Pédophilie chez les femmes

Pédophilie

Des femmes comme «agresseuses» sexuelles?

Travailler dans un magazine comme Reflet de Société ça change une personne. Quand j’ai commencé mes piges en 2014, un collègue m’avait dit de me fixer des limites de sujets que je ne pourrais pas traiter émotionnellement. «Pour éviter de finir en boule sous mon bureau», comme il disait si bien. Conseil que j’ai suivi.

Delphine Caubet        Dossier CriminalitéSexualité

homme victime femme pédophile

Je me suis donc mis 2 barrières (qui se rejoignent): les violeurs et les pédophiles. Deux perspectives que je refusais d’ouvrir. Maintenant que j’y repense, c’était assez stupide de ma part. Essayer de comprendre ces 2 phénomènes, c’était comme les tolérer pour moi. Pourtant, en tant qu’être humain, je condamne la violence conjugale, mais ça a toujours été un problème m’a interpellée et sur lequel je me suis intéressée aux agresseurs. En somme, j’avais établi 2 poids, 2 mesures.

Face caché de la pédophilie

Finalement, il y a quelques semaines, il s’est présenté l’opportunité de mieux comprendre la pédophilie et d’écouter ce qu’il se passait dans la tête des agresseurs. D’abord un peu craintive, je m’y suis lancée et j’ai eu 2 surprises : une première bonne, car j’ai pu écouter le récit d’un agresseur sans pour autant lui sauter à la gorge ou partir en courant.

Par contre, la 2e surprise fut différente… Après mon entrevue avec Cathia Lavallée du Centre d’entraide et de traitement des agressions sexuelles (CETAS), elle m’a révélé qu’environ 20% des agressions seraient commises par des femmes. Un chiffre largement supérieur à ce à quoi je m’attendais. Mais ces dernières ne sont pas dénoncées ou les victimes ne sont pas prises au sérieux. Après tout, de quoi se plaindrait le p’tit gars qui a eu son initiation avec une femme qui sait ce qu’elle fait. Je caricature à peine.

Après avoir pris contact avec l’institut Pinel (hôpital psychiatrique), ils n’auraient à l’interne aucune patiente pédophile, et depuis 2012, ils n’ont vu qu’une femme par année avoir un commis délit de la sorte, sans pour autant être considérée comme pédophile.

Banalisation

Un article récent montre bien la différence de traitement entre les pédophiles hommes et femmes. Sur le site du média MCE (Ma chaîne étudiante) est paru un top 10 «des profs [femmes] les plus sexy qui ont abusé de leurs élèves.»

Oui, ce site n’est pas une référence pour de l’information pointue et de l’actualité, mais il n’empêche qu’un billet résumant les hommes les plus hot ayant abusé de leurs étudiantes n’aurait jamais été publié ou aurait fait scandale. Et ce, sur n’importe quel média. Et particulièrement dans les pages d’un destiné aux étudiants.

D’après Cathia Lavallée, les choses commencent à changer dans ce domaine. Auparavant, les femmes étaient vues comme des victimes, où il fallait chercher l’homme derrière ses actes. Mais ces dernières années, nous avons vu quelques procès où l’implication des femmes se dessinait autrement.

Et détail intéressant que j’ai découvert en écrivant ce billet, d’après le dictionnaire Larousse, le nom «agresseur» n’a pas de féminin.

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Milieu carcéral et l’aumônier

En prison

Seigneur, où es-Tu?

On nous a demandé, l’an dernier, d’enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus.

Tim Smart, aumônier de prison     dossiers CriminalitéReligion et spiritualité

prison spiritualitéUne chapelle jusqu’alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés. La théorie étant qu’une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d’être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d’une autre religion.

Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les affiches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises. L’autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu’on puisse les cacher par des rideaux, afin de ne blesser aucune sensibilité.

Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.

C’est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics. Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.

S’adapter

Quoi qu’il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotionnellement aux nouvelles conditions. Pour passer d’un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfessionnel.

Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur profil religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser. Nous avons aussi un plus grand nombre d’aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d’hommes de traditions diverses.

Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans. Un rabbin vient à l’occasion. Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu’une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l’accès au lieu de recueillement.

Malgré notre approche multiconfessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %. Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.

La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d’un autre édifice par d’autres personnes et avec un financement différent.

Cette séparation n’est pas surprenante, si l’on considère le passé trouble qu’ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.

Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.

