Les jeunes du secondaire et un voyage dans le Grand Nord

Secondaires du Cégep Sophie-Barat

L’expédition au Nunavik

Les Inuits. Une culture que beaucoup pensent connaître. Certains les appelant plus ou moins péjorativement «Esquimaux», d’autres imaginant des Indiens dans la neige. Pour lutter contre ces préjugés et ces erreurs, des jeunes de 4e et 5e années de l’école Sophie-Barat sont partis 11 jours dans le Nunavik.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneÉducation.

Cégep Sophie-Barat voyage Nunavik

Pendant 1 an, ces jeunes ont été éduqués sur l’Histoire des Inuits et des Premières Nations. Aidés et accompagnés de Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme d’aide et conseils auprès des autochtones), les jeunes ont maintenant une mission: parler des Inuits et de leur Histoire pour ne pas oublier.

Mission

Partir à Kangiqsualujjuaq n’était pas le fruit du hasard. L’organisatrice, Lyne St-Louis, connait bien la région et ce petit village de 800 habitants possède une riche vie culturelle. Pour cette expédition, Élodie, Noé et leurs acolytes y sont allés en journaliste. Enregistreuse en main, ils ont vécu au rythme de la vie locale pour s’intégrer et poser des questions.

Car le plus gros du travail est à leur retour. Au travers de conférences et d’événements, les jeunes partageront leur expérience et leurs connaissances pour sensibiliser la population québécoise aux enjeux des Inuits. «Car il n’y aura jamais assez d’efforts pour sensibiliser», précise Lyne St-Louis, et il faut comprendre comment ils en sont arrivés là.

Comme dans toutes expéditions, certaines craintes peuvent se présenter au départ. Noé, élève en secondaire IV, se posait une question importante: les Inuits sont-ils toujours fâchés après les Blancs?

Durant les mois de préparation, les jeunes ont vu des films tels que We were children ou Echo of the last howl, suivis de discussions pour appréhender la réalité de ces peuples. Ils ont appris l’histoire des pensionnats et du traumatisme collectif, mais aussi de l’abattage des chiens, qui en plus d’être un crime envers ces animaux, a bouleversé le mode de vie de ces peuples.

Mais Noé est vite rassuré. À leur arrivée, leur premier contact sur place est Charlie. Un Inuit qui a marqué autant Noé que son professeur par le calme et la sérénité que dégageait cet homme.

Survie

«Les 3 mots d’ordre de ce peuple sont force, beauté et résilience», annonce Élodie. Les jeunes ont pu observer comment les habitants, avec résilience, travaillent à la survie de leur culture. Noé donne l’exemple de festins communautaires pour illustrer ce phénomène.
Plusieurs fois par an, les habitants se réunissent autour d’un festin composé de nourriture traditionnelle et contemporaine. Dès leur arrivée, les jeunes ont pu assister à celui organisé en l’honneur de la fin de la formation des femmes. Pendant cette soirée, des spectacles ont accompagné le souper, et les jeunes ont eu l’opportunité d’échanger avec les aînés.

Un souvenir agréable pour les apprentis journalistes, bien qu’ils aient gardé une gêne à poser des questions sur les pensionnats et les traumatismes du passé.

Autre exemple de force et de résilience: les cultural classes. Dans ces cours, les garçons apprennent à réparer les motoneiges et à chasser, tandis que les filles apprennent (entre autres) la couture. Toujours dans le but de conserver leur patrimoine.

Alimentation

Pendant leurs 3 jours au parc national Kuururjuaq, les jeunes ont appris à pêcher comme la tradition inuite l’exige, à chasser et à monter une tente. «Comme le répète Éric, notre professeur, il faut garder l’esprit ouvert», précisent les étudiants. Alors, après la pêche vient le repas. Au menu: du poisson cru. Et ils ont adoré ça! À part le cœur qui a laissé un souvenir plus partagé chez les apprentis pêcheurs.

Dans le Nunavik, les Inuits se nourrissent de viande et de poisson crus, tout en intégrant des
aliments plus «occidentalisés». «Mais c’est extrêmement cher», précise Élodie. À quoi Noé ajoute que les prix sont parfois 3 fois plus chers et qu’un sac de chips peut coûter 9,95$.

Pendant ces 10 jours dans le nord, les jeunes n’ont pas fait que regarder. Ils ont aussi participé. À travers du bénévolat, notamment dans les cuisines pour participer à une meilleure éducation alimentaire ou dans les écoles pour aider les jeunes avec le français.

