Sexe, drogue et tatouage: VIH en milieu carcéral

VIH

Transmission du sida en prison

Au Canada, 1,30% de la population carcérale est atteinte du VIH. Un chiffre 10 fois supérieur au reste de la population.

Delphine Caubet          Dossiers Sida Sida VIH MTS Aids, Santé,Criminalité.

tatoueurMême si l’information est connue, voici un rappel: le VIH (maladie mortelle et incurable) est une infection qui se transmet sexuellement et par le sang (ITSS). Donc, est à risque toute personne qui a des rapports sans condom ou qui utilise des seringues usagées.

Autant dire que le VIH a le potentiel de faire des ravages en prison entre les rapports homosexuels, les tatouages et les drogues. Alors, les milieux carcéraux sont-ils des bouillons de culture pour la propagation du virus?

1 seringue, 20 hommes

C’est la base d’une incarcération: les drogues y sont interdites. Cette mesure est relativement efficace, mais cela n’empêche pas d’en trouver. Les plus dangereuses pour la propagation de maladies sont les drogues injectables avec des seringues. Ces dernières, interdites, coûtent excessivement cher sur le marché noir, comme l’explique Jean-Pierre Bellemare, ancien détenu et chroniqueur à Reflet de Société.

Si théoriquement il n’y a pas de stupéfiants en prison, la réalité apporte un tout autre éclairage. Dans un sondage des Services correctionnels du Canada de 1995, il est énoncé qu’une seringue pouvait servir jusqu’à 15 à 20 hommes. Une bombe en puissance.

Pour éviter la transmission d’ITSS, certains pénitenciers ont offert des seringues neuves aux détenus. En 2015, les horloges s’étant mises à l’heure Harper, ces programmes ont disparu.

En santé

Il faut toutefois se réjouir de l’efficacité de la prévention qui a été faite. Dans chaque prison ou pénitencier, des services d’informations et de prévention sont offerts. Sylvie est infirmière dans une prison provinciale (2 ans et moins). Chaque mois, elle offre des cours aux nouveaux détenus et leur donne une trousse anti-ITS. Au menu: alcool, gants en latex et eau de javel entre autres.

D’après l’expérience de Sylvie en prison à sécurité minimale, certains détenus ont pris conscience de leur santé et veulent en prendre soin. «C’est presque comme s’ils étaient venus que pour ça en prison. On les sensibilise aux comportements à risque qu’ils ont pu avoir et on les dépiste», conclut Sylvie.

Selon Jean-Pierre, dans les pénitenciers fédéraux (plus de 2 ans d’incarcération), la vision d’un esprit sain dans un corps sain est plus relative. «C’est comme donner à un condamné à mort une cigarette sans nicotine, plaisante Jean-Pierre. Condamné pour condamné.» Ce à quoi certains refuseraient de se faire dépister par peur d’enlever tout espoir quant à leur avenir.

Avant leur incarcération, les trois quarts des détenus auraient abusé d’alcool ou de stupéfiants. Et comme le confirme Sylvie, les détenus séropositifs l’avaient contracté avant leur emprisonnement.

Alors exit l’idée du bouillon de culture. Au contraire, une condamnation peut servir à prévenir les contaminations en détectant les personnes infectées. Des personnes qui à l’extérieur prenaient des risques et ne se faisaient que rarement dépister.

Désintox à l’ombre

Comme en témoignent Sylvie et Colin McGregor (détenu en pénitencier fédéral depuis plus de 20 ans), l’incarcération est souvent un moyen d’arrêter de consommer des drogues dures.

«J’ai vu des toxicomanes et des alcooliques qui ont combattu leurs démons derrière les barreaux, explique Colin. Mais toujours avec beaucoup de peine. Un héroïnomane que je connais a passé 7 mois tout seul dans sa cellule, sans thérapie, sans méthadone pour se “dessécher”. Il m’a avoué que c’était les pires 7 mois de sa vie, mais il dit aussi que la prison lui a sauvé la vie.»

Si les drogues sont difficiles à faire entrer «en dedans», elles restent néanmoins un moyen d’échapper au quotidien. Et les drogues dures qui nécessitent des seringues sont aussi celles qui disparaissent le plus rapidement de l’organisme. Alors si vous êtes en prison, vous vous inquiétez des tests d’urine aléatoire et voulez un shoot, vous avez des chances de vous tourner vers une seringue usagée.

