termes, la probabilité qu’un condamné soit à nouveau condamné et que la prison ne soit jamais promise qu’aux ex-détenus est renforcée. Cet effet clientèle se superpose indéniablement aux origines: la justice française a contre elle l’évidence des apparences, celles d’une justice discriminatoire.»

VOS COMMENTAIRES SUR LES DISCRIMINATIONS JUDICIAIRES ET POLICIERES

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VOS COMMENTAIRES SUR LES DISCRIMINATIONS JUDICIAIRES ET POLICIERES

Les sites d’injection supervisée au Québec

Les sites d’injection supervisée au Québec

Robin Drevet         Dossiers MTS-Sida, Toxicomanie, Alcool et drogue, Vancouver, Site d’injections supervisées , Itinérance

Suite à l’article de Raymond Viger sur le site d’injection supervisée à Vancouver dans le volume 16 numéro 6 de septembre dernier, Reflet de Société s’est intéressé à la possible ouverture d’un tel service au Québec. Puisque toxicomanie et transmission du virus sont en lien direct, cet article fait partie du dossier sur le VIH.

Les sites d’injection supervisée sont destinés aux consommateurs de drogues par injection (héroïne, crack…) pour leur fournir un cadre plus sécuritaire que la rue. Pour comprendre où en est ce processus, nous avons rencontré Jean Sébastien Fallu, président et fondateur du GRIP (Groupe de Recherche et d’Intervention Psychosociale), et professeur adjoint à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Les toxicomanes restent dans l’ombre

Lors de la semaine de prévention sur la toxicomanie au Québec, du 16 au 22 novembre 2008, des bénévoles du GRIP ont fait signer une pétition pour l’ouverture d’une piquerie au Québec. Au contraire de la campagne de dépistage du cancer du sein, cette semaine de prévention est passée inaperçue. «Le problème, c’est que les toxicomanes attirent moins d’empathie que des personnes atteintes du cancer. On considère ces derniers comme non responsables de leur état, ce qui d’ailleurs est vrai», explique le professeur Fallu.

Pourtant, la toxicomanie est un problème réel et très présent au niveau de la Santé Publique au Québec. Alors pourquoi ces tabous?

Site d’injection supervisée: précisions

Il faut d’abord savoir ce qu’est exactement un site d’injection supervisée. C’est un endroit propre où se procurer des seringues neuves. Ce qui permet de prévenir la transmission de maladies comme l’hépatite C ou le VIH, évite les risques de surdoses entrainant souvent le décès, et aussi réduire les nuisances publiques créées par les toxicomanes. Ce genre de centre met aussi à disposition une assistance pour ceux qui veulent s’en sortir, comme sur le site de Vancouver qui allie à la fois piquerie et centre de désintoxication.

«L’opinion publique n’est pas informée des problématiques concernant la toxicomanie. Une étude a démontré qu’après une campagne de sensibilisation sur les difficultés rencontrées par cette population, 53% des personnes interrogées étaient en faveur de l’ouverture d’un tel site», dit Jean Sébastien Fallu.

Besoin des intervenants et des toxicomanes

Au Québec, il y a une forte demande, à la fois des intervenants et de la clientèle, avec un certain consensus de tous les organismes, pour l’ouverture d’une piquerie. Même le Programme National de Santé Publique établi par le Ministère de la Santé Publique et des Services Sociaux du Québec préconise l’ouverture d’un site d’injection supervisée. M. Fallu explique l’imbroglio politique autour de cette question. Philippe Couillard, ministre de la santé de 2003 à 2008, avait donné son accord pour ouvrir ce site. Seulement, son successeur, le docteur Yves Bolduc, n’a pas repris cette initiative. Bien qu’après réflexion il se soit montré plus flexible, il ne peut revenir complètement sur sa décision par peur de perdre la face.

Site d’injection supervisée: problème politique ou éthique

Le problème est-il politique ou éthique? Car des problèmes éthiques sont à considérer. L’ouverture d’un tel site encourage-t-il la consommation de drogues? Légitime-t-on cette dépendance? On peut répondre à ces interrogations que, malgré toutes les politiques répressives mises en place dans de nombreux endroits, la consommation n’a pas reculé. Aux États-Unis il apparaît clairement que la politique répressive n’a pas fonctionné. Dans les années 70, environ 2% de la population américaine avait déjà testé une drogue. Aujourd’hui, sous l’approche répressive, on estime que la proportion de gens qui ont goûté à la drogue est passée à près de 46%.

Aujourd’hui, l’approche rappelle la politique du moindre mal à savoir des centres d’échanges de seringues, la distribution de kits sains avec seringue neuve et préservatif.

Jean Sébastien Fallu résume bien la situation au Québec, qui peut s’appliquer d’ailleurs un peu partout, en citant un politicien luxembourgeois: «On sait ce qu’il faut faire concernant la drogue, mais on ne sait pas comment être réélu après.»

