Recherche identitaire par le roman historique

Chronique de livres

Retrouver ses racines par la lecture

Normand Charest            Dossier Livres

réflexions sociales société citoyen communautéIl se publie beaucoup de romans historiques au Québec, en ce moment, et ils semblent très populaires, selon ce qu’on peut voir en librairie. Le besoin de retrouver ses racines, probablement, dans un environnement culturel où s’enchevêtrent des racines de toutes origines.

Autant il était enrichissant de s’ouvrir sur le monde à partir de notre jeunesse (comme ce l’est encore), autant il est bon, en même temps, de retrouver notre particularité, au milieu de cette diversité.

Et c’est ainsi que la description de la vie de nos ancêtres à Saint-Siméon en Charlevoix, au début du 20e siècle, se révèle aussi fascinante (et surprenante) qu’un récit de voyage dans l’Himalaya ou la lecture d’un roman russe du 19e siècle.

Les livres, un héritage culturel

Cette lecture nous offre l’avantage de mieux nous comprendre, en prenant connaissance de notre héritage culturel, de notre terroir, de ce qui a façonné notre culture, avant la grande mondialisation qui a un peu nivelé toutes les histoires du monde.

J’ai lu, avec bonheur, un roman historique d’Alain Ulysse Tremblay, Les fruits sauvages du huitième jour (Les 400 coups, Montréal, 2012). L’auteur est né en 1954 à Saint-Siméon. Il semble avoir tout fait et enseigne maintenant à l’UQAM.

Il a mis une vingtaine d’années à écrire ce livre, mais il semble y avoir concentré l’expérience de toute une vie, et même de plusieurs générations. Un roman magnifique a plusieurs égards.

La narratrice est née dans ce coin de campagne en 1898 où l’on y vivait de manière quasiment autosuffisante et pionnière, alors que La Malbaie était bien loin, Québec toute une aventure et le voyage vers Montréal presque inimaginable.

Par le récit de cette femme (on se demande, d’ailleurs, comment l’auteur a pu si bien se mettre à sa place), nous prenons connaissance d’un mode de vie et d’une mentalité qui nous sont devenus pratiquement étrangers.

Cela nous fait comprendre notre histoire, ainsi que certaines des manies mystérieuses et pour nous illogiques de nos parents et grands-parents (ou arrière-grands-parents, selon notre âge).

Pourquoi leur conception bizarre des liens familiaux, pourquoi l’accumulation d’argent et de provisions, pourquoi les économies de bouts de chandelles.

De la vie sauvage à aujourd’hui

De la vie dans un environnement sauvage et presque sans médecine, sauf pour celle qui guérissait avec les herbes, en passant par les deux guerres qui volaient les jeunes hommes, par les épidémies qui remplissaient les fosses communes, par la crise qui faisait perdre à certains leur foyer et qui répandait la misère, jusqu’à l’arrivée des technologies qui perturbaient les vies tout en prétendant les faciliter…

Puis partout, la beauté de la nature, dans cette vie rude, et la proximité de l’au-delà pour les plus âgés, qui se sentaient souvent plus proches de leurs «chers disparus» que de ceux, plus jeunes, qui les entouraient. Les chers disparus qui leur apparaissaient pour «venir les chercher».

Le roman d’une région, d’un pays, de son passage d’une vie rurale, d’une économie de subsistance, à son insertion dans une économie de consommation, probablement mieux adaptée à une vie urbaine qu’à une vie rurale.

Dans ce livre, pas de réponses à nos questions, pas de message de l’auteur caché sous la narratrice… Seulement un témoignage, sous forme romancée, pour accompagner notre réflexion sur la suite des choses, maintenant que le «rêve» de la consommation a vieilli et qu’il montre de plus en plus ses failles, que l’on tente de rapiécer tant bien que mal.