Petit dessin sur gros durséropositif prévention vih québec

L’autre grande tradition des milieux carcéraux est le tatouage. Dans un contexte où vous êtes privé de liberté et où plus rien n’est sous votre contrôle, s’approprier son corps peut être une revanche sur la réalité.

Comme le disent en cœur Sylvie, Colin et Jean-Pierre: les prisonniers ne manquent pas de débrouillardise.

Pour éviter les infections et la propagation de maladies, le pénitencier de Cowansville avait offert à ses détenus un salon de tatouage, tenu par un professionnel avec de l’équipement stérile. Initiative qui dura 1 an et demi…

Mais rassurez-vous, le tatouage reste une pratique encore en vogue dans ce microcosme: «Il y a toujours 1 ou 2 tatoueurs dans chaque prison», explique Jean-Pierre. Pour ce faire, chaque tatoué a son morceau de corde de guitare avec lequel il se présente au jour J. «Et comparativement au nombre de tatouages frais que j’ai vus, il y a très peu d’infections», s’étonne Sylvie.

Bien briefés sur les ITSS, les détenus ont aussi à leur disposition de l’eau de javel pour nettoyer corde de guitare, seringue, embout en métal ou tout autre outil à tatouage. «Mais les autorités sont frileuses à ce qu’on donne de l’eau de javel, explique Sylvie. On ne doit en fournir qu’en très petite quantité… et même là c’est compliqué.»

Jean-Pierre confirme que l’eau de javel est une substance difficile à obtenir. En théorie, tous devraient y avoir accès facilement, mais en pratique elle serait parfois détournée pour d’autres usages.

Sexe en prison

L’ultime moyen de contracter le VIH (et le plus répandu en dehors de la prison) est d’avoir des relations sexuelles non protégées, mais cette question est encore un tabou.
Les détenus ont accès à des condoms par le biais d’infirmières comme Sylvie ou par des distributeurs. En pratique, Sylvie confesse qu’on ne lui en demande que rarement, et lorsque c’est le cas, il s’agirait de provisions pour une sortie proche.

Paradoxe

D’après les Services correctionnels du Canada, 1,30% de la population carcérale vivrait avec le VIH. Un chiffre 7 à 10 fois supérieur à la population générale.

Cette dissonance entre la prévention et le nombre de patients s’explique par l’incarcération de personnes ayant eu des rapports à risque. En prison, les femmes séropositives sont plus nombreuses que les hommes (contrairement à l’épidémie dans le reste de la société) car sont incarcérées notamment les prostituées.

Le VIH et l’hépatite C sont des maladies relativement bien contrôlées dans ce milieu, en revanche, Sylvie constate une recrudescence de la syphilis et de la chlamydia. L’infirmière diagnostiquerait 1 à 2 nouveaux cas de VIH ou d’hépatite C par an, contre 1 par mois pour la chlamydia et la syphilis.

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

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Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

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Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

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Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

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Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais. 

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Avoir le VIH et être mère

VIH

Séropositive et désir d’enfant

En 2011, plus de 75% des personnes vivant avec le VIH au Canada étaient des hommes. Une réalité qui écarte bien souvent les femmes des ressources sur le terrain. Pour en apprendre davantage sur ces enjeux, Alexandra a accepté de répondre à nos questions.

Delphine Caubet      Dossiers Sida VIH MTS Aids.

vih sida maternité enfantDelphine Caubet: Depuis quand as-tu le VIH et comment l’as-tu contracté?
Alexandra: Je l’ai contracté en 2006, alors que j’avais 27 ans. À cette époque, j’utilisais des drogues injectables et je faisais le travail du sexe. Mais je faisais vraiment attention pour ne pas attraper de maladies.
En même temps, je fréquentais un homme… il ne m’a pas dit être séropositif. C’est comme ça que j’ai contracté le VIH, en ayant des relations sexuelles avec mon conjoint.

DC: Qu’est-ce que cela a changé dans ta vie?
A: J’ai appris que j’avais le VIH alors que j’étais à l’urgence pour un abcès. L’infirmière me l’a dit froidement et est repartie. Je n’ai eu aucun support sur le moment. Je ne connaissais rien de la maladie, je savais juste que j’allais mourir.

Les 6 mois suivants ont été une catastrophe et je me foutais de tout. J’utilisais, entre autres, des seringues usagées d’autres séropositifs…

À cette époque, ma charge virale était très haute et j’étais sur le point de basculer au stade sida. J’ai été admise à l’hôpital et c’est ce qui a fait que j’allume. J’ai été déconnectée de tout et une infirmière m’a aidée à comprendre et à faire des démarches pour m’en sortir.

