VIH: Imprimer un magazine au sang infecté

Reflet de Société juin 2015

Démystifier le VIH et les séropositifs

Dans les semaines à venir paraîtra Reflet de Société de juin 2015. Le sujet à l’honneur est le VIH et les conditions de vie des personnes séropositives. De l’autre côté de l’Atlantique, en Autriche, un magazine sort un numéro traitant du même sujet. La différence? Il est imprimé avec du sang contaminé.

Delphine Caubet      Dossiers SantéSida VIH MTS Aids

sida-tue-encore-vih-mtsNous ne sommes pas allés aussi loin. Avec Reflet de Société, vous découvrirez des témoignages de personnes vivant avec le VIH, de leur quotidien et des changements dans leur vie.

Notre objectif est de lutter conter les préjugés à l’encontre de ces personnes, alors que COCQ-sida (coalition des organismes communautaires du Québec de lutte contre le sida) entend bien souvent des hérésies. Comme ne pas vouloir partager des ustensiles de cuisine. Et ce type de réflexions peut venir de toutes les populations, dont celles dites «plus éduquées».

Mesure extrême

Pour atteindre le même objectif que nous, le magazine australien pour hommeVangardist a imprimé 3 000 exemplaires de leur édition spéciale avec du sang contaminé. Ce dernier venait de 3 donneurs: un homme homosexuel, un autre hétérosexuel et une femme contaminée par son mari.

Des choix de donneurs qui n’ont rien d’anodin, qui viennent briser la légende que le VIH ne concerne que les gays.

Si la mesure parait extrême, je l’apprécie car elle vient détruire un autre mythe: on ne contracte par le virus en touchant une personne ou son sang. Il faut que ce sang rentre dans l’organisme alors que le virus est toujours en vie.

Virus qui meurt à l’air libre ou au contact d’un pH acide (comme l’encre avec laquelle était mélangé le sang). Pour preuve, Vangardist a fait tester ses exemplaires et effectivement le virus est mort. Le magazine est sécuritaire.

Informé et préservé

Conclusion: on contracte le virus par des relations sexuelles non protégées et autres échanges de fluides. Comme une seringue qui passerait d’un bras à l’autre.

Le VIH est une maladie mortelle et incurable qu’il ne faut pas prendre à la légère. Pour autant, les personnes séropositives ne sont pas des bombes en puissance. Particulièrement avec les nouveaux traitements réduisant de 96% la charge virale des patients.

Rendez-vous en juin pour d’autres informations!

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L’amour en 3 dimensions.

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Circoncision à la chaîne

Circoncision à la chaîne

(Agence Science-Presse) – Placés devant le fait que la circoncision réduit les risques de transmission du sida de 60 %, la Fondation Bill et Melinda Gates a financé une première: plus de 600 000 hommes se feront offrir une circoncision gratuite en Zambie et au Swaziland.

D’autres programmes du genre avaient obtenu un succès ces dernières décennies en Afrique, mais jamais à une pareille échelle.

 

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Prison et spiritualité

Livre de Colin McGregor LOVE in 3D

Présentation en français de LOVE in 3D

Prison et spiritualité

Ce texte sur la spiritualité a été rédigé par Jean-Pierre Bellemare. Détenu depuis 22 ans à la prison de Cowansville, l’auteur signe depuis 2 ans la Chronique du prisonnier dans la revue Reflet de Société.

Raisonnement sur la foi

Étant du genre Thomas, tout ce qui implique une grande croyance, comme la foi catholique, m’a longtemps causé de l’urticaire. Pourtant, depuis de nombreuses années, je fréquente assidûment la chapelle de la prison et je n’hésite jamais à débattre de religion.

Les cieux pour les creux?

Récemment, une déclaration d’Albert Einstein concernant les croyants est venue chatouiller ma fierté. En résumé, il concluait que les religions servaient de béquilles pour les faibles d’esprits. Nous avons aussi au Québec un adage qui dit: «heureux les creux car les cieux sont à eux». Voilà une seconde affirmation qui mérite réponse.

