Travailleuse du sexe Connais pas

Travailleuse du sexe? Connais pas!

Trisha Baptie         Dossier Prostitution et Sexualité.

J’ai été prostituée plus de 15 ans et je n’ai jamais rencontré une seule «travailleuse du sexe». Pour moi, cette expression vient du film Pretty Woman… et des gens qui endossent et exploitent la chosification des femmes. Je connais des prostituées – j’en ai été une – et nos raisons d’être là étaient claires: la pauvreté, le racisme, l’oppression de classe, le sexisme et les violences subies dans l’enfance.

À l’époque, je vous aurais dit que la prostitution était un geste de pouvoir, de libération… Il me fallait penser ça.  Comment aurais-je pu me regarder dans le miroir autrement? Pourtant, ça m’arrachait le coeur de voir arriver chaque nouvelle fille. Et pas une prostituée ne veut voir sa fille entrer dans cette industrie mangeuse d’âme.

Je suis contre ce prétendu «travail du sexe», parce qu’il affecte non seulement les femmes qui y sont, mais toutes les femmes et notre rapport au monde. Au Canada comme partout, des femmes, presque toutes pauvres et «racisées», sont amenées à cette industrie par la coercition, la violence et la tromperie. C’est parce que je veux la liberté pour toutes les femmes que je suis contre l’industrie qui nous vend comme jouets de masturbation.

On dit souvent: «Il faut bien qu’une femme paye ses comptes.» Qu’on nous donne plutôt de l’instruction, des possibilités, de la dignité et un revenu convenable garanti! Si on collectait réellement les pensions alimentaires? Si on assurait les ressources nécessaires aux jeunes qui grandissent dans les centres d’accueil et en sortent? Il y a de meilleures façons d’aider les femmes que les baiser.

Mes amies qui sont encore dans la rue savent ce que je fais, et elles m’appuient pour que personne d’autre n’adopte cette vie. Elles travaillent à se protéger du danger immédiat. Moi, à titre de militante, je veux voir les hommes arrêtés avant qu’ils achètent des femmes.

Des viols payés

J’essaie aussi de dissiper l’illusion que cette forme de violence contre les femmes reflète leur propre choix. Je veux réorienter la conversation, comprendre pourquoi notre société trouve correct que des hommes achètent des femmes? Pourquoi donc défendre la notion que les hommes ont besoin d’un accès sexuel illimité aux corps des femmes pour y éjaculer quand bon leur semble? Si on accepte ça, la société est forcée de leur offrir en tout temps une catégorie de femmes pour satisfaire cette volonté.

Des longues recherches ont démontré que 90 % des femmes prostituées veulent en sortir et mon expérience du milieu valide ce chiffre. C’est de viols payés dont on parle. Contestons cette forme de patriarcat et de misogynie. «La plus vieille profession du monde» est en fait sa plus vieille oppression.

Propres à être violentées

«Réduction des méfaits», dites-vous? On ne peut pas rendre la prostitution «plus sécuritaire»; c’est une violence en soi, un viol où l’argent ne fait qu’apaiser la conscience des hommes. Et puis, pourquoi est-ce seulement aux femmes qu’on impose des contrôles de santé? Pour que nous soyons «propres» à être violentées par les hommes? Pourquoi ne pas les  contrôler, eux, si on veut vraiment protéger les femmes?

Pourquoi institutionnaliser ce que l’humanité a de pire? Notre culture impose aux femmes de baiser sur demande, de s’arracher les poils, de subir des chirurgies plastiques… Cela m’attriste de voir à quel point notre société force les filles et les femmes à jouer les prostituées.

Quant au soi-disant «libre choix» de se faire baiser plusieurs fois par jour par des hommes anonymes, mon expérience est toute autre. Partout où il y a prostitution, il y a trafic sexuel, crime organisé, drogues et autres activités criminelles et aucun pays n’arrive à les désenchevêtrer. Alors, pourquoi laisser une minuscule minorité de gens nous imposer leur individualisme quand nous savons que toute la société en souffrira? Que ce seront surtout les femmes pauvres et les femmes de couleur qui verront leurs droits humains bafoués afin de maintenir pour les hommes l’offre du sexe sur demande?

Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 32

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Chronique economique Les mises a pied déferlent sur le Quebec

Chronique économique

Les mises à pied déferlent sur le Québec

Jean Gagnon            Dossier Économie

image Certains de ces travailleurs ne retrouveront pas leur emploi lorsque l’économie reprendra de la vigueur.

Quand on perd son emploi, les mots récession économique prennent toute leur signification. Si vous êtes parmi les 48 800 Québécois qui ont connu ce sort au cours des trois premiers mois de l’année, vous pouvez sûrement en témoigner.

La récession a finalement frappé le Québec durant cette période. «Alors que le marché du travail québécois avait résisté jusqu’à la fin de 2008, la situation s’est fortement détériorée au cours du premier trimestre de 2009», explique Joëlle Noreau, économiste principale à la Fédération des caisses populaires Desjardins.