Depuis tout va bien! Je travaille dans 2 organismes d’intervention. Un pour les toxicomanes et un autre pour les travailleuses du sexe. Et c’est mon vécu qui fait que je suis efficace dans mon travail. Je peux les comprendre et ne pas essayer de sauver la planète entière. J’y vais par étape, comme ça a été le cas pour moi.

DC: Est-ce qu’être séropositive interfère avec ton travail?
A: Non pas vraiment. J’ai juste des rendez-vous chez le médecin, mais je préviens à l’avance et ça ne pose pas de problème. Mais je travaille dans le communautaire aussi.

Avant cela, je travaillais dans une boutique de vêtements. Mes collègues savaient que j’étais séropositive et cela ne les a pas dérangés.

DC: Comment l’annoncer à un amant?
A: Mon conjoint actuel savait que j’avais le VIH avant de me courtiser. Lui est séronégatif. Mais avant lui, cela s’est bien passé. J’ai toujours prévenu avant d’avoir des relations et en général on me répondait: «Ben y a les condoms!»

Une seule fois cela a posé problème. Un ami m’avait conseillé ne pas informer l’homme que je fréquentais et je lui ai dit que le lendemain que j’étais séropositive. Il a capoté! Il est parti direct l’urgence et quand il a vu que l’infirmière lui faisait une prise de sang sans gant, il a réalisé qu’il avait peut-être réagi de façon exagérée. Il ne connaissait pas les risques, alors qu’on s’était protégé.

Depuis je le dis dès les premières rencontres et dans toutes mes relations. Que se soit en amitié, en amour ou autres. Et il faut le faire la tête haute.

DC: Comment envisages-tu la maternité?
A: Avant je pensais ne pas vouloir d’enfant. Mais depuis que je suis avec mon chum, je pense autrement. Pour lui, c’est vraiment important!

Pour la conception, comme ma charge virale est très basse, cela va se faire normalement. Je vais juste me faire suivre par un médecin et mon accouchement devrait être par voie naturelle.

À la naissance, l’enfant aura un traitement préventif à la trithérapie pendant quelques semaines. C’est tout. La seule chose que je ne pourrai pas faire, c’est l’allaiter. Après je serai comme toutes les mères, et s’il se blesse je pourrai lui poser son pansement par exemple.

DC: Comment sont les services pour les femmes séropositives?
A: Il se fait peu de choses pour les femmes! J’ai appris que je ne pouvais pas allaiter dans un livre pour queer, alors que je ne le suis pas!

Je comprends qu’il faille cibler les populations à risque comme les HARSAH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes), mais les femmes aussi sont touchées.

Mais il y a de l’espoir, en 2015, les choses commencent à changer et on parle davantage des femmes.

Responsabilité légale

Le droit canadien ne donne pas une réponse claire si les personnes séropositives doivent divulguer ou non leur état de santé à leurs partenaires sexuels.

Selon un jugement de la Cour suprême du Canada, les séropositifs ont l’obligation juridique de divulguer leur état de santé à leurs partenaires avant d’avoir des rapports à «risque important».

Il est possible d’être reconnu coupable d’une infraction criminelle si ont lieu des rapports à «risque important» de transmission, sans divulguer au partenaire. Des poursuites judiciaires pourraient avoir lieu même si le partenaire sexuel n’a pas contracté le VIH, car il a été exposé à un risque sans en avoir conscience.

Le point épineux est de déterminer ce qu’est un «risque important». Des personnes séropositives avec une charge virale indétectable ont déjà été disculpées d’accusations par le passé. L’utilisation de condom en est élément essentiel.

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Bistro le Ste-Cath

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Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

Bistro le Ste-Cath
4264 Ste-Catherine est, Montréal (une rue à l’est de PIE-IX)
(514) 223-8116
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Les dessous du VIH … le travail, amis, médicaments

VIH

Vivre en étant séropositif

Benoît est un jeune homme d’une trentaine d’années très actif. Il aime rire, aller au théâtre et sortir avec ses amis. Et des amis, il en a beaucoup. Malade ou pas d’ailleurs. Ah oui, j’ai oublié de préciser: Benoit est séropositif, il a le VIH.

Delphine Caubet       Dossiers SantéSida VIH MTS Aids.