Idéologie comme arme

Il est vrai que trop souvent les religions furent des engins de guerre. Armées d’idéologies réductrices et envoûtantes, elles ont charmé des milliers de personnes à faire le mal au nom du bien. Ce phénomène se produit encore de nos jours dans les pays émergents. Cette façon historique de faire a fini par devenir un excellent argument d’achat pour les athées. Malgré cela, je suis resté fidèle; pourquoi donc?

Horreurs non méritées

Témoin de nombreuses injustices durant ma vie, je ne suis jamais arrivé à trouver d’explications acceptables, ou à tout le moins rationnelles, à la famine, au sida et au cancer qui tous frappent sans distinction des gens aimants, aidants et bons. La maladie frappe avec une violence sans vergogne. Ces malheurs dépassaient mon entendement.

Une bonne partie des explications données par l’Église ne rejoignent plus la majorité de ceux que je connais. Ils ont besoin de raisonner leur foi, ce qui rend la religion beaucoup moins achetable.

J’ai pour ma part trouvé une explication qui me rassure sans que j’aie à faire abstinence de mon raisonnement. De plus, c’est rationnel et plausible.

Hommes minuscule pour un but immense

Le corps humain est composé de milliards de cellules vivantes et chacune d’entre-elle remplit une fonction bien précise. Chaque jour, des millions de ces cellules meurent pour laisser la place à d’autres, et cela, indépendamment de leur grosseur, leur âge ou leur couleur. Voyez-vous un début d’explication? Ces cellules accomplissent un travail qui dépasse leur entendement: celui de nourrir et de faire fonctionner un être au-dessus de ses capacités de compréhension.

La vie de l’homme est aussi au service d’une fonction qui est bien au-delà de sa propre compréhension. À une échelle un peu plus réduite, la terre se nourrit de lui par son labeur et parfois l’élimine pour faire place à un autre, et cela, sans distinction précise. Les notions de mal et de bien donnent uniquement une structure et une dynamique à notre société pour la rendre contrôlable. Cela n’en fait pas une qui serait nécessairement meilleure ou mauvaise.

Il existe un nombre incalculable de parallèles entre ce qui se passe a l’intérieur d’une personne et le fonctionnement de notre planète. Les rivières qui coulent dans les fleuves et les veines qui coulent dans les artères; la composition d’un corps humain et celui de la planète… L’Être supérieur ne résonne pas en fonction des bénéfices qu’il pourrait apporter aux hommes. Cela va bien au-delà.

autres textes de Chroniques d’un prisonnier

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Lutte contre le VIH en Afrique

Lutte contre le VIH en Afrique

Lisa Melia……DOSSIERS Sexualité ET MTS-Sida

«La distribution d’eau au lieu de la distribution massive de préservatifs en Afrique signifierait réduire la mortalité causée par beaucoup de maladies infectieuses et virales, y compris le Sida», écrivent quinze étudiants camerounais à Rome, dans une Lettre ouverte à Zenit. Ils entendent protester contre les critiques qui ont pris pour cible le pape après son passage en Afrique, et ses propos sur le préservatif.

Une industrie lucrative

Si la question du condom revient sans cesse, c’est parce que c’est un marché très important pour les occidentaux, affirment les auteurs. Les médias auraient ainsi volontairement déformé le message du pape, qui ne condamne pas l’usage du préservatif mais prêche pour un encadrement de la sexualité par un enseignement moral et sexuel. Cette manipulation médiatique » n’aurait pour but que de «détourner l’intérêt pour les problèmes réels de l’Afrique.»

Par ailleurs, écrivent-ils, les entreprises de fabrication de préservatifs sont implantées en Occident, et la richesse créée, aussi bien par la production que par le transport, représentent une source de revenus non négligeable, ce qui encourage à présenter le condom comme seul moyen de lutte efficace contre les maladies transmissibles sexuellement (MTS).