La nature n’est plus inépuisable, depuis que nous l’avons envahie à coups de machines. Et nous prenons conscience de la précarité de ses «fruits sauvages» maintenant menacés, tout en étant aussi conscients qu’un «retour aux sources» dans la facilité n’est pas possible, puisqu’une telle facilité n’a jamais été possible et qu’elle n’est pas naturelle.

Un très beau livre, en toute simplicité. Seulement un partage fraternel de nos questionnements communs. Seulement une écoute respectueuse de notre histoire, racontée par une vieille dame, sur la galerie un soir d’été, en regardant le fleuve et en buvant une tasse de thé.

Alain Ulysse Tremblay, Les fruits sauvages du huitième jour, Les 400 coups, Montréal, 2012

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Comment intervenir auprès des jeunes

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S’emmurer en toute sécurité

S’emmurer en toute sécurité

Matthieu Burgard

(Agence Science-Presse) – Vous croyez à la fin des frontières grâce à la mondialisation? Détrompez-vous! La guerre contre la terreur en a voulu autrement: près d’une vingtaine de nouveaux murs ont été construits après le 11 septembre 2001! Bien différentes du mur de Berlin, ces nouvelles enceintes sont truffées de technologies de pointe. Une aubaine pour les industries de l’armement qui se disputent un gigantesque marché en pleine expansion.

La nature des menaces, desquelles souhaitent aujourd’hui se protéger les États, est diverse: guerre contre la drogue, criminalité, terrorisme et lutte contre l’immigration clandestine. «On est face à un ennemi qui ne dit pas son nom», commente Julien Saada, chercheur à la Chaire Raoul Dandurand de l’Université du Québec à Montréal.

Et pour ce faire, les frontières se dotent d’équipement militaire et l’armée va même parfois jusqu’à participer à la gestion de ces murailles. Ainsi, les industries de l’armement militaire comme Thales, BAE Systems ou EADS conçoivent des murs intelligents comprenant des capteurs thermiques, des systèmes de reconnaissances biométriques, des détecteurs de mouvements, des radars, etc.

Mercenaires technologiques

Que l’on parle de murs bétonnés, de clôtures ou de barrières de sécurité, les services offerts pour la bagatelle de quelques milliards comprennent aussi des véhicules militaires terrestres et aériens, des drones (des avions de surveillance sans pilote), des systèmes de communication et des logiciels de coordination.

Cet ensemble de systèmes — en interopérabilité — est tellement sophistiqué que certains murs sont parfois immatériels. «Ce sont les technologies utilisées qui créent les conditions d’un mur», explique Julien Saada. Le «virtual fence», par exemple, est un mur invisible de 45 kilomètres de long entre l’Arizona et le Mexique. Le dispositif testé en 2008 comprend neuf tours équipées de radars permettant de détecter les clandestins essayant d’entrer aux États-Unis.

D’après le cabinet américain de la défense intérieure, le marché de la sécurisation des frontières se chiffrera à 178 milliards de dollars d’ici 2015. Le marché américain représentait quant à lui 45 milliards de dollars en 2006. Un autre gros joueur: l’Arabie Saoudite, qui possède 25% des réserves mondiales de pétrole, et dont le moindre attentat viendrait déstabiliser l’économie. En 2008, son gouvernement a payé un milliard de dollars l’entreprise EADS pour sécuriser 900 km de frontière avec l’Irak.

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Graffiti Hip Hop de la scène de Montréal

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Editorial

Editorial

Raymond Viger        DOSSIER REFLET DE SOCIETE

image Magazine de l’année!

Reflet de Société a remporté ce prix remis par l’Association québécoise des éditeurs de magazine (AQEM). Félicitations à toute l’équipe, membres, bénévoles et artisans. Remporter un tel prix nécessite un travail collectif. Merci à tous les abonnés qui nous lisent et nous soutiennent dans notre mission. Sans votre présence, il ne pourrait y avoir de magazine,
encore moins de magazine de l’année.

