Violence conjugale: la lutte de Ingrid Falaise

Violence conjugale

Vivre après les coups

Hier encore c’était silencieux dans mon salon. Mis à part les exclamations d’enfants, la marmaille qui s’active au retour de l’école, le plus jeune qui chante à tue tête et le brouhaha du souper qui met trop de temps à cuire. 

Ingrid Falaise   Dossiers Égalité Homme-FemmeJustice

Ingrid Falaise violence conjugaleHier avant ma sortie publique, le silence était lourd à porter dans mon salon… J’étais si seule avec moi-même, avec ce secret qui me grugeait l’intérieur.

En fracassant ce silence au travers de vos radios, de vos télés, de vos journaux, de vos magazines préférés j’ai guéri… mieux. En écrivant mon livre Le Monstre, je me suis délaissée de ce fardeau et j’ai levé mon visage vers la lumière en devenant moi-même un phare pour celles qui ne se souvenaient pas que le soleil existe. Je ne le répèterai jamais assez. L’étape première de la guérison est de percer le silence et de raconter son histoire. À une amie, un amoureux, un parent, un collègue.

La mienne… mon histoire. Celle de la violence amoureuse. Pourquoi se taire? Pourquoi suis-je si longtemps restée muette dans mon calvaire? Parce qu’entre autre il y a le déni, la peur, la honte, le blâme.

Le déni: celui qui fait taire sa petite voix intérieure qui te dit que c’est assez, qui te demande de te choisir. L’écouter est périlleux. L’entendre c’est faire face à une réalité qui fait si mal, une vérité si souffrante que le choix d’enfouir et de nier l’existence de la voix gèle les émotions et devient plus confortable. Faire fi de cette voix permet de continuer à… survivre.

La peur: Celle de ne pas être crue, celle de passer pour l’idiote du village, celle de se faire cogner la tête contre la commode si l’agresseur est mis au courant ou si on a esquissé un sourire de trop lors d’un souper entre amis. La peur de ne plus jamais revoir ses enfants. La peur qu’il tue un membre de notre famille. C’est ce qu’il dit. Il jappe fort l’agresseur… La peur est l’arme magique de ce dernier. En entretenant cette frousse il nous scie les jambes et nous garde sous son emprise, sous son joug.

La honte: La honte d’être frappée à coups de mots, à coups de poings. La honte d’avoir des bleus plein les bras et les empreintes de verbes agressifs qui font plier l’estime de nous. Une estime quasi inexistante désormais. La honte de ne pas avoir fuit une énième fois. La honte qui nous fait baisser la tête, les yeux rasants le bitume.

Le blâme: C’est de notre faute. Jour après jours, semaines après semaines nous sommes fragilisés et blâmés d’avoir fait trop ou pas assez. Petit à petit nous finissons par croire que nous méritons les mots, les gestes violents car… nous l’avons cherché, nous a t’il inculqué.

Pourtant… c’est lui qui devrait se cacher dans une grotte et avoir honte, avoir peur des représailles et s’en vouloir de blesser autant.

Parler c’est franchir la première marche vers un monde sans violence. Des organismes d’aide il y en a plusieurs. Les centres d’hébergements pour femmes violentées sont accueillants et ne collent pas aux stéréotypes que nous nous sommes créés. Pour en avoir visité, je peux en témoigner.

Sécuritairement, confidentiellement nous pouvons prendre le téléphone et composer le numéro de SOS Violence Conjugale. Même si le mot fait peur. Même si aucune ecchymose ne tatoue notre corps… Au moindre doute, au moindre questionnement les lignes sont ouvertes 24/24, 7 jours sur 7.

Le déni, la peur, la honte le blâme ne méritent pas que nous gardions le silence… En le brisant, nous mettons fin à la violence.

Ingrid Falaise est une actrice québécoise de 31 ans. En octobre 2015, elle a publié son 1er livre Le Monstre. Un récit autobiographique sur les années où elle vécu de la violence conjugale. Écrit 16 années après les faits, ce livre raconte les 2 années qu’elle passa sous le joug de son ancien amoureux, un pervers narcissique. Depuis Ingrid a repris sa carrière d’actrice et est devenue porte-parole de l’organisme SOS Violence conjugale.

SOS Violence conjugale
http://www.sosviolenceconjugale.ca

Pour obtenir de l’aide
– Par téléphone :
1-800-363-9010
(24 heures sur 24, 7 jours sur 7)

– Par courriel :
sos@sosviolenceconjugale.ca
(délai de réponse possible de 2 jours)

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Guide d’intervention de crise auprès de personnes suicidaires

guide-d-intervention-de-crise-personne-suicidaire-suicide-intervention-prevention-suicide-rates-suicideLe guide d’intervention auprès de personnes suicidaires démystifie le suicide. Il permet d’aider les proches à reconnaître les signes avant-coureur du suicide et de déterminer qu’est-ce qui peut être fait pour soutenir la personne en crise.