371275_condom__path_001Un modèle de développement occidental

«Nous disons NON à ce modèle culturel tout à fait étranger à nos valeurs et à nos traditions, qu’on veut nous imposer comme facteur déterminant pour l’amélioration de notre qualité de vie», assènent les étudiants. Ils dénoncent une «pitié hypocrite» qui conduit à ne pas traiter les vrais problèmes du continent africain. Des installations pour creuser des puits et produire de l’énergie seraient nettement plus utiles. Ce sont des facteurs de développement humain et économique qui permettraient aux Africains de subvenir à leurs besoins fondamentaux. Or, sur le plan économique, les camerounais soulignent la pratique de mesures défavorables, comme le protectionnisme agricole soutenu par l’Union Européenne, qui sont particulièrement dommageables pour l’industrie africaine.

ABC contre Sida

Une expérience menée en Ouganda, en Afrique de l’est, avec le soutien du gouvernement, a par ailleurs fait ses preuves. C’est l’ABC: A pour abstinence, B pour fidélité («be faithful» en anglais) et C comme préservatif («condom»). Dans le cadre de ce programme, l’Ouganda est le seul pays d’Afrique à avoir obtenu de bons résultats dans la lutte contre le Sida. En 1991, la fréquence d’infection de la population était de 15%. En 2001, elle est passée à 5%, faisant de l’Ouganda le champion africain de la lutte contre le VIH.

Ce sont deux chercheurs de l’Université de Cambridge qui avancent ces chiffres. Leur étude, parut en 2004 dans le magazine anglophone Science, montre que l’âge moyen du premier rapport sexuel en Ouganda est passé de 15 à 19 ans chez les garçons. La recommandation de fidélité aurait quant à elle permis de réduire de 60% la tendance d’avoir de multiples partenaires. Finalement, le préservatif est la solution de dernier recours, quand l’abstinence et la fidélité ne sont pas respectées. Or, les chercheurs prouvent que ce sont surtout les deux premiers axes du programme qui ont permis de faire reculer les chiffres du Sida.

Des solutions adaptées au problème du Sida en Afrique

Ainsi, les étudiants, dans leur lettre ouverte, tout en dénonçant le «libéralisme sexuel» que les occidentaux chercheraient à implanter en Afrique, soulignent que des solutions misant davantage sur l’éducation sexuelle et morale, associées au préservatif, permettrait davantage de réduire la portée de l’infection. Ils insistent également sur l’importance de donner à l’Afrique les moyens de son propre développement, car c’est de cette manière que les questions de santé et de pauvreté seront efficacement traitées. C’est pour eux le seul moyen de résoudre «les problèmes qui donnent à l’Afrique l’image d’un continent désespéré.»

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Les sites d’injection supervisée au Québec

Les sites d’injection supervisée au Québec

Robin Drevet         Dossiers MTS-Sida, Toxicomanie, Alcool et drogue, Vancouver, Site d’injections supervisées , Itinérance

Suite à l’article de Raymond Viger sur le site d’injection supervisée à Vancouver dans le volume 16 numéro 6 de septembre dernier, Reflet de Société s’est intéressé à la possible ouverture d’un tel service au Québec. Puisque toxicomanie et transmission du virus sont en lien direct, cet article fait partie du dossier sur le VIH.

Les sites d’injection supervisée sont destinés aux consommateurs de drogues par injection (héroïne, crack…) pour leur fournir un cadre plus sécuritaire que la rue. Pour comprendre où en est ce processus, nous avons rencontré Jean Sébastien Fallu, président et fondateur du GRIP (Groupe de Recherche et d’Intervention Psychosociale), et professeur adjoint à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Les toxicomanes restent dans l’ombre

Lors de la semaine de prévention sur la toxicomanie au Québec, du 16 au 22 novembre 2008, des bénévoles du GRIP ont fait signer une pétition pour l’ouverture d’une piquerie au Québec. Au contraire de la campagne de dépistage du cancer du sein, cette semaine de prévention est passée inaperçue. «Le problème, c’est que les toxicomanes attirent moins d’empathie que des personnes atteintes du cancer. On considère ces derniers comme non responsables de leur état, ce qui d’ailleurs est vrai», explique le professeur Fallu.