Spect’Arc

Des étudiants de l’UQAM ont organisé un spectacle bénéfice au profit du Café-Graffiti. L’événement
s’est déroulé le 9 avril dernier à Montréal. Un vernissage conjoint entre les artistes de l’UQAM et ceux du Café-Graffiti a ouvert la soirée. Merci à tous ces étudiants du baccalauréat en animation et recherche culturelle qui s’impliquent dans leur communauté.

Du Costa Rica au Vietnam

L’an dernier, nous soutenions un stage en journalisme international au Costa Rica de finissants du Cégep de Jonquière. Cette année, 9 finissants sont au Vietnam pour leur stage. Ils travailleront cet été à la réalisation d’un numéro spécial: En DIRECTion du Vietnam. Vous pouvez commander dès maintenant votre exemplaire de ce numéro spécial. En guise de soutien à leur travail, vous obtiendrez au coût de 5$ un souvenir de voyage instructif et divertissant.

Où sont les médecins québécois?

Dans ce numéro, vous trouverez un reportage qui questionne le tourisme médical à Cuba. Je demeure avec une interrogation. Pourquoi les médecins québécois n’ont-ils pas rencontré le médecin cubain Barrientos Castano, venu à Montréal pour justifier le travail réalisé à Cuba? Ont-ils raté une belle occasion de faire la lumière sur ce dossier épineux?

Vaccination au Gardasil

En mars 2008, j’ai écrit sur mon blogue une mise en garde contre la campagne de vaccination au Gardasil prévue en septembre 2008. En février dernier, six mois après le début de la vaccination, les effets secondaires du vaccin de Merck Frosst, lié à 29 décès à travers le monde, commencent à être connus. J’ai demandé à Lisa Melia d’en faire un reportage.

La presse communautaire

Un débat fait présentement rage. On parle beaucoup des journaux qui sont en difficulté. Augmentation du prix du papier et diminution des ventes publicitaires accablent les médias conventionnels qui se cherchent une porte de sortie. Les artisans des médias écrits communautaires n’échappent pas à cette crise existentielle. Y aura-t-il une relève
pour la presse communautaire? Comment se financera-t-elle? Comment l’Internet va-t-il la toucher? De plus, les artisans de la presse communautaire sont agressés par les pouvoirs politiques et les gros commanditaires. Réussirons-nous à les protéger adéquatement pour que la liberté de presse puisse survivre au Québec? Le débat se déroule sur mon blogue dans la catégorie Presse communautaire.

Une nouvelle chronique

Le chroniqueur économique Jean Gagnon fait son entrée dans notre magazine. Notre nouveau collaborateur réfléchira sur l’état de l’économie et tentera de répondre à nos interrogations sur son avenir. Bienvenue dans l’équipe M. Gagnon et au plaisir de vous lire dans cette chronique ainsi que sur votre blogue: jeangagnon.refletdesociete.com

Reflet de Société, Vol. 18, No 3, Juin/Juillet 2009, p. 4

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show_imageQuand un homme accouche. Roman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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Rues partagees et ecomunicipalites

 

Rues partagées et écomunicipalités

Matthieu Burgard

(Agence Science-Presse) – C’est la crise et on a droit à la totale: la planète se réchauffe, nos ressources s’épuisent et l’économie est en panne. Certains rêvent d’un nouvel ordre mondial et proposent des initiatives environnementales pour relancer la machine. Et, les villes comme principaux instigateurs du virage au vert. La carte à jouer: intégrer les préoccupations environnementales à tous les niveaux du fonctionnement pour devenir une écomunicipalité!

Ce nouveau rôle des municipalités est au cœur de la réflexion biennale 2008-2009 du Jour de La Terre – Québec, un organisme à but non lucratif qui préconise des actions en faveur de l’environnement. Tous les 22 avril, l’organisation coordonne le volet national du Jour de La Terre, une manifestation mondiale qui propose cette année, au Québec, plus de 200 activités.