Une section du guide est réservée aux endeuillés par suicide.

Le livre est disponible au coût de 4,95$. Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009. Par Internet.

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Maintenant disponible en anglais: Quebec Suicide Prevention Handbook.

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Justice discriminatoire envers les femmes

L’auteure est une ex-prostituée vivant à Vancouver qui a échappé à la toxicomanie et à la rue il y a huit ans. Mère et journaliste pigiste, elle a récemment couvert pour plusieurs médias le procès du meurtrier en série Robert Pickton.

Dossier Prostitution , Sexualité

Justice discriminatoire envers les femmes

C’est durant l’année que j’ai passée à couvrir le procès de Robert Pickton, le pire tueur en série de l’histoire du Canada, que j’ai commencé à me demander pourquoi les lois qui doivent supposément assurer notre sécurité sont complètement hors d’atteinte pour la plupart des citoyens.

Trisha Baptie

Pour parler franc, je reconnais avoir moi-même commis des infractions et avoir affecté la vie de certaines personnes par des gestes que j’aimerais pouvoir annuler aujourd’hui. Mais que ce soit dans le box des accusés, dans celui des témoins, ou comme spectatrice d’un des procès les plus médiatisés au Canada, je demeure abasourdie devant la confusion qui grippe tout le système.

L’appareil judiciaire est un processus qui confine à l’impuissance les gens «ordinaires». Les victimes d’actes criminels sont tenues à l’écart de la décision d’intenter ou non des poursuites, cela relève du procureur de la Couronne. Si la cause se rend au tribunal, la victime n’a rien à dire sur l’acte d’accusation. Au moment du procès, on enjoint aux victimes de se comporter avec décorum si elles veulent demeurer dans la salle, ce qu’elles ont de toute manière rarement le droit de faire puisqu’elles doivent elles-mêmes témoigner.

Les avocats de la défense sont autorisés à disséquer la victime et à faire du procès le sien. Ils ont le droit de demander à une victime de viol si elle a réellement dit «non» ou à une victime de voies de fait ce qu’elle a pu faire pour mettre l’accusé en colère. L’appareil judiciaire exclut les valeurs humaines à toutes les étapes en insistant sur les détails les plus minuscules, comme si le fait de massacrer quelqu’un et de donner sa chair en pâture à des porcs, comme l’a fait Robert Pickton, était moins important que les «intentions» ou la «préméditation» de l’accusé.

Je crois que la plupart des gens conviendraient que notre appareil judiciaire est horriblement déficient à plusieurs niveaux. Les prévenus qui, comme moi, obtiennent l’occasion de se reprendre en main apprécient la compassion du système, mais quelles sont les limites de cette tolérance? Est-ce que le système judiciaire ne pourrait pas être accessible et inclusif pour tout le monde, en se fondant sur une compassion capable de faire la différence entre une personne atteinte de maladie mentale qui commet un vol à l’étalage et un violeur? Est-ce que les différentes parties du système pourraient collaborer avec ouverture et honnêteté, au lieu de tout compartimenter en tentant toujours de trouver un autre service à blâmer en cas d’échec?

Enfermer les femmes pour leur sécurité

Les femmes sont particulièrement mal servies par ce système. Durant ma jeunesse, on m’a envoyée en détention parce que je courais trop de risques en faisant la fête avec des hommes, dont certains avaient jusqu’à 13 ans de plus que moi. À cette époque, les filles et les jeunes femmes étaient emprisonnées pour leur «sécurité».

Pourquoi ne pas s’en prendre aux personnes (habituellement des hommes plus âgés) qui exploitent femmes et enfants, et les emprisonner, eux? La sécurité devrait vouloir dire la liberté pour les femmes de vivre à l’abri des comportements prédateurs des hommes. La plupart des crimes sexistes comme le viol, l’agression sexuelle et la violence conjugale, sont très rarement signalés parce que les femmes savent que c’est leur procès qu’on fera et non celui de l’agresseur. Et lorsqu’elles signalent ces crimes, il est rare que la poursuite s’acquitte bien de sa tâche.  