Pourtant, la toxicomanie est un problème réel et très présent au niveau de la Santé Publique au Québec. Alors pourquoi ces tabous?

Site d’injection supervisée: précisions

Il faut d’abord savoir ce qu’est exactement un site d’injection supervisée. C’est un endroit propre où se procurer des seringues neuves. Ce qui permet de prévenir la transmission de maladies comme l’hépatite C ou le VIH, évite les risques de surdoses entrainant souvent le décès, et aussi réduire les nuisances publiques créées par les toxicomanes. Ce genre de centre met aussi à disposition une assistance pour ceux qui veulent s’en sortir, comme sur le site de Vancouver qui allie à la fois piquerie et centre de désintoxication.

«L’opinion publique n’est pas informée des problématiques concernant la toxicomanie. Une étude a démontré qu’après une campagne de sensibilisation sur les difficultés rencontrées par cette population, 53% des personnes interrogées étaient en faveur de l’ouverture d’un tel site», dit Jean Sébastien Fallu.

Besoin des intervenants et des toxicomanes

Au Québec, il y a une forte demande, à la fois des intervenants et de la clientèle, avec un certain consensus de tous les organismes, pour l’ouverture d’une piquerie. Même le Programme National de Santé Publique établi par le Ministère de la Santé Publique et des Services Sociaux du Québec préconise l’ouverture d’un site d’injection supervisée. M. Fallu explique l’imbroglio politique autour de cette question. Philippe Couillard, ministre de la santé de 2003 à 2008, avait donné son accord pour ouvrir ce site. Seulement, son successeur, le docteur Yves Bolduc, n’a pas repris cette initiative. Bien qu’après réflexion il se soit montré plus flexible, il ne peut revenir complètement sur sa décision par peur de perdre la face.

Site d’injection supervisée: problème politique ou éthique

Le problème est-il politique ou éthique? Car des problèmes éthiques sont à considérer. L’ouverture d’un tel site encourage-t-il la consommation de drogues? Légitime-t-on cette dépendance? On peut répondre à ces interrogations que, malgré toutes les politiques répressives mises en place dans de nombreux endroits, la consommation n’a pas reculé. Aux États-Unis il apparaît clairement que la politique répressive n’a pas fonctionné. Dans les années 70, environ 2% de la population américaine avait déjà testé une drogue. Aujourd’hui, sous l’approche répressive, on estime que la proportion de gens qui ont goûté à la drogue est passée à près de 46%.

Aujourd’hui, l’approche rappelle la politique du moindre mal à savoir des centres d’échanges de seringues, la distribution de kits sains avec seringue neuve et préservatif.

Jean Sébastien Fallu résume bien la situation au Québec, qui peut s’appliquer d’ailleurs un peu partout, en citant un politicien luxembourgeois: «On sait ce qu’il faut faire concernant la drogue, mais on ne sait pas comment être réélu après.»

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.25

À lire aussi : Insite de Vancouver: site d’injection supervisée

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VIH-Sida: les problématiques de la prévention

VIH-Sida: les problématiques de la prévention

Robin Drevet

Dossiers MTS-Sida, SexualitéHomosexualité et Toxicomanie , Site d’injections supervisées

Après avoir abordé dans le volume 17 numéro 1 de novembre dernier la question du lien entre homosexualité et VIH, Reflet de Société profite de la journée mondiale de lutte contre le Sida pour vous offrir un dossier en trois volets sur l’impact du VIH au Québec: éducation et prévention, traitement des séropositifs et site d’injections supervisées.

