Clown Dézo et sa rencontre

Pour se souvenir des fêtes de quartier

Dézo, un précurseur des arts de la rue à Montréal, était en fin de vie lorsque nous l’avons rencontré en septembre dernier, mais il ne souhaitait pas qu’on en fasse un mélodrame. Il est décédé trois semaines plus tard, le 1er octobre. Hommage à un artiste. Et à travers lui, à tous ceux qui ont contribué aux fêtes de quartier, à l’origine des arts de la rue.

Normand Charest        Dossier CultureCirque du Soleil

dezo clown seul jean-pierre desaulniers

Naissance de Dézo

«Je suis né à côté de la traque, à Trois-Rivières en 1946, et je suis resté à côté de la traque. C’est le propre d’un artiste de ne pas rallier les rangs. Dans le clown, il y a aussi de cela: une contestation sociale.»

Après ses études, Jean-Pierre Desaulniers s’installe à Vancouver. Il travaille à la radio de Radio-Canada, dans un studio minuscule. «Je faisais une émission d’affaires publiques, mais j’ai réalisé que je n’étais pas qualifié pour parler d’économie. J’ai laissé l’emploi.»

Une copine fait partie d’un groupe nommé «Circus Minimus», une parodie de cirque qui fait des spectacles pour les enfants dans les parcs. «Ils me demandent de me joindre à eux comme chauffeur. Puis un jour, de remplacer une fille absente. Après le numéro, on me dit que j’ai été bon, alors je continue. Dans le ferry qui me mène de Victoria à Vancouver, je comprends que je viens de trouver ce que je voulais faire.

«Je reprends ma vieille trompette et j’apprends par moi-même comment jouer devant les foules. Le personnage Dézo est en train de naître. Et on le verra toujours avec un instrument de musique: la trompette, le violon, l’accordéon…»

Carré Saint-Louis: Miron, Godin, Jutra

clown dezo jean-pierre desaulniers fête de rue cirque«J’ai rencontré le poète Gaston Miron qui m’a présenté à Gérald Godin, un autre poète alors ministre. C’était en 1985, autour du Carré Saint-Louis. Godin m’a remis plus tard une bourse, puisée dans son budget discrétionnaire de ministre. J’étais à ses funérailles. Selon ses désirs, une fanfare portugaise suivait le cortège, et une fanfare des fêtes de quartier le précédait, avec des gens comme François Gourd (clown, cinéaste, politicien du très surréaliste parti Rhinocéros).»

«J’ai travaillé avec Claude Jutra sur le film Un petit bonhomme de chemin, qui n’a pas été terminé. C’était sur les amuseurs publics et on filmait au Carré Saint-Louis. En cours de route, le projet s’est transformé en une série de courts métrages. Mais la chicane a pris et le ou les films ne se sont jamais rendus au montage. Ç’a beaucoup attristé Jutra.»

Avant le Cirque du Soleil et Juste pour rire

clown dezo jean-pierre desaulniers cirque art rue fête foraineÀ l’époque, Dézo voyage beaucoup. Il fait partie d’un réseau d’amuseurs qui s’activent dans les rues, dans les fêtes de quartier, dix ans avant la naissance du Cirque du Soleil. Cela le déçoit qu’on ait oublié tous ces précurseurs: Chocolat (Rodrigue Tremblay), Chatouille (Sonia Côté) et les autres.

«Au début des années 1980, Guy Laliberté me demande de participer à des spectacles à Baie-Saint-Paul.» Mais Dézo conservera toujours sa liberté, et lorsqu’il travaillera avec le Cirque du Soleil, ce sera d’une façon autonome.

En 1984, Dézo est invité au Printemps de Bourges, en France, un grand festival avec des noms comme Francis Cabrel et Renaud. La même année, il participe à l’événement «Québec 84» à Saint-Malo. Puis à Rennes, il dit non à Rozon qui veut l’embarquer dans «La grande rencontre», avant la naissance de «Juste pour rire». «Dézo, c’est un petit clown tout en douceur, il n’est pas à sa place dans les grands spectacles.»sera toujours de manière indépendante. «Laliberté, c’est un petit gars comme les autres, comme tous nous autres. Ce n’est pas lui qui a tout inventé.»