Perte culturelleKangiqsualujjuaq parc nature communauté

Malgré la beauté de ce peuple et leur volonté de conserver leur culture, comme bien d’autres jeunes dans une situation analogue, les jeunes Inuits se trouvent pris entre deux feux. D’un côté, ils vivent dans un village isolé qui ne possède qu’une route pour se rendre à l’aéroport. Ce qui aurait tendance à conserver leur culture.

D’un autre côté, les jeunes Inuits sont eux aussi influencés par la culture américaine. Car bien qu’ils n’aient pas le réseau téléphonique, Internet et le wifi fonctionnent et ils voyagent en métropole. «Ils ont tous un iPod et écoutent Justin Bieber», conclut Élodie.

Étudier?

Comme dans beaucoup de lieux isolés, les étudiants font face à un choix difficile.

Dans le village de Kangiqsualujjuaq, jusqu’au secondaire, les jeunes peuvent rester dans leur famille pour étudier. Quant à ceux qui souhaitent continuer, ils doivent quitter leur village pour se rendre au Cégep. Élodie et Noé expliquent alors que pour beaucoup d’entre eux, ils doivent faire une année de préCégep pour se mettre à niveau.

Jusqu’en 3e année, les Inuits étudient dans leur langue: l’Inuktitut. Un moyen de faire vivre leur culture. Mais à partir de la 4e année, il bascule vers le français. Et forcément, «tu ne peux pas arriver au même résultat», explique Lyne. Les jeunes doivent apprendre simultanément une langue et une matière. Alors, forcément, les élèves ont du retard dans leurs cours.

En plus de ces difficultés linguistiques, le mode d’apprentissage des Inuits n’est pas le même que celui des autres Québécois. D’après Lyne: «Les Inuit ont le même
programme, mais il n’est pas adapté à eux, ce n’est pas assez concret. Déjà qu’en général au Québec c’est difficile… Eux apprennent selon le mode watch and learn. Le programme est trop abstrait pour eux.»

Retour

Depuis leur retour à Montréal, les jeunes ont donné quelques conférences dans les écoles pour sensibiliser la population et lutter contre les préjugés. «Car ce n’est pas vrai que tous les Inuits sont des alcooliques, s’insurge Élodie. Pour ceux qui le sont, il faut comprendre leur Histoire et pourquoi.»

À l’avenir, nul ne peut prévoir les effets de cette expédition sur les jeunes et la communauté du
Nunavik. Une relation s’est créée et les villageois demandent des nouvelles des adolescents. Parmi les apprentis journalistes, Élodie a été particulièrement influencée par ce voyage et elle souhaite désormais devenir infirmière ou ambulancière dans le Grand Nord.

Impact auprès des jeunes

Sur les 18 jeunes faisant partie de l’expédition, environ 5 sont toujours très engagés dans leur mission de sensibilisation. Une réalité, mais aussi une grande déception pour Lyne, «car les jeunes ne réalisent pas toujours le travail qu’ils ont au retour.»

«Mais c’est l’expérience d’une vie, et pour 50% d’entre eux, ce vécu aura un impact.» Si l’engagement sur le long terme de ces jeunes est difficile à évaluer, Lyne St-Louis n’oublie pas de préciser «que c’était un bon groupe», qui s’est bien adapté et a tout essayé.

Sur le court terme, Éric Laforest, professeur d’Éducation physique et de plein air à l’école Sophie-Barat, constate une réduction du bruit de la part de ses étudiants. «On se faisait souvent dire que l’on parlait trop fort», plaisante Élodie. Si Éric constate ce 1er changement, il veut surtout que ses jeunes prennent conscience d’être des privilégiés.

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Autres textes sur Autochtone

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Trois mots pouvent décrire le cheminement artistique de la muraliste Fanny Aïshaa: Unité, biodiversit

é et diversité des peuples.

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Immigration au Québec et le tourisme français

Rien de moins pour le ministre Laurent Fabius!

100 millions de touristes pour la France

Raymond Viger   Dossiers ImmigrationInternationalFrancophonie

eiffel-tower-paris-tour voyage france tourisme immigrationUn article du Figaro nous présente le nouveau projet du ministre des Affaires étrangères de la France:

Paris a beau être en tête des villes touristiques en termes de fréquentation, la France entend bien attirer de plus en plus de visiteurs étrangers. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en a fait un objectif chiffré: 100 millions de touristes étrangers visitant la France, contre 83 millions en 2012.