Première fois

Ça ne vous surprendra probablement pas d’apprendre que la plupart des détenus n’étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération. Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.

La prison offre à certains d’entre eux l’occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d’explorer les traditions d’autres croyances.

Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois. Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants. Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.

Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert. Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l’étude de la Bible au cours d’une même semaine.

Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l’espoir et l’amour sont si rares; sans parler du pardon.

En tant qu’aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des fidèles pour l’Église anglicane ou pour la religion chrétienne. Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l’exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.

La religion, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération. Les aumôniers se méfient de ceux chez qui l’expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés. Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail. Nos raisons d’être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.

Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d’encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d’approfondir leur spiritualité et leur pratique.

Combattre le crime

Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles. J’étais heureux qu’ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux. J’ai peut-être même déjà dit : «Enfermez-les et jetez la clé!»

Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus difficile de les condamner pour toujours. Vous écoutez l’histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre. Vous commencez à comprendre à quel point l’on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des influences extérieures.

Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier. Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l’isolation, le temps de réflexion et l’enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions. On espérait que cette période d’isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d’où le terme «pénitencier».

À l’époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu’ils ont fait, et qu’ils vont profiter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation. Néanmoins, l’aspect religieux est devenu purement optionnel.

Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant. Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c’est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.

Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c’est de vivre en sécurité. Cependant, la plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n’est qu’une manœuvre électorale, dont le but est d’aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l’unanimité.

Temps difficiles

Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.

Et pourtant, dès qu’il fut au pouvoir, ce gouvernement s’est empressé de passer des lois et d’instaurer des règles afin que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu’il leur soit plus difficile d’accéder à une prison à sécurité minimale et plus difficile aussi de bénéficier d’une libération conditionnelle.

En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés – tels que l’accès aux livres, à l’éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.

Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d’être dur avec les détenus et de montrer à la population qu’on ne les dorlote pas. Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.

C’est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d’espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.

En tant qu’aumôniers œcuméniques représentant toutes les croyances à l’intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d’entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.

Comment les aumôniers pourront-ils offrir de l’espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?

Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système. Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs confidences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l’aide de bénévoles venus de l’extérieur.

Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu’ils comptent encore et qu’ils n’ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.

Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu’ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu’ils doivent vivre derrière les barreaux.

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Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l’église anglicane Grace de Sutton.

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Extrait du livre Après la pluie… Le beau temps.

Liberté… Un sourire intérieur

livre liberté poésie recueil sourire intérieurUn livre de poésie de 128 pages. Liberté politique, liberté journalistique, liberté émotionnelle… Toutes les couleurs de la liberté, individuelle et collective.

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Sexe, drogue et tatouage: VIH en milieu carcéral

VIH

Transmission du sida en prison

Au Canada, 1,30% de la population carcérale est atteinte du VIH. Un chiffre 10 fois supérieur au reste de la population.

Delphine Caubet          Dossiers Sida Sida VIH MTS Aids, Santé,Criminalité.

tatoueurMême si l’information est connue, voici un rappel: le VIH (maladie mortelle et incurable) est une infection qui se transmet sexuellement et par le sang (ITSS). Donc, est à risque toute personne qui a des rapports sans condom ou qui utilise des seringues usagées.

Autant dire que le VIH a le potentiel de faire des ravages en prison entre les rapports homosexuels, les tatouages et les drogues. Alors, les milieux carcéraux sont-ils des bouillons de culture pour la propagation du virus?

1 seringue, 20 hommes

C’est la base d’une incarcération: les drogues y sont interdites. Cette mesure est relativement efficace, mais cela n’empêche pas d’en trouver. Les plus dangereuses pour la propagation de maladies sont les drogues injectables avec des seringues. Ces dernières, interdites, coûtent excessivement cher sur le marché noir, comme l’explique Jean-Pierre Bellemare, ancien détenu et chroniqueur à Reflet de Société.

Si théoriquement il n’y a pas de stupéfiants en prison, la réalité apporte un tout autre éclairage. Dans un sondage des Services correctionnels du Canada de 1995, il est énoncé qu’une seringue pouvait servir jusqu’à 15 à 20 hommes. Une bombe en puissance.

Pour éviter la transmission d’ITSS, certains pénitenciers ont offert des seringues neuves aux détenus. En 2015, les horloges s’étant mises à l’heure Harper, ces programmes ont disparu.