Les coupes sombres imposées aux services d’aide juridique rendent quasi-impossible l’accès à un avocat, qu’il s’agisse d’obtenir une ordonnance de protection ou une pension alimentaire. Les femmes se retrouvent à peu près sans aide. Le système de perception des pensions alimentaires peut se montrer particulièrement lent quand vous avez peu de renseignements à leur fournir. Donc, ils vous suggèrent de leur trouver l’information nécessaire. Comme si nous n’étions pas suffisamment occupées à élever les enfants qu’ils ont abandonnés, il nous faut en plus retrouver les hommes. Si le père d’un enfant est un agresseur, on vous suggère de ne pas le «provoquer» en réclamant la pension alimentaire. Au lieu de nous protéger, on nous dissuade d’essayer d’obtenir ce qui revient de droit aux enfants. On impose aux femmes le fardeau de répondre seules aux besoins de leur famille, et un tas de gens se mettent en file pour juger de la manière dont les femmes y parviennent.

Il paraît que les émotions et la politique n’ont pas leur place au tribunal, mais y trouve-t-on de la place pour la vérité? Peut-on rendre l’appareil judiciaire accessible aux gens ordinaires qu’il est censé protéger, ou n’est-il supposé être compris que par les traducteurs surpayés qu’on appelle «avocats»? Le système judiciaire semble aussi déficient et abîmé que certains récidivistes; je me demande si l’un et l’autre peuvent être pleinement réhabilités.

Reflet de Société, Vol 18, No. 1, Septembre/Octobre 2009, p. 32

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Hommes violents et batteurs de femmes au scanner

Hommes violents et batteurs de femmes au scanner

(Agence Science-Presse) – Des chercheurs américains et chinois sont probablement devenus les premiers à examiner, au moyen de l’imagerie par résonance magnétique, le cerveau des hommes qui battent leur épouse.

Les premiers « cobayes » de cette expérience qui aura sûrement des suites étaient 10 Chinois « recommandés » par la police ou les services sociaux. L’expérience révèle un cerveau qui réagit plus « violemment » aux stimulis émotifs. Même à de simples mots chargés d’une signification émotive comme « tuer », la partie de leur cerveau chargée des émotions réagissait plus vivement —par rapport à 13 hommes du même âge servant de base de comparaison— tandis que la partie du cerveau chargée de l’apprentissage restait tout aussi neutre que celle des autres hommes.

Les batteurs de femmes auraient donc « un déficit de ressources régulatrices préfrontales » résument ces chercheurs dans leur jargon (source: Molecular Psychiatry, juillet)

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Donnez-moi de l’oxygène

Donnez-moi de l’oxygèneClaire Gaillard, Volume 15 no 6, août 2007.Ce qui devait être l’un des plus beaux jours de l’existence de Rémi (nom fictif) a été le premier d’un long chemin de croix. Après la naissance de sa fille, sa conjointe, victime d’une dépression post-partum, se laisse complètement aller, s’en prend à lui et ne s’occupe pas du bébé. Elle devient incontrôlable et imprévisible. Le quotidien de Rémi bascule et la famille dont il avait toujours rêvé vit au rythme de la violence.

L’homme de 32 ans est alors soudeur et monteur de structure. « Je gagnais bien ma vie. Je m’enlignais pour acheter une maison avec ma femme et on voulait fonder une famille. » Le couple a mûri sa décision pendant 5 ans avant de faire un enfant. La mère refuse cependant de prendre le nouveau-né dans ses bras et de s’en occuper. Le personnel médical finit par signaler son cas à la DPJ pour négligence d’enfant. « Il a fallu que je leur garantisse que j’allais être très présent pour m’occuper de ma fille, rapporte Rémi. À partir de là, ç’a été la descente aux enfers. »

Sa copine refuse toute aide. Son comportement entraîne la séparation du couple en 2005. « Elle n’arrêtait pas de sauter sa coche, elle négligeait la petite, mais ne voulait pas vraiment que je m’en occupe. Elle la disputait tout le temps. Elle pitchait des affaires partout à travers la pièce. Il fallait que j’envoie la petite chez ma mère ou qu’on aille se réfugier dans les toilettes », confie Rémi.

« Une enfant, c’est un travail à temps plein. Ç’a beaucoup perturbé mon travail, j’étais trop absent et j’ai fini par perdre ma job. Toutes celles que je retrouvais, je les perdais. Je suis tombé sur le bien-être social. » Sa conjointe ne travaillant pas, leur situation financière se détériore rapidement, tout comme l’ambiance à la maison.