Dans le cadre de cet évènement, se tenait le 21 avril 2009 à l’Agora Hydro-Québec de l’UQAM, un colloque sur les déplacements actifs organisé par l’organisme Vivre en ville. «Il faut construire en fonction des piétons et des cyclistes», a déclaré en entrevue Christian Savard, directeur général du regroupement québécois pour le développement urbain, rural et villageois viable. «Il ne s’agit pas de bannir complètement l’auto, mais de lui donner sa juste place». Dans une écomunicipalité, l’espace est partagé par tous les utilisateurs!

C’est aussi l’avis d’Elena Madison, urbaniste et vice-présidente adjointe de Project for Public Spaces, venue de New York pour faire une présentation — dans un français impeccable — sur le thème de «la rue en tant qu’espace public». «La route doit changer selon son contexte», explique la conférencière. Ainsi, la route s’adapte quand elle rencontre une collectivité et non pas le contraire. Par exemple, une autoroute doit se faire boulevard urbain lorsqu’elle traverse une ville.

L’Amérique du Nord en retard

Des solutions existent et Elena Madison distribue les exemples à la volée. Dès lors, il est légitime de se demander pourquoi nous n’avons pas de meilleurs lieux publics et de centres urbains en Amérique du Nord? Pour l’intervenante, l’un des problèmes serait que les consultations publiques viennent trop tard dans les processus de développements urbains. «À ce stade, le concept du projet est déjà entièrement ficelé par les experts», regrette-t-elle. «Les rôles doivent être inversés» pour que le processus soit défini en fonction du lieu et par la communauté. «Le travail des urbanistes est alors le résultat d’un dialogue honnête avec le public.»

Elle cite en exemple l’aménagement de la place du Campus Martius à Détroit. Avant 2001, ce site n’était qu’un immense carrefour vide et sans vie. À l’occasion du 300e anniversaire de la ville, les citoyens ont souhaité en faire un lieu de célébration urbaine. C’est un pari aujourd’hui réussi puisque, selon elle, «malgré la circulation, on accède facilement à la place sur laquelle les gens viennent écouter un concert, prendre un café et même se marier».

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show_image L’amour en 3 dimensions. Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les événements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

Le livre, au coût de 19,95$ est disponible.

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Le FER déménage-t-il à la Place de la Paix?

Le FER déménage-t-il à la Place de la Paix?

François Richard Dossier Communautaire et Festival d’expression de la rue

Les organisateurs du Festival d’expression de la rue (FER) ont publié une lettre ouverte au début du mois de juin. Les signataires y dénonçaient le refus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) de leur céder le terrain de la Place Pasteur pour la durée du festival. Les douze dernières éditions de l’événement se sont déroulées à la Place Pasteur. Les responsables du FER ont affirmé être victimes de discrimination de la part de l’UQAM en raison de la clientèle de leur événement: les jeunes marginaux du centre-ville de Montréal. Ils invoquaient le fait que le Festival Juste Pour Rire puisse utiliser ces mêmes terrains en juillet pour appuyer leurs accusations. Le directeur des communications de l’UQAM, Daniel Hébert, a réagi au contenu de cette lettre.

Festival d’expression de la rue, centre-ville de Montréal

Selon la direction de l’Université, il n’y a pas de discrimination derrière la décision de l’UQAM de refuser au FER l’accès à ses terrains de la rue Saint-Denis. Daniel Hébert justifie la décision par la non-disponibilité du lieu en raison de la tenue d’événements soulignant le quarantième anniversaire de l’institution d’enseignement. L’UQAM a d’ailleurs accompagné le FER dans ses démarches auprès de l’arrondissement de Ville-Marie afin de trouver un autre terrain où tenir le festival, soit la Place de la paix, un parc situé à l’angle des rues Saint-Laurent et René-Lévesque. Pourtant, en date du 30 juin, le FER n’avait toujours aucune confirmation de la part de l’arrondissement quant à la possibilité de tenir le FER à cet endroit.