Nous avons rencontré différentes personnes concernées par ce sujet: le médecin et fondateur de la clinique l’Actuel, Réjean Thomas, spécialisé dans la santé sexuelle, le coordinateur en communication de la Coalition des Organismes Communautaires Québécois de lutte contre le Sida (COCQ-Sida), René Légaré et l’avis de personnes du ministère de la Santé et des Affaires sociales du Québec. De plus de jeunes homosexuels se sont confiés à nous.

L’éducation et la prévention sont les deux outils dont disposent les pouvoirs publics et les organismes qui veulent lutter contre l’expansion de l’épidémie du sida. Encore faut-il comprendre l’ampleur et l’impact du VIH dans la province.

Situation du VIH au Québec

Selon divers rapports du ministère de la Santé et d’associations de luttes contre le sida, l’épidémie du VIH au Québec s’est étendue. On compte environ 500 nouvelles infections en 2008. La population touchée étant pour 79% des hommes dont 52% contaminés suite à une relation sexuelle avec un autre homme et 12% en consommant des drogues par injection.

Ces chiffres peuvent être trompeurs. Ils ne prennent pas compte des personnes qui ne se savent pas infectées. «On considère que un tiers des personnes infectées par le virus ne sont pas au courant de leur statut sérologique», explique le docteur Réjean Thomas. Après cet ajustement, on peut considérer qu’il y a eu 700 infections en 2008.

Durant les mois d’octobre et novembre, la clinique l’Actuel a mis en place une campagne de publicité offrant un test de dépistage gratuit pour les hommes gais : «en un mois et demi, nous avons effectué plus de 500 tests, ce qui veut donc qu’il existe un réel besoin», assure M. Thomas.

Quelle est la réponse des pouvoirs publics à ce besoin?

La prévention du VIH

Le ministère de la Santé Publique et des Affaires Sociales a mis en place une campagne annuelle de prévention lors de la journée mondiale de lutte contre le Sida qui a lieu chaque année le 1er décembre. Cette campagne existe depuis environ 20 ans. Ces dernières années, elle cible les populations à risques, soit les consommateurs de drogues par injection et les Hommes Ayant des Relations Sexuelles avec d’Autres Hommes (HARSAH).

La campagne de prévention 2008 cible les HARSAH. Intitulée «Juger Propage le SIDA», elle explique que les actes homophobes entraînent une baisse de l’estime de soi et une plus grande difficulté à s’accepter et se sentir bien tel qu’on est. Or, M. René Légaré confirme, «l’estime de soi joue un rôle très important dans la probabilité d’avoir ou non des comportements à risque».

En effet des études ont démontré que les personnes qui se sentent dévalorisés ont tendance à ne pas respecter leurs propre corps et donc à le mettre en danger plus facilement, de même que le corps de leur partenaire.

Mais notre jugement venant principalement de notre éducation, quelle place les pouvoirs publics réservent-ils à la question de l’éducation?

Une jeunesse de plus en plus exposée au Sida

Jusqu’en 2003, un jeune recevait un cours d’éducation sexuelle par un professionnel de la santé comme un sexologue par exemple. Ces cours permettaient aux jeunes de démystifier les relations amoureuses et de les sensibiliser sur les différentes orientations sexuelles existantes, sans oublier de les informer sur les différentes Infection Transmissible Sexuellement et par le Sang (ITSS) et les comportements à risque.

Cette démarche d’accompagnement a été supprimée pour être remplacée par un programme réparti sur toute la scolarité et pouvant être assuré par n’importe quel professeur. Monsieur Légaré fait d’ailleurs remarquer : «on ne voit pas un professeur de mathématique parlant de sexe avec ses élèves, et les professeurs de biologie vont souvent seulement aborder la sexualité sous un angle purement technique, évoquant donc peu l’homosexualité.»