En santé

Il faut toutefois se réjouir de l’efficacité de la prévention qui a été faite. Dans chaque prison ou pénitencier, des services d’informations et de prévention sont offerts. Sylvie est infirmière dans une prison provinciale (2 ans et moins). Chaque mois, elle offre des cours aux nouveaux détenus et leur donne une trousse anti-ITS. Au menu: alcool, gants en latex et eau de javel entre autres.

D’après l’expérience de Sylvie en prison à sécurité minimale, certains détenus ont pris conscience de leur santé et veulent en prendre soin. «C’est presque comme s’ils étaient venus que pour ça en prison. On les sensibilise aux comportements à risque qu’ils ont pu avoir et on les dépiste», conclut Sylvie.

Selon Jean-Pierre, dans les pénitenciers fédéraux (plus de 2 ans d’incarcération), la vision d’un esprit sain dans un corps sain est plus relative. «C’est comme donner à un condamné à mort une cigarette sans nicotine, plaisante Jean-Pierre. Condamné pour condamné.» Ce à quoi certains refuseraient de se faire dépister par peur d’enlever tout espoir quant à leur avenir.

Avant leur incarcération, les trois quarts des détenus auraient abusé d’alcool ou de stupéfiants. Et comme le confirme Sylvie, les détenus séropositifs l’avaient contracté avant leur emprisonnement.

Alors exit l’idée du bouillon de culture. Au contraire, une condamnation peut servir à prévenir les contaminations en détectant les personnes infectées. Des personnes qui à l’extérieur prenaient des risques et ne se faisaient que rarement dépister.

Désintox à l’ombre

Comme en témoignent Sylvie et Colin McGregor (détenu en pénitencier fédéral depuis plus de 20 ans), l’incarcération est souvent un moyen d’arrêter de consommer des drogues dures.

«J’ai vu des toxicomanes et des alcooliques qui ont combattu leurs démons derrière les barreaux, explique Colin. Mais toujours avec beaucoup de peine. Un héroïnomane que je connais a passé 7 mois tout seul dans sa cellule, sans thérapie, sans méthadone pour se “dessécher”. Il m’a avoué que c’était les pires 7 mois de sa vie, mais il dit aussi que la prison lui a sauvé la vie.»

Si les drogues sont difficiles à faire entrer «en dedans», elles restent néanmoins un moyen d’échapper au quotidien. Et les drogues dures qui nécessitent des seringues sont aussi celles qui disparaissent le plus rapidement de l’organisme. Alors si vous êtes en prison, vous vous inquiétez des tests d’urine aléatoire et voulez un shoot, vous avez des chances de vous tourner vers une seringue usagée.

Petit dessin sur gros durséropositif prévention vih québec

L’autre grande tradition des milieux carcéraux est le tatouage. Dans un contexte où vous êtes privé de liberté et où plus rien n’est sous votre contrôle, s’approprier son corps peut être une revanche sur la réalité.

Comme le disent en cœur Sylvie, Colin et Jean-Pierre: les prisonniers ne manquent pas de débrouillardise.

Pour éviter les infections et la propagation de maladies, le pénitencier de Cowansville avait offert à ses détenus un salon de tatouage, tenu par un professionnel avec de l’équipement stérile. Initiative qui dura 1 an et demi…

Mais rassurez-vous, le tatouage reste une pratique encore en vogue dans ce microcosme: «Il y a toujours 1 ou 2 tatoueurs dans chaque prison», explique Jean-Pierre. Pour ce faire, chaque tatoué a son morceau de corde de guitare avec lequel il se présente au jour J. «Et comparativement au nombre de tatouages frais que j’ai vus, il y a très peu d’infections», s’étonne Sylvie.

Bien briefés sur les ITSS, les détenus ont aussi à leur disposition de l’eau de javel pour nettoyer corde de guitare, seringue, embout en métal ou tout autre outil à tatouage. «Mais les autorités sont frileuses à ce qu’on donne de l’eau de javel, explique Sylvie. On ne doit en fournir qu’en très petite quantité… et même là c’est compliqué.»

Jean-Pierre confirme que l’eau de javel est une substance difficile à obtenir. En théorie, tous devraient y avoir accès facilement, mais en pratique elle serait parfois détournée pour d’autres usages.

Sexe en prison

L’ultime moyen de contracter le VIH (et le plus répandu en dehors de la prison) est d’avoir des relations sexuelles non protégées, mais cette question est encore un tabou.
Les détenus ont accès à des condoms par le biais d’infirmières comme Sylvie ou par des distributeurs. En pratique, Sylvie confesse qu’on ne lui en demande que rarement, et lorsque c’est le cas, il s’agirait de provisions pour une sortie proche.