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.25

À lire aussi : Insite de Vancouver: site d’injection supervisée

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Les autoroutes nuisent aux bébés

Les autoroutes nuisent aux bébés

Isabelle Burgun

(Agence Science-Presse) – Les autoroutes nuisent à la santé des adultes, des enfants et même à celle des bébés à venir. En effet, les femmes enceintes vivant proche d’une autoroute augmenteraient de 81 % leur risque d’accoucher d’un bébé de petit poids, concluent des chercheurs de l’Université de Montréal.

Étonnamment, ce sont les mères des quartiers les plus favorisés qui ont mis les chercheurs sur la voie. « C’est un bon laboratoire, car cette clientèle est susceptible d’avoir tout fait en faveur du bébé », affirme Mélissa Généreux du département de médecine sociale et préventive de l’université montréalaise.

Il est alors plus facile d’établir un lien direct entre le petit poids des bébés et cet environnement polluant et bruyant. Ainsi, les mères qui vivent à 200 mètres ou moins des autoroutes importantes seraient donc plus susceptibles de donner naissance à un enfant prématuré, petit ou de petit poids.

Même les riches

Alors que les chercheurs pensaient que les mères des quartiers défavorisés seraient affectées doublement par la pauvreté et la pollution, il s’avère que les mères les plus nanties seraient particulièrement sensibles à cet environnement nuisible. Moins exposées à des facteurs néfastes (tabagisme, violence, moindre accès aux soins de santé, etc.), les mères aisées subissent directement les effets de la pollution et du bruit des autoroutes sur leur progéniture.

Puisqu’elles seront aussi les plus aptes à se mobiliser pour empêcher la construction d’autoroutes à proximité de leur quartier, « ces résultats relancent le débat pour le développement du transport en commun, des véhicules moins polluants et des autoroutes loin des quartiers résidentiels », conclut la spécialiste ayant dirigé cette étude longitudinale dont les résultats sont parus dans la récente édition de la revue Journal of Epidemiology and Community Health.

Pour en savoir plus

 

Médecin épidémiologiste à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), Mélissa Généreux appartient à l’équipe de recherche qui s’est penchée sur le berceau de 98 330 bébés montréalais, nés entre 1997 et 2001. Les précédentes publications ont mis à jour l’importance du statut marital et du statut socio-économique de la mère lors des naissances de bébés de petits poids.

Neighbourhood socioeconomic status, maternal education and adverse birth outcomes among mothers living near highways par Mélissa Généreux, Nathalie Auger, Marc Goneau et Mark Daniel publié dans Journal of Epidemiology and Community Health d’août 2008 :

http://jech.bmj.com/cgi/content/abstract/62/8/695

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Bébé éprouvette et génétiquement modifié

Bébé éprouvette et génétiquement modifié

Fécondation in vitro (FIV)

Danny Raymond, Agence Science-Presse

L’anniversaire du premier bébé-éprouvette marque une percée historique. À l’époque, la fécondation d’un embryon à l’extérieur du corps humain semblait aussi saugrenue qu’irréaliste. Dans le milieu scientifique, l’importance de l’événement serait comparable à l’envoi du premier homme sur la Lune. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour les couples infertiles!

Ce premier pas a commencé par la naissance de Louise Brown qui aura donné à la fécondation in vitro (FIV) un souffle insoupçonné. À un point tel qu’aujourd’hui, les progrès font miroiter des prodiges génétiques à notre portée: permettre la grossesse à 50 ans, prolonger l’espérance de vie des bébés à naître et, pourquoi pas, améliorer leur quotient intellectuel!

Science-fiction ou réalité?

Rassurez-vous: le bébé-éprouvette de l’avenir n’aura rien d’un cyborg. Si les percées en procréation assistée sont en apparence beaucoup moins spectaculaires, leur impact sur la vie des futurs bébés est impressionnant. À ce chapitre, l’Université McGill s’est démarquée en juin 2007, en en annonçant une première mondiale. Deux chercheurs ont donné naissance au premier bébé né d’un ovule arrivé à maturité et congelé en laboratoire. Les résultats ont été obtenus après avoir combiné deux techniques de procréation assistée : la maturation in vitro (MIV) et la cryoconservation (congélation). La nouvelle a fait le tour du monde.

Contrairement aux méthodes actuelles, le traitement par MIV ne requiert pas qu’une hormonothérapie soit administrée pour stimuler la production d’une grande quantité d’ovules matures en vue de leur prélèvement. Cette technique douce s’appuie sur des méthodes de procréation dites de cycle naturel et marque la tendance pour les prochaines années, soutient le Dr Jacques Kadoch, gynécologue-obstétricien à la clinique de fertilité OVO et professeur à l’Université de Montréal. Étonnamment, la technique nous ramène 30 ans en arrière. C’est la même technique qui a donné naissance à Louise Brown. Son avantage majeur permet surtout d’éviter l’hyperstimulation ovarienne, qui vise à produire le plus grand nombre possible d’embryons à féconder. De cette manière, on augmente les chances de réussite. Mais l’opération représente un cauchemar pour les couples, surtout les femmes, dont les impacts physiques, psychologiques et pécuniaires sont considérables. 