Tout de même étrange que le gouvernement Français cherche à augmenter le tourisme chez eux et qu’ils ne soient même pas capable d’intéresser les Français à vivre chez eux!

La file d’attente pour les Français qui veulent quitter la France est tellement grande que même le Canada a dû fermer ses frontières à la France!

La recette de base pour attirer des touristes ne serait-elle pas d’avoir des habitants fiers et heureux de vivre en France?

Article du Figaro.

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Autres textes sur Immigration

 Bistro le Ste Cath

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Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com

 

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Loterie: de la menue monnaie pour le Québec

Loterie: de la menue monnaie pour le Québec

François Richard Dossiers Gambling et jeu compulsif et Loto-Québec

Une chaîne de télévision a révélé la semaine dernière que Loto-Québec a dépensé presque deux fois plus d’argent en cadeau pour les clients fidèles de ses casinos que pour de la prévention contre le jeu pathologique. 54 millions de dollars ont ainsi été remis aux plus grands joueurs sous forme de voyages, billets pour des matchs de hockey, etc. 30 millions de dollars ont été dépensés en prévention.

Clientèle de luxe

Le porte-parole de Loto-Québec, Jean-Pierre Roy, a défendu les décisions de son employeur en invoquant l’importance d’être compétitif. Les casinos québécois devraient selon lui se montrer aussi généreux que ceux de l’Ontario ou des États-Unis afin de conserver leur clientèle ‘de luxe’. Jean-Pierre Roy a ensuite tenter de donner une justification sociale à cette course à la rentabilité de Loto-Québec en annonçant que la société d’État remettait 200 millions de dollars par année dans les coffres du gouvernement québécois.

Revenus pour le Québec

Bien que déjà connue, cette contribution annuelle de Loto-Québec au budget québécois est consternante pour plusieurs raisons, à commencer par sa futilité en regard des coûts engendrés par le jeu pathologique. 200 millions sur le budget du Québec, c’est de la menue monnaie. 0,003% des revenus de l’État (de quelque 62 milliards) pour être plus précis.

Impacts sociaux du jeu

Pourtant, les coûts engendrés par le jeu pathologique se seraient élevés à 2,5 milliards de dollars par an en 2004. Une étude de cl’Université du Manitoba chiffrait quant à elle les coûts sociaux moyens d’un joueur pathologique pour la société à 56 000$. Ce qui donnerait pour le Québec un montant de près de 8 milliards par année. Ce dernier chiffre est sûrement exagéré et toutes les statistiques présentées ici ont sûrement évoluées depuis la publication des différentes études où elles ont été trouvées. Toutefois, même avec des variations importantes, l’écart entre les revenus fournis à l’État par Loto-Québec et les coûts sociaux et humains engendrés par le jeu pathologique que ces chiffres laissent présager demeure ahurissant.

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Voyage de groupe

Voyage de groupe

(Agence Science-Presse) – Même les poissons reconnaissent les vertus de la démocratie. Dans l’univers d’une espèce de poisson appelé épinoche, où les individus, à la fin de la journée, doivent choisir celui qui les ramènera chez eux, on a tendance à choisir le plus gros et le plus coloré —ce qui veut dire, dans leur univers, le plus en santé et le plus costaud. Mais lorsque des chercheurs suédois les ont placés devant l’obligation de choisir entre un «bon» et un «mauvais» chef, ce sont les poissons des plus gros groupes qui ont beaucoup plus souvent choisi le «bon» chef.

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Entre Québec et Haïti: quelle identité?

Entre Québec et Haïti: quelle identité?

Murielle Chatelier     DOSSIERS REFLET DE SOCIÉTÉ ET Culture

Comme bien des immigrants de deuxième génération – c’est ainsi qu’on nomme officiellement les Québécois nés de parents immigrants – je me suis longtemps questionnée sur mon identité.

Élevée à cheval entre deux cultures, celle de mes parents, originaires d’Haïti, et celle de leur terre d’accueil, j’arrivais difficilement à me définir. Québécoise ou Haïtienne? À 29 ans, cette quête incessante, grandissante et profondément troublante m’a amenée à faire un long séjour dans mon pays d’origine. Six mois à la recherche de mon second moi.

Murielle Cover.jpg Le besoin de partir pour se redécouvrir

 

Les prétextes pour expliquer mon départ soudain vers la terre natale de mes parents furent nombreux. Opportunité d’emploi intéressante, besoin de changer d’environnement, envie de découvrir mes racines… La vérité, c’est que je ne savais plus où j’en étais. Dès mon adolescence, j’ai été marquée par de pénibles remises en question, au point de passer de longues heures à marcher dans les rues, avec mon lourd fardeau de questions sur le dos. Le melting pot des valeurs transmises par mes parents et celles propres à la culture québécoise m’a toujours perturbée et embrouillé l’esprit. Mais c’est lorsque j’ai intégré le marché du travail que cette quête a atteint un point culminant et est devenue intenable.