Paradoxe

D’après les Services correctionnels du Canada, 1,30% de la population carcérale vivrait avec le VIH. Un chiffre 7 à 10 fois supérieur à la population générale.

Cette dissonance entre la prévention et le nombre de patients s’explique par l’incarcération de personnes ayant eu des rapports à risque. En prison, les femmes séropositives sont plus nombreuses que les hommes (contrairement à l’épidémie dans le reste de la société) car sont incarcérées notamment les prostituées.

Le VIH et l’hépatite C sont des maladies relativement bien contrôlées dans ce milieu, en revanche, Sylvie constate une recrudescence de la syphilis et de la chlamydia. L’infirmière diagnostiquerait 1 à 2 nouveaux cas de VIH ou d’hépatite C par an, contre 1 par mois pour la chlamydia et la syphilis.

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Les livres de Colin McGregor

Journaliste dans divers médias à travers le pays; Halifax Daily NewsMontreal Daily NewsFinancial Post et rédacteur en chef du Montreal Downtowner. Aujourd’hui, chroniqueur à Reflet de Société, critique littéraire à l’Anglican Montreal, traducteur et auteur aux Éditions TNT et rédacteur en chef du magazine The Social Eyes.

Parmi ses célèbres articles, il y eut celui dénonçant l’inconstitutionnalité de la loi anti-prostitution de Nouvelle-Écosse en 1986 et qui amena le gouvernement à faire marche arrière. Ou encore en Nouvelle-Écosse, l’utilisation répétée des mêmes cercueils par les services funéraires; scoop qui le propulsa sur la scène nationale des journalistes canadiens.

love-in-3dLove in 3D.

Enjoy our tale of the quest, the human thirst, to find light from within the darkness.

This is a tale for everyone, young and old, prisoner and free.

Love in 3D. Une traduction de L’Amour en 3 Dimensions.

teammate roman livre book colin mcgregorTeammates

Three teenage friends on a college rugby team in the shrinking community of English Montreal – three friends each facing wildly different fates.

This is the story of Bill Putnam, whose downward trajectory we first begin to trace in the late 1970s, and his friends Rudy and Max.

Teammates, their paths will cross in ways they never dreamt of in the happier days of their youth.

quebec-suicide-prevention-handbook-anglais-intervention-crise-suicidaireQuebec Suicide Prevention Handbook

Le suicide dérange. Le suicide touche trop de gens. Comment définir le suicide? Quel est l’ampleur du suicide? Quels sont les éléments déclencheurs du suicide? Quels sont les signes avant-coureurs? Comment intervenir auprès d’une personne suicidaire? Comment survivre au suicide d’un proche?…

Ce guide est écrit avec simplicité pour que tout le monde puisse s’y retrouver et démystifier ce fléau social. En français. En anglais. 

Magazine The Social Eyessocial-eyes-web

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 FREE
4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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Maison de la culture Frontenac présente une exposition autochtone

Femmes autochtones

Exposition à Hochelaga sur les disparues

Le 30 avril 2015 a été inaugurée l’exposition « Oubliées ou disparues: Akonessen, Zitya, Tina, Marie et les autres » à la Maison de la Culture de Frontenac à Montréal. Pour cette exposition, 7 artistes autochtones ont été invitées à représenter la condition de ces femmes.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCriminalité.

Femmes autochtones oubliées, disparuesCette exposition a été un choc pour moi, car il y a peu d’œuvres, mais elles percutent.

Celle qui m’a le plus marqué est l’œuvre d’une artiste anonyme. Sur tout un pan de mur, des tableaux de femmes autochtones sont affichés. Elles sont sensuelles, belles, martyres… En dessous se trouvent des portemanteaux avec des noms de femmes. Dont Loretta.

En relevant la tête, je remarque une affiche avec un texte. C’est une jeune fille décédée qui parle. Elle raconte où elle a été aperçue la dernière fois et comment son corps a été retrouvé à l’intérieur d’un sac.

Mon regard redescend sur le portemanteau de Loretta. Ce n’est qu’à cet instant que je remarque le sac. Un grand sac sale. Comme celui dans lequel Loretta a été retrouvé…

Une œuvre qui au premier abord n’attire pas l’attention, mais qui percute lorsque l’on comprend son sens.