Reconnaissance : on oublie trop vite

En 1988, il reçoit l’Ordre de la Fleur des organisateurs du 21e Festival d’été de Québec: «Le Festival», pouvait-on lire dans le communiqué de presse, «s’est toujours fait l’ardent défenseur des artistes de la rue qui, chaque été, transforment Québec en un théâtre de rêve où les rires se mêlent à l’étonnement. Dézo, figure de proue des arts de la rue à Québec a participé fidèlement pendant de nombreuses années à donner une âme vibrante au Festival» (Paulette Dufour).

Il est touché par le fait que l’on reconnaisse ainsi, pour une première fois, l’art du clown. Et doublement par le fait qu’on ait remis cette même récompense à Félix Leclerc, l’année précédente.

En 2002, à Rennes, il reçoit aussi une médaille pour sa contribution aux arts de la rue. Voici ce qu’écrivait un journal local à ce propos, sous le titre «Vingt ans après»: «Les fidèles des Tombées de la nuit se souviennent sans doute du clown Dézo, qui avait marqué de sa présence les premières éditions du festival, dans les années quatre-vingt. Le public rennais avait été conquis par cet artiste québécois… qui avait de son côté gardé une certaine tendresse pour la capitale bretonne. Dézo est venu récemment faire le marathon de Paris. Edmond Hervé a tenu à profiter de son passage en France, pour l’accueillir à l’hôtel de ville.»

Ces reconnaissances font plaisir, mais on oublie trop facilement les fêtes de quartier de l’époque, pense-t-il, les amuseurs qui étaient là avant les grands événements commerciaux, comme ceux du Cirque du Soleil ou de Juste pour rire. On demeure sans cesse dans la nouveauté, et il ne reste plus de place pour ce qui était là avant.

Se changer soi-même, sans attendre

«Je lis Edgar Morin. À 92 ans, il écrit comme un jeune. Il nous dit : changez les choses, mais changez-vous vous-mêmes en premier, et tout de suite. N’allez plus au MacDo, ne jetez plus vos papiers dans les rues.»

«Pour moi, l’engagement social est important. Si tu restes devant ta télé, c’est certain qu’il ne se passera rien. Michel Chartrand et sa femme Simonne Monet ont agi jusqu’à leur mort pour que les choses changent.»

Rire comme des enfants

«J’ai fait une belle vie. Je ne veux pas qu’on pleure sur mon sort. Je demeure toujours le même à l’intérieur, ce qui inclut le petit garçon que j’ai été.»

À la fin de la rencontre, je lui remets ma carte de visite. Il la regarde et me la redonne en me disant qu’elle est imprimée à l’envers. Il l’a seulement tournée vers le haut, mais son vieux truc de clown fonctionne et je ris. Étonnement, candeur : voilà tout l’art du clown.

Je me prépare à partir avec mes notes. «Faites ce que vous voulez avec tout ça, me dit-il. Gardez l’essentiel. Et si je n’ai pas le temps de lire votre article avant de m’en aller, ce n’est pas grave. Je vais le ressentir de toute façon.» Il aura eu le temps de le lire. Et de trouver la première version un peu trop sentimentale. Je l’ai corrigé, pour que Dézo nous quitte avec un sourire.