«Toi, t’es née où?» «Est-ce que tu comptes retourner dans ton pays un jour?» «Depuis combien de temps es-tu arrivée au Canada?» «Comptes-tu t’établir en banlieue comme une bonne partie des immigrants?» Voilà autant de questions auxquelles j’ai eu droit de la part de mes collègues, alors que je suis bel et bien née au Québec, à Montréal. Avant l’année 2007, je n’avais même jamais mis les pieds dans le pays de mes parents. À la longue, ces questions ont fait naître en moi un sentiment de frustration, surtout parce que j’avais toujours évolué dans la même société que mes confrères. Alors, à un moment, je me suis mise à penser que chez moi, c’était peut-être ailleurs.

Se sentir l’étrangère

Au début, quand je suis arrivée à Port-au-Prince, j’étais euphorique. Je sentais qu’on ne pouvait que m’accepter, parce qu’après tout, j’étais une des leurs. Pourtant, j’ai rapidement compris que, pour les Haïtiens, j’étais l’étrangère. Oui, même sans avoir à ouvrir la bouche, on devinait que je n’étais pas du pays. Quand je marchais dans les rues, on me dévisageait l’air de dire: «Oh! Regarde l’étrangère.» Une fois, alors que j’étais assise par terre dans un marché, au milieu des marchandises, un passant m’a montrée du doigt en disant: «C’est une diaspora (c’est ainsi qu’on appelle là-bas les Haïtiens nés à l’étranger).»

Pour survivre, je m’étais déniché un emploi de journaliste dans le plus grand quotidien de la place, Le Nouvelliste. Dans une ambiance de travail des plus décontractées, je me suis fait de nombreux amis. Même si je ne comprenais pas souvent les expressions qu’ils employaient – je maîtrise le créole, mais comme dans chaque culture, les expressions sont très «locales» – les échanges allaient bon train entre nous. Mais là encore, nos mentalités et nos préoccupations respectives étaient si diamétralement opposées que je me sentais seule dans mon coin, malgré les rires francs qui animaient nos conversations.

Murielle Dossier.jpg Québécoise ou Haïtienne?

L’un de nos points de divergence était justement ma nationalité. Après quelques semaines passées dans la capitale, il ne faisait plus aucun doute dans ma tête que je ne pouvais pas me déclarer Haïtienne. Au contraire, j’avais plus envie de me dissocier de ce peuple que d’en faire partie. Le désordre généralisé dans lequel se trouve le pays, le manque de civisme des citoyens dans les rues, cette façon que les commerçants avaient de m’escroquer impudiquement parce qu’on supposait que j’avais plus d’argent que la moyenne, tout ça m’horripilait.

Pour mes collègues, animés d’un sentiment d’appartenance qui frise le fanatisme, c’était une trahison de dire que je me sentais plutôt Québécoise. Ils ne pouvaient pas comprendre que je ne sois pas habitée du même sentiment de fierté qu’eux, qui font partie de la première république noire à avoir acquis son indépendance. C’était en 1804. Moi, je vis en 2009. Et ça, c’était encore un point qui nous éloignait: ils vivent continuellement dans l’orgueil des gloires du passé, alors que les défis du présent m’importent plus.

Pourquoi immigrer: comprendre mes parents

D’ailleurs, c’est justement ce passé qui est à la base de la mentalité de mes parents, et c’est ce que j’ai compris lors de ce voyage. Dans mon jeune âge, ils ne faisaient qu’appliquer ce que leurs propres parents leur avaient appris. Mais ils avaient peut-être oublié que les choses avaient évolué depuis, et que mon environnement n’avait rien à voir avec le leur. C’est malheureusement le cas de beaucoup de parents immigrants.