Festivals à Montréal

Daniel Hébert rejette du revers de la main les accusations de discrimination. ‘Le Festival Juste pour rire a lieu en juillet, le FER a lieu en août. C’est la seule raison pour laquelle nous avons dit oui à un et non à l’autre.’ Il explique toutefois que s’il y a un problème spécifique lié à la tenue du FER sur les terrains de l’UQAM, ce n’est pas l’aspect ‘marginal’ des activités, mais plutôt le moment de l’année où ça se déroule. ‘La mi-août est la période de la rentrée pour le personnel de l’UQAM, le bruit et les animations perturbent donc grandement le travail de notre personnel.’

FER doit se trouver un nouveau parc à Montréal

Une fois les festivités du 40è anniversaire de l’UQAM passées, il est loin d’être certain que le FER puisse bénéficier à nouveau de l’hospitalité de l’université. Si Daniel Hébert précise que la porte n’est pas fermée, il insiste plutôt sur le souhait de l’UQAM d’utiliser la Place Pasteur pour y faire la promotion de différents projets de l’UQAM, ses étudiants et professeurs. Après ses désormais célèbres déboires immobiliers des dernières années, l’institution souhaite mettre en place un plan de relance incluant une présence plus marquée dans l’espace public. ‘Il est évident que l’UQAM va chercher à répondre à ses propres besoins et privilégier les projets qui émanent de sa communauté avant de répondre aux attentes de partenaires extérieurs’, explique Daniel Hébert.

Autre article sur le déménagement du FER

 

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

show_image Le guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre, au coût de 4,95$, est disponible :
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Le Festival d’expression de la rue se retrouve à la rue

Le Festival d’expression de la rue se retrouve à la rue

François Richard Dossiers Jeunes de la rue et Organismes communautaires

Le Festival d’expression de la rue (FER) se retrouve sans lieu où tenir sa treizième édition suite au refus de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) de rendre disponible la Place Pasteur comme elle l’a fait au cours des douze dernières années. L’événement est organisé par le Collectif d’intervention par les pairs. Il s’agit d’un groupe de jeunes intervenants qui ont déjà habité dans la rue et qui mettent aujourd’hui à profit cette expérience afin de venir en aide aux jeunes marginaux du centre-ville de Montréal. Cette aide prend notamment la forme de l’organisation du FER, qui permet pendant quelques jours par année à des jeunes sans domicile fixe de présenter leurs créations artistiques, en plus d’offrir des ateliers et des kiosques sur une foule de sujets, tels la prévention du VIH et la réduction des méfaits liés à la consommation de drogue. L’événement constitue une occasion d’établir des liens positifs entre les différents occupants du quartier: résidants, commerçants, institutions et jeunes de la rue. Les organisateurs du Festival se disent surpris et déçus de la décision de l’UQAM, une institution avec laquelle ils ont entretenu de bons liens jusqu’à maintenait. La direction de l’Université explique son refus d’accueillir l’événement par la tenue de festivités en lien avec son quarantième anniversaire.

Pas de jeunes de la rue dans ma cour?

Les membres du collectif d’intervention par les pairs expriment des doutes sur la justesse de cette affirmation. Ils se questionnent quant au fait que ces mêmes festivités n’ont pas empêché l’UQAM de laisser le Festival Juste pour rire occuper la Place Pasteur, située sur le rue Saint-Denis entre les rues Sainte-Catherine et Maisonneuve. De plus, dans une lettre expliquant son refus, le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, mentionne le souhait de l’université d’éviter d’être associée à des événements polémiques. Pourtant, les douze dernières éditions de l’événement se sont déroulées sans incident majeur et le Collectif des pairs aidant dédommage l’UQAM pour les frais liés à l’occupation des lieux, notamment le salaire de gardiens de sécurité supplémentaires sur le campus. Les pairs croient maintenant que l’UQAM refuse simplement de s’associer à des jeunes marginaux par crainte des impacts négatifs que cela pourrait avoir sur l’image de l’Université.