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Une nouvelle démocratie par Dominic Champagne

Le gouvernement invisible

Engagement des citoyens et démocratie véritable 

 

Normand Charest – chronique Valeurs de société, Dossiers Politique, Cirque du Soleil

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Le metteur en scène Dominic Champagne a publié un petit livre en août 2012 intitulé Le gouvernement invisible qui commence sur cette formidable citation du président américain Theodore Roosevelt, rédigée en 1906 :

« Derrière le gouvernement visible siège un gouvernement invisible qui ne doit pas fidélité au peuple et ne reconnaît aucune responsabilité. Anéantir ce gouvernement invisible, détruire le lien impie qui relie les affaires corrompues avec la politique, elle-même corrompue, tel est le devoir de l’homme d’État. »

 

Rien n’a changé

On est surpris de voir, plus d’un siècle plus tard, que la situation n’a pas changé et que les racines du gouvernement invisible et de la corruption sont aussi pérennes et persistantes que celles du chiendent ou du pissenlit.

Comme nous le démontrent en ce moment les histoires d’horreur de la commission Charbonneau, ainsi que toutes les dérives, les patinages de fantaisie et l’impossibilité des politiciens à nous donner des réponses claires. Comme des petits garçons qui ne souhaiteraient pas avouer leurs vols de bonbons ou de monnaie, et qui tenteraient de détourner l’attention des parents.

« Les raisons de nous indigner ne manquent pas », écrit Dominic Champagne, « spoliation de nos ressources, accroissement des inégalités, appauvrissement de la classe moyenne, dégradations de nos milieux de vie, privilèges fiscaux, corruption érigée en système, investissements militaires démesurés, convergence médiatique, perte de démocratie. »

Et cela donne le ton de ce véritable pamphlet.

Pour un gouvernement des citoyens

Dominic Champagne a surtout œuvré au théâtre, comme dramaturge et metteur en scène. Il vient de recevoir, en octobre de cette année, le Prix Gascon-Thomas de l’École nationale de théâtre. En 2006, il a mis en scène le spectacle Love à Las Vegas, basé sur des chansons des Beatles et produit par le Cirque du Soleil en collaboration avec Apple Corps.

Mais c’est « la saga du gaz de schiste » qui l’a « amené à prendre parti sur l’échiquier politique, en faveur des citoyens contre la domination de cette industrie prête à prendre le risque de sacrifier la qualité de vie des gens sur l’autel du développement à tout prix, au profit d’une minorité ». Car « Nous ne vivons pas que de pain », écrit-il. « Nous avons aussi soif de vérité et de justice. »

Dans son livre, Dominic Champagne plaide pour  un retour à la social-démocratie, à une économie qui serve les citoyens et non l’inverse. On a accusé la social-démocratie de tous les maux et prétendu que seul le néo-libéralisme était viable.

Une solution taillée à notre mesure

Mais pourtant, nous dit l’auteur, on parle peu des solutions nouvelles mises de l’avant par la Norvège, la Suède ou la Finlande et des surplus engrangés par ces pays, alors que le reste de l’Europe vit des heures difficiles.

Or, chacun de ces pays a trouvé une solution différente, taillée à sa mesure, adaptée à ses ressources et à ses besoins. Le Québec doit faire de même, nous dit Dominic Champagne, car nous ne manquons ni de créativité, ni de ressources naturelles.

Ce petit livre offre, en moins de 80 pages, une multitude de courts chapitres qui se lisent aussi facilement qu’un journal ou que des articles sur le Web.

Et l’auteur y ratisse large. Le Plan Nord, le gaz de schiste, les régions et les ressources. Éducation, culture. Démocratie. Protection du français, mais aussi diversité culturelle, recherche d’une voie commune avec les anglophones, les allophones et les Premières Nations.

La vigilance et l’implication des citoyens sont essentielles

Mais avant tout, son message souligne qu’il ne faut plus attendre des gouvernements ou des partis politiques qu’ils résolvent tous nos problèmes, puisque toutes ces organisations ont les mains liées par les finances.

La situation actuelle demande plutôt un engagement des citoyens, comme cela s’est fait pour le gaz de schiste. La vigilance et l’engagement constant des citoyens sont essentiels pour parvenir à une véritable démocratie.

Bien sûr, cette publication est un pamphlet, un manifeste dans lequel l’auteur exprime son opinion de citoyen, en se basant sur son engagement et ses expériences personnelles.