Mère à 65 ans

La technique en est à ses premiers pas, admettent les spécialistes de l’Université McGill. Cependant, le potentiel est énorme. D’ici quelques années à peine, les femmes atteintes d’un cancer, d’une maladie ovarienne ou qui échouent aux techniques de procréation traditionnelles pourront dorénavant envisager la grossesse. Voilà pour les bonnes nouvelles.

Or, la technique présente aussi un effet pervers. Pour plusieurs femmes, l’idée d’envisager la grossesse à un âge plus avancé est séduisante. Surtout pour les professionnelles ou celles qui retournent aux études, explique le Dr Kadoch. Aux États unis seulement, les grossesses de femmes âgées de 40 et 44 ans ont explosé de 70 % de 1991 à 2001. Présentement, les femmes âgées dans la cinquantaine ou celles qui approchent la ménopause ne sont pas admissibles à la conception par FIV, précise le spécialiste. Les risques pour la santé de la mère et du bébé sont trop importants. Une étude de l’Université de la Californie du Sud à Los Angeles et les données du Centre médical de l’Université de Boston le confirment. Les grossesses par FIV passées la quarantaine exposent la mère à des risques élevés d’obésité, d’hypertension artérielle et de maladies chroniques (diabète de grossesse, la prééclampsie, entre autres).

Bébé génétiquement modifié

Les manipulations génétiques promettent l’arrivée prochaine de nouvelles approches révolutionnaires, prédit Dr Jacques Bissonnette, directeur de la clinique de fertilité OVO. À l’aide du dépistage préimplantatoire (DPI), par exemple, on est déjà capable d’identifier des embryons marqués par des tares génétiques comme l’anémie ou la Trisomie 21, souligne le spécialiste. « D’une manière encore plus poussée, on pourra créer des cellules souches au niveau embryonnaire capable de ralentir le vieillissement, de prévenir la maladie d’Alzheimer, le diabète ou même d’autres maladies dégénératives. »

Mais attention à l’eugénisme, prévient le docteur. Il n’est pas question de créer l’humain parfait. Pour lui, les percées génétiques réussiront d’abord à faire passer le taux de réussite des grossesses par FIV de 30 % à 100 %. Un point de vue partagé par le Dr François Desrosiers, directeur de laboratoire de FIV et dépistage à Procrea Cliniques. « Les découvertes en génétique visent essentiellement à sélectionner le meilleur embryon et ainsi éviter les complications liées aux grossesses multiples. En même temps, poursuit-il, les recherches nous permettent d’identifier plus rapidement les déficiences génétiques et les maladies héréditaires, comme la dystrophie musculaire ou des pathologies sanguines. »

Maman est une vache!

En janvier dernier, une équipe anglaise de l’Université de Newcastle a créé un embryon hybride mi-animal, mi-humain. Le clone qui répond du nom cybrid remplacera les cellules souches d’un embryon humain dans le traitement des maladies neurodégénératives, comme l’Alzheimer, la sclérose en plaques, etc. Aussi, les scientifiques misent sur leur potentiel à régénérer les tissus de la peau et d’autres types de cellules dans l’organisme. Les cybrids sont obtenus par la même technique de clonage à l’origine de Dolly la chèvre.

Bébé ordinateur?

L’éprouvette serait sur le point d’être remplacée par un microprocessus de la taille d’une puce électronique. Une équipe de chercheur de l’Université de Tokyo développe une puce capable de reproduire la fonction de l’utérus. Les spécialistes ont franchi la première étape dans la création d’un utérus entièrement autonome. Les ovules et les spermatozoïdes y seraient fécondés à une extrémité pour ressortir en embryon à l’autre. À quand un bébé-Ipod?

Bébé nain sur demande

Des couples atteints de nanisme ont recours au diagnostic préimplantatoire (DPI) pour choisir un embryon qui leur ressemble. Une équipe du Centre de politique publique et de génétique de l’Université étasunienne John Hopkins a passé en revue 190 cliniques de DPI. Les conclusions sont gênantes, puisque 3 % des parents en font la demande. La volonté de garder les gènes défectueux dans la famille toucherait aussi les parents malentendants. En 2002, le Washington Post Magazine rapportait une histoire inusitée. Un couple de lesbiennes sourdes du Maryland ont délibérément sollicité le sperme d’un donneur sourd. Né en 2001, l’enfant est pratiquement sourd et ses parents ont préféré ne pas lui faire porter d’appareil auditif, soutient l’article.

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