L’hypersexualisation et la Burqa

Les femmes dans une société machiste

Sexualité et religion

Certaines sociétés couvrent la femme de la tête au pied avec une Burqa. D’autres sociétés éduquent les filles à une hypersexualisation. Quelle est la différence?

Raymond Viger          Dossiers Hypersexualisation, ReligionCoranSexualité

Burqa_Afghanistan_burka islam musulman coran islamiqueLa Burqa est un voile intégrale d’origine Afghane. La religion musulmane prône le port de la Burqa par les femmes.

La société occidentale prône la sexualisation de la femme. Elle doit être belle, sexy, attrayante…

Les questions qui tuent

hypersexualisation sexualité sexy sexuel éducation hypersexualitéEntre tout cacher ou tout montrer de la femme, où se trouve la vérité? Qu’est-ce qui est correct et qu’est-ce qui ne l’est pas? Est-ce que l’extrême de cacher la femme derrière une Burqa est le même extrême que de vouloir tout montrer de la femme?

Quand une femme qui porte la Burqa, est-ce le côté macho des hommes qui veut contrôler une femme, la garder juste pour lui?

Quand on accepte socialement d’éduquer les femmes avec l’idée d’avoir des vêtements sexy, décoltés, collants moulants et autres, est une façon de contrôler une femme comme objet sexuel au service de l’homme?

Liberté d’expression et choix personnel

hypersexualisation sexualité sexe sexy hypersexualitéCertains diront qu’on ne peut pas forcer la femme musulmane à retirer sa Burqa parce qu’elle la porte volontairement. Même réponse pour la jeune fille qui assiste au spectacle de Britney Spears si je lui disait de s’habiller moins sexy, elle me répondrait que c’est son choix.

Devrait-on s’opposer au port de la Burqa de la même façon qu’on devrait s’opposer de voir les jeunes filles à moitié habillées?

  • Photo Burqa, Steve Evans
  • Illustration femme en bleue, Wessman
  • Illustration femme brune, Patrick Hitte

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autres textes sur l’hypersexualisation

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Le Coran au féminin, le féminisme musulman

Le Coran au féminin, le féminisme musulman

Lisa Mélia    Dossier Religion et Spiritualité, Coran

coran-islam-islamique-femmes-musulmanes-religion Décembre 2007, un meurtre choque le Canada. À 16 ans, Aqsa Parvez est assassinée par son père car elle refuse de porter le voile. L’image de l’islam en tant que religion misogyne et violente se renforce. Pourtant, aujourd’hui et depuis plus de vingt ans, des femmes musulmanes libres et indépendantes se battent pour leurs libertés avec le Coran comme arme principale. Ces féministes musulmanes soutiennent que l’islam prône l’égalité des sexes mais que les interprétations machistes dominent.

Soumission des femmes musulmanes

Les musulmanes sont-elles toutes des femmes soumises? Certainement pas, tranche Malika Hamidi. Nous sommes fin mars à l’Université du Québec à Montréal et elle entre dans la salle un sourire aux lèvres et un voile lui couvrant les cheveux pour prononcer une conférence sur le féminisme musulman. «L’idée d’un féminisme islamique semble contradictoire à cause de toutes les violences qui sont faites aux femmes au nom de l’islam, explique-t-elle. C’est un courant très controversé, aussi bien dans le monde occidental que musulman.» Malika Hamidi, qui vit en Belgique, est doctorante en sociologie à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris et vice-présidente du mouvement European Muslim Network, un groupe d’étude et de réflexion sur l’islam. Elle est engagée depuis plusieurs années dans le féminisme musulman, dont elle fait la promotion un peu partout dans le monde.

Vision féministe du Coran

Samia Bouzourene est pour sa part militante depuis huit ans dans l’association Présence musulmane à Montréal, un collectif qui «promeut le vivre-ensemble et qui cherche à créer des ponts d’échanges entre immigrants et Québécois.» Elle explique que ce n’était «pas vraiment un mouvement au début, mais plutôt des individus qui travaillaient sur le Coran dans une optique féminine.» Elle œuvre sur le terrain, à Montréal, où elle vit depuis 15 ans après avoir quitté l’Algérie en raison de la situation politique. Depuis, elle se réjouit chaque jour de l’ouverture et du pacifisme des Québécois. Psychothérapeute de métier, elle s’est «toujours engagée sur le plan social dans un travail de «recontextualisation» des textes de l’islam.»