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Pour Benoit, tout a commencé en 2002, à la fin du cégep. Le jeune homme se prépare à rentrer dans la vie active et se cherche une assurance privée. Banalement, il fait des tests de santé, mais on lui révèle que quelque chose cloche…

Le verdict

«Au début, le médecin ne savait pas ce que c’était. Il voyait juste que quelque chose n’allait pas dans les résultats. Un jour, ma mère m’a demandé si j’avais dit être gay. Je n’y avais pas pensé. C’est à ce moment-là qu’on m’a fait un test de dépistage du VIH», raconte Benoit.

C’est un choc. Benoit est positif. Pendant une semaine le jeune homme est en crise et pleure. Il est jeune. Il a 23 ans. «Mais j’ai décidé d’arrêter de pleurer et me prendre en main», explique-t-il. Le jeune homme de St-Jean-sur-Richelieu part pour Montréal, prend contact avec des organismes et décide d’en apprendre davantage sur sa maladie.

Si Benoit a été dépisté relativement rapidement, c’est souvent le contraire. D’après la COCQ-sida (coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida), près d’un quart des personnes infectées seraient dépistées au stade sida.

Gary Lacasse, directeur de la Maison Plein Cœur (organisme d’aide aux personnes séropositives), intervient auprès de nouveaux diagnostiqués: «Le diagnostic est une sentence, annonce-t-il de but en blanc. Cela peut engendrer une dépression et de la colère. La personne peut en contaminer d’autres sans le savoir si elle n’a pas un bon suivi. Nous, on travaille auprès d’eux pour que le VIH ne définisse pas qui ils sont.»

Prix pour la vie

Pour Benoit, son VIH a entrainé des problèmes de plaquettes. «Mais l’aspect médical s’est beaucoup amélioré, explique-t-il. Au début, les médicaments avaient des effets secondaires. Je faisais de l’insomnie ou au contraire j’étais tout le temps fatigué. Aujourd’hui, les effets secondaires ont beaucoup diminué. C’est peut-être pour ça que la maladie est perçue comme banale, comme si c’était du passé. Parce que nos conditions de vie se sont améliorées.»

Effectivement, en 2015, les patients séropositifs vivent en moyenne jusqu’à plus de 70 ans et grâce à la trithérapie, le risque de contamination est réduit de 96%.

Mais ces améliorations ne doivent pas faire passer sous silence les autres aspects de la vie des personnes séropositives. Comme le prix des médicaments notamment.

Pour les personnes qui travaillent, la Régie d’assurance maladie du Québec rembourse une partie des frais. Pour l’autre partie, impossible de compter sur une assurance privée. Extrêmement rares (pour ne pas dire aucune) sont celles qui accepteront des séropositifs. Alors, le montant annuel à la charge du patient peut s’élever jusque 900$. Un montant important pour les travailleurs à faible revenu.

«Certaines personnes arrêtent de prendre leur médicament à cause de cela, explique Gary Lacasse. Et durant cette période leur charge virale augmente.» Et certains cas peuvent être dramatiques. Il y a quelques années, la Maison Plein Cœur a suivi une jeune fille séropositive. Alors qu’elle travaillait, elle ne pouvait pas toujours se payer ses médicaments. Mais à force de les arrêter et de les recommencer, elle a développé une immunité au traitement. Elle est décédée à 21 ans.

Un scénario qui n’est pas courant, mais qui reflète la pression que peuvent ressentir les séropositifs avec un emploi. «Et ce sont eux les plus faibles, explique Gary Lacasse. Car leur équilibre est fragile et ils peuvent vite s’effondrer. On doit tout faire pour les maintenir en emploi.»

Chasse aux sorcièresséropositif travail amitié vin sida mts

Pour Benoit, le sida a signifié l’arrêt de sa vie professionnelle. Les va-et-vient à l’hôpital et les effets secondaires du traitement l’ont poussé à stopper son emploi dans une école.

Mais pour d’autres patients, la vie au travail peut devenir compliquée. La seule façon pour eux de souscrire à une assurance privée et de faire partie d’une assurance colletive. Comme en entreprise par exemple. Mais le prix des cotisations augmentera «et particulièrement s’il y a peu d’employés, explique René Légaré. Une chasse aux sorcières peut s’installer pour connaître le responsable. Certains ont déjà été dénoncés publiquement pendant des réunions en demandant leur renvoi.»

D’après un sondage de la COCQ-sida, 51,5% des personnes vivant avant le VIH seraient rejetées par leurs collègues de travail. Pourtant, avec un bon suivi médical, ces personnes peuvent passer inaperçues et être totalement autonomes, explique Gary Lacasse.