La prévention du Sida manque de budget

Le gouvernement met en place des campagnes de prévention depuis 20 ans. Seulement, le budget alloué à la lutte contre le Sida n’a pas augmenté depuis des années alors que les besoins ont connu une croissance exponentielle. C’est ce qu’a voulu montrer le COCQ-Sida en rebaptisant cette année la Journée mondiale de lutte «Journée mondiale du photocopieur.» «Depuis 20 ans, le ministère consacre le même budget à la lutte contre le Sida alors que notre combat se porte vers un public plus large, vers de plus en plus de maladies que dans les années 80», dit René Légaré.

Évoquant les subventions que son organisme touche pour faire des campagnes de prévention il s’exclame : «Je dispose de 80 000 dollars pour un an à répartir entre des campagnes auprès des hommes gais, des femmes, des immigrants et des utilisateurs de drogues par injection.» Les besoins sont de plus en plus lourds, surtout ces dernières années, où on voit le retour de maladies qui avaient presque disparues: la syphilis (300 cas en 2008, 18.6% de plus qu’en 2007), la chlamydia (14 400 cas, 6.5% de plus), la gonorrhée (1 626 cas, 13.5% de plus). Et pour ce qui est du Sida, on peut estimer entre 500 et 1 400 nouveaux cas en 2008.

ITSS: La responsabilité de tous

Bien sur, chacun est responsable de son corps et de ses actions et donc des risques qu’il prend et que l’on fait prendre à son partenaire. Mais les pouvoirs publics ont en charge l’éducation et la sensibilisation. Or, cette mission ne semble pas être remplie pleinement lorsqu’on voit la recrudescence des ITSS dans la jeunesse québécoise démontrée par les chiffres ci-dessus.

Alors, il faudrait rappeler aux responsables de l’éducation de nos jeunes (parents, professeurs…) que si on veut changer ces faits inquiétants, il faudrait savoir aussi se mobiliser comme lorsqu’on a voulu supprimer les cours d’éducation religieuse et morale.

On a les moyens et les ressources de changer les choses en ce qui concerne cette pandémie alors c’est à nous de donner l’exemple, de prendre en main les générations futures en les informant, en les déculpabilisant car l’estime de soi joue un rôle très important dans la gestion des comportements à risques.

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HARSAH

HARSAH: Homme ayant des relations sexuelles avec un autre homme. Concept inventé pour pouvoir toucher les hommes qui n’assument pas leur penchant homosexuel. Ce sont souvent des hommes mariés avec enfants. Cette population est très présente en région et les comportements qu’ils adoptent peuvent avoir des répercussions fortes sur leur famille. Le problème qu’il y a eu avec ce terme est qu’il a éclipsé le terme gai et donc, d’un point de vue marketing, certains homosexuels ne se sentent plus concernés.

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Réponse sur un article paru:

Dans le numéro précédent, nous avions publié un article sur le lien systématique fait entre la communauté homosexuelle et le VIH. La polémique venait d’une publicité de la clinique l’Actuel proposant des tests VIH gratuits pour les hommes gais. Nous avons rencontré le fondateur de la clinique, le docteur Réjean Thomas, qui nous a répondu: «cette publicité avait pour but de choquer et de faire parler, ce qui a fonctionné. Le besoin est réel mais les gens ne s’en rendent pas compte. Il fallait donc un message-choc pour interpeller les hommes gais qui se font rarement dépister.» Cette campagne de publicité est justifiée mais, sans explication adéquate, elle peut avoir des conséquences néfastes (renforcement des préjugés, baisse d’estime de soi pour les jeunes homosexuels, augmentation des comportements à risques pour les hommes non-gais, etc.)

À lire aussi: Le Sida tue encore

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Nobel de médecine 2008 — La revanche de Luc Montagnier

Nobel de médecine 2008 — La revanche de Luc Montagnier

(Agence Science-Presse) – L’opinion publique avait dit de lui, il y a un quart de siècle, qu’il s’était fait «voler» sa découverte du virus du sida. Que la controverse américano-française qui s’en était ensuivie l’avait à jamais délogé de la course au Nobel. À 76 ans, Luc Montagnier vient d’obtenir sa récompense.

