Consultant scientifique hollywoodien

Consultant scientifique hollywoodien

Pascal Lapointe

(Agence Science-Presse) – CHICAGO — Vous aimeriez côtoyer les vedettes, contribuer à la production d’une série télévisée et mettre des mots dans la bouche des plus belles filles? Simple: devenez consultant scientifique!

Hélas, le métier n’existe pas encore en français. Mais ça ne saurait tarder: il a un tel historique à Hollywood qu’il a déjà réussi à alimenter le travail d’un chercheur britannique, David Kirby, de l’Université de Manchester — dont le livre doit paraître en 2009 — et a pu justifier un atelier spécial lors du récent congrès annuel de l’Association américaine pour l’avancement des sciences.

Science et CSI

Il faut dire qu’on a nettement l’impression que la science occupe davantage de place à la télé américaine ces dernières années — l’effet CSI? —, mais en plus, même dans des productions qui n’ont rien de scientifique, se dégage un réel effort pour ne pas plaquer un jargon juste pour faire illusion.

«Aussi étonnant que cela semble: Hulk», donne en exemple David Kirby. «Son réalisateur était très soucieux de lui donner un arrière-plan (backstory) qui lui apporterait une vraisemblance scientifique.» Tout un contrat, pour un géant vert!

Mais attention aux grands sensibles: si vous tenez mordicus à garder le contrôle sur votre savoir, passez votre chemin. Vous ne serez un bon conseiller scientifique que si vous apprenez à vous adapter et à faire des compromis. Les gens de l’industrie «ne sont pas anti-scientifiques, au contraire. Mais leur jugement l’emportera toujours: est-ce intéressant? Avons-nous le budget? Le temps?»

La crédibilité de The Big Bang Theory

Propos corroborés par Tony Lordon, un des (nombreux) conseillers scientifiques auxquels a fait appel la série américaine Numb3rs (où un génie des mathématiques collabore aux enquêtes du FBI) et par le physicien de l’Université de Californie David Saltzberg, conseiller scientifique pour la série The Big Bang Theory — une comédie tournant autour de deux postdocs en physique, dont l’un voit ses horizons soudain élargis par l’arrivée d’une jeune et jolie voisine.

S’il y a des gens qui s’étonnent que des professeurs d’université se consacrent à des contrats aussi peu «sérieux», ce n’est certainement pas leur cas à eux: au contraire, disent-ils, cela fait partie du mandat de «service à la communauté» de tout prof d’université. Certains vont dans les écoles primaires, donnent des conférences ou sont juges pour les expo-sciences; eux contribuent à la qualité de produits culturels!

Et ça fait quoi, un physicien qui travaille pour The Big Bang Theory? Premier rôle: vérificateur de faits (fact checking), en relisant le scénario. «C’est le plus gros morceau du travail», explique David Saltzberg. Mais avant d’en arriver à cette étape :

— parler de temps en temps au téléphone avec les scénaristes, pour répondre à leurs questions; «mais ne vous faites pas d’idées: le gros de leur science est déjà correct, ils ont fait des recherches; ils sont intéressés, ça aide beaucoup!»

— faire des suggestions sur «la science à venir»;

— leur envoyer des photos (ou les diriger vers des animations sur YouTube) qui montrent ce à quoi devrait ressembler la scène qu’ils ont en tête;

— assister aux enregistrements, au cas où il y aurait des changements de dernière minute;

De temps en temps, une partie de l’équipe de production visite l’université, les laboratoires ou les postdocs; et à ce sujet, en 2006, avant la production du tout premier épisode, les décorateurs avaient demandé à visiter l’appartement «typique» d’un postdoc, afin de s’en inspirer.

Ils s’en inspirèrent tellement bien que le résultat fut jugé… déprimant!

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Les partis politiques, les élections et la science

Les partis politiques, les élections et la science

 

Pascal Lapointe — Agence Science-Presse

N’eut été des changements climatiques, la science aurait été complètement absente de la campagne électorale. Des recherches sur les gènes jusqu’à celles sur le vieillissement en passant par la culture scientifique des citoyens, les nanotechnologies ou les bactéries résistantes, certains des enjeux les plus lourds de conséquences pour les générations futures ont complètement échappé aux écrans radars.

Par exemple, des mots comme « cellules souches », « clonage » ou « reproduction assistée », n’apparaissent dans aucun des cinq programmes des partis politiques. Même « gènes » et « génétique », pourtant des vedettes, ne reviennent que trois fois, uniquement lorsqu’il est question de promettre un étiquetage des OGM (deux fois dans le programme du NPD et une fois dans celui des Verts). Le décodage du génome humain, les bases de données génétiques et les risques qu’elles posent pour la confidentialité, le brevetage des gènes et bien d’autres sujets, sont donc balayés sous le tapis.