D’autres pourraient réfuter ses arguments, mais ces autres trouvent déjà leurs tribunes dans les pages financières et politiques des journaux et des autres médias.

Tandis que cet écrit fait une belle synthèse d’idées intéressantes qui peuvent inspirer notre réflexion et stimuler une plus grande implication sociale.

Cette implication et cette vigilance représentent la meilleure façon de réduire les abus, le laisser-aller et la corruption des administrations. Ou à l’inverse : le désintéressement et le laisser-faire sont les meilleurs moyens de se faire abuser.

Notes

  • Il faut signaler, au passage, une petite erreur en page 51 où il écrit : « Jacques Attali disait que le 21e siècle serait spirituel ou qu’il ne serait pas ». Cette phrase n’est certainement pas de Jacques Attali. On l’attribue généralement à André Malraux, et même dans ce cas, l’attribution est contestée.
  • Autre détail : ce livre est un pamphlet contre le gouvernement libéral de Jean Charest. Depuis sa publication, les Libéraux ont perdu le pouvoir et l’ancien Premier ministre s’est retiré de la vie politique. Mais outre ce détail, tout le reste du livre n’a rien perdu de sa pertinence.
  • Livre cité : Dominic Champagne, Le gouvernement invisible, éd. Tête première, 2012.

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Cirque du Soleil et Safewalls

Du graffiti sur affiches pour le Cirque du Soleil

Safewalls et des artistes internationaux

Issu de l’imaginaire de deux jeunes québécois, le projet Safewalls associe des artistes internationaux au Cirque du Soleil. Après un vif succès, le projet se tourne vers les talents de la relève d’ici. Entrevue avec André et Yan, les deux concepteurs qui ont des idées plein la tête.

Dominic Desmarais Dossiers Cirque du Soleil, Culture

ovo affiche cirque du soleil safewalls

André ressemble à un enfant pris dans un corps d’homme. Expressif et enjoué, sa créativité est à l’image de sa chevelure: abondante et qui tire dans toutes les directions. Il parle beaucoup, toujours avec enthousiasme. Yan, lui, donne l’impression d’avoir les pieds sur terre. Moins volubile, il laisse son complice s’épancher en terminant ses phrases ou en rajoutant un éclairage nécessaire. Les deux se complètent à merveille.

Amis depuis près de 15 ans, ils ont créé le projet Safewalls pour le bénéfice de leur employeur, le Cirque du Soleil. Leur idée, simple en apparence, est d’associer des artistes de renom au Cirque par l’entremise de créations d’affiches pour les spectacles produits par le Cirque du Soleil.

«Le moteur de Safewalls, c’est l’opportunité que le Cirque donne à ses employés de développer leurs idées, leurs intérêts», explique André. Les deux amis, alors colocataires, se sont mis à rêver en réunissant leurs passions pour l’art et Internet. Leur employeur, qui encourage les idées, leur a permis de créer sans se limiter. «Le Cirque du Soleil, ce n’est pas juste un spectacle. Il y a de la musique, des couleurs, des formes. Le projet est un dérivé de ce qu’on faisait déjà.»

Avec Safewalls, André et Yan relient le passé du Cirque du Soleil avec son présent. «Comme moyen promotionnel, le Cirque du Soleil, à ses débuts, demandait à ses employés de placarder les affiches et crier sur la place publique pour annoncer un spectacle. Ça nous a fascinés. On voulait quelque chose d’authentique. Une collection d’affiches qui ont toutes le même format. On a 22 spectacles dans lesquels on peut aller chercher des univers différents», raconte Yan.

«La beauté de l’idée, c’est que chaque spectacle est vu différemment par chacun. Nous avons 17 œuvres originales. On donne carte blanche aux artistes. Notre intention, c’était de choisir des artistes renommés. Comme ça, ces artistes sont associés au Cirque du Soleil.» Ces partenariats sont bénéfiques pour chacun. Les artistes reçoivent l’attention des clients de l’entreprise qui, elle, s’ouvre aux cercles de ces artisans. La renommée de l’un renforce celle de l’autre.