Et pas seulement lui : le public connaît moins sa collègue Françoise Barré-Sinoussi, 61 ans, qui serait celle-là même qui a isolé ce virus en 1983. Alors chercheuse depuis huit ans à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale sur les relations rétrovirus-cancers, elle est recrutée par Montagnier pour travailler sur «une nouvelle infection» alors inconnue. En compagnie de Jean-Claude Chermann, ils isolent le 20 janvier 1983 un virus qu’ils appellent LAV (Lymphadenopathy associated virus). Les résultats paraissent dans Science en mai 1983.

Même virus, autre point de vue

Dès janvier toutefois, comme il faut agir vite — le sida est devenu une hantise mondiale et l’on ignore encore tout de ses origines et de son mode de transmission — l’équipe française envoie des échantillons à ses collègues américains, dirigés par le célèbre Robert Gallo. Les Américains s’empêtrent alors sur une fausse piste et croient avoir eux aussi isolé le virus du sida, qu’ils baptisent à l’automne 1983, HTLV-III. Il s’avèrera plus tard qu’il s’agit du même virus, provenant de la même personne, initialement isolé par les Français.

Mais le mal est fait : les Américains travaillent à minimiser l’apport des Français, les médias se mettent de la partie… Il s’ensuit une polémique politique entre les deux pays, où la dimension scientifique prend le dessous. Le tout s’achève en décembre 1987 par une entente politique sur les (lucratives) redevances sur les tests de dépistage, partagées à parts égales entre les deux «découvreurs».

Dans son communiqué publié lundi matin, le Comité Nobel ne nomme nulle part Robert Gallo. Rejoint par l’agence AP, Gallo s’est dit «déçu», mais a ajouté que les trois scientifiques méritaient cette récompense.

Des virus responsables de cancers?

Le troisième membre du trio gagnant du Nobel de médecine 2008, l’Allemand Harald zur Hausen, 72 ans, n’a rien à voir avec le VIH, le virus responsable du sida, mais son choix souligne le contexte scientifique plus large dans lequel cette découverte s’était faite: la recherche d’un lien entre des virus et certains cancers.

Dans les années 1970, de nombreux laboratoires à travers le monde s’étaient lancé sur la piste des rétrovirus : des «virus à ARN», ainsi nommés parce qu’ils peuvent transformer leur code génétique de telle façon qu’ils s’infiltrent plus facilement dans les cellules. C’est alors à une course frénétique au cancer qu’on assiste entre les laboratoires, frénésie qui n’est pas étrangère à la controverse Montagnier-Gallo: Gallo accumule les succès dans les années 1970, Montagnier, fondateur du département de virologie à l’Institut Pasteur en 1972, travaille dans l’ombre. Gallo symbolise l’hégémonie américaine, que nul ne songerait à ravir.

Or, pendant ce temps, le Dr zur Hausen suit lui aussi la piste virus-cancer. Dans les années 1970, ce chercheur en virologie se concentre sur le cancer du col de l’utérus — le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes — émettant l’hypothèse qu’il est causé par un virus proche de celui déclenchant les verrues — à l’encontre du dogme de l’époque, écrit la Fondation Nobel.

En 1983, il isole deux formes de virus du papillome humain (VPH), à l’origine du cancer du col de l’utérus. De tous les virus transmis sexuellement, c’est le plus fréquent. De cela découleront une meilleure connaissance des mécanismes de cette infection, des tests de dépistage et des vaccins.

C’est de cette découverte que résulte aujourd’hui, la recommandation des médecins de vacciner systématiquement les préadolescentes contre ces virus, avant qu’elles n’aient eu leurs premières relations sexuelles.

VIH et VPH: deux acronymes qui, pour longtemps encore, resteront une illustration des carrefours, pas toujours réjouissants, entre politique, société et science.

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