Depuis une vingtaine d’années, des musulmanes du monde entier revendiquent le droit à la relecture des textes sacrés que sont le Coran et les hadith, les faits et gestes de Mahomet, le prophète de l’islam. Ces intellectuelles dénoncent le machisme ambiant des sociétés musulmanes et affirment que le Coran est un texte profondément égalitaire et juste. «Au cours des derniers siècles, il y a eu une mainmise patriarcale sur les textes, tranche Samia Bouzourene, et les voix des femmes ont été mises en sourdine.»

Le Coran comme fer de lance

Connaissez-vous l’ijtihad, un concept présent dans le Coran? «Il s’agit de porter un regard nouveau sur le texte en fonction du contexte présent», résume Samia Bouzourene. Pour les féministes musulmanes, c’est un principe fondamental qui devrait conduire à une réinterprétation progressiste et féminine du livre sacré.

Le Coran pour libérer les femmes de la domination masculine est ainsi le principe même du féminisme islamique, qui travaille sur la «recontextualisation» des textes, la clef du mouvement. Malika Hamidi affirme que les autorités religieuses se servent de l’islam pour justifier des pratiques culturelles et traditionalistes qui n’ont plus leur place dans les sociétés actuelles. Le travail des féministes musulmanes consiste donc, en grande partie, à étudier les textes sacrés et à débattre avec les autorités religieuses. Elles cherchent ainsi à prouver que les inégalités entre les hommes et les femmes ne sont pas religieuses mais culturelles et qu’elles doivent donc être abolies.

Historique du féminisme islamique

Le féminisme islamique est apparu dans les années 1950, quand les femmes musulmanes ont commencé à acquérir une connaissance directe en science islamique. En Malaisie, le groupe Sœurs en islam a vu le jour en 1987. En Iran, c’est le journal féminin Zanan qui incarne le mouvement. Samia Bouzourene cite également l’intellectuelle marocaine Asma Lamrabet qui travaille depuis de nombreuses années avec d’autres femmes sur un projet d’encyclopédie de l’islam d’un point de vue féministe. Au Québec, un Centre de documentation et de recherche des femmes maghrébines a été ouvert dans les années 1980 sous l’impulsion de la députée fédérale Fatima Houda-Pépin, qui est aussi vice-présidente de l’Assemblée nationale. Malika Hamidi raconte de «belles victoires» obtenues par ce travail de relecture, comme l’interdiction de l’excision en Égypte. «Par la suite, ces intellectuelles ont rejoint les femmes sur le terrain occidental», raconte Samia Bouzourene.

En effet, il n’y a pas que dans les pays du Moyen-Orient que le féminisme musulman est pertinent. Dans les sociétés occidentales, certaines familles immigrées continuent de vivre selon les codes du pays d’origine. Les femmes subissent les mêmes violences et les jeunes filles les mêmes mariages forcés. Le père et le frère d’Aqsa Parvez ont été tous deux inculpés pour meurtre avec préméditation. Cette histoire est l’exemple le plus extrême à avoir eux lieu au Canada. D’autres continuent cependant de subir au quotidien le poids des traditions. Samia Bouzourene souligne qu’un autre défi est de motiver les femmes pour qu’elles ne se replient pas sur leur communauté.  «Les premières années d’immigration sont très difficiles, affirme-t-elle. C’est un véritable défi que de s’adapter, et les femmes ont tendance à effectuer un repli communautaire.» Son travail de thérapeute lui permet de savoir que la dimension spirituelle est très importante dans ces moments-là.

Résistances et oppositions

«Les premières résistantes au changement, ce sont les femmes elles-mêmes», soupire Malika Hamidi. Le féminisme est en effet souvent vu comme un mouvement ne considérant la femme du tiers-monde que comme une victime qu’il faut émanciper selon un modèle occidental. «Au Québec, on se retrouve un peu entre le marteau et l’enclume», dit Samia Bouzourene avec un sourire. Elle explique que les féministes islamiques sont vues comme des hérétiques dans leur communauté. Elles doivent affronter l’incompréhension des laïques occidentales et leurs doutes quant à la sincérité et l’efficacité de la démarche. Marie-Andrée Roy, professeur à l’Institut de recherches et d’études féministes de l’Université du Québec à Montréal, précise cependant que «ce courant est comme n’importe quel féminisme confessionnel: il a sa place dans le mouvement global. Toutes celles qui veulent s’engager pour la défense des droits des femmes sont les bienvenues, peu importe les convictions religieuses.» Elle rappelle que l’existence de mouvements féministes chrétiens, juifs ou bouddhistes ne soulève pas autant de controverse.