Expériences du passé

cirquedusoleil_ronenglishL’idée de cette réunion entre le Cirque du Soleil et les arts à travers Safewalls est venue de projets passés réalisés par les deux compères. Passionnés d’art et de création, André et Yan organisaient, en dehors du travail, des événements où les participants façonnaient un jouet à leur guise selon une thématique donnée.

«Tous les artistes devaient utiliser le même jouet. Le thème était libre ou, si on l’imposait, il était assez large, comme l’univers du cinéma, par exemple. Et on pouvait leur signifier le thème d’avance pour que les participants se préparent. Ou ils le savaient à la dernière minute et venaient sur place créer en deux ou trois heures leur œuvre. C’était toujours complet. Les gens attendaient avec impatience l’annonce du prochain événement. C’était drôle de voir des jeunes de 6 ans et des personnes de 75 ans créer ensemble», raconte André.

Pendant cette période, soit de 2006 à 2009, ils font la connaissance de talents prometteurs. Tous deux travaillent au Cirque du Soleil mais ont besoin de projets à l’extérieur pour assouvir leur besoin de créer.
Grâce à Internet, les œuvres de leurs participants sont immortalisées. L’événement est terminé, le jouet tel que redessiné, rangé; mais son image demeure. André et Yan se familiarisent de plus en plus avec les possibilités qu’offre Internet. André, qui a étudié le e-commerce à HEC, expérimente cette nouvelle façon de faire. «Au début, on était limité à ce qui était offert sur le net. C’est une nouvelle habitude de consommation qui s’est créée. L’offre était limitée alors qu’il y avait plusieurs acheteurs en même temps. On a utilisé cette idée pour Safewalls.»

Safewalls, du graffiti sur des affiches

À partir de leurs expériences et de leurs passions, André et Yan peaufinent une idée qu’ils présentent à leurs supérieurs. Safewalls, dont le nom est inspiré des murs légaux pour graffiteurs, voit le jour. «Les gens ont tellement aimé notre parcours: deux employés qui proposent un projet à 7 directeurs et qui montent ensuite jusqu’au vice-président pour le présenter. Notre projet est utilisé en exemple pour dire que le Cirque du Soleil est une maison d’idées. C’est notre passion, c’est pour ça qu’on a monté le projet. On le faisait sans être payés! Maintenant, on ne fait plus la différence entre notre travail et le réseautage. C’est notre vie aujourd’hui, ce projet», explique Yan qui ne compte plus les heures de plaisir qu’André et lui ont passées à matérialiser cette idée.

Avec Safewalls, ils choisissent des artistes qui vont recréer l’imagerie des spectacles du Cirque du Soleil. «On leur demande de faire une version d’une affiche de spectacle et on limite l’offre pour la vendre. Pour nous aider dans notre sélection, on a pris certains spectacles. Par exemple, pour Totem à Londres, on a choisi des artistes anglais. En ayant un pays et un spectacle en tête, on sait qui on veut. Et comme on ne veut pas d’œuvres du même style, on choisi des artistes différents. Les seules contraintes qu’on leur donne, c’est de suivre les valeurs du Cirque du Soleil. Pas de violence, de sexe», explique André.

Les deux complices entrent dans l’univers de la création et des artistes. Ils se lient d’amitié avec leurs collaborateurs qu’ils rencontrent dans leur studio. «Il n’y a rien de plus pur, de non censuré, qu’un studio. Ça en dit long sur l’artiste, son atelier. Ça nous permet de mieux le comprendre, de voir l’origine de certaines œuvres», raconte Yan, honoré par ces rencontres qui l’ont fait voyager un peu partout sur le globe. «Ils deviennent des amis. Ils nous demandent ce qu’on pense de leurs œuvres même si ce ne sont pas celles qu’ils réalisent pour le Cirque du Soleil. C’est flatteur de faire partie de leur univers créatif», ajoute André.