Le Collectif a rédigé une lettre ouverte dénonçant la situation que nous publions ici. Nous vous invitons à en prendre connaissance et à réagir. Les pairs aidant sont présentement en discussions avec l’arrondissement de Ville-Marie et une des membres du comité, Évelyne Gauthier, dit être confiante que l’événement pourra avoir lieu dans un autre lieu, non confirmé pour l’instant.

Lettre ouverte

Festival d’expression de la rue (FER)

L’UQAM : « Oui, mais… pas dans ma cour »

Cette année, le seul festival montréalais qui peut se targuer de ne pas exclure personne de son territoire se fait lui-même expulser pour des raisons plutôt discutables. En effet, l’Université du Québec à Montréal refuse d’octroyer la Place Pasteur au Festival d’Expression de la Rue (FER) pour la tenue de sa 13e édition.
Or, pendant les douze dernières années, le FER s’est tenu, jusqu’à ce jour, à la Place Pasteur, située sur la rue St-Denis immédiatement à côté de la sortie de métro Berri-UQAM. Cette place, dont l’administration est aujourd’hui assurée par L’UQAM, car située sur son campus, fut léguée à la Ville de Montréal au XIXe siècle par Louis-Joseph Papineau, qui lui décréta alors son statut d’espace public : c’est-à-dire accessible à tous. Cette place reçut ensuite son nom actuel au XXe siècle en l’honneur de Louis Pasteur, homme de science dévoué à l’amélioration des mesures socio-sanitaires et de la santé collective. L’histoire de ce site enchanteur lui confère donc une valeur particulièrement symbolique pour notre événement puisqu’elle s’est enracinée sous un statut d’espace public et qu’elle rejoint de surcroît la mission préventive et sanitaire du festival.
Et parlons-en de ce Festival. C’est le dernier de la saison estivale, celui qui s’impose depuis 1997 après les grands événements clôturés. Organisé par le Collectif d’intervention par les pairs, le Festival d’Expression de la Rue cible principalement les jeunes en situation de précarité et d’itinérance qui fréquentent le centre-ville de Montréal. En ouvrant un dialogue, le FER favorise la cohabitation harmonieuse de ces jeunes avec les résidents, commerçants et passants du quartier tout en démystifiant leur culture. Fruit de la collaboration annuelle d’une cinquantaine de partenaires et d’organismes communautaires, le FER offre aussi une tribune importante pour les talents artistiques des plus variés. Parallèlement, cet événement sert de plateforme pour sensibiliser les jeunes à la prévention des maladies infectieuses et aux méfaits liés à l’utilisation de drogues, tout en favorisant un développement positif de leur estime de soi.
C’est après 12 ans d’une saine collaboration que l’UQAM refuse délibérément de prêter l’espace. Le Collectif d’intervention par les pairs a rencontré M. Claude Corbo, recteur de l’UQAM, en vue d’en arriver à un compromis, mais le recteur est demeuré inflexible. L’excuse officielle offerte repose entièrement sur la non-disponibilité du terrain de juin à octobre, en raison de la tenue des festivités entourant le 40e anniversaire de l’université. Pourtant, le festival Juste pour Rire nous a confirmé qu’il tiendra encore cette année, certaines de ses activités sur le site même de la Place Pasteur au courant du mois de juillet. Que cache donc l’excuse du quarantième de l’UQAM? Dans une missive qui nous a été envoyée par le recteur le 25 février dernier, celui-ci indique ses motivations réelles pour refuser ledit terrain : « le rendez-vous festif et stratégique auquel nous sommes conviés en 2009, nous invite à des démarches plus sobres et moins enclines à des polémiques. » On peut alors se demander : « mais, qu’est-ce qui est polémique? » Si l’image que projettent les jeunes de la rue peut sembler dérangeante pour certains, il faut savoir que l’un des principaux objectifs du festival est justement de favoriser une meilleure cohabitation et une compréhension réciproque entre les jeunes et le reste de la population! De plus, les 12 éditions sans embuche qu’ont connues le Festival ne peuvent que servir la réputation de l’université. Enfin, pourrait-on penser que l’UQAM a abandonné son statut d’université du peuple, son ouverture et sa mission sociale en préférant que les jeunes marginalisés se retrouvent n’importe où, mais ailleurs que dans sa cour?
Dans les circonstances, il appartient à la Ville de Montréal, l’autre des responsables actuels de la place Pasteur, de trouver un lieu alternatif au FER, à moins que l’UQAM ne daigne sagement revenir sur sa décision. En effet, on est sur le point de démolir une institution communautaire et populaire favorisant l’inclusion de jeunes justement trop souvent victimes d’exclusion dans de multiples sphères de leur vie. Il n’y a pas à dire : Papineau doit très certainement être en train de se retourner dans sa tombe!
Le Collectif d’intervention par les pairs
Kim, Stéphanie, Marc, Marc-André, Bertrand, Isabelle, Marie-Noëlle, Catherine et Evelyne
pairs-aidants@cactusmontreal.org, (514) 847-0067, poste 301