Vue d’ailleurs

Je me suis rendue à cette exposition avec 4 amies. 3 Iraniennes et une Française. La majorité d’entre elles ne connaissaient pas la condition des femmes autochtones au Canada, alors forcement, elles n’ont pas compris les œuvres au premier abord.

Après une mise en contexte sur les maltraitances, les disparitions et l’absence d’enquête sur ces femmes, leur regard a changé.

Mais un questionnement est apparu: elles viennent d’Iran et le Canada les a accueillies. Alors comment se fait-il que ce pays, si pacifique vu de l’étranger, traite les femmes autochtones de cette façon?

Après avoir remarqué l’absence de visage dans la majorité des œuvres, l’une de mes amies est arrivée à une dure conclusion: les femmes autochtones ne sont personne.

Une exposition gratuite à voir dans le cadre du Printemps autochtone d’art deux à la Maison de la culture Frontenac. Du 29 avril au 6 juin 2015.

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Merci d’inviter Le Ste-Cath parmi vos amis Facebook: Bistro le Ste-Cath.

Bistro le Ste-Cath

bistro restaurant resto bonne bouffe où manger est montréalUn restaurant, une chaleureuse terrasse. Pour une rencontre entre amis ou en famille, les chefs du Bistro le Ste-Cath sauront vous offrir une cuisine réinventée et originale à un prix abordable.

Situé en plein coeur d’Hochelaga-Maisonneuve, au sud du Stade Olympique, à l’est de PIE-IX. 4264 Ste-Catherine est.

Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

Pour informations et réservations: (514) 223-8116 ou bistro@le-ste-cath.com.

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La prison et conflits religieux

Accommodements raisonnables

Liberté religieuse en milieu carcéral

Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posé de Je dois le reconnaître: avant de travailler à Reflet de Société, je ne m’étais jamais posée de questions sur le milieu carcéral. La vie ne m’avait pas mis en contact avec ce monde et je ne l’avais pas cherché. En discutant avec nos chroniqueurs, j’ai découvert qu’en tant que citoyenne j’étais bien ignorante sur ce sujet. Pour pallier ces manques, je me suis mise en quête de réponses. Celle d’aujourd’hui: à quoi ressemble la liberté religieuse en prison?

Delphine Caubet dossiers Religion et spiritualitéCriminalité.

milieu carcéral accommodements raisonnables

C’est la chronique de Jean-Pierre Bellemare en 2013 qui m’a mis la puce à l’oreille, il y parlait des accommodements raisonnables en milieu carcéral. Mais très honnêtement, j’avais du mal à saisir en quoi une assiette casher ou halal pouvait générer des tensions. Après tout, saupoudrer des aliments d’une prière n’a jamais rien enlevé ou ajouté au goût.

Contrôle de qualité

Pour tenter de comprendre «ces frictions quotidiennes» dont il fait référence, je suis allée à la rencontre de Jean-Pierre. Et ses explications m’ont laissée pantoise.

«Ces régimes alimentaires entraînent un genre de contrôle de qualité», m’explique-t-il. Les détenus cuisinent eux-mêmes les repas et le cœur n’est pas toujours à l’ouvrage. Pour les diètes suivies et validées par un chef religieux, il y a une vérification des aliments et de leur qualité. Alors de suite, une différence peut se faire sentir.

Autre point que je n’avais pas envisagé: la propagation des maladies. Pour chaque diète, il y a des ustensiles de cuisine différents, avec des aliments dans des frigos différents… «Alors si une cuillère est mal lavée et qu’elle est réutilisée dans un chaudron, ça peut être toute la prison qui attrape la gastro. Sauf ceux avec une diète spéciale puisque leur repas est préparé séparément.»

Jean-Pierre n’est pas avare d’exemples de tensions résultant des accommodements raisonnables en prison. Il parle du marchandage des tapis de prière des musulmans ou du tabac réservé aux autochtones pour leurs cérémonies. Autant de matériel propice aux tractations diverses.

Mais pour en apprendre davantage sur la religion en milieu carcéral, je suis allée voir l’un des hommes en 1ère ligne: l’aumônier.

Lentement mais sûrement

Si la pratique de la religion peut entraîner des tensions, elle n’en reste pas moins utile et nécessaire pour bien des détenus.