Retour aux sources

Safewalls, par l’utilisation d’artistes renommés à la grandeur de la planète, vise grand dès le début. L’idée est une réussite. «On s’est servi tout de suite de la notoriété du Cirque du Soleil pour s’établir mondialement. On n’est pas parti petit! On a fait un coup d’éclat avec des artistes internationaux, on reçoit des courriels de partout, même d’endroits où le Cirque du Soleil n’est pas présent», dit Yan avec fierté. Mais le projet, animé par les deux employés du Cirque du Soleil, change de trajectoire. André et Yan, subjugués par le talent des gens d’ici, veulent mettre l’accent sur des artistes québécois.

«Là, on revient ici, plus petit, mais avec une marque déjà reconnue. Montréal, c’est rempli de gens hyper talentueux. On peut le dire, on a fait toutes les grandes villes artistiques! Et Montréal n’a pas à rougir», affirme André aussitôt coupé par son collègue. «Tout ce qui manque, ce sont les investisseurs. Et les acheteurs viennent de l’extérieur. Si Safewalls peut ouvrir les yeux des gens de partout et mettre la lumière sur le talent d’ici, tant mieux. Pour l’artiste, ça signifie plus de visibilité et plus de portes qui s’ouvrent.»

Les deux créateurs ont été impressionnés par leurs rencontres avec les artistes, d’ici ou de l’étranger. Visiblement marqués par la volonté et les efforts déployés par leurs collaborateurs, ils ont envie de les faire connaître. Avec Safewalls, le monde s’ouvre au talent. Des jeunes québécois sont prêts à prendre la relève.

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Fondation One Drop, l’itinérance et des bouteilles d’eau.

Canicule, eau et itinérants

Cirque du Soleil et Old Mission Brewery

Le Cirque du Soleil s’implique auprès des itinérants de la Old Mission Brewery en fournissant une grande quantité de bouteilles d’eau. Sous prétexte que les itinérants ne recyclent pas, cette eau ne leur a pas été donné!

Raymond Viger Dossiers Fondation One Drop, Cirque du Soleil, Itinérance, Environnement

fondation-one-drop-bouteilles-d-eau-guy-laliberte-cirque-du-soleilGuy Laliberté avec le Cirque du Soleil ont créé la Fondation One Drop dont l’eau est au coeur de sa mission. Le Cirque du Soleil a fait embouteiller de l’eau. Un don d’une grosse quantité de bouteilles d’eau a été fait à la Old Mission Brewery pour donner aux itinérants. Avec la canicule, il est important d’avoir accès à de l’eau.

Une seule condition accompagnait ce généreux don. Les bouteilles de plastique devaient être recyclées. Pour éviter une mauvaise presse, le Cirque du Soleil et la Fondation One Drop ne voulaient pas avoir cette impressionnante quantité de bouteille traîner dans les rues de Montréal.

Itinérance et recyclage

bouteilles-d-eau-fondation-one-drop-cirque-du-soleil-guy-laliberte-environnementPuisque les itinérants n’ont pas d’habitude de recycler les bouteilles qui ne sont pas consignées, la direction de la Old Mission Brewery a donc décidé de ne pas remettre les bouteilles d’eau aux itinérants! Ce sont donc les employés qui les utilisent tranquillement.

On veut aider les itinérants pour éviter que la canicule les affectent mais puisqu’ils ne recyclent pas, cette aide leur est refusée. Peut-on faire des omelettes sans casser des oeufs? Aurait-on pu trouver des alternatives à ce problème de conscience?