Vos commentaires sur L’UQAM rompt ses liens avec le Festival d’expression de la rue

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Tuerie à l’UQAM: La fausse alerte

Tueries à l’UQAM? La fausse alerte

 

Dominic Desmarais        DOSSIER REFLET DE SOCIÉTÉ 

 

Le 11 décembre 2008, pendant un après-midi, le Québec a retenu son souffle. Après Polytechnique et Dawson, l’Université du Québec à Montréal allait-elle être le théâtre d’une autre tuerie incompréhensible? La tragédie n’a pas eu lieu. Des projectiles de calibre 22 découverts dans un ascenseur et l’écho de détonations ont mis le campus du centre-ville de Montréal sur les nerfs. Un canular pour certains. Un choc pour ceux qui l’ont vécu. 

 

IMG_0054 Comme tous les jeudis depuis septembre, Maxime se trouvait au pavillon des sciences de l’éducation pour son cours. Dans la classe, ce grand et gros gaillard de 28 ans jouait nonchalamment du doigt dans ses tresses touffues en songeant aux vacances de Noël et à sa fin de session. À 13h45, une voix stressée sortie des haut-parleurs vient le tirer de ses rêves et demande à tous les étudiants et au personnel de rester dans leurs locaux. Maxime, comme ses collègues, s’interroge.

Cinq minutes plus tard, une autre voix, plus calme, résonne. Pour subitement s’arrêter sans terminer sa phrase. «On se demandait: s’est-elle fait tuer?» résume à la blague Maxime. Un autre cinq minutes plus tard, une voix enregistrée redemande calmement de suivre les mêmes consignes. L’étudiant au doctorat prend conscience qu’il se trame quelque chose.

Les tueries dans les écoles

Dans l’étroite classe où il suit son cours, il n’y a que deux enseignants et trois étudiants. C’est le silence. Un silence pesant, qui fait mal. Du laboratoire voisin, séparé de la classe par une porte n’ouvrant pas sur le corridor, un collègue vient les visiter. De son ordinateur portable, il les avise que, selon Radio-Canada, un homme armé se promènerait dans un pavillon de l’université. L’un des professeurs se décolle de la porte, dont la fenêtre donne sur le couloir, pour s’installer tout au fond de la pièce. L’atmosphère vient de changer. Le petit groupe vient de comprendre les messages provenant des haut-parleurs.

Un homme armé… Les cas de tueries dans des écoles viennent à l’esprit. «On a des précédents à Montréal, raconte Maxime, tendu, faisant référence à Polytechnique et Dawson. On y a tous pensé.»