Ce n’est pas fini. D’autres rejoindront les sans-emplois d’ici l’automne, car plusieurs employeurs importants, tels Abitibi Bowater, Bombardier et Pratt et Whitney, ont annoncé des mises à pied.

Cette tendance à la baisse va se poursuivre sûrement pendant six mois, craint Mme Noreau. Jusqu’à 70 000 travailleurs pourraient perdre leur emploi au Québec en 2009.

Combien parmi ceux qui ont perdu leur emploi le retrouveront-ils? Pour ceux qui ont été mis à pied uniquement parce que l’économie connaît une récession sévère, il y a de l’espoir.

Prenons les mises à pied chez Bombardier. La récession a entraîné une forte diminution de la demande d’avions d’affaires. L’entreprise a donc été forcée de réduire drastiquement sa cadence de production et sa force de travail.

L’effet boule de neige

Les licenciements chez Bombardier se répercutent ailleurs. Les fournisseurs de pièces destinées à ces avions voient eux aussi la demande pour leurs produits baisser et licencient des travailleurs. Même les restaurants situés à proximité des usines de Bombardier et de ses fournisseurs doivent pour la plupart réduire leur personnel, compte tenu d’un achalandage forcément moins grand à l’heure du lunch.

Mais il est probable que tous ces emplois pourront être recréés lorsque la récession sera terminée et que les commandes d’avions d’affaires reprendront. Toutefois, cette reprise n’est pas pour demain. Les premiers signes d’une relance n’apparaîtront pas avant, au mieux, le quatrième trimestre, soit tard cet automne selon les plus récentes prévisions de la Banque du Canada. Cette reprise sera très graduelle.

Comme dans l’aéronautique, plusieurs secteurs ont effectué des compressions de personnel importantes à cause de la détérioration de la conjoncture économique. Pour les travailleurs de ces secteurs, l’espoir n’est pas perdu de retrouver un jour son emploi.

D’abord, le secteur minier. Une diminution de la demande a fait chuter les prix et réduire la production. Mais une relance économique, principalement chez les pays émergents, permettra éventuellement une remontée.

Puis dans le secteur de l’habitation, dont la contraction s’est accélérée en 2009, une réelle crise de la construction domiciliaire a pris naissance aux États-Unis et s’est propagée au Canada et au Québec. La construction reprendra un jour. Mais une reprise valable des mises en chantier au Québec n’est prévue qu’en 2010, selon Hélène Bégin, également économiste au Mouvement Desjardins.

Enfin, les secteurs du commerce de détail et de la restauration encaissent le coup de la récession. Ces secteurs n’attendent qu’une relance de l’économie pour réembaucher.

Industries en mutation

Si le temps ramènera les emplois perdus à cause d’une conjoncture économique défavorable, on ne peut en dire autant des emplois éliminés par un changement fondamental de l’industrie. C’est le cas du secteur forestier, du textile et, dans une moindre mesure, de l’automobile.

Pour les produits du bois conventionnels, l’industrie québécoise est de moins en moins concurrentielle à cause de sa trop petite taille, et du fait qu’il faille aller chercher le bois de plus en plus loin, explique Joëlle Moreau. Il est douteux que cette industrie retrouve sa vigueur d’antan.

Pour l’industrie du textile, les pertes d’emplois risquent d’être permanentes, ce qui n’est pas un phénomène nouveau. De nombreux postes se déplacent vers la Chine ou vers d’autres économies émergentes et ne reviendront jamais.

Pour ce qui est de l’automobile, certains travailleurs retrouveront leurs emplois mais devront peut-être accepter de changer d’employeur, l’industrie américaine risquant fort de ne jamais récupérer les parts de marché perdues durant la crise actuelle.

Reflet de Société, Vol. 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 30

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Travail et maladie mentale Instable a temps partiel

Travail et maladie mentale

Instable à temps partiel

Étienne Gervais                 Dossier Santé mentale, Économie

«Vous réalisez, Monsieur Gervais, que de vous afficher ouvertement comme atteint d’une maladie mentale vous interdit  automatiquement l’accès à près de 75 % des emplois?» C’est ce que m’annonce gravement la conseillère en emploi que je suis venu rencontrer afin de discuter des mes récentes difficultés à dénicher un travail. J’échappe un petit rire nerveux. En fait, j’ignore si je dois éclater de rire ou fondre en larmes.

J’en suis parfaitement conscient. Quand j’ai décidé d’écrire mon histoire, il y a deux ans, je savais que la terre entière apprendrait que je souffre d’une maladie mentale et que le mot «stabilité» n’est pas le qualificatif le plus approprié pour me définir. En parcourant mon CV, la conseillère ajoute, «croyez-vous qu’il soit absolument nécessaire de le mentionner dans votre curriculum?» Elle fait vraisemblablement référence à la mention de mon livre qu’on y retrouve.