Tim officie en milieu carcéral depuis plusieurs années et comme il le dit: «Travailler dans un pénitencier est un défi personnel. Les concepts d’amour et de pardon y sont plus vrais. Il y a un cœur sous cette peau de macho.» À quoi il ajoute sur le ton de la plaisanterie que ce n’est pas sa «gang» habituelle. Je veux bien croire.
Durant ses visites, la religion n’est pas toujours impliquée. «Les détenus se font presser par les gardiens… par tout le monde… Moi je ne suis pas psy, j’attends l’autre. Ils doivent respirer. Cela peut être prendre une marche ou autre chose.» Lui a l’avantage de pouvoir se déplacer à sa guise dans le pénitencier, et va à la rencontre de ses ouailles là où elles se trouvent.

Mais Tim, les détenus viennent-ils vraiment parler versets et chapitres bibliques avec vous? «Mon rôle est surtout d’écouter. Des détenus peuvent être frustrés; ils sont de bons gars et pourtant ils sont toujours là. Je vois le désespoir et la frustration; je suis là pour faire diminuer la pression.»

Soupape de sécurité

Après ces entrevues, force est de constater que la religion en milieu carcéral n’implique pas nécessairement la religion. Mais son utilité n’en est pas moins importante. Les chefs spirituels même s’ils ne sont pas toujours bien accueillis (à part les bouddhistes, précise Jean-Pierre, qui sont encore les seuls à avoir bonne presse) ont un rôle important: diminuer la pression.

Pour Jean-Pierre (libéré depuis 2 ans), la religion et la spiritualité en général ont une place importante dans sa vie. Et si vous aviez vu comme moi les retrouvailles entre l’aumônier et l’homme libre, vous auriez aussi envie de dire au Premier ministre Harper que finalement ces hommes et ces femmes font la différence.

En tout cas, Jean-Pierre tient à ce que ce soit son aumônier qui célèbre son mariage l’été prochain.

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guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Autochtones: discrimination imposée par la Cour suprême

Discrimination autochtone

Principe et rapport Gladue

Un homme passe devant le juge, ce n’est pas sa 1re comparution. En réalité, il est dans le système judiciaire depuis ses 13 ans, mais ce n’est que maintenant qu’une information importante émerge: il est à demi autochtone. Un rapport Gladue est demandé…

Delphine Caubet        Dossiers JusticeAutochtoneCriminalité.

Le principe Gladue fait référence à l’alinéa 718.2e) du Code criminel. Selon la loi, les autochtones doivent être confrontés à une discrimination systémique de la part du système judiciaire. Il s’agit d’une disposition réparatrice vis-à-vis des préjudices qu’ont connus les Premières nations par le passé.

Principe Gladue

Concrètement, cela signifie que pour diminuer la surreprésentation des autochtones en prison, les juges sont invités à modifier leur mode de détermination de sentences.

D’après le jugement Ipeelee de la Cour suprême du Canada, «la détermination de la peine est un processus individualisé», et le principe Gladue doit «encourager le juge à aborder la détermination de la peine dans une perceptive corrective.» L’objectif est de protéger la société, tout en réadaptant le contrevenant et en l’aidant à se réinsérer dans la collectivité.

Les juges doivent changer leur pratique de détermination de la peine pour répondre aux besoins des délinquants autochtones et de leur collectivité. Ils doivent porter une attention particulière aux circonstances dans lesquelles se trouve le contrevenant.

Les tribunaux doivent également prendre connaissance des valeurs du délinquant, de sa communauté, de l’Histoire de cette dernière et des traumatismes qu’elle a connus. Car si ces évènements sont anciens, les conséquences sont actuelles avec un faible de taux de scolarisation, de graves problèmes d’alcool, de chômage et de violence.

Dans l’arrêt Ipeelee, les juges de la Cour suprême précisent que «ne pas tenir compte de ces circonstances contreviendrait au principe fondamental de la détermination de la peine.» À noter que d’après ce jugement, rien n’empêche de tenir compte de ces mêmes facteurs historiques et systémiques pour les délinquants non autochtones.

Rapport Gladue

Toutes ces informations concernant le contrevenant sont la responsabilité de son avocat. Elles doivent être dans un rapport, appelé rapport Gladue. Ce document est préparé par l’agent de probation, le conseiller parajudiciaire ou l’avocat de service. Les informations nécessaires au processus de détermination de la peine sont: l’histoire et les circonstances du prévenu, et des mesures pénales de rechange à l’incarcération.

Toutes ces recherches et alternatives autour de la spécificité des autochtones ne réduisent pas nécessairement leur peine.