La famille connaît une courte période d’accalmie lorsque la mère est diagnostiquée dépressive et qu’on lui prescrit un traitement. « Elle a fini par mélanger alcool et médicaments. Finalement, les choses sont devenues pires. Elle ne s’occupait jamais de la petite. Elle était toujours saoule ou gelée. »

Entre temps, le couple avait dû accueillir un colocataire avec qui la conjointe de Rémi a entamé une relation. « Les deux ont commencé à m’écœurer, à rire de moi sans arrêt, à me provoquer en me demandant sans arrêt « t’es jaloux, hein ? ». C’était de la violence psychologique, mais ça fait mal pareil, remarque Rémi. Ils voulaient que j’explose, que je m’énerve. J’ai tout fait pour ne pas craquer… Alors, je pleurais dans ma chambre. »

En plus du harcèlement moral, Rémi a reçu des coups, il a eu plusieurs doigts cassés et a subi des crises nerveuses, hurlements et autres objets qui volaient dans sa direction. « Un jour, elle a voulu me lancer une bouteille de liqueur dans la face, raconte-t-il, mais c’est ma fille qui l’a reçu. Ça lui a ouvert le front. »

Peu après Noël, « elle a voulu m’assommer avec une bouteille de champagne vide devant la petite, raconte Rémi. Je l’ai maîtrisée sur le lit et menacée de porter plainte ». Quelques jours plus tard, sa conjointe part vivre dans la famille de son nouvel amoureux. « Elle est partie avec l’argent du loyer et son nouveau chum m’appelait tout le temps pour me menacer. J’ai gardé les messages et j’ai appelé la police. Mais ma copine a tout retourné contre moi et a porté plainte pour violence conjugale. C’est ce dont j’avais toujours eu peur, poursuit-il. J’aurais dû tout dénoncer avant, mais les lois ne sont pas faites pour les hommes. C’était sa parole contre la mienne. Pourquoi appeler si on sait qu’on fera rire de soi? » Rémi obtient finalement la garde de sa fille, traumatisée par les événements. Encore plus pauvre qu’avant, il perd cependant son logement et mettra trois mois à récupérer les allocations familiales adressées au nom de sa femme.

Rémi et sa fille seront hébergés, dans des conditions sommaires, chez plusieurs membres de la famille. Il s’adresse à un CLSC pour trouver de l’aide. On le redirige vers la Maison Oxygène, rare ressource pour les hommes avec enfants en difficulté. « Aujourd’hui, je regagne ma tranquillité. Ma fille va commencer l’école en septembre, ce qui me permettra de recommencer à travailler. J’ai bien hâte. Mais, toute cette histoire, c’est quand même 9 ans d’efforts scrappés. J’y ai perdu tous mes rêves. »

Oh maman blues !Les femmes sont fréquemment atteintes d’instabilité émotionnelle durant les premiers jours qui suivent une naissance. Cet état passager, communément appelé baby-blues, est provoqué par un changement hormonal brutal. La dépression post-partum, ou dépression postnatale, fait également suite à l’accouchement, mais s’avère beaucoup plus profonde et durable. Il s’agit pourtant d’un phénomène encore assez méconnu. Selon l’Association canadienne de santé mentale, « les femmes qui en sont atteintes éprouvent les symptômes suivants: découragement, tendance à pleurer constamment, sentiment de ne pas être à la hauteur, culpabilité, anxiété, irritabilité et fatigue. Les symptômes physiques comprennent des maux de tête, de l’engourdissement, des douleurs thoraciques et de l’hyperventilation. Une femme souffrant d’une dépression post-partum peut éprouver des sentiments d’ambivalence, de négativité ou de désintérêt envers son enfant. »Maison Oxygène: www.cafaho.org/heberge.htm ou 514-523-9283

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Vaincre la violence

Vaincre la violence

Katherine Gaulin, Centre jeunesse Rivière-des-Prairies. Volume 15 no 6, août 2007.Lire tous les jours son journal, avoir son petit déjeuner préparé, prendre sa pomme, partir à l’école ou au travail, revenir le soir à la maison pour souper, prendre un bain et se coucher dans un lit confortable. Voilà le bonheur! Malheureusement, ce n’est pas celui qui règne dans cette maison où papa boit, maman déprime et Marko fume. Lorsque papa est fâché, il frappe maman. Quand Marko assiste à cette scène, il s’en va 1 ou 2 jours sans donner de ses nouvelles.

 

Ce matin, pour déjeuner, Marko a mangé la gifle de maman: il était disparu depuis deux jours. Pour dessert, maman a avalé l’engueulade de papa: elle n’a pas ramené assez d’argent à la maison cette semaine.

L’autre jour, la famille de la maison voisine a vu les bleus sur les jambes de Marko. Elle lui a proposé de l’aide, mais, ayant hérité du comportement de ses parents, il les a envoyé promener. Épouvantable, cette histoire, mais vraie!