Bien sûr! Ne pas le faire serait en totale contradiction avec ce pour quoi je me bats, la raison d’être de mon livre: la démystification des maladies mentales. (Pas si fou le gars, hein?) La conseillère acquiesce mollement. N’empêche qu’elle a raison. Le peu de retours d’appel d’éventuels employeurs que je reçois est là pour le prouver. Un seul en près de quatre mois de recherche. Ce qui me donne envie de rire, c’est que depuis que j’ai décidé de vivre ouvertement ma maladie mentale, je me sens nettement mieux et, par conséquent, cent fois plus apte à occuper un emploi stable qu’auparavant, du temps où je mentais et réussissais aisément à décrocher n’importe quel job.

santé mentale Préjugé à temps plein

En contrepartie, ce qui me donne envie de pleurer, c’est que ce paradoxe confirme un état de fait que j’aimerais tant voir disparaître: l’accès au marché du travail est plus que limité pour les personnes atteintes de maladie mentale. Les statistiques sont d’ailleurs là pour le prouver: le taux de chômage chez ces personnes oscille entre 70 % et 90 %, selon le degré de sévérité de la déficience.

Plus attristant encore, il semble que ce ne sont pas les limitations dues à la condition de santé qui diminuent les chances d’accéder à un emploi décent, mais bien les préjugés entretenus par les employeurs (comme par le reste de la société) à leur égard.

La conseillère veut ensuite savoir en quoi consistent exactement les manifestations de ma maladie. Je lui parle alors des tentatives de suicide, de la souffrance au quotidien et des variations caustiques de mon humeur. «C’est étonnant, à vous voir, on ne le dirait pas!» s’exclame-t-elle. Non, ce n’est pas écrit sur mon visage, et c’est précisément ce qui me rend la tâche si ardue. En plus de fournir un rendement adéquat, je dois dépenser des quantités énormes d’énergie afin de préserver cette image de «normalité» aux yeux de mes collègues et patrons. Bien souvent, cela m’épuise tant que je finis par abandonner mon travail, alors que si mes employeurs se montraient un tantinet plus accommodants,  je pourrais fort bien garder à long terme un emploi.

De nos jours, il est de plus en plus fréquent de voir des entreprises apporter des modifications à leurs installations afin d’accueillir des candidats souffrant d’handicaps physiques. À quand ce genre d’adaptation pour les handicaps sociaux?

Emplois bas de gamme

L’entrevue avec ma conseillère tire à sa fin. Elle semble plutôt découragée de constater qu’elle n’est guère en mesure de m’aider. En dernier recours, elle ajoute, «avez-vous pensé à participer à un programme de réinsertion?» Certainement que j’y ai pensé! J’ai même fait plusieurs appels à cet effet. Ces démarches m’ont appris que si je le désirais, je pouvais participer à un programme à temps plein d’une durée de huit semaines (non rémunérées), pendant lesquelles on m’apprendrait à composer avec un horaire ainsi que les rudiments de l’entretien ménager et à l’issue de cette formation, je pourrais décrocher un emploi dans une entreprise de nettoyage ou sur une chaîne de montage. Wow! Quel extraordinaire bond dans ma carrière!

Mais ne concluons pas trop vite. Il est clair que ce type de programme répond aux besoins d’une clientèle particulière. Pour les gens souffrant de pathologies graves, un tel programme représente bien souvent l’unique porte d’accès au marché du travail et je ne peux que féliciter du fond du coeur les instigateurs de cette initiative porteuse d’espoir. Mais  pour moi, comme pour tous ceux qui souffrent de problèmes mentaux moins envahissants, ce n’est qu’une autre feuille arrachée à notre arbre d’espoir, emportée par le courant d’un vent qui emmène avec lui une partie de notre amour propre.

L’entrevue est maintenant terminée. «Alors, qu’est-ce que vous comptez faire, monsieur Gervais?» demande gentiment  la conseillère. «Et bien, je n’en sais trop rien… je crois que je vais écrire quelque chose là-dessus…»

Étienne Gervais est l’auteur de L’ennemi en moi, histoire vraie d’une victime du trouble de la personnalité limite, publié chez Olographes en 2008.

personnalitelimite@sympatico.ca

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Temoignage Drogue du viol

Roman humoristique et éducatif sur la sexualité.

Témoignage

Drogue du viol

Marie-Pier        Dossier GHBSexualité

Si je vous dis GHB, à quoi pensez-vous? Probablement que vous savez que c’est une drogue et qu’elle est aussi appelée drogue du viol mais, à part ca, qu’en savez-vous?