Djemila Benhabib, Ma vie à contre-Coran

Certains ne croient tout simplement pas que l’on puisse faire changer les choses avec l’aide de la religion. C’est le cas de Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre-Coran. «Le Coran permet-il d’interdire la répudiation? L’autorité parentale donnée exclusivement au père? Le châtiment corporel? Je pense que non. Malheureusement, l’interprétation actuelle courante des textes est la plus rétrograde», soutient-elle. Elle estime que, quand on parle de féminisme, il n’est pas nécessaire d’accoler l’adjectif musulman, chrétien ou juif. «De toute façon, les seules personnes autorisées à interpréter le Coran, ce sont les hommes.» Au Québec, elle constate qu’il y a encore des «poches de résistance», des familles dans lesquelles les hommes gardent le contrôle sur les femmes et refusent de les laisser se mêler à la société d’accueil.

Samia Bouzourene veut pourtant faire tomber l’idée selon laquelle la femme musulmane est forcément soumise, surtout si elle est pratiquante. «Le féminisme musulman, c’est donner un nom à ce qui se faisait déjà. C’est aussi une lutte pour être reconnues comme des citoyennes engagées qui contribuent à la société.» Malika Hamidi voit la religion comme la spécificité du mouvement, mais affirme que ses buts sont universels. Son voile a choqué une partie de l’auditoire le jour de la conférence. Elle le revendique pourtant comme sa liberté et paraphrase Voltaire: «Je porte le foulard car c’est mon choix, mais je serai la première à me battre bec et ongles pour une femme qui le porte de force.»

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Autres textes sur le Coran et l’Islam

La vie à contre-Coran de Djemila Benhabib

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L’éducation dévoilée

Spécial rentrée scolaire – Septembre/octobre 2009

École à la maison, école musulmane, école en milieu autochtone, école spécialisée en musique et cheminement scolaire marqué par la dyslexie, Reflet de Société vous offre pour la rentrée un grand dossier sur l’éducation. Hors des sentiers battus, nous vous invitons à découvrir les 1001 visages de l’école au Québec

L’éducation dévoilée

Dossier ÉducationCoran

À Montréal et en province, les écoles privées musulmanes essaiment et rencontrent un succès grandissant, augmentant chaque année le nombre de leurs inscrits. Affirmant donner un enseignement équilibré entre les valeurs de la société québécoise et celles du Coran, ces établissements ne font pourtant pas l’unanimité et certains leur reprochent de privilégier les valeurs religieuses aux valeurs laïques.

Lisa Melialahzar-aissaoui-directeur-ecole-islamique-Dar-al-iman

Dans le hall de l’école primaire, entre la photocopieuse et les drapeaux canadien et québécois trône une réplique de la  Grande Mosquée de Jérusalem. Une jeune fille passe en gloussant. Elle porte le voile, un corset, des talons hauts et du maquillage. Il faut dire qu’aujourd’hui est un grand jour, les élèves de l’école privée musulmane Dar Al-Iman vont graduer et passer au secondaire. Lahzar Aissaoui, le directeur, veille sur tout le monde alors que les préparations de la cérémonie vont bon train. «La différence avec une école classique, explique-t-il, c’est qu’en plus de l’enseignement exigé par le programme du ministère de l’Éducation, nous donnons des cours de langue arabe et de morale musulmane.» C’est-à-dire les principes et valeurs de l’islam, lesquels, affirme-t-il, sont parfaitement compatibles avec ceux du Québec et du Canada.