J’ai 15 ans et je me demande à quoi peut bien servir la violence. Ce mot ne devrait même pas figurer dans le dictionnaire! Pourquoi faire du mal? Personne n’aime avoir mal, personne ne désire avoir mal et personne ne dort sur ses deux oreilles après avoir fait mal. À mon avis, la violence ne sert à rien. Parler, c’est beaucoup mieux, pourquoi n’utilise-t-on pas plus ce moyen? Il faut dire « non » à la violence.

Par la fenêtre de ma chambre, je peux voir les arbres et un boulevard. Mais, je me surprends souvent à penser que d’autres voient seulement du noir par leur fenêtre. J’aimerais pouvoir arrêter toute cette violence. Dès maintenant.

NDLR: Ce texte a été écrit et présenté au profit du spectacle-bénéfice de la Fondation du Centre jeunesse de Montréal. La Fondation désirait sensibiliser la communauté à la vie des jeunes en centre jeunesse et amasser des fonds pour les ateliers artistiques qui leur sont dispensés.

Fondation du Centre jeunesse de Montréal: 514 593-2672

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Colloque sur les violences faites aux femmes. Femmes d’ailleurs

Colloque sur les violences faites aux femmes. Femmes d’ailleurs

Isabelle Burgun, Agence Science-Presse

Malaïka (nom fictif), jeune Congolaise vivant au Québec, l’a entendu de nombreuses fois :  » il ne faut pas détruire ta famille. Fais attention, tu seras rejetée, nous ne t’aiderons pas « . Victime de violence conjugale, elle ne s’est pas sentie soutenue par sa communauté.  » Le poids social est très important « , confirme Anne Kouraga, étudiante au doctorat à l’École de service social de l’Université Laval. Les abus et les maltraitances sont légion : crime d’honneur, traite des femmes, violences faites aux femmes en contexte d’immigration, etc., comme le rapportait le colloque international Violences faites aux femmes: réponses sociales et plurielles auquel participait Mme Kouraga. Elle était l’auteure, avec  » Maternité et violence conjugale chez les femmes immigrantes d’Afrique noire francophone « , de l’une des 200 présentations de ce colloque qui avait lieu récemment à Montréal.

Nés d’observation directe et de constats, les travaux d’Anne Kouraga visent à comprendre la réalité particulière de ces femmes immigrantes victimes de violence conjugale.  » Elles ont une culpabilité accrue liée à la maternité. Se perçoivent-elles comme de « mauvaises épouses »? Que vivent-elles, prises entre deux cultures ? « , s’interroge l’étudiante tchadienne qui a souvent accompagné des femmes lors de démarches d’information auprès de maisons d’hébergement pour les femmes violentées.

De nombreux facteurs musellent les femmes. Les menaces, la honte, le rejet de la communauté, l’isolement lié au contexte d’immigration, la peur d’être renvoyée au pays, la peur que la DPJ ne lui enlève les enfants… Sans compter que culturellement, la violence familiale est le plus souvent niée.  » Le système patriarcal africain affirme que la femme est inférieure à l’homme et doit lui obéir. La violence est perçue comme une affaire privée  » rapporte la chercheuse.

Pas facile de se défaire d’un tel joug, surtout dans une société d’accueil emplie de préjugés sur les femmes africaines.  » J’ai accompagné une femme battue à l’hôpital, la première question de l’infirmière a été : avez-vous le sida ? « , s’indigne Anne Kouraga.

Le contexte d’immigration

Marie Lacroix, de l’École de service social de l’Université de Montréal, se penchait elle aussi, dans le cadre de ce colloque, sur les femmes en contexte d’immigration, plus particulièrement sur la pratique du mariage par correspondance. Une pratique qui prend de l’ampleur, particulièrement depuis Internet.  » L’Internet a facilité cette pratique, particulièrement pour les hommes. « On entend parler de ces femmes promises depuis bien plus longtemps,  » avec les romans, les films, pourtant nous les connaissons bien mal, tout comme leurs motivations à user de ce biais pour immigrer « , résume le Pr Lacroix. Avec ses travaux sur  » Le mariage par correspondance « , menés avec sa collègue Sue Brigham de la Faculté d’Éducation de Mount Saint-Vincent University (Nouvelle-Écosse) et différents collaborateurs du Feminist Public Policy Project (FPPP), Marie Lacroix désire rattacher cette pratique à la féminisation de la pauvreté à l’échelle internationale.Si l’on commence à connaître les pénibles conditions des  » aides familiales  » domestiques, il existe bien peu de statistiques sur les  » femmes promises  » et le sujet reste encore tabou.