Drogue du viol ghb sexualité Le GHB est un dépresseur du système nerveux central qui provoque un peu le même effet que l’alcool. La substance cause de la somnolence qui peut aller jusqu’à la perte de conscience si elle est absorbée avec de l’alcool ou à dose élevée. En grande quantité, le GHB peut occasionner des vertiges, des nausées, des vomissements, de l’hypothermie, une diminution de la pression sanguine, de l’amnésie, une dépression respiratoire, des crises épileptiques, le coma et la mort. On retrouve le GHB en liquide, en poudre, en capsules ou en granulés à dissoudre dans l’eau. Mélangé à une boisson alcoolisée, il n’a ni odeur, ni saveur. Ça, le saviez-vous? Moi non, pas avant d’en être victime!

À ce moment-là, j’ai 19 ans et je vis en région dans un petit village tranquille. Je travaille à plein temps et vois mes amis. Je ne sors que très rarement au bar depuis mon arrivée dans ce village. Un gars avec qui je travaille, Benoit (nom fictif ), me plaît bien. Nous nous parlons sur MSN, mais sans plus. Un soir, mon «coloc» et moi recevons la visite de quatre amis. Comme tout le monde, je m’ouvre une bière. Il est 19h. Benoit m’appelle alors et me dit qu’il veut que j’aille le rejoindre au bar vers 23h pour prendre une bière tranquille, question de jaser. Je trouve l’idée charmante et je convaincs la gang de venir avec moi.

Il est maintenant 23h et nous sommes tous au bar, j’ai bu quatre bières en quatre heures… J’étais loin d’être saoule. J’ai toute ma tête lorsque, en arrivant, je vois Benoit au fond du bar. Je dis à ma gang que je vais le rejoindre et nous voilà, lui et moi, jasant de tout et de rien: «Dis-moi Marie, tu bois quoi comme bière?» «Hum, Molson Dry, s’il-te-plaît, merci.» À ce moment-là, j’aurais dû me méfier mais je suis naïve et je ne pense pas du tout à ça. Je le trouve charmant, tout simplement. Je bois le quart de ma bière et je suis prise d’une envie pressante. J’ai un mal fou à me diriger vers la salle de bain. Tout est flou et j’ai la tête qui tourne.

Je me réveille nue et je ne suis pas chez moi. Ma tête me fait mal et je n’arrive pas à éclaircir mes idées. Tout tourne encore et je vois à peine. Un homme m’habille et essaye de me mettre debout mais mon corps est trop lourd, je suis incapable de dire quoi que ce soit. Je me réveille de nouveau. Je suis maintenant dans son auto et je le reconnais, même s’il est flou. C’est Benoit. Il détache ma ceinture de sécurité et me pousse hors de l’auto. Je réussis à me mettre debout, chancelante, et je rentre chez moi comme un automate. Il est 7h du matin.

Lendemain de veille

Je me réveille de nouveau. Il est 15h. J’ai mal au coeur et l’impression que ma tête va exploser. Je me fais un café et dis bonjour à Simon,mon «coloc». Il est enragé et je ne sais pas pourquoi: «Simon, que s’est-il passé hier? Et pourquoi es-tu comme ça avec moi?» «Tu vas me faire croire que tu ne t’en souviens pas? Tu as agis en vrai garce avec moi. Je ne te t’avais jamais vue comme ça!»

Je ne me souviens vraiment de rien, pas de flash, rien, le noir total. Je décide d’aller prendre une douche, afin de me remettre sur pied. C’est en me regardant dans le miroir que la panique s’empare de moi. Je crie à Simon de venir me voir. J’avais une serviette autour du corps. Simon me regarde, horrifié. J’ai des bleus dans le cou, sur la poitrine et sur les hanches.

J’appelle Info-Santé et je raconte ce dont je me souviens de la veille. L’infirmière me dit que j’ai les symptômes d’une victime de la drogue du viol et que je dois me dépêcher d’aller passer des tests à l’hôpital. J’ai 19 ans, je suis perdue et je ne comprends rien. Durant trois heures, je passe une série de tests, que ce soit pour la police ou pour moi.

Méprisée

J’ai honte. Je suis nue devant un médecin, une infirmière et un stagiaire. Je pleure et bouillonne de rage. Il faut ensuite attendre les résultats: 48 heures avant de savoir si j’ai contracté quelque chose. Je n’ai heureusement rien, mais je n’ai aucune preuve contre Benoit.

J’appelle la police mais, sans rien de concret à leur présenter, je me fais rire au nez! Il n’y a rien de plus insultant que de se faire rire en plein visage par un policier quand tu portes plainte pour viol! Je me croyais forte, mais cette épreuve me bouleverse. Y a-t-il une justice? Comment faire confiance à quelqu’un? Pourquoi c’est à moi que c’est arrivé? Pourquoi ne pas me croire?