À quoi, il est bon de briser une légende: Benoit et toute autre personne ayant le VIH peut pratiquer n’importe quel emploi. «Même cuisinier», précise-t-on à la COCQ-sida.

Briser l’isolement

En théorie, une personne vivant avec le VIH n’a pas de restriction dans la vie quotidienne. Mais pour certains, le diagnostic signifie l’isolement total. Benoit s’investit auprès d’eux depuis 2004. Il fait du bénévolat à la Maison Plein Cœur et participe au programme Théâtre à 2 pour briser l’isolement des séropositifs.

Mais pour que la population comprenne mieux les personnes malades, Benoit est surtout devenu une figure publique. Il s’affiche ouvertement en tant que séropositif et répond aux questions. Que cela soit en entrevue avec des journalistes ou au quotidien. Comme lorsque sa belle-mère, inquiète, se demandait si elle devait jeter un t-shirt où il avait saigné. Pas de panique. Le t-shirt peut être lavé normalement, il n’y a aucun risque.

Si Benoit ne s’est pas isolé, c’est aussi grâce à ses parents. Les deux le soutiennent depuis son diagnostic et il s’est particulièrement rapproché de sa mère. Depuis 2002, Benoit a vécu, eu des relations amoureuses et s’est investi dans sa communauté. Sa prochaine étape il l’espère: le retour à l’emploi.

VIH et sida

VIH: nom du virus. À savoir: Virus de l’Immunodéficience Humaine. Les personnes infectées voient se détruire progressivement les cellules qui coordonnent les défenses immunitaires.

Avec le temps, les personnes atteintes développent des co-infections qui profitent de cette baisse immunitaire.

 

Sida: Syndrome d’Immuno Déficience Acquise. Stade du VIH où le patient a développé des co-infections (autres maladies contractées par la baisse immunitaire). Une personne avec le VIH peut passer plusieurs années sans atteindre le stade du sida.

 

Contamination

Pour contracter le VIH, il faut que du sang (ou autres fluides) rentre dans l’organisme. Donc par le biais de relations sexuelles non protégées ou d’échanges de seringues par exemple. Si le sexe oral est moins à risque, il reste néanmoins  un facteur de transmission.

Le VIH est un virus qui meurt à l’air libre. Donc il n’y a pas de risque de transmission par un vêtement souillé de sang ou autre.

Le VIH ne se transmet pas par la salive ou les urines.

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Après la pluie… Le beau temps

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Vivre au Québec en étant séropositif

VIH

Portrait de la maladie en 2015

Le VIH est-il toujours d’actualité? Est-ce une maladie comme les autres? La question divise, mais pour Gary Lacasse, directeur de la Maison Plein Cœur (organisme d’aide aux personnes séropositives), la réponse est nette et franche: «Il y a une banalisation du VIH. On a l’impression que ce n’est pas grave, que c’est une maladie comme les autres.»

Delphine Caubet      Dossiers Sida VIH MTS Aids .

sida-tue-encore-vih-mtsIl est vrai que les conditions de vie des personnes séropositives se sont nettement améliorées depuis les années 1980. Il n’empêche, depuis 2011 c’est plus de 3 000 nouveaux cas de VIH par an au Canada. Le Québec se situant dans le trio de tête avec un taux supérieur à la moyenne nationale.

Les cibles

Si vous êtes une femme ou une personne considérée comme non à risque (qui n’est pas gay, n’utilise pas de drogues injectables ou ne se prostitue pas), peu de chance d’avoir entendu parler du VIH au cours des dernières années.

«Il n’y a plus de grandes campagnes de prévention», comme le disent Gary Lacasse et le Dr Réjean Thomas (Président de la clinique L’Actuel, spécialisée auprès des patients séropositifs).

«Car une campagne ne fonctionne que si le public est bien ciblé. Les campagnes nationales n’ont que peu d’effets» explique René Légaré, porte-parole à la COCQ sida.

Le Ministère de la Santé et des Services sociaux fait régulièrement une campagne de prévention des ITS auprès des jeunes dans un contexte où les cours d’éducation sexuelle ont été supprimés…

L’autre grande population touchée par les campagnes non gouvernementales est les HARSAH: hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes.

Gay 911

«Il y a une urgence auprès de la communauté homosexuelle», s’exclame le Dr Thomas. Ces derniers sont la cible de bien des campagnes et à raison. D’après CATIE (organisme d’informations canadien sur le VIH et l’hépatite C), 58,5% des nouveaux cas de VIH dans la province sont des HARSAH.