L’un des dadas de mes parents était de m’empêcher de sortir, par exemple pour aller au parc avec ma sœur ou au cinéma avec mes amis. Selon leur façon de voir les choses, «l’extérieur» est une sorte de jungle où on peut facilement être amené à sortir du droit chemin, où les influences néfastes pullulent. Ce raisonnement qui m’emprisonnait a donné lieu à des scènes familiales orageuses. Pour moi, l’extérieur est plutôt un lieu de découvertes. Mais en Haïti, j’ai bien vu que la mentalité de mes parents prévaut encore, parce que les sorties des enfants sont très limitées, et pour les mêmes raisons que naguère…

Mais j’ai aussi fait une merveilleuse découverte à propos de mes parents. Avant d’avoir visité la campagne où ils ont grandi, je ne me suis jamais intéressée à leur émigration vers le Canada. Aujourd’hui, je réalise plus que jamais le courage qu’ils ont eu de partir de si loin uniquement pour offrir un meilleur avenir à leurs enfants. Une campagne où les commodités modernes n’existent pas, la pauvreté sévit et les espoirs se sont depuis belle lurette envolés. Mes parents se sont tenus debout, et ont franchi toutes les frontières pour atterrir à Montréal. Mon père est arrivé avec à peine 100 $ en poche, en 1972. Avec acharnement, il a travaillé pour rapatrier ma mère, en 1974. Tout ça, pour éviter à leurs enfants une vie de misère.

Murielle Ouverture.jpg Trouver son identité et comprendre ses origines

À 30 ans, je ne me demande plus qui je suis, mais bien ce que je veux être. Bien sûr, ça me fatigue et m’irrite qu’on me demande encore d’où je viens. Certes, ma relation avec mes parents n’est pas idyllique. Mais j’ai saisi le pourquoi de leur périple, et par le fait même, les raisons qui font de moi un mélange de deux cultures. Vous savez, j’aurais pu grandir en Haïti, être coincée dans ce pays. J’aurais pu ne pas pouvoir rêver comme je le fais, être condamnée à l’indigence. J’étais à deux doigts de cette vie-là.

En me faisant naître au Québec, mes parents m’ont donné toute une liberté. Après avoir passé six mois dans leur pays, je sais que le temps n’est plus au questionnement. En fait, l’unique désir que mes parents aient tenté de m’exprimer, souvent maladroitement, c’est celui de me voir profiter de ma vie au maximum et d’exploiter tous mes atouts. Ils m’ont transplantée ici pour ça, pour m’offrir cette opportunité. Alors, maman et papa, je vous le jure que j’ai compris maintenant. Et ce que je veux être, c’est ce que vous avez fait de moi: une citoyenne du monde.

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Nawlz: le graffiti partout dans le monde

Nawlz: le graffiti partout dans le monde

Lisa Melia    DOSSIER GraffitiHip Hop, Internet et Économie

Tour d’horizon des arts de la rue. Aujourd’hui, rencontre avec le graffeur Nawlz, qui, entre deux voyages d’un bout à l’autre de la planète, a fait une escale au Café Graffiti pour apporter y sa contribution et son talent. À «seulement» 28 ans, son expérience professionnelle et sa créativité impressionnent. Portrait d’un artiste globe-trotter.

Son parcours et ses débuts

Au Café Graffiti, l’un des tableaux de l’exposition Renaissance, organisée par le graffeur Arpi et qui s’est achevée le 20 avril, porte la signature de Nawlz. Mais il ne faut pas s’y tromper: Nawlz n’est pas un habitué du Café, il n’est même pas Québécois. Il est Australien et parcourt le monde en quête d’inspiration et de découverte. De son vrai nom Stuart Campbell, il est né à Burnie, en Tasmanie, une île océanienne au sud de la côte australienne. Il étudie le design multimédia jusqu’en 1999, ce qui lui donne une technique de base pour son art et il commence à travailler peu après. «Entre 1999 et 2002, c’était une période très particulière, celle du boom de l’Internet», raconte-t-il. Stuart surfe alors sur cette nouvelle vague qui lui donne des opportunités très intéressante. A 19 ans, il refait le site du constructeur automobile Honda.

nawlz graffiteur artistes murales fresques peintres peintures

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Cependant, l’un de ses projets les plus importants à ce jour est la création du site du National Australian Museum. Il a mis au point un programme interactif éducatif pour les enfants. Surtout, il a travaillé sur un mural numérisé de 50 mètres qu’il devait aussi rendre interactif. La fresque représentait deux siècles de relations entre la Chine et l’Australie et regorgeait de détails. Le travail précis et important du jeune Stuart permet maintenant à l’internaute de naviguer sur l’image comme il le souhaite et d’obtenir les informations sur ce qui l’intéresse. Nawlz explique que ce projet est sa première référence, car l’expérience lui a permis d’acquérir beaucoup de connaissances qui lui servent encore aujourd’hui.