Les policiers ont le temps de donner une contravention à un jeune parce que son moteur d’auto fait trop de bruit mais pas d’emprisonner un individu dangereux! Benoit s’en est lavé les mains et j’aurai toujours cette expérience sur la conscience. Mais lui aussi! Ça ne sert à rien de ruminer tout ça. Il faut aller de l’avant et puis, vous savez, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

Nous ne pensons pas que quelque chose comme ça puisse nous arriver. On se dit que ça n’arrive qu’aux autres. C’est faux, le GHB est de plus en plus utilisé. C’est pourquoi il faut toujours surveiller son verre et ne pas accepter quoi que ce soit d’une personne inconnue. Je ne changerai pas le monde en écrivant cet article mais si ça peut sensibiliser certaines personnes et les inciter à en parler, j’aurai déjà fait beaucoup!

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Tourisme medical Hopital sous les tropiques

Tourisme médical

Hôpital sous les tropiques

François Richard           Dossier Santé

L’entreprise Service Santé International (SSI), située en Beauce, offre à ses clients d’aller faire soigner à Cuba leur rétinite pigmentaire, une maladie de l’oeil rendant aveugle et considérée comme incurable. Le coût du voyage est de 10 000$. Les patients se disent satisfaits des soins reçus, alors que les médecins québécois crient à l’imposture.

«L’autre jour au petit-déjeuner, j’ai dit à mon mari: ‘‘Yvon, mes mains, je peux les voir sur la table.’’» Julie Lacasse est soulagée. Quelques semaines après un voyage médical à Cuba organisé par SSI en janvier 2009, la femme de 42 ans retrouve progressivement une vision qui avait gravement décliné au cours des derniers mois. L’ancienne infirmière à l’hôpital montréalais Royal-Victoria a reçu un diagnostic de rétinite pigmentaire (RP) il y a six ans. La maladie est d’origine génétique et cause la destruction progressive des cellules photosensibles de l’oeil (c’est-à-dire celles captant la lumière). Le verdict était sans appel: elle deviendrait aveugle.

«Les médecins québécois n’avaient aucun traitement à m’offrir», se désole-t-elle. Résignée à perdre la vue, Julie Lacasse approche l’organisme Le Bouclier, qui offre du soutien aux personnes non-voyantes. C’est une employée du Bouclier qui lui parle du traitement offert à Cuba. Julie Lacasse contacte alors SSI et entreprend des démarches pour aller s’y faire traiter.

Les clients de SSI atteints de RP sont traités au Centre international de rétinite pigmentaire Camilo Cienfuegos à La Havane. L’hospitalisation dure trois semaines et coûte un peu plus de 10 000$. Le traitement se décline en trois phases. La première est une opération au cours de laquelle la membrane située dans le bas du globe oculaire est déplacée vers le centre de l’oeil afin de renforcer les tissus affaiblis. Le patient reçoit ensuite deux autres traitements d’ozone et d’électrostimulation afin de renforcer l’activité cellulaire réduite par la RP.

Les patients doivent ensuite retourner au Centre tous les ans pour y recevoir un traitement à l’ozone afin de préserver les améliorations de la vue subséquentes à l’opération. Le coût du traitement annuel est en moyenne de 4 900$. Selon SSI, des patients provenant de 35 pays se rendraient à la clinique chaque année pour s’y faire soigner. Le traitement cubain ne prétend pas guérir la RP. Il en stopperait plutôt la progression, permettant d’éviter la cécité complète mais non de recouvrer une bonne vision. Sur les quelque 200 Québécois qui se sont rendus à Cuba par l’entremise de SSI, une trentaine a effectué le déplacement pour soigner une RP. Une minorité de patients s’est fait refuser les soins, les médecins cubains jugeant l’état de leur maladie trop avancé.

L’avis des médecins québécois

Julie Lacasse a payé de sa poche le traitement. Virginie Savaria, qui a aussi fait le voyage en janvier 2009, ne pouvait se le permettre. La mère de trois enfants, propriétaire d’une boutique de scrapbooking à Saint-Jean-sur-Richelieu, a organisé une levée de fonds auprès de son entourage pour pouvoir se permettre le déplacement. En plus d’être atteinte de RP, Virginie Savaria est sourde depuis sa naissance. La perspective de devenir aveugle était pour elle effrayante.

Son médecin a tout de même tenté de la dissuader de se rendre à  Cuba. «Mon docteur m’a dit que c’était dangereux, que ça pourrait me rendre aveugle. L’ironie, c’est que l’inaction m’aurait rendue aveugle à coup sûr.» Les deux femmes s’expliquent mal l’hostilité des médecins québécois à l’égard du traitement offert à Cuba. Elles croient que les liens tendus entre le gouvernement de La Havane et ceux d’Amérique du Nord y seraient peut-être pour quelque chose…

Selon le président de l’Association des médecins ophtalmologistes du Québec, Jean-Daniel Arbour, cette analyse ne tient pas la route. Il affirme n’avoir aucun problème avec le fait que des gens aillent se faire traiter à Cuba pour certaines afflictions. Le médecin est toutefois convaincu que dans le cas de la RP, les Cubains se trompent. «Les prétentions scientifiques à la base du traitement sont erronées», explique-t-il.