Intervention et recyclage

Aurions-nous pu identifier les bouteilles données par le Cirque du Soleil et la Fondation One Drop et remettre un dépôt à chaque itinérant qui ramène sa bouteille d’eau? Pour 10 000 bouteilles avec un dépôt de 5 sous, cela aurait nécessité un commanditaire de 500$ pour cette opération. Cela aurait pu être une façon de rendre accessible l’eau aux itinérants, leur donner un peu d’argent, s’assurer que les bouteilles sont recyclées. Cela aurait même pu être une occasion de sensibiliser les itinérants à l’importance du recyclage. Après tout, les itinérants qui vivent dans la rue, si c’est plein de bouteilles vides, cela les affectent autant que nous.

D’autres solutions auraient pu être trouvé. Mais celle d’empêcher les itinérants d’avoir accès à ces bouteilles d’eau était possiblement la moins acceptable de toutes!

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Quand un homme accouche

quand-un-homme-accouche-roman-cheminementRoman de cheminement. Le personnage principal accouche de son enfant intérieur qui devient son ami et son thérapeute tout au long du roman. Ce livre est le premier d’une trilogie qui a été reprise dans L’amour en 3 Dimensions. 9,95$

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Spectacle signé Robert Lepage: Totem et le Cirque du Soleil

Spectacle signé Robert Lepage: Totem et le Cirque du Soleil

Un spectacle décevant

Raymond Viger   Dossier Arts et spectaclesCirque du Soleil

totem-cirque-du-soleil-robert-lepage-art-spectacle Peut-être parce que Totem est réalisé par le Cirque du Soleil. Peut-être parce que la mise en scène et l’auteur est Robert Lepage. Les attentes étaient élevées pour le spectacle Totem que je viens de regarder.

Je suis obligé de dire que je suis déchiré pour ma critique du spectacle Totem du Cirque du Soleil. Même si plusieurs numéros étaient extraordinaires, il y avait des longueurs. Je suis resté sur mon appétit. J’en voulais plus. La finale d’hier de Cendrillon sur glace à la Place des Arts étaient beaucoup plus enlevante que la finale de Totem du Cirque du Soleil.

J’avais l’impression qu’on avait pris plusieurs bons numéros et qu’on avait bouché les trous avec des chorégraphies pour compléter le spectacle.

On m’avait dit qu’il y aurait des effets spéciaux à tout casser. Je m’attendais encore une fois à plus.

Totem ouvrira ses portes jeudi le 22 avril jusqu’au 27 juin à Montréal sous le chapiteau du Vieux-Port et se retrouvera à Québec à compter du 22 juillet prochain.

J’ai dû avoir une très mauvaise journée. J’ai dû avoir de la difficulté à voir Totem du Cirque du Soleil avec mon coeur d’enfant.

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cd-rap-music-rappeur-musique-hip-hop-dj-mana-sp-manspino-dynastie-des-morniers CD de musique Ill Legal. Compilation de rappeur et rap music Hip Hop avec Chilly D, DJ Mana, L’intrus, Shades of culture, SP, Patrick Batemen, 01 Étranjj, Ninja P, Virus, Vulguerre, Chance Won, Erratum, Son 2 PT, Manspino, Dynastie des Morniers. 9,95$

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Tourisme spatial de Guy Laliberte, la fondation One drop et le Cirque du Soleil

Tourisme spatial de Guy Laliberté, la fondation One drop et le Cirque du Soleil

Raymond Viger      Dossier Environnement, Cirque du Soleil, Fondation One Drop

Guy Laliberté, propriétaire du Cirque du Soleil va annoncer en conférence de presse son départ pour l’espace. À bord d’une fusée Soyouz TMA-16, Guy Laliberté visitera la Station spatiale internationale (ISS).

Le point de presse de Guy Laliberté devrait se tenir simultanément à l’Expocentre International de Moscou ainsi que dans les bureaux de l’Agence spatiale canadienne. Les voyages dans l’espace pour les touristes civils tels que Guy Laliberté sont organisés par Space Adventures.