On sait qu’elles sont très nombreuses à provenir des Philippines, de Russie et d’Ukraine. Et il s’avère difficile de les retracer car elles arrivent souvent dans le cadre d’une réunion familiale et ne se définissent pas comme  » femmes promises « . De plus, elles  » ne représentent pas un bloc homogène. Les femmes des Philippines ou d’Ukraine ont des motivations propres, une vision du couple et du rôle de la femme très différentes « , souligne la chercheuse.

Point commun toutefois,  » la politique d’immigration est discriminatoire pour les femmes. Elles ont souvent moins accès à l’éducation que les hommes. Choisir un époux étranger pour parvenir à s’en sortir, cela est aussi un choix « . Aux Philippines, il existe depuis les années ’70 un programme d’exportation de la main d’œuvre doublé d’une  » tradition  » d’immigration féminine.  » L’argent envoyé à la famille par ces expatriées atteint les 6 milliards de dollars « , relève Marie Lacroix. Un facteur qui n’incite pas les autorités à ralentir le flux…

À voir

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Smirnoff, Seagram, l’alcool et les familles

Smirnoff, Seagram, l’alcool et les familles

Le hasard de la vie fait atterrir entre mes mains un exemplaire de la Gazette des femmes de septembre 2005. J’y découvre un article mentionnant que l’Inde, la nation la plus sobre de la planète, est au prise avec des femmes qui manifestent contre le commerce de l’alcool. Aux Indes, la consommation d’alcool causant une augmentation du nombre de maris et de pères violents.

Mais que c’est-il passé pour que cette nation en arrive à revivre les années 1930 qui nous avais fait vivre la prohibition? Début des années 90, des entreprises telles Smirnoff et Seagram se sont installés aux Indes. Avec un tapage publicitaire, ces compagnies ont vendu l’idée aux Indiens de consommer l’alcool.

Les Indiennes, victime de la violence des hommes alcooliques, revendiquent que la vente d’alcool relève directement du gouvernement, un âge minimum légal pour l’achat d’alcool, faire interdire les débits près des écoles et implanter un programme de prévention de l’alcoolisme.

Nous avons vécu la même chose avec l’alcool il y a près de 100 ans. Nous avons réussi à gagner, après de nombreuses batailles, l’ensemble des revendications exigées par les Indiennes.

D’une part, Loto-Québec est-il en train de faire le même cheminement avec les jeux de hasard, les machines à sous et les casinos? Pourquoi faut-il rendre le peuple malade avant qu’on en arrive à prendre des moyens pour le soigner et le préserver des effets pervers? Pourquoi faut-il toujours attendre que le peuple fasse une crise pour que les autorités mettent leurs culottes et agissent avec modération? Pourquoi des groupes de citoyens voient et comprennent facilement qu’il y a des effets pervers pendant que les autorités auraient dû le voir bien avant et agir en bon père de famille?

D’autre part, est-ce acceptable ce manque de conscience d’entreprises telle que Smirnoff et Seagram qui entrent dans un pays et se contentent de vendre le plus possible sans prendre conscience des effets pervers qu’ils causent?

Finalement, dans tous ces exemples, ce sont les femmes qui font le changement social. Serait-ce que les femmes sont synonymes d’humanité et de conscience? Au lieu de laisser ces femmes se battre contre les autorités en place (trop souvent en majorité masculine), qu’attendons-nous pour remplir les différents gouvernements de ces femmes?

Il y a une règle en environnement qui dit «pollueur payeur». Ne devrait-on pas avoir la même règle en ce qui concerne les conséquences sociales de ces entreprises et sociétés d’état?

Autres textes sur Alcool et drogue 

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Rap et Gangster Rap ne chantent plus la même rime

Rap et Gangster Rap ne chantent plus la même rime

Par Dominic Desmarais Volume 14.3. Février 2006

Élevé dans la pauvreté, Phast envahit le monde du Hip-Hop avec son attitude de la rue. Il veut redonner ses lettres de noblesse à cette musique, dominée aujourd’hui par les criminels.

Phast a le sourire facile. Le verbe également. Rappeur depuis 5 ans, il aspire à un retour aux sources du Hip-Hop: un mode d’expression qui véhicule un message. Pas tuer des gens. «Ce que j’envisage, c’est de ramener les vraies valeurs du Hip-Hop. Si le jeune veut être un gangster et tuer du monde, ça le regarde. Mais c’est-tu nécessaire d’être pimp, de tuer du monde pour être hot? Le monde comme 50 Cent, ce qu’ils pensent c’est que, si tu n’as pas tué, si tu t’es pas fait tiré, t’es pas hot.»