L’ophtalmologiste donne en exemple le fait que, selon la documentation de SSI, le déplacement de la membrane du bas de l’oeil vers le centre serait effectué pour favoriser la circulation sanguine. «Or, la RP n’a rien à voir avec la circulation sanguine. Il s’agit d’une maladie cellulaire.» Jean-Daniel Arbour dénonce aussi l’aspect secret de la clinique cubaine, dont l’efficacité des traitements n’aurait jamais été prouvée par des études médicales valables. Le site Internet de SSI annonce d’ailleurs, en parlant de Cuba, «des traitements uniques au monde.»

Le poids des témoignages

La présidente et fondatrice de SSI, Lucie Vermette, n’a pas d’arguments médicaux à opposer à ceux du Dr. Arbour. «Je n’ai aucune formation médicale», admet-elle. Elle s’insurge toutefois contre le fait que les médecins québécois dénoncent l’opacité des conditions dans lesquelles est pratiqué le traitement. Selon elle, la clinique cubaine ferait preuve de la plus grande transparence. Elle souligne la venue de son chef des opérations, le Dr. Barrientos Castano, à Montréal en octobre 2008 afin de présenter sa technique aux spécialistes québécois. «Aucun médecin ne s’y est présenté», déplore-t-elle.

Lucie Vermette accuse le Dr. Arbour de répandre des faussetés à propos du traitement cubain, notamment que les patients seraient traités avec des pierres et des aimants. «Il a parlé d’ozone appliqué directement sur les yeux, c’est complètement faux. L’ozone est plutôt administré par voie intraveineuse.» Elle affirme s’en remettre aux témoignages de ses clients afin de juger de l’efficacité de l’opération. «Je n’ai rien de scientifique à apporter à ce débat. J’apporte plutôt du réel, j’apporte des gens.»

Elle soutient que ses clients disposent de toute l’information nécessaire quant au traitement avant de se rendre à Cuba. «Il s’agit d’une sortie de secours, rien n’est garanti. Ces personnes sont désespérées. Au Québec, elles se font donner cavalièrement une tape dans le dos par un médecin qui leur dit qu’elles devront se rendre à la Fondation Louis-Braille pour s’y faire donner une canne.»

Jean-Daniel Arbour croit que SSI joue justement sur le désespoir de patients craignant de devenir aveugles pour leur proposer des traitements inefficaces, voire dangereux. «L’ozonothérapie n’est pas du tout utile pour l’oeil, soutient-il. Ce qui est offert à Cuba est n’importe quoi. Ici, nous serions poursuivis en justice si nous offrions des traitements sans justifications comme ils le font.»

À chacun sa décision… et sa machine

Julie Lacasse et Virginie Savaria ont décidé d’ignorer ces critiques et mises en garde du corps médical québécois. Elles ont pris en charge le traitement de leur RP. Les deux femmes se sont en effet procuré chacune une machine d’ozonothérapie et vont ainsi pouvoir s’administrer elles-mêmes leur traitement à domicile plutôt que de se rendre à Cuba chaque année. À 2 500$ l’unité, ces appareils représentent une alternative avantageuse au déplacement annuel à Cuba. Jusqu’ici, quatorze Québécois ont entrepris des démarches pour s’en procurer une. Bien qu’elle n’en ait pas la confirmation médicale, Julie Lacasse soutient que sa vue s’est bel et bien améliorée. Elle compte poursuivre la démarche entamée à Cuba.

Reflet de Société, Vol 17, No. 4, Juin/Juillet 2009, p. 20-21

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Alanis Obomsawin cineaste abenakise Voix autochtones a lecran

Alanis Obomsawin, cinéaste abénakise

Voix autochtones à l’écran

Luc Dupont         DOSSIER REFLET DE SOCIETE , Autochtone

Il existe au Québec une cinéaste abénakise de 76 ans méconnue du grand public. Elle a consacré 35 films et sa vie à la reconnaissance, à l’expression et à l’autonomie des siens. Dans ses oeuvres, Alanis Obomsawin traite de la vie et de l’histoire des Autochtones canadiens pour transmettre une beauté et un espoir qui sont universels.

image J’ai découvert Alanis Obomsawin au printemps 2008, dans le cadre du grand hommage que lui rendait le Musée d’art moderne de New York. L’institution présentait alors, pendant deux semaines, une quinzaine de ses films. Je me suis demandé, comment se fait-il que je ne la connaisse pas? J’ai donc pris rendez-vous avec celle que tout le monde appelle simplement Alanis. Je l’ai rencontrée durant une heure dans les locaux montréalais de l’Office national du film.

En entrant dans son bureau, le visiteur est impressionné par les grands voiles bleus qui recouvrent en partie sa bibliothèque, et qui, avec le fauteuil de style «Vieille France», humanisent son espace. Sa voix, ses yeux, son sourire et ses silences sont aussi intenses que touchants. Ces deux qualités s’appliquent au film tourné en 1988 qui lui est particulièrement cher, Richard Cardinal: le cri d’un enfant métis. «De tous mes films, dit-elle, c’est celui qui m’a le plus marquée.»