La fortune de Guy Laliberté

Guy Laliberté est milliardaire. Une fortune évaluée à 2,5 milliards. Sans compter que le Cirque du Soleil continue à lui fournir des revenus constants, tout en augmentant de valeur. Guy Laliberté a l’argent pour se payer ce voyage et y retourner autant de fois qu’il le veut. Pas de problème du côté financier avec une fortune qui est égale à celle de Richard Branson, le propriétaire de Virgin.

Fondation One drop et un voyage spatial, compatible?

Ce qui me tracasse en apprenant une telle nouvelle c’est la compatibilité de la mission de la Fondation One drop que Guy Laliberté a créée et un voyage dans l’espace.

La Fondation One Drop est sensible à l’accès des peuples à l’eau, mais aussi tout ce qui touche la pollution de l’eau. Pour reprendre 2 citations de la Fondation One Drop:

À lui seul, un litre d’huile de graissage peut contaminer un million de litres d’eau. Cependant, il suffit d’un effort, même s’il ne paraît qu’une goutte d’eau dans l’océan, pour changer de mauvaises habitudes de gestion de l’eau ou donner accès à de l’eau potable.

Un voyage dans l’espace ça fait combien de pollution? C’est l’équivalent de combien d’huile de graissage qui se retrouvera dans la nature?

Tous les ans, 150 millions de piscines olympiques remplies d’eau non traitée sont déversées dans l’environnement.

Si on pollue pour des voyages dans l’espace pour faire des recherches ou installer des équipements qui amélioreront les conditions de vie des peuples, c’est un demi mal. Mais si les citoyens milliardaires tels que Guy Laliberté ou Richard Branson s’amusent à faire du tourisme spatial, la pollution créée ne servira pas la communauté.

Prix Nobel de la Paix

Je ne suis pas en grippe contre Guy Laliberté. Je l’ai déjà proposé pour un prix Nobel de la Paix, conseiller pour le président des États-Unis. La création de la Fondation One Drop, sa vision de changer l’implication communautaire et la pression que Guy Laliberté avait mise sur les gouvernements chinois et arabes en avait été les motivations.

Je suis un grand rêveur. La Fondation One Drop fera la diffusion sur son site Internet du point de presse de Guy Laliberté annonçant son voyage dans l’espace. J’ose espérer que Guy Laliberté se ravisera et qu’il y annoncera que, pour protéger l’eau de la planète, il n’encouragera pas la pollution de ce voyage spatial.

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Dossier : GraffitiCirque du Soleil

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Peinture réalisée par l'artiste muraliste Fluke

Un des artistes du Café-Graffiti, Krzystofer Wilke, a eu quelques contrats pour le Cirque du Soleil. Un de ces contrats est de faire la préproduction des décors qui seront installés pour un spectacle du Cirque du Soleil au Madison Square Garden à  New-York. Ensuite, Fluke aura à se rendre avec le Cirque du Soleil pour une semaine à New-York pour superviser la construction des décors.

Je dis bien superviser. Parce que le Madison Square Garden est hyper-syndiqué. Tu ne peux rien faire sauf superviser. Ce sont les employés syndiqués du Madison Square Garden qui doivent tout faire.

Les billets d’avion sont achetés. Arrivé aux douanes américaines pour entrer aux États-Unis, petits problème. Sur le passeport, le nom inscrit est Kzrystofer Wilke. Un Québécois de descendance Polonaise. Il a vécu un enfer aux douanes. Même s’il avait les mêmes papiers que les autres artistes du Cirque du Soleil pour faire son travail à New-York, inspection par-dessus inspection, les douaniers ont de la difficulté à le laisser passer. Cela prend tellement de temps qu’il a failli manquer son avion.

À son retour de l’événement, il se questionne sur son nom. Sans vouloir faire du racisme à l’envers, s’il avait porté un nom qui sonne plus québécois, aurait-il eu les mêmes difficultés aux douanes américaines?

Pour rejoindre les artistes du Café-Graffiti: (514) 259-6900

Photos de Murales et fresques urbaines.

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