Autre constatation: 25% d’entre eux ignorent être séropositif. Des hommes qui peuvent avoir des rapports sexuels avec d’autres personnes dites non à risques… et qui ne seront peu ou pas sensibilisées par des campagnes.

Pour rejoindre au maximum les hommes homosexuels, la COCQ-sida s’adapte à la drague 2.0. «Car 50% à 60% des nouveaux cas que nous voyons ont été contracté lors de rencontres via les réseaux sociaux», explique le Dr Thomas.

Rencontre Gay Québec, Gay 411… Autant de sites internet où la COCQ-sida fait de la prévention. «Et je suis toujours surpris de la popularité que peuvent avoir des sujets qu’on pense acquis, tels que la fellation par exemple», explique René Légaré. Si les sites de rencontres homosexuels laissent la COCQ-sida donner de l’information, d’autres sites hétérosexuels s’y sont opposés.

Santé sexuelleséropositif prévention vih québec

Ces démystifications sur la maladie, qu’on pense acquise, ne sont pas juste le fait de la communauté homosexuelle. «On a un besoin en santé sexuelle dans notre société», explique Geneviève Némouthé coordinatrice à la COCQ-sida.

Si le taux de VIH est stable depuis plusieurs années, il y a en revanche une recrudescence de la chlamydia et de la syphilis.

Si la COCQ-sida travaille un projet de prévention en santé sexuelle pour les femmes, il faut surtout apprendre à discuter avec ses partenaires. Homme, femme, homosexuel, hétérosexuel… peu importe. Il faut apprendre à connaître son partenaire et ses expériences passées. «La sexualité est le moteur de nos sociétés. C’est probablement le sport national de l’humanité. Sans sexe, il n’y a pas d’avenir», conclut Geneviève.

L’autre réalité

Des conversations sans tabous. Un idéal à atteindre. Mais une autre réalité dans la prévention d’ITS est le barebacking: des personnes qui contracteraient volontairement le VIH.

«Ils pensent que les personnes séropositives sont mieux traitées que les autres. Qu’ils ont plus de services. Alors ils vont dans des soirées et cherchent à avoir des rapports à risque», s’insurge Benoit, séropositif lui-même.

Cette pratique est une réalité avec certains lieux et sites internet qui se spécialisent dans ces rencontres, mais il ne faut pas généraliser. Les statistiques sur le VIH le prouvent, à quoi la COCQ-sida conclu qu’il n’y a pas de «crise du VIH au Québec.»

Dépistage

L’un des enjeux en 2015 est le dépistage. «Car si toute la population se fait dépister et suit le traitement adéquat, le virus disparaitrait d’ici quelques années», explique le Dr Thomas. L’un des moyens serait le dépistage automatiquement lors d’hospitalisation. «Avec toujours l’option de refuser, nuance le président de la clinique L’Actuel. Mais pour ça, il faut une vraie volonté politique.»

Cette idée suscite des remous et la COCQ-sida est plus mitigée sur le dépistage massif. «Car il faut de l’accompagnement. On ne peut pas juste dire à une personne qu’elle est séropositive. Il faut que ce soit une démarche personnelle, sans panique», précise René Légaré.

Depuis 2014, la Colombie-Britannique offre tous les 5 ans un dépistage de routine à sa population. Mais certaines initiatives ont choqué l’opinion publique, comme lorsqu’ont été offerts des repas gratuits aux itinérants de Vancouver contre un dépistage.

Système à 2 vitesse

Au Québec, il est possible de se faire dépister gratuitement dans les services de santé, mais il faut plusieurs semaines avant de recevoir les résultats. La COCQ-sida vérifie régulièrement l’offre de service et il leur arrive d’avoir des surprises comme lors du non-remplacement d’une infirmière ITSS pendant un congé de maternité.

Pour une réponse rapide, il faut passer par des cliniques privées, dont les résultats varient entre 30 minutes à 3 jours. Un service payant pour les populations dites non à risque.

Dans la lutte contre le VIH, il faut aussi démystifier la maladie et vaincre la peur du dépistage. Comme le souligne le Dr Thomas: «Il faut lutter contre les préjugés. Il y a encore une peur des clichés des années 1980.» La COCQ-sida et la Maison ¸Plein Cœur acquiescent, l’autre enjeu de 2015 est les conditions de vie des personnes séropositives.

