OÙ EN SONT-ILS? La théorie du Tout

OÙ EN SONT-ILS? La théorie du Tout

(Agence Science-Presse) – Vous connaissez la théorie des super-cordes? C’est cette théorie, très à la mode en physique, qui postule que notre Univers est composé de cordes infiniment minces qui vibrent dans un espace à 10 dimensions. Si cette description vous semble obscure, ne vous en faites pas: elle est également obscure pour les physiciens, et ils commencent à se demander si elle ne les a pas amenés dans une impasse.
En effet, bien que les défenseurs de cette théorie prétendent depuis plus d’une décennie qu’elle pourrait être l’ultime théorie, c’est-à-dire celle qui permettrait d’unifier toutes les forces de la nature en une seule grande force, ils semblent incapables de la transformer en quelque chose de concret, de substantiel: autrement dit, une théorie dont on pourrait vérifier la validité grâce à une expérience.

En 2006, deux livres écrits par des physiciens ont sévèrement critiqué la théorie des super-cordes: dans The Trouble with Physics, le physicien Lee Smolin, du Perimeter Institute de physique théorique à Waterloo (Ontario) s’inquiète du fait que, si ces super-cordes existaient, elles ne pourraient être détectées qu’avec une technologie dépassant de très loin tout ce que nous sommes capables de créer aujourd’hui. Résultat, « vous pouvez imaginer ce que vous voulez ».

Même discours, en plus virulent, dans Not Even Wrong: le physicien Peter Woit y reproche à ses collègues d’articuler une théorie qui repose plus sur l’esthétisme (un univers « élégant ») que sur la réalité. Les deux livres ont été accueillis par des critiques, mais le débat devient gênant pour la communauté des physiciens.

Il faut dire que l’objectif de la théorie des super-cordes est tout sauf banal: c’est une tentative de résoudre l’un des mystères les plus fondamentaux de notre univers. Celui-ci repose depuis près de 15 milliards d’années sur quatre forces fondamentales: la gravité, l’électromagnétisme, la force nucléaire faible et la force nucléaire forte. Or, depuis Einstein, on se pose la même question: est-ce que ces quatre forces ne seraient pas tout simplement les quatre faces d’une seule et même grande force?

D’où les noms dont on a successivement baptisé cette mythique théorie: Théorie de la grande unification (unification des quatre forces en une), voire Théorie du tout (Theory of Everything). Le nom trahit l’enthousiasme de ceux qui cherchent, mais l’enthousiasme n’a toujours pas produit de prévisions qui puissent être vérifiées. Or, sans prévisions qui puissent être vérifiées, on n’a pas de science…

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Chaudrons et AK-47 à 13 ans

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Enfants-soldats

Chaudrons et AK-47 à 13 ans
Dominic Desmarais, Enfants-soldats, International

Waterloo, Sierra Léone – C’est jour de célébration à Waterloo. On y célèbre la fin des classes pour 150 jeunes de 10 à 18 ans. Ils terminent leur année d’apprentissage au Child advocacy and rehabilitation Center (CAR) de la Croix-Rouge.

Ces jeunes, triés sur le volet, ont été victimes de la guerre civile des années 1990. Sarah, de la promotion 2001, est présente à la demande de la Croix-Rouge. Cette jeune femme de 20 ans est un bel exemple de réussite pour l’organisation humanitaire.

En retrait des festivités, Sarah se raconte. Bien que timide, le regard fuyant, elle affiche un aplomb et un bien-être qui cadrent mal avec l’idée que l’on se fait de son passé. À 13 ans, elle voit les rebelles débarquer dans sa ville jusqu’alors épargnée par les affrontements. «Les rebelles m’ont enlevée. Le premier jour, j’ai été violée par 5 hommes. J’ai été adoptée par le Commandant pour être sa femme.» Sarah a l’habitude de raconter sa vie. Elle semble fredonner cette histoire comme une vieille chanson. Ce sont des faits qu’elle relate, pas des émotions.

Pendant un an, elle fait la cuisine pour son «mari» de 39 ans. Elle apprend à manier la mitraillette AK-47. «Je l’utilisais lors des embuscades ou quand je n’avais pas le choix de me défendre», explique-t-elle en regardant le vide, sans toutefois être gênée par son histoire. Elle ne sait si elle a donné la mort. Elle tirait en direction du feu ennemi. «Je n’aimais pas ça. Mais je n’avais pas d’autre choix», raconte-t-elle, soudain plus sérieuse.

Ses propos deviennent plus vagues. Son assurance se déstabilise sitôt qu’on la fait déborder du cadre de son récit. Comme si cette histoire était complètement oubliée, ses souvenirs sont plus flous. Elle raconte, sans trop de détails, que les soldats la battaient parce qu’elle était trop fainéante. «Je ne pouvais pas m’échapper. Je ne connaissais aucune route pour fuir», avance-t-elle pour se justifier. Elle a été relâchée à la fin des hostilités, un an plus tard. Elle est rentrée à la maison, là où elle a été enlevée.

Son «mari» est revenu la voir chez elle à trois reprises, depuis la fin de la guerre. «Il m’a demandé comment j’allais. Il voulait me marier. Je ne voulais pas. C’est arrivé pendant la guerre. Maintenant elle est terminée.» Sarah parle calmement, sans aucune amertume envers cet homme, plus vieux de 26 ans, qui l’a forcée à devenir femme. Comme si c’était une autre vie. «C’est le passé. Je ne ressens plus rien aujourd’hui. Je me sens bien avec moi-même», dit-elle en avouant qu’elle a mis du temps avant d’oublier, de pardonner.

Son parcours tient du rêve américain, version sierra-léonaise. À 15 ans, elle est choisie pour suivre les enseignements du centre de réhabilitation de la Croix-Rouge à Waterloo: une bénédiction pour cette jeune femme qui n’avait pas les moyens d’aller à l’école. Elle reçoit une éducation, de l’aide pour son traumatisme, on la nourrit une fois par jour, elle y apprend un métier. Celui de cuisinière. Une formation qui lui permet de gagner sa vie, de réintégrer positivement la société. Elle a un suivi à l’extérieur du centre. Elle est en-cadrée.

Elle a la chance d’être vue. L’un de ses enseignants remarque son potentiel. Il l’encourage à retourner aux études. «Il m’a expliqué à quel point c’est important, l’éducation. Que je serais alors capable de vivre dans toutes les sociétés.» Sarah reprend sa bonne humeur. Elle vient de terminer ses études collégiales. Deux ans d’efforts rendus possibles grâce à une aide financière provenant d’un organisme albertain, CAUSE Canada.

Aujourd’hui, elle est reconnaissante. Elle attend ses résultats finaux pour savoir si elle pourra poursuivre son parcours: étudier la comptabilité à l’université.

Produit grâce à la contribution de l’Agence canadienne de développement international (ACDI)

Autres textes sur les enfants-soldats:

Enfants-soldats; Reflet de Société à la Sierra Leone

Enfant soldat et Cause: de la guerre à la rue

Enfants soldats: les anges de la guerre

Les enfants de la rue en Amérique Centrale

Traumatismes de guerre

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