Destin tragique

Dans ce documentaire d’une trentaine de minutes, Alanis Obomsawin raconte la très triste histoire de Richard Cardinal, un jeune Métis de 17 ans. Ballotté dès l’âge de quatre ans dans 28 foyers différents, l’adolescent s’est pendu en 1984 dans la cour arrière de sa dernière famille d’accueil. La cinéaste illustre le calvaire de Richard en interviewant son frère Charlie et certains de ses parents nourriciers, mais surtout, en faisant revivre la mémoire du jeune garçon par la citation d’extraits de son journal intime.

«J’avais quatre ans, écrit Richard, lorsque j’ai été obligé de quitter ma famille et mes amis. Une travailleuse sociale nous a dit que c’était parce que nos parents étaient alcooliques. Comme ma soeur Linda et Charlie étaient à l’école, je suis allé dans ma chambre et j’ai pris mon vieil harmonica. Je suis descendu dans la cour de la ferme et je me suis assis sur la  clôture. J’ai commencé à jouer très lentement. J’étais très triste à ce moment-là. Au milieu de ma chanson, mes lèvres se sont mises à trembler. Je savais que j’allais commencer à pleurer et j’étais content que ça sorte enfin. Je n’ai même pas essayé de me retenir.

«En arrivant dans ma famille d’accueil, on m’a montré où j’allais dormir. La chambre était au sous-sol et le plancher était couvert d’un pouce et demi d’eau. Je ne pouvais pas en croire mes yeux. Il fallait marcher sur des planches pour ne pas se mouiller les pieds (…) Le plafond n’était même pas fini, il y avait une ampoule de 40 watts qu’on allumait en tirant sur une corde. Ça ressemblait à quelque chose que l’on voit dans les films d’horreur. J’étais vraiment déprimé et j’ai commencé à penser au suicide.»

La cinéaste se rappelle encore avec beaucoup d’émotions ce qui s’est passé une fois le film terminé. Des larmes font d’ailleurs encore briller ses yeux quand elle en parle. «On a organisé une séance de visionnement, dit-elle, à laquelle assistaient des psychologues et des travailleurs sociaux, mais aussi d’autres adolescents qui, comme Richard, vivaient à ce moment-là dans des centres de détention pour jeunes de l’Alberta. Charlie, le frère de Richard, était avec moi ce jour-là. Après la projection, les jeunes se sont approchés de lui et l’ont touché. Ils étaient comme magnétisés. Ils n’arrêtaient pas de lui dire: ‘‘C’est moi Richard… Richard, c’est moi…’’ Ils se reconnaissaient dans l’histoire de Richard.»

Ce documentaire fut ensuite projeté aux quatre coins du Canada, notamment en Alberta, la province natale de Richard Cardinal. Les pouvoirs publics ont été suffisamment alertés et sensibilisés pour que s’enclenchent des changements dans les lois touchant les jeunes Autochtones et Métis. On allait entre autres s’efforcer désormais de ne pas séparer les enfants d’une même fratrie lors d’un placement dans une famille d’accueil afin de leur éviter un sentiment d’isolement qui peut mener à la dépression.

Refus de s’intégrer

Avec le film en tête, j’ai demandé à la réalisatrice, «mais par où commencer madame Obomsawin? Quel geste poser, quelle attitude adopter, si on souhaite sincèrement aider les Amérindiens à s’intégrer?» La dame a gardé le silence pendant quelques secondes et, quand elle a ouvert la bouche pour répondre, il y avait un soupçon de colère dans sa voix. «Vous parlez d’intégrer mais être intégré, ce n’est pas du tout dans la pensée de nos gens, dit-elle sèchement. On est ce que l’on est, on n’a besoin de s’intégrer à personne. On n’a jamais demandé aux Blancs d’être comme nous autres, alors qu’eux, bien souvent et dans bien des choses, ils nous ont forcés… Alors, je vais vous dire: chez nous, l’intégration, personne ne pense à ça. Nous, on veut être capable de vivre ce que l’on est, de se faire respecter pour ce que l’on est. C’est à cause de cette absence de respect qu’il y a eu tellement de ravages dans nos communautés.»

Alanis Obomsawin sait être ferme quand il s’agit de remettre les pendules à l’heure. Ses films, pourtant, n’ont pas un ton accusatoire et agressif dirigé contre les Blancs et les injustices qu’ils ont commises envers les Amérindiens. La fermeté de son discours n’exclut pas la douceur et la beauté présente dans ses oeuvres. Une critique de cinéma a dit de ses documentaires qu’ils «ont fondamentalement modifié la façon de sensibiliser les non-Autochtones à la cause des Premières nations.»