Pour ne pas ajouter à la nervosité du petit groupe, Maxime s’oblige à rester calme. «Ce n’est pas dans mes habitudes de garder mes émotions», assure-t-il, pour donner une idée de l’ambiance qui régnait. Personne n’ose sortir de la minuscule classe. Le cours continue, mais le cœur est trop stressé. Maxime imagine les pires scénarios, comme voir un gars débouler du corridor puissamment armé. «C’est pas l’image que je voulais voir!»

Le manque d’information

Aux cinq minutes, les mêmes messages se relaient. Ce sont les seules informations que les étudiants reçoivent. Avides d’en savoir davantage, ils suivent avec intérêt le déroulement des événements sur le site de Radio-Canada. Dans les haut-parleurs, c’est toujours la même rengaine: on demande de ne pas quitter son local.

De l’intérieur, il pense appeler ses parents pour les rassurer. Quel parent ne s’inquièterait pas s’il apprenait qu’un homme armé se promène dans le pavillon où étudie son enfant? «J’ai appelé mon père pour lui dire que tout allait bien. De la manière dont je lui ai parlé, il a pensé que c’était anodin!»

IMG_6714 La tuerie: un canular

Vers 16h30, des policiers escortent les gens de son étage. Maxime est enfin libre. De retour dans son appartement, il s’affale sur le divan, ouvre le téléviseur et regarde les nouvelles. «La crainte que je refoulais est tombée. Sur le moment, quand tu le vis, tu ne sais pas qu’il ne s’est rien passé. Quatorze morts ou aucun, ça ne fait pas de différence», résume-t-il. En apprenant à la télévision qu’il s’agissait d’un pétard mouillé, Maxime se sent con d’avoir eu peur.

Le lendemain, il retourne à l’UQAM avec un arrière-goût dans la bouche. «Quand il t’arrive quelque chose d’intense, tu y repenses», explique-t-il en parlant des événements de la veille. Ce vendredi après-midi, à l’approche des fêtes, les corridors sont déserts, les classes presque toutes vides. Baigné dans ce silence de mort, Maxime rejoue ses pensées de la veille. Un homme armé se profile au bout du corridor. Chaque bruit semble étrange aux oreilles de l’étudiant.

Tout au long de l’après-midi, Maxime se sent oppressé. Les haut-parleurs, cette fois, sont silencieux. En quittant son pavillon, il croise des policiers. Il s’explique leur présence en raison des événements de la veille. C’est de retour chez lui qu’il apprendra que ce vendredi, dans les toilettes du pavillon des sciences de l’éducation, on a retrouvé un colis suspect qui fait penser à une bombe. C’en est trop pour l’étudiant.

Un sentiment d’impuissance

Comme chaque fois qu’il vit un moment difficile, Maxime décide de s’ouvrir. «La pire chose, c’est de le garder en dedans. Ça finit par pourrir.» Les jours suivants, il cherche à en parler. Il se heurte au manque de réceptivité de ses proches. «Parce que c’était un canular, ça signifiait qu’il n’y avait aucune raison de s’en faire. Alors les gens dédramatisaient et ne m’écoutaient pas. Ils en faisaient des blagues, mais moi, quand j’y étais, je n’ai pas trouvé ça drôle.»

Heureusement, son besoin d’en parler s’estompe rapidement. «Ce n’est pas mon premier traumatisme, mais c’est la première fois de ma vie que je me sens impuissant, sans défense. J’étais dans une classe et tout ce que je pouvais faire, c’est attendre que ça passe. Mon malaise, c’était ça.» En comprenant l’émotion qu’il venait d’éprouver, Maxime lâchait prise. C’est en parlant de son expérience qu’il a compris ce qu’il a ressenti. «En jasant, ça m’a fait réfléchir. Et j’ai compris que c’était ça, mon malaise. Que je ne puisse pas empêcher ma mort.»

Reflet de Société, Vol. 17, No 3, Avril/Mai 2009, p. 8-9

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