C’est jusqu’à l’adjectif « scientifique » qui n’apparaît nulle part dans les deux plus courts documents mis en ligne (Bloc et Verts), et une seule fois dans les 48 pages de la plate-forme du NPD, lorsque ce parti y promet davantage de recherches scientifiques… pour asseoir la souveraineté canadienne dans l’Arctique. Du côté conservateur, dans les 33 pages du programme publié le 7 octobre, les mots « science » ou « scientifique » ne reviennent qu’en trois endroits, dont un concerne, là aussi, la souveraineté canadienne dans l’Arctique.

Le programme libéral se démarque : « crédit d’impôt à la recherche scientifique », subvention à la recherche interdisciplinaire; le mot « recherche » revient 36 fois en 88 pages, quoique généralement assorti du mot « développement », comme dans « recherche-développement ». Cela s’ajoute aux promesses partagées par tous ses adversaires : réduction des gaz à effet de serre (les conservateurs sont les moins ambitieux des cinq), investissements dans des technologies « vertes » pour la production d’énergie (tous les partis s’en mêlent), les transports ou la maison, amélioration de la qualité de l’eau et de l’air, etc.

Et c’est dans le Plan vert des libéraux qu’on retrouve cette phrase qui semble taillée sur mesure pour flatter les scientifiques : « nos investissements en recherche-développement vont faire en sorte que les politiques publiques soient toujours influencées par la recherche et les sciences ».

Sur le rôle particulier des scientifiques, le Bloc québécois va toutefois plus loin encore, dans sa réponse à l’une des 10 questions posées aux cinq partis par l’Agence Science-Presse : « que les scientifiques soient à l’emploi de n’importe quelle institution ou entreprise, ils devraient pouvoir exposer librement les conclusions de leurs recherches, afin d’orienter de nouvelles politiques et/ou d’adapter celles qui sont en place à de nouvelles réalités ».

Si le NPD et le Parti libéral ont accusé réception de ces 10 questions, envoyées le 23 septembre aux cinq partis, seul le Bloc y a répondu. On peut lire la version complète ici. http://jevotepourlascience.blogspot.com/2008/03/questions-les-rponses-du-bloc-qubcois.html

Ces 10 questions à teneur scientifique l’entraînent parfois en territoire inexploré : « les cellules souches offrent un potentiel énorme pour aider à mieux comprendre le développement humain et traiter des maladies dégénératives ». Mais la politique reprend vite le dessus : « il est toutefois très important de rappeler la compétence constitutionnelle du Québec en matière de santé, de réglementation et d’encadrement de la pratique médicale et de la recherche à l’intérieur des établissements du réseau québécois de santé ».

Au final, même si l’item « science et technologie » n’est pas un élément négligeable des dépenses gouvernementales (9,2 milliards $ dans le budget 2007-2008), les doléances des scientifiques auront eu peu d’échos pendant la campagne. Les quelques sorties publiques, comme celle du climatologue Andrew Weaver, de l’Université de Victoria, un des coauteurs du rapport du GIEC (le groupe d’étude des Nations Unies sur les changements climatiques), qui a dénoncé les coupes dans la recherche, n’ont eu droit qu’à quelques entrefilets. Si jadis, on disait que les élections ne se gagnent pas avec des prières, aujourd’hui, elles ne se gagnent pas avec de la science!

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Perez Hilton et les grandes gueules du Web

Perez Hilton et les grandes gueules du Web

Dossier Britney Spears

Le 14 mai dernier, le Journal de Montréal nous présentait Perez Hilton, un blogueur qui s’amuse à potiner sur les vedettes d’Hollywood: commentaires juteux, photo de paparazzi tout est bon pour Perez Hilton pour attirer l’attention. Les potins, vraies ou pas, sur Britney Spears, Angelina Joly, Ben Affleck, Paris Hilton… Une ou deux photos. Une ou deux phrases virulentes et c’est tout.

Ce qui me surprend c’est que des millions d’internautes se régalent de ces potins vident de sens et de véracité. Plusieurs actions en cours risquent de faire fermer le site. Mais je suis déçu que ce genre de site puissent durer des années avant que les procès le fassent fermer. La lecture est la nourriture de l’âme dit-on. Mais certaines lectures sont plus fast-food que d’autres.

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