Selon son directeur, l’objectif de l’école est de donner une éducation musulmane tout en assurant l’intégration des élèves dans la société québécoise. Cette double identité est partout, jusque dans la cérémonie de graduation: après la récitation de versets du Coran, les finissants entament sans transition Ô Canada et Gens du pays. Parmi les enfants comme les parents, l’arabe côtoie le français à armes égales, les conversations mêlant allègrement les deux langues. Pendant la cérémonie, une vidéo des élèves est diffusée. Chacun y parle de son expérience à l’école. Nés au Québec, au Pakistan ou au Maghreb, ils reviennent un à un sur les cours qu’ils ont aimés, les amis qu’ils se sont faits et leurs projets futurs. «C’était amusant d’aller à l’école avec mes copains», lance l’un d’eux.

Pour autant, l’école ne se définit pas comme confessionnelle, car elle n’impose pas de pratique religieuse comme la prière, et qu’être de religion musulmane n’est pas une condition sine qua non pour y entrer. Lahzar Aissaoui décrit plutôt l’établissement comme «communautaire, car il répond à la volonté des parents de transmettre leur culture d’origine à leurs enfants.» Le directeur rappelle cependant que même les élèves non-musulmans doivent suivre les cours d’arabe et de morale musulmane, car ils font partie du projet éducatif. «Nous avons eu des élèves et des enseignants d’autres religions, et nous en aurons encore», soutient-il.

Subventions meres-musulmanes-remise-de-diplomes-ecole-dar-al-imanet critiques

Lahzar Aissaoui assure que la société québécoise reçoit bien le concept d’école musulmane. Il dit être soutenu par la Ville de Montréal et subventionné par le gouvernement provincial. Pourtant, le consensus est loin d’être acquis et certaines personnalités publiques posent la question de la pertinence de ces écoles. Marie-Michelle Poisson, présidente du Mouvement laïque québécois, admet avoir rarement entendu des plaintes mettant en cause des établissements musulmans. Mais elle souligne que, dans un cadre laïque, l’État ne doit soutenir aucun culte. Le fait que le financement de l’école provienne des deniers publics lui pose un premier problème. «Il faut aussi faire attention à l’effet de ghetto que peuvent avoir les établissements confessionnels. L’école ne doit pas encourager un repli identitaire.» Enfin, l’État ne supervise pas adéquatement le suivi du programme officiel, selon elle.

Lahzar Aissaoui dément ces accusations et assure que «l’école ne favorise aucune religion plus qu’une autre. Les gens sont libres de leurs convictions, l’école n’est pas là pour faire du prosélytisme». Toutes les jeunes filles portaient le voile lors de la cérémonie de graduation, mais le directeur se défend de l’imposer. Il précise cependant que le foulard fait partie intégrante de l’habit de la femme musulmane.

L’école se nomme Dar Al-Iman, ce qui signifie «Maison de la foi.» Un toit sous lequel religion et enseignement ne peuvent coexister selon de nombreux laïcs. Le personnel enseignant s’attache tout de même à relever ce défi.

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 16-17

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Autres textes sur le Coran et l’Islam

La vie à contre-Coran de Djemila Benhabib

Voile islamique debat sur le port des signes religieux

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Le voile musulman Signes religieux dans les institutions publiques

Le voile musulman

Signes religieux dans les institutions publiques

Lisa Melia……DOSSIERS PolitiqueCulture ET Accommodements raisonnablesCoran

C’est l’un des points de tension des débats actuels sur la religion : les signes religieux. Lorsque l’on parle de “signes religieux”, toutefois, il s’agit le plus souvent du voile islamique qui cristallise toutes les tensions autour de la religion musulmane, de la laïcité et des droits des femmes.

La FFQ s’oppose à l’interdiction

Le 9 mai dernier, lors d’une assemblée générale spéciale à Québec, la Fédération des Femmes du Québec (FFQ) a pris la décision de soutenir la non-interdiction du port du voile, ou de tout autre signe religieux, au sein des administrations publiques.

«Pas d’obligation, pas d’interdiction», résume Michèle Asselin, présidente de la FFQ, qui affirme qu’il faut continuer de se battre contre les violences faites aux femmes au nom de la religion, sans pour autant entraver la liberté de celles qui portent le hijab par choix.

Djemila Benhabib accuse la FFQ

Une position qui révolte Djemila Benhabib, auteur de Ma vie à contre-Coran. «Tant que l’on asservira des femmes parce qu’elles ne portent pas le voile islamique, ce sera pour moi un symbole d’oppression», assène-t-elle. En réaction au résultat de l’assemblée, Djemila Benhabib a rédigé un texte dans lequel elle «accuse la FFQ de trahir le combat des femmes.»