Lors du jugement de la Cour suprême dans l’affaire Gladue, les juges précisent que «l’alinéa 718.2e) ne doit pas être considéré comme un moyen de réduire automatiquement la peine d’emprisonnement des délinquants autochtones. Il ne faut pas présumer non plus que le délinquant reçoit une peine plus légère pour la simple raison que l’incarcération n’est pas imposée.» Les juges de la Cour suprême stipulent également dans l’arrêt Ipeelee que la «sanction pénale est le dernier recours.»

Malgré cette théorie, sur le terrain, seul le juge est à même d’utiliser adéquatement le rapport Gladue. D’après Lyne St-Louis, directrice de Taïga Vision (organisme de soutien aux communautés autochtones), «il est parfois frustrant de constater l’utilisation du rapport par les juges.»

Ces derniers, de même que les avocats, peuvent être mal informés sur la réalité autochtone et mal comprendre les problématiques. Les sanctions peuvent en conséquence être mal adaptées au contrevenant.

Contexte global

Malgré que la Cour suprême du Canada ait réitéré en 2012 sa volonté de diminuer la surreprésentation carcérale des autochtones, le contexte politique empêche de voir la réalisation de ses volontés.

Le magazine National constate que «le gouvernement fédéral a incorporé dans la loi des peines minimales obligatoires et limité le pouvoir discrétionnaire des juges à imposer des peines d’emprisonnement avec sursis qui permettent aux délinquants de purger leur peine dans la collectivité.»

Concrètement, même si le taux de criminalité est à son plus bas en 40 ans, la population carcérale, elle, augmente. Le jugement Gladue de la Cour suprême du Canada date de 1999, pourtant en 10 ans, le taux de femmes autochtones en prison a augmenté de 90%.

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Bistro le Ste-Cath

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Bistro le Ste-Cath est opéré par l’organisme communautaire le Journal de la Rue. Tous les profits servent à financer notre intervention auprès des jeunes.

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La prison et les premières nations

Autochtones en milieu carcéral

Sanctions substitutives

Les chiffres sont effarants. Au Canada, les autochtones représentent 4% de la population. Une minorité que l’on ne remarque pas au quotidien. Mais en prison, la tendance est tout autre: les Amérindiens représentent 23% des hommes et un tiers des femmes. Une surreprésentation qui ne cesse d’inquiéter et d’augmenter. Preuve étant, en 10 ans, la présence de femmes autochtones en prison à augmenter de 90%.

Delphine Caubet dossiers AutochtoneCriminalité.

sanction substitutives prisonPour lutter contre ce phénomène, le Canada et plus lentement le Québec se dotent d’une politique de discrimination positive envers les peuples autochtones. Cette discrimination est le principe Gladue: elle demande aux juges de modifier leurs sentences et de trouver des sanctions substitutives pour lutter contre cette surreprésentation carcérale.

Explication

Lyne St-Louis est consultante auprès des Premières nations, et des autochtones ayant des démêlés avec la justice, elle en a vu. Son travail est d’accompagner le contrevenant et le système judiciaire pour comprendre le comportement de la personne. Et si possible, de trouver des sentences substitutives pour éviter la prison au contrevenant.

Dans ce plan de réhabilitation, le contrevenant y prend part intégrante en proposant des alternatives. Il y a peu, Lyne suivait une personne ayant des problèmes de drogue: elle avait des démêlés avec la justice et elle risquait la prison. Pendant ses visites, Lyne discute avec elle, et d’elle-même, la contrevenante proposa un plan pour faire des ateliers de sensibilisation dans les écoles. L’objectif était d’éveiller les jeunes à l’impact de la drogue sur l’individu et leur culture. Lyne prend les choses en main, s’adresse à l’école de la communauté, et le directeur est enchanté.

Dans ce type de réhabilitation, le contrevenant n’est pas laissé à l’abandon, il est suivi et aidé. Dans le cas présent, la personne a fait des ateliers en partenariat avec la police et les aînés.

Succès

Lyne St-Louis a constaté que ces sanctions sont plus efficaces que les travaux communautaires. Ces derniers, souvent non effectués, ne prennent pas en considération le contrevenant, ses intérêts et son passé. Les sanctions substitutives sont plus efficaces, car elles prennent en compte le contrevenant en tant que personne. Il est consulté et il propose une sanction adaptée pour lui permettre d’évoluer. Lyne donne l’exemple d’un bon chasseur autochtone condamné à être guide en forêt. L’homme, enjoué par la sentence, va jusqu’à proposer son véhicule personnel et son carburant pour effectuer sa sanction.