Ailleurs au pays

Au Canada, le profil du VIH est très diversifié. Si au Québec, la maladie touche essentiellement les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH), au Manitoba elle concerne à plus de 60% les hétérosexuels. Quant au Saskatchewan, plus de 76% des personnes séropositives l’auraient contractée via des drogues injectables.

 

Au Canada, les trois provinces dépassant la moyenne nationale sont: la Colombie-Britannique, le Québec et l’Ontario.

 

Avancées médicales

Depuis plusieurs années, les rapports de force entre les équipes médicales et le virus tendent à s’inverser. Plusieurs avancées significatives ont été faites en la matière. En février 2015, une équipe de chercheurs a annoncé avoir testé un vaccin sur des singes. Ces animaux n’ont présenté aucune infection pendant les 8 mois suivant et tout laisse à penser que cela pourrait se poursuivre sur plusieurs années.

Régulièrement, des informations encourageantes paressent dans les médias. Un bébé a notamment était guéri du virus. Les avancées sont majeures et certains parlent de quelques années avant la réalisation d’un vaccin pour les humains.  Dans un même temps, de nouvelles souches immunisées aux médicaments apparaissent.

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L’amour en 3 dimensions.

l-amour-en-3-dimensions-roman-cheminement-humoristique-croissance-personnelleLa relation à soi, aux autres et à notre environnement

Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Pour commander par Internet:

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 FREE
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VIH: Imprimer un magazine au sang infecté

Reflet de Société juin 2015

Démystifier le VIH et les séropositifs

Dans les semaines à venir paraîtra Reflet de Société de juin 2015. Le sujet à l’honneur est le VIH et les conditions de vie des personnes séropositives. De l’autre côté de l’Atlantique, en Autriche, un magazine sort un numéro traitant du même sujet. La différence? Il est imprimé avec du sang contaminé.

Delphine Caubet      Dossiers SantéSida VIH MTS Aids

sida-tue-encore-vih-mtsNous ne sommes pas allés aussi loin. Avec Reflet de Société, vous découvrirez des témoignages de personnes vivant avec le VIH, de leur quotidien et des changements dans leur vie.

Notre objectif est de lutter conter les préjugés à l’encontre de ces personnes, alors que COCQ-sida (coalition des organismes communautaires du Québec de lutte contre le sida) entend bien souvent des hérésies. Comme ne pas vouloir partager des ustensiles de cuisine. Et ce type de réflexions peut venir de toutes les populations, dont celles dites «plus éduquées».

Mesure extrême

Pour atteindre le même objectif que nous, le magazine australien pour hommeVangardist a imprimé 3 000 exemplaires de leur édition spéciale avec du sang contaminé. Ce dernier venait de 3 donneurs: un homme homosexuel, un autre hétérosexuel et une femme contaminée par son mari.

Des choix de donneurs qui n’ont rien d’anodin, qui viennent briser la légende que le VIH ne concerne que les gays.

Si la mesure parait extrême, je l’apprécie car elle vient détruire un autre mythe: on ne contracte par le virus en touchant une personne ou son sang. Il faut que ce sang rentre dans l’organisme alors que le virus est toujours en vie.

Virus qui meurt à l’air libre ou au contact d’un pH acide (comme l’encre avec laquelle était mélangé le sang). Pour preuve, Vangardist a fait tester ses exemplaires et effectivement le virus est mort. Le magazine est sécuritaire.

Informé et préservé

Conclusion: on contracte le virus par des relations sexuelles non protégées et autres échanges de fluides. Comme une seringue qui passerait d’un bras à l’autre.

Le VIH est une maladie mortelle et incurable qu’il ne faut pas prendre à la légère. Pour autant, les personnes séropositives ne sont pas des bombes en puissance. Particulièrement avec les nouveaux traitements réduisant de 96% la charge virale des patients.

Rendez-vous en juin pour d’autres informations!

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L’amour en 3 dimensions.

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Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

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Circoncision à la chaîne

Circoncision à la chaîne

(Agence Science-Presse) – Placés devant le fait que la circoncision réduit les risques de transmission du sida de 60 %, la Fondation Bill et Melinda Gates a financé une première: plus de 600 000 hommes se feront offrir une circoncision gratuite en Zambie et au Swaziland.

D’autres programmes du genre avaient obtenu un succès ces dernières décennies en Afrique, mais jamais à une pareille échelle.