Elle rappelle que de nombreuses femmes dans le monde ont été assassinées pour refuser de porter ce qu’elle appelle un «linceul de la mort», citant Katia Bengama, lycéenne de 17 ans tuée en Algérie en 1994, et Aqsa Parvez, 16 ans, tuée par son père en décembre 2007 à Toronto.

Voile et discrimination

Pour la FFQ, interdire le foulard dans les institutions publiques serait une discrimination de plus envers des femmes qui en sont déjà victimes et participerait donc à un repli identitaire qui les isoleraient encore davantage et «favoriserait le maintient de traditions d’origine souvent défavorables aux femmes.» La FFQ invoque également le «modèle québécois de laïcité», qui est celui d’une laïcité «ouverte» et «construite autour du devoir de tolérance.» Dans cette optique, l’Etat doit faire preuve de neutralité dans ses actes et non pas s’attacher à «l’apparence des personnes qui le composent.»

Voile et laïcité

Djemila Benhabib s’oppose également à cette définition de la laïcité. «Donner un adjectif comme “ouverte” ou “fermée” à la laïcité consiste à la vider de son sens.» Pour elle, le cadre est primordial: tant que l’on est dans une société laïque et égalitaire, le débat peut avoir lieu. «Remettre en cause cette laïcité, c’est laisser la porte ouverte aux extrémismes.»

Le 13 mai, c’est au tour du Mouvement Laïque Québécois (MLQ) de s’exprimer et de signifier sa désapprobation à la décision de la FFQ, qu’il accuse notamment de ne pas clarifier le débat et de se satisfaire de la situation actuelle de flou législatif en la matière. Il fustige le «concept fumeux de “laïcité ouverte”» en soulignant que la laïcité n’a encore aucun statut officiel au Québec et que la référence au modèle québécois est hasardeuse.

Immigrés et religions

Le MLQ dénonce également un préjugé tenace qui consiste à lier la problématique de la laïcité à celle de l’immigration. La commission Bouchard-Taylor aurait ainsi entériné la croyance selon laquelle les immigrés, en particulier ceux en provenance des pays arabo-musulmans, seraient plus religieux que les Québécois, et donc que les accommodements raisonnables et le port de signes religieux répondent à une demande de cette partie de la population.

Une étude la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse prouve pourtant que la ferveur religieuse des musulmans immigrés est sensiblement la même que celle des Québécois. Pour le MLQ, en voulant aider les femmes immigrantes, la FFQ «ne fait qu’entretenir la confusion générale au sujet du principe de laïcité, elle conforte dans la population les préjugés les plus tenaces envers les immigrants et elle aggrave ainsi les discriminations qui en découlent dans l’ensemble de la société.»

Réponse de la FFQ à Djemila Benhabib

La Fédération des femmes du Québec a souhaité par ailleurs répondre à Djemila Benhabib, en précisant qu’elle s’oppose fermement à toute obligation de porter le voile mais respecte le choix libre de le porter que font des femmes musulmanes. «Il est hors de question de jouer le jeu de l’intégrisme en nourrissant le rejet de l’autre», dit Michèle Asselin, qui assure ne pas renoncer au principe d’égalité des sexes par la décision du 9 mai.

Le débat sur la laïcité relancé à l’Assemblé nationale

Le 13 mai, le débat a secoué l’Assemblée nationale après que Sylvie Roy, chef par intérim de l’Action démocratique du Québec, ait interpellé la ministre de la Condition féminine, Christine St-Pierre, qui ne s’est pas publiquement opposée à la décision de la FFQ. Ainsi, bien que le débat sur le port de signes religieux dans les institutions publiques ait été relancé, le gouvernement et la ministre n’ont pas pris position, se contentant de rappeler que la Charte québécoise des droits et libertés de la personne incluait désormais l’égalité entre hommes et femmes.