Phast vient de la vieille école. Celles des racines du Hip-Hop. Dans ses chansons, Phast aborde ses histoires, celles de ses proches. La réalité de la rue, le système carcéral, la pédophilie, le piratage, les femmes qui utilisent les enfants pour en faire baver aux hommes.

«Oui j’ai des thèmes durs. Mais faut séparer le gangster rap de ma musique que je qualifie de hardcore rap. Ma musique sera jamais peace. Je suis capable de faire une toune romantique. Mais mon passé ne me permet pas de faire un beat trop joyeux. J’ai des tracks qui parlent de la rue. Le monde est rendu fou. Les jeunes se promènent avec des couteaux. Mon frère a perdu un de ses chums et sa blonde, enceinte, dans un driveby.» À l’écouter, son authenticité saute aux yeux. Son énergie, ses propos, ressemblent en tous points à sa musique.

Le Hip-Hop doit-il passer par des histoires aussi dures? L’artiste ne le pense pas. «Je refuse de dire que ça prend des textes négatifs pour être écouté. Malheureusement, les jeunes s’identifient à ça. Ça me dérange.»

Son album a un côté négatif. Il l’admet d’emblée. «C’est mes histoires. Ce que j’avais à cracher en 3 ans. Y’a moyen de dire à quelqu’un que tu veux y accrocher le portrait sans parler de gun, de le tuer. Il y a une différence dans la mentalité, dans le message.» Phast est intense. Ses mots sortent sans hésitation, comme une rafale de mitraillette.

Sa réalité n’est pas rose. Celle de la rue. Qu’il est loin d’être seul à vivre. «Avoir une arme dans 5 ans, ça va être nécessaire. Le monde est rendu fou. Mon message, c’est que c’est pas nécessaire d’être violent, mais c’est nécessaire de montrer que tu te laisseras pas marcher sur les pieds.»

Une enfance difficile

«J’ai pas eu une belle vie. Ma mère était seule. Pas d’argent. Elle était sur l’assistance sociale. Mon père était absent, il ne m’a rien donné… C’est pour ça que je me suis battu pour obtenir ce que je voulais. Je suis conscient que j’aurais pu être mieux. Mais je sais aussi que j’aurais pu être pas mal pire. C’est ce qui me tient. Ce qui fait que je vais m’en sortir.»

Plus jeune, Phast passe un peu de temps derrière les barreaux. Jamais pour des crimes reliés à des armes ou la drogue, précise-t-il. Puis, il écope 8 mois pour 9600$ de contraventions impayées. «Ma mère m’a donné de bonnes valeurs. Mais elle peut pas tout faire. Je faisais mes petites passes ben safe. Je venais d’avoir ma fille. Un mois et demi de fait. Je me pogne un job. Je ne fais plus de conneries. Ç’a allait bien.»

La vie allait le rattraper. La mère de sa fille porte plainte pour violence conjugale. Phast retourne alors purger le reste de sa sentence pour ses contraventions. Acquitté, dit-il, il garde un goût amer des libertés conditionnelles: il est retourné en prison en raison d’une plainte non fondée… «La mère de ma fille m’a dit: si tu me laisses pour une autre fille, je vais vous tuer tous les deux. Je l’ai quittée. Moi, j’ai payé pour les caves qui battent leurs femmes…»

De cette mésaventure, il écrit ses premières chansons. Pour la première fois, il rap. Sur cette fille, sur le système carcéral. «Ma musique va me mener sur le droit chemin. Y’a une histoire sur chacune de mes tracks. Fallait que je sorte ça parce que la musique c’est fait pour s’exprimer. C’est sûr que je vendrai pas comme Corneille…» avoue-t-il, le sourire en coin.

Il ne peut changer son passé, ses petites combines. «C’est un choix que j’ai fait. C’est un mauvais choix. J’ai les nerfs finis à cause de ça. Je suis tanné de vivre avec la haine. J’aimerais ça, changer de vibe.» De l’espoir s’en vient: le 22 février, Phast lance son premier album.

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Entre en mon univers, infiniment petit. Que se libère ta galaxie. Entre, là, tu es ton enfer, ton paradis. Ton repère y est enfoui. Entre, il ne manque que toi en ces mots. En ces vers dont j’aime me croire l’auteur.

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Donnez-moi de l’Oxygène

Donnez-moi de l’Oxygène

Quand un père de famille se retrouve à la rue, sans ressource, avec un, deux, trois enfants, où allez-vous le référer pour recevoir de l’aide, trouver un toit sécuritaire rapidement pour lui et ses enfants?