Un projet spécial: la bande dessinée

Depuis 2003, il travaille de façon autonome. Son projet actuel allie ce qu’il a appris de ses précédentes réalisations et son intérêt pour la bande dessinée. En effet, il a crée une bd totalement interactive, mêlant dessins, sons et musiques. Le lecteur se laisse alors guider au fil des animations et des rebondissements de l’histoire. C’est en décembre 2007 qu’il a commencé à mettre en ligne le comic. Côté influences, il nomme les auteurs américains de romans de science fiction Philip K. Dick et William Gibson. Ce dernier en particulier «avait une vision du futur de l’internet très intéressante et encore pertinente aujourd’hui.» Pour le visuel, il cite le manga Akira, de Katsuhiro Ôtomo, et le film d’animation Ghost in the shell, de Mamoru Oshii, véritables références du genre.

Travailler depuis n’importe quel point du globe

Stuart travaille également pour diverses compagnies un peu partout dans le monde. Depuis l’Australie, il est employé par des entreprises anglaises et américaines. Il réalise, grâce à ses différents projets, qu’il est capable de travailler depuis n’importe quel point du globe, pour quelqu’un qui peut se trouver n’importe où. C’est ainsi qu’en 2007, il commence un projet pour l’armée australienne sur les programmes d’entraînement et d’apprentissage. Il doit centraliser l’information et la rendre visible pour des personnes qui se trouvent à des milliers de kilomètres. Le salaire de cet emploi lui permet encore aujourd’hui de s’adonner à une autre de ses passions: voyager.

Vivre en voyageant

«Je suis amoureux de la planète», dit-il quand on lui demande ce qu’il retire de ses voyages. Il a vu le Vietnam, la Thaïlande, le Japon, l’Inde, la Chine, le Népal, le Tibet, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et l’Islande. Il aime découvrir de nouvelles parties du globe, les gens et les cultures. «Il y a des étrangetés et des choses uniques que l’on ne peut voir qu’à un endroit précis.» Se trouver quelque part où il n’y a rien d’autres à dire que «wow», ça laisse une marque et ça nourrit la créativité.

nawlz graffiteur artistes murales fresques peintres peintures

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Un de ses plus beaux souvenirs est l’Himalaya, au Népal. Il y était avec un ami originaire du pays pour installer des panneaux solaires. Ils devaient passer trois jours dans une communauté sur place, mais ont finalement préféré aller voir le Mont Everest. «On a marché deux jours de plus, et on l’a vu. On était mort de fatigue, alors on est redescendu en courant!» Cette course folle, entre épuisement et décor à couper le souffle, reste l’un de ses meilleurs souvenirs de voyage.

Des projets par dizaines

Pour l’avenir, Stuart voudrait voir l’Amérique du Sud et l’Afrique. Il a beaucoup de projets professionnels, mais préfère ne pas aborder le sujet, car «il est trop tôt pour en parler, ce n’est pas encore concret.» Il précise seulement qu’ils seront encore plus gros que les précédents.

Dans l’immédiat, il se concentre sur la bd et sa suite, qu’il met déjà au point. Nawlz est un artiste qui semble infatigable, toujours en évolution, toujours en mouvement et toujours prêt à partir découvrir ce qui se passe à l’autre bout de la planète.

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La réalité sur les jeux de hasard, un outil de discussion pour les jeunes

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DVD de sensibilisation rassemblant témoignages et interventions de Biz, de Loco Locass, de l’ancienne croupière Éléonore Mainguy, du joueur devenu paraplégique Did Bélizaire et de plusieurs joueurs compulsifs. Le moyen idéal de s’éveiller aux conséquences de la dépendance au jeu.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009.

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Un oiseau détient le record du plus long voyage sans nourriture

Un oiseau détient le record du plus long voyage sans nourriture

(Agence Science-Presse) – Un voyage de huit jours et 11 680 kilomètres, sans s’arrêter, ni manger, ni boire. C’est le record détenu par une barge rousse qui, partie d’Alaska, est arrivée à sa «résidence» d’hiver en Nouvelle-Zélande. C’est le plus long «vol direct sans escale» jamais documenté pour un oiseau, selon les scientifiques qui l’avaient baguée, elle et plusieurs autres.

Ce billet, ainsi que toutes les archives du magazine Reflet de Société sont publiés pour vous être offert gracieusement. Pour nous permettre de continuer la publication des textes ainsi que notre intervention auprès des jeunes, dans la mesure où vous en êtes capable, nous vous suggérons de faire un don de 25 sous  par article que vous lisez et que vous avez apprécié.

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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