Une heure passée avec cette grande artiste, c’est bien court. Une chose est sûre: l’hommage que lui a rendu l’an dernier le Musée d’art moderne de New York ne devrait étonner personne. En effet, les films qu’elle a réalisés tout au long de sa vie, même s’ils traduisent les réalités amérindiennes du Québec et du Canada, parlent avant tout de l’âme et de la survie des Autochtones à l’échelle planétaire.

Il est possible de visionner en tout temps à la CinéRobothèque de Montréal vingt-et-une des oeuvres d’Alanis Obomsawin.

Les films peuvent aussi être visionnés sur le site Internet de l’Office national du film du Canada: www.onf.ca

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Temoignage Les soubresauts de ma vie

Témoignage

Les soubresauts de ma vie

Patricia Turcotte         DOSSIERS Suicide, Santé mentale

Au début des années 1980, je menais une vie de rêve. Courtier d’assurance-vie, j’étais mariée et l’heureuse mère d’un magnifique garçon. Nous habitions un splendide condo dans ma ville natale. Ma vie idyllique a toutefois pris une tournure dramatique quand un accident d’automobile m’a laissée avec des douleurs chroniques pour le reste de mes jours.

Les séquelles de mon accident m’ont obligé à déclarer faillite. Je me suis effondrée. Moi, le pilier financier de la famille, je ne savais plus quel sens donner à ma vie. Avec gêne, j’ai dû joindre les rangs des assistés sociaux et des personnes invalides.

Excédée par ce qui m’arrivait, j’ai senti le besoin d’aller à l’hôpital psychiatrique. J’ai mentionné à un médecin mon intention de tuer mon époux et mon garçon. Les personnes que j’affectionne le plus au monde! Ma place se trouvait réellement en milieu psychiatrique.

En sortant de l’hôpital, j’ai quitté le nid familial afin de réapprendre à vivre à mon rythme. Ce fut douloureux de l’annoncer aux miens. Le remords de les laisser me rongeait le coeur. Ils comprenaient l’importance pour moi de quitter le foyer.

Suicide de mon frère

J’ai commencé à penser à mon frère Serge, qui s’est suicidé à l’âge de 22 ans. À cette époque, je n’avais que 15 ans. En rêve, j’ai vu Serge se tenant debout devant son cadavre dans une mare de sang. Il semblait désemparé et isolé. Ce rêve m’a déroutée et incitée à demander de l’aide.

J’ai confié au médecin mes pensées suicidaires. Sur sa recommandation, je me suis rendue à l’hôpital. Peu de temps après ma sortie, je suis allée déjeuner avec mes deux amours. Ces moments chaleureux ont toujours représenté pour moi un grand réconfort et ils me permettent de poursuivre ma thérapie. En nous séparant, j’ai regardé mon garçon. Il m’a dit au revoir, accompagné d’un triste sourire. Le souvenir de Serge a alors émergé avec une force exceptionnelle. Ma fragilité émotive et psychologique ajoutée à une douleur chronique «qui rend fou», m’a poussée à tirer ma révérence.

À mon retour, je me suis préparée pour une très longue nuit. Mon cercueil temporaire fut la baignoire à côté du lavabo où j’avalai de multiples «remèdes» pour en finir avec la souffrance. Le souvenir de ce tragique instant restera toujours dans ma mémoire.

Puis, dans un semi-coma aux soins intensifs, j’ai entrevu ma famille à mon chevet. J’ai entendu à deux reprises une douce et apaisante voix intérieure. Je me suis dit: «Merci mon Dieu, tu me laisses une deuxième chance.»

Ma tentative

Les conséquences de mon geste furent catastrophiques. La situation a de plus évoqué chez mes proches le suicide de Serge. Certains se sont éloignés de moi à tout jamais. Ils m’ont fait leurs adieux dans la chambre d’hôpital. Un de mes frères a attendu quelques années pour me quitter. «Tu n’es qu’une schizophrène! » m’a-t-il crié devant une dizaine de personnes de la famille, qui sont toutes parties avec lui.

Mon ex-conjoint et mon fils sont demeurés mes vrais amis, au-delà de leurs peines. Le père de mon enfant, qui m’avait retrouvée dans la baignoire, ne m’a jamais fait de reproches.

Quelques années plus tard, j’ai eu la possibilité d’établir de nouveaux liens d’amitié avec mon fils. Jamais il ne m’a fait de reproches, même si j’ai pu constater sa peine et sa déception.

Redécouverte

Dès mon réveil du semi-coma, la joie de vivre m’est revenue malgré les épreuves traversées: mes douleurs, la peine causée à mes proches et ma perte d’autonomie.

Ma tentative de suicide a eu un tel impact positif sur ma personne que je pourrais écrire des millions de pages pour raconter mon bonheur de vivre depuis ce jour où la vie m’a donné une seconde chance. À mon avis, il faut demander de l’aide dès que l’on commence à ressentir ce découragement et frapper à toutes les portes, jusqu’à ce que des gens capables d’aider nous répondent.

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