Un autre texte à propos de Djemila Benhabib

VOS COMMENTAIRES SUR LES SIGNES RELIGIEUX DANS LES INSTITUTIONS PUBLIQUES

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Voter à visage découvert

Karine Goma, le CLSC et les accommodements raisonnables à Tout le monde en parle

Les accommodements raisonnables

Les accommodements raisonnables, un policier et une chanson

Hérouxville, André Drouin, Jacques Proulx et les accommodements raisonnables

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Djemila Benhabib vit à contre-Coran

Djemila Benhabib vit à contre-Coran

Lisa Melia                Dossier Coran

Ma vie à contre-Coran est le résultat du travail précis et de l’expérience personnelle de Djemila Benhabib. Née en Ukraine et élevée en Algérie, dans une famille de scientifiques épris de liberté et de connaissance, la jeune Djemila s’enflamme très vite pour des valeurs telles que la liberté de conscience, la liberté religieuse, les droits des femmes et les droits humains. Mais pendant la décennie noire de 1990, son pays connaît une islamisation qui force la famille Benhabib à l’exil, vers la France, pour échapper à la mort promise par le Front islamique du salut (FIS). Djemila finira par partir seule vers le Québec, où elle vit depuis.

L’islamisation de l’Algérie

Comment les islamistes intégristes peuvent prendre en otage un pays, imposer de nouveaux codes de vie, et instaurer une véritable terreur? Comment ces mêmes groupes, dans les sociétés occidentales, ont de plus en plus d’influence et réussissent à contrôler les populations immigrées, de sorte à créer une société dans la société qui n’obéit plus qu’à ses propres règles, celles de la Charia? Djemila Benhabib sait tout cela sur le bout des doigts, elle l’a vécu, en direct, au fur et à mesure que la situation, en Algérie, allait de pis en pis. Quand j’ai terminé ma lecture de Ma vie à contre-Coran, j’en savais plus sur l’expérience personnelle de son auteur, sur les tentatives d’islamisation de nos sociétés occidentales, et sur l’histoire de l’Algérie. Écrire a cependant été une épreuve: «C’était très privé. C’était aussi très douloureux. Mais j’étais arrivée à un point de ma vie où j’avais le devoir de témoigner. Je ne l’ai pas fait pour le plaisir de raconter ma vie, mais pour que les gens sachent et comprennent, qu’ils prennent conscience des enjeux et du danger de l’islamisme politique, qu’ils décident de le combattre.»

Les fondamentalistes dans les sociétés occidentales

1994, Oran: la famille Benhabib quitte l’Algérie pour survivre, à cause des menaces de mort du FIS. Ils ont déjà perdu tellement d’amis, «de véritable trésors, humainement.» Mais arrivés en France, là où ils devaient être loin de tout fondamentalisme religieux et à l’abri, ils voient le spectre de l’islamisme politique s’insinuer dans les familles immigrées et dans la société. Djemila part alors au Québec seule, ce qu’elle vit comme une véritable renaissance. Cependant, depuis quelques années, elle constate dans son nouveau pays d’adoption le même processus que celui qu’elle avait constaté en France. Les accommodements raisonnables ont été le comble. Le danger, pour elle, est «de faire passer du politique à travers des revendications culturelles et religieuses. L’islamisme est politique, certainement pas religieux ou culturel. Le religieux appartient à la sphère privée. La société n’a pas besoin d’endosser les choix confessionnels de chacun.» Elle estime que la commission Bouchard-Taylor aurait du permettre un débat sur la place de la religion dans l’espace public, ce qui n’a pas eu lieu. «La première chose est de poser le diagnostic. Il faut reconnaître le danger et le combattre. Il est intolérable qu’aujourd’hui, au Canada, dans des caves à Montréal ou à Toronto, des imams déversent leur haine du monde occidental et appellent à la violence. Ils embrigadent les jeunes.»

Rencontrer Djemila Benhabib, échanger avec elle, c’est écouter une femme qui n’a pas peur de se dresser contre «les fous d’Allah», comme elle les appelle, malgré tous les risques et au nom des valeurs fondamentales que sont l’égalité homme-femme, la liberté d’expression, la laïcité. Une véritable leçon de tolérance et d’engagement qui met en garde contre tous les fondamentalismes, mais aussi contre les idées reçues.

Ma vie à contre-Coran, Djemila Benhabib, éditions VLB, 2009

Par ailleurs, une entrevue avec Djemila Benhabib à propos du féminisme islamique a eu lieu, dossier en préparation pour le numéro de Reflet de Société de septembre.

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Autres textes sur le Coran et l’Islam

La vie à contre-Coran de Djemila Benhabib

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Laicite au Quebec

Écoles musulmanes à Montréal

 

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

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