Réjean a 23 ans. Père de deux enfants de 1 an et demi et 3 ans. Comme à l’accoutumée, son ex lui laisse les enfants pour la fin de semaine. Mais elle ne revient pas les chercher. Le voilà père monoparental d’un coup sec!

Il ne peut vivre avec ses deux enfants à plein temps dans une petite chambre. «Pour les fins de semaine, ça allait. Mais à plein temps, le propriétaire voulait rien savoir. De toute façon, ce n’était pas adéquat pour eux». De plus, ça ne lui a pas laissé beaucoup de temps pour s’organiser. «Quand tu es habitué de vivre seul, que tu as les enfants une fin de semaine sur deux, c’est pas pareil de les avoir toujours avec toi. Mais je voulais le faire. Je savais que j’en étais capable. J’avais juste besoin d’un coup de main pour me virer de bord, me réorganiser autrement. J’aime mes enfants et la pire chose qui aurait pu leur arriver, ça aurait été qu’ils soient mis en famille d’accueil». Il quitte son emploi et ose demander de l’aide. Les hommes voient encore trop souvent la demande d’aide comme un aveu d’impuissance. On ne devrait pas avoir honte de demande de l’aide, au contraire, pour un homme, c’est faire preuve de courage. Une travailleuse sociale du CLSC le réfère à la Maison Oxygène.

Après un mois d’hébergement et avec l’accompagnement des intervenants, Réjean s’est trouvé un logement et est prêt à repartir, confiant, avec ses deux enfants. C’est une histoire parmi les centaines vécues par des pères et des enfants qui se retrouvent à la Maison Oxygène. Des hommes qui ont perdu le goût de vivre suite à une rupture amoureuse, d’autres désespérés de retrouver un accès à leurs enfants, ou dépassés par les événements, à bout de souffle, un enfant à la main et un sac rempli de linge et de souvenirs dans l’autre.

À la Maison Oxygène du Carrefour Familial Hochelaga, ils sont accueillis sans préjugés. Nous accueillons les pères et les enfants comme ils sont. Plusieurs nous diront après un jour ou deux: «Je n’ai encore rien réglé de mes problèmes, mais c’est comme si j’avais 200 livres de moins sur les épaules». C’est bien là l’objectif de la ressource: permettre à des hommes en difficulté familiale/conjugale et à leurs enfants de reprendre leur souffle, décompresser dans un milieu de vie sécuritaire et chaleureux.

Pour ce faire, le Carrefour Familial Hochelaga offre aux familles résidentes une panoplie de services et d’activités: rencontre d’entraide, discussion, halte-garderie, atelier sur les habiletés parentales, activités père-enfants, fin de semaine de répit, camps familiaux… Voilà pourquoi, même une fois partis de la Maison, un grand nombre des pères et d’enfants continuent à fréquenter les lieux. Ils y sont fait des connaissances et créé un réseau social.

«Si vous ne m’aviez pas accueilli, je m’en allais tuer ma femme. Vous auriez vu mon nom en première page du Journal de Montréal.» nous dit Denis, père de 2 enfants. Martin, père de 4 enfants, pour sa part, nous confie en partant «Avant de venir ici, je ne savais pas qu’on pouvait avoir du plaisir avec ses enfants.»

La majorité des hommes ayant résidé à la Maison Oxygène (80%) ont vécu de sérieux problèmes de consommation. Souvent, c’est l’aboutissement d’une vie. Plusieurs ont connu les centres d’accueil.

Les raisons qui amènent les pères à utiliser le service:

– Suite à une rupture amoureuse, état dépressif, parfois suicidaire, homicidaire;

– Garder les liens avec les enfants;

– Éviter l’itinérance familiale ou y mettre un terme;

– Éviter la violence;

– Éviter le placement des enfants;

– Faire le point sur sa vie et repartir du bon pied.

À certains moments, la Maison Oxygène doit refuser jusqu’à 2 pères avec enfants par jour, faute de place. La seule ressource d’hébergement pères-enfants au Québec est toujours sérieusement sous-financée, même après 17 ans d’existence et de nombreux prix et reconnaissances.

Site Internet: www.cafaho.org

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funbusy-poesie-urbaine-recueil-textesChantal Lee a vécu la violence physique, les abus sexuels et l’enfer de la drogue, mais elle en a triomphé. Malgré la maladie qui l’afflige, elle partage par sa poésie son amour de la vie et son optimisme à toute épreuve. Un livre rayonnant, à l’image de son auteure.

Le livre est disponible au coût de 10,00$.
Par téléphone: (514) 256-9000, en région: 1-877-256-9009
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