D’après l’expérience de la consultante, dans de nombreux cas de sanctions substitutives, il n’y a pas de récidive. La sanction n’est pas le principal moteur de cette réussite, c’est essentiellement l’aide qui se trouve autour. Car certains ne connaissent pas la cause de leur mal-être, et la famille n’est pas toujours présente pour expliquer la situation.

Mylène Jaccoud, professeure au département de criminologie de l’Université de Montréal, explique que bien souvent derrière chaque contrevenant, il y a une victime. Il est donc important de regarder le passé, et de comprendre comment la personne en est arrivée là. Les rapports Gladue, que peuvent demander les juges, contiennent ces informations sur le passé de la personne, ainsi que l’impact qu’ont eu sur elle les pensionnats, les politiques d’assimilation… Les jeunes générations n’ont pas vécu ces traumatismes, en revanche, elles peuvent avoir été élevées par des victimes de ce passé toujours présent.

Juges

Selon le lieu où se trouve l’autochtone, les juges n’ont pas toujours la même réceptivité envers le principe Gladue et les traumatismes du passé.

Maurice Bowen, animateur au Centre d’amitié autochtone de Montréal, constate que non seulement les contrevenants ne connaissent pas les services à leur disposition, mais surtout, si le contrevenant est jeune, les juges ne tiennent pas vraiment compte des traumatismes du passé.

«Le Québec est à la traîne, explique-t-il, on ne parle que de défense, mais il faut regarder le crime, pourquoi et faire de la médiation.» Alors, lorsqu’il accompagne un autochtone devant la justice, il travaille pour que la cour tienne compte de sa spécificité.

Quant à Lyne St-Louis, elle sillonne la province au gré des besoins des communautés. Et elle constate que les juges immergés dans les communautés sont plus réceptifs à ces sanctions substitutives. En Abitibi, elle a constaté une certaine réticence au commencement, mais face à l’inefficacité de la détention, les hommes de loi se sont ouverts à ces possibilités. Mais comme elle dit, «le Québec est grand», et ce n’est pas vrai que le traitement est le même pour tous. Preuve étant, avec le ressenti de Maurice Bowen en milieu urbain.

Prison

Dans son rapport destiné à Sécurité publique Canada, Mandy Wesley est pessimiste quant à l’avenir des autochtones en milieu carcéral, et plus particulièrement celui des femmes. Elle dit: «Le plan actuel du gouvernement fédéral ne fera qu’augmenter le nombre de détenus et aggraver les injustices criantes que subissent déjà les peuples autochtones en général.»

Si les sanctions substitutives sont un bon départ pour sortir les autochtones de prison, les femmes autochtones se trouvent dans une situation inquiétante. En 10 ans, leur présence en prison a augmenté de 90%!

Dans son article, la professeure Jaccoud explique que les femmes autochtones représentent 45% des femmes purgeant une sentence à sécurité maximale. Ce qui d’emblée les écarte des sanctions substitutives pour éviter l’incarcération.

En théorie, le principe Gladue demande au système carcéral de tenir compte de la spécificité des autochtones. Des programmes tels que le Sentier de la guérison ont été mis en place pour aider les détenus autochtones grâce à des thérapies spirituelles et leur culture. Quelques programmes ont été trouvés au Québec pour les hommes, en revanche, on constate un manque flagrant d’aide pour les femmes détenues.

Les statistiques montrent que 75% des détenus autochtones restent incarcérés jusqu’à la fin de leur sentence, soit 10% de plus que le reste de la population.

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L’Amour en 3 Dimensions (français), Love in 3D (anglais).

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Roman de cheminement humoristique. Pour dédramatiser les évènements qui nous ont bouleversés. Pour mieux comprendre notre relation envers soi, notre entourage et notre environnement. Peut être lu pour le plaisir d’un roman ou dans un objectif de croissance personnelle.

L’histoire est une source d’inspiration pour découvrir, d’une façon attrayante et amusante, une nouvelle relation avec soi-même et son environnement. Bonne lecture et bon voyage au pays de Tom.

Le livre est disponible au coût de 19,95$.

Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009 Par Internet en anglais ou par Internet en français.
Par la poste: Reflet de Société 4233 Ste-Catherine Est Montréal, Qc. H1V 1X4.

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