 

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Les sites d’injection supervisée au Québec

Les sites d’injection supervisée au Québec

Robin Drevet         Dossiers MTS-Sida, Toxicomanie, Alcool et drogue, Vancouver, Site d’injections supervisées , Itinérance

Suite à l’article de Raymond Viger sur le site d’injection supervisée à Vancouver dans le volume 16 numéro 6 de septembre dernier, Reflet de Société s’est intéressé à la possible ouverture d’un tel service au Québec. Puisque toxicomanie et transmission du virus sont en lien direct, cet article fait partie du dossier sur le VIH.

Les sites d’injection supervisée sont destinés aux consommateurs de drogues par injection (héroïne, crack…) pour leur fournir un cadre plus sécuritaire que la rue. Pour comprendre où en est ce processus, nous avons rencontré Jean Sébastien Fallu, président et fondateur du GRIP (Groupe de Recherche et d’Intervention Psychosociale), et professeur adjoint à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal.

Les toxicomanes restent dans l’ombre

Lors de la semaine de prévention sur la toxicomanie au Québec, du 16 au 22 novembre 2008, des bénévoles du GRIP ont fait signer une pétition pour l’ouverture d’une piquerie au Québec. Au contraire de la campagne de dépistage du cancer du sein, cette semaine de prévention est passée inaperçue. «Le problème, c’est que les toxicomanes attirent moins d’empathie que des personnes atteintes du cancer. On considère ces derniers comme non responsables de leur état, ce qui d’ailleurs est vrai», explique le professeur Fallu.

Pourtant, la toxicomanie est un problème réel et très présent au niveau de la Santé Publique au Québec. Alors pourquoi ces tabous?

Site d’injection supervisée: précisions

Il faut d’abord savoir ce qu’est exactement un site d’injection supervisée. C’est un endroit propre où se procurer des seringues neuves. Ce qui permet de prévenir la transmission de maladies comme l’hépatite C ou le VIH, évite les risques de surdoses entrainant souvent le décès, et aussi réduire les nuisances publiques créées par les toxicomanes. Ce genre de centre met aussi à disposition une assistance pour ceux qui veulent s’en sortir, comme sur le site de Vancouver qui allie à la fois piquerie et centre de désintoxication.

«L’opinion publique n’est pas informée des problématiques concernant la toxicomanie. Une étude a démontré qu’après une campagne de sensibilisation sur les difficultés rencontrées par cette population, 53% des personnes interrogées étaient en faveur de l’ouverture d’un tel site», dit Jean Sébastien Fallu.

Besoin des intervenants et des toxicomanes

Au Québec, il y a une forte demande, à la fois des intervenants et de la clientèle, avec un certain consensus de tous les organismes, pour l’ouverture d’une piquerie. Même le Programme National de Santé Publique établi par le Ministère de la Santé Publique et des Services Sociaux du Québec préconise l’ouverture d’un site d’injection supervisée. M. Fallu explique l’imbroglio politique autour de cette question. Philippe Couillard, ministre de la santé de 2003 à 2008, avait donné son accord pour ouvrir ce site. Seulement, son successeur, le docteur Yves Bolduc, n’a pas repris cette initiative. Bien qu’après réflexion il se soit montré plus flexible, il ne peut revenir complètement sur sa décision par peur de perdre la face.

Site d’injection supervisée: problème politique ou éthique

Le problème est-il politique ou éthique? Car des problèmes éthiques sont à considérer. L’ouverture d’un tel site encourage-t-il la consommation de drogues? Légitime-t-on cette dépendance? On peut répondre à ces interrogations que, malgré toutes les politiques répressives mises en place dans de nombreux endroits, la consommation n’a pas reculé. Aux États-Unis il apparaît clairement que la politique répressive n’a pas fonctionné. Dans les années 70, environ 2% de la population américaine avait déjà testé une drogue. Aujourd’hui, sous l’approche répressive, on estime que la proportion de gens qui ont goûté à la drogue est passée à près de 46%.

Aujourd’hui, l’approche rappelle la politique du moindre mal à savoir des centres d’échanges de seringues, la distribution de kits sains avec seringue neuve et préservatif.

Jean Sébastien Fallu résume bien la situation au Québec, qui peut s’appliquer d’ailleurs un peu partout, en citant un politicien luxembourgeois: «On sait ce qu’il faut faire concernant la drogue, mais on ne sait pas comment être réélu après.»

Reflet de Société, Vol.17, No 2, Février/Mars 2009, p.25

À lire aussi : Insite de Vancouver: site